Vers l’initiation de groupe – Questions et réponses (deuxième partie)

Séminaire 2010

Partage international no 272avril 2011

par Benjamin Creme

L’initiation de groupeétait le thème de la conférence donnée par Benjamin Creme lors des réunions des groupes de méditation de transmission américains et européens en 2010. Une transcription de cette conférence est parue dans le numéro de janvier/février 2011 de Partage international, et la première partie des questions et réponses a été publiée dans le numéro de mars. On trouvera ci-dessous la deuxième partie des questions et réponses provenant de ces deux réunions.

Q. L’humanité entière fait-elle partie de l’un des quarante-neuf ashrams ?
R. En aucun cas. Les ashrams ne comprennent que des personnes ayant pris au moins la première initiation. Il y a aujourd’hui quatre à cinq millions d’individus qui sont au seuil de la première initiation. Ils ne font pas encore partie de la Hiérarchie, mais ils y entreront quand ils prendront la première initiation.

L’importance de la méditation de transmission

Q. Quelle est le plus grand obstacle à la réalisation de l’initiation de groupe ?
R. Le plus grand obstacle est le fait que nous ne soyons pas encore prêts. Aucun groupe n’a encore satisfait à toutes les conditions de la Règle XI2, ce qui est indispensable pour l’initiation de groupe. Ces conditions sont très difficiles, mais elles ne sont pas impossibles. Elles seront remplies le moment venu.
Il y a de très grandes différences de sérieux et de capacité de discipline, même dans les groupes d’aujourd’hui. La plupart des gens ne sont pas très disciplinés. Ils viennent à cette conférence pleins de bonnes intentions, mais ils n’ont pas la discipline nécessaire pour consacrer suffisamment de temps à la Transmission, car nous transmettons généralement beaucoup plus longtemps qu’ils ne le font chez eux. Nombreux sont ceux qui ne changent pas leurs habitudes, transmettent environ une heure et quittent la Transmission. Ils ne saisissent pas l’occasion qui leur est présentée de se concentrer de façon plus soutenue.
Le vrai travail est toujours fait par les gens plus sérieux qui ont appris tout au long des années à se concentrer, maintiennent leur attention à un niveau élevé, et conservent ainsi l’alignement.

Q. Il arrive que certains d’entre nous s’endorment pendant la Transmission. Dans quelle mesure cela affecte-t-il la valeur de la Transmission ?
R. Plus il y a de gens qui dorment, moins le travail accompli est important. Cela réduit la quantité d’énergie transmise, et le groupe est donc d’autant moins efficace.
Quand certains dorment, cela diminue le travail effectué par le groupe. Mais il vaut mieux dormir cinq minutes et récupérer, si cela vous permet de maintenir votre attention au centre ajna pendant les deux heures qui suivent, plutôt que de dodeliner de la tête en permanence et ne pas maîtriser votre attention. Votre attention doit rester au centre ajna ; sinon, vous ne servez à rien au groupe, que vous soyez éveillé ou endormi. Il ne faut donc pas dormir pendant des heures. Mieux vaut vous assoupir légèrement le temps de récupérer.Si vous êtes capables de continuer par la suite en étant vraiment aligné, vous serez alors utile au groupe.

Q. Certaines personnes dorment pendant toute la Transmission, d’autres seulement un peu. Devons-nous les réveiller ou les laisser dormir dix minutes pour leur permettre de récupérer ?
R. Peut-être certains ne dorment-ils que pendant la Transmission !

Q. Et quand les gens ronflent ?
R. Il est strictement interdit de ronfler !

Q. Quelle est l’importance du rôle des triangles ?
R. La science des triangles est le fondement même de la méditation de transmission. Sans elle, la méditation de transmission n’aurait pas la formidable puissance qui lui permet d’accomplir son travail extraordinaire pour sauver le monde. C’est par la triangulation des énergies que les Maîtres multiplient la qualité des énergies qu’ils envoient dans le monde par l’entremise des groupes de méditation de transmission. Tout cela ne fonctionne que grâce à la science des triangles.
Lors d’une méditation de transmission, tous les participants sont reliés par une ligne de force invisible à tous sauf aux Maîtres, de telle sorte que chaque personne est en lien avec toutes les autres sur le plan énergétique. C’est ce phénomène qui fait qu’un certain nombre d’individus devient un groupe. Grâce à la triangulation des énergies via le groupe, celui-ci ne dispose pas seulement de la somme des énergies individuelles limitées, mais de l’énergie qui provient de la science des triangles. Par exemple, trois personnes constituent un triangle ; un groupe de cinq personnes comporte dix triangles ; un groupe de dix personnes en comporte cent vingt. Vous voyez la différence. La quantité d’énergie transmise est multipliée par la triangulation. Avec cent cinquante personnes dans la pièce, on a des milliers de triangles. Avec seulement soixante-quinze personnes, on a très nettement moins que la moitié de ce même nombre de triangles. La science des triangles est la base de tout. C’est d’elle que la méditation de transmission tire toute sa puissance.

