Partage international no 205 – septembre 2005
En plantant sa tente devant le ranch texan du président Bush, pour tâcher de le rencontrer, une mère dont le fils a été tué en Irak a galvanisé le sentiment anti-guerre aux Etats-Unis. Cinthy Sheehan, de Vacaville (Californie), voulait lui demander pourquoi il avait déclaré que son fils était mort d’une « noble mort ».
Elle a commencé sa protestation silencieuse le 6 août 2005, le jour où le président entamait ses cinq semaines de vacances. Rapidement, les visites que lui ont rendu à ce qu’elle avait appelé son « Camp Casey » (du nom de son fils) des centaines de militants pacifistes, d’autres parents ayant perdu des enfants dans cette guerre, ainsi que des représentants des médias, ont attiré sur elle l’attention de la nation. Certaines personnes ont été si émues par les informations et les reportages sur sa démarche qu’elles n’ont pas hésité à faire des centaines, voire des milliers de kilomètres pour se joindre à elle. Choquée d’avoir entendu le président Bush dire que les soldats tués en Irak l’avaient été pour une noble cause, Cinthy Sheehan avait décidé de se rendre au ranch présidentiel après avoir présenté son action lors d’une réunion annuelle de Veterans for Peace (Des vétérans pour la paix), à Dallas (Texas). « Il a dit que mon fils était mort pour une noble cause, et je veux lui demander en quoi consiste cette noble cause.
Dites-moi quelle est la noble cause pour laquelle est mort mon fils. Et si vous commencez à me parler de liberté et de démocratie, je vous dirai « foutaises !… » Dites-moi la vérité. Dites-moi que mon fils est mort pour le pétrole. Dites-moi que mon fils est mort pour enrichir vos amis. Dites-moi que mon fils est mort pour répandre le cancer de l’impérialisme américain au Moyen-Orient, sous le masque de la Pax Americana. Si vous ne me dites pas que mon fils est mort pour la liberté et la démocratie, c’est parce que nous ne sommes pas plus libres qu’avant l’intervention. Vous nous ôtez nos libertés. Les Irakiens ne sont pas plus libres ; ils sont dans une situation bien pire que celle qu’ils connaissaient avant que vous vous mêliez de leurs affaires. »
C. Sheehan se dit optimiste sur l’évolution de l’opinion publique américaine sur la guerre : « 58 % des Américains sont avec nous. Nous prêchons devant le chœur, mais le chœur ne chante pas. Si l’ensemble de ces 58 % se mettaient à chanter, il mettrait fin à cette guerre. »
C. Sheehan n’a de cesse de presser les gens de prendre position, que ce soit d’un côté ou de l’autre. « Si vous êtes du côté pro-Bush ou pro-guerre, alors allez prendre la place d’un soldat en Irak qui veut rentrer. Si vous êtes contre la guerre et contre Bush, levez-vous et parlez. Mais quel que soit votre camp, ne restez pas sans rien faire.
Le contraire du bien, ce n’est pas le mal, c’est l’apathie. Nous devons sortir ce pays de leurs pattes, et faire chanter le chœur. Nous devons leur dire de retirer nos troupes. »
Lieu : Texas, Etats-Unis
Date des faits : 6 août 2005
Sources : www.truthout.org ; www.meet-withcindy.org
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
