Partage international no 188 – avril 2004
L’une des plus grandes initiatives mondiales pour la protection des forêts (un accord impliquant des écologistes, des peuples des nations indiennes et des compagnies forestières) a été annoncée au Canada. L’objet de l’accord est la forêt qui s’étend de l’Alaska à l’océan Atlantique et qui couvre un peu plus de la moitié du Canada. La moitié de cette forêt serait interdite à l’exploitation du bois et au développement. Le reste serait assujetti à un développement durable et écologique attentif.
La forêt canadienne nordique, ou boréale, représente environ un dixième de toutes les terres boisées du monde – un tiers des forêts boréales de la planète et l’un des plus vastes écosystèmes intacts ou presque du monde. Un tiers environ est couvert de zones humides et comprend quelques-unes des plus grandes rivières du Canada.
L’accord concerne les compagnies forestières et productrices d’énergie ainsi que des intérêts tribaux, dont les activités affectent environ un sixième des forêts boréales canadiennes. Il met en exergue l’importance d’une telle masse de verdure dans le ralentissement du réchauffement mondial, ainsi que le fait qu’elle produit de l’air et de l’eau purs. « Il s’agit de la toute première vision nationale de la région boréale, qui fixera le cadre de futures négociations sur les conflits environnementaux locaux », a déclaré Cathy Wilkinson, directrice de la Canadian Boreal Initiative.
L’initiative prône l’adhésion aux principes d’une « sylviculture durable » qui cherche à assurer aux consommateurs que des produits certifiés, tels que le bois, le papier et d’autres produits, sont issus de forêts gérées de façon responsable. Les écologistes canadiens espèrent, grâce à l’Initiative boréale, influencer les consommateurs américains en leur montrant que les compagnies qui renoncent à l’habitude de raser les forêts pour se tourner vers des pratiques d’exploitation durable s’assurent les meilleurs débouchés sur le marché. « Nous ne parlons plus de raser les forêts, déclare Peter Penashue, président de la Nation Innu au Labrador et au Newfoundland, l’une des premières nations impliquées dans l’Initiative canadienne. Nous parlons de développement durable. Nous reconnaissons que nous vivons tous sur la même planète et que nous devons tous y jouer un rôle. »
Canada
Sources : Seattle Post-Intelligencer Reporter, Etats-Unis
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Faits et prévisions