Q. Les triangles ne relient-ils que les personnes qui transmettent dans un seul et même groupe, ou bien relient-ils également les personnes qui transmettent dans des groupes différents ?
R. Chaque groupe forme un réseau de triangles que les Maîtres relient à un réseau mondial de triangles similaires.

Q. Si un groupe de transmission n’est constitué que de deux personnes, celles-ci constituent-elles un triangle ?
R. Non. Le nombre trois est la base du triangle. Néanmoins, deux personnes peuvent transmettre une certaine quantité d’énergie.

Des relations non sentimentales

Q. Je pense que nous avons réussi à travailler ensemble, à nous focaliser sur les objectifs/projets du groupe et à les mettre en œuvre sans que, dans l’ensemble, nos sentiments personnels de sympathie et d’antipathie n’interviennent. Pourtant, du point de vue du Maître, vous dites que nous sommes loin, et même très loin, d’avoir commencé à remplir la première condition de la Règle XI. Cela signifie-t-il que nous devons progresser jusqu’à ce que les sentiments de sympathie et d’antipathie soient évacués de notre mental, parce que nous sommes un groupe occulte et que les perturbations énergétiques intérieures entravent la formation de la conscience de groupe ?
R. Cette question ne devrait même pas venir à l’esprit de quiconque. Si la situation était abordée d’un point de vue mental correct, le problème ne se poserait pas. Si tout le monde travaillait en état d’indifférence spirituelle, vous auriez des relations de groupe non sentimentales. Ce qu’il faut, c’est être capable de travailler en groupe de façon non sentimentale ‑ sans se laisser influencer par les sollicitations du corps astral/émotionnel. Cela ne signifie pas que vous ne devez pas aimer les gens avec lesquels vous travaillez. Cela signifie que vous ne devez pas choisir entre ceux que vous aimez et ceux que vous n’aimez pas, que vous devez travailler indifféremment avec les uns ou les autres. C’est cela, l’état d’indifférence spirituelle. C’est là le but.
Il y a un autre mot qui décrit cet état : le détachement. Quand Maitreya affirme qu’il faut pratiquer l’honnêteté mentale, la sincérité du cœur et le détachement, le détachement en question n’est autre que l’état d’indifférence spirituelle. Il ne s’agit pas d’être indifférent à un problème, indifférent à une idée, indifférent à tout, mais d’être indifférent à la différence, ne pas voir la différence, parce que la question de la différence ne se pose pas.

Q. Quelle est la meilleure manière de travailler la règle XI ? Individuellement ou en groupe ?
R. Les deux.

Q. Quelles sont les attitudes qui sapent l’unité de groupe ? Vous avez donné un exemple, la compétition.
R. La compétition, la jalousie, l’envie, la recherche d’une position importante dans le groupe, le complexe d’infériorité par rapport à ceux qui font un travail que l’on ne peut pas faire.
Un groupe est constitué de personnes qui ont des structures de rayons différentes et des niveaux d’évolution différents ‑ même si les différences sont souvent infimes. Les écarts ne sont pas énormes, mais certains, du fait de leur structure de rayons différente de la vôtre, sont capables de faire des choses pratiquement infaisables pour vous. Cela n’est pas une raison pour nourrir de l’envie à leur égard. Ou bien par exemple, vous êtes très avancé du fait de votre âge ou de votre expérience dans un domaine où vous excellez, ce qui vous permet de superviser certains aspects du travail. Vous pouvez former d’autres personnes à certains aspects du travail auxquels vous ne seriez pas capable de faire face si vous n’aviez pas ce savoir-faire supérieur du fait de votre expérience.
Toutes ces différences provoquent des décalages dans un groupe. Nous savons tous combien les gens peuvent céder à la jalousie, à l’envie, à la critique. Il n’y a rien de pire que la critique.

