A propos de l’unité

Séminaire 2012 du réseau Share International des Etats-Unis

Partage international no 290octobre 2012

Le texte ci-dessous est la transcription de la conversation qui s’est tenue sur Skype le 19 août 2012 entre Benjamin Creme et les participants au séminaire annuel de méditation de transmission de San Francisco (États-Unis). Benjamin Creme répond à des questions qui lui ont été posées sur le thème de la conférence : l’Unité.

Q. Les groupes américains aimeraient tendre vers davantage d’unité. Quels conseils pouvez-vous leur donner ?
R. C’est une tâche difficile, comme vous le savez. Personne n’ayant l’habitude de l’unité, elle n’est pas un but facile à atteindre. Il faut la cultiver avec soin, la dorloter, lui donner assez d’eau, de terreau et de soleil, et, bien sûr, il lui faut de la diversité. Dans la vie, ne l’oubliez jamais, l’unité est inséparable de la diversité.
Dans tous les groupes, le plus grand obstacle à la création de l’unité est la critique. Rien ne perturbe davantage la délicate croissance de l’unité que la critique. Nous devons accepter la diversité dans l’unité. Dans chaque groupe, il y a des individus différents, qui ont des personnalités et des structures de rayons différentes, des expériences différentes, etc. Mais quand ils s’unissent pour former le groupe, c’est parce qu’ils trouvent dans le groupe un reflet d’eux-mêmes : c’est cela qui crée l’unité. C’est ce que tout le monde recherche. C’est la première raison qui nous fait entrer dans un groupe ou adhérer à un parti politique. Quand les gens entrent dans un parti politique – les Démocrates ou les Républicains, par exemple – c’est parce qu’ils y trouvent un reflet d’eux-mêmes. Ils recherchent l’unité. Tout le monde recherche l’unité parce que, comme le dit le Maître, c’est ce que nous recherchons tous, que nous nous en rendions compte ou non.
Tous les hommes recherchent l’unité. Pourquoi ? Parce que chaque atome de l’univers est lié à tous les autres atomes. Ainsi, l’unité est l’essence même de notre être – c’est donc la chose que chacun d’entre nous recherche, espérant la toucher, la connaître, même si nous ne nous rendons pas compte que c’est cela que nous faisons. C’est la raison pour laquelle vous êtes entrés dans ce groupe, parce que vous y voyez des gens qui semblent aborder la vie de la même façon que vous, qui semblent croire dans les mêmes choses que vous, avec lesquels vous pouvez parler, rire, être honnêtes. C’est là l’essentiel, être honnêtes – non parce que tout le monde pense de la même manière, ou pense les mêmes choses, mais parce que, en essence, tout le monde reconnaît que chacun fait partie de l’autre. C’est là que réside l’unité : elle est plus vaste que tous les peuples. Elle est plus grande que le parti démocrate ou le parti républicain. Elle est plus grande que le parti communiste. Elle est plus grande que le plus grand parti que vous ayez jamais vu de votre vie. Que cela vous plaise ou non, c’est cette unité que vous recherchez.
L’humanité est Une. C’est cela que vous devez avoir en permanence présent à l’esprit : que nous recherchons l’unité, que nous cherchons à créer, développer et entretenir l’unité – mais l’unité dans la diversité.

Le sentier spirituel

La seule manière de vivre, c’est de suivre le sentier spirituel. Le spirituel inclut tout. Le spirituel ne voit pas de frontières : il ne voit pas le bon et le mauvais, l’indifférent et ainsi de suite. Pour le spirituel, tous les hommes sont Un. Et en tant qu’âmes, nous sommes des êtres spirituels. C’est pourquoi nous appartenons à un groupe qui travaille pour la Réapparition dans le monde ordinaire des géants spirituels de la planète, les Maîtres de Sagesse, dont Maitreya est à la tête. Nous ne pourrions pas avoir choisi meilleur sentier. Quoi que vous fassiez, n’oubliez pas ce que Maitreya a dit : vous êtes venus dans cette vie pour faire ce travail, et ce travail, c’est la préparation du retour des Maîtres et de Maitreya dans le monde, c’est le début de l’ère spirituelle. Nous n’entrons pas seulement dans un nouvel âge, mais dans l’ère spirituelle, l’ère dans laquelle l’aspect spirituel de l’humanité, l’âme de l’humanité, sera petit à petit nourri et enrichi, dans laquelle les gens n’imagineront pas qu’il existe une autre voie. Quand on a atteint un certain point sur le sentier de la spiritualité, il n’y a pas retour possible, il n’y a pas d’autre voie. Il n’existe que cette voie parce qu’elle englobe toutes les autres, parce qu’il n’existe que la divinité. S’il n’existe que la divinité, on ne peut pas trier et n’en prendre que des fragments. C’est ce que font ceux qui ne voient pas le sentier spirituel. Mais quand vous suivez la voie spirituelle, quand vous ne la lâchez pas quoi qu’il puisse vous en coûter, alors vous êtes en passe de devenir – selon les paroles mêmes de Maitreya – le Dieu que vous êtes. Maitreya voit un Dieu en chacun de nous.

