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Extraits de la revue Partage
international
Mars 2003
Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International. La revue existe grâce à ses abonnés, pour soutenir sa parution et la diffusion de ses informations, cliquez ici.
Sommaire (en rouge = sélection du mois)
Le
peuple se fera entendre
- par
le Maître --, un des membres
aînés de la Hiérarchie des Maîtres de Sagesse, dont le nom est bien
connu des cercles ésotériques. Pour diverses raisons, son identité
n'est pas révélée. Benjamin Creme se trouve en contact télépathique
permanent avec ce Maître qui lui dicte ses articles.
Point
de vue - Une solution
de paix pour l’Irak - par Johan Galtung et Dietrich Fischer
Le
vrai visage de la mondialisation -
interview de Joseph Stiglitz par Sophie Boukhari
Des
racines communes : la nature inclusive de la philosophie indienne
par
swami Nirliptananda
TENDANCES
Non à la guerre : un mouvement d’envergure mondiale
SIGNES DES TEMPS
Statues
miraculeuses en Inde
LES
ENSEIGNEMENTS DE MAITREYA
Conditionnement et seconde nature
PRIORITES
DE MAITREYA
A l’écoute des enfants : le rapport 2003 de l’Unicef
Superpuissance
: le monde doit se mobiliser contre l’abus de pouvoir - par Mark Sommer
Descendre
dans la rue - interview
de George Galloway par Gill Fry
FAITS ET PREVISIONS
- Plongeon économique mondial
Courrier des lecteurs - Apparitions multiples
Questions-Réponses - par Benjamin Creme
Le peuple se fera entendre
par
le Maître --, à travers Benjamin Creme
Une
fois que tout est dit, il ne reste qu’un adjectif pour qualifier
la situation internationale actuelle : chaotique. Des bellicistes
assoiffés de pouvoir, des sceptiques indécis, et des héros autoproclamés,
impatients de sauver le monde, s’efforcent de rallier les peuples
à leurs divers points de vue. La voix du peuple, quant à elle, a
du mal à se faire entendre au sein du tumulte mais elle devient,
de plus en plus, un facteur à prendre en considération.
Dans de nombreux
pays, des foules manifestent leur opposition à une confrontation
artificielle et injuste, et expriment leurs craintes de terribles
répercussions.
Au cours de l’histoire, des situations similaires sont apparues
à maintes reprises, mais ce n’est que très rarement que la volonté
du peuple, même lorsque celui-ci se trouvait directement impliqué,
a compté dans les délibérations et les décisions. Au cours des derniers
siècles, ce n’est que dans les grandes révolutions que la voix du
peuple a joué un rôle déterminant, et marqué son temps.
Un
pouvoir irresponsable
Aujourd’hui encore,
le moment est venu pour la voix du peuple de se faire entendre.
Une fois de plus, il est essentiel que les besoins de toute l’humanité
en matière de justice, de liberté et de paix soient entendus et
reconnus par les détenteurs d’un pouvoir irresponsable.
Ces hommes dangereux,
pris dans le mirage de leur pouvoir, doivent réaliser que le temps
de la guerre est terminé, que l’humanité aspire à la paix et à une
sécurité aujourd’hui de plus en plus précaire. Il faut dire aux
petits « Napoléons » que leur pouvoir prend fin, que les temps ont
changé et qu’ils n’ont plus aucune crédibilité, que le pouvoir repose
désormais entre les mains de ceux qui servent les véritables besoins
du peuple.
Des
événements tumultueux
Lorsque Maitreya
entrera en lice, il est possible qu’il passe tout d’abord inaperçu
dans la fièvre des événements qui, au quotidien, privent les hommes
de leur sérénité et de leur calme. Bientôt, cependant, ceux-ci découvriront
qu’un être à l’esprit plus profond, plus persuasif que le leur,
a entendu leurs pensées et leurs besoins et qu’il les exprime en
leur nom. Ils se sentiront alors enhardis et s’uniront afin d’être
mieux écoutés.
Maitreya présentera
leurs besoins les plus urgents, leurs espoirs les plus fervents
et aussi leurs craintes. Il parlera au nom de tous les hommes, de
tous les peuples et il exposera les qualités d’une société nouvelle,
capable de satisfaire les rêves et les attentes de tous.
