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Extraits de la revue Partage
international
novembre 2003
Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International. La revue existe grâce à ses abonnés, pour soutenir sa parution et la diffusion de ses informations, cliquez ici.
Sommaire (en rouge = sélection du mois)
Le
secret de la vie -
par
le Maître -- un
des membres aînés de la Hiérarchie des Maîtres de Sagesse, dont
le nom est bien connu des cercles ésotériques. Pour diverses raisons,
son identité n'est pas révélée. Benjamin Creme se trouve en contact
télépathique permanent avec ce Maître qui lui dicte ses articles.
POINT DE VUE
La menace de l’insécurité collective - par Inder Kumar
Gujral
La
dette sous les projecteurs -
interview d’Ann Pettifor par Gill Fry
FAITS
ET PREVISIONS
Manifestations massives pour la paix - Il n’y a pas d’alternatives
aux Nations unies - La plus grande réserve marine du monde
La
Déclaration universelle des droits de l’homme
TENDANCES - La vision d’un monde meilleur
- Cancun : les pays riches contestés - George Soros contre les extrémistes
américains - D. Kucinich : « Il est temps de reconstruire
l’Amérique » - Une opportunité de revitaliser l’Onu - De nouvelles
avancées dans la compréhension des cancers
Le
partage est la clé - Arguments en faveur du partage - A propos du
partage
SIGNES DES TEMPS - Des croix
de lumière en Californie - Apparition d’agroglyphes en Pologne -
Etats-Unis : nouvelles apparitions d’agroglyphes - Des médecins
israéliens au chevet des victimes palestiniennes
LES PRIORITES DE MAITREYA
Pourquoi a-t-on faim dans le monde ? - Baisse de revenus dans
54 pays - La pauvreté engendre les guerres civiles
Le
Jnana Yoga de Ramana Maharshi - par
George Catlin
REGARDS
SUR LE MONDE
Briser
le silence sur les pertes civiles - Etats-Unis : arrestations secrètes
- Fausses solutions contre la pollution de l’air
Courrier des lecteurs - M
pour Maitreya - Un spectacle étonnant -Un rapide soulagement - Une
froide indifférence - Un jeune yogi - Si l’on en juge par la casquette
Questions-REponses - par
Benjamin Creme
Conférences
Le
secret de la vie
par
le Maître —, à travers Benjamin Creme
Peu nombreux sont ceux qui savent aujourd’hui
que dans des temps reculés, lorsque l’homme était plus jeune et
plus sage, le mot « voleur » était inconnu dans toutes les
langues. Les Maîtres de Sagesse vivaient alors ouvertement dans
le monde et encourageaient les hommes à vivre dans une parfaite
honnêteté. Aucune porte n’était verrouillée et le partage était
la norme. Pendant des siècles et des siècles, en maints endroits,
cet état béni a perduré.
L’homme
est tombé bien loin de cette simple splendeur. Il s’est fourvoyé
bien loin de son but. Il se tient désormais à la croisée des chemins
: l’un des sentiers, celui de la séparation et du clivage, sur lequel
il se tient aujourd’hui, conduit tout droit à la perdition. L’autre
l’appelle vers l’accomplissement de sa destinée, une destinée si
merveilleuse qu’on ne saurait aujourd’hui la décrire, un chemin
sur lequel l’homme trouvera en lui le moyen de devenir un Dieu.
Le
partage
Afin
d’aider les hommes à choisir, et d’éclairer leur jugement, les Maîtres
sont, une fois encore, sur le point de revenir dans un monde où
ils ont, eux aussi, lutté et souffert comme les hommes d’aujourd’hui,
incertains sur la voie à suivre et l’action à entreprendre. Puisant
dans leur vaste connaissance et leur expérience, ils offriront leurs
conseils, et guideront d’une main sûre les hommes loin de l’abîme.
Ainsi
en sera-t-il, et ainsi les hommes recommenceront-ils à gravir la
montagne, avec l’assurance que leurs Mentors, leurs Frères aînés,
ne déserteront pas et ne les induiront pas en erreur.
Lorsque
les hommes prendront la décision de partager les ressources de ce
monde d’abondance, quelque chose d’extraordinaire et de mystérieux
se produira : d’un coup, ils réaliseront que la guerre n’est plus
nécessaire, la menace du terrorisme disparaîtra rapidement, et la
confiance engendrée par le partage permettra de résoudre, dans la
bonne volonté naissante, les problèmes d’environnement et de territoire
auxquels ils sont aujourd’hui confrontés.
Grâce
au partage, les hommes se rendront compte qu’ils sont frères et,
en agissant comme tels en étroite coopération, ils commenceront
à mettre en place le processus du changement.
Ainsi
le Plan de Dieu pour les hommes et pour la planète Terre trouvera-t-il
un nouvel élan. Ainsi les hommes grandiront-ils rapidement en sagesse
et en amour.
