Partage international no 287 – juillet 2012
Nous publions ci-dessous des extraits d’un discours donné en mai 2012 par Dennis Kucinich, membre du Congrès américain, à l’Université américaine de Dubaï. S’adressant aux nouveaux diplômés, D. Kucinich a évoqué l’importance des temps présents pour les diplômés et le monde en général, en insistant sur le pouvoir transformateur de « l’instant présent » dans lequel « le soi en dehors du temps peut s’exprimer et se réaliser. » « Venez mes amis, écrivit le poète Tennyson, il n’est pas trop tard pour partir à la recherche d’un nouveau monde. »
« On nous dit sans arrêt que nous ne pouvons rien faire contre la guerre, le changement climatique ou la pauvreté. Ceux qui acceptent les prophéties de malheur maintiennent le statu quo ou, par crainte du nouvel ordre, retardent le changement. Toutefois, la vie n’est pas inerte, le cœur humain n’est pas inerte. Ses rythmes sont tournés vers l’avenir. L’âme n’est pas inerte. Ses yeux voient l’avenir. D. Kucinich cita alors George Bernard Shaw : « Vous voyez des choses et vous vous demandez : « Pourquoi » ? Moi, je rêve de choses qui n’ont jamais existé et je dis : « Et pourquoi pas ? »
B. Shaw a évoqué notre capacité de visualisation, de pensée créatrice, la certitude que nous savons que la vie est une expérience profondément créatrice, une expression de la vie de l’esprit, du cœur et de l’âme – le monde métaphysique et spirituel qui sanctifie le monde physique. C’est à partir de nos sens que nos idées se forment et elles baignent dans un monde fait de rêves et d’imagination, le domaine mystérieux et magique des poètes et des prophètes, des inventeurs et des peintres, le royaume de la Création d’Adam, une œuvre de Michel-Ange, où le divin transmet à l’homme l’étincelle de la vie.
Dennis Kucinich évoqua son expérience de la politique au niveau local et régional, et les précieuses leçons qu’il retira de la lutte civique pour la justice face aux grandes corporations. Il insista sur le fait qu’une campagne menée collectivement et avec détermination peut atteindre le but que représente la recherche d’une solution équitable pour tous.
Il y a un aspect physique pratique derrière l’engagement et l’action civiques. Observez avec profondeur l’apparence des choses. A un niveau plus profond, d’autres possibilités apparaissent. Visionnez cela, invoquez cela, agissez sur cela, attirez vers vous cette même énergie primordiale qui provient de la source éternelle, là où sont nées les étoiles.
Ce que j’ai appris par expérience est que lorsque vous voulez changer ou réaliser quelque chose et que l’on vous dit que c’est impossible, il se peut que ce soit exactement là que vous devez concentrer votre énergie. Si vous y arrivez, les gens diront que c’est un miracle. Nous sommes dans un monde où les miracles sont les bienvenus…
Nous vivons dans un monde où la guerre nous est imposée et on nous demande de l’adopter. On nous dit que des armes mortelles doivent être utilisées afin de changer le comportement des gens. La violence pour arrêter la violence, la guerre pour empêcher la guerre, la guerre pour stopper la guerre. Lorsque nous pensons que la guerre est inévitable, nous finissons par accepter les prophéties pro-guerrières. La guerre commence, nous nous demandons pourquoi.
Nous devons invoquer dans ce monde tant imprégné par la peur et l’appréhension ce qui au contraire est beau et glorieux, de nouvelles possibilités, une nouvelle pensée, une nouvelle physique, la paix. Nous devons le faire avec courage. Nous devons le faire dans l’esprit de la paix qui vient de l’invisible, la paix qui vient du cœur, la paix qui vient de notre aspiration collective, la paix qui vient d’une conscience que le monde est un. Nous sommes tous interconnectés, interdépendants, uns avec la famille humaine, uns avec le monde, uns avec l’esprit, uns avec le divin.
La guerre n’est jamais inévitable. C’est la paix qui est inévitable si nous l’invoquons, si nous la considérons scientifiquement. Je parle de la paix non pas simplement comme étant absence de guerre, mais aussi en l’associant à la pratique de la science des relations humaines, comme un moyen d’évolution et de développement. Mais si nous invoquons la paix, nous devons lui donner un nom, nous devons la structurer, nous devons lui donner un espace pour exister – un espace pour respirer, pour s’épanouir, fleurir – afin que l’on puisse l’apprécier comme une expression de la divine étincelle de la création…
Imaginez l’étendue des possibilités, si nous pouvions créer au sein de chaque nation un espace où les esprits et les cœurs les mieux disposés seraient rassemblés dans un contexte gouvernemental, dans le but de développer des structures sociales qui favorisent la paix et des stratégies pour empêcher les conflits entre des groupes et des Etats.
Une telle perspective existe ; je l’ai proposée au Congrès des Etats-Unis deux mois avant le 11 Septembre.
En résumé, ça consiste à développer une approche organisée afin que nos économistes et nos scientifiques les plus éminents travaillent ensemble afin de s’attaquer aux causes de la violence domestique, de la violence conjugale, de la violence contre les enfants, la violence des gangs, la violence par les armes, la violence contre les gays et les violences raciales. Cette initiative avait pour objectif le développement de compétences pour la résolution des conflits au niveau domestique et aussi international, en cherchant à agir sur ce qui cause les violences inhérentes à la pauvreté, la faim, le manque d’eau, le logement et les problèmes causés par les désastres écologiques.
Il y a l’apprentissage de la violence mais également celui de la paix. L’éducation a un fort impact au niveau social. Un ministère de la Paix permettrait la mise en place d’un système éducatif orienté vers l’apprentissage de la paix au sein de chaque culture et de chaque gouvernement, afin de construire un monde où nous apprendrions à régler les conflits en faisant appel aux principes spirituels en rapport avec la paix. Nous pourrons alors créer des cultures visionnaires, des cultures créatives, des cultures immensément riches et des cultures pérennes …
En ces temps où les technologies destructrices et la capacité à détruire de l’humanité sont tellement grands, c’est précisément le moment d’œuvrer globalement à construire des communautés fondées sur le principe de la paix, à mettre en place dans chaque pays des structures qui favorisent la progression de la paix.
Moi aussi, je pense que nous ferons du développement humain un art nouveau, nous aurons le regard tourné vers de lointains horizons. Nous pourrons alors lever les yeux vers les cieux et avec notre imagination, dans un joyeux abandon, écumer les étoiles, et un nouvel univers se présentera à nous plein de nouvelles perspectives et nous établirons le paradis sur Terre. « Venez mes amis, il n’est pas trop tard pour partir à la recherche d’un nouveau monde. »
Sources : opednews.com
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Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