Un
défi
Bientôt,
en vérité, Maitreya entrera, ouvertement, dans la vie des hommes.
Il est bien préparé et impatient de relever le défi qui l’attend,
et son courage fortifiera ceux qui sont capables de répondre. De
son cœur immense s’écoulera l’amour qu’il est dans sa nature de
donner, et quand les hommes seront prêts, il dévoilera publiquement
son nom et sa fonction. Ainsi le Grand Seigneur manifestera-t-il
son lien étroit avec les hommes et les femmes où qu’ils se trouvent.
Ainsi répondra-t-il à la confiance que les hommes, depuis toujours,
ont placée en lui.
TENDANCES
Non à la guerre:
Un mouvement d'envergure
mondial
Des centaines de milliers de manifestants
sont descendus dans la rue le 18 janvier dernier pour protester
contre la possibilité d’une guerre en Irak. De grandes manifestations
ont eu lieu à Washington et à San Francisco (Etats-Unis), à Paris
(France), et à Londres (Grande-Bretagne), ainsi qu’au Japon, en
Russie, au Pakistan, en Allemagne. A Washington et à San Francisco,
on a estimé la participation à environ 200 000 personnes. Selon
les organisateurs, des manifestations anti-guerre se sont déroulées
dans au moins 220 villes américaines.
A
Paris, des manifestants ont scandé en anglais « Stop Bush ! Stop
war ! ». Cette mar-che, regroupant 6 000 personnes, était
la troisième manifestation nationale du genre depuis octobre 2002.
A Moscou, environ 1 000 manifestants ont chanté « US hands
off Iraq !» et « Yankee, go home ! », devant l’ambassade américaine.
Ailleurs en Europe, 5 000 manifestants pacifiques se sont retrouvés
à Göteborg (Suède), alors que des milliers marchaient dans les rues
de Cologne, Bonn, Rostock et Tübingen (Allemagne). A Londres, des
protestataires se sont rassemblés devant le quartier général des
Forces armées britanniques pour exprimer leur opposition. Environ
100 personnes du parti vert grec ont manifesté à Istanbul, jetant
symboliquement des armes en plastique dans une boîte à ordures.
Environ 1 000 activistes ont protesté au Caire, alors que plusieurs
manifestations anti-guerre se déroulaient au Pakistan.
Des manifestations
se sont aussi déroulées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, où
environ 400 personnes répondaient à l’invitation de rassemblement
du parti vert, et on estime à 4 000 le nombre d’étudiants et
de travailleurs syndiqués qui ont assisté à un concert et participé
à une marche à Tokyo. Plus de 1 500 citoyens, agitant des pancartes
et des bannières, ont marché à Ma-nama, la capitale du Bahreïn,
exprimant leur désaccord à la guerre en Irak, et invitant leurs
dirigeants pro-occidentaux à expulser les forces américaines du
royaume. Ce petit Etat du Golfe persique héberge actuellement la
cinquième flotte américaine et accueille environ 1 000 membres
du personnel militaire américain, qui seraient au nombre des forces
utilisées lors d’une attaque contre l’Irak déclenchée par les Etats-Unis.
[Sources : BBC, G.-B. ; Associated Press]
Des célébrités
britanniques contre la guerre
Le 31 janvier 2003, des célébrités et
des personnalités publiques britanniques ont protesté contre la
guerre en Irak, au palais de Westminster, au cœur du gouvernement
britannique. Elles ont marqué leur désapprobation en signant une
carte pour le premier ministre Tony Blair.
A
la conférence de presse, le panel d’intervenants incluait le metteur
en scène Ken Loach, les politiciens George Galloway et Jeremy Corbyn,
l’architecte Lord Richard Rogers, Bianca Jagger et le musicien Damon
Albarn.