L’innocuité

Q. D’un point de vue supérieur, ce que nous considérons comme inoffensif peut en fait être nocif. Pourriez-vous nous en dire davantage sur l’innocuité ?
R. Faire preuve d’innocuité, c’est ne pas être nocif. Nous avons notre libre arbitre. Nous travaillons dans le respect de la loi de cause et d’effets ou non. Si nous respectons cette loi, nous sommes dans l’innocuité. Nous ne prononçons aucune parole, ne faisons aucune action qui nuise à un individu ou à la race toute entière.
Il est juste de dire : « D’un point de vue supérieur, ce que nous considérons comme inoffensif peut en fait être nocif », parce que nous ne comprenons pas ce que c’est qu’être inoffensif. Pratiquer l’innocuité signifie littéralement ne pas nuire. Cela ne signifie pas ne pas heurter, ne pas corriger, ou ne pas chambouler les idées de quelqu’un. Cela ne signifie pas ne rien faire. Cela signifie que ce que vous faites ne nuit pas aux autres, parce que « On récolte ce que l’on sème ». Telle est la loi. Si nous voulons traverser la vie dans l’innocuité, il nous faut apprendre ce qui est nocif. Nous apprenons la loi de cause et d’effets parce que nous nuisons tous sans le vouloir. Nous ne sommes pas conscients de ce qui blesse. Chaque pensée et chaque action mettent une cause en mouvement ; les effets issus de ces causes constituent nos vies, pour le meilleur et pour le pire. En fait, nous sommes responsables de nos propres progrès. Malheureusement, suite à une éducation néfaste, à un enseignement mal conçu, à des expériences dommageables, nous mettons tous en mouvement ces causes, qui génèrent du mal. C’est ce que l’on appelle « karma ». C’est le résultat du conditionnement.
La plupart des gens dans le monde font de leur mieux dans les conditions qui sont les leurs, mais ils peuvent faire du mal sans le savoir. Non pas à cause de quelque grande loi qui dépasse leur entendement, mais simplement parce qu’ils ne savent peut-être pas que ce qu’ils font est nocif. Si vous frappez quelqu’un et l’assommez, vous savez que cela fait du mal. Mais si, par exemple, vous empêchez des gens de gagner leur vie, de s’assurer une subsistance dans leur pays de résidence, votre action est nocive. Si vous pensez que « l’avidité est une bonne chose », il s’agit d’une croyance dont vous êtes responsable. Le karma est le même, parce qu’il se peut que vous nuisiez à des milliers de personnes en pensant que l’avidité est une bonne chose et qu’en conséquence vous pouvez faire preuve d’autant d’avidité que vous voulez.
Un petit nombre de familles, de conglomérats et d’institutions gèrent le monde avec pour seul but leur intérêt particulier.Ils possèdent quatre-vingt pour cent de la richesse du monde et génèrent beaucoup de souffrance. Ils ne pensent pas qu’ils sont nocifs, mais ils le sont bel et bien. C’est pourquoi nous avons besoin de Maitreya pour leur montrer combien ils sont nocifs. Pour eux, l’avidité ne peut être qu’une bonne chose. Ils n’imaginent pas que ce qu’ils font puisse nuire à qui que ce soit, pour la simple raison que cela ne semble pas leur nuire, et que cela ne semble pas nuire aux gens qu’ils connaissent. Mais ils ne connaissent pas l’immense majorité des habitants de la planète qui souffrent de leur fait.
C’est une question de prise de conscience. Il s’agit d’élargir sa conscience pour voir les besoins de justice dans le monde. La justice est une qualité de l’âme, une qualité divine, et son absence est une absence du divin. Quand la politique, l’économie et les structures sociales sont contraires au divin, le monde est fracturé. Du point de vue du Maître, il n’existe rien d’autre que la divinité, et toutes nos structures doivent refléter celle-ci. Selon Maitreya, le partage est divin. La justice est divine. La paix est divine. Sans eux, nous générons du mauvais karma. Nous travaillons en dehors de la loi.
Nous devons visualiser la possibilité d’un monde travaillant de façon correcte ‑ dans le partage, la justice, les relations justes. La division mène au mauvais karma. Elle va à l’encontre du bien commun de la société tout entière. Les gens tendent à penser en termes économiques, en termes de classe, dans les termes de leurs propres institutions, de leur propre famille. Par conséquent, ils croient que ce qui est bon pour eux est bon pour tout le monde, mais tel n’est peut-être pas le cas.
Il faut un changement complet de conscience, ce qui ne se produira pas du jour au lendemain. Il faut un changement de conscience lent, qui permette à Maitreya d’inspirer l’humanité pour qu’elle voie ce qu’elle fait et s’aperçoive combien cela est destructif et contraire au divin.

