Partage international no 231 – novembre 2007
Suite à la répression brutale des plus grandes manifestations pour la démocratie en Birmanie depuis 1988, une Journée internationale d’action a envoyé un avertissement, de partout dans le monde, à la junte militaire birmane : « Le monde observe tous vos mouvements. »
Les revendications de septembre et octobre 2007 à Rangoon et dans toute la Birmanie (Myanmar) ont vu les manifestants scander : « Puissions-nous être libérés de la torture, puisse-t-il y avoir de la paix dans les cœurs et les esprits et que notre compassion se répande dans le monde. » Le peuple birman a risqué sa vie pour attirer l’attention mondiale sur sa situation, par des photos prises depuis des téléphones mobiles, et des blogs. En soutien à la « révolution safran » de Birmanie, 200 manifestations se sont succédées dans trente pays, comme l’Autriche, l’Australie, la Belgique, le Canada, la France, l’Inde, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Corée du Sud, l’Espagne, la Thaïlande, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Ces manifestations étaient conduites pour la plupart par des moines boud-dhistes, et les manifestants portaient des bannières rouges, couleur du drapeau national birman. Des bannières rouges étaient aussi nouées à des édifices publics.
A Londres, des moines birmans ont rencontré Gordon Brown, premier ministre du Royaume-uni, qui a déclaré : « La colère du monde s’est exprimée sur les crimes qui ont eu lieu contre le peuple de Birmanie. » Après avoir effeuillé des pétales sur la Tamise, les moines ont conduit environ 10 000 manifestants à travers Londres, jusqu’à Downing Street, où ils ont noué des bannières rouges autour des grilles.
A New York, les manifestants se sont rassemblés autour de la délégation birmane auprès de l’Onu, tandis qu’à Houston (Texas) de nombreuses personnes, parmi lesquelles un grand nombre de Birmans, se rassemblaient autour du consulat du Myanmar, en agitant les bannières du parti de la majorité de Birmanie, la Ligue nationale pour la démocratie.
Des moines bouddhistes se sont assis en méditation à San Francisco autour du consulat de Chine, tandis que des manifestants, principalement vêtus de rouge agitaient des bannières proclamant « démocratie en Birmanie » et « Birmanie libre ». Des célébrités hollywoodiennes ont adressé une lettre au secrétaire général de l’Onu, Ban Kimoon, lui demandant « d’intervenir personnellement ».
A Washington, les manifestants ont marché de l’ambassade du Myanmar aux ambassades de Chine et de l’Inde (qui
continuent à soutenir le régime militaire). Devant l’ambassade de l’Inde, deux orateurs indiens ont critiqué leur pays de fournir des armes au régime birman, une poli-tique qui – ont-ils déclaré – bafoue tout ce pour quoi Gandhi, le fondateur de la nation indienne, a milité !
Le désaccord se creuse au sein de l’administration et du gouvernement militaire birmans.
Un officier de l’armée birmane est passé en Thaïlande plutôt que d’exécuter les ordres reçus à l’encontre des manifestants. « Je connaissais le plan de frapper et de tirer sur les moines, et si j’étais resté, j’aurais été obligé de suivre ces consignes. Comme je suis bouddhiste, je n’ai pas voulu tuer des moines », a-t-il déclaré aux médias.
Ye Min Tun, ancien fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères et second secrétaire à l’ambassade birmane de Londres, a démissionné. Se décrivant comme « un bon bouddhiste », il a critiqué le traitement « effroyable » appliqué par le gouvernement birman aux manifestants et aux « moines pacifistes ».
A la question de savoir s’il estimait que le mouvement en faveur de la démocratie avait été écrasé, il a répondu qu’il estimait que « ce n’était pas la fin, mais bien plutôt le début de la révolution ».
Birmanie
Sources : BBC, G.-B. ; Washington Post, Etats-Unis ; newsdeskspecial.
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
