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La force croissante de la voix
des peuples

Partage International - janvier/février 1994

Au cours de l'année 1991, Monte Leach, notre correspondant aux Etats-Unis, a réalisé avec Benjamin Creme une série de six interviews d'une demi-heure, qui furent adressées à plus de 300 stations de radios du pays.

Des bénévoles aux Philippines, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ont également pu diffuser cette série, intitulée Share of the Air (Partage sur les ondes), dans leur pays respectif.

Dans ces interviews, Monte Leach et Benjamin Creme traitent des sujets sociaux et économiques de notre époque, de la nécessité du changement et, naturellement, des solutions proposées par Maitreya à ces problèmes, ainsi que des nombreux miracles survenant dans le monde actuellement. Ces interviews proposent, nous semble-t-il, un excellent condensé des informations et des idées que nous nous efforçons de répandre. Aussi, avons-nous réalisé une version écrite de ces enregistrements. Inévitablement, les interviews se recoupent quelque peu mais, afin de conserver intacte leur structure interne, et pour qu'elles puissent être reproduites et diffusées séparément, nous y avons laissé quelques répétitions.

Dans ce numéro de Partage international nous reproduisons la deuxième interview de cette série.

Quand la politique sort de l'ordinaire: la force croissante de la voix des peuples

Interview de Benjamin Creme par Monte Leach

Monte Leach : Nous avons assurément entendu la voix des peuples au cours de ces dernières années, et peut-être plus spectaculairement en Europe de l'Est et dans l'ex- Union soviétique. Mais, simultanément, cette voix des peuples a été réduite au silence, si l'on peut dire, dans de nombreux pays, tels que la Yougoslavie, la Somalie, le Liberia et Haïti, où l'ordre politique et social s'est effondré. Comment devons-nous interpréter ces tendances apparemment contradictoires dans les affaires du monde actuel ?

Benjamin Creme : Tout ce que nous voyons est le résultat de notre réponse à de grandes énergies, principalement d'origine cosmique, qui agissent sur l'humanité et provoquent diverses réponses ; l'humanité ne réagit pas de manière uniforme. Chacune de nos réponses est conditionnée par nos propres intérêts, ambitions et désirs individuels et/ou nationalistes, d'où cette pléthore de mouvements nationalistes et d'exigences ethniques qui s'affichent actuellement.

Du point de vue de Maitreya et de la Hiérarchie spirituelle dont il est le chef, ces mouvements et exigences sont légitimes, mais constituent une réaction inadaptée aux énergies qui nous parviennent. Ces énergies engendrent un désir de liberté qui pénètre actuellement le monde. Nous approuvons ce désir lorsqu'il est suivi du renversement de régimes oppressifs comme en Union soviétique, en Chine, en Roumanie, etc. Mais nous le condamnons à juste titre, lorsqu'il engendre atrocités, fratricides et guerres, en Yougoslavie et ailleurs. Les mêmes énergies produisent des réponses différentes.

ML. Pouvons-nous raisonnablement avancer qu'étant données ces nouvelles influences, la tendance politique générale dans le monde est positive ? Allons-nous dans la bonne direction ?

BC. A court terme, non ; à plus long terme, oui. Si nous n'avions pas d'aide extérieure, l'humanité serait dans une situation désespérée, car presque tout ce que nous faisons dans les domaines politique, économique et social, est mal orienté. Nos actions conduisent inévitablement à l'effondrement de notre civilisation. Toutes nos structures, politiques, économiques et sociales, sont de plus en plus fondées sur le mercantilisme dont le moteur est le marché. Le principal « dieu » d'aujourd'hui est le marché, c'est-à-dire la compétition fondée sur la cupidité. Cette optique conduit notre civilisation au bord de l'autodestruction. Sans la présence, dans le monde, du Seigneur Maitreya et de son groupe de Maîtres, je redouterais un avenir très sombre pour l'humanité. Et si j'avance, au contraire, qu'un avenir très positif nous attend, ce n'est pas sur la base de notre grande sagesse, mais sur celle des Maîtres.

ML. Dans un passé très récent, avec la fin de la guerre froide et les événements qui s'ensuivirent, la situation politique paraissait extrêmement positive. Que s'est-il passé ?

