Nous formons une communauté unique

Partage international no 266octobre 2010

L’archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix mis en évidence lors des audiences « Vérité et réconciliation » en Afrique du Sud, a été qualifié de « symbole d’amour et de pardon ».

Il a été interviewé par BBC Radio 4 le 15 mai 2010, à l’occasion de la publication de son nouveau livre : Créés pour être bons : et pourquoi cela fait toute la différence. Ce livre intime et stimulant, écrit avec sa fille Mpho, elle-même prêtre épiscopal, tente d’expliquer « pourquoi nous pouvons trouver de l’espoir et de la joie dans les moments les plus sombres de la vie en réalisant que nous avons été créés pour exprimer la bonté, que nous sommes branchés de sorte que la bonté gagne en fin de compte. »

Tout en exprimant sa désapprobation envers la corruption actuelle à tous les niveaux en Afrique du Sud, il a mis en avant une qualité essentielle qui a empêché l’aggravation de la violence à la fin de l’apartheid : « Il y a toujours cette chose, qu’il est difficile de mettre en mots, que nous appelons ubundu, le sentiment de ce que cela signifie que d’être un être humain, que mon humanité rejoint votre humanité. Si je vous déshumanise, alors que je le veuille ou non, je suis aussi déshumanisé. »

Quand on lui demande quelle serait sa priorité majeure s’il devait conseiller le gouvernement, il répond : « Si je devais donner un conseil à tous les dirigeants politiques de la planète, je leur dirais que tant que nous ne reconnaîtrons pas que nous n’avons qu’une seule planète, il n’y aura pas d’issue. Nous disposons d’une seule planète et nous n’aurons jamais cette sorte de sécurité que les gens recherchent. Vous ne l’obtiendrez certainement pas par les armes. L’Amérique a l’un des systèmes de défense les plus sophistiqués enrayé par une simple pince coupante. Nous formons tous une communauté unique. Lorsque nous l’aurons compris, nous saurons qu’il est obscène de dépenser autant d’argent pour la défense alors qu’une infime fraction de cette somme assurerait à chacun de par le monde de manger à sa faim, d’avoir accès à l’eau potable : je veux dire par là que nous sommes stupides ! »

Abordant le rôle des gouvernements occidentaux en Afghanistan il pose la question : « Ont-ils réussi ? Tout ce que vous êtes en train de faire est de créer du ressentiment. Il se peut que les musulmans se demandent pourquoi vous les tabassez.Et tous les musulmans du monde en éprouvent du ressentiment contre vous. Ceux que nous appelons les pays en développement vous diront que les pays développés établissent les règles du jeu et qu’ils en sont également l’arbitre et que cela crée de la colère, du ressentiment, qui de temps en temps s’expriment. »

Cependant, la joie reprend vite le dessus chez l’archevêque Tutu. Au sujet du titre de son nouveau livre Créés pour être bons, il explique : « Faire du mal est mauvais. En fait, cela ne vous donne pas la satisfaction que vous attendez. [Il rit de bon cœur.] Les secouristes humanitaires, qui en majorité viennent des parties du monde favorisées, et qui eux-mêmes sont généralement des personnes qui auraient pu vivre tout à fait confortablement, en toute sécurité, vont au Darfour où ils sont menacés. Pourquoi ? Le monde ne les reconnaît habituellement pas. Cependant, certains d’entre eux sont partis non pas une mais deux ou trois fois. Pourquoi ? Parce ce que nous sommes créés pour être bons, et nous le sommes vraiment. »


Sources : BBC ; harper-collins.com
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Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)