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Accueil > Revue Partage > année 1996

Extraits de la revue
Partage international

Février 1996 - N° 89 / 90

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue


  • Signes des temps


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • Citation


  • Courrier des lecteurs


  • Interviews




L'article du Maître

Home Les Maîtres pénètrent dans la sphère des hommes

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme

Chaque fois que l’humanité a peur, elle se tourne vers Dieu ou vers les Anges pour obtenir aide et soutien. Ainsi en est-il aujourd’hui, au cœur de la crise profonde que traversent les hommes. De toutes parts surgissent des appels à l’aide, qui suscitent la réponse des Représentants de Dieu. Nous, les Architectes du Temps nouveau, savons qu’au plus profond de leur cœur, les hommes croient fermement à l’existence d’une aide venant de sphères plus élevées. C’est avec joie que nous la leur apportons, comme il est, de toute éternité, de notre devoir de le faire. Lentement mais sûrement, l’homme développe sa perception des forces invisibles qui l’entourent, toujours prêtes à lui porter secours et assistance. Qu’il se méprenne sur l’identité de ces forces est sans importance : Maîtres ou Anges ? Il en est peu qui connaissent la vérité.

Lorsque nous, les Frères, apparaissons comme des anges, c’est en accord avec la loi de Reconnaissance que nous le faisons. De cette manière, les hommes savent qu’ils ne sont pas seuls. En présence d’un niveau d’évolution plus élevé cependant, nous n’avons recours à aucun subterfuge et nous manifestons sous notre véritable aspect. Ainsi, là où certains voient des anges, d’autres reconnaissent la Fraternité.

Le temps des temps

Plus que jamais auparavant, nos échanges avec les hommes se développent, s’inscrivant dans le quotidien. Chaque fois que l’occasion s’en présente, nous rendons service et faisons connaître notre présence. De la sorte, les hommes prennent conscience que le temps des temps approche, que le Grand Seigneur est avec nous, que l’isolement de l’homme a pris fin.

Les anges

Que les hommes nous voient comme des anges ou comme des humains, ils sauront que notre aide leur est toujours acquise. Ils n’ont qu’à la demander. Que l’aide invoquée ne se présente pas toujours sous la forme qu’ils désirent, c’est là une leçon qu’il leur faut apprendre. Nous travaillons ­toujours dans le cadre de la Loi et du Plan, et adaptons notre aide en conséquence.

Les Ambassadeurs du Divin

Quant aux anges, il en existe bel et bien, et ils se comptent par myriades ; mais, ils ne sont pas encore en contact avec la vie des hommes. Nous approchons pourtant d’une époque où ces forces invisibles offriront leurs connaissances et leur pouvoir de guérison à l’humanité, et entreront sans danger dans la sphère d’activité humaine. En attendant, nous les Instructeurs, Frères aînés des hommes, travaillons à jeter un pont entre les règnes. Ainsi, nous veillons à ce que se développe, en toute sécurité, cette congruence entre les hommes et les anges. Nous sommes les intermédiaires ; nous portons aide et assistance, aux hommes comme aux forces déviques ; nous administrons, sans trêve, le Plan et le Dessein divins ; nous allégeons la souffrance, et représentons l’Amour de Dieu.

Bientôt, en grand nombre, les hommes nous verront, nous connaîtront pour ce que nous sommes. Nous sommes vos Frères, qui vous ont précédés sur le même chemin ; nous sommes vos Guides, qui ne demandent qu’à vous aider ; nous sommes les Ambassadeurs du Divin ; nous sommes vos Mentors et vos Instructeurs ; vos Muses et vos Inspirateurs ; vos Serviteurs fidèles et vos éternels Amants. Nous répondons à votre appel à l’aide et pénétrons dans votre sphère.


Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Jiddu Krishnamurti – le voyage sans chemin

par Bette Stockbauer

Dès 1889, Helena Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique, avait déclaré à certains de ses étudiants que le but de la Théosophie était de préparer l'humanité à la venue du Seigneur Maitreya, l'Instructeur mondial pour l'âge du Verseau. Après la mort d'Helena Blavatsky, Annie Besant et C.W. Leadbeater considérèrent comme leur devoir de poursuivre cette tâche, dont une partie consistait en la préparation d'un disciple qui servirait de véhicule pour l'Instructeur, lorsqu'il viendrait. En 1909, à Adyar, en Inde, Leadbeater découvrit un jeune garçon dont l'aura, à son avis, était totalement dépourvue d'égoïsme. Il s'agissait de Jiddu Krishnamurti, alors âgé de 13 ans. Adopté par A. Besant et C.W. Leadbeater, il reçut une formation intensive, suivie de dix années d'études en Angleterre. Dans de nombreux pays, des gens furent informés de son futur rôle. A l'âge de 27 ans, Krishnamurti eut une vision personnelle qui lui apporta la conviction qu'il commençait à être adombré par la conscience de Maitreya. Les théosophes du monde entier attendaient cet événement.

Mais lorsqu'il atteignit l'âge de 34 ans, Krishnamurti renonça à ses liens avec la Société Théosophique, et déclara :

« Je ne veux pas de disciples. Ma seule préoccupation est de rendre les hommes absolument, inconditionnellement libres. » Il passa le reste de sa vie à enseigner à l'humanité la manière d'atteindre cette liberté.

Mary Lutyens, amie de toujours et confidente de Krishnamurti a écrit la trilogie biographique qui relate sa vie : Krishnamurti : les Années d'éveil ; les Années d'accomplissement ; et la Porte ouverte. L'article suivant est tiré de cette trilogie. Il tente de retracer l'évolution de la relation qui se développa entre Krishnamurti et la présence spirituelle qui emplissait son être. Rarement une telle relation a été aussi bien documentée, à la fois par son propre journal, ses lettres et les témoignages écrits de ses amis.

Krishnamurti reçut une éducation tout à fait hors du commun. Peu de figures historiques connurent le prestige précoce qui fut le sien. Des milliers de personnes dans le monde entier étaient au courant de sa mission particulière et, dès l'adolescence, l'adulation suivit ses pas. Cependant, il n'y eut jamais dans sa nature le moindre orgueil ni la moindre pensée de profit personnel. Bien que les marques de déférence qu'il reçut aient été pour lui une source de grand embarras, il les accueillit avec grâce et dignité. Cette absence totale de prétention fut évidente dès son plus jeune âge.

Il naquit en 1895, au nord de l'Inde, dans une famille brahmane de haute caste. Dans sa jeunesse, il faisait preuve d'une totale générosité et il n'existait dans son esprit aucune différence entre lui-même et les serviteurs qui l'entouraient. Timide et introverti, il pouvait rester des heures près de la fenêtre, à regarder au loin. De minuscules insectes, des feuilles mortes, les cailloux et l'herbe faisaient l'objet d'une longue et constante admiration de sa part. Sa nature était si floue et si rêveuse que de nombreuses personnes de son village le considéraient comme arriéré et abruti.

Lorsqu'il eut 10 ans, sa mère mourut, et son père sembla incapable de prendre soin de la famille. Krishnamurti avait toujours été maladif et avait même parfois frôlé la mort. Sa découverte par C.W. Leadbeater lui sauva très probablement la vie. Dès son jeune âge, grandit en lui le sentiment de la protection particulière qui l'entoura toujours.

Grâce à sa nature docile et à son sens profond du spirituel, il accueillit, sans résistance ni comparaison, tous les enseignements qu'il rencontra : ceux du Bouddha, de Krishna et du Seigneur Maitreya. Tout dans la vie, semble-t-il, s'écoulait de manière égale à travers l'enfant. Avec humilité et admiration il s'inclinait devant le jaillissement de l'Etre qu'il sentait dans toute existence. Cette qualité d'acceptation l'accompagna jusqu'à l'âge adulte. L'absence totale de crainte qui en devint l'expression impressionnerait le monde de bien des manières.

A l'âge de 15 ans, K1 inculquait à des étudiants adultes les principes de la Théosophie. A 16 ans, il dirigeait une société internationale, « l'Ordre de l'Etoile d'Orient », fondée dans le but de créer une atmosphère de bienvenue et de révérence envers l'Instructeur attendu. En plus des leçons quotidiennes qu'il donnait sur des sujets courants ou occultes, il commença à voyager avec Annie Besant et à faire des conférences dans le monde entier.

Ces années furent difficiles pour le mouvement Théosophique. Avec la mort d'Helena Blavatsky, en 1891, ce mouvement perdit son guide et le monde n'avait pas encore reçu les enseignements d'Alice Bailey, dont les livres, inspirés par le Maître Djwhal Khul, souligneraient particulièrement le chemin de l'initiation et la relation juste de l'humanité avec la Hiérarchie. Pour les théosophes de l'époque d'Annie Besant, maints détails du voyage évolutif étaient laissés à l'imagination, et les imaginations étaient souvent exubérantes. On accordait une importance exagérée au contact personnel avec les Maîtres et la compétition pour le statut d'initié de rang élevé devenait une force perturbatrice. Ces déséquilibres paraissaient très inquiétants aux yeux de K, et avec les années passées en Angleterre commencèrent ses désillusions en ce qui concerne la Société Théosophique, les « Maîtres » et les pratiques spirituelles. Il se sentait déraciné et plus rien n'avait de sens, il continua cependant à diriger l'Ordre de l'Etoile, par loyauté envers ses bienfaiteurs et parce qu'il avait la conviction intérieure d'avoir un rôle à jouer.

La vision d'Ojaï

En 1922, il fit l'expérience d'une vision qui devait changer le cours de sa vie. Cela se produisit au sud de Los Angeles, dans une vallée montagneuse appelée par les Indiens « Ojaï » ou le « Nid ». Pendant deux semaines, il n'avait cessé de méditer, visualisant l'image du Seigneur Maitreya devant lui. Il commença alors à éprouver une douleur très vive dans la nuque et dans la colonne vertébrale, et il traversa de longues périodes de délire. Nuit et jour il lutta, incapable de dormir ni de manger, quittant son corps à maintes reprises, et ayant des visions. Le troisième soir, il fut poussé à quitter sa petite maison pour s'asseoir sous un poivrier tout imprégné du parfum des fleurs printanières. Il a lui-même noté ce qui arriva ensuite :

« Après être resté ainsi assis pendant quelque temps, je sentis que je quittais mon corps, je me vis assis sous l'arbre aux feuilles tendres et délicates. J'étais tourné vers l'est. Devant moi se trouvait mon corps et au-dessus de ma tête, je vis l'Etoile, brillante et claire. Je pus alors ressentir les vibrations du Seigneur Bouddha ; je contemplai le Seigneur Maitreya et le Maître K. H. Je connus un bonheur, un calme et une paix intenses. Je pouvais encore voir mon corps et je planais au-dessus de lui. Il régnait un calme très profond, à la fois dans l'atmosphère environnante et au fond de moi, le calme d'un lac d'une profondeur insondable... Je fus en présence des Grands Etres pendant quelques temps, puis ils s'éloignèrent. J'étais suprêmement heureux car j'avais vu. Plus rien ne serait jamais pareil, j'avais bu les eaux claires et pures, à la source de la fontaine de vie et ma soif était apaisée... J'avais senti la compassion qui guérit tout chagrin et toute souffrance ; elle n'était pas pour moi mais pour le monde. Je m'étais tenu au sommet de la montagne et j'avais contemplé les Grands Etres... L'amour dans toute sa gloire avait enivré mon cœur ; et il ne pourrait plus jamais se fermer. J'avais bu à la fontaine de la Joie et de l'éternelle Beauté. J'étais ivre de Dieu. »

Il écrivit à C.W. Leadbeater : « Je me sens à nouveau en contact avec le Seigneur Maitreya et le Maître, et je n'ai rien d'autre à faire que de les servir. Ma vie entière désormais, est […] vouée à ce travail et il est improbable que je change d'avis. » Et à Annie Besant : « J'ai l'impression d'être assis en adoration au sommet d'une montagne et que le Seigneur Maitreya est près de moi. J'ai l'impression de marcher dans un air délicat et parfumé. La perspective de ma vie est claire et l'horizon est beau et précis. »

Le « processus »

Un autre fait, lié à son changement spirituel, est le phénomène qu'il a toujours décrit comme le « processus ». Cela commença au cours des trois journées pénibles qui avaient précédé sa vision, et se répéta, avec une intensité variable, tout au long de sa vie. Une douleur très vive et des expériences hors du corps accompagneront toujours cette expérience. Dans les premiers temps, K ressentait une présence définie, comme celle du Seigneur Maitreya qui vint un soir avec ce message :

« Apprends à me servir, car c'est seulement sur ce sentier que tu me trouveras.
Oublie-toi, car c'est seulement ainsi que l'on peut me trouver.
Ne cherche pas les Grands Etres alors qu'ils sont peut-être tout près de toi.
Tu es comme l'aveugle qui cherche le soleil.
Tu es comme l'affamé à qui l'on offre de la nourriture et qui refuse de manger.
Le bonheur que tu cherches est à portée de main ; il demeure dans la pierre la plus ordinaire.
Je suis là pour celui qui veut bien voir. Je viens au secours de celui qui accepte mon aide. »

A partir de ce moment-là, tous ceux qui le connaissaient purent ressentir son pouvoir de rassemblement. Il commença à parler du fond du cœur, sans aucune crainte, la Vérité elle-même semblant s'exprimer par sa bouche.

L'« adombrement »

Au cours d'une rencontre de l'Etoile, en 1925, il commença à parler de l'Instructeur mondial, s'exprimant ainsi : « Il vient seulement à ceux qui le veulent, qui le désirent, qui y aspirent... » Tandis que son auditoire l'observait, son visage s'éclaira soudain. Sa voix, parlant alors à la première personne, résonna avec puissance : « ... et je suis venu pour ceux qui veulent la compassion, le bonheur, ceux qui aspirent à la délivrance, qui désirent ardemment trouver la félicité en toutes choses. Je suis venu afin d'apporter des réformes et non pour abattre par la force, je suis venu non pour détruire mais pour construire. »

La plupart de ceux qui étaient présents furent d'avis que le Seigneur Maitreya avait totalement imprégné la conscience de K, et il semble bien que ce fut alors l'avis de K lui-même : « Le souvenir de la journée du 28 (jour de la rencontre) devrait être pour vous comme si vous gardiez un précieux joyau et chaque fois que vous le contemplez vous devriez être transportés de joie. Et lorsqu'Il reviendra, et je suis sûr qu'Il reviendra bientôt, cela sera pour nous une expérience plus sublime et encore beaucoup plus belle que la dernière fois. J'ai l'impression d'être pareil à une coupe de cristal, un vase qui a été purifié, et maintenant n'importe qui dans le monde peut y déposer une belle fleur qui vivra dans ce vase et ne mourra jamais. »

La réaction des théosophes

Une vaste publicité fut donnée à cet adombrement présumé. Ceci, malheureusement, ne fit qu'accentuer les déséquilibres existant au sein de la Société Théosophique. Certains théosophes rivalisaient pour obtenir une position en vue dans le Nouvel Ordre mondial, prétendant avoir atteint les plus hauts niveaux du monde spirituel. La compétition s'accrut ; un disciple alla même jusqu'à prétendre avoir progressé de trois degré d'initiation en l'espace de trois jours. Des annonces furent publiées au sujet de la sélection de dix des douze « apôtres » pour le monde à venir. Tous étant des théosophes.

Tantôt amusé, tantôt découragé, K observait l'agitation qui l'entourait. Il prit la parole plusieurs fois pour essayer de montrer à ses compagnons une voie plus juste, le chemin de la recherche intérieure qui refuse de suivre autre chose que l'étincelle divine à l'intérieur de l'âme. Avec le temps, il commença à minimiser l'importance d'une relation personnelle avec le royaume spirituel. Et il parla de moins en moins de Maitreya, des Maîtres ou de toute autre entité. Il s'exprima de manière de plus en plus abstraite, comme s'il cherchait à aller au delà du monde physique pour atteindre la source essentielle de l'Etre qui anime toute expression.

