Les Objectifs de développement post 2015

Partage international no 314octobre 2014

Les 8 au 10 septembre 2014, le Forum mondial Convergences s’est réuni à Paris sur le thème « construire le monde de demain ». Les Objectifs de développement du millénaire (ODM) avaient été déterminés en 2000, après le Sommet du millénaire des Nations unies. A l’époque, l’ensemble des 189 États membres des Nations unies s’étaient mis d’accord pour réaliser les ODM d’ici à 2015. Mais les progrès réalisés par les divers pays sont décrits comme « inégaux » et, dans de nombreux cas, ils sont bien loin des niveaux prévus. Les intervenants au forum comprenaient le Commissaire européen pour le développement, Andris Piebalgs, Paul Polman, président d’Unilever (engagé dans les débats sur la création d’une économie sociale), et Isabelle Pypaert Perrin, déléguée générale du mouvement ATD quart monde.

Pypaert Perrin a présenté son rapport Vers un développement durable qui n’oublie personne – le défi de l’après 2015. Ce rapport est le résultat de deux années de recherches menées à la fois par des personnes vivant dans la pauvreté et par des professionnels du développement.

Le rapport met l’accent sur l’urgence de créer des programmes de développement avec les gens vivant dans la pauvreté, en travaillant dans leur intérêt plutôt que contre leurs intérêts. Trop de programmes de ce genre réduisent les populations vulnérables au silence. Il s’agit d’un problème sérieux car les gens ignorés sont souvent les seuls à avoir l’expérience et les connaissances nécessaires à la réussite des projets de développement durable. Travailler en partenariat exige de venir en aide à ces communautés et de renforcer leurs propres organismes d’assistance, et de s’assurer que les institutions nationales et internationales créent à tous les niveaux de véritables mécanismes de partenariat.

Ainsi que le déclare André, un participant du Burkina Faso : « Même une personne vivant dans la pauvreté a des idées. Si ces idées ne sont pas reconnues, cette personne s’enfonce encore plus dans la pauvreté. »

Partant de cette idée, le rapport présente des recommandations clés pour des développements post 2015 inspirés directement par les expériences de personnes vivant dans la pauvreté. Cela met en avant des sujets comme l’élimination des discriminations envers les pauvres ; le financement des coûts indirects de l’éducation ; l’adoption de l’indice de pauvreté multidimensionnel (MPI) en remplacement du seuil d’extrême pauvreté fixé à 1,25 dollar par jour (le MPI mesure les manques des ménages en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie) ; le besoin d’un mécanisme international de financement des minimums sociaux là où les ressources sont insuffisantes ; la participation des syndicats, de la société civile et de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté dans la conception, la mise en place et le suivi des mesures. La plupart des participants s’accorde sur le fait que l’école est le meilleur moyen pour les enfants de surmonter la pauvreté – à condition que le processus d’enseignement et le contenu des cours soient adaptés aux besoins de l’ensemble de la communauté, surtout de ceux qui vivent dans une pauvreté extrême.

Les participants des Philippines ont déclaré : « Nous souhaitons aussi contribuer au développement, sans exclure quiconque, sans laisser personne sur le bord du chemin. Nous voulons travailler ensemble en tant que partenaires. C’est ainsi que la dignité et les droits de chacun pourront être respectés. » 


Sources : www.atd-fourthworld.org
Thématiques : Société
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)