L’initiation de groupe a constitué le thème de la conférence donnée par Benjamin Creme lors des réunions des groupes de méditation de transmission américains et européens en 2010. Une transcription de cette conférence est parue dans le numéro de janvier/février 2011 de Partage international. On trouvera ci-dessous la première partie des questions et réponses provenant de ces deux réunions.
Q. L’initiation de groupe inclut-elle également une initiation des individus en même temps ?
R. C’est cela, l’initiation de groupe : une initiation des individus en formation de groupe. Ils ne prennent pas tous nécessairement la même initiation, mais ils prennent tous l’initiation ensemble, à peu près au même moment. L’initiation de groupe a lieu en groupe, mais pour l’individu, c’est une expérience individuelle.
Q. Quel est l’impact de l’initiation de groupe sur la vie collective de l’humanité ?
R. Vous voulez dire : » Quel sera l’impact ? » , car elle n’a encore jamais eu lieu.
L’impact sera gigantesque. Il fera avancer l’humanité à une vitesse absolument sans précédent dans le monde. Dès que l’initiation de groupe se réalisera, la transformation du monde s’opérera à un rythme jusqu’alors inconnu dans l’histoire de l’humanité.
Q. Quel rôle le 7e rayon jouera-t-il dans l’initiation de groupe ?
R. Le 7e rayon a un rôle très important à jouer dans l’initiation de groupe. Les énergies du Verseau ne peuvent se manifester que par l’entremise des groupes. Elles ne peuvent pas être utilisées par des individus qui travaillent seuls. C’est dire l’importance du travail de groupe, mais aussi de l’initiation de groupe qui fera partie de ce travail dans les 2 500 ans à venir.
Q. Quand l’initiation de groupe aura lieu, cela signifie-t-il que deux membres du groupe initiés, l’un de niveau 1,1 et l’autre de niveau 1,8 par exemple, prendront la deuxième initiation à peu près au même moment ?
R. Non, ce n’est pas cela. Celui qui est au niveau 1,1 prendra la deuxième initiation le moment venu. Quelqu’un qui est au niveau 1,9 prendra la deuxième initiation, mais pas au même moment. Il faut être tout près de l’initiation, de sorte que ceux qui sont prêts pour la première prendront la première, ceux qui sont prêts pour la seconde prendront la seconde et ainsi de suite, tous en même temps.
L’utilisation constructive et destructive des forces
Q. Comment les plans manasique, buddhique et atmique interagissent-ils, et comment s’expriment-ils au travers du groupe ?
R. Les plans manasique, buddhique et atmique correspondent aux trois niveaux de conscience au-dessus du plan mental concret. Le premier à se développer chez le disciple orienté spirituellement est le plan manasique, celui de la conscience mentale. Manas signifie mental. C’est le niveau le plus bas.
Le deuxième à se développer est le plan buddhique, l’aspect amour/sagesse. Il n’a rien à voir avec le bouddhisme, mais est dans un sens lié avec le Bouddha. Amour et sagesse sont légèrement différents ; la différence est celle qui existe entre le Christ et le Bouddha qui, aujourd’hui, partagent leur conscience. Le Bouddha met sa conscience buddhique à la disposition de Maitreya. Maitreya exprime l’aspect amour. Le Bouddha exprime l’aspect sagesse. Il y a entre les deux aspects une différence de qualité, mais il n’y a pas de différence de niveau.
A mesure que le disciple avance, il peut manifester un certain niveau de l’aspect manasique, puis de l’aspect buddique, et enfin de l’aspect atmique. L’action de l’aspect atmique synthétise le fonctionnement de ces trois différents aspects. Quand les trois aspects (Atma, Buddhi et Manas) s’épanouissent et qu’Atma les synthétise, l’état de Maître est atteint. Un Maître est un être chez qui l’aspect atmique synthétise les trois plans spirituels.
Ces trois plans ne sont différents qu’en apparence. Ce sont des aspects différents qui proviennent tous de la même source. Tout vient de cette source unique. Il n’y a qu’une source et une seule.
Q. Pourriez-vous nous parler de l’utilisation de la volonté ? Peut-on utiliser sur soi-même l’aspect constructif des forces destructrices ?