Ils
redécouvriront le secret de la vie, une vie simple dans la grandeur
et la dignité, dans le respect du droit de chacun à exister et à
vivre dans l’harmonie. Ils en viendront ensemble à vénérer le Plan
et le Dessein de Dieu, et ils ajouteront aux annales des hommes
leur vision et leur aspiration à la vérité.
Maitreya et son groupe de Maîtres se tiennent
prêts à aider les hommes dans cette heure de nécessité. Patiemment,
ils attendent le moment où ils pourront apporter leur concours et,
avec discrétion, dans les limites de la Loi, faire profiter les
hommes de leur générosité et de leur aide. Ce moment n’est pas loin.
SIGNES
DES TEMPS
Des croix
de lumière en Californie
Trois
croix d’un jaune éclatant apparaissent chaque nuit sur la petite
fenêtre de la salle de bain de l’appartement d’Ernesto et Pilar
Romero, à Whittier (Californie). Les croix sont disposées en triangle,
celle du centre étant plus haute que les deux autres. Elles sont
entourées d’un halo de lumière et semblent suspendues en l’air.
Ernesto Romero raconte que sa belle-mère a remarqué les trois croix
en juillet 2003. La rumeur aidant, des centaines de personnes ont
visité la maison de Whittier pour voir les croix. « Quand les
gens viennent ici, ils sont recueillis, comme s’ils étaient dans
une église », raconte Ernesto.
Les
Romero, qui habitent cette maison depuis six ans, déclarent que
les croix sont là depuis peu. Seule une lampe sous le porche, à
environ dix mètres, éclaire la fenêtre de leur salle de bain. «
Cela nous a tout d’abord effrayés, déclare Ernesto, en parlant
des croix. Mais maintenant nous sommes heureux car nous nous
sentons bénis. »
[Source
: The Whittier Daily News, E.-U.]
[Le
Maître de Benjamin Creme indique que ces croix sont manifestées
par Maitreya.]
Apparition
d’agroglyphes en Pologne
Des
agroglyphes (crop-circles) apparaissent chaque année depuis
trois ans dans le petit village de Wylatowo, en Pologne. En 2003,
à la fin juillet, on en comptait quatre, l’un d’entre eux représentant
une immense fleur de lotus. « Je n’y suis absolument pour rien,
a déclaré Tadeusz Zarywski, propriétaire du champ où les figures
géométriques sont apparues. Je n’ai jamais recherché la notoriété,
mais maintenant toute la Pologne me connaît. »
Sa
belle-sœur Irena a déclaré, quant à elle : « Au début, les cultivateurs
étaient furieux qu’on vienne saccager leurs récoltes. Mais maintenant
les gens se disent qu’après tout, c’est peut-être vrai que ces formations
géométriques sont créées par des êtres différents et supérieurs,
venus de l’espace. »
Les
premières figures sont apparues, il y a trois ans, dans le champ
de Tadeusz Filipczak, qui a déclaré : « C’est impossible à reproduire.
L’an dernier nous avons essayé avec des cordes et des planches,
mais cela s’est avéré sans espoir. »
[Sources
: www.unknowncountry.com ; Taipei Times, Taiwan]
Etats-Unis
: Nouvelles apparitions d’agroglyphes
Michigan
– Lorsque Pat Esper, cultivateur à
Howell Township, dans le Michigan, découvrit dans son champ de blé
un cercle de 1 m 20 de diamètre, il supposa que c’était une farce
et il passa par-dessus avec sa moissonneuse. Mais il vit ensuite
un autre cercle trente mètres plus loin qui mesurait quinze mètres
de diamètre et il le contourna.
Dans
les deux cercles, le blé était couché sur le sol dans le sens contraire
de celui des aiguilles d’une montre. « C’est tout à fait comme
vous le voyez à la télévision, a déclaré Pat Esper. Le blé
était sec, si bien que si quelqu’un avait marché dans le champ il
aurait laissé une trace derrière lui. Mais, s’il y avait bien des
traces de pneus de camions et d’engins agricoles, il n’y avait aucune
trace de pas dans le blé ni
d’empreintes de pieds sur le sol. Ce n’est pas à la portée du premier
venu, a déclaré P. Esper. De toutes façons, cela a pris un
certain temps pour coucher tout ce blé sur le sol. »
[Sources
: www.unknowncoun-try.com ; Daily Press & Argus, Michigan,
Etats-Unis]
Wisconsin
– Dans la région rurale de Dodge County, dans le Wisconsin, un cultivateur,
Arthur Rantala a été témoin de la formation d’agrophyphes dans un
de ses champs d’orge. « Les trous sont apparus soudain, mais
il était impossible de voir comment ils étaient faits – je l’ai
vu au moment même où cela s’est produit », a t-il déclaré.