Selon
le député travailliste Jeremy Corbyn : « Cette guerre ne reçoit
ni le soutien du public ni l’approbation du parlement, et n’a aucune
justification morale. Je crois que Tony Blair a fait une erreur
monumentale. Je crois qu’il existe une énorme opposition politique
dans ce pays, et il est possible que les manifestations que nous
organisons soient les manifestations politiques publiques les plus
importantes que ce pays n’ait jamais connues, parce que personne
n’est pour cette guerre. »
« Tony
Blair devrait se rappeler que l’opposition est considérable dans
ce pays et en Europe, et énorme dans d’autres parties du monde.
Aux Etats-Unis, où je me trouvais il y a quelques semaines, elle
est absolument incroyable, avec la participation des vétérans des
guerres du Vietnam et du Golfe, de la communauté noire et des citoyens
ordinaires, à la grandeur du pays. [Cette guerre a] pour véritable
mobile de promouvoir les intérêts commerciaux et militaires américains
: c’est essentiellement une guerre pour le pétrole. Si nous voulons
vivre dans un monde en paix, et éviter une guerre en Irak, nous
devons encourager un processus de désarmement de tous les pays qui
possèdent des armes de destruction massive, y compris le nôtre et
les Etats-Unis. Et nous devons nous attaquer directement aux causes
des guerres, qui sont la pauvreté et l’injustice. Autrement, il
y aura aujourd’hui une guerre avec l’Irak, demain avec la Corée
du Nord, et Dieu seul sait où cela nous conduira. »
Bianca
Jagger s’est pour sa part exprimée ainsi : « Je demande au premier
ministre Blair et au président Bush de nous dire pourquoi, si les
inspecteurs en désarmement demandent plus de temps pour être en
mesure de désarmer Saddam Hussein, nous n’en prenons pas aussi ?
Pourquoi faire cavalier seul, sans le reste de l’Europe, qui est
en désaccord avec ces attaques contre l’Irak. Nous ne devons pas
oublier que la véritable raison de cette guerre est le pétrole :
ce sera du sang pour du pétrole. »
Le
musicien Damon Albarn a quant à lui affirmé : « Un fort sentiment
généralisé s’exprime [contre la guerre]. Je ne crois pas vraiment
aux affirmations de Tony Blair. Je ne le crois pas parce qu’il n’écoute
pas le peuple qui l’a élu. »
L’avertissement
du général Schwarzkopf
Le général Norman Schwarzkopf, qui commanda
les forces américaines lors de la Guerre du Golfe en 1991, sous
la présidence de George Bush père, a déclaré qu’une nouvelle guerre
avec l’Irak n’avait pas encore été justifiée. Devenu héros militaire
pour son rôle dans la dernière guerre, N. Schwarzkopf a accordé
son soutien aux inspecteurs des Nations unies, afin de leur laisser
le temps de trouver des preuves concernant d’éventuels programmes
d’armement irakiens.
«
L’idée que Saddam Hussein puisse avoir développé une capacité nucléaire
sophistiquée est inquiétante,
a -t-il déclaré lors d’une interview publiée par le Washington
Post du 28 janvier. Cela dit, je n’ai pas accès aux renseignements
dont dispose le gouvernement américain. Et avant que je puisse affirmer
que sans l’ombre d’un doute, il nous faut envahir l’Irak, j’imagine
que j’aimerais avoir de plus amples informations. »
Ce
général en retraite a également des inquiétudes sur le rôle d’une
armée américaine qui s’engagerait dans n’importe quel conflit afin
de renverser Saddam Hussein. « A quoi va ressembler l’après-guerre
en Irak avec les Kurdes, les sunnites et les shiites ? C’est une
question éventuelle, et elle devrait faire partie d’un plan de campagne
globale [...], J’ose espérer que nous avons mis en place les ressources
nécessaires pour devenir une armée d’occupation, sinon nous allons
évoluer au milieu du chaos. »
[Sources
: Le Washington Post, Etats-Unis ; Agence France Presse ; Islam
on Line]
Plus
de 500 000 personnes ont manifesté contre la guerre, le 9 novembre
2002, lors du Forum social européen de Florence (Italie).
SIGNES
DES TEMPS
Statues miraculeuses en Inde
Des milliers de fidèles hindous se sont
rendus dans les temples de l’ouest de l’Inde lorsque la rumeur s’est
répandue que de l’eau s’écoulait des statues représentant Shiva,
un des trois dieux de la trinité hindoue.
