Partage international no 338 – octobre 2016
par Mary Beth Steisslinger
Au cours de la convention 2016 de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (NAACP) à Cincinnati (Ohio), aux Etats-Unis, notre stand Partage international se trouvait à coté de celui de trois jeunes garçons enthousiasmants. Avec l’aide et les encouragements de leurs parents, ils ont lancé un projet de service nommé Sole Bros Inc (la société des Frères de la semelle), qui fournit des baskets neuves ou peu usagées à des jeunes qui n’ont pas accès à de tels articles. Agés de 13 ans, ces garçons sont des athlètes de haut niveau et de brillants étudiants inscrits dans des écoles privées à Cincinnati. J’ai voulu en savoir plus sur leur histoire et leur ai demandé s’ils voulaient bien être interviewés et éventuellement apparaître dans notre revue. Ils ont aimé notre message simple de l’unité dans la diversité de l’humanité, et ont accepté avec plaisir.
Les garçons m’expliquèrent que l’idée du projet était venue le jour où ils avaient manifesté leur ardent désir d’avoir des baskets dernier cri fort onéreuses. La mère de l’un d’eux déclara qu’il était navrant que tant de jeunes gens dans le monde n’aient même pas de chaussures alors que les gens dans les pays riches en avaient tellement. Elle était allée en Jamaïque et avait vu des enfants avec du carton attaché aux pieds. Les garçons ont pensé que c’était triste, et ont dit spontanément qu’ils voulaient envoyer leurs chaussures trop petites là-bas. Commença alors une réflexion sur la manière de s’y prendre et après quelque mois, ils organisaient des évènements appelés « Fêtes des pieds » dans des magasins de la région où les gens pouvaient faire don de chaussures usagées ou d’argent pour des chaussures neuves. Ils dirent qu’au premier abord l’idée paraissait fantaisiste, mais que les gens avaient tellement envie d’aider, et que c’était tellement agréable qu’ils ont continué.
A la convention de la NAACP, les garçons expliquèrent qu’ils revenaient de Jamaïque où ils avaient établi un partenariat avec des associations locales pour distribuer plus de mille paires de chaussures. Leur séjour incluait du bénévolat dans un camp d’été annuel organisé par la fondation RuJohn, qui axe son travail sur le sport et la responsabilisation des enfants jusqu’à l’âge de vingt ans.
J’ai demandé aux garçons ce qu’ils pensaient de leur voyage et des gens qu’ils avaient rencontrés. L’un d’eux répondit : « Les enfants étaient si joyeux, avec d’immenses sourires… On ne voit pas ça ici. Ils apprécient ce qu’ils ont, et sont contents quoi qu’il arrive. Ici aux Etats-Unis, dans mon école par exemple, on est tellement déprimé. » Un autre garçon évoqua les sessions d’estime de soi au camp, où l’on demandait aux jeunes ce qu’ils voulaient faire plus tard. Il fût impressionné que nombre de jeunes Jamaïcains veuillent aider leurs parents dans les grandes difficultés qu’ils rencontrent.
Quant au futur des Frères de la semelle, les garçons assurèrent qu’ils avaient du soutien et des offres pour acheminer des dons de chaussures au Ghana l’année prochaine, et éventuellement en Haïti après cela. Ils ont également été invités à retourner au camp de RuJohn. Ils expliquèrent que rencontrer ces jeunes en Jamaïque, et tous ceux qui les ont aidés dans leur projet, leur a fait prendre conscience qu’on n’est jamais trop jeune pour aider à changer le monde. Et ils espèrent que leur travail, à son tour, inspirera autrui à aider les gens dans leurs communautés.
Pour davantage d’informations : solebrosinc.org
Auteur : Mary Beth Steisslinger, collaboratrice de Share International basée en Pennsylvanie (E.-U.).
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Rubrique : Divers ()