Alors qu’il se trouvait dans son abri de jardin
pendant un violent orage, le matin du 4 juillet 2003, il vit les
cercles se former. « On aurait dit un lac. Des vagues, le
vent qui souffle et soudain ce trou sombre qui apparaît, comme un
trou noir. Et aussitôt, un autre trou à droite, puis un autre encore
au centre du premier », a déclaré A. Rantala.
Il
a pensé que les cercles avaient été créés par des forces naturelles
à la suite d’une mini-tornade. Le champ a été par la suite examiné
par des chercheurs : Gary Kahlhamer, le docteur Charles N. Lietzau,
Roger Sugden et Jeffrey Wilson. Les analyses qu’ils ont effectuées
sur les nœuds des tiges ont montré l’existence de ruptures horizontales
dues à une chaleur soudaine.
J.
Wilson a également raconté qu’ils avaient parlé avec un membre de
la Special Crop Circle Investigative Unit de l’US Air Force et que
celui-ci leur avait dit que leur unité étudiait ces agroglyphes
depuis deux semaines.
[Sources
: www.unknowncountry.com ; www.cropcirclenews.com ; www.The- MilwaukeeChannel.com]
Arkansas
– Dix agroglyphes sont apparus dans un champ de blé, à Knobel,
dans l’Arkansas, le 7 juin 2003. Le cultivateur Todd Young, avait
survolé son champ le 6 juin sans rien noter de particulier, mais
un autre cultivateur, Bruce Catt, les découvrit le lendemain.
« Nous survolions le champ par hasard et cela nous sauta aux yeux.
» Les cercles avaient entre 2 m 50 et 12 m de diamètre et étaient
tous écartés d’environ 3 m.
T.
Young a déclaré : « Cela a quelque chose de surnaturel. C’est
très précis, très symétrique. Cela n’est pas à la portée du premier
venu, moi y compris. »
[Sources : Jonesboro (Arkansas) Sun, E.-U
; www.unknowncountry.com]
Le
Jnana Yoga de Ramana Maharshi
par
Georges Catlin
La
voie du cœur a été recherchée par des aspirants pendant des milliers
d’années. C’est comme si nous savions tous qu’il existe un endroit
– associé au cœur – où la conscience devient remplie d’amour, de
compassion et d’un sentiment d’unité avec toutes choses. Cependant,
trouver sa voie vers cet endroit sacré n’est pas chose facile. Focaliser
son attention sur le cœur peut aider, mais celui qui focalise son
attention, le soi séparé, reste au centre du problème qu’il s’efforce
de régler. Il doit exister un autre moyen et l’un des plus grands
sages des temps modernes, Ramana Maharshi, en a justement proposé
un.
La
biographie de Sri Ramana Maharshi est remarquable. Dans son jeune
âge, il fit l’expérience de sa propre mort. Il ne mourut pas réellement,
mais il vécut une expérience pleinement consciente de la mort du
corps et en même temps il se perçut lui-même comme un courant éternel
d’énergie. Il réalisa ainsi qu’il était autre chose que le corps.
Dès ce jour il cessa d’être un garçon comme les autres. En dépit
des efforts de sa famille pour lui préserver une vie quelque peu
normale, il quitta la maison avec seulement quelques roupies en
poche, et se dirigea vers une montagne sacrée dont il avait entendu
parler par un oncle. Cette montagne, le Mont Arunachala, était révérée
par les Hindous comme le véritable corps du dieu Shiva. Elle s’élève
au-dessus de l’ancienne cité de Tiruvanamali et de son temple, au
cœur de l’Inde du Sud. Elle est saturée de pouvoir – certainement
en raison des énergies qui y sont ancrées depuis longtemps et ont
probablement été renforcées par la présence du grand sage qui y
est arrivé pour la première fois à l’âge de seize ans.
Lorsque
Ramana arriva à Tiruvanamali, personne ne savait quoi faire de lui,
mais cela n’avait pas réellement d’importance car tout ce qu’il
voulait, c’était se perdre lui-même dans une union avec le Soi.
On raconte qu’il médita dans le sous-sol du temple pendant des mois
d’affilée, n’absorbant que rarement de la nourriture et laissant
les rongeurs grignoter la chair de son corps de plus en plus maigre.
Il survécut pourtant et il sortit du temple pour s’installer dans
une grotte de la montagne. C’est alors que des dévots découvrirent
sa présence et il lui apportèrent une maigre nourriture pour la
seule bénédiction d’être auprès de lui. Il passa vingt-trois ans
dans la montagne, dans un silence presque total, avant de se laisser
persuader de descendre dans un modeste ashram qui prenait forme
afin d’héberger ceux qui désiraient se trouver près de lui.