R. Il ne s’agit pas de votre volonté. Il s’agit de l’aspect volonté, le plus élevé des trois plans spirituels. Le plan atmique est l’aspect volonté ou dessein, ainsi que l’aspect destructeur. La mise en œuvre de cet aspect détruit ce qui fait obstacle à la croissance spirituelle.
Si, par exemple, un individu commence à progresser vers l’expression de l’aspect amour alors que l’aspect mental/intellectuel a toujours été le point de focalisation principal de sa vie jusqu’à ce moment, il se peut qu’il ait besoin d’invoquer le pouvoir de la volonté spirituelle pour faire tomber les obstacles. L’incapacité à aimer est un obstacle. Nous pourrions tous aimer. L’amour est une qualité innée chez tous les êtres. Mais du fait d’une éducation incorrecte et de conditionnements de toutes natures, l’amour est inhibé dans son expression. C’est vrai chez la plupart d’entre nous. Il faut alors que l’aspect volonté ou dessein soit invoqué, ce qui peut provoquer la destruction de ce qui fait obstacle à l’expression de l’aspect amour. Il peut arriver que cet obstacle soit une importance exagérée accordée à l’activité mentale.
La plupart des gens, qu’ils le reconnaissent ou non, pensent que leur cerveau est leur organe le plus important. C’est inexact. Le cerveau n’est qu’un ordinateur. C’est le plus merveilleux ordinateur qui ait été inventé (même si l’homme n’y est pour rien !), et il permet d’amener les expériences dans la conscience et de les mettre sous une forme utilisable par l’individu. Le cerveau est un organe du plan physique. Ça n’est qu’un outil qui permet d’enregistrer, de manipuler, de faire passer sur le plan physique ce qui se passe sur des plans plus subtils. Il est très important que vous ne vous identifiiez pas à votre cerveau et que vous ne le considériez pas comme l’aspect le plus important de vous-même. Le cerveau est fait pour résoudre certains problèmes et vous donner des réponses, mais il ne vous donne pas l’expérience de la vie intérieure. Et c’est justement de l’expérience de la vie intérieure que nous sommes en train de parler.
Les quatre conditions fondamentales données dans la règle XI sont :
L’établissement de relations de groupe non sentimentales ;
L’utilisation constructive des forces de destruction ;
La capacité de travailler en tant que Hiérarchie en miniature et, en tant que groupe, de démontrer l’unité dans la diversité ;
L’utilisation de la puissance du silence occulte.
Q. Comment pouvons-nous utiliser la destruction – et non plus l’opposition vaine et stérile – de façon à faire un usage constructif des forces de destruction ? Comment savoir si nous sommes constructifs ou destructifs quand nous utilisons les forces de destruction ?
R. Dans la règle XI* il est question de la capacité à utiliser les forces de destruction de façon constructive. Nous devons apprendre à utiliser les forces de destruction de façon constructive.
Cela signifie en fait que le groupe doit apprendre à utiliser le plan atmique. Le « mécanisme » de tension spirituelle est si tendu, que cela invoque Atma. Les forces atmiques de destruction interviennent et se débarrassent de tout ce qui est vieux, inutile, négatif, et le groupe est libéré par les forces de destruction de manière positive et constructrice.
Comment réaliser cela ? La question n’est pas aussi simple et il m’est impossible de vous dire que faire. Il n’y a pas de règles. C’est une affaire de sensibilité, de réceptivité quand on travaille en groupe. Il faut utiliser l’âme plutôt que le cerveau. La question posée provient du cerveau. Quand on demande : « Comment faire telle chose ? », c’est toujours une question du cerveau. Le Maître ne dit pas toujours tout. S’il existait des réponses simples aux questions de votre cerveau, il les donnerait.
Nous essayons de devenir l’âme et d’utiliser davantage l’énergie de l’âme. C’est ce que nous appelons l’intuition. Il s’agit d’un processus intuitif qui n’est décrit dans aucun livre. A mesure que votre conscience s’éveille et que vous devenez plus sensible, vous commencez à faire preuve de davantage de sensibilité dans votre travail avec vos collègues du groupe, à savoir comment vous comporter les uns avec les autres. C’est une question de sensibilité spirituelle. Il n’y a pas de règle écrite qu’il suffirait d’appliquer. La vie ne fonctionne pas ainsi. Il s’agit d’apprendre à vivre de façon plus réceptive, davantage en relation avec les autres – c’est-à-dire en entretenant des relations humaines justes avec les membres du groupe et le monde.
