Aider les réfugiés

Partage international no 321mai 2015

Des réfugiés toujours plus nombreux risquent leur vie en entreprenant des traversées incertaines de l’Afrique du Nord vers l’Europe. Des hommes, des femmes, parfois âgés et des enfants, parfois encore bébés, entassés dans des bateaux qui prennent l’eau, presque sans eau ni nourriture à bord. Depuis des années, l’Italie et Malte sont confrontés à cet afflux de migrants et aux problèmes qui en découlent.

Médecins sans frontières (MSF) et le Moas (organisme d’assistance des migrants en mer), organisation caritative fondée et financée par Chris Catrambone, viennent de lancer une action conjointe d’assistance en Méditerranée centrale, entre l’Afrique et l’Europe. Menées par le Phoenix, un navire de sauvetage de 40 m, les opérations de sauvetage se dérouleront de mai à octobre, période où des milliers de migrants risquent leur vie en tentant de trouver refuge en Europe.

Arjan Hehekamp, directeur général de MSF, a déclaré : « L’Europe a tourné le dos aux personnes fuyant l’une des pires crises humanitaires de notre époque. Les décisions, consistant à fermer les frontières et à construire des barrières, obligent des hommes, des femmes et des enfants à risquer leur vie et à entreprendre des traversées désespérées en mer. Ignorer cette situation ne va pas la faire disparaître. L’Europe a les moyens et aussi la responsabilité d’empêcher ces morts à sa porte et doit le faire. »

L’année dernière a été la plus meurtrière pour les migrants traversant la Méditerranée : plus de 3 400 personnes sont mortes en tentant d’atteindre l’Europe. Cette année, on prévoit un nombre de décès encore plus élevé, car les moyens d’assistance aux embarcations en détresse seront moindres. L’opération de la marine italienne de recherche et de secours, Mare nostrum, a été interrompue en novembre 2014 par manque de financement des gouvernements européens et n’a pas été remise en place.

Le millionnaire américain Chris Catrambone et sa femme Regina, qui avaient affrété un yacht, l’été 2013, pour effectuer une croisière en Méditerranée, se sont trouvés confrontés à une vérité effrayante : les plages touristiques, comme celle de Lampedusa, sont parfois jonchées de cadavres.

C. Catrambone explique : « Lampedusa a une plage nommée la Plage du lapin, considérée comme l’une des plus belles du monde. Alors, nous avons voulu la voir. Mais nous avons appris que des corps de réfugiés s’y échouaient. Donc, vous allez vous baigner dans l’eau-même où des migrants meurent ? Est-ce normal ? »

Chris et Regina se réfèrent au pape François qui, lors de sa première visite hors du Vatican, avait déclaré que la condition en mer des réfugiés relevait de « la mondialisation de l’indifférence. » « Le pape François affirme que tout le monde pourrait et devrait apporter son aide avec les compétences qui lui sont propres », a déclaré Regina qui parle anglais mais aussi l’italien, la langue de son pays de naissance. « Alors nous avons entamé une réflexion : quelles sont nos compétences ? Nous avons une bonne expérience dans l’aide aux personnes en difficulté. »

Le couple a investi environ huit millions de dollars de ses fonds propres pour acheter un navire et recruter un équipage afin de sauver des vies en mer.

En 60 jours seulement, ils ont sauvé environ 3 000 migrants traversant la mer dans des embarcations de fortune ou des canots délabrés. Puis ils coordonnèrent leurs actions avec Malte et l’Italie pour répartir les migrants à terre. Cette année, ils essaient de lever des fonds pour fonctionner pendant six mois et invitent des cuisiniers bénévoles à rejoindre leur équipe à bord et nourrir les migrants mourant de faim et déshydratés.

En 2014, selon le Bureau du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), 218 000 « migrants irréguliers » ont tenté d’atteindre l’Europe en traversant la Méditerranée. C’est cinq fois plus qu’en 2010. Certains, recherchant simplement une vie meilleure, viennent de pays pauvres de l’Afrique subsaharienne. Mais, la plupart fuient les guerres civiles et le chaos en Syrie, en Eritrée ou en Somalie.

Si l’on en croît les chiffres du début de l’année, 2015 sera pire. En janvier et février 2014, 15 migrants sont morts en mer. Au cours des deux premiers mois de 2015, 450 ont péri. Les 3 et 4 mars, plusieurs cargos de la marine italienne ont arraché 1 000 migrants de la Méditerranée au cours de sept opérations distinctes. Parmi les dix migrants morts cette semaine-là, plusieurs avaient succombé d’hypothermie avant l’arrivée des secours. « Ce n’étaient pas seulement des hommes jeunes, a précisé William Spindler, porte-parole du UNHCR, mais aussi des membres d’équipage, des femmes enceintes et dejeunes enfants. »


Sources : bloomberg.com ; timesofmalta.com
Thématiques : Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)