C’est
alors que son « enseignement » commença. Il préférait enseigner
par le simple pouvoir du silence qui l’entourait. Les fidèles restaient
assis pendant des heures, s’imprégnant de la paix et de la conscience
qui semblaient émaner de lui. Mais bien sûr, beaucoup restaient
insensibles à cette forme d’enseignement et ils lui soumettaient
leurs questions. Il y répondait par un enseignement qui jaillissait
directement de son expérience et allait directement au cœur des
questions les plus essentielles concernant le sentier spirituel.
La
question fondamentale dans l’optique de Ramana Maharshi est : «
Qui suis-je ? » Sri Ramana explique que l’éternel est toujours
présent – c’est notre état naturel – mais il nous échappe car nous
sommes captifs du mental. Pour échapper à l’emprise du mental, nous
devons tourner notre attention intérieure vers lui : afin de le
voir pour ce qu’il est en réalité – un charlatan, quelque chose
qui apparaît plus substantiel qu’il ne l’est en fait. La technique
que propose Sri Ramana est tout simplement de remonter les pensées
jusqu’à leur origine – afin de voir d’où elles viennent. Cette recherche
nous amène finalement à « l’idée du je », l’idée que «
je » existe en tant qu’entité séparée de Dieu et de toute la
création. Il est assez naturel qu’une telle pensée se manifeste,
mais Ramana encourageait ses disciples à essayer d’aller à la racine
de cette pensée. D’où venait-elle ? D’où vient-elle instant après
instant ? En se livrant à cette recherche, on découvre tout d’abord
qu’il n’existe pas de mental en temps qu’entité réelle qui serait
à l’origine de toute pensée. Il existe seulement un courant de pensée
et chaque pensée peut s’arrêter dès que sa réalité essentielle est
mise en question.
Pour simplifier les choses, considérez une simple
pensée, comme par exemple :
« Je dois aller faire des achats cet après-midi . » Une telle
pensée peut sembler très réelle – il s’agit de quelque chose de
concret. Mais avec un léger déplacement de perspective, cette même
pensée peut apparaître comme rien de plus qu’une idée fantaisiste
reposant sur un faisceau d’autres pensées tout aussi dépourvues
de substance. C’est facile de voir que « J’ai besoin d’aller
faire des achats » est « simplement une pensée » – c’est-à-dire
quelque chose qui n’a pas de réalité particulière.
Le
même procédé d’investigation peut être appliqué à toutes les pensées.
Lorsque l’on pense : « J’ai peur », on peut poser la question
: « Qui a peur ? » En agissant ainsi, on réalise bientôt
que la pensée a peur et rien d’autre. La peur est « juste
une pensée ». Le processus omniprésent de la pensée commence
finalement à être considéré comme une prison dans laquelle nous
nous enfermons nous-mêmes. La pensée régit tout. Nous sommes nos
pensées – quel que soit le niveau conscient, ou inconscient, auquel
elles se manifestent. Mais Sri Ramana voulait nous amener à considérer
ces pensées et à constater leur nature transitoire, imaginaire,
irréelle. Une par une, elles peuvent être éliminées, et l’on peut
également parvenir à la racine de toutes, « l’idée du je ».
Il
semble beaucoup plus difficile de voir le caractère erroné de «
l’idée du je » que celui de toutes les autres pensées qui en
jaillissent. Imaginez que l’on puisse voir toutes les pensées comme
un arbre. Les petites pensées (« j’ai besoin d’aller faire des
achats ») sont les brindilles et elles peuvent être facilement
éliminées avec un peu d’attention. Les pensées plus importantes
(« j’ai peur ») sont comme les branches et elles exigent
une attention plus grande. La pensée la plus importante de toutes,
« l’idée du je » est le tronc de l’arbre et une attention
immense, soutenue, est nécessaire pour percevoir sa non-réalité.
L’un
des plus grands récits jamais faits d’une quête spirituelle est
A Search in Secret India*, de Paul Brunton. P. Brunton était
quelqu’un de tout à fait ordinaire – mis à part sa fascination pour
l’Inde. Son ouvrage raconte une étonnante série de rencontres avec
des individus dotés de différents pouvoirs et parvenus à différents
états de conscience. Certains lui offrirent leur enseignement, mais
il poursuivit inlassablement sa quête, à la recherche d’un être
qui pourrait réellement satisfaire à la haute idée qu’il se faisait
d’un véritable instructeur. Il est intéressant de noter, lorsque
l’on connaît la suite de son cheminement, que l’un des instructeurs
auprès desquels il ne put se résoudre à rester est Ramana Maharshi.
