Q : Vous affirmez que l'une des premières leçons que nous donnera le Christ aura trait au karma, à la loi de cause et d'effet. Dans la mesure où tout ce qui nous arrive résulte de nos actions antérieures, comment les gens qui souffrent de la faim ont-ils pu en arriver là ?

Partage international no 37septembre 1991

Selon Maitreya, ils ont eu « la malchance de naître dans une partie du monde plutôt que dans une autre ». Personne ne vient en incarnation pour souffrir de la faim. La loi de la vie, du plus humble vermisseau jusqu'à l'homme, est de manger pour nourrir le corps et de prolonger ainsi cette vie. Cette loi est gravée dans l'instinct de toutes les créatures – il ne peut y avoir de nécessité karmique de souffrir de la faim.

Si l'on est un mystique quelque peu enclin au fanatisme, on peut bien sûr imposer à son corps physique toutes sortes de privations, comme de nombreux ascètes l'ont fait à travers les âges et continuent de le faire aujourd'hui. On peut se priver de nourriture de manière délibérée, on peut même se laisser mourir de faim, mais personne ne vient en incarnation avec la nécessité karmique de souffrir de la faim.

Ce n'est donc pas une nécessité karmique qui fait aujourd'hui souffrir de la faim des millions de gens dans le tiers monde, mais le fait qu'ils s'incarnent en tant que groupe dans une région donnée : ce n'est donc pas un problème karmique mais un problème « géographique ».

La grande majorité des individus vient en incarnation en formation de groupe, dans des groupes très vastes aussi bien que des groupes familiaux, dans lesquels ils se réincarnent dans des relations mutuelles toujours changeantes. La vie crée les nœuds karmiques qui lient les uns aux autres les membres de ces groupes, et la loi de cause et d'effet les entraîne, de façon toujours renouvelée, dans les mêmes situations.

Pendant des milliers d'années, les habitants des pays où l'on souffre aujourd'hui de la faim ont mené leur vie comme partout ailleurs sur la planète, se nourrissant de ce que leur offrait la nature. Cependant, la plupart de ces pays ont subi la colonisation, et cet héritage colonial est responsable de l'indigence, de la misère qui les frappent.

Le tiers monde produit une grande partie des matières premières de notre planète, mais c'est nous, dans le monde développé, qui en contrôlons les marchés. Nous sommes donc les créateurs de l'effet karmique de leur sous-alimentation. Pour notre part, nous avons eu la chance de nous incarner dans un pays moderne et développé, même si la faim n'y est pas un phénomène inconnu – il y a aujourd'hui des personnes sous-alimentées dans les rues mêmes de Londres. Nombre d'entre elles ont faim, non en raison de quelque faute commise dans une vie antérieure, mais parce que le reste d'entre nous fait preuve d'avidité et d'égoïsme et parce que nous avons porté au pouvoir des gouvernements créateurs de structures fondées sur les forces du marché, appelées par Maitreya « forces du mal ». Ces problèmes résultent du fait que sept pays industrialisés, ceux qu'il est convenu d'appeler le « G7 », s'efforcent de gouverner la planète à leur profit et selon leurs seuls intérêts, tandis que le reste du monde n'a plus qu'à se faire oublier.

Réponses données par Benjamin Creme