« Lorsque j'étais enfant, j'avais l'habitude de voir Sri Krishna jouant de la flûte, tel qu'il est dépeint par les hindous, parce que ma mère était une fervente de Krishna... En grandissant, lorsque je rencontrai l'évêque Leadbeater et la Société Théosophique, je commençai à voir le Maître K. H., sous la forme qui m'était présentée... et désormais le Maître K. H. fut pour moi le but. Plus tard, je commençai à voir le Seigneur Maitreya... Plus récemment, c'est le Bouddha que j'ai vu, et j'ai connu le ravissement et la gloire d'être près de Lui. On m'a demandé ce que j'entendais par le « Bien-aimé ». Je donnerai un sens, une explication, que vous pourrez interpréter comme il vous plaira. Pour moi, le « Bien-aimé » c'est tout : c'est Krishna, le Maître K. H., le Seigneur Maitreya, le Bouddha, et cependant, c'est au-delà de toutes ces formes. Qu'importe le nom que vous lui donnez ?... Ce qui vous préoccupe, c'est de savoir s'il existe un être tel que l'Instructeur mondial, qui se serait manifesté dans le corps d'une certaine personne, appelée Krishnamurti : mais dans le monde, nul ne se préoccupe de cette question... Mon Bien-aimé, c'est le ciel, la fleur, chaque être humain... Je suis un avec mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé et moi nous flânerons ensemble à la surface de la terre [… et] vous ne comprendrez pas le Bien-aimé si vous n'êtes pas capables de Le voir dans chaque animal, chaque brin d'herbe, chaque personne qui souffre, chaque individu. »

Le renoncement

Lorsqu'il commença à prendre ses distances par rapport aux enseignements théosophiques, il prédit : « Tout le monde m'abandonnera. » Il commença à qualifier ses expériences avec les Maîtres d'« incidents » et à dépeindre les rites initiatiques comme n'ayant rien à voir avec la recherche de la Vérité. « Si vous voulez chercher la Vérité, vous devez partir, loin des limitations de l'esprit et du cœur humain, et la découvrir, et cette Vérité est en vous-mêmes. N'est-il pas beaucoup plus simple de faire de la vie elle-même le but […] plutôt que d'avoir des médiateurs, des gurus, qui doivent inévitablement mettre la Vérité à votre portée, et par conséquent la trahir ? »

En 1929, il dissout l'Ordre de l'Etoile. A ce moment-là, celui-ci, qui comptait 60 000 membres, manipulait d'énormes sommes d'argent et possédait des terres dans le monde entier, beaucoup étant destinées au futur travail de K. Il avait 34 ans.

Voici des extraits de son dernier discours :

« Je maintiens que la Vérité est une contrée sans chemin, et que vous ne pouvez l'approcher par aucun sentier quel qu'il soit, par aucune religion, par aucune secte […] Je ne veux appartenir à aucune organisation spirituelle ; ayez l'obligeance de comprendre cela […] Si un organisme est créé dans ce but, il devient une béquille, une faiblesse, une limite, et il paralyse nécessairement l'individu, l'empêchant de grandir et d'affirmer son caractère unique, qu'il trouvera dans la découverte par lui-même de cette Vérité absolue, inconditionnelle […]

« Ce n'est pas une action grandiose, parce que je ne veux pas de disciples, c'est ainsi que je l'entends. A partir du moment où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la Vérité... Pendant 18 ans, vous avez préparé cet événement, la venue de l'Instructeur mondial. Pendant 18 ans, vous avez organisé, vous avez cherché quelqu'un qui ravirait vos cœurs et vos esprits... quelqu'un qui vous libérerait, et maintenant voyez ce qui arrive ! Réfléchissez, raisonnez, au fond de vous-mêmes, et voyez si cette croyance vous a rendus différents... si vous êtes devenus plus libres, meilleurs, plus combatifs envers toute société basée sur le faux et le superflu ?... Vous dépendez tous de quelqu'un d'autre pour votre spiritualité, pour votre bonheur, pour votre édification... Vous avez l'habitude que l'on vous dise où vous en êtes, quel est votre statut spirituel. Comme tout cela est puéril ! Qui, sinon vous-mêmes, peut vous dire si vous êtes incorruptible ?... Je souhaite que ceux qui cherchent à me comprendre soient libres... de la crainte de la religion, de la crainte du salut, de la crainte de la spiritualité, de la crainte de l'amour, de la crainte de la mort, de la crainte de la vie elle-même... Vous pouvez créer d'autres organisations et attendre quelqu'un d'autre. Cela ne me concerne pas, pas plus que la création de nouvelles cages et de nouvelles décorations pour ces cages. Ma seule préoccupation est de rendre les hommes absolument, inconditionnellement libres. »

Ils furent peu nombreux à pouvoir saisir cette liberté et, malheureusement, ceux qui avaient averti le monde pendant des années du défi que la venue du Christ apporterait à tous les systèmes existants semblèrent eux-mêmes incapables de relever ce défi lorsqu'il se présenta. La Société Théosophique se retrouva en pleine confusion.

Krishnamurti ne regarda jamais en arrière. Ce qu'il fit, il le fit avec amour et sans amertume. Seule comptait la Vérité qui avait grandi en lui ; la Présence qui emplissait son être était son unique guide. De cette Vérité naissait la compassion à l'égard de tout ce qui vit. De ce guide intérieur émergerait un enseignement qui couperait à la racine tous les attachements qui ont paralysé l'humanité pendant des milliers d'années.

K avait encore 56 ans à vivre. Pendant toutes ces années, il prodigua ses enseignements, grâce à ses conférences, à ses livres et aux écoles qu'il a fondées. Ce qui est surprenant, c'est que, bien que la plupart de ses vieux amis se soient écartés de lui comme il l'avait prédit, ses causeries ont toujours été très suivies. Il faisait, presque tous les ans, une série de conférences : il souhaitait « se mettre en quête » avec ses auditeurs, leur demandant de ne pas accepter aveuglément ce qu'il disait, mais de scruter au fond d'eux-mêmes pour y découvrir leur propre vérité.

Les enseignements

Tous ses enseignements se rattachent aux thèmes de liberté et de conscience de soi. La peur, la mort, l'amour, la pensée, la sécurité et le temps, tout peut être une cage et les hommes peuvent choisir soit de dépasser leurs limites, soit de rester des prisonniers torturés. Ses perspectives sont saisissantes parce que totalement honnêtes. Il montre que l'expérience, qui n'est pas basée sur une pure observation, est facilement déformée lorsque la pensée y introduit soit le passé, avec son accumulation de culpabilités et de souffrances, soit le futur, avec ses avantages acquis à préserver.

Les utopies et les visions de perfection personnelle, le paradis promis au sanyasin et au saint, tout cela enlève sa force au présent. Tout cela est un moyen d'échapper à la souffrance du monde. Cette souffrance n'est pas le fait d'un Dieu irréfléchi, mais de chaque être humain qui vit sur cette Terre. Aussi, chacun est-il responsable de la solution à trouver.

C'est dans la pure conscience de soi que naît la solution. K l'appelle la conscience sans préférence : une acceptation de la vie sans résistance ni préjugé, sans s'accorder la moindre possibilité d'évasion. Cette parfaite « honnêteté du mental » devient une totale pénétration dans le cœur de ce qui est. Une humanité qui peut faire la différence entre le vrai et le faux, qui peut se regarder en face dans toute sa gloire et toute sa honte, a commencé à se libérer.

La présence

De nombreuses personnes ont fait des remarques sur l'énergie qui entourait K partout où il allait. Dans les moments d'intimité, entouré d'amis proches, K s'arrêtait soudain et regardait autour de lui en disant : « La ressentez-vous dans la pièce ? » Mary Lutyens lui demanda une fois : « Qu'est cette chose ? Je sais que vous vous êtes toujours senti protégé, mais par quoi, ou par qui ? » « C'est là, comme derrière un rideau, répliqua-t-il, tendant la main, je pourrais soulever ce rideau, mais je sens que je n'ai pas à le faire. »

En 1961, et à nouveau douze ans plus tard, K écrivit des remarques sur cette « chose » qu'il désignait de différents noms : l'« immensité », l'« autre », le « sacré », la « bénédiction ». Les visites de l'« autre » étaient toujours liées au « processus », et s'accompagnaient d'une souffrance à laquelle il n'opposait jamais de résistance. Ses notes étaient écrites au crayon, avec à peine quelques mots effacés et elles furent publiées sous le titre de Carnet de Krishnamurti et de Journal de Krishnamurti. Ses notes sont de la pure poésie, elles offrent le privilège de faire partager la communion d'une grande âme avec l'infini.

« La pièce se remplit de cette bénédiction. Elle était le centre de toute création ; c'était quelque chose de solennel qui purifiait le cerveau de toute pensée et de tout sentiment ; c'était comme la foudre qui détruit et qui consume ; la profondeur en était incommensurable, c'était là, immuable, impénétrable, quelque chose de solide, aussi léger que le ciel. Il régnait une grandeur impénétrable et une paix qui était l'essence de tout mouvement, de toute action. Elle était sans égale car totalement éphémère, et elle avait donc la délicatesse de tout ce qui est nouveau, vulnérable, fragile, et pourtant elle était au-delà de tout cela. Elle était « pure », intacte, mortellement belle.

« ... cette immensité insondable était soudain là, pas seulement dans la pièce et au-delà, mais aussi au plus profond, dans les replis les plus secrets de ce qui était le mental […] cette immensité ne laissait aucune trace, elle était là, claire, puissante, impénétrable et inaccessible, possédant l'intensité d'un feu qui ne laisse pas de cendres. Bonheur immense. »

Il écrivit les notes qui suivent alors qu'il était âgé de 85 ans, pour décrire le point culminant d'une méditation qui, depuis de nombreuses années, venait à lui dans la profondeur de la nuit : « Une nuit, dans un calme étrange […] il s'éveilla pour trouver quelque chose de totalement différent et de totalement nouveau. Le mouvement avait atteint la source de toute énergie. Cette source ne doit en aucune manière être assimilée ou même faire penser à Dieu ou au principe le plus élevé, le Brahman, qui sont des projections du mental humain issues de la peur et de l'aspiration, du désir persistant de totale sécurité. Cela n'est rien de tout cela. Le désir ne peut l'atteindre, les mots ne peuvent le cerner ni le fil de la pensée s'y dérouler. On est en droit de demander comment pouvez-vous être certain que c'est la source de toute énergie. On ne peut que répondre en toute humilité que c'est ainsi. »

Qui est Krishnamurti ?

Mary Lutyens connaissait Krishnamurti depuis l'âge de trois ans. Sa famille était profondément et intimement liée avec lui. Cependant, même elle ne put jamais totalement comprendre l'essence de sa force. A la fin de son livre : Krishnamurti : les années d'accomplissement, elle relate une recherche sur le « phénomène de K ». Comment un garçon aussi rêveur, parfois considéré comme attardé, a-t-il pu, par la suite, donner des enseignements aussi originaux et d'une telle finesse ? Existe-t-il un fond universel de connaissance qu'il aurait réussi à capter ? Etait-il le fruit d'un processus évolutif, développé au cours de nombreuses vies ? Ou bien était-il exact que Maitreya avait habité une partie ou la totalité de sa conscience au cours de ces nombreuses années ? K pensait qu'il ne pouvait sans doute apporter lui-même le moindre élément de réponse à ces questions, car « l'eau ne pourra jamais savoir ce qu'est l'eau », mais il encourageait les autres à chercher. « Si vous trouvez, disait-il, je confirmerai ». Il pensait que deux aspects, étaient essentiels : la vacuité de l'esprit qui était la sienne depuis l'enfance, et le sentiment de protection qu'il avait toujours connu.

Faisant allusion à lui-même, K disait : « Comment se fait-il que l'esprit vacant n'ait pas été rempli par la théosophie ? Pourquoi n'est-il pas devenu abominable avec toute l'adulation dont il a été l'objet ? Pourquoi n'est-il pas devenu cynique, amer ? Au cours de la vie (cette vacuité) a été préservée, protégée. Lorsque je prends l'avion, je sais que rien n'arrivera. C'est extraordinaire […] cette chose doit avoir dit : « La vacuité doit exister, sinon je (cela) ne peux fonctionner. »

« Ce serait simple de dire que le Seigneur Maitreya a préparé ce corps et l’a gardé vacant. Ce serait l’explication la plus simple, mais le plus simple est suspect. Une autre explication est que l’ego de K a peut-être été en contact avec le Seigneur Maitreya et le Bouddha et a dit : « Je me retire : Cela est plus important que mon moi indigne. » Mais je trouve également cette idée suspecte. Elle implique beaucoup de superstition. Cela ne paraît pas net, pas juste, en quelque sorte. Le Seigneur Maitreya aurait vu ce corps avec l’ego inférieur, souhaité se manifester à travers lui et l’aurait préservé de toute contamination. Quelle est la vérité ? Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Une autre particularité dans tout cela, c’est que K a toujours été attiré par le Bouddha. S’agit-il du Bouddha ou bien du Seigneur Maitreya ? »

Mary Lutyens le questionna sur ses enseignements. Etait-ce lui qui les donnait, ou le mystérieux pouvoir ? Il répondit : « Soyons clair. Si je m'asseyais délibérément pour mettre ces enseignements par écrit, je doute que j'en serais capable. Nous nous trouvons devant le phénomène de ce garçon qui n'a pas été formé, discipliné. Comment a-t-il obtenu tout cela ? C'est comme – quel est le terme biblique ? – une révélation. Cela survient chaque fois que je prends la parole […]. J'éprouve un sentiment de vacuité et alors il se passe quelque chose.

« Il y a dans tout cela un élément qui transcende les lois humaines, la pensée humaine, qui ne va pas de soi. Si vous demandez ce que c'est, vous n'aurez pas de réponse. On vous répondra : « Vous êtes trop petit »... Essayons-nous de toucher un mystère ? A partir du moment où vous le comprenez, ce n'est plus un mystère. Mais le sacré n'est pas un mystère. Nous sommes en train d'essayer d'élucider le mystère qui conduit à la source. »

Mary Lutyens était portée à croire que K avait vraiment été utilisé par quelque chose d'extérieur à partir de 1922, mais K lui-même a souvent dit que la pensée ne pourrait jamais expliquer ce qui est au-delà d'elle-même. Il est possible que la liberté et le mystère de K viennent de son incursion dans le royaume de l'au-delà, pas seulement en ce qui concerne la pensée, mais aussi le temps et l'espace. Il voyagea peut-être à travers cette « contrée sans chemin » de l'intuition, où règnent à la fois l'éternelle beauté et la communion avec toute forme d'existence. Lorsque cette contrée sera trouvée, peut-être sera-t-il alors possible d'en comprendre le mystère.

La mort

Krishnamurti est décédé en 1986, à l'âge de 90 ans, à Ojaï, le lieu où il avait eu sa première vision. Il était entouré de quelques amis seulement. Après sa mort, son corps fut enveloppé dans un linceul de soie ; il y avait à ses pieds un camélia blanc. Ses cendres furent dispersées dans les lieux qu'il avait aimés, de manière à ce que nul ne puisse ériger de temple pour adorer ses reliques.

Il s'était souvent demandé si sa vie avait été de quelque utilité dans le monde toujours souffrant qui l'entourait. Mais jusqu'à la fin, il ne cessa jamais d'enseigner, comme tous les autres – les Grands Etres qui veillent sur notre évolution – témoins silencieux poursuivant leur travail, tendant sans cesse les bras vers une humanité souvent trop aveugle pour le voir.

Il a déclaré que, durant les dernières années de sa vie, la « Présence » était avec lui à chaque instant. Le rideau qui en cachait la vue avait dû finir par devenir un mince voile. On pressent que sa mort n'a été qu'un petit pas de l'autre côté du voile, et son entrée dans la vie au-delà un départ presque imperceptible de la vie qu'il avait consacré au monde.


1. Krishnamurti préférait être appelé K. Il parlait de lui-même, oralement et dans ses écrits, à la troisième personne

Partage international remercie vivement la Fondation américaine Krishnamurti de l'autorisation qui lui a été accordée de citer les paroles de K. Mais cela ne doit en aucune manière, laisser supposer que la Fondation Krishnamurti ou Mary Lutyens soutiennent les idées philosophiques publiées dans la revue Partage international.