Certains ont une attitude plus correcte à l’égard du monde qu’à l’égard des membres de leur groupe parce qu’ils connaissent ces derniers. Ils ne connaissent pas le monde. Il est facile d’aimer le monde, car vous ne le rencontrez jamais. Mais vous rencontrez les membres du groupe. Comment pouvez-vous les aimer ?
Je ne peux pas donner de réponses aux questions concernant votre vie. Je ne peux que vous dire de devenir plus perceptifs, plus détachés, plus éveillés spirituellement, c’est-à-dire spirituellement détachés. Etre détaché ne signifie pas être séparé, le détachement n’a rien à voir avec la séparation. Par contre, le détachement est lié à l’indifférence. Qu’est-ce que l’indifférence spirituelle ? C’est être détaché. Qu’est-ce que le détachement ? L’indifférence spirituelle. Il s’agit d’une seule et même chose.
C’est la capacité de travailler avec n’importe qui. Cela ne signifie pas que l’on aime tout le monde, que l’on aime tout le monde de la même façon, ou que l’on ne peut supporter personne, mais que l’on doit vivre et travailler avec tout le monde. Il faut comprendre que les autres ont eux aussi leur point de vue. C’est une question de tolérance. Plus on est capable de tolérance, plus on est spirituellement indifférent. Si l’on est spirituellement indifférent, on deviendra tolérant. On ne peut pas faire autrement. C’est ainsi que l’indifférence spirituelle s’exprime, par la tolérance et l’éveil de la conscience.
L’éveil de la conscience est vraiment la réponse à tous nos problèmes. Plus notre conscience est éveillée, moins nous nous posons de problèmes et de questions. Si des questions se posent, c’est parce que nous devons satisfaire à quatre conditions pour l’initiation de groupe. Demandez-vous : « Comment suis-je vraiment dans notre groupe quand nous nous rencontrons ? Comment est-ce que je me comporte ? Qu’en pensent les autres ? Disent-ils. « Si seulement elle pouvait changer de groupe ! » ou « Il est intolérant et étroit d’esprit » ? » Il y a toutes sortes de gens dans tous les groupes, et toutes ces qualités sont en nous également.
Donc au lieu de me demander des tuyaux sur les diverses manières de devenir ceci ou cela, sur la façon de satisfaire à telle ou telle condition de l’initiation de groupe, il vaudrait mieux vous demander : « Suis-je à la hauteur ? Ces quatre conditions [de la règle XI] sont fondamentales. Puis-je dire que je fais de mon mieux pour y satisfaire ? Non. Soyons honnêtes. Je n’y satisfais pas. » Cela n’a rien à voir avec le fait de savoir ceci ou cela. Ce qui compte, c’est de savoir ce que vous êtes. Comment êtes-vous, en réalité ? Etes-vous honnête ? Etes-vous sincère ? Vos paroles viennent-elles du fond de votre cœur ?
On n’apprend ces choses-là que dans la vie, et l’initiation, c’est la vie. C’est le résultat d’une vie menée correctement. Quand on vit correctement de ce point de vue, l’initiation vient d’elle-même. On n’a rien à faire. Elle vient. On devient initié sans le vouloir. On ne s’en rend même pas compte.
Vous demandez : « Est-ce que je fais des progrès ? Est-ce que j’avance ? » Les choses ne se passent pas ainsi. Un jour, vous vous réveillez, et vous êtes initié. « Qu’est-ce que j’ai fait pour cela ? Je n’ai rien fait. » Vous avez dû faire ce qu’il faut, mais ce qu’il faut dans la vie. Ce qu’il faut, en tant qu’individu en relation avec les autres. Voilà ce que les Maîtres entendent par relations humaines justes, celles qui, le moment venu, conduisent à l’initiation, qu’il s’agisse de l’initiation individuelle ou de l’initiation de groupe.
La tension spirituelle
Q. Pourriez-vous expliquer ce que vous voulez dire par tension spirituelle ?
R. Par tension spirituelle, je veux dire l’état de tension d’un système à ressort comme celui d’un réveil lorsque la clé a été tournée à fond. Le réveil est remonté, ce qui signifie qu’il va indiquer l’heure exacte pendant vingt-quatre heures ou sept jours.
Quand la focalisation spirituelle des groupes est maintenue à un tel point de tension et ne faiblit pas, cette tension prépare le prochain pas en avant.