Q. En quoi l’humour contribue-t-il à favoriser l’unité ?
R. L’humour n’a pas de prix. L’humour est un baume, il nous fait nous sentir bien. Il arrondit les angles de la vie et nous donne une sensation de légèreté. Comme, pour la plupart d’entre nous, nous prenons la vie trop au sérieux, nous ne savons pas, pour reprendre une expression du Maître DK, être souples dans notre selle. Quand on est souple dans sa selle, on trouve naturellement la position d’équilibre et on n’a pas besoin de se cramponner à la selle de toutes ses forces. C’est une question de simplicité. Quand il y a simplicité, il y a humour. Quand l’humour est absent, la tension est trop forte, on s’agrippe, on se raccroche, on demande, on réclame. « J’ai besoin. » « Il me faut. » « J’exige. » Certains pays, comme l’Amérique, ont un bon sens de l’humour. C’est grâce au fait que l’Amérique est constituée d’une myriade de nationalités différentes et que parmi toutes ces nationalités, il y en a fatalement une qui a le sens de l’humour.
L’humour est indispensable. Cultivez l’unité dans la diversité, et chemin faisant, n’oubliez pas l’humour. Sans l’humour, vous ne pouvez pas atteindre la véritable unité dans la diversité. L’humour illumine nos vies. C’est pour cela que nous aimons les bandes dessinées et les gens qui font des plaisanteries même si elles sont moyennement drôles : « Docteur, docteur, je crois que j’ai perdu la mémoire. » – « Ah bon, quand ? » – « Quand ça, quoi ? » Une plaisanterie aussi faible que celle-là, Maitreya lui-même serait capable de la faire, et d’ailleurs il l’a faite. C’était une plaisanterie de ma fille – qui l’avait trouvée dans un livre. Elle me l’a racontée, et je l’ai adoptée. Je l’ai racontée à des tas de gens, à la plupart des gens que j’ai rencontrés, et c’est devenu ma plaisanterie jusqu’à ce que Maitreya la reprenne et se mette à l’utiliser ! Maintenant j’ai cessé de la raconter. C’est la seule fois que je la raconte cette semaine.

L’opportunité de servir

Ce groupe se voit offrir une opportunité de servir telle que le monde n’en a jamais connu auparavant. Ce groupe est vaste, il couvre le monde ; ses membres, œuvrant dans une perspective similaire, s’emploient à préparer l’humanité à l’émergence de l’Instructeur mondial, Maitreya, peu importe le nom sous lequel il est attendu, que ce soit le Christ, le Messie, le Bouddha Maitreya, l’Imam Mahdi, ou tout autre nom que vous lui donnez en fonction de vos croyances ou de votre religion.

Si vous suivez Maitreya au sens religieux du terme, comme un chef religieux, laissez-moi vous dire que vous avez de lui une perception fausse car Maitreya ne vient pas pour une religion ou une autre. Il est l’Instructeur mondial de toutes les religions et d’aucune en particulier, s’adressant à la totalité des hommes et des femmes du monde entier. Maitreya n’est pas contre la religion, il considère qu’elle a son utilité. C’est comme une échelle : elle vous aide à grimper sur le toit mais une fois que vous y êtes, vous n’avez plus besoin de l’échelle. Telle est son approche de la religion.

Les religions détiennent toutes des aspects de la Vérité, il ne faut pas s’en moquer ni les dénigrer, mais les considérer d’un œil bienveillant, même si vous-même n’adhérez pas à une religion parce que vous n’en éprouvez pas le besoin. Bon nombre de gens croient ne pas avoir besoin de la religion et pourtant il me semble que c’est peut-être précisément de cela qu’ils ont besoin. Ils refusent la religion sous prétexte que c’est « démodé », ce genre de chose. La religion n’est pas démodée : elle peut être forte et faible, et toutes les religions connaissent les problèmes que traverse chaque individu, parce qu’elles concernent les gens. Tout ce qui concerne les gens est intéressant et peut vous servir.

Le travail de groupe

Partout, en Amérique, en Europe et ailleurs, il y a des gens qui ont énormément de mal à travailler au sein d’un groupe. Ce n’est pas qu’ils soient mauvais, ils ne sont pas plus mauvais que les autres membres du groupe, mais ils ne savent pas comment travailler dans un esprit de groupe, parce que leur préoccupation essentielle n’est pas l’unité du groupe mais leur désir personnel. La question du désir est centrale. Ils désirent l’attention (c’est généralement la motivation première), ils désirent avoir voix au chapitre (ce qui est parfaitement acceptable), ils désirent être connus des autres groupes, et ils désirent avoir une « position ». Mais dans ce groupe qui regroupe tous les groupes, il n’y a pas de « position ». Personne n’a de position.

Certains groupes dans des pays comme les États-Unis, par exemple, ont des groupes de coordination (GC), qui sont chargés de transcrire en mots les pensées des uns et des autres. Il n’est pas possible que tout le monde parle en même temps, il faut donc que quelqu’un s’exprime pour le reste du groupe. C’est à cela que sert un GC. Ce n’est pas une « position », comme pourrait l’être celle de chef d’entreprise. Dans les groupes occultes, il n’y a pas de position. Il y a un Maître qui est le seul à occuper une position, mais le Maître, bizarrement, est la dernière personne à se soucier du fait qu’il occupe une position. Maitreya, comme vous pourrez le constater, n’a absolument aucun désir. Il ne veut en aucun cas avoir une position : il ne saurait pas quoi en faire, n’ayant jamais cherché à en avoir. Il est la simplicité même.

Nous devrions, c’est le non-Maître que je suis qui se permet de s’exprimer ainsi, nous efforcer d’être aussi simples que possible. Être aussi simple que possible, c’est réclamer le moins possible une « position ». A une exception près : lorsque vous m’adressez la parole, j’attends de vous que vous fassiez le salut militaire ! C’est ça, l’exception.


Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()