Cependant, la description de sa première rencontre avec le sage
mérite d’être reproduite. Après un voyage en train de toute une
nuit, suivi d’un long trajet en char à bœufs, P. Burton pénètre
dans une salle où se trouve vingt à trente personnes assises en
demi-cercle autour du sage. Il écrit :
«
Il y a quelque chose dans cet homme qui retient mon attention tout
comme la limaille d’acier est attirée par un aimant. Je ne puis
détourner mon regard de lui. Mon égarement initial, ma perplexité
devant le fait d’être totalement ignoré, s’évanouissent lentement
au fur et à mesure que cette étrange fascination commence à me saisir.
Mais ce n’est qu’au bout d’une heure de cette scène inhabituelle
que je commence à prendre conscience du changement silencieux, irrésistible,
qui se fait dans mon esprit. L’une après l’autre, les questions
que j’avais préparées dans le train avec la plus grande minutie
s’évanouissent. Car il ne semble plus avoir d’importance désormais
qu’elles soient ou non posées, ni que soient résolus les problèmes
qui m’ont jusqu’ici troublés.
Je sais seulement qu’une rivière de quiétude semble couler près
de moi, qu’une grande paix pénètre au plus profond de mon être,
et que mon cerveau torturé de pensées commence à trouver quelque
repos. »
Malheureusement
pour P. Brunton, ce « cerveau torturé de pensées » s’est
réveillé trop vite. La méditation se termine et, au bout d’une semaine,
sa quête l’attire plus loin, ailleurs. Il voyage durant des mois
jusqu’à ce que, comme la limaille de fer mentionnée ci-dessus, il
soit une fois encore attiré par le puissant aimant au pied du Mont
Arunachala. Alors, finalement, lorsque malade et le temps et l’argent
commençant à lui manquer, au prix d’un intense effort personnel
et certainement grâce à la bénédiction de Ramana Maharshi, P. Brunton
trouve enfin sa voie vers le réel. C’est exactement comme Ramana
Maharshi l’a décrit : une fois que l’origine de la pensée est perçue,
elle perd son emprise sur la conscience et celle-ci est absorbée
dans le véritable Soi.
Pour
ceux qui désirent entreprendre le voyage aujourd’hui, la voie n’est
pas moins ouverte qu’elle ne l’était lorsque Ramana Maharshi était
encore physiquement présent sur la planète. Lorsque le moment de
quitter son corps approcha, il dit à ses disciples : « Vous dites
que je pars, mais où pourrais-je aller ? » En fait, de même
que Dieu ne se résume pas aux objets physiques de l’univers, Ramana
Maharshi n’est pas seulement le corps qui a vécu et qui est mort
dans l’Inde du Sud. Son esprit continue à vivre et semble rester
disponible pour ceux qui s’alignent sur lui. De même, ses enseignements
demeurent totalement disponibles pour nous – peut-être plus disponibles
que jamais.
L’un
des meilleurs ouvrages sur les enseignements de Ramana Maharshi
est probablement Be as you are* , de David Godman, qui a
accompli une tâche remarquable en rassemblant les enseignements
du sage, provenant de sources diverses, et en les classant par thème.
Chaque chapitre commence par une introduction claire de D. Godman
aux idées de Sri Ramana sur tel aspect particulier du sentier. Celle-ci
est suivie de questions et de réponses présentées un peu comme un
dialogue sur le sujet en question.
Aucun
passage isolé ne saurait rendre justice à la puissance et à la joie
émanant des enseignements, mais celui qui suit permettra, en guise
de conclusion, de se faire une idée de l’esprit de ce grand instructeur
et de son enseignement :
«
Question : Lorsqu’un homme réalise le Soi, que voit-il ?
Ramana
Maharshi : Il ne s’agit pas de voir. Voir est seulement être. Parvenir
à la réalisation du Soi, comme vous dites, n’est pas atteindre quelque
chose de nouveau, ou un but lointain, mais simplement être ce que
l’on est toujours et ce que l’on a toujours été. Tout ce qui est
nécessaire, c’est de cesser de percevoir comme vrai ce qui ne l’est
pas. Chacun d’entre vous considère comme réel ce qui ne l’est pas.
vous devez simplement renoncer à cette manière de voir. Alors vous
réaliserez le Soi en tant que Soi ; autrement dit, « Soyez le Soi.
»
*
Paul Brunton, l’Inde secrète, Payot, Paris, 1946.
*
David Godman, Sois ce que tu es – les enseignements de Sri Ramana
Maharshi, Ed. Jean Maison-neuve, 1988.
COURRIER DES LECTEURS
M pour Maitreya
Cher
Monsieur,
Un
samedi soir, en avril 2003, j’étais en train de cuisiner pour le
dîner et je coupais une carotte en petits morceaux. C’était une
grosse carotte de culture biologique et je l’ai coupée d’abord en
quatre dans le sens de la longueur, puis en petits morceaux. J’ai
été très surprise de voir que sur l’un des morceaux, je pouvais
lire distinctement un « M ».