Q. Pourriez-vous nous parler de l’innocuité du point de vue des interactions entre individus dans le cadre du groupe ?
R. Si ce que vous faites nuit à un co-worker, c’est nocif. Il faut changer cela. Qui doit en juger ‑ la personne nocive, ou le groupe ? Le problème doit être réglé d’une façon ou d’une autre. Mais si vous ne voyez pas le mal que vous faites, le groupe vous en informera tôt ou tard. C’est au groupe que cela revient.

Q. Que faire quand une personne blesse les autres ?
R. Blesser quelqu’un est nocif lorsque c’est fait sciemment, avec malveillance, dans un accès de colère. Il peut cependant arriver que quelqu’un se sente blessé alors qu’il n’y avait pas de mauvaise intention.
Si un Maître vous disait : « Vous pensez que vous êtes bon, mais en fait vous êtes très nocif dans presque tout ce que vous faites », cela vous causerait un choc, n’est-ce pas ? Mais ce serait peut-être vrai. Il peut arriver que l’on ne voie pas le mal que l’on fait. Cependant, lorsque quelque chose est nocif, la conscience spirituelle vous l’indique. Si, dans un groupe, une personne est particulièrement destructive, il se peut que la meilleure chose à faire soit de le lui signaler, même si cette personne a l’impression que c’est injuste parce qu’elle ne se rend pas compte du mal qu’elle fait.

Q. Il est légitime de le lui faire savoir ?
R. Il peut être tout à fait bénéfique pour le groupe d’attirer l’attention de la personne sur son comportement et les résultats qui en découlent.

Progrès vers l’initiation de groupe

Q. Vous avez indiqué qu’on voit poindre dans l’humanité une nouvelle lumière et que les Maîtres ont maintenant l’espoir que l’initiation de groupe sera peut-être possible dans l’ère qui commence. Pourriez-vous nous en dire davantage ?
R. Les Maîtres ont entrevu une toute petite lueur d’espoir.Examinant l’aura de l’humanité, ils ont constaté que les divers groupes qui préparent la voie pour Maitreya et les Maîtres s’épanouissent, et que la méditation de transmission se répand dans le monde. Cela a suscité en eux une lueur d’espoir.C’est tout ce que je peux vous dire sur le sujet.
Par ailleurs, et ça n’est pas tout à fait la même chose, l’humanité en tant que tout sort d’un long sommeil. D’un point de vue astronomique, notre planète a atteint le milieu de sa quatrième ronde. Chaque planète a sept rondes, ou cycles d’incarnations, et nous sommes au milieu de la quatrième. Certaines planètes, comme Pluton, en sont à leur deuxième ronde. Vénus, qui en est à sa septième et dernière ronde, brille haut dans les cieux. Au point où nous en sommes, au milieu de notre quatrième ronde, l’humanité commence à s’éveiller, et les Maîtres, lorsqu’ils regardent l’aura humaine, lorsqu’ils regardent le monde, voient une lueur qui n’était pas là auparavant. Là où ils ne voyaient que brouillard, un petit rayon de soleil commence à percer.Cette petite lueur apporte un nouvel espoir au monde, à l’humanité et aux Maîtres. Elle montre que l’humanité commence à se rendre compte qu’elle est meilleure, qu’elle vaut mieux que ce qu’on lui avait enseigné.
Les Maîtres savent que nous sommes des Dieux. Maitreya ne cesse de nous le dire : « Vous êtes des Dieux. » Il ne dit pas que nous nous comportons comme des Dieux. Les Maîtres savent qu’ils sont des Dieux. Ils savent qu’ils sont des hommes divins. Nous sommes nous aussi des hommes divins, mais nous ne le savons pas. Ce qui prouve aux Maîtres que nous commençons à le croire, c’est la nouvelle lumière apparue dans l’aura de la race humaine. Quand ils voient cette lumière, ils savent que les êtres humains commencent à se reposer la question de savoir qui ils sont, ce qu’ils sont, jusqu’où ils peuvent aller.Je ne pense pas que les gens clament haut et fort : « Pour moi, ça va. J’ai du divin en moi. » Mais ils commencent à prendre confiance en eux, à se sentir capables de créer une société, meilleure, un monde sensé dans lequel personne, contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, ne perde la vie parce qu’il manque d’une nourriture qui abonde sur la Terre.
Les gens commencent à se rendre compte que si seulement les choses étaient un peu mieux organisées, si seulement nous avions un meilleur gouvernement, de meilleures structures sociales, une société plus juste et équitable, nous pourrions créer un monde qui vaille vraiment la peine. Au fond d’eux-mêmes, ils savent qu’ils sont sinon des Dieux, du moins des Dieux potentiels. De plus en plus de gens ont le sentiment qu’ils sont potentiellement divins. Quand un individu prend soudain conscience qu’il est, sinon parfaitement, du moins potentiellement divin, c’est pour lui un gigantesque pas en avant. C’est ce qui se produit, et cela se produit au milieu de la quatrième ronde.