La
police s’est efforcée de maintenir l’ordre dans l’Etat du Gujarat
tandis que la foule se bousculait pour apercevoir un Shivalingam,
une pierre de forme ellipsoïdale vénérée par les Hindous en
tant que symbole de la création.
Des
fidèles ont également déclaré qu’ils avaient entendu parler de l’apparition
du symbole hindou OM sur le sommet de certains lingams.
[Source : Reuters]
[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé qu’il s’agissait
de miracles authentiques manifestés par Maitreya.]
Assam : un jeune guérisseur attire les foules
Au nord-est de l’Inde, dans l’Etat de
l’Assam, un garçon de douze ans affirme pouvoir guérir différentes
maladies à l’aide de tisanes. Plus de 40 000 personnes venues de
toute l’Inde se sont rassemblées devant la maison du garçon, dans
le district de Morigaon – à environ 75 km de Guwahati, la capitale
de l’Assam – avec l’espoir d’être guéri.
Selon
les autorités, cette foule provoque d’importantes perturbations.
Tinku Deka est trop jeune pour être médecin, mais cela n’a pas empêché
les gens de former des files d’attente devant sa maison dans l’espoir
d’être guéri de maladies telles que le cancer, l’asthme, le diabète
et même la paralysie. Un policier local explique que Tinku Deka
pense avoir le pouvoir de guérir à l’aide de plantes, suite à un
rêve dans lequel il fut béni par le Dieu hindou Vishnou.
Son
traitement, qui est totalement gratuit, consiste à donner aux patients
des mixtures de plantes qu’ils doivent garder sur le corps pendant
15 jours. La nouvelle s’est répandue bientôt dans les villages voisins,
et maintenant des gens de toute l’Inde affluent pour voir ce garçon.
Des
forces paramilitaires ont été déployées afin d’aider à contrôler
la foule car le village, qui comprend seulement quelques milliers
d’habitants, connaît de grandes difficultés pour faire face à cette
affluence de visiteurs.
Tinku Deka
a été contraint de limiter ses soins à 2 000 patients par
jour.
[Source : BBC News Online, Grande-Bretagne]
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué
que le « Dieu » dans le rêve du garçon était Maitreya , qui est
également à l’origine des guérisons.]
Descendre dans la rue
interview
de George Galloway par Gill Fry
Député de Glasgow depuis près de trente ans, George
Galloway a mené de vigoureuses campagnes contre les sanctions envers
l’Irak. Il est aujourd’hui à la tête du mouvement contre la guerre,
en Grande-Bretagne. Gill Fry l’a interrogé pour Partage
international.
Partage international : Croyez-vous que Saddam Hussein
menace véritablement la stabilité du monde, ou les Américains ont-ils
d’autres motifs, comme le pétrole, pour vouloir le détrôner ?
George Galloway : Un récent sondage, effectué auprès de
ses lecteurs par le magazine Time, montre que 80 % d’entre
eux considèrent que c’est George Bush l’homme le plus dangereux
sur la scène internationale. Je suis d’accord avec eux. Je tiens
celui-ci pour l’un des plus mauvais responsables politiques actuels.
Il dispose d’une puissance militaire et d’armes terribles et, à
la différence d’autres dirigeants, il a la possibilité et la détermination
de s’en servir contre une population irakienne déjà saignée à blanc
par douze années de guerre et d’embargo. Douze années qui ont vu
mourir plus d’un million d’enfants, la plupart de moins de cinq
ans, et dont la majorité n’était même pas née au moment de la Guerre
du Golfe et de la mise en place des sanctions économiques.
Je crois qu’il
y a de moins en moins de monde pour croire que cette guerre a pour
but d’éliminer la menace irakienne. En vérité, c’est nous qui menaçons
l’Irak ainsi que la paix et la stabilité du Moyen Orient, pour toutes
sortes de raisons : le pétrole, le soutien aveugle à la politique
extrémiste de Sharon et, raison étrangement shakespearienne,
le désir de Bush d’achever le travail de son père.