Ce point de tension exige toujours une résolution. Dans l’exemple du réveil, cette résolution vient du mouvement du pendule, qui vide le réveil de son énergie. Nous lançons cette énergie en faisant tourner la clé – par l’expérience de la vie et la vie elle-même, ainsi que la prise de conscience de la nature spirituelle de cette vie. Vivre est une expérience spirituelle parce que nous vivons dans un univers spirituel.
Quand notre sensibilité est correctement réglée, que nous faisons ce qu’il faut par rapport à cet univers et à ses exigences, nous réglons notre propre petit réveil intérieur en fonction de celui de l’univers. Cela génère une tension qui, le moment venu, atteint une intensité maximale, explose, ce qui permet que le pas suivant soit fait sur le chemin.
Q. Vous dites que de nombreux groupes dans le monde n’ont pas encore réussi à atteindre la tension spirituelle nécessaire pour établir un lien correct avec les ashrams intérieurs. Pourquoi en est-il ainsi ?
R. Chaque individu alimente la tension spirituelle par son détachement. C’est le détachement qui crée la tension spirituelle. Si l’on n’est pas détaché, on ne peut pas contribuer à la tension spirituelle. Ceci est vrai de tous les groupes dans le monde. Plus une personne est détachée, plus elle pratique l’indifférence spirituelle, plus la tension spirituelle sera grande. Cette attitude remonte au maximum le réveil de tension spirituelle, au point que son ressort est prêt à céder. Une fois que la tension a atteint un niveau suffisamment élevé, il se produit une grande explosion. Cette explosion invoque la volonté spirituelle, et un nouveau niveau est ainsi atteint.
Les forces de destruction détruisent ce qui fait obstacle à l’écoulement de l’activité mentale, de l’amour ou du dessein de l’individu et donc du groupe. La tension spirituelle est le moteur de tout changement. Quand elle est suffisamment puissante, quand elle est comme un réveil remonté au maximum, elle doit avoir un exutoire. Elle explose et produit un changement, elle invoque les forces de destruction qui dégageront le terrain pour permettre une compréhension plus élevée.
Le rôle de l’initié de 4e degré dans l’initiation de groupe
Q. A propos de l’initiation de groupe, pourriez-vous nous en dire davantage sur le rôle de l’initié de 4e degré ainsi que sur celui de Maitreya ?
R. L’un des points fondamentaux de la Règle XI est la capacité à travailler en tant que Hiérarchie en miniature. Lors de l’initiation de groupe, cette Hiérarchie en miniature est constituée de Maitreya, qui assure le rôle de l’initié du 4edegré. Un initié du 4edegré est nécessaire. Il faut également une personne qui est en contact avec la Hiérarchie, avec un Maître : c’est là ma fonction. Les groupes en tant que tout ont besoin d’un groupe de personnes qui fassent partie d’un groupe particulier sur le plan intérieur – ou soient en relation avec lui – et qui cherchent à créer un ashram similaire sur les plans extérieurs, de sorte que ce qui existe sur le plan intérieur s’extériorise. Il ne s’agit pas seulement de l’apparition physique des Maîtres dans le monde. La tension spirituelle de l’ashram intérieur doit être reproduite et maintenue sur le plan extérieur. Telle est la clé de la réalisation de l’initiation de groupe.
L’initié de 4e degré est sur le point de connaître – ou vient de connaître – l’expérience de la crucifixion ou renonciation. C’est là le sens de la quatrième initiation. C’est essentiel, parce que l’initié de 4e degré renonce à tout ce qui se dresse entre lui et la liberté du Maître. Le Maître passe la cinquième initiation et en est complètement transformé.
Avant la première initiation, quand un individu est assez proche de son âme pour prendre conscience d’elle, travailler avec elle, et donc faire l’expérience de l’énergie de l’âme, un processus de purification et de réalignement commence sur le plan physique. Ce processus prend fin à la cinquième initiation. Chaque expérience de l’âme dans ses incarnations successives confère au corps de son reflet, l’homme ou la femme sur le plan physique, un certain quota de lumière – si la tension spirituelle est maintenue tout au long de cette vie et qu’il n’y a pas de relâchement grave. Ce quota de lumière transforme la substance atomique du corps en substance subatomique.
