Q : Bien que nous entrions dans l'ère du Verseau, notre eau, notre air, etc, sont extrêmement pollués. Ne sommes-nous pas en train de partir du mauvais pied ?

Partage international no 33mai 1991

Oui, c'est une tragédie, mais qui n'a rien à voir avec l'ère du Verseau. La pollution concerne l'ère des Poissons, qui touche à sa fin. C'est précisément la mauvaise utilisation des ressources, la soumission aveugle aux forces du marché, la compétition, qui ont entraîné cette pollution qui devient une telle catastrophe écologique. Nous sommes en train d'empoisonner notre planète si rapidement que si nous ne changeons pas très vite de direction, il sera bientôt trop tard et les générations futures en souffriront d'une manière inimaginable.

Heureusement, la Nature a bien des ressources et pourra, je crois, récupérer. Nombreux sont ceux, y compris des gouvernements, qui sur l'insistance de divers groupes dans différents pays, commencent déjà à s'attaquer aux problèmes posés par la pollution. Je sais que des hommes fous comme Saddam Hussein sont capables d'enflammer les puits de pétrole du Koweït, et ainsi détruire en une semaine ce qui a pris des années à construire. Cependant, de plus en plus de gouvernements, de groupes et d'individus, comprennent la nécessité d'une prise de conscience écologique et de l'élaboration d'une solution au problème de la pollution.

Toutefois, celle-ci ne s'arrêtera pas tant que nos méthodes et notre politique de production resteront basées sur la compétition. Nous devons transformer notre mentalité actuelle faite d'avidité, de gaspillage et de compétition, en une politique de suffisance. Au lieu de dire : « Combien pouvons-nous produire et en combien de temps ? », nous devons dire : « De combien avons-nous besoin ? Quelle est la quantité minimale dont nous pouvons-nous contenter ? Quelle petite quantité de ceci ou de cela peut nous assurer une existence pleine et épanouie, dont tout le monde puisse profiter ? »

Aujourd'hui, l'Amérique accapare la majeure partie des ressources du monde — le pétrole, les richesses minérales, etc. La Russie tente d'en faire autant. L'Europe amasse tout ce qu'elle peut acheter et stocker. Tous les pays développés, y compris le Japon, font de même. Ils considèrent la surexploitation des ressources comme étant une preuve de leur pouvoir, de leur puissance économique et de leur adresse, alors que toutes ces nations ne font que travailler contre les véritables intérêts du monde.

Elles devraient utiliser leur pouvoir et leur adresse pour assurer aux peuples, grâce à une exploitation mesurée des ressources, une vie riche, variée et satisfaisante pour tout le monde. Le simple bien-être — avoir en suffisance — devrait remplacer cette surexploitation effrénée qui repose sur la compétition. Les forces du marché doivent perdre leur emprise sur le psychisme du monde.

Réponses données par Benjamin Creme