BC. Les problèmes ne sont pas engendrés par la pression politique, mais par la pression économique. Actuellement, les divisions majeures sont d'ordre économique. Nous sommes les témoins de la fin de trois grands totalitarismes : le politique, l'économique et, un jour ou l'autre, le religieux. Nous constatons l'agonie du totalitarisme politique avec l'ouverture de l'ex-URSS, qui a débuté par la glasnost et la perestroika du président Gorbatchev (sous l'inspiration et la directive, si je puis dire, du Seigneur Maitreya). Ceci a créé une situation entièrement nouvelle dans le monde et a incité d'autres groupes à revendiquer leur liberté. C'est le début de la fin du totalitarisme politique.

Le totalitarisme économique tient encore le monde dans ses griffes. Les chefs de file de ce totalitarisme sont les nations industrialisées du G7, avec les Etats-Unis à leur tête. Les nations développées accaparent et gaspillent avec avidité les 3/4 des denrées mondiales et 83 % de toutes les autres ressources. Les pays en voie de développement, que l'on nomme le tiers monde et où presque les 3/4 de la population mondiale vivent, doivent se satisfaire d'un quart de la nourriture et de 17 % des autres ressources. Nous ne pourrons pas escompter que les 3/4 de la population mondiale supporteront indéfiniment une telle situation. Ce déséquilibre économique est en train de conduire le monde au bord de la destruction économique.

ML. Vous dites que la situation économique est la clé, mais en quoi est-elle liée aux tendances politiques que nous observons dans le monde ? Par exemple, M. Gorbatchev a appelé à la création d'un gouvernement mondial sous les auspices des Nations unies. Est-ce que vous prévoyez un tel événement ?

BC. Je vois certainement un renforcement des Nations unies, mais pas un gouvernement mondial sous la juridiction des Nations unies. Les nations du monde sont trop divisées et individualistes, trop dominées par leurs qualités particulières pour fonctionner ensemble en tant que gouvernement mondial. Je vois de plus en plus les Nations unies comme une chambre de débats, où les problèmes provenant de ces différences pourront être aplanis par la discussion et la délibération, et non plus par l'épée. Je vois aussi le pouvoir croissant d'intervention de l'ONU dans les diverses guérillas se produisant de par le monde, comme par exemple dans l'ex-Yougoslavie.

ML. Pensez-vous que l'ONU doive s'engager davantage dans les affaires internes de pays comme l'ex-Yougoslavie pour tenter d'y arrêter l'effusion de sang, comme ce fut le cas en Somalie ?

BC. Très certainement. Je pense que l'ONU a un rôle très particulier à jouer. Je suis consterné et profondément attristé par le fait que l'ONU et l'Europe soient restés sur la touche à regarder les combats fratricides en Croatie et en Bosnie. Ces atrocités auraient pu être évitées par une position plus ferme de l'ONU. L'ONU et l'Europe auraient dû se trouver là-bas dès le début, pour assagir les Serbes et obtenir une solution, à l'amiable, aux véritables problèmes que sont l'indépendance, les minorités, etc. Ces problèmes devraient être discutés dans le cadre de l'ONU dont c'est le rôle. L'ONU doit le comprendre et le mettre en pratique. De ce point de vue, elle a raté le coche.

ML. On a relaté dans Partage international qu'il y avait à travers le monde un glissement du pouvoir des formes de gouvernements centralisés vers des formes plus locales de contrôle des systèmes politiques. Avez-vous conscience de cela, et dans ce cas, comment cela coïncide-t-il avec la mondialisation des problèmes et le besoin d'approches mondiales pour les résoudre ?

BC. Je ne dirais pas que cela se produit mais que c'est l'idéal vers lequel nous devrions tendre. Le rôle des gouvernements est de créer les conditions pour que les peuples puissent vivre en paix avec suffisamment de nourriture, de logements, de santé, d'éducation, etc. Le rôle des gouvernements n'est pas d'imposer une idéologie aux peuples. C'est jusqu'à présent ce qui s'est produit, que cette idéologie soit le communisme, la démocratie, le capitalisme ou le fascisme. Ces temps sont révolus. Nous observons actuellement la fin de l'endoctrinement politique et du totalitarisme. Les besoins des peuples en matière de liberté, de progrès individuel et d'autodétermination doivent être étudiés au niveau local par eux et avec eux. Le seul moyen pour le peuple d'influencer les événements de sa vie nationale, consiste à agir sur les administrations locales. Nous devons développer un système gouvernemental dans lequel les gens soient directement impliqués.