Tous nos véhicules sont constitués de minuscules vies élémentales. Sur le plan physique, il s’agit de l’élémental physique. Sur le plan émotionnel, c’est l’élémental astral, et sur le plan mental, c’est l’élémental mental. Il s’agit de minuscules vies élementales ou dévas, dont le travail est de constituer la substance de nos corps. S’ils ne faisaient pas ce travail, nous n’aurions pas nos véhicules physique, astral et mental.
Nos trois véhicules sont destinés à l’âme : ils constituent l’équipement que l’âme va utiliser dans son voyage en incarnation vers la perfection. L’âme est parfaite, mais l’âme en incarnation passe par un processus. Ce processus est le perfectionnement progressif des véhicules de ses reflets successifs sur le plan physique.
L’âme ne cessant de revenir en incarnation, ses nouveaux véhicules sont chaque fois dotés de davantage de lumière. Ainsi, la personne devient de plus en plus un corps de lumière – sur les plans physique, émotionnel et mental. A terme, ces trois véhicules finissent par vibrer au même taux ; ils sont synthétisés par le corps mental. C’est par l’intermédiaire du corps mental que l’âme peut contrôler ses véhicules et investir de plus en plus d’énergie dans son équipement, qu’elle a créé dans ce but.
Dès lors que l’homme ou la femme est un initié de troisième degré, ces trois véhicules sont synthétisés – ou en cours de synthétisation – pour que l’âme puisse les utiliser. Lorsqu’une personne atteint la quatrième initiation, l’initiation de la renonciation, les trois-quarts du corps sont vraiment constitués de lumière – qui est la substance même de l’âme. Le corps est composé aux trois-quarts de lumière subatomique, et pour un quart seulement de lumière atomique. En fin de parcours, la personne renonce à ce dernier quart. C’est pourquoi cette initiation est appelée renonciation.
La tension spirituelle monte a un point tel que le Soi, la monade, peut retirer complètement l’âme du corps, parce que l’âme n’est plus nécessaire en tant qu’intermédiaire entre le supérieur et l’inférieur. L’inférieur à été élevé jusqu’au supérieur. L’initié renonce à l’inférieur, il renonce aux ultimes résidus humains de structure atomique, pour accéder à la vie plus élevée du Maître. Il est passé par la crucifixion – en termes chrétiens – c’est-à-dire par la renonciation qui précède la résurrection.
L’initiation de groupe a besoin de l’apport de la renonciation telle quelle est accomplie par un initié de 4e degré. C’est dans ce but que Maitreya assure le rôle de l’initié du 4e degré, ce qu’il n’est pas, bien entendu. Il est d’un niveau bien supérieur à celui d’un initié du quatrième degré, mais il remplit cette fonction.
L’initiation de groupe et les groupes de méditation de transmission
Q. J’ai toujours nourri l’espoir que l’initiation de groupe se réaliserait par l’entremise d’un groupe ésotérique. S’il est possible à un disciple qui ne connaît rien à l’ésotérisme de prendre l’initiation, est-il possible à un groupe qui ne connaît rien à l’ésotérisme de prendre l’initiation de groupe ?
R. Il ne fait aucun doute qu’ils peuvent prendre l’initiation, mais l’initiation de groupe est une tout autre affaire. Pour la Hiérarchie spirituelle, l’initiation de groupe a toujours été l’objectif le plus difficile à atteindre. Les Maîtres ont eu beau essayer à de nombreuses reprises, ils n’ont jamais réussi, même dans les périodes où les nouvelles énergies et les enseignements nouveaux ont afflué sur la Terre par l’entremise de Mme Blavatsky, de la Société Théosophique, d’Helena Rœrich et d’Alice Bailey, par exemple.
Ce ne fut que lorsque Maitreya décida en 1945 de lancer son gigantesque projet d’extériorisation de la Hiérarchie tout en remettant la méditation de transmission entre les mains d’un vaste groupe humain, que l’initiation de groupe commença à devenir envisageable. La méditation de transmission est un lien entre les Maîtres, la Hiérarchie et les groupes dans le monde. Le retour du Christ et des Maîtres est une idée puissante et magnétique capable de mobiliser un groupe dispersé dans le monde et de rassembler des individus qui ne se connaissent pas et travaillent dans des groupes et des conditions différentes, mais qui sont tous d’une certaine manière en alignement avec la Réapparition et l’extériorisation de la Hiérarchie.