J’ai
pensé immédiatement « Maitreya » et j’ai éprouvé un intense sentiment
de joie. C’était étonnant car le « M » pouvait se lire sur les deux
faces de cette fine tranche de carotte, mais pas sur les autres.
Mon
mental a essayé de rationaliser, mais le « M » était si parfait
que je l’ai pris en photo. J’étais un peu fatiguée à ce moment-là.
Est-ce
que ce pourrait être un signe ?
R-M.
C., France
[Le
Maître de Benjamin Creme a indiqué que la lettre « M » sur la carotte
a été manifestée par Maitreya.]
Un spectacle
étonnant
Cher
Monsieur,
Le
samedi 14 juin 2003, j’ai participé à une méditation de transmission
dans une salle municipale. A midi, j’ai fait une pause et je suis
allée faire des courses avec une amie. Il y avait beaucoup de monde
dans la rue. Au milieu de la foule, je remarquai un mendiant assis
sur le sol et d’un geste automatique je sortis de ma poche une pièce
de cinquante centimes.
Je
vis alors avec étonnement qu’il y avait devant lui une rangée de
billets différents. On aurait dit une petite banque de rue. Je lui
remis la pièce que j’avais sortie de ma poche. Je ne pouvais croire
qu’on lui avait donné tous ces billets. Tandis que je cherchais
des yeux mon amie, un jeune Turc, à l’allure robuste, portant un
T-shirt vert et des lunettes de soleil, m’adressa la parole. Pendant
un instant j’eus peur qu’il ne se montre agressif, mais il me demanda
: « Que pensez-vous de cela ? » Ma confusion augmenta. Il
ajouta : « Pour moi, cela signifie que je pourrais prendre un
billet. » Je répondis : « Peut-être cela montre-t-il qu’il
y a assez d’argent dans le monde, mais qu’il n’est pas distribué
de manière équitable. » Je ne comprenais pas le sens de mes
propres paroles, car, dans ce cas précis, c’était le mendiant qui
avait l’argent. Le jeune homme dit alors : « C’est ce que je
dis toujours », et nous nous séparâmes.
L’argent
est pour moi aussi une cause de souci et ce mois-ci j’ai payé plus
de factures que normal. Je ne peux croire que cette rencontre soit
le fruit du hasard – peut-être était-elle destinée à me donner une
leçon.
Le mendiant était-il Maitreya et le jeune Turc le Maître Jésus ?
H.
P.,
Hambourg, Allemagne
[Le
Maître de Benjamin Creme a confirmé que le « mendiant » était Maitreya
et le jeune homme le Maître Jésus.]
Deux
lettres de la même personne :
Un rapide
soulagement
Cher
Monsieur,
[1]
Cela avait été une mauvaise journée ; le travail avait été fastidieux
et pénible ; mon cours du soir avait été long. La pizza que j’avais
mangée me restait sur l’estomac. Je me sentais mal en point et très
fatiguée. J’avais mal aux yeux et à la tête. Rentrant à la maison
en bus, les arrêts et les démarrages successifs me rendaient encore
plus malade. Je me tenais la tête entre les mains.
Un
vieil homme monta alors dans le bus et s’assit devant, en diagonale
par rapport à moi. Il avait une grande barbe blanche et de petits
yeux brillants. Il était chauve et il portait un chapeau noir et
un long manteau noir. Il avait un porte-documents sur les genoux.
Je le surpris à me fixer intensément. Cela ne me plaisait guère,
mais je me contentai de penser : « Qu’importe », et je continuai
à me masser les tempes.
Au
bout de quelques instants, je sentis soudain quelque chose d’étrange
; une sorte d’énergie venue de nulle part pénétrait dans ma tête.
Elle semblait pulser et tourner en spirale et elle dissipait mon
malaise. Il s’agissait d’une énergie forte et indéniable.
Je
levai les yeux et je constatai que le vieil homme me fixait toujours.
Sa main tapait maintenant sur le porte-documents qui se trouvait
sur ses genoux, deux coups successifs suivis d’un intervalle : taptap,
taptap. A chaque fois qu’il tapait sur son porte-documents, je sentais
un nouvel afflux d’énergie. Il me regardait maintenant d’un air
interrogatif, comme pour me demander : « Est-ce que cela marche
? Ressentez-vous quelque chose ? » Je baissai les yeux, non
seulement parce que je ne comprenais pas ce qui se passait, mais
aussi parce que je ne souhaitais pas qu’il s’arrête. L’énergie continuait
à pulser et je me sentais de mieux en mieux.
Une
femme qui était assise devant moi se retourna et me regarda avec
un large sourire comme pour dire : « Voyez-vous ? N’est-ce pas
agréable ? », à moins que peut-être elle ait reçu une partie
de cette énergie elle aussi. Elle semblait savoir qu’il se passait
quelque chose.