La plupart des individus, dans les pays dits démocratiques, votent pour des représentants locaux ou nationaux. Mais s'ils participaient réellement à la vie locale, leurs besoins pourraient être satisfaits localement. Le gouvernement central n'aurait plus à intervenir au niveau local. Les gouvernements les plus conservateurs ont, en principe, la réponse, en affirmant ne pas vouloir s'impliquer dans la gestion quotidiennes des affaires locales : c'est là la théorie, car dans la réalité, c'est le contraire qui tend à se produire, pour des raisons politiques. Au Royaume-Uni, notre actuel gouvernement conservateur est le gouvernement le plus centralisé que nous ayons jamais eu: l'administration locale y est bridée par le gouvernement central, dans presque tous les domaines. E n'y existe pour ainsi dire, pas de gouvernement local indépendant ; la participation y est presque nulle. Sans participation, il ne peut y avoir d'autodétermination. L'autodétermination, la liberté d'expression individuelle, la liberté de vivre sa vie, la véritable liberté, n'existent, dans le vrai sens du terme, nulle part dans le monde.

ML. La participation sera-t-elle la clé des futures structures politiques ?

BC. Je pense qu'elle est essentielle. Sans elle il ne peut y avoir de liberté. La liberté dépend de la participation. Il n'y a nul besoin de professionnels pour diriger un pays ou les affaires locales. Les gens savent d'eux-mêmes de quelle sorte d'administration locale ils ont besoin pour résoudre les problèmes de logement, de santé, d'éducation, etc. Le rôle du gouvernement à l'échelon national est de gérer les rapports avec les autres nations, de superviser la défense, les transports, et le bien-être général, de créer ainsi les conditions dans lesquelles l'administration locale peut mener à bien son travail d'épanouissement des individus.

ML. Voyez-vous, dans un proche avenir, l'évolution de différents types de structures politiques aptes à satisfaire les besoins croissants des peuples en matière d'autodétermination, de participation et de liberté politique ?

BC. Nous avons été les témoins de la fin du « communisme » imposé. Mais je ne pense pas que le véritable communisme ait jamais été expérimenté ; en URSS, existait une sorte de capitalisme d'Etat. Naturellement la population protesta, du fait que les patrons, l'élite du parti communisme - une toute petite minorité - jouissait d'un niveau de vie que personne d'autre ne pouvait s'offrir. Le peuple, envieux, fut seulement très satisfait de voir la fin du système. Il était dans la gène, vivait une vie terne et uniforme. Or, dans la vie, il faut de la couleur et de la variété ; eux n'en avaient pas. Ils n'en auront pas davantage sous le régime de M. Eltsine, celui-ci utilisant un programme fondé sur les forces du marché, qui a échoué en Occident.

A l'Ouest, nous sommes plongés dans une crise économique majeure qui va se répercuter dans l'ex-Union soviétique. Le peuple russe souffre actuellement des maux d'une économie fondée sur le marché. Comme tout les autres peuples, il recherche la liberté de s'exprimer, et il ne l'obtient pas. Il ne l'obtiendra pas plus avec le capitalisme qu'avec le communisme. La liberté proviendra de la fusion de ce qu'il y a de mieux dans le capitalisme et dans le communisme - une sorte de démocratie sociale ou de socialisme démocratique, dans lequel ce qui touche à la collectivité appartient à cette collectivité et est administré par elle, et ce qui touche à l'individu est laissé à l'individu. Il ne s'agit pas d'un choix entre l'un ou l'autre système, mais de la fusion des deux.

ML. Verra-t-on des non-politiciens venir au pouvoir, tel que Vaclav Havel, qui est le dramaturge devenu président de la Tchécoslovaquie ?

BC. Je pense que oui. C'est précisément parmi les politiciens non-professionnels que nous trouverons les futurs leaders des peuples. Le peuple a d'énormes ressources inexploitées auxquelles il n'a jamais été donné la possibilité de s'exprimer. Si on crée des structures suffisamment ouvertes au niveau local pour permettre à tous (artistes, écrivains, femmes au foyer, enseignants, ingénieurs, auteurs, etc.) de parler pour l'ensemble, le peuple s'exprimera. Dans un gouvernement parlementaire, les lois politiques et économiques permettront aux besoins de la population de s'exprimer, à l'échelle nationale. Il faut deux niveaux de gouvernement, un local et un national. Les deux sont essentiels. L'un ne doit pas être considéré comme plus important que l'autre.

ML. Quand verrons-nous une accalmie dans la tempête des événements actuels ?

BC. Nous arrivons à une période de crise. Très bientôt cette crise culminera et nous en verrons alors le dénouement. De cette manifestation terrible et cruciale émergera une nouvelle société, une vie nouvelle pour l'humanité, fondée sur des idées complètement nouvelles et plus spirituelles.



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