Les passages suivants ont été publiés dans les pages de Partage international :

Extraits des enseignements de Maitreya

• Lorsque l'on demanda à Krishnamurti de prendre position dans certains domaines, il refusa, disant qu'il n'était le guru de personne. C'était un véritable disciple de Maitreya. Les enseignements de Krishnamurti sont ceux de Maitreya. Helena Blavatsky et Alice Bailey ont eu des aperçus de l'enseignement, mais elles se laissèrent entraîner par le processus de l'enseignement. Selon le point de vue de Maitreya, tous les membres de la Société Théosophique ont échoué, excepté Krishnamurti, en ce sens qu'ils s'intéressèrent davantage au mécanisme des forces d'évolution et à la recherche de leurs origines, plutôt que de mettre en pratique les enseignements du Seigneur. Krishnamurti ne voulait pas que quiconque écrive sur lui. Ceux qui étaient intéressés n'avaient qu'à écouter l'enregistrement de ses conférences. (septembre 1988, page 19)

• Si vous « absorbez » la connaissance (acte de possession) plutôt que d'y faire face à l'aide de votre conscience, ce qui vous permettrait de comprendre que vous ne devez pas vous en « emparez », vous perdez votre liberté. Lorsque Krishnamurti prit conscience de cela, il refusa le rôle de guru : le Seigneur véritable est dans le cœur. Si vous voulez le connaître, essayez de comprendre la voix du silence. Dans le silence, on est libéré des prakritis, du conditionnement. Le silence est cet espace libre de tout conditionnement. Ce qui est important, c'est le Seigneur en vous-même. (novembre 1988, page 11)

Compilation tirée de la rubrique Questions-réponses, par B. Creme

J. Krishnamurti (Ame 2 ; Personnalité 2, sous-rayon 6 ; Corps mental 4, sous-rayon 4 ; Corps astral 6, sous-rayon 2 ; Corps physique 7, sous rayon 7) était à sa naissance un initié de 3ee degré et il reçu la 4ee initiation à l'âge de 49 ans (en 1944). A un certain moment, il a été préparé par adombrement1 ainsi que quelques autres personnes, de manière à pouvoir servir de véhicule à l'Instructeur mondial. Cet adombrement, que K appelle le « processus », lui causa de très grandes souffrances et de terribles angoisses. Son corps physique de double rayon 7, hypersensible, ni très malléable, ni très résistant, peut avoir été à l'origine de cette souffrance.

Lorsque le Seigneur Maitreya décida de se manifester directement au moyen d'un corps créé par lui-même (mayavirupa), K commença à enseigner. Je dirais que K prépare la voie pour le travail du Christ. Il n'est pas le seul, mais à sa manière particulière, il prépare psychologiquement les gens au passage de la première et de la deuxième initiation. Il doit s'incarner à nouveau à la fin du siècle.

Dans l'Etat de disciple dans le nouvel âge, tome 2, d'Alice Bailey, pp.171-172, le Maître D. K. déclare : « ... en adombrant des disciples partout dans le monde, Il (le Christ) pourra se dédoubler à maintes reprises […] L'une des premières expériences qu'Il fit pour préparer cette forme d'activité fut avec Krishnamurti. Elle ne réussit qu'en partie. Le pouvoir qu'Il utilisa fut déformé et mal employé par les personnes de type dévot2 dont la Société Théosophique est largement composée, et l'expérience fut arrêtée ; elle servit néanmoins un dessein fort utile. A la suite de la guerre (la Seconde Guerre mondiale), l'humanité a perdu certaines de ses illusions : la dévotion n'est plus considérée comme appropriée ou nécessaire à la vie spirituelle ou à son efficacité. La guerre fut gagnée, non par la dévotion ou l'attachement de millions d'hommes à un idéal vénéré, mais par le simple accomplissement du devoir, et par le désir de sauvegarder les droits de l'homme […]. Lorsque le Christ tentera de nouveau d'adombrer ses disciples, une réaction différente sera attendue […]. Aucun dévot n'est indépendant ; il est prisonnier d'une idée ou d'une personne. »


1. Pour de plus amples explications sur le processus d'adombrement, consulter Un traité sur le feu Cosmique, pp 747-760 d'Alice Bailey.
2. Au sujet du 6e rayon de dévotion , consulter Psychologie ésotérique, volume II, d'Alice Bailey, pp 371-375, 456-457, 596-606 et 713-714.




Home Helena Blavatsky sous un jour nouveau

par Connie Hargrave

Auteur d'un certain nombre d'ouvrages sur la réincarnation, Sylvia Cranston a publié récemment une excellente biographie de Mme Blavatsky, HPB : la vie et l'influence extraordinaires d'Helena Blavatsky, fondatrice du Mouvement théosophique moderne. Sylvia Cranston attribue à Mme Blavatsky le mérite d'avoir fait connaître à l'Occident la spiritualité et les religions orientales.

Helena Petrovna Blavatsky (1831-1891) a attiré l'attention et la controverse, car elle affirmait tenir ses informations de Mahatmas, c'est-à-dire de Maîtres. Elle étudia au Tibet, auprès du Mahatma Morya, qu'elle appelait « l'Hindou », ainsi qu'auprès du Mahatma Koot Hoomi, et par la suite, elle décrivit la transformation psycho-physiologique qu'a suscité en elle l'Hindou qui, même lorsqu'il n'était plus présent, continua à l'initier à sa vie, son savoir et son langage.

De plus, elle impressionna beaucoup par le pouvoir de son propre psychisme. Elle était capable de déclencher des phénomènes par la seule force de sa volonté, ce qui l'amena à se détourner du spiritisme qui prévalait dans les années 1870, en particulier aux Etats-Unis. A son tour, elle aussi fut durement critiquée, accusée de malhonnêteté, de plagiat, voir même de charlatanisme.

Dans son ouvrage extrêmement bien documenté, fruit de 14 années de recherches, Sylvia Cranston rétablit la vérité historique. Elle y reconstitue comme un puzzle la vie et l'œuvre d'HPB et montre l'influence qu'elle a exercée sur les poètes, les philosophes et les hommes de science durant plus d'un siècle. Certains documents ont été pour la première fois traduits du russe.

Quel type de personnage était-elle ? Une photographie montrant un regard pénétrant lui valut le surnom de « Sphinx », bien qu'elle eût plutôt un tempérament plaisant et enjoué. Elle eut durant sa jeunesse une vie sociale active, aimant les soirées et la danse, les conversations brillantes et les plaisanteries ; elle était taquine et chahuteuse. Elle naquit en Ukraine, en 1831, de Peter von Hahn, capitaine d'un bataillon d'artillerie à cheval, et de Helena Andreyevna, féministe et romancière de premier ordre. Sa famille déménagea souvent. Sous la houlette de sa grand-mère maternelle, la princesse Helena Pavlovna Dolgorukov, elle reçut, ainsi que sa sœur cadette Vera, dont les lettres retracent une grande partie de sa vie, l'éducation dévolue alors à la noblesse russe. A l'âge de 16 ans, elle s'intéressa aux ouvrages mystiques de la bibliothèque de son grand-père, et a 17 ans, elle épousa Nikifor Blavatsky, un haut fonctionnaire. Réalisant que son mariage imminent était une erreur, elle ne put pourtant s'y opposer, mais elle se déroba à ses « devoirs conjugaux » et prit la fuite dans le but de rejoindre sa famille. C'est alors qu'elle se lia d'amitié avec une femme russe et qu'elle commença ses pérégrinations autour du monde par l'Egypte, la Grèce et l'Europe orientale. Elle découvrit alors que le statut de femme mariée lui conférait une autonomie et une liberté que n'avaient pas les femmes célibataires de son rang, condamnées à vivre sous l'austère surveillance d'une gouvernante.

Aventures exaltantes et épisodes tragiques se succèdent à travers tout le livre. Elle sera blessée pendant la guerre de Crimée, tombera malade à plusieurs reprises, et même frôlera la mort.

Sylvia Cranston fait état de nombreux voyages que fit HPB entre 20 et 40 ans, notamment aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, au Ladakh, au Tibet, en Birmanie, à Java, ainsi qu'en Europe, où elle séjourna plus particulièrement en France et en Allemagne, avant de rentrer en Russie.

Rencontre avec les Maîtres

Lors de son vingtième anniversaire, Helena Blavatsky rencontra brièvement « M », son Maître spirituel, pour la première fois à Londres, l'indentifiant grâce à la connaissance qu'elle avait eu de lui en rêve. Sylvia Cranston met en avant les documents qui attestent de ses voyages ultérieurs en Inde, au Tibet et au Cachemire, où elle séjourna avec le Mahatma Koot Hoomi (KH) et rencontra son propre Maître, Morya, qui n'habitait pas là car il voyageait constamment. Aux dires d'HPB, ces deux instructeurs se manifestaient rarement dans le monde ouvertement mais pouvaient se matérialiser où bon leur semblait.

Dans une lettre, HPB décrit ainsi la demeure de KH : « C'est un grand bâtiment en bois, de style chinois, en forme de pagode, situé entre un lac et une belle montagne. » Elle y passa le plus clair de son temps à apprendre l'anglais ainsi que le senzar, une langue initiatique, le langage secret des adeptes à travers le monde. HPB parlait couramment le français, mais ne connaissait de l'anglais que des rudiments. Elle allait pourtant consacrer une bonne partie de sa vie à exprimer dans cette langue les subtilités de la philosophie ésotérique et de la métaphysique.

Sa connaissance du bouddhisme tibétain allait bien au-delà de ce qui était alors connu du public ou des érudits occidentaux, et incluait ses pratiques ésotériques. Ceci est confirmé par le Dr Suzuki qui a introduit le bouddhisme zen en Occident au XXe siècle et affirme que : « Madame Blavatsky a sans aucun doute été initiée au aspects les plus secrets de la tradition Mahayana. »

Entre 30 et 40 ans, après une crise physique et psychique, HPB parvînt a maîtriser complètement ses pouvoirs occultes. Durant sa jeunesse, des « phénomènes » s'étaient souvent produits autour d'elle, et sa famille dut s'habituer aux bruits et frappements bizarres, ainsi qu'aux mouvements inexplicables de meubles et autres objets passant à travers les murs, sans compter les lettres dont elle connaissait le contenu exact avant même de les avoir ouvertes. Elle pouvait, en toute conscience, lire les pensées des gens simplement en regardant sortir de leur tête une spirale de brouillard lumineux ou de substance radiante qui se déposait autour d'eux en des formes et images distinctes.

C'est dans les deux dernières décennies de sa vie, entre 40 et 60 ans, qu'HPB accomplit son œuvre publique : elle supervisa le développement de la Société théosophique aux Etats-Unis, en Inde et en Angleterre, publia deux périodiques : le Théosophe et Lucifer, et écrivit deux œuvres majeures : Isis dévoilée et la Doctrine secrète.

En 1873, elle se rendit à New York sur instruction de son Maître, séjourna pendant quatre ans aux Etats-Unis et obtint la citoyenneté américaine. C'est là qu'avec le colonel Henry Steel Olcott, William Q. Judje et quelques autres, elle fonda la Société théosophique, qui poursuivait les objectifs suivants :

1. Former le noyau d'une fraternité humaine universelle sans distinction de race, de croyance, de sexe ou de classe sociale ;

2. Etudier les religions, philosophies et sciences anciennes et modernes, et démontrer l'importance de telles études ;

3. Etudier les lois secrètes régissant la nature ainsi que les pouvoirs psychiques que l'homme possède à l'état latent.

Les phénomènes occultes

HPB arriva à New York à la grande époque du spiritisme. Au début, elle se fit le chantre de la cause spirite, témoigna publiquement de sa vision des « esprits » et fut pour un temps la star des médias. Elle déclara qu'en certaines circonstances, il peut se produire des « phénomènes absolument merveilleux qui sont le fruit d'une réalité supérieure où, de toute évidence, sont en œuvre une intelligence et un savoir qui émanent du soi supérieur de la personne sensitive ». Elle remit néanmoins en cause la plupart des pratiques médiumniques, et en particulier celle consistant à invoquer la présence de personnes décédées, affirmant que c'était en fait les pensées des participants qui attiraient vers le médium les restes du corps astral rejeté par l'âme. Elle soutint que les phénomènes spectaculaires, tels que les cloches qui sonnent, les transmissions de pensées, les frappements, lévitations et autres manifestations physiques, étaient possibles sans l'aide des esprits. « C'est à la portée de quiconque a la faculté d'agir dans son corps physique grâce aux organes de son corps astral ; cette faculté, je l'ai depuis l'âge de quatre ans. Bien avant de connaître l'existence des Maîtres, je pouvais déplacer les meubles et faire voler les objets avec mon bras astral invisible », déclarait-elle.

HPB avait le sentiment qu'il lui incombait « la tâche ingrate de convaincre les gens de l'existence d'autres plans de réalité », et faisait devant ceux qui venaient la voir la démonstration de ses propres pouvoirs sur les forces de la nature. Cependant, nombre de ses visiteurs n'étaient pas prêts à comprendre les sciences occultes et n'en percevaient que l'aspect spectaculaire, qui attirait l'attention mais était aussi source de malentendus. Elle considérait comme « son devoir le plus sacré de révéler ce qu'est le spiritualisme et ainsi, de préciser ce qu'il n'est pas ». Aussi, lorsqu'elle commença à publier des mises en garde contre les pratiques médiumniques, la presse spirite lança contre elle une campagne de diffamation qui se poursuivit pendant des années. En 1888, trois ans avant sa mort, HPB concluait dans son périodique Lucifer que les phénomènes et manifestations occultes avaient été mal présentés et mal compris quant à leur véritable nature et leur raison d'être. Il ne restait plus qu'à espérer que des gens éclairés, en particulier les scientifiques, témoins de phénomènes physiques ne pouvant s'expliquer que par l'action de forces psychiques, percevraient l'intérêt d'un champ de recherches et d'investigations radicalement nouveau. Au lieu de cela, ces phénomènes continuèrent d'être perçus comme relevant du miracle ou de la superstition plutôt que comme des « faits scientifiques » comme le voulait HPB.

Néanmoins, durant son séjour aux Etats-Unis, elle parvint à faire entrer dans la Société théosophique des personnalités de la stature de Thomas Edison, et en Inde, son action poussa des hommes tels que Gandhi et Jawaharlal Nehru à renouer avec les enseignements traditionnels. A une époque où les élites indiennes étudiaient dans les universités anglaises et méconnaissaient trop souvent la valeur de leurs traditions séculaires, au contact de HPB, ils se remirent à étudier des œuvres traditionnelles telles que la Bhagavad Gita.

Après le lancement de son premier périodique Le Théosophe, la pensée théosophique se répandit rapidement en Inde et la Société s'établit à Adyar, dans l'Etat de Madras, en 1882. En 1975, le gouvernement indien émit un timbre pour commémorer le centenaire de la fondation de la Société Théosophique, reconnaissant ainsi sa contribution à la renaissance culturelle et politique de l'Inde.

Son œuvre écrite

Durant les dix dernières années de sa vie, HPB mena une existence de plus en plus recluse, consacrée à écrire et à enseigner alors que sa santé se dégradait. Sa première œuvre, Isis dévoilée, publiée en deux volumes, en 1877, s'intéresse aux fondements de la philosophie orientale et fut un succès immédiat : mille exemplaires furent vendus en dix jours. Elle rédigea cet ouvrage aux Etats-Unis, alors qu'elle résidait chez le professeur Corson, de l'Université de Cornell. Ce dernier déclara : « Elle avait de vastes connaissances et sa méthode de travail était des plus originales. Elle écrivait au lit à partir de 9 h du matin, fumant d'innombrables cigarettes et citant de mémoire des paragraphes entiers de livres dont, je suis sûr, la plupart étaient introuvables aux Etats-Unis à cette époque. Elle traduisait avec facilité des textes de plusieurs langues et m'appelait parfois pour que je l'aide à rendre en anglais littéraire quelque expression idiomatique surannée. Car à l'époque, elle n'avait pas encore acquis l'aisance littéraire qui fera la qualité de la Doctrine secrète. » Selon d'autres témoignages, elle utilisait des livres chaque fois qu'elle le pouvait, mais s'il lui manquait des éléments, elle les recherchait « dans la lumière astrale, dans l'inspiration de ses Maîtres ou de la sagesse de son âme ».

Londres devint le point d'attache de la Société Théosophique en 1887 et HPB y assuma une tâche importante. En 1888, la Doctrine secrète : une synthèse de la science, de la religion et de la philosophie fut publiée en deux volumes. Le premier volume, « Cosmogénèse », décrit l'origine des mondes, comment ils renaissent et quelle a été l'évolution de notre système avant que la forme humaine ne s'y manifeste. Le second volume, « Anthropogénèse », décrit l'éveil de l'esprit produit par l'incarnation des âmes humaines venues des mondes antérieurs, l'évolution subséquente des premières races ainsi que leur développement projeté dans l'avenir.

HPB fonda ensuite l'Ecole ésotérique et publia la Clef de la Théosophie et la Voix du Silence. Elle mourut à Londres, en 1891, après s'être affaiblie au point de ne plus pouvoir marcher.