Lorsque le moment fut venu pour moi de descendre
du bus, je me sentais beaucoup mieux ; j’avais de l’énergie et mes
malaises avaient disparu. Je me levai, je regardai le vieil homme,
je lui souris et très timidement je le remerciai. Timidement, car
même si je savais que c’était lui qui m’avait guérie, l’expérience
était si inhabituelle et dépassait tellement mon entendement que
je ne pouvais me sentir vraiment sûre de moi. Il dit quelque chose
comme : « Reposez-vous », ou « Détendez-vous ». Je
rentrai chez moi et me sentis parfaitement bien pendant tout le
reste de la soirée.
Pourriez-vous
me dire qui étaient cet homme et cette femme ?
[Le
Maître de Benjamin Creme a indiqué que le « vieil homme » était
Maitreya et la « femme » le Maître Jésus.]
Une froide
indifférence
[2]
C’était à New York, un jour de grand vent, et il faisait un froid
glacial. Je supporte difficilement le froid. Je pense que j’avais
quatre couches de vêtements superposés sous ma veste la plus chaude,
mais cela ne suffisait pas le moins du monde à me réchauffer. Le
vent était si fort et si pénétrant qu’il me glaçait jusqu’à la moelle
des os. Je me rendais à pied de ma banque vers un restaurant, une
rue plus loin, et c’était une torture pour moi. Tout ce à quoi je
pouvais penser, c’était arriver au restaurant le plus vite possible
et me retrouver à l’abri du froid.
A mi-chemin,
un Indien, surgi de nulle part, vint vers moi et me demanda de la
monnaie. Il ne portait ni chapeau, ni gants, seulement une veste
peu épaisse dont la fermeture éclair n’était même pas fermée. Cependant,
prise par mon idée fixe, je me contentai de lui répondre : «
Je regrette », et je continuai à marcher (par ailleurs, je garde
mon argent dans un porte-monnaie à l’intérieur de mon manteau, et
je ne voulais absolument pas ouvrir celui-ci). Mais je vis sa réaction.
Il leva les yeux et mis la main sur son front en faisant une grimace
comme pour me dire : « Oh ! Non, Camille. Ce n’est pas la bonne
réponse ! » Il poursuivit sa route et je le suivis des yeux
jusqu’à ce que, une fois arrivée au restaurant, il me fut impossible
de le voir plus longtemps. Chose étrange, il me semblait moins affecté
par le froid, dans sa veste légère, que moi avec toutes mes couches
de vêtements superposés. Je me suis sentie vraiment mal à l’aise
de ne pas avoir été capable de faire abstraction de mes propres
soucis pour aider cet homme qui n’avait même pas un manteau.
Qui
était-il ?
C.
L., New York,
Etats-Unis
[Le
Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l’Indien » était le Maître
Jésus.]
QUESTIONS-REPONSES
Q.
Pensez-vous
que le président Bush sera évincé lors des prochaines élections
?
R.
Il est trop tôt pour le dire. Mais, à mon avis, c’est
très probable.
Q.
Est-il
probable qu’un démocrate prenne sa place ?
R.
Ce sera soit un démocrate, soit un républicain !
Q.
Les
nouvelles machines à voter électroniques à écran tactile sont, de
l’avis de nombreux experts, faciles à trafiquer et le décompte des
voix n’est pas sûr dans la mesure où il peut facilement être modifié.
Pensez-vous que ceci puisse arriver lors des prochaines élections
présidentielles ?
R.
Oui.
Q.
Que
peuvent les citoyens américains pour éviter des résultats truqués
et une autre élection usurpée ?
R.
Ils pourraient refuser d’utiliser les nouvelles machines
et insister pour que l’on change toutes les machines défectueuses
qui sont actuellement en service.
Q.
La
tension qui règne aujourd’hui dans le monde m’inquiète, mais je
ne veux pas me laisser influencer ni sombrer dans la peur. [1] Que
puis-je faire de plus utile afin de conserver une attitude positive
? [2] Le monde semble pris de folie ; pensez-vous que cela durera
longtemps ? [3] Le climat qui règne actuellement retardera-t-il
l’émergence de Maitreya ?
R.
[1] Pratiquer la méditation et le détachement et
agir en faveur d’une cause. [2] Non. [3] Non.
Q.
Il
y a quarante ans le discours véhément de Martin Luther King, exprimant
son rêve d’égalité, de justice et de paix pour toutes les races,
a eu un immense impact et un effet positif sur les relations entre
les différentes races dans le monde entier. Pourriez-vous expliquer
pourquoi ce discours fut si émouvant et si puissant ?
R.
Martin Luther King était un initié du second degré.