Q. Quels sont les signes, au niveau du groupe, qui indiquent que l’initiation de groupe est devenue possible ?
R. Vous ne me croirez peut-être pas, mais les Maîtres ont vu un certain degré d’alignement de groupe qui n’était pas là jusqu’à présent, un alignement bien réel, en ce sens qu’il peut suffire à l’initiation de groupe. Déjà, en méditation de transmission et dans le travail en vue de la réapparition des Maîtres, les groupes de par le monde ont manifesté un degré d’alignement qui est nouveau. Vous ne le voyez peut-être pas, mais les Maîtres, avec leur vision supérieure, distinguent une ébauche d’attitude correcte qui résulte de ce travail. Je ne veux pas donner trop d’importance à cela, mais c’est une réalité.

Q. Il y a deux ans, vous avez déclaré qu’aucun groupe n’avait réalisé le moindre progrès en vue de l’initiation de groupe. Le sujet de cette conférence indique-t-il que nous avons encore des raisons de nourrir quelque espoir à propos de l’initiation de groupe ?
R. C’était il y a deux ans. Aucun groupe n’avait fait de progrès significatifs en vue de l’initiation de groupe. Néanmoins, les choses se présentent bien. Les gens commencent à saisir l’importance de ce qu’ils font dans ce travail. Au début, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas vraiment ce qu’ils font. Les choses leur semblent faciles, mais il y a un élément de fond qu’ils ne veulent pas voir.Ce travail est trop profond et trop sérieux, et ils ne se sentent pas vraiment engagés. Pourtant, il s’agit vraiment d’initiation de groupe et d’extériorisation de la Hiérarchie des plans intérieurs sur les plans extérieurs. Cela exige de leur part une réorientation substantielle de leur vie.

Q. Pourquoi ce groupe a-t-il fait des progrès limités mais incontestables vers l’initiation de groupe ?
R. Ce groupe a fait des progrès limités mais incontestables parce que l’ensemble du processus vers pareil accomplissement est inévitablement lent. Voilà longtemps qu’il est engagé, plus de trente ans. Pendant tout ce temps, des progrès ont été accomplis lentement.

Q. Selon le Maître Djwhal Khul, la caractéristique principale d’un groupe est l’égoïsme spirituel. Y a-t-il eu des progrès du point de vue de « l’égoïsme spirituel » dans les groupes de méditation de transmission ?
R. Oui, en trente-cinq ans, les choses se sont améliorées. Mais il n’est pas un seul groupe dont l’égoïsme spirituel ne soit pas l’expression majeure.

Le travail dans les groupes

Q. Pour les groupes, quelle sera la force unificatrice après le Jour de Déclaration ? La cohésion d’un groupe viendra-t-elle de la méditation de transmission ou de l’extériorisation des ashrams ?
R. A la fois de la méditation de transmission et de la venue dans le monde d’un important groupe de Maîtres. Une fois que Maitreya sera connu et reconnu dans le monde, un processus de transformation aura lieu chez tous ceux qui auront travaillé en méditation de transmission et pour l’extériorisation de Maitreya et de la Hiérarchie. Le travail deviendra incomparablement plus facile par rapport à ce qu’il est maintenant.