Mais
le principal de ces motifs est d’établir un pouvoir sans partage
de l’Amérique sur le monde et de forcer celui-ci à s’agenouiller
devant les deux caractéristiques de la puissance américaine d’aujourd’hui
: un capitalisme sauvage à l’échelle de la planète, et une mainmise
impérialiste sur toutes les régions stratégiques du monde.
PI. Croyez-vous
l’Amérique sincère quand elle dit vouloir faire la guerre pour la
paix ?
GG.
Quand j’ai vu l’intervention de George Bush devant les députés en
louchant sur son téléprompteur, je n’ai pas pu m’empêcher de penser
au télé-évangéliste Jimmy Swaggart, actuellement en prison pour
diverses affaires de mœurs et de détournements de fonds. Je me suis
dit que sa « sincérité » était aussi crédible que celle du révérend
! Au cours du discours, j’ai aussi eu la surprise de voir des adultes,
qui plus est des élus, bondir une quarantaine de fois de leurs sièges
pour acclamer des propos aussi délirants.
PI.
Quelles seraient les répercutions d’une guerre au Moyen-Orient et,
plus généralement, dans le monde arabe ?
GG. D’abord, un bain de sang en Irak même.
Les stratèges américains, avec leur allié britannique, ont déjà
planifié cette guerre d’une manière précise. A commencer par le
lancement de 800 missiles de croisière en 48 heures – un véritable
déluge, dépassant en quantité tout ce qu’ils ont envoyé durant les
45 jours de la première Guerre du Golfe. Cela sera suivi par des
opérations de bombardements intensifs et systématiques par des B
52, durant 60 jours et nuits, y compris sur les villes – ces mêmes
B 52 qui avaient pilonné le Vietnam dans les années 1960 et 1970.
Le terrain sera alors prêt pour lancer 350 000 soldats américains
et britanniques à la conquête du pays, qui tueront tous ceux qui
se trouveront sur leur chemin. Ils occuperont alors l’ensemble de
l’Irak, un pays de même dimension que la France. Ils mettront en
place un gouvernement fantoche choisi parmi les opposants irakiens
actuellement à Londres, un gouvernement qui s’occupera en priorité
de privatiser l’industrie pétrolière. L’ensemble de cette entreprise
de prise en main de l’Irak se soldera par des milliers de pertes
humaines, et pas seulement en Irak.
Le
seul homme qui souhaite cela plus que Bush est Oussama Ben Laden
qui, le 11 septembre, a lancé ce type d’affrontement longuement
mûri entre Orient et Occident, entre musulmans et non musulmans.
Une
fois la guerre terminée, la résistance civile irakienne commencera
sa lutte contre l’armée d’occupation. Nous assisterons alors aux
mêmes scènes d’horreur et de désolation, à la longue série d’attentats
suicides, de voitures piégées... bref, au chaos dont souffre une
population civile sous occupation étrangère et auquel doivent faire
face, par exemple, les troupes du général Sharon. Le séisme ainsi
créé plongera l’ensemble de la région dans une profonde instabilité
– une instabilité qui menacera même les gouvernements fantoches
et les régimes serfs du Moyen Orient, qui n’ont d’autre but que
de servir les intérêts des grandes puissances. C’est pourquoi le
changement de régime pourrait ne pas se limiter à l’Irak.
Une
aubaine extraordinaire pour le terrorisme international. La cause
de Ben Laden s’est nourrie de la présence de quelques milliers de
soldats cachés sous des tentes dans les déserts d’Arabie saoudite.
Peut-on imaginer la provocation que constituera pour le terrorisme
islamique celle de 350 000 croisés occidentaux dans un pays arabe
dont ils pilleront, des années durant, les richesses et les ressources
?
PI. Pensez-vous
qu’il y ait un lien entre Ben Laden et Saddam Hussein ?
GG.
Les Américains ont d’abord essayé d’imputer le 11 septembre à l’Irak,
jusqu’à ce que la CIA démontre le contraire. Ils tentèrent alors
de lui attribuer la responsabilité des agressions à l’anthrax, avant
de découvrir que l’origine en était purement américaine. Ensuite,
en désespoir de cause, après avoir des mois durant affirmé que ce
lien entre l’Irak et le réseau Al-Qaïda n’existait pas, ils en sont
venus maintenant, à la 11e heure, à le ressusciter dans le but
d’obtenir le soutien de l’opinion publique. L’Irak est à l’opposé
de l’islamisme intégriste. C’est un pays laïc, une dictature socialiste.