La réapparition du Christ est réellement l’extériorisation des ashrams des Maîtres sur le plan physique, avec conservation du lien occulte ésotérique avec les ashrams dont les groupes proviennent. C’est un processus nouveau qui, même s’il n’offre pas pour autant une garantie de succès, permet d’envisager l’initiation de groupe pour la première fois dans l’histoire.
Q. Les groupes de méditation de transmission sont-ils les seuls à être prêts pour l’initiation de groupe, ou d’autres groupes y sont-ils prêts également ?
R. Il y a d’autres groupes qui ne font pas de méditation de transmission et qui ne travaillent pas pour la réapparition du Christ de façon consciente, bien qu’ils puissent très bien travailler pour la réhabilitation de la vie de l’humanité. C’est là le reflet de la nouvelle civilisation dont la réapparition de la Hiérarchie dans le monde marque le début. Nous participons tous à une entreprise hiérarchique. Tous les groupes sont engagés dans ce processus – les groupes que nous connaissons, les groupes que nous ne connaissons pas, les groupes qui se sont constitués pour toutes sortes de raisons, dont la principale reste cependant le travail pour le bien de l’humanité tout entière.
Q. Il existe donc dans le monde d’autres groupes que les groupes de méditation de transmission qui travaillent en vue de l’initiation de groupe ?
R. Oui, par exemple les membres du Nouveau Groupe des serviteurs du monde – quatre ou cinq millions de personnes – qui travaillent pour le bien du monde. Nombre n’ont jamais entendu parler de la Hiérarchie et ne s’intéressent pas à l’ésotérisme. Ils n’ont jamais ouvert un livre d’A. Bailey ou de H. Blavatsky, mais travaillent de tout leur cœur, de toute leur âme, pour le bien du monde. Ils sont engagés dans le processus d’initiation de groupe, mais ils ne procèdent pas de la même manière que nous. Ils ne pratiquent pas la méditation de transmission, mais cela revient au même.
Ils font partie d’un ashram intérieur. L’extériorisation de la Hiérarchie ne se réduit pas à la venue dans le monde de Maitreya et d’un certain nombre de Maîtres – processus qui est en cours et qui fait partie de l’extériorisation de la Hiérarchie. Il s’agit de la création sur le plan extérieur physique de groupes de personnes capables de maintenir leur tension spirituelle au même niveau que dans les ashrams intérieurs, de façon que les ashrams extérieurs soient le reflet des ashrams intérieurs.
La méditation de transmission et le magnétisme de l’idée du retour du Christ ont pour la première fois créé les conditions nécessaires à l’initiation de groupe, parce que la méditation de transmission existe au niveau mondial. La première chose que j’ai faite dans ce travail a été de former un groupe de méditation de transmission. Avant la formation du groupe pour la Réapparition, il existait déjà un groupe de méditation de transmission.
Partout où je suis allé, j’ai reçu pour instruction de susciter la formation de groupes de méditation de transmission. Aujourd’hui, il y a des groupes qui travaillent avec la Hiérarchie et transmettent ses énergies partout dans le monde. C’est un fait totalement nouveau qui a donné une nouvelle dimension au travail. C’est ainsi que s’est créé un réseau mondial solide et sans cesse croissant, dont la résonance spirituelle est plus en accord avec celle des groupes des plan intérieurs et s’en rapproche, même si elle n’est pas encore suffisante. A terme, les groupes dans le monde seront un reflet des ashrams intérieurs eux-mêmes, ils seront au même niveau, pas moins. Tel est le but : maintenir cette essence spirituelle au même niveau sur le plan physique. C’est cela qu’il est si difficile de réaliser.
Quand vous dormez et vous trouvez dans l’ashram intérieur en tant qu’âme, vous êtes des personnes complètement différentes, mais vous ne le savez pas. C’est cela, la différence entre l’intérieur et l’extérieur. A l’extérieur, toutes sortes de choses voilent le cerveau et le mental, inhibant la tension spirituelle. Et maintenir la tension spirituelle, c’est l’essence même.
L’évolution procède par cycles d’accumulation et de libération de tension spirituelle. La libération est une explosion qui ramène les énergies en provenance des niveaux spirituels – manasique, buddhique et atmique. Ces énergies prennent leur place petit à petit dans la vie du disciple.