A sa mort, la Revue des Revues londonienne écrivit d'elle : « L'œuvre de Madame Blavatsky est de toute première importance. Elle a permis aux hommes et aux femmes cultivés et sceptiques de sa génération de croire... non seulement que le monde invisible qui nous entoure contient des êtres qui ont une compréhension des choses bien supérieure à la nôtre, mais aussi qu'il leur est possible d'entrer en communication avec ces êtres cachés et silencieux, et d'être initiés par eux aux secrets divins du Temps et de l'Eternité. »

Sylvia Cranston illustre l'influence qu'a exercée au siècle dernier la Doctrine secrète sur la science, la littérature et l'art. HPB fut la première à combattre vigoureusement les thèses darwiniennes qui s'imposaient alors, soulignant le fait qu'elles ignoraient le potentiel mental, créatif et visionnaire de la race humaine. Sylvia Cranston montre qu'HPB avait pressenti l'évolution scientifique du XXe siècle, l'importance qu'y tiendraient les substances radioactives et l'énergie atomique ainsi que le concept selon lequel matière et énergie sont interchangeables. Einstein avait, paraît-il, un exemplaire de la Doctrine secrète sur son bureau.

L'œuvre d'HPB a influencé de nombreux artistes, en particulier W.B. Yeats, James Joyce, D.H. Lawrence, T.S. Eliot, Thornton Wilder, L. Frank Baum, Wassily Kandinsky, Piet Mondrian, Paul Klee, Paul Gauguin, Gustav Mahler, Jean Sibelius et Alexandre Scriabine.

Bien que ses œuvres aient été interdites sous les régimes tsariste puis soviétique, sa vie et son œuvre connaissent actuellement un regain d'intérêt dans son pays, où elle commence à être reconnue.

L'ouvrage de Sylvia Cranston témoigne de la stature et de l'influence d'HPB, dont la vie tumultueuse a mis à mal les conventions sociales et intellectuelles de l'époque. Selon les propres paroles d'Helena Blavatsky, trouvées sur son bureau après sa mort : « Il y a un sentier, escarpé et périlleux, parsemé d'écueils mais bien réel ; et ce sentier conduit au cœur même de l'univers. Je peux vous indiquer comment trouver ceux qui vous montreront le passage secret qui conduit tout droit vers l'intérieur... Une indicible récompense attend ceux qui le franchissent avec succès : le pouvoir de bénir et de sauver l'humanité. Quant à ceux qui trébuchent, une nouvelle chance leur sera accordée dans une vie future. »


Cranston Sylvia L., HPB : The Extraordinary Life and Influence of Helena Blavatsky, Founder of the Modern Theosophical Movement. New York : J.P. Tarcher/Putnam 1993. 648 pages.




Home Un géologue établit un lien entre essais nucléaires et séismes

Sonntags Zeitung, Suisse

D'après Gary Whiteford, géologue canadien qui étudie depuis 15 ans les effets des explosions nucléaires souterraines et leur relation avec les secousses sismiques, les récents tremblements de terre au Mexique et en Amérique latine pourraient être liés aux essais nucléaires français dans le Pacifique.

G. Whiteford a calculé que, depuis le début des essais atomiques dans les années 1950, le nombre des séismes atteignant une magnitude comprise entre 6,0 et 7,9 sur l'échelle de Richter est passé d'une moyenne de 70 à 130 par an.

Sur cette base, G. Whiteford établit une relation entre le violent tremblement de terre du 28 juin 1992 à Los Angeles et les essais nucléaires souterrains qui avaient eu lieu cinq jours plus tôt dans le désert du Névada. Il affirme également que le plus grand séisme qu'a connu la Chine à ce jour a été provoqué par deux essais effectués à trois jours d'intervalle : le premier aux Etats-Unis et le second en Polynésie française.




Home La paix en Bosnie ?

L'accord signé à Paris a été difficile à atteindre et pourrait s'avérer encore plus difficile à faire respecter, mais il apporte une paix fragile dans une région qui endure une guerre cruelle depuis près de quatre ans, une guerre au cours de laquelle 250 000 personnes sont mortes et deux millions de civils ont dû abandonner leur lieu d'habitation.

Avec cet accord, la Bosnie-Herzégovine reste un seul pays, doté de frontières internationales reconnues. Mais dans les faits, elle a été divisée en deux, voire en plusieurs parties. La moitié du territoire reste sous le contrôle des Serbes de Bosnie et l'autre moitié deviendra une fédération de forces musulmanes et de milices croates. Une force de maintien de la paix de l'OTAN, de 60 000 hommes, tentera d'empêcher les factions guerrières de rallumer la guerre civile.

De nombreux problèmes potentiels ont été traités avec cet accord : tenue de nouvelles élections, rapatriement des populations déplacées, compensation pour les pertes matérielles, protection des droits de l'homme et reconstruction économique. La manière dont on réussira à traiter tous ces aspects pourra faire la différence entre la paix et une reprise de la guerre.





Point de vue

Home Les Nations unies : se réformer ou périr

par Alex de Waal IPS

La paralysie progressive affectant les Nations unies a placé ses loyaux partisans devant un douloureux dilemme. Les critiques de droite, tels ceux qui dominent de manière croissante le Congrès américain, attaquent sévèrement l'ONU pour son gaspillage, son incompétence et sa corruption, et obligent même les internationalistes les plus engagés à admettre qu'il y a du vrai dans leurs propos.

Même lorsque cet organisme mondial se voit accorder de vastes ressources et le feu vert de ses Etats membres les plus puissants, il garde néanmoins une inépuisable capacité à transformer certaines opportunités en catastrophe. Ainsi, le désastre en Somalie fut largement le fait de l'ONU lui-même.

De plus, quelques-uns de ces critiques de droite nourrissent aussi un objectif secret : démanteler pour de bon l'organisation, de manière à permettre un combat sans merci pour le pouvoir entre les Etats-nations, ce qui laisse entrevoir un scénario particulièrement terrifiant.

Il y a beaucoup à parier que le monde serait moins sécurisé si l'ONU disparaissait ; non parce que l'ONU est efficace dans son rôle de gendarme et de médiateur mondial, mais parce qu'il est, par sa seule présence, une indication tangible d'un engagement international envers les idéaux de paix et de sécurité mutuelle. Cette crainte pourrait sembler exagérée ; toutefois, tout laisse à penser que les dictateurs et les militaires au pouvoir à travers le monde considéreraient la fin de l'ONU comme marquant l'abandon des projets tendant à développer le respect des droits de l'homme. Cela constituerait une légalisation de la guerre et de la barbarie.

Des réformes inefficaces

Le Secrétariat des Nations unies rappelle l'existence de ces menaces dans le but de neutraliser pour un temps les critiques libérales ; cependant, un échec à promouvoir une réforme ferait de l'organisation une proie facile pour les sombres prédictions de la nouvelle droite. La question épineuse consiste à savoir comment transformer une institution empêtrée dans des droits acquis et alourdie par des procédures diplomatiques exceptionnellement lentes. Les changements sont longs à mettre en œuvre, et les décisions radicales sont immanquablement affaiblies, au point de devenir pratiquement inefficaces au moment où elles sont finalement appliquées, tel que le confirme des décennies d'expérience.

L'ONU se soumet pourtant à de continuelles réformes, mais ces dernières sont lentes et souvent inefficaces. Prenons l'exemple de l'instauration d'un programme d'aide en cas d'urgence. Il aura fallu cinq ans de négociations acharnées avant que la première organisation onusienne en ce sens, l'Undro (UN Disaster Relief Organisation), vit le jour en 1971. Mais les organismes bien en place au sein de l'ONU, comme par exemple l'Unicef, le Haut Commissariat aux réfugiés, et autres, refusèrent de se soumettre à la nouvelle autorité et défendirent jalousement leur aptitude à agir de manière indépendante. De leur côté, les Etats membres refusèrent de renoncer à leurs droits de contrôle sur l'approvisionnement en matériel de secours. En conséquence, l'Undro ne réussit jamais à remplir son rôle de préparation et de coordination en cas de catastrophe ; il rata le premier test : le Bangladesh, en 1971.

Vingt ans plus tard, et après huit réformes majeures du système de réaction onusien face aux catastrophes, les problèmes apparaissent toujours aussi insolubles. La réaction de l'ONU au Rwanda en 1994 ne fut guère meilleure que celles du Congo et du Biafra dans les années 1960. Certains problèmes semblent politiquement trop sensibles pour que l'ONU puisse jamais les résoudre. Pourtant, à travers le monde, plusieurs systèmes indépendants de ce genre ont été plus efficaces que celui de l'ONU.

L'exemple indien

Ainsi, l'Inde n'a plus connu de famine depuis l'indépendance en 1947, en dépit de sécheresses et de restrictions alimentaires encore plus importantes que celles qui ont miné l'Afrique, ces dix dernières années. Une partie du succès de l'Inde est due à son étendue territoriale et à sa capacité d'entreposer d'énormes réserves en céréales, mais une large part de ce succès doit être attribué au bon fonctionnement des institutions démocratiques. La presse indienne a la meilleure couverture médiatique du monde en matière de sécheresses et de risques de famines, et elle encourage régulièrement le gouvernement à adopter une action préventive. Aucun parlementaire indien ne peut se permettre de laisser mourir de faim les habitants de sa circonscription : il en payerait le prix à l'élection suivante. De plus, des commissions publiques s'assurent que les leçons soient apprises, et les performances des serviteurs de l'Etat sont évaluées à l'issue de chaque opération d'aide d'urgence.

La différence avec le système des Nations unies se situe moins au niveau du professionnalisme des individus qu'au niveau de leur responsabilité envers leurs concitoyens : le système indien d'aide en cas de catastrophe fonctionne bien parce qu'il est ouvert à l'analyse publique. A l'opposé, la culture bureaucratique onusienne est l'une des plus hermétiques au monde. L'ONU établit ses propres règles et n'a de comptes à rendre qu'à un petit groupe de diplomates surchargés de travail, dont la responsabilité se limite à maintenir les agences spécialisées à l'intérieur de règles qu'ils définissent eux-mêmes, et non de les rendre transparentes pour tous. C'est là que les intérêts de « Nous, le peuple », au nom de qui la charte des Nations unies fut établie, entrent en conflit avec les priorités des ambassadeurs et des politiciens. En l'absence d'obligation de rendre des comptes au public, le débat sur les Nations unies demeure prisonnier des programmes politiques.

Les Nations unies elles-mêmes devraient libérer l'accès à l'information et instaurer une commission d'enquête ouverte et permanente. Certains mandarins, logés dans de somptueux bureaux, pourraient perdre leur emploi, mais l'institution dans son ensemble, et les nobles buts qu'elle poursuit, seraient alors protégés, reconnus, et pourraient faire loi.





Signes des temps

Home Jésus à Téhéran, le jour de Noël

NRC Handelsblad, Pays-Bas

Dans son édition du 25 décembre 1995, le quotidien iranien Akhbar écrit : « Plusieurs témoignages provenant de diverses parties de la ville de la capitale iranienne font mention de l'information suivante : une image de Jésus a été vue sur des parois ou des fenêtres. Des personnes se sont rassemblées pour pouvoir le constater par elles-mêmes. »

L'agence de presse Reuters cite des extraits de journaux relatant l'apparition du visage de Jésus sur le mur d'un appartement dans la capitale iranienne. Le récit mentionne également la guérison spontanée d'une jeune paralytique issue d'une famille chrétienne. La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre dans la ville et des centaines d'Iraniens, chrétiens et musulmans, se sont massés devant l'appartement.

Une femme âgée, vêtue d'un tchador noir, a affirmé qu'un fait similaire s'était déjà produit et qu'un musulman souffrant d'un cancer avait été guéri dans les mêmes circonstances.

Le Maître de Benjamin Creme indique que le Maître Jésus est apparu et a guéri la jeune paralytique.


Home Lève-toi et marche

Service de Télévision évangélique, Pays-Bas

Jusqu'à il y a sept ans, Jean Neill, de Rugby, en Angleterre, était encore confinée dans une chaise roulante et accablée de douleurs atroces.

Sa souffrance commença avec une chute, qui lui rompit le dos. Elle passa presque quatre ans à l'hôpital et subit dix interventions chirurgicales infructueuses. Pour ajouter à son calvaire, elle perdit presque totalement la vue dans un accident de la circulation et elle eut trois accidents cardiaques.

Il y a sept ans, en attente d'une nouvelle opération chirurgicale, elle participa à un rassemblement religieux de jeunes, à Birmingham. Six semaines auparavant, elle avait eu deux rêves. Dans le premier, elle se voyait mourant sur une table d'opération. Dans le second, elle se trouvait dans une grande pièce où un homme de grande taille, à l'accent étranger, priait pour elle. Elle se vit également se lever de sa chaise roulante et s'enfuir.

Six semaines plus tard, lors du rassemblement de Birmingham, l'évangéliste s'approcha de Jean Neill juste avant la fin de la réunion. Selon ce que Jean apprit par la suite, le Saint-Esprit avait annoncé à cet évangéliste qu'elle serait le plus grand miracle de la soirée et qu'il pourrait la voir marcher.

Il pria pour que le pouvoir de guérison de Dieu s'écoulât à travers elle. Ses yeux s'ouvrirent et elle put voir de nouveau. Ses poumons se remplirent d'air. Sa hanche handicapée se rétablit. Sa douleur disparut en même temps que sa paralysie. Elle put se tenir debout et marcher. Transportée de joie, elle courut à travers la foule réunie dans la salle en embrassant les gens.

Ses médecins, muets de surprise, ne peuvent s'expliquer comment une personne, restée clouée durant 25 ans dans une chaise roulante, avait pu guérir soudainement.

Le Maître de Benjamin Creme indique que Jean Neill fut guérie par Maitreya.


Home Un ovni en Corée

Source : Earth Week, E-U.

Le personnel de l'armée de l'air Sud-coréenne a repéré, planant au-dessus d'un parc de Taegu, en Corée du Sud, un objet en forme de beignet. Selon l'agence de presse Yonhap, l'objet, duquel émanait une lueur d'un rouge lumineux, est passé silencieusement au-dessus du parc vallonné. Les chaînes de radio et télévision ont été inondées de témoignages à propos de cet objet volant non identifié. Une foule importante s'est formée pour observer l'engin traverser le ciel en cette soirée.

Le Maître de Benjamin Creme confirme l'authenticité de cet événement. L'ovni venait de Mars.


Home Rencontre avec des anges

Primer Impacto Television, E.-U.

La presse parle de plus en plus souvent des anges, et un documentaire télévisé, Entertaining Angels Unawares (Recevoir des anges sans le savoir), qui traite ce sujet avec sensibilité et réalisme, a été diffusé en Angleterre, le 19 décembre 1995, par ITV Carlton.

Depuis l'époque biblique, lorsque les anges ont annoncé la naissance de Jésus, des anges ont été aperçus dans le monde entier. Selon ce documentaire, il n'y a jamais eu autant de personnes à affirmer avoir rencontrer des anges qu'aujourd'hui, à la fin de notre XXe siècle. Il existe des bulletins d'information sur les anges, des séminaires sur les anges, et certaines librairies ont dû créer des rayons consacrés à la littérature sur les anges. La plupart des grandes religions reconnaissent l'existence des êtres angéliques et expliquent leur rôle de diverses manières – depuis les « êtres à plumes » ou les « êtres ailés » des Indiens d'Amérique, jusqu'aux chérubins et séraphins, anges et archanges de l'Eglise chrétienne. Un sondage réalisé aux Etats-Unis révèle que 69 % de la population croit aux anges, et que 32 % affirment en avoir vu. Cela signifie que 81 millions de personnes vivant aux Etats-Unis auraient rencontré un ange. La première référence faite aux anges remonte à plus de 10 000 ans.

Le contradicteur de service, invité à l'émission, un parapsychologue, a décrit les anges comme étant « une sorte d'hallucination », créée en fonction de sa culture et de ses croyances personnelles. Dans la mesure où les expériences personnelles ne peuvent être prouvées scientifiquement, certains « experts » pensent qu'il vaut mieux simplement les ignorer ; d'autres sont d'avis que ce qui compte le plus dans la vie d'une personne devrait au contraire être raconté et partagé.

Dix récentes rencontres avec des anges ont été reconstituées, certaines ayant entraîné des guérisons, d'autres ayant apporté une aide pratique ou un réconfort en période de détresse ou d'anxiété, d'autres encore ayant provoqué un changement de style de vie. Chaque cas était décrit par la ou les personnes auxquelles l'ange est apparu, et seul les plus sceptiques des spectateurs auront pu conserver des doutes sur la véracité de ces expériences.