C’est même pour cette raison que nous l’avons soutenu dans sa guerre
contre l’Iran, car nous comptions sur lui pour servir de rempart
contre la révolution menée par les religieux intégristes.
PI. Quel
est le rôle de l’Onu dans la solution de cette crise ?
GG.
Il faut que les Nations unies résistent aux pressions et aux tentatives
de corruption que l’Amérique et la Grande-Bretagne font peser sur
le système onusien. Ces deux pays tiennent ainsi en permanence un
véritable missile de croisière braqué sur le Conseil de sécurité.
On pourrait résumer leur attitude par cette formule : « Votez
pour notre projet de résolution, ou nous passerons outre. »
Avec cette menace implicite que ceux qui leur refuseront leur soutien
ne bénéficieront pas des contrats pour l’exploitation pétrolière
et la reconstruction du pays que cette guerre dévastatrice aura
rendu nécessaire. Cette entreprise de corruption dépasse de loin
tout ce que nous avons connu jusque là. Jusqu’à présent, elle est
restée sans effet sur les décisions du Conseil de sécurité. Il pourrait
en aller autrement dans les derniers instants de la 11e heure. Mais ne soyons pas dupes : cette
guerre est injustifiée et éminemment contre-productive, et elle
ne le sera pas moins si MM. Poutine et Chirac cèdent finalement
aux pressions, aux chantages et aux menaces.
PI. Comment
peut-on éviter cette guerre ?
GG.
En manifestant massivement. Tony Blair est actuellement dans une
situation de grande fragilité politique. Si nous pouvons briser
cet « axe du mal » en coupant le cordon ombilical qui semble relier
le dirigeant travailliste au président républicain le plus réactionnaire
et le plus intégriste que nous ayons connu, alors, nous pourrons
éviter cette guerre, parce que l’opinion américaine y est de plus
en plus opposée. Si nous disions aux Américains que les Britanniques
ne peuvent se joindre à eux, nous pourrions empêcher cette folie
de se produire. Il faut, pour cela, une mobilisation massive dans
onze capitales européennes, au Moyen Orient, en Iran... et aux Etats-Unis.
Nous montrerons ainsi la force de l’opposition à la guerre, et les
va-t-en-guerre seront forcés de reconsidérer leur position. Nos
pays restent des démocraties, aussi imparfait que soit ce système
politique.
Et,
comme le disait le docteur Johnson, « rien ne facilite plus la
concentration mentale que de savoir que l’on va être pendu à l’aube
». Le personnel politique fait régulièrement face à son « bourreau
», l’électorat. Et s’il sait que ses électeurs votent avec leurs
pieds et avec leurs cœurs contre la guerre, alors ces derniers pourront
imposer leur volonté à ceux qu’ils ont élu.
QUESTIONS-REPONSES
Q. [1]
La guerre avec l’Irak est-elle désormais inévitable ? [2] Pensez-vous
que Saddam Hussein y survivra ?
R. [1] Non, mais elle est probable. Georges
W. Bush et son entourage semblent absolument déterminés à se débarrasser
de Saddam Hussein. [2] Oui. Il s’est fait construire un « bunker
» capable de résister aux bombardements les plus lourds, et dans
lequel une armée relativement importante peut vivre pendant des
mois.
Q. [1]Saddam
Hussein a-t-il un lien avec Al-Qaïda ?[2] A-t-il été contacté, ou
conseillé par Maitreya pendant la crise actuelle ?
R.
[1] Non. [2] Non.
Q. Nombreux
sont ceux qui pensent que le pétrole est un facteur prépondérant
en ce qui concerne la politique étrangère et les marchés boursiers
: [1] Est-ce exact ? [2] Jouera-t-il un rôle majeur dans l’effondrement
de l’économie mondiale ?
