Partage international no 351 – novembre 2017
Membre du Congrès des Etats-Unis pendant seize ans, Dennis Kucinich a été maire de Cleveland (Ohio), et deux fois candidat à l’élection présidentielle. Lauréat du Gandhi Peace Award (Prix Gandhi pour la paix), il promeut la paix dans le monde depuis le début de sa vie politique. Le 26 septembre 2017, lors d’une réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire à l’assemblée générale des Nations unies, il s’est exprimé au nom du Basel Peace Office (Bureau pour la paix de Bâle, une coalition d’organisations internationales dédiée à l’élimination des armes nucléaires).
« Le monde a un besoin urgent de vérité et de réconciliation quant à la menace existentielle que représentent le développement et l’utilisation des armes nucléaires. Nous partageons un objectif planétaire quant au désarmement et à l’abolition du nucléaire, qui dérive de notre droit inaliénable d’être libéré de la contemplation de notre extinction.
Ceci est l’endroit et c’est maintenant le moment de prendre des mesures pour bâtir la confiance, franchir de nouvelles étapes diplomatiques vers l’évitement d’une catastrophe nucléaire, pour promulguer le nouveau traité d’interdiction, s’abstenir de précipiter des affrontements nucléaires, reprendre la marche vers l’élimination des armes nucléaires par l’établissement de la confiance mutuelle.
Nous la société civile, appuyons les traités contre les armes nucléaires, structurés et légalement fondés, obligeant une résolution non-violente des conflits, conscients des principes fondateurs des Nations unies visant à « mettre fin au fléau de la guerre pour toujours ». Le monde d’aujourd’hui est interdépendant et interconnecté. L’unité humaine est la première vérité.
La technologie a créé un village planétaire. Le bonjour envoyé à l’autre bout du monde en quelques secondes représente le pouvoir constructeur des citoyens du monde qui affirment leur appartenance à une même communauté. Comparez cela avec le pays qui envoie un missile balistique intercontinental à ogive nucléaire. La ligne est ténue entre la dissuasion et la provocation. Une expression agressive de la souveraineté nucléaire est illégale et suicidaire. La menace de l’utilisation des armes nucléaires annihile notre humanité.
Soyons attentifs aux exigences de paix et de résolution non-violente des conflits émanant des peuples de la communauté mondiale. Que les nations affirment le potentiel évolutionnaire de la technologie pour la paix. Cette grande institution ne peut y parvenir seule. Chacun d’entre nous doit désarmer et abolir chaque force destructrice dans sa propre vie, sa propre maison et sa propre communauté, qui engendre la violence domestique, la maltraitance conjugale, la maltraitance des enfants, la violence par armes à feu et la violence raciale.
Le pouvoir d’y parvenir réside dans le cœur humain, où se trouve le courage et la compassion, où le pouvoir transformateur, la volonté consciente de défier la violence où qu’elle soit, aide à dompter cette bête partout. Si nous voulons éliminer les armes nucléaires, nous devons également éliminer la rhétorique destructrice.
Nous reconnaissons ici le pouvoir de la parole. Des mots créent des mondes. Des mots durs, l’échange de menace entre dirigeants démarrent la dialectique du conflit, engendrant suspicion, peur, réaction, erreur de jugement et désastre. Des mots de destruction massive peuvent déchaîner des armes de destruction massive.
Les fantômes de Nagasaki et d’Hiroshima planent au-dessus de nous aujourd’hui, nous avertissant que le temps est une illusion, que le passé, le présent et le futur sont uns et peuvent être oblitérés en un instant, prouvant que les armes nucléaires apportent la mort, pas la vie.
Les nations doivent explicitement abandonner leurs desseins d’empires et de domination nucléaire. Le brandissement des armes nucléaires déclenche l’inévitabilité de leur utilisation.
Au nom de toute l’humanité, ceci doit cesser.
Au lieu de nouvelles nations nucléaires et de nouvelles architectures nucléaires, nous requérons une action nouvelle et claire pour créer un monde libéré de la peur, libéré de l’expression violente, libéré du danger de l’extinction et un cadre légal pour ce faire.
Au nom du Basel Peace Office et de la société civile, nous déclarons : « Que la paix soit souveraine. Que la diplomatie soit souveraine. Que l’espoir soit souverain », par votre travail et par notre travail. Alors nous accomplirons la prophétie qu’» aucune nation ne prendra plus les armes contre une autre ».
Nous devons sauver notre monde de la destruction. Nous devons agir avec un sens d’urgence. Nous devons détruire ces armes avant qu’elles ne nous détruisent. Un monde sans armes nucléaires attend d’être courageusement appelé. Merci. »
Sources : un.org ; youtube : Dennis Kucinich, Basel Peace Office
Thématiques :
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