Une Sud-américaine, Ann Cannady, a raconté une histoire impressionnante. Un « homme très noir » avait sonné à sa porte et avait été invité à entrer par son mari. Cet homme l'a appelée par son nom en affirmant que Dieu l'avait envoyé pour lui annoncé la guérison de son cancer. Il avait le regard bleu et profond, et des dents qui luisaient littéralement tandis qu'il parlait. Avant de repartir, il tendit vers elle la main droite, qui était lumineuse, et elle sentit un léger frémissement lui traverser le corps, comme s'il le purifiait. Aussitôt après, elle téléphona à son docteur pour lui annoncer qu'elle avait été guérie. Par la suite, les médecins confirmèrent la guérison.

Elisabeth Hortin, de Plymouth, en Angleterre, âgée de 85 ans, a également raconté une histoire extraordinaire : un jour, elle avait été faire des courses au supermarché, car son aide familiale n'avait pu s'en charger. Tandis qu'elle transférait ses achats depuis le caddy du magasin dans le sien, elle s'était rendu compte de la présence à ses côtés d'une « petite vieille dame » qui attendait, pensait-elle, que le caddy soit libre. La vieille dame dit alors que non, qu'elle était venue pour la raccompagner chez elle. Mme Hortin fut très heureuse d'accepter l'aide offerte et elle la laissa même surveiller ses achats pendant qu'elle allait chez le marchand de journaux, chose qu'elle n'aurait jamais faite en temps normal avec une personne inconnue, d'autant que son caddy contenait aussi des achats pour d'autres personnes âgées. Alors qu'elle revenait, elle entendit clairement ces mots dans sa tête : « Il enverra ses Anges pour prendre soin de vous », et pendant un instant, elle vit la vieille dame sous la forme d'un grand ange lumineux. Puis la vieille dame la guida gentiment jusqu'au parking, où un homme d'un certain âge à l'allure victorienne attendait de pouvoir charger les commissions dans une voiture, avant de les conduire tous trois jusqu'à la maison de Mme Hortin, sans même lui demander le chemin. Il transporta directement les commissions dans la cuisine et, lorsque Mme Hortin se retourna pour les remercier, ils avaient disparu : elle fut certaine que Dieu avait envoyé un ange pour l'aider au moment où elle en avait vraiment besoin.

Une autre aventure fascinante est arrivée à Ellie Baker qui était allée rendre visite à son mari, gravement malade, en Allemagne. On lui alloua les services d'une interprète, « une femme entièrement vêtue de cuir noir », les yeux très maquillés, qui resta assise avec elle pendant trois jours et trois nuits devant la chambre de son mari. Malgré les nombreuses prières et méditations d'Ellie, l'état de son mari ne s'améliorait pas. Pourtant, après une heure entière passée à prier à son chevet, en demandant de l'aide des anges, elle ouvrit les yeux et vit un ange doré, haut de trois mètres, debout au pied du lit. Son mari ouvrit alors les yeux et lui parla. Elle fut si bouleversée qu'elle sortit de la chambre en larmes. L'interprète se tenait assise, derrière une harpe dont elle jouait doucement. Dès ce moment, son mari guérit d'une façon que les médecins qualifièrent de « miraculeuse ».

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme noir qui avait sonné chez Mme Cannady était Maitreya ; l'interprète habillée de cuir noir qui jouait de la harpe était le Maître Jésus ; l'ange qui avait aidé Mme Hortin avec ses provisions était Maitreya, et le monsieur « victorien » qui la reconduisit chez elle était le Maître Jésus. En outre, le Maître de Benjamin Creme confirme que cet intérêt, nouveau et intense, pour les anges, à l'échelle mondiale, est à mettre en relation avec le retour de Maitreya dans la vie de tous les jours. B. Creme explique que, bien que les anges existent, ce sont les Maître qui se manifestent sous forme d'anges, dans des situations d'urgences, parce que les gens ignorent en général l'existence des Maîtres.


Home Une statue de la Vierge verse des larmes à Porto Rico

Primer Impacto Television, E.-U.

Un dimanche de juin 1994, les fidèles de l'église Santa Rosa de Lima, à Rincon, Porto Rico, virent des larmes couler sur une joue de la statue de la Vierge. Depuis lors, selon le témoignage du prêtre Edgardo Acosta, des larmes perlent régulièrement de l'œil gauche de la statue, coulant ensuite sur la joue et le cou. Cet événement a suscité l'attention de très nombreux croyants et E. Acosta s'est vu contraint de délimiter un périmètre interdit d'accès, afin d'écarter la foule de la statue. La fréquentation de l'église s'est considérablement accrue.

Ceux qui croient en ce miracle affirment que la Vierge apporte un message. Maria Hernandez, une fidèle, a déclaré : « Je pense que c'est un message de Dieu. » Une autre, Ada Perez, a ajouté : « Je pense que ces larmes nous indiquent que nous devrions changer notre vie. » Le père Acosta a expliqué : « Certains affirment que cet événement a transformé leur vie. D'autres déclarent avoir bénéficié d'une guérison physique ou psychologique, d'autres encore prétendent avoir changé leur façon de vivre. Mais parmi la population de Rincon, vous trouverez encore des sceptiques pour y voir là un signe des forces des ténèbres. Je pense que le ciel est en train de nous donner un message très clair : Changez votre vie. Retournez à Dieu. Partez à la découverte de vous-même. Retournez à la source de la paix et du bonheur, c'est-à-dire à Dieu. C'est la base et la source de l'amour. »

Le Maître de Benjamin Creme confirme la réalité de ce miracle, créé par le Maître qui fut la Vierge Marie.


Home Le miracle du mardi

Le premier mardi de chaque mois, de très nombreuses personnes se rendent à Sara Piqui, au Costa Rica, pour assister à l'apparition de la Vierge dans le ciel. Lors de ces apparitions miraculeuses, il arrive parfois que des paillettes se manifestent sur les bras des personnes présentes. Elles affirment que ce scintillement est très réel et qu'elles peuvent saisir les paillettes avec les doigts.

Le Maître de Benjamin Creme confirme que cette vision, ainsi que le scintillement, est l'œuvre du Maître qui fut la Vierge Marie.



Les priorités de Maitreya

Home Le fossé se creuse entre riches et pauvres

IPS

Selon la Banque mondiale, le fossé entre les riches et les pauvres se creuse. Près de 1,3 milliard de personnes vivent dans une « pauvreté absolue » et doivent se contenter de moins de cinq francs par jour pour vivre. Il y a cinq ans, ce nombre était de un milliard. La disparité entre les riches et les pauvres est également dramatiquement illustrée dans un nouveau rapport établi par l'Institut « Bread for the world » (du pain pour le monde), dont le siège se trouve aux Etats-Unis. Selon ce rapport, la fortune cumulée des 358 milliardaires cités dans Forbes Magazine, l'année dernière, est égale au revenu global des 45 % les moins riches de la population mondiale. Ce rapport poursuit : « En d'autres termes, la fortune de 358 personnes est identique au revenu annuel de 2 350 000 000 d'individus. » Selon le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, les inégalités au sein de la société s'accroissent. En Amérique du Sud, par exemple, les 20 % les plus pauvres de la population perçoivent moins de 4 % du revenu et possèdent une part encore inférieure de l'actif. Il met en garde en poursuivant que « la distribution des fruits de la croissance constitue l'un des défis majeurs à la stabilité du monde moderne », et en évoquant l'insurrection qui a eu lieu l'année dernière au Chiapas, au Mexique, qui pourrait bien être un signe avant-coureur de ce qui nous attend. « Nous devons en apprendre davantage sur le « pourquoi » et le « comment » de la répartition des revenus ». L'appauvrissement affecte les groupes de manière variable. Il y a plus de femmes que d'hommes qui vivent dans un état de dénuement total : le nombre des femmes de la campagne vivant dans la pauvreté a doublé au cours des 20 dernières années. Selon Peggy Antrobus, coordinatrice générale de Development Alternatives with Women in a New Era (DAWN) (Alternatives de développement pour les femmes dans une nouvelle ère) : « Alors que la pauvreté augmente sans cesse dans le monde, son lourd fardeau retombe d'une manière disproportionnée sur les femmes, particulièrement parmi les foyers monoparentaux, toujours plus nombreux, tenus par des femmes. »

Certains analystes en incombent en partie la responsabilité à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (le FMI), dont les comités directeurs sont dominés par les pays riches. Ils affirment que les politiques de la « magie des forces du marché », qui ont guidé l'approche de ces deux organismes, ont sapé le pouvoir de l'Etat, dont le rôle est de protéger des secteurs les plus vulnérables, et ont lâché les rênes au capitalisme mondial. Selon P. Antrobus, les programmes d'ajustements structurels de la Banque mondiale et du FMI ont particulièrement lésé les femmes dans les pays en voie de développement. Ils ont également contraint les gouvernements à faire des coupes sombres dans les budgets, souvent au détriment des plus vulnérables.

La Banque elle-même insiste sur le fait que les ajustements structurels ont été salutaires aux pauvres, mais une partie du personnel reconnaît que les preuves concrètes sont minces. L'équipe de la Banque mondiale note que la proportion des pauvres est en train de chuter dans la plupart des pays, et que la croissance démographique est en grande partie responsable de l'augmentation des chiffres absolus. Au cours des dernières années, la Banque mondiale et ses délégations régionales semblent avoir pris conscience de ce problème et investi davantage de fonds dans des « programmes sociaux sûrs », mais ces derniers doivent compenser les pertes des années 1980. Les critiques estiment que ces programmes sociaux ne seront pas en mesure d'empêcher que le fossé se creuse toujours plus entre les riches et les pauvres.

Un manque de volonté

Une autre preuve que les nations manquent de volonté pour éradiquer la pauvreté à été fournie lors de la conclusion d'une récente réunion de deux semaines de l'ONU, à l'échelle ministérielle, portant sur la situation de dégradation économique et sociale des pays les moins développés, les plus pauvres des pauvres du monde. Une volonté d'aider les 600 millions de personnes les plus pauvres du monde est difficilement perceptible, eu égard à l'augmentation du nombre des pays étiquetés comme étant les moins développés, qui sont passés de 41 à 48, au cours de la première moitié de la décennie.

Ricardo Ricupero, secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement a déclaré : « Alors que les pays les moins développés se sont grosso modo engagés dans un programme de profondes réformes économiques et sociales de large portée [...] leurs partenaires habituels dans le développement semblent visiblement avoir traîné les pieds pour contribuer au partenariat. » Les pays riches n'ont pas respectés leurs promesses d'augmenter leur aide, d'ouvrir les marchés ou d'alléger considérablement le poids des dettes. En fait, durant les dernières années, les pays les plus pauvres ont été perdants en termes de proportion d'aide que les donateurs se sont engagés à leur allouer, comme pourcentage de leur produit national brut, qui est passé de 0,09 % en 1990 à 0,07 % en 1993.

Les seuils d'aide en faveur de toutes les pays en voie de développement sont à présent au plus bas depuis plus de 20 ans, et cette diminution ne semble pas vouloir s'arrêter. Ce sont surtout les organismes d'aide multilatérale, comme le Département de prêt de la Banque mondiale, fournissant une assistance aux pays les plus déshérités du monde, qui sont les plus vulnérables. Entre temps, la dette des pays en voie de développement s'accroît également sans cesse. La dette extérieure des pays les plus pauvres est à présent estimée à 76 % de leur produit domestique brut combiné. La réduction de l'aide et l'accumulation des dettes ne font que rendre les pays en voie de développement plus dépendants des forces du marché, renforçant ainsi le pouvoir de celles-ci en termes d'investissement. Ces forces exercent à présent un contrôle « beaucoup plus draconien que n'importe quelle disposition antérieure, telle que l'étalon or du système de Bretton Woods, aucune nation ne disposant de la liberté de choix », a estimé récemment l'ex-directeur de la banque Citicorp, Walter Wriston.




Home Données sur l'Afrique sub-saharienne

World Resources Institute

• Les 48 pays composant l'Afrique sub-saharienne couvrent 23 % de la superficie des terres de la planète, néanmoins, moins de 25 % des terres labourables y sont cultivées. Sur les terres cultivées, moins de 3 % d'entre elles sont irriguées.

• Moins de 4 % du potentiel hydraulique de l'Afrique sub-saharienne est exploité. Ce potentiel est estimé à 300 gigawatts.

• Les réserves connues en gaz naturel représentent un potentiel électrique de 250 gigawatts, 20 fois plus que la production d'énergie d'origine hydraulique fabriquée à l'heure actuelle.

• 13 % de la population mondiale occupe l'Afrique sub-saharienne, et d'ici 2025, on s'attend à un doublement de cette population.




Home Faire face aux épidémies

BBC World Service, G.-B.

L'Organisation mondiale de la Santé a annoncé la création d'une équipe d'intervention d'urgence dont la mission est de faire face aux épidémies où qu'elles se déclarent. Son objectif est d'acheminer sur place des équipes d'experts munis de leur matériel spécialisé 24 heures après l'apparition du mal. Les récentes épidémies de la fièvre « Ebola » au Zaïre, de la fièvre jaune au Kenya et de la peste en Inde, sont une démonstration de la vitesse à laquelle les maladies peuvent maintenant se répandre en raison de la surpopulation dans les cités et des transports internationaux rapides. L'OMS est également sensible à la grande inquiétude suscitée par l'apparition de nombreuses maladies nouvelles – on en dénombre 29, identifiées au cours des deux dernières décennies – et à la réapparition de maladies telles que la tuberculose et la malaria, sous des formes résistantes aux médicaments.




Home Des cuisinières solaires qui changent la vie

« Dans notre région, le bois de chauffage est difficile à trouver et le gaz butane est cher, déclare Norma O., une mère de famille travaillant à Trinidad, ville située au nord du Honduras, je m’en sors mieux que les autres grâce à ma cuisinière solaire qui m’évite de dépenser un argent précieux en gaz, ou de perdre mon temps à aller chercher du bois. »

Dans plus de 50 pays, l’usage de cuisinières solaires permet d’économiser les autres combustibles, de réduire la pollution atmosphérique et de maîtriser ainsi une source d’énergie viable à long terme. Pour de nombreux pays en voie de développement, c’est une alternative de plus en plus attractive par rapport aux combustibles traditionnels, tels que le bois ou la bouse séchée.

D’après les prévisions de l’ONU, d’ici l’an 2000, une pénurie de carburant domestique affectera 2,4 milliards d’individus, soit le tiers de l’humanité. Les cuisinières qui permettent de préparer les repas de la moitié de l’humanité consomment un million de tonnes de bois par jour, soit l’équivalent de 100 km2   de forêt.

C’est en Afrique que la pénurie de combustibles est la plus spectaculaire : deux personnes sur trois ont des difficultés à cuire leur nourriture. Cette pénurie continue à s’étendre, multipliant dans son sillage les problèmes de malnutrition, de déforestation, d’érosion et d’appauvrissement des sols, ainsi que de la disparition de nombreuses espèces animales. En conséquence, la recherche de bois ou de combustibles de substitution est devenue une part importante de l’activité humaine en Afrique et ailleurs. Dans certaines régions, l’achat de bois de chauffage ampute près du tiers du budget familial.

D’après l’organisation Hope Enter­prises d’Addis Abeba, en Ethiopie, la forêt qui couvrait jadis 40 % du pays ne représente plus aujourd’hui que 4 % de sa superficie. Au Tchad, où le bois s’est également raréfié, un villageois raconte comment s’organise l’approvisionnement : « le premier jour, les femmes se rendent à pied à proximité d’un lieu boisé ; le deuxième jour, elles ramassent et rassemblent tout le bois de chauffage qu’elles peuvent trouver ; et le troisième jour, elles le chargent sur leur dos et le ramènent au village. » Pendant tout ce temps, elles ont leurs enfants avec elles. D’après l’Organisation de protection de l’en­vi­ron­nement de Tanzanie, dans certaines zones rurales, trois à cinq jours par semaines sont consacrés à l’approvisionnement en bois de chauffage, ce qui représente une grave perte pour l’agriculture et se traduit par une baisse des rendements.

L’énergie solaire est gratuite, abondante, inépuisable, et peut réduire la consommation des autres combustibles de 50 %. Dans un pays en voie de développement, une famille qui utilise l’énergie solaire pour cuisiner peut également préserver ses précieuses réserves de nourriture stockée en utilisant des traitement solaires courts afin de détruire les œufs des insectes, les moisissures, etc.

