La situation des droits de l’homme : rapport annuel d’Amnesty International

Partage international no 344avril 2017

 « Il est temps de se lever ensemble pour mettre un terme aux politiques de diabolisation qui créent un monde divisé et dangereux », affirme Amnesty International.

A la publication de son rapport annuel 2016-2017, l’ONG a demandé aux personnes du monde entier de ne pas laisser la rhétorique de la peur, des accusations et de la haine éroder la vision d’une société ouverte basée sur l’égalité. Si chaque individu prend position et agit pour protéger nos droits humains, ensemble nous pouvons inverser le courant.

« 2016 a vu la dignité humaine et l’égalité, et la notion même de famille humaine être vivement et sans cesse attaquée par de puissants discours d’accusations, de peur, et par la désignation de boucs émissaires, propagés par ceux qui voulaient prendre le pouvoir ou s’y maintenir quel qu’en soit le prix », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

Le rapport décrit 2016 comme l’année du « nous contre eux », des leaders populistes désignant des groupes de personnes comme menace aux intérêts nationaux. Si davantage d’Etats restreignent nos droits au nom de la sécurité nationale, le résultat pourrait être un effondrement complet de l’édifice des droits de l’homme. Des mouvements pacifiques tels que la Marche internationale de la femme, la protestation pro-démocratique en Gambie et la manifestation des étudiants d’Ayotzinapa au Mexique devraient nous inspirer à défendre nos libertés. »

Le rapport et la campagne en ligne d’Amnesty avertit que « la rhétorique politique toxique aux échos de discours haineux des années 1930 suscite la violence partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. »

Kerry Moscoguiri, directeur de campagne d’Amnesty pour le Royaume-Uni, a dénoncé la campagne autour du Brexit qui « a atteint un point bas, avec des conséquences bien trop réelles », faisant référence à la brutale augmentation de 57 % des plaintes contre les crimes haineux, la semaine suivant le vote. Elle a accusé le gouvernement anglais de « créer un climat hostile aux réfugiés et aux migrants » alors que le gouvernement réduisait drastiquement ses responsabilités envers ces personnes, et particulièrement envers les enfants isolés.

Mais le Royaume-Uni n’était pas le seul endroit où une rhétorique vicieuse s’en est prise aux plus vulnérables, tant 2016 a vu des dirigeants vendre partout dans le monde « l’idée dangereuse que certaines personnes sont moins humaines que d’autres », comme l’a dit Tirana Hassan, directrice de recherche sur les crises auprès de l’ONG. Elle a tout particulièrement fait référence à la violence semée par le président Donald Trump, le premier ministre hongrois Viktor Orbán qui demandait un référendum controversé sur les réfugiés, et le dirigeant philippin Rodrigo Duterte qui a lancé une guerre contre la drogue ayant déjà coûté des milliers de vies. « Ce rapport documente les très réelles conséquences en termes humains de politiciens tels que Trump, Orbán, Duterte, qui manient un programme qui traque, fait des boucs émissaires et déshumanise des groupes entiers de personnes », a-t-elle ajouté. Ces attaques menacent non seulement des vies humaines mais aussi le système de valeur inscrit dans la loi internationale après la Seconde Guerre mondiale, prévient l’ONG. « Quand le langage autour de reprendre possession de notre pays et rendre sa grandeur à l’Amérique est couplé avec des projets visant à traiter les migrants européens comme monnaie d’échange, et bannir les réfugiés au motif de leur religion, cela nourrit la méfiance et une profonde haine, et envoie le message fort que certaines personnes jouissent de droits humains et d’autres non, a déclaré Kate Allen, directrice d’Amnesty International pour le Royaume-Uni. Avons-nous oublié que les protections des droits de l’homme ont été créées après les atrocités de masse de la Seconde Guerre mondiale, comme une façon de s’assurer que plus jamais ça veuille réellement dire plus jamais ça ? »


Sources : Amnesty.org
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Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)