Il s’exprimait du fond du cœur et son discours toucha des millions
de gens qui aspiraient au plus profond d’eux-mêmes à l’unité, à
la justice et à la fraternité.
Q.
[1]
Pensez-vous que le rêve de Martin Luther King soit réalisable ?
[2] Faudra-t-il attendre longtemps avant qu’une véritable égalité
et une véritable fraternité s’instaurent dans le monde entier ?
R.
[1] Il est inévitable qu’il se réalise. [2] La présence
de Maitreya et des Maîtres de Sagesse stimulera et hâtera le processus.
Q.
Le
gouvernement britannique actuel avec Tony Blair comme premier ministre
est venu au pouvoir avec une large majorité et il était très populaire,
car il représentait l’espoir d’une société meilleure et plus juste,
après dix-sept années de monétarisme, et d’une politique antisociale
et de « chacun pour soi » prônée par Margaret Thatcher. Désormais,
il semblerait que l’espoir ait été trahi. [1] Pourriez-vous donner
votre opinion sur ce qui est arrivé à Tony Blair et à son gouvernement
? [2] Que devraient-ils faire pour retrouver la confiance du pays
?
R.
[1] Tony Blair, à mon avis, est victime de l’illusion
qui nourrit son ambition. Il a des aspirations authentiques mais
il est trop attaché à ses illusions pour réaliser correctement ses
aspirations et trop arrogant pour prendre conseil auprès d’autrui.
Tout comme le président américain George W. Bush, il ment au peuple
irakien. [2] Présenter ses excuses et dire la vérité.
Q.
Quelles
sont les solutions envisageables pour mettre un terme au chaos qui
règne en Irak ?
R.
Les puissances occidentales devraient se retirer
de l’Irak et laisser les Nations unies user de leur expérience pour
aider à restaurer l’ordre sous un véritable gouvernement
irakien, et non pas un gouvernement fantoche à la solde des Etats-Unis.
Q. Que
doit faire l’Onu pour être capable d’assumer son rôle au centre
des affaires internationales ?
R.
Se réorganiser. Dissoudre le Conseil de sécurité
qui a fini de jouer son rôle et restaurer une véritable signification
à l’Assemblée des nations.
Q.
Avant
de mourir, S. De Mello a prononcé ces paroles : « Ne
les laissez pas écarter la mission des Nations unies » [en Irak].
Mais si la majorité des Irakiens considèrent les Nations unies
comme rien de plus qu’une organisation dirigée par les Etats-Unis,
est-ce agir de façon responsable que d’exposer plus longtemps des
employés de l’Onu à un réel danger ?
R.
La majorité des Irakiens ne considèrent pas les Nations
unies comme « rien de plus qu’une organisation dirigée par les
Etats-Unis ». Des négociations entre l’Onu et les leaders
irakiens doivent être mises en place afin de s’assurer qu’une mission
viable de l’Onu (apporter de l’aide et du secours) puisse s’accomplir
en toute sécurité. L’Irak n’est actuellement un endroit sûr pour
personne, mais les Nations unies doivent néanmoins agir. Elles ne
peuvent pas faire grand chose pour l’instant mais elles ne devraient
pas trop tarder.
Q.
Le
secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, semble être un homme plein
de dignité et d’idéalisme, mais n’est-il pas dépassé et marginalisé par le gouvernement américain ?
R.
Oui, dans une certaine mesure. Cependant, rien n’est
immuable. Avec le temps tout changera.
Q.
Il
semble inévitable que des manifestations de masse encore plus spectaculaires
soient nécessaires et qu’elles aient effectivement lieu un peu partout
dans le monde – afin de réclamer qu’il soit mis un terme au meurtre
éhonté des Palestiniens, par exemple, ou pour exiger la fin du «
règne » des leaders qui demeurent sourds aux désirs de leurs électeurs,
ou encore pour réclamer la fin des constantes menaces de catastrophes
nucléaires, des guerres, de la corruption, de l’injustice, etc.
Avez-vous une idée de ce qu’il faudra pour déclencher à nouveau
des manifestations de masse ?
R.
Les peuples de la Terre commencent seulement à réaliser
qu’ils ont une voix – et donc le pouvoir de se faire entendre –
et ils doivent être encouragés à manifester sans cesse jusqu’à ce
que les gouvernements les écoutent. Cela fait partie de la tâche
de Maitreya de stimuler et d’éduquer les gens afin qu’ils exigent
leurs droits. Ces droits sont exprimés dans la Charte des Nations
unies.
Q.
Etes-vous
toujours optimiste en ce qui concerne une prochaine interview du
Seigneur Maitreya à la télévision ? Sommes-nous autorisés à donner
quelques indications à ce sujet ?
R.
Je suis optimiste mais patient. Cela aura lieu dès
que possible.
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