Les cuisinières solaires sont opérationnelles toute l’année sous les tropiques, et six à huit mois par an dans les régions ensoleillées tempérées à travers le monde.





Faits et prévisions

Home Guérisons miraculeuses du sida en Ouganda

Evangical Broadcasting Corp., Pays-Bas

« De nombreuses personnes seront guéries par la pratique de la prière. Ce processus a déjà commencé, et bien que des exemples individuels n'aient pas encore fait la une des journaux, les gens vont commencer à témoigner de leurs expériences en ce domaine. Des cas de guérison par la prière seront alors connus du public. » (Un collaborateur de Maitreya, Partage International, septembre 1988)

Selon Omega, une émission de la Radio évangélique, aux Pays-Bas, plus de 400 personnes, porteuses du virus HIV ou atteintes du sida, ont été guéries par la prière en Ouganda depuis janvier 1994. L'Ouganda est l'un des pays les plus durement touchés par le sida, avec un taux de contamination proche de 40 % de la population. Toute une génération sera décimée ; les grands-parents doivent jouer le rôle des parents auprès de leurs petits-enfants, leurs propres enfants ayant succombé au sida.

Dans une église de Kampala, des personnes souffrant de la maladie ont été guéries suite à des réunions de prière célébrées à leur intention. Les analyses réalisées à posteriori révélèrent que les sujets étaient devenus séronégatifs, c'est-à-dire débarrassés du virus.

Une jeune femme, aujourd'hui en bonne forme apparente, a expliqué qu'elle était atteinte du sida à un tel degré que l'organisation locale d'assistance aux malades avait refusé de lui octroyer une place, jugeant sa maladie « trop avancée ». La maladie était tellement avancée que des trous s'étaient formés dans le crâne de la jeune femme, dans lesquels elle pouvait introduire les doigts ; son abdomen et sa poitrine étaient comme détruits et, en fait, son état était tellement dégradé que son corps tout entier semblait se désintégrer. Sa peau était également endommagée, mais elle constata soudainement un début de régénération spontanée. A quatre reprises, sa peau mua littéralement et une chair nouvelle commença à recouvrir ses os presque apparents. Durant toute sa maladie, elle avait constamment prié et avait continué de croire en Dieu. Dans son entourage, des proches avaient prié pour elle et croyaient que Dieu la guérirait. Elle dut réapprendre à marcher, comme un bébé.

Une jeune fille nommée Anne-Catherine se mit à souffrir de maux de tête, d'estomac et d'une crise d'urticaire sévère. Une fois le diagnostic décelé, elle fut envoyée au centre de soin anti-sida local. Cependant, estimant que « Dieu n'était pas présent dans la clinique », elle préféra aller à l'église où elle se mit à prier intensément. Plusieurs tests vinrent confirmer sa séropositivité. Mais elle continua à croire et à prier. Ainsi ne fut-elle pas surprise d'apprendre, lors des septième et huitième tests, qu'elle était redevenue séronégative, totalement guérie du sida.

Elly Vooys, un médecin néerlandais du secteur privé, a fait le déplacement jusqu'à Kampala, avec une équipe de cameramen. Il affirme ne pouvoir fournir aucune explication médicale à une semblable guérison. Les documents officiels conservés à l'hôpital montrent que six tests ont clairement établi la séropositivité de la jeune fille atteinte du sida, mais que les deux derniers tests ont révélé des résultats négatifs. La patiente a été testée selon la méthode éprouvée dite « Elisa », dont la précision est proche de 99,9 %.

Des documents se rapportant au cas d'Anne-Catherine attestent de sa guérison totale de tous les symptômes du sida. Elle souffrait, par exemple, très fortement de tumeurs sur toute la surface de la peau ; depuis, tant les manifestations douloureuses que les tumeurs ont disparu. Seules demeurent quelques cicatrices superficielles.

L'église de Kampala est en possession de documents, émanant de l'hôpital, qui démontrent sans ambiguïté plus de 110 cas de guérison. Plus de 300 autres personnes ont également été guéries du sida ou sont redevenues séronégatives, mais aucun dossier documenté n'est toutefois disponible sur ces cas.

D'autres personnes ont également connu une guérison pour d'autres maladies. Selon Anne-Catherine, certaines personnes concernées sont croyantes, mais d'autres sont athées.

Selon Benjamin Creme, ces guérisons ne sont pas le fait des Maîtres, mais résultent des prières des personnes malades, qui ont ainsi évoqué le pouvoir curatif du Soi.


Home Noël à Bethléem

Voir à la fin de l'article

« Contre toute attente, l'armée israélienne se retirera de la rive occidentale du Jourdain et de la bande de Gaza. » (PI, juin 1989)

Quatre jours avant Noël, les soldats israéliens ont fait leurs adieux à Bethléem, accompagnés par le son des cloches et l'explosion de joie d'une foule en liesse, libérée, qui est descendue dans les rues pour chanter et danser. Dans cette ville, pour un tiers chrétienne et deux tiers musulmane, Noël 1995 a constitué un événement d'unification sans précédent. Les seuls fusils visibles furent ceux qui ont été brûlés au cours des réjouissances.

Au cours des années précédentes, le Noël à Bethléem était un événement quelque peu solennel, célébré dans une atmosphère assombrie par la présence des troupes israéliennes. En 1995, pour la première fois en 28 ans, la naissance de Jésus a été célébrée sans la présence de l'occupant militaire, dans la Crèche et dans l'église de la Nativité, où le message de « Paix sur la Terre » a pris une résonance particulière. Hors de la Crèche, des dizaines de milliers de personnes ont pris part à des festivités aux rituels tous différents, les Palestiniens ayant dansé et entonné des airs de musique joués sur scène par des groupes de renommée internationale. Palestiniens, chrétiens et musulmans confondus, ont célébré tant la naissance de Jésus que celle de l'autodétermination palestinienne entrée en vigueur quelques jours auparavant.

Naplouse est la plus grande ville de la Rive Gauche du Jourdain. Elle fut occupée pendant 28 ans par les Israéliens et fut le foyer permanent d'agitations anti israéliennes. En une heure et sans qu'aucun incident soit signalé, les soldats israéliens se sont éclipsés et ont remis la ville à une force composée d'officiers palestiniens. Ces officiers auront la tâche considérable de contrôler les groupes armés qui se sont formés au cours de l'insurrection. Mais, pour des dizaines de milliers de personnes qui ont afflué dans les rues, c'était un jour de jubilation. Un témoin s'est exclamé : « C'est une vraie victoire, parce qu'elle a été acquise sans effusion de sang, sans aucun problème. » Les Israéliens se sont également retirés de plusieurs autres villes et villages de la Rive Gauche, conformément à l'accord signé en septembre dernier. Malgré l'assassinat du premier ministre israélien Itzhak Rabin, le rythme des retraits s'est accéléré. Ils sont un préambule pour la tenue d'élections en Palestine qui auront lieu le 20 janvier, ainsi qu'il en a été décidé par Yasser Arafat.

Sur un autre front, après six mois d'interruption, les négociateurs syriens et israéliens se sont rencontrés près de Washington afin d'évoquer la question du Plateau du Golan. Selon un diplomate américain présent aux discussions, « les deux parties ont jugé les débats utiles et préparatoires à de futurs pourparlers ».


Sources : News at Ten ; ITV Carlton ; Newsday ; BBC World Service ; BBC Radio News, G.-B.




Home Irlande du Nord

« Une nouvelle ère va s'instaurer en Irlande du Nord où la population, désormais, pourra elle-même décider de son propre sort et prendre en charge sa destinée. » (PI, déc. 1989)

Après plusieurs mois de paralysie, l'effort de paix en Irlande du Nord a connu un nouveau temps fort avec l'accord conclu entre les gouvernements irlandais et britannique. Cet accord devrait amener l'ensemble des parties à poursuivre leurs objectifs par la voie politique. Les discussions préliminaires, ainsi que le maintien d'un agenda ouvert, ont préparé la voie à des négociations générales entre les gouvernements britannique et irlandais et les partis politiques représentant protestants et catholiques.

Toutefois, la principale entrave à des négociations directes demeure : les Britanniques exigent que l'IRA dépose les armes avant toute discussion. Cependant, un accord a permis la création d'une commission tripartite, internationale et indépendante, qui va produire des recommandations pour le désarmement des groupes paramilitaires. Même si ces recommandations n'auront pas de valeur contraignante, elles pourraient offrir un compromis, satisfaisant tant les Britanniques que l'IRA.





Citation

Home Extrait du message n° 92

par Maitreya

« La paix, le partage et la justice sont au centre de mon enseignement.
Partout où brille la lumière de ces Vérités, je dirige mon regard et,
par le canal de cette lumière, j’envoie mon amour. »





Courrier des lecteurs

Home Cette lumière est à jamais dans ton cœur 

Cher Monsieur,

Cela s'est passé il y a une dizaine d'années, alors que je vivais à Paris. Je traversais alors une mauvaise période, j'allais à la dérive, sans aucun but dans l'existence. Un jour, en sortant d'une station de métro, je remarquai un homme qui se déplaçait d'un côté à l'autre, presque en dansant, l'air extrêmement heureux. Il avait une trentaine d'année, les cheveux noirs, courts et soignés. Il portait un complet sombre avec une croix en argent sur le revers. Son visage était incroyablement joyeux et il souriait tout le temps.

Comme j'avançais dans sa direction, il m'arrêta et me dit : « Pourquoi parais-tu si triste ? » Son bonheur m'enthousiasma et je répondis à son sourire par ces mots : « Je ne sais pas. » Il me demanda si j'avais le temps de bavarder, et comme je répondis par l'affirmative, il ajouta : « Crois-tu à la Lumière de Jésus-Christ ? – Ma foi, je ne sais pas, répondis-je, parce que j'ai été élevée par des religieuses qui ne m'en ont pas donné un bon exemple. – Je ne te parle pas de ton expérience passée, mais de la lumière du Christ qui est une vraie réalité. Elle guérit et sauve. » Nous avons discuté de ce sujet pendant un moment et il m'encouragea à parler, écouta mon opinion et me fit part de son propre point de vue, profond et plein d'intérêt. Puis il me dit : « Veux-tu que je te fasse voir cette lumière ? » Je lui répondis par l'affirmative. Alors il me demanda de fermer les yeux et, posant la main sur mon épaule droite près du cou, il me dit : « Cher enfant, je te bénis maintenant de la lumière de Jésus-Christ. Puisses-tu toujours te souvenir que cette lumière est à jamais dans ton cœur et qu'avec elle tout est possible. » Tandis qu'il prononçait ces mots, je sentis une fantastique énergie de joie m'envahir le corps, et de sa main il émit une boule tournoyante d'énergie lumineuse blanche, que je perçus comme un petit soleil rayonnant qui se logea au centre de ma poitrine. Pendant qu'il parlait, ce petit soleil me réchauffait tout le corps en me donnant un peu le vertige. Cette bénédiction fut suivie de quelques instants de silence, après quoi j'ouvris les yeux et lui fis part de ce que j'avais ressenti. Il s'exclama : « Oh, vraiment ! Je suis très content ! »

Nous avons encore bavardé et il me dit qu'il était venu de province pour la journée (il avait effectivement un accent provincial) et qu'il passait sa vie à parler aux gens de la lumière de Jésus-Christ, et à répandre lumière et joie. Je lui demandai s'il était possible de vivre en ne faisant que cela. Il répondit : « Eh bien, c'est ce que je fais. »

Au bout de quelques minutes, il ajouta : « Alors, dès à présent, veux-tu toujours te souvenir de la lumière de Jésus et être positive dans tout ce que tu fais ? Tu vois, aujourd'hui, tu étais prête à me rencontrer et à faire cette expérience. Rien n'arrive au hasard. Tout vient lorsqu'on est prêt pour cela. Alors sois patiente et heureuse. » Puis il ajouta : « Est-ce que tu lis la Bible ? » Lui ayant répondu que non, il rétorqua : « J'en ai une avec moi, elle est particulière car c'est la mienne. Aimerais-tu l'avoir ? C'est la seule qui me reste. – Non, répliquai-je, si c'est la dernière, vous devez la garder.
– Non, je serais heureux de te la donner, si tu me promets de la lire tous les jours et de ne jamais t'en séparer. »
Je pris la Bible et nous nous sommes dit au revoir. Tout cela avait duré environ une quinzaine de minutes. En rentrant chez moi, je me sentais réellement grandie et joyeuse, c'était comme si j'avais des ailes. Je dois avouer que je n'ai pas suivi son conseil de lire la Bible tous les jours. Je l'ai fait au début, et maintenant j'éprouve de nouveau un grand plaisir à sa lecture quotidienne. Pourriez-vous me dire qui était cet homme ?

N. B., Londres, G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la personne rencontrée était le Maître Jésus et que la Bible qu'il lui a donnée était magnétisée par son énergie. La rencontre a duré 30 minutes.


Home Il avait totalement disparu

Cher Monsieur,

En 1970, alors que je visitais Rincon, à Porto Rico, il m'est arrivé une aventure et je me demande si c'est Maitreya qui m'a sauvé la vie.

Je venais d'arriver et séjournais dans un secteur éloigné de Rincon, lorsqu'un après-midi, alors que je m'étais égarée en voulant rentrer chez moi, je rencontrai des adolescents qui me dirent connaître le chemin et voulurent m'accompagner. A mi-chemin d'une côte escarpée, sur une route de campagne étroite et déserte, ils sortirent un revolver, m'entraînèrent dans les fourrés et s'apprêtèrent à me violer collectivement, le revolver placé sur ma tempe.

C'est alors qu'un homme apparemment sexagénaire, avec de longs cheveux blancs et une longue barbe blanche descendant jusqu'à la taille et vêtu d'un bleu de travail, apparut dans les buissons et d'une voix douce et cependant pénétrante s'écria : « Que se passe-t-il ici ? » Les cinq garçons s'enfuirent en criant. Je me relevai d'un bond pour remercier l'homme, mais il avait totalement disparu. Je l'ai cherché partout. Etait-ce Maitreya ?

K. McN., San Francisco, E.-U.

Le Maître de Benjamin Creme confirme que l'homme était en effet Maitreya.


Home Je suis rentré chez moi en souriant

Cher Monsieur,

Cela s'est passé un soir de mai dernier alors que je rentrais chez moi. Le matin, j'avais collé quelques affiches concernant une conférence sur la Réapparition de Maitreya et des Maîtres, qui devait avoir lieu dans la ville voisine de Huesca.

J'étais fatigué, surtout pour des raisons psychologiques dues au combat qu'il me fallait mener pour faire avancer mon travail et parce que j'avais à m'occuper, pendant un certain temps, de parents âgés ayant des problèmes mentaux. Près de chez moi, dans une rue assez animée, mon attention fut attirée par un jeune homme qui avançait dans ma direction. Il avait la peau sombre, portant des vêtements de sports, un short et un sac à dos. Sa peau avait un léger ton gris bleuâtre, il avait les cheveux bouclés, et il émanait de sa personne une telle sérénité et une telle assurance, bien qu'il ne soit pas grand, que tout cela, allié à la teinte de sa peau, le faisait paraître tout à fait hors du commun.

Lorsqu'il arriva à ma hauteur, nous nous regardâmes dans les yeux. Il souriait. Son sourire débordant d'amour m'atteignit au plus profond de moi-même. Ma réaction fut d'éclater de rire et de baisser la tête et les yeux. Quelque chose en moi ne pouvait pas continuer à le regarder.

Je fermai les yeux quelques instants, et ressentis une profonde intériorisation. Il y avait une aura magnétique évidente autour de cet inconnu qui, à ce moment-là s'éloignait de moi, mais que je pouvais sentir à distance. Etait-ce Maitreya ?

Un sentiment d'adoration me traversa l'esprit, sentiment que j'écartai aussitôt. Après tout, il est vrai que c'est un homme comme nous, et l'adoration que j'aurais pu lui prodiguer n'aurait été que le produit hérité de la foi catholique qu'on m'a inculquée.

Je rentrai chez moi en souriant, avec une grande joie intérieure. Je ne sais pas si j'ai raison ou si cela est le résultat de mon imagination. Etait-ce vraiment Maitreya ? En vérité, bien que je croie en sa réapparition, je reste confondu à l'idée que cela pouvait vraiment être lui.

R. T., Saragosse, Espagne

Le Maître de Benjamin Creme confirme que le « jeune homme » était Maitreya.