Q. Les groupes resteront-ils ensemble car il sera plus facile de rester ensemble ?
R. Ils resteront ensemble parce qu’ils auront du travail à faire ensemble, et ils se multiplieront.

Q. Les groupes ont-ils tous un rayon de groupe spécifique, ou cela est-il vrai seulement de certains ?
R. Tous les groupes ont un rayon de groupe potentiel, mais cela reste potentiel. Certains groupes ont un rayon, d’autres n’en ont pas. Cela dépend de la composition du groupe.

Q. La structure de rayons d’un groupe change-t-elle lorsque la composition du groupe change ?
R. Oui, les rayons d’un groupe changent avec l’arrivée de personnes de rayons différents.

Q. Si un groupe se détériore, conserve-t-il un rayon de groupe ?
R. Oui, un rayon effiloché, en quelque sorte !

Q. Pour la réalisation des quatre conditions de la règle XI, est-il utile que les membres d’un groupe connaissent les rayons les uns des autres ?
R. Les gens tendent à se communiquer leurs rayons les uns aux autres. Dès lors qu’ils ne révèlent pas leur niveau d’évolution, il n’y a aucun mal à ce que leurs rayons soient connus de certains, voire de tous les membres du groupe.
Quand on connaît les individus et leur structure de rayons, cela peut éclairer : « Ah, je comprends pourquoi il est comme ça. C’est à cause de ses rayons. Cela explique beaucoup de choses. » Quand on connaît les rayons principaux d’une personne que l’on ne peut pas supporter et qu’on la voit exprimer certaines de ses qualités de rayons, cela peut élargir les idées et rendre plus tolérant.

Q. Du point de vue du Maître, quand une personne fait-elle partie du groupe ? Quand elle transmet ? Quand elle fait connaître la présence de Maitreya dans le monde ? Les deux activités ou l’une d’entre elles ?
R. Les deux.

Q. Quand un membre du groupe meurt, continue-t-il de travailler en vue de l’initiation de groupe ?
R. Non, il ne travaille plus en vue de l’initiation de groupe. Mais il fait toujours partie de l’ashram.

Q. « Travailler seul, et néanmoins en groupe » : qu’est-ce que cela signifie ?
R. Je n’ai pas dit ‑ et n’ai en aucun cas laissé entendre ‑ que l’on doit travailler seul. J’ai dit que le disciple est toujours seul. Le sentier est solitaire. On est seul dans le voyage vers le but final de la Maîtrise. Ce n’est pas que l’on travaille seul, mais on est seul. Tout en étant seul, on travaille avec un groupe. Chaque individu, dans sa propre solitude auto-imposée, travaille avec d’autres individus tels que lui pour créer un groupe ‑ et cela, sans que personne ne lui dise ce qu’il doit faire. En essence, tout progrès dans un groupe est le progrès des individus composant le groupe. Le groupe est créé par des individus. C’est ce que je veux dire par « être seul ». Néanmoins, tout individu est capable, grâce à des relations de groupe correctes, de travailler avec d’autres personnes qui restent des individus mais qui ont mis leur individualité au service du groupe. Leur structure de rayons est leur individualité. Leur niveau d’évolution fait partie de leur individualité. Chaque âme est unique, seule et totalement individuelle. Chacun d’entre nous a un son. A chaque instant de notre vie et de nos relations avec les autres, nous émettons une radiation que certaines personnes entendent, et que d’autres perçoivent en tant que parfum. Nous apprenons à enregistrer le parfum et le son émis par une personne. Nous faisons cela à tout instant. C’est à cela que les animaux répondent. Il s’agit de la radiation de la note de l’âme individuelle.
Nous sommes donc seuls quand nous foulons le sentier, mais nous sommes liés par le travail et le service accomplis en commun, ainsi que par l’amour.

[1] Voir également la conférence donnée par Benjamin Creme en 1988 : Vers l’initiation de groupe, parue dans La Mission de Maitreya, Tome II, pp. 629-647.
[2] Les quatre conditions fondamentales données dans la règle XI sont :
    1. L’établissement de relations de groupe non sentimentales ;
    2. L’utilisation constructive des forces de destruction ;
    3. La capacité de travailler en tant que Hiérarchie en miniature et, en tant que groupe, de démontrer l’unité dans la diversité ;
    4. L’utilisation de la puissance du silence occulte.
    (Voir Alice A. Bailey, Les rayons et les initiations.)

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Dossier ()