Partage international no 325 – septembre 2015
Une nouvelle étude de l’éminent scientifique climatique James Hansen et de seize autres chercheurs réputés conclut que l’objectif, internationalement accepté, visant à limiter la hausse des températures globales à deux degrés Celsius d’ici la fin du siècle, ne sera pas suffisant pour empêcher une fonte catastrophique des banquises qui élèverait le niveau de la mer plus haut et plus vite que ce qui était retenu jusqu’à présent.
D’après cette nouvelle étude, qui n’a pas encore été évaluée par un comité de lecture, les prédictions actuelles sur les impacts du réchauffement, de la fonte des glaces et de l’augmentation du niveau des mers, ne tiennent pas compte de l’intégralité des implications de la fonte de grandes parties du Groenland et de l’Antarctique.
Selon ce rapport, une telle fonte des glaces se produira « probablement » au cours de ce siècle et pourrait causer une élévation du niveau des mers de trois mètres en cinquante ans. Ce scénario est bien pire que les estimations actuelles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), groupe soutenu par l’Onu qui représente le consensus mondial officiel de la communauté scientifique.
L’étude affirme que « si l’océan continue d’accumuler la chaleur et augmente la fonte des banquises marines d’Antarctique et du Groenland, un point sera atteint où il sera impossible d’empêcher la désintégration à grande échelle de ces banquises, avec une montée du niveau de la mer d’au moins plusieurs mètres ».
Les chercheurs concluent que « des émissions carbones maintenues à de hauts niveaux aboutiront à une montée quasiment inévitable du niveau de la mer de plusieurs mètres qui aura probablement lieu en ce siècle. Les perturbations sociales et les conséquences économiques d’une montée des eaux si importante pourraient être dévastatrices. Il n’est pas difficile d’imaginer que les conflits générés par les migrations forcées et le chaos économique rendraient la planète ingouvernable, menaçant le tissu de la civilisation ».
Une augmentation du niveau de la mer de trois mètres rendrait les villes côtières comme New York, Londres et Shanghaï inhabitables. « Une partie de nos villes côtières serait toujours au-dessus de l’eau, ajoute J. Hansen, mais vous ne pourriez y vivre. »
Ce scénario démontre pourquoi l’objectif communément accepté de limiter la montée des températures à 2° C au-dessus du niveau pré-industriel n’est pas viable. Au contraire, le rapport établit qu’un futur 2° C au-dessus serait « très dangereux ».
Selon J. Hansen, les découvertes de l’étude exigent une « coopération d’urgence parmi les nations. » et le moment est essentiel, étant donné les pourparlers de novembre prochain à Paris et les graves conséquences que le monde subira si une action majeure et collective n’est pas menée immédiatement. « Il n’y a pas d’excuse défendable pour remettre à plus tard la sortie des énergies fossiles aussi rapidement que possible », déclare-t-il.
Sources : commondreams.org ; slate.com
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Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