Home Vision en Slovénie

Cher Monsieur,

Le 17 septembre 1994, au cours d'une méditation de groupe de la première année de l'Université spirituelle que je fréquente à Novo Mestro, j'ai eu une vision : un homme est sorti d'un nuage jusqu'à la taille. Il avait les cheveux bruns, raides, peignés en arrière et qui lui descendaient jusqu'aux épaules, une moustache et une barbe de même couleur, un grand front, les yeux d'un noir intense, le nez droit, la bouche charnue, le teint brun foncé (comme les Indiens). Il portait des vêtements d'un blanc bleuté. Une pensée m'est venue : « Il doit s'agir du Christ. »

En raison de la teinte du vêtement, je me suis mis à passer en revue dans ma mémoire les lieux où j'avais pu déjà voir cela. Tout en songeant, j'avais envie de dire : « C'est Jésus-Christ. » Mais cela m'a « bloqué ». La vision s'est alors évanouie.

N. N., Novo Mestro, Slovénie

Le Maître de Benjamin Creme indique qu'il s'agissait d'une authentique vision donnée par Maitreya.


Home « Sans abri », sur un bout de carton et une chouette de grande taille

Cher Monsieur,

[1] Il y a environ un an, je rejoignais mon groupe de méditation de transmission lorsqu'un événement étrange se produisit. Je me trouvais dans le métro, à la station King Cross, marchant dans un des couloirs parmi un groupe de personnes se déplaçant rapidement, lorsque j'aperçus un homme aux cheveux grisonnant assis à même le sol, un bout de carton posé sur les genoux, sur lequel était écrit : « sans abri ». Je ralentis dans l'intention de lui donner quelque chose, mais je fus gênée par la foule. A ce moment, il leva la tête et me regarda. Ses yeux étaient étonnamment jeunes, noirs et bordés de cils fournis. Son regard semblait plonger dans le mien, un regard puissant, magnétique, intense et comme révélant une profonde connaissance. Emportée par la foule, j'arrivai au bas des escaliers. Je me sentais troublée et, voulant donner quelques pièces à cet homme, je revins sur mes pas. Le couloir était vide. L'homme avait disparu.

Une chouette de grande taille

[2] Au début du mois de mai de cette année, je me rendais en voiture à l'école où je travaille comme jardinière d'enfants, mon mari étant assis à côté de moi. A l'arrière, se trouvaient mon fils de quatre ans et un enfant de neuf ans que je conduis tous les matins à l'école. J'étais déprimée et je pensais démissionner de mon travail. Je tournais en direction d'une magnifique allée, bordée de marronniers en fleurs et très feuillus, lorsque soudain, venant de nulle part, je vis une chouette hulotte de grande taille. L'animal semblait voler droit sur nous, regardant mon mari, puis il tourna doucement pour traverser la route, volant assez bas. L'oiseau semblait irradier puissance et force, et le soleil brillait au travers de ses ailes déployées. Mon mari et l'enfant de neuf ans virent également l'oiseau, mais pas mon jeune fils.

Je retrouvai soudain mon enthousiasme envers mon travail et pensai que cette chouette n'était pas ordinaire.

J'aimerais vous demander : [1] Qui était dans le métro ? [2] La nature de cet oiseau ?

S. P., Trowbridge, G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme indique que l'homme dans le métro était Maitreya. La chouette hulotte était une manifestation de Maitreya.


Home Une sensation de joie extrême

Cher Monsieur,

J'ai eu l'occasion, récemment, de lire un dépliant au sujet de Maitreya. Naturellement je restai sceptique, mais je voulus avoir le plus d'informations possibles sur cette histoire de Maitreya. Je pris la décision de savoir la vérité. Je lus quelques numéros de Share International, et les témoignages venant du monde entier concernant ses apparitions et disparitions miraculeuses excitèrent ma curiosité, mais néanmoins je pensai qu'il pouvait s'agir de pures inventions de la part des auteurs des courriers en question, comme si je ne pourrais être convaincu avant de lire de tels articles dans la presse plus traditionnelle. Je passai du temps en réflexions pour tenter de trouver une réponse. Chaque fois que je pensais à Maitreya ou que je lisais Partage international, je ressentais comme une vibration dans tout le corps. J'étais intrigué, car je ressens généralement la même chose lorsque je médite ou que je donne des soins. Je parlai à mon amie de ces étranges sensations corporelles et elle me répondit que cela se produisait assez souvent. Elle me donna le livre Les Messages de Maitreya le Christ et me demanda de lire un des messages pour voir si je ressentais des énergies me parcourir. J'ouvris le livre au hasard et commençai à lire. Presque immédiatement, je ressentis une énergie très puissante m'envahir, puis une sensation très profonde de joie extrême. Je ne pensais pas qu'il était possible de se sentir si heureux. L'expérience dura quelques secondes, et je décidai que Maitreya existait et qu'il était à l'origine de cette expérience. Depuis lors, je dis souvent à ceux qui souhaitent en savoir plus : « Ceux qui cherchent des signes les trouveront », car j'avais décidé de savoir, au-delà de ce qui est humainement possible, si Maitreya était l'Avatar pour le nouvel âge.

P. Y., Plymouth, G.-B.




Home Une rubrique improductive ?

Cher Monsieur,

Je suis abonné à la revue Share International depuis le tout début et j'apprécie les conseils et les informations qu'elle prodigue. Je suis certain que c'est une force puissante pour le bien du monde et qu'elle aide tous les disciples de nombreuses façons.

En fait, une seule de ses rubriques me semble improductive : c'est le nombre croissant et continu de lettres émanant de personnes qui pensent avoir rencontré le Seigneur Maitreya. Que le Maître de Benjamin Creme confirme invariablement que Maitreya était présent, ou a prodigué son aide en la circonstance, provoque en moi une réaction désabusée.

Le fait que le contenu de Partage International soit à d'autres égards irréfutable, crédible et utile me persuade d'envisager la possibilité que Maitreya soit exceptionnellement actif et qu'il doit y avoir quelque raison à la répétition régulière de ce qui semble être, à première vue, des circonstances très banales sur le sentier du développement spirituel – ou même des actions très rarement positives d'un point de vue social.

La confiance que j'accorde à Partage International m'amène à conclure qu'il doit y avoir quelque part une signification plus profonde que je ne comprends pas. En la cherchant, je me suis demandé si le message caché est en relation avec le fait qu'une parcelle de Dieu est en chacun de nous. Nous savons que parfois nous paraissons positif, heureux et rayonnant à notre entourage, et à d'autres moments, même les meilleurs d'entre nous, sommes grincheux et présentons une attitude négative. Lorsque nous rencontrons quelqu'un qui respire la santé et exprime une chaleur personnelle positive, cela crée un lien avec la parcelle de Dieu qui est en nous et élève notre conscience. Nous-mêmes, nous produisons tout le temps cet effet sur les personnes qui gravitent autour de nous. Ou bien nous les stimulons, ou nous les déprimons !

Evidemment, un contact avec Maitreya devrait toujours élever les gens.

« Que ta lumière resplendisse tellement devant les hommes qu'ils puissent voir tes bonnes œuvres et glorifier ton père dans les cieux. »

B. I., Suffolk, G.-B.


Benjamin Creme répond :
Merci de votre appréciation positive de la revue. Je dois avouer que votre réaction aux courriers relatant des contacts avec Maitreya me laisse un peu perplexe et je me demande comment on peut les considérer comme « improductifs ».
La revue existe pour faire connaître la présence de Maitreya et ses projets, et alors qu'il demeure invisible pour la plupart, ces lettres relatant un contact avec lui étayent la foi de ceux qui travaillent pour sa cause. Ces contacts sont généralement accordés aux personnes des divers groupes avec lesquels je suis en relation.
Il n'y a, je suppose, aucun mystère, aucun message caché dans ces contacts. Ils sont le plus souvent accordés à des personnes abattues et déprimées, malheureuses ou épuisées, et ils démontrent l'intérêt, l'amour et la gratitude de Maitreya envers le travail qu'elles font pour lui. Il n'est pas facile de travailler à contre-courant du flot de scepticisme et de ridicule soulevé par les gens à propos de cette « histoire » et Maitreya apprécie hautement tout ce qui est fait pour le réduire.
Mon Maître ne confirme pas « invariablement » l'implication de Maitreya dans ces compte-rendus. Nous recevons quantité de lettres relatant des rencontres qui paraissent similaires et qui n'ont pourtant rien à voir ni avec Maitreya ni avec un Maître. En général, nous ne publions que celles qui sont confirmées par mon Maître.





Interviews

Home Guérir par la lumière

Interview de Docteur Jacob Liberman par Ezzard McNair

Le Dr Jacob Liberman est considéré par beaucoup comme un pionnier dans l'utilisation de la lumière et de la couleur à des fins thérapeutiques, particulièrement en matière de conscience et de développement personnel. Docteur en optométrie en 1973 et en science de la vision en 1986, Jacob Liberman fut également président du Collège d'optométrie syntonique. Pendant ses vingt années d'exercice, il a travaillé avec plus de 30 000 individus et a présenté ses travaux lors de plus de 2 000 conférences et séminaires dans le le monde entier. Son premier ouvrage, Light : Medecine of the Future (Bear & Co, 1991) (La Lumière : médecine de l'avenir) a connu un large succès. Un second ouvrage, Take Off Your Glasses and See — How To Heal Your Eyesight and Expand Your Insight (Crown Publishers) (Otez vos lunettes et voyez — ou comment guérir votre vue et accroître votre perspicacité), est sorti en 1995. Le Dr Liberman est président de Universal Light Technology Ltd (Technologie de la lumière universelle) à Aspen, au Colorado, organisme qui dirige des programmes de recherche ainsi que des séminaires d'enseignement.

Partage International : Comment la lumière peut-elle être considérée comme une médecine ?
Jacob Liberman : La lumière et la couleur ont probablement été le premier moyen de guérison de l'Histoire. La relation de toutes les grandes civilisations avec la lumière se trouve à la base de l'essentiel de leur culture. Ainsi le dieu égyptien Râ était le Soleil. La plupart des anciennes cultures considéraient le Soleil comme un dieu et lui reconnaissaient une certaine puissance en tant qu'énergie lumineuse.
Aujourd'hui, la science reconnaît l'existence des effets stimulants et régulateurs de la lumière sur le corps, par l'intermédiaire des yeux. Toutes les fonctions corporelles sont en réalité dépendantes de la lumière. Lorsque cette dernière atteint les yeux, elle touche sans exception toutes les cellules du corps.
Une masse impressionnante de littérature scientifique décrit le trajet de l'énergie lumineuse depuis les yeux, non pas à des fins de vue ou de vision, mais dans le but d'acheminer l'énergie lumineuse vers les cellules du corps. La lumière, qui pénètre par les yeux, va jusqu'à une partie du cerveau nommée l'hypothalamus, que les scientifiques appellent le « cerveau du cerveau » car il contrôle le système nerveux, le système endocrinien, le système immunitaire, la réponse au stress corporel, etc. Cette énergie lumineuse est également transportée jusqu'à la glande pinéale, appelée historiquement le troisième œil ou le siège de l'âme.
Tout comme la science appelle l'hypothalamus le cerveau du cerveau, elle nomme la glande pinéale le régulateur des régulateurs. Nous savons à présent que l'énergie lumineuse que reçoit la glande pinéale est en fait utilisée pour indiquer au corps comment orchestrer ses fonctions internes afin de s'harmoniser avec notre Mère nature.
La relation de l'environnement lumineux avec les yeux et nos centres régulateurs conditionne toutes nos relations,
it le Soleil. La plupart des anciennes cultures considéraient le Soleil comme un dieu et lui reconnaissaient une certaine puissance en tant qu'énergie lumineuse.
Aujourd'hui, la science reconnaît l'existence des effets stimulants et régulateurs de la lumière sur le corps, par l'intermédiaire des yeux. Toutes les fonctions corporelles sont en réalité dépendantes de la lumière. Lorsque cette dernière atteint les yeux, elle touche sans exception toutes les cellules du corps.
Une masse impressionnante de littérature scientifique décrit le trajet de l'énergie lumineuse depuis les yeux, non pas à des fins de vue ou de vision, mais dans le but d'acheminer l'énergie lumineuse vers les cellules du corps. La lumière, qui pénètre par les yeux, va jusqu'à une partie du cerveau nommée l'hypothalamus, que les scientifiques appellent le « cerveau du cerveau » car il contrôle le système nerveux, le système endocrinien, le système immunitaire, la réponse au stress corporel, etc. Cette énergie lumineuse est également transportée jusqu'à la glande pinéale, appelée historiquement le troisième œil ou le siège de l'âme.
Tout comme la science appelle l'hypothalamus le cerveau du cerveau, elle nomme la glande pinéale le régulateur des régulateurs. Nous savons à présent que l'énergie lumineuse que reçoit la glande pinéale est en fait utilisée pour indiquer au corps comment orchestrer ses fonctions internes afin de s'harmoniser avec notre Mère nature.
La relation de l'environnement lumineux avec les yeux et nos centres régulateurs conditionne toutes nos relations, créant un équilibre entre l'intérieur de notre être et l'extérieur.

« J'étais devenu le ciel »

PI. Quel fut votre cheminement depuis l'exercice de l'optométrie, jusqu'à l'usage de la lumière comme mode de guérison ?
JL. Je portais des lunettes depuis de nombreuses années. Sans elles, je voyais à peine le grand E du tableau d'examen de l'acuité visuelle. Lorsque j'ai commencé à exercer, je me suis tout de suite trouvé en présence du fait que presque tous ceux qui pénètrent dans le cabinet d'un spécialiste de la vision disent : « Je ne vois pas bien. » Presque tous ceux qui disent cela en ressortent porteurs d'une paire de lunettes qui, leur dit-on, remédiera à leur problème. Voici pourtant ce qui se passe : ils obtiennent les lunettes prescrites, s'en vont, et en l'espace de peu de temps s'aperçoivent qu'ils sont tombés en état de dépendance. Leur vision s'est détériorée de façon spectaculaire depuis le moment où ils sont entrés dans le cabinet du spécialiste. Au bout d'un an ou de 6 mois, ils sont prêts à y retourner pour réclamer une autre prescription plus énergique. C'est rarement le contraire qui se produit, pour ne pas dire jamais. Je n'ai jamais entendu un ophtalmologiste traditionnel déclarer : « Vous allez si bien que vous n'avez plus besoin de lunettes. »
L'hypothèse selon laquelle le système visuel ne peut pas se régénérer va à l'encontre de tout ce que nous savons du corps. Pour toute autre partie de ce dernier, vous n'accepteriez jamais de vous rendre chez un médecin et qu'il vous dise : « Vous devez porter un plâtre ou un appareil orthopédique pour le restant de vos jours. » Vous estimeriez cela un peu farfelu. Nous ne nous interrogeons même pas sur cette question dans le domaine de la vue.
A début des années 1970, j'ai commencé à faire des expériences sur ma vision et à me livrer à toute une série d'exercices. J'ai ôté mes lunettes. J'ai changé de régime. J'ai médité. Au cours du processus, j'ai eu une rémission spontanée. Ma vue s'est améliorée énormément grâce à une révélation obtenue en pleine méditation. Les yeux clos, j'ai eu l'impression que je m'observais dans la pièce où je méditais.
Le plus intéressant dans cet état, c'est que je ne pouvais pas dire de quel endroit je voyais. J'avais l'impression de voir de partout à la fois. Il m'est impossible de décrire cet état à présent, pas plus que je ne le pouvais alors. Je disais que j'avais l'impression d'être devenu le ciel.
Je me suis rendu immédiatement dans mon cabinet afin de m'examiner, estimant que si ma vue s'était vraiment améliorée, ma prescription devrait être moins énergique. J'ai vérifié ma vue sur de nombreux tableaux dont je ne m'étais jamais servi, pour constater qu'elle s'était améliorée au delà des 10/10e. Ensuite, j'ai pris place derrière l'instrument d'examen optique et ai passé tous les tests courants pour me retrouver finalement avec la même prescription que précédemment, ce qui m'a totalement stupéfié.
Ma vision était excellente, sans strabisme ni tension, et pourtant les tests indiquaient que mes yeux avaient besoin d'une prescription énergique. La seule conclusion à laquelle je suis parvenu est que nous ne voyons pas avec les yeux. Plus tard, j'ai appris qu'il y avait tout un domaine de l'optométrie, pratiqué depuis les années 1920, qui utilisait la vision des différentes couleurs de la lumière pour traiter les troubles visuels. Cette connaissance, alliée à toutes mes expériences médicales et personnelles, m'a incité à explorer l'ensemble de ce nouveau domaine.