R. [1]
Oui. [2] Non. En fait, le catalyseur qui provoquera un effondrement
économique, et ouvrira la porte au changement, est l’avidité insatiable
de ceux qui spéculent sur les monnaies, dans tous les pays.
Q. Yasser
Arafat a-t-il agi de manière inconsidérée en refusant le plan de
paix proposé par l’ancien président israélien Ehud Barak ?
R. Non.
Ce plan n’était ni juste ni équitable. E. Barak a déclaré que les
Palestiniens s’étaient vu offrir 90 % des territoires de Cisjordanie,
alors qu’en fait on ne leur a offert que 42 % de ces territoires
et la bande de Gaza. La Cisjordanie était déjà couverte d’implantations
israéliennes, dont chacune aurait été défendue par une garnison
militaire. Les routes reliant les implantations auraient par conséquent
favorisé des communications rapides pour l’armée israélienne, coupant
ainsi les zones soi-disant palestiniennes en parties isolées les
unes des autres. Ce plan fut salué comme « particulièrement généreux
», « trop généreux peut-être » par la machine de propagande
israélienne. Mais il s’agissait en fait d’un simulacre de justice.
Q. Pensez-vous
que la possibilité d’une guerre avec l’Irak puisse avoir un impact
négatif sur les marchés boursiers mondiaux, ou ceux-ci se redresseront-ils
comme c’est parfois le cas lorsque la guerre devient inévitable
?
R. S’il y a la guerre, ce qui semble très
probable, le facteur temps jouera un rôle particulièrement important.
Si, comme les militaires américains, j’en suis certain, l’espèrent,
la guerre est courte, décisive, « chirurgicale », les marchés se
redresseront sans doute pour un certain temps. Si, par contre, elle
traîne en longueur et si elle s’avère coûteuse en vies humaines
– américaines – elle aura, je pense, un effet très négatif
sur les marchés boursiers et l’économie mondiale. De toutes façons,
cette guerre est naturellement une folie.
Q. Quand
les Etats-Unis commenceront-ils à remplacer l’attitude belliqueuse
et immature de leur personnalité par les qualités émanant de
leur âme ?
R. Au
cours des trois années qui suivront l’année en cours.
Q. Quelle
est la meilleure manière d’agir envers les dictateurs : [1] leur
proposer un sauf conduit et un havre ailleurs, ou [2] si possible
user du droit international pour les arrêter et les traduire devant
la cour de justice de la Haye, ou [3] les laisser en place et attendre
que le peuple s’en occupe comme il le juge bon ?
R. La
première ou si nécessaire, selon les circonstances des crimes commis,
la deuxième.
Q. Quelles
leçons la justice, au plan national et international, devrait-elle
tirer de ce qui s’est passé en Roumanie et de la manière dont les
dictateurs y ont été traités ?
R. Il
s’agissait d’une situation unique dans laquelle le peuple lui-même
a laissé éclater sa vengeance contre le dirigeant déchu Ceausescu
et son épouse. Espérons qu’une telle situation ne se répétera pas.
Chacun, les dictateurs comme les autres, devrait être jugé de manière
légale devant la Cour internationale quels que soient les crimes
dont il est soupçonné.
Q. [1] Le boycottage
peut-il être un outil efficace pour faire entendre la voix du peuple
? [2] Par exemple, cela servirait-il à quelque chose, à votre
avis, de boycotter les produits d’Israël ?
R. [1]
Oui. [2] Si c’était à une échelle suffisante pour affecter l’économie
d’Israël, le gouvernement israélien en arriverait probablement à
la conclusion que sa manière d’agir en Palestine est inacceptable
aux yeux de nombreux pays étrangers. Savoir si cela l’influencerait
sérieusement, ou pas du tout, est autre chose, mais cela vaudrait
la peine d’essayer.
Q. Que
pensez-vous du « libre échange » ?
R. Le
libre échange devrait être réellement libre. Le concept actuel de
« libre échange » est en fait la domination du commerce mondial
par les pays occidentaux à travers les forces du marché. En même
temps, les puissances occidentales protègent leurs propres industries
et leurs exportations, contre tous les autres pays, développés ou
en développement, au moyen de régulations commerciales imposées.