Quand on prend la première initiation, on commence à maîtriser quelque peu son corps physique, qui est moins sous le contrôle des élémentaux déviques. On maîtrise les élémentaux physiques, avant de maîtriser à terme les élémentaux astraux et mentaux. Pour la plupart des gens, le plus difficile est de maîtriser le corps astral, parce qu’il est le véhicule le plus puissant. Nous l’avons construit pendant dix-huit millions et demi d’années. Nous lui avons vraiment consacré beaucoup de travail, c’est pourquoi il est le plus puissant de nos véhicules.
Du point de vue du disciple, il vaut mieux que le corps astral soit tenu à l’écart. C’est lui, plus que tout autre, qu’il nous faut contrôler, parce qu’il est lié à l’illusion. Le plan astral est le plan de l’illusion. Bien que tout soit illusion sur le plan astral, c’est cependant ce plan qui est le plus puissant dans la conscience de la masse de l’humanité. C’est à mi-chemin entre la première et la deuxième initiation, aux alentours de 1,5-1,6, que commence le contrôle mental.
Q. Est-il possible de savoir, pour ce qui est de cette initiation de groupe, combien de personnes environ sont concernées ?
R. C’est possible. Je peux vous donner un nombre approximatif : aux alentours de 4 000 personnes, peut-être 4 500.
Q. Les disciples de Jésus faisaient-ils partie d’une expérience en matière d’initiation de groupe ?
R. Non.
L’ashram intérieur
Q. L’ashram intérieur existe-t-il sur le plan de l’âme ou sur les autres plans aussi ? Dans ce groupe, faisons-nous tous partie du même ashram intérieur ?
R. L’ashram intérieur est la source de la nature spirituelle du groupe. Chaque individu est une âme ; dans le royaume des âmes, qui est la Hiérarchie spirituelle, il existe des ashrams à tous les niveaux – de premier degré, de deuxième degré, etc. – et sept lignes de force, suivant les sept rayons ; donc quarante-neuf ashrams au total. Les ashrams travaillent tous ensemble selon les besoins, individuellement en termes de rayons, mais aussi collectivement.
Tout le monde dans ce groupe fait-il partie du même ashram intérieur ? En essence, les ashrams constituent un tout. Les Maîtres travaillent en groupe. Pour le travail actuel, ils travaillent tous sous la supervision de mon Maître, même s’ils sont de rayons différents.
Q. Faites-vous référence au rayon de l’âme ?
R. Oui. Chaque individu est relié à un ashram particulier correspondant au rayon de son âme. Il y a l’ashram de premier rayon, l’ashram de deuxième rayon, de troisième, de quatrième rayons, et ainsi de suite. Vous appartenez à l’un ou à l’autre, suivant le rayon de votre âme, mais l’ashram en tant que tout, l’ashram spirituel, est une unité. L’enseignement est plus ou moins le même dans tous les ashrams.
Q. Est-il vrai, même si beaucoup d’entre nous n’appartiennent pas nécessairement à l’ashram du deuxième rayon, que nous travaillons en tant que groupe sous la guidance de votre Maître ?
R. Oui. Mon Maître a pris en charge un certain travail concernant l’extériorisation de la Hiérarchie. Tous les Maîtres ne sont pas engagés dans ce type de travail, même s’ils appartiennent à la Hiérarchie en tant que tout. Ce que je veux dire, c’est que même si la Hiérarchie est constituée de sept lignes de force, tout groupe – ce groupe, par exemple – peut travailler sous la direction d’un ou plusieurs Maîtres. Les Maîtres de niveau plus élevé travaillent par l’entremise de Maîtres de niveau inférieur de même rayon, ainsi que par l’intermédiaire de leurs initiés de degrés divers.
Imaginez cela un peu comme un maillage très serré avec différentes lignes de forces correspondant aux sept rayons. Les rayons de certains Maîtres dominent. Les Maîtres de 5edegré seront chargés des niveaux inférieurs et les Maîtres de 6edegré des disciples plus avancés sur ces lignes de force, et ainsi de suite.
Tout ceci est évidemment très intéressant pour de nombreuses personnes, mais, pour le disciple qui travaille dans le monde, il vaut mieux qu’il sache mais n’attache pas trop d’importance à sa position dans la Hiérarchie.
La seconde partie des questions et réponses sera publiée dans le prochain numéro de Partage international.
*. Voir Alice A. Bailey, Les rayons et les initiations.)
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Dossier ()