Etre présent avec « ce qui est »

PI. Quelle est votre nouvelle approche ?
JL. Pendant des années, je me suis servi de la lumière et de la couleur comme méthode de soins, en diagnostiquant et en traitant le terrain. Mon évolution a fait que je suis actuellement très éloigné de ces pratiques. Dans le passé, la plupart de nos médecines abordaient la santé avec pour base un modèle fondé sur le symptôme. Les patients présentaient des symptômes. On traitait les symptômes. Les soins ont ensuite évolué pour passer à un modèle plus holistique, que l'on pourrait appelé un modèle d'équilibre. On équilibrait les systèmes régulateurs qui concernaient effectivement et directement les types de symptômes que les patients manifestaient. Ensuite, cette approche a commencé à se transformer. On est arrivé à l'époque où l'on parlait des maladies psychosomatiques, où la psyché affectait le corps et créait parfois des maladies. On ne parlait jamais de la santé psychosomatique. Lorsqu'on pensait que quelque chose était psychosomatique, en réalité on voulait dire que c'était dans l'imagination.
Par la suite, le domaine de la psychosomatique s'est lui-même transformé avec le temps en secteur de la psycho-neuro-immunologie. La psyché affectait le système nerveux, qui lui-même perturbait le système immunitaire. D'après la psycho-neuro-immunologie, les croyances, les pensées, etc., créent les substances chimiques qui dirigent les centres régulateurs du corps et les maintiennent dans un état d'équilibre ou de déséquilibre chronique. C'est l'étape de la symptomatologie individuelle.
La médecine de l'avenir ne s'occupera pas du diagnostic et du traitement sur un plan général (seulement en cas de maladie ou de traumatisme aigus). A l'avenir, le modèle de bonne santé se basera sur la mise en œuvre d'une relation plus complète avec la vie, en lui disant oui plutôt que non.

PI. Qu'entendez-vous par-là ?
JL. Je crois que l'expérience de la vie est littéralement une suite de miracles. Nous faisons partie de ce processus miraculeux. Dans chaque cas, nos expériences comportent la leçon parfaite dont nous avons besoin à l'instant même. Toutefois, parce que nous avons été amenés à croire que certaines parties de la vie sont bonnes et d'autres mauvaises, si nous n'aimons pas l'expérience que nous faisons, nous changeons alors vivement de sujet grâce à notre mental. En agissant ainsi, nous manquons l'occasion que cet instant nous apporte. C'est pourquoi toutes les anciennes cultures mentionnent l'importance de faire l'expérience du présent, de vivre l'instant présent.
Lorsque nous vivons l'instant présent, si une réparation quelconque s'avère nécessaire dans le corps, le système réparateur de ce dernier entre en jeu et le répare, parce qu'il est conscient de ce qui se passe. Mais, si nous faisons quoi que ce soit pour changer de sujet, nous maintenons notre système réparateur inactif.

PI. Comment l'usage de la lumière peut-il déclencher le processus de guérison, quand la personne vit l'instant présent ?
JL. Lorsqu'on m'a enseigné l'usage de la lumière et de la couleur, on me l'a enseigné comme on l'enseigne à tout le monde, c'est-à-dire d'une manière apparentée à celle des recettes de cuisine. Pour ce problème, sers-toi de cette couleur-ci. Pour cet autre problème, sers-toi de celle-là. Je me suis effectivement servi de ces recettes pendant des années. Et puis, je me suis dit : « Comment se peut-il qu'une seule couleur puisse avoir le même effet sur tout le monde ? » En fait, existe-t-il une chose quelconque qui puisse affecter tout le monde de la même façon ? Ce que je commençais à constater, c'est que la vie n'est pas fondée sur quoi que ce soit d'objectif. La physique quantique l'a assez bien prouvé. Toute l'expérience de la vie est subjective. Il n'y a pas de réalité objective. Nous expérimentons tous une réalité fondée sur notre propre constitution psychique.

PI. Fondée sur notre propre conditionnement ?
JL. Exactement. La façon dont nous répondons à la vie est très personnelle. Elle est fondée sur notre propre constitution, notre propre passé. D'après la science, l'expérience de notre vie est constituée d'énergie. L'énergie, dit-on, provient du Soleil, littéralement, sous la forme du spectre électromagnétique. La plus grande partie de ce dernier n'atteint jamais la surface terrestre. Ce qui l'atteint, c'est essentiellement la partie visible du spectre : quelques ultraviolets intermédiaires et proches, et quelques infrarouges à ondes courtes.
Lorsque quelqu'un regarde une couleur et déclare : « elle me plaît » ou « elle ne me plaît pas », il dépeint les expériences de sa propre vie, qui lui plaisent ou lui déplaisent. Parce que la couleur est vibration et que la vie est vibration, ou que les expériences sont vibration, quand quelqu'un regarde une couleur et dit qu'elle lui est désagréable, il veut dire que les expériences de sa propre vie qui sont constituées de la même composante énergétique créent en lui le même malaise.
Je lui fais remarquer les couleurs avec lesquelles il est mal à l'aise et ensuite je le laisse simplement assis avec elles, sans les ôter, sans faire faire quoi que ce soit pour changer de sujet. Je le laisse simplement rester présent avec elles. Et cela rappelle la vieille expression : « Tout passe ! » Et cela passe en effet. Il se produit des changements spectaculaires à tous les niveaux, même au niveau physique. Une tension se relâche dans le corps. Cela se produit à partir de la conscience et se répercute dans tout l'organisme, parce que le corps, le mental et l'esprit sont holographiques. Tout fonctionne simultanément dans tous les domaines. Il semble que le capitaine du navire soit la conscience. Si vous pouvez faire quelque chose qui permette l'expansion de la conscience, je pense que vous modifiez simultanément le mental, le corps et l'esprit en second lieu. C'est un processus éducatif et relationnel, plutôt que de diagnostic et de traitement.

PI. Krishnamurti parlait de regarder « ce qui est », d'en faire l'expérience, sans s'enfuir, sans juger ni évaluer. Ce dont vous parlez va-t-il dans le même sens ?
JL. Exactement. C'est tout à fait cela. Si je devais dire ce qu'est la vérité pour moi, ce serait cela.

PI. Quel nom donnez-vous à la manière dont vous procédez actuellement ?
JL. L'entraînement à la réceptivité à la couleur.

PI. Dans votre traitement, suivez-vous un processus particulier d'application des couleurs ?
JL. Oui, je commence au début du spectre, un rouge intense. J'allume la source lumineuse (l'entraîneur à la réceptivité à la couleur). Je fais regarder cela aux patients, tout en leur demandant ce qu'ils ressentent subjectivement et en surveillant leur physiologie corporelle. Suivant leur réponse à la couleur, je leur demande de rester tout simplement avec elle.
Il se peut que je change de couleur. Il m'arrive d'en projeter des éclairs à différentes vitesses, ce qui a aussi un effet différent. Lorsque le patient parvient à se trouver tout à fait à l'aise avec ce qui lui était désagréable, si en d'autres termes cela ne provoque plus de réaction en lui, il a atteint une expansion spectaculaire à tous les niveaux.

PI. Comment fonctionne l'entraîneur à la réceptivité à la couleur ?
JL. C'est un projecteur muni d'une lampe très ordinaire, mais amélioré par sa mise sur courant continu, afin d'éliminer une grande partie des ondulations énergétiques génératrices de pollution électromagnétique. C'est une source de lumière très subtile. Je fais asseoir le patient avec l'appareil et lui demande d'observer ce qu'il ressent. L'important est qu'il ressente l'instant présent. A un seul niveau, cela paraît très simple. Mais nous définissons la dépendance comme ce que nous faisons pour éviter de ressentir ce que nous ressentons, c'est ce que la plupart de nous faisons à longueur de journée. La cause principale de la maladie, du « mal-aise », est ce refus de vivre l'instant présent dans notre vie, qui est ce dont nous avons besoin à cet instant.

PI. Voyez-vous une quelconque corrélation entre l'usage accru de la lumière artificielle dans nos maisons et nos lieux de travail et la fréquence accrue de certaines maladies telles que le cancer et les problèmes nerveux et émotionnels ?
JL. Avant 1900, environ 90 % de la main-d'œuvre travaillait à l'extérieur. A l'heure actuelle, il est probable que 90 % des gens travaillent à l'intérieur et sont soumis à l'énergie électromagnétique.
Nos corps ont évolué sous la lumière naturelle du spectre complet, essentiellement sous sa partie visible, quelques ultraviolets et quelques infrarouges. Le lieu de travail est souvent inondé par toutes sortes d'énergies électromagnétiques que le corps est incapable d'assimiler. Nous sommes pollués à ce niveau.
Par ailleurs, l'Américain moyen passe moins de 3 % de sa vie à l'extérieur. Essayez d'imaginer de mettre une plante dans un placard pendant 97 % du temps. Elle dépérirait et mourrait. C'est ce qui nous arrive.

PI. Y a-t-il des personnes ou des organismes qui travaillent en utilisant la lumière dans le cadre de la médecine officielle et orthodoxe ?
JL. Bien sûr. Il y a des personnes qui travaillent sur le cancer en utilisant la lumière. La psychiatrie, dans son domaine, s'occupe de tout un éventail de secteurs, depuis le trouble affectif saisonnier, qui est une dépression saisonnière, jusqu'à la dépression générale et les troubles du sommeil.

PI. Quelle direction la recherche et le traitement par la lumière prennent-ils ?
JL. Certains, je pense, trouveront comment utiliser la lumière pour le traitement de nombreuses maladies. Ce sera une grande voie à suivre dans les cas aigus. Mais nous devons aussi apprendre à être en harmonie avec la vie. Cela va affecter tous les aspects de notre vie, y compris la santé. Le plus grand changement sera de réapprendre à « prendre la vie » d'une manière différente. J'avais coutume de dire que « la lumière est la médecine de l'avenir ». Maintenant j'ai le sentiment que « la vie est la médecine du futur ».


Renseignements : Dr Liberman, tél. 1-800-81-LIGHT à Aspen, Colorado, E.-U.
Partage international ne se prononce pas sur la validité de l'intégralité des données scientifiques exposées pour démontrer la théorie décrite dans cet article.




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Interview de Sir Sridath Ramphal par Monte Leach

Ancien Secrétaire général du Commonwealth, Sir Sridath Ramphal fut membre de plusieurs commissions internationales dont la Commission Brandt sur les thèmes Nord-Sud et la Commission Brundtland sur l’environnement et le développement. Il fut également co-président de la Commission sur l’organisation des affaires mondiales. Monte Leach l’a interviewé pour Partage International.

Partage International : En dépit des efforts de beaucoup de personnes de bonne volonté, un cinquième de la population mondiale vit dans une pauvreté absolue. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de progrès dans ce domaine ?
Sir Sridath Ramphal : C’est essentiellement parce que nous sommes toujours imprégnés de nationalisme. Chaque nation pense d’abord à elle. La démocratie est constituée de telle manière que les traditions populistes supplantent les traditions internationalistes. On n’obtient pas de voix en soutenant l’aide à l’étranger ou l’assistance technique outre-mer. Il existe un profond instinct humanitaire, mais les gens n’ont pas adopté une vision planétaire.
Nous pensons que tant que les gens n’auront pas pris conscience qu’il existe une communauté planétaire dont ils font partie, et que leur propre intérêt est lié à celui de cette communauté, nous ne viendrons pas à bout des obstacles que vous évoquez. Nous croyons que les valeurs, les principes et les convictions constituent la base essentielle dans l’établissement d’un avenir solide. Cela peut sembler chimérique, mais nous ne pensons pas que vous pourrez obtenir de remède spécifique sans avoir posé ces fondations.

PI. Vous vous référez à des dimensions morales, voire spirituelles.
SR. Oui, aux dimensions morales, spirituelles et éthiques. Et à la conception des choses, à leur compréhension. Nous comprenons que nous formons une nation, ou peut-être même un continent, mais nous n’avons toujours pas compris que nous formons un seul monde. Nous ne l’avons pas compris émotionnellement. Intellectuellement, oui. Intellectuellement, je dirai : « Oui, bien sûr, nous sommes interdépendants ». Mais pas émotionnellement.

PI. Par où commencer ?
SR. Par la direction générale à donner. Une direction éclairée issue du processus politique, du peuple, des médias, des mouvements pour la défense des droits de l’homme, des ONG. Voilà pourquoi j’ai fait un rapprochement avec Martin Luther King. Quelle a été l’origine du mouvement pour le respect des droits de l’homme ? Il a vu le jour parce que les gens l’ont réclamé.

PI. Pouvez-vous parler de la trame morale, éthique et spirituelle du rapport que vous avez publié il y a quelques temps ?
SR. Ce rapport y consacre ses deux premiers chapitres. Le premier chapitre décrit la réalité du changement, comment le monde a changé depuis 1945, comment il est devenu global et interdépendant. Le deuxième chapitre est consacré au système de valeurs, à la philosophie, à l’éthique que nous devons développer pour faire face à ce monde qui a changé. Oui, nous avons eu cette vision et ces principes mais ils s’appliquaient à 1945, ils s’appliquaient à un monde d’Etats-nations, non pas au peuple. La charte des Nations unies commence ainsi : « Nous, le peuple » ; mais le peuple n’a rien à voir avec cela. La charte ne s’occupe pas du peuple ; elle concerne les vainqueurs et les vaincus. A présent, nous devons développer des institutions et des systèmes qui tiennent davantage compte du peuple. La charte traitait de la paix et de la sécurité. Ce sont toujours les termes que nous utilisons, mais leur signification a changé. La sécurité ne consiste plus seulement à être préservé des agressions. Il s’agit d’une sécurité économique, d’une sécurité de l’individu contre la répression, il s’agit de la liberté. Nous devons accepter cela. Et seule une direction éclairée peut nous l’offrir.
 Si vous regardez autour de vous, dans le monde, où se trouve la direction inspirante ? Qui va imprégner la prochaine génération de ces principes ?
De tout temps, des personnages d’envergure ont émergé. Il y eut Roosevelt par exemple. Aujourd’hui, il y a Mandela, mais son attention est inévitablement centrée sur l’Afrique du Sud. Vaclav Havel, peut-être, mais c’est une voix étouffée. Qui y a-t-il d’autre ? Qui d’autre ?

PI. C’est vrai. Dans notre revue, nous évoquons la possibilité de l’émergence d’un instructeur spirituel, d’un instructeur au sens le plus large du terme, montrant la nécessité de recourir à des valeurs spirituelles, de partage et de justice. A toutes les époques de grande crise, des instructeurs sont apparus sur le devant de la scène pour nous indiquer le chemin. Dans Partage international, nous affirmons que cette possibilité peut à nouveau se présenter à nous, en raison de la gravité de la crise mondiale.
SR. Le monde est certainement prêt pour cela, et aspire à cela. Dans les livres exposant mes allocutions le leitmotiv est toujours le même : partage, unité, conception internationale de la communauté.
Vous pouvez parler indéfiniment de la réforme de l’ONU, de la modification du Conseil de sécurité, de l’amélioration de l’efficacité des organismes caritatifs, vous pouvez parler de toutes ces choses, et vous pouvez en accomplir certaines ; mais à moins de changer d’approche, de développer cette nouvelle éthique, vous n’accomplirez pas grand chose. C’est votre Messie. Espérons que cela arrive, qu’il ou elle émerge.

L’interdépendance

PI. Pouvez-vous énumérer certaines valeurs qui vous semblent importantes pour ce processus ?
SR. Le premier point à développer concerne la notion de voisinage, le fait que nous sommes une communauté. Ceci est absolument fondamental. Car si nous ne sommes pas une communauté, si nous ne sommes qu’un ensemble d’Etats-nations, chacun visant à promouvoir son intérêt personnel et ne s’occupant des autres peuples que par nécessité, alors les valeurs que nous développons s’adresseront à un genre de monde qui sera nationaliste, égoïste, nombriliste. Notre démocratie, à laquelle nous attachons tant de prix, fera appel aux intérêts nationaux, à l’intérêt personnel. C’est ce qui se produit en ce moment, car telle est notre vision. En 1945, cette attitude était pardonnable parce que nous n’étions pas aussi interconnectés que nous le sommes actuellement. Mais maintenant, ce n’est ni pardonnable, ni prudent. Nos économies sont interdépendantes, nos politiques sont interdépendantes. La révolution de l’information a fait de nous une communauté. Chaque soir, devant la télévision, nous nous trouvons dans les salons les uns des autres.

PI. Et l’environnement.