Q. Partage
international parle beaucoup du « pouvoir du peuple » ; pensez-vous
réellement que les peuples peuvent quelque chose face aux politiciens
corrompus et au réseau vaste et sordide d’intérêts qui semble utiliser
des dirigeants ambitieux ou bornés pour exécuter ses ordres ? Il
ne fait aucun doute que ceux qui possèdent la richesse et le pouvoir,
et sont dépourvus de scrupule, ont le dessus.
R. Il en est ainsi actuellement. Cependant,
notre époque est une époque de changement et le « pouvoir du peuple
» grandit. Pensez à ce que représenterait un krach boursier mondial
pour tout ce réseau d’investissements et tous ceux qui possèdent
la richesse et le pouvoir. C’est la volonté populaire, éduquée et
renforcée par Maitreya, qui transformera le vieux système chancelant
en une manière de vivre nouvelle et meilleure.
Q. Que
devrions-nous faire dans l’immédiat ?
R. Pour
ma part je suis convaincu à 100 %, en raison des expériences qu’il
m’a été donné de vivre au fil de nombreuses années, mais même si
vous êtes seulement certains à 5 % de la véracité de ce que j’avance,
faites ce que je fais, faites-le savoir au mieux de vos capacités,
parlez aux gens, parlez aux médias, écrivez des articles, organisez
des rencontres ! Dites à tous ceux qui vous écouteront que cet événement
est imminent. Dites simplement ce que vous savez, ou ce que vous
croyez.
Si
vous êtes quelque peu convaincu (peu importe si vous ne savez pas
répondre à toutes les questions qui vous seront posées, dites simplement
que vous ne savez pas) dites ce à quoi vous croyez. De cette manière
vous porterez témoignage et les gens vous écouteront. Ils ne seront
pas nécessairement convaincus mais ils auront reçu l’information.
Leur esprit s’ouvrira davantage à cette éventualité. C’est cela
qui est important.
Q. Je
suis triste de constater que les Maîtres se cachent si bien. Nous
sommes prêts, nous
sommes gavés par la stupidité quotidienne qui règne dans le monde,
pourquoi les Maîtres ne se manifestent-ils pas plus souvent pour
ceux qui sont prêts ?
R. C’est
toujours la même idée : rester assis et demander à Dieu ou aux Maîtres
de venir remettre les choses en ordre. C’est à nous-mêmes de le
faire. Nous avons la responsabilité du désordre que nous créons.
Nous ne pouvons rester à ne rien faire et attendre que Dieu ou les
Maîtres agissent à notre place. Si nous ne voulons pas nous y mettre,
rien ne se fera.
L’humanité
jouit du libre arbitre, c’est le don le plus grand, l’aspect divin
de l’humanité. Si nous ne jouissions pas du libre arbitre, nous
n’évoluerions pas. Le libre arbitre est sacro-saint aux yeux des
Maîtres et ils ne l’enfreindront jamais. Ils ne peuvent donc venir
mettre de l’ordre à notre place. Ils savent que ce n’est pas un
monde agréable pour des millions et des millions d’individus. Tout
va bien pour ceux qui sont bien nourris, riches et cossus, dans
les pays florissants d’Europe, mais il y a des millions de personnes
qui souffrent de la faim et voient leurs enfants mourir parce qu’ils
n’ont rien à leur donner, parce qu’il n’y a rien à manger à des
centaines de kilomètres à la ronde et même pas d’eau potable à boire.
Nous
sommes si satisfaits de nous-mêmes, nous les Européens, les Américains,
les Japonais, dans notre petite vie confortable. Je sais que ce
n’est pas le cas pour tout le monde, mais dans l’ensemble, nous
n’accordons pas la moindre pensée à la manière dont vit et meurt
la vaste majorité de nos frères. Si nous n’ouvrons pas les yeux,
nous ne changerons jamais. Si nous voulons que les choses changent
nous devons agir, sinon cela ne se fera pas.
Q. La
perte de la navette spatiale américaine Columbia et de son équipage,
le 1er
février 2003, est-elle un tragique accident ou un événement karmique
?
R. Un
tragique accident.
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