Partage international no 69 – mai 1994
Depuis des siècles, des moines et des religieuses se sont coupés de la vie en s'enfermant dans des monastères et des couvents. Ils pensent que se mettre ainsi à l'abri des distractions de la « vie » les rendront plus proches de Dieu et leur permettront de le connaître plus facilement. Mais, ce faisant, ils se privent de l'expérience de tout un domaine de la vie. Ils découvrent aussi que les mêmes problèmes se présentent à l'intérieur de leur petit enclos. Les hommes sont ce qu'ils sont, quel que soit leur habit. Si tout le monde portait le même, cela ne règlerait rien. Car ce sont des problèmes qui touchent à la psychologie de l'homme, à sa conscience et à son ignorance. Cette ignorance, ce manque de connaissance, d'expérience directe de la vie, est la principale source de confusion. D'où l'impulsion à se retirer dans un monastère ou un couvent, où l'on croit la vie plus facile. Ce qui est vrai, en un sens, car cette vie fournit un cadre de formation et de discipline. Elle prépare, en fait, au discipulat.
Mais le vrai disciple doit tout faire par lui-même. Il doit créer, de sa propre initiative et par son propre effort, le sentier de retour, construire l'antahkarana, façonner pas à pas le sentier. Il peut le faire selon la voie religieuse, ou d'une façon plus occulte. Il peut le faire à la façon de mère Theresa, par exemple, en partie de manière religieuse, mais principalement grâce à un service actif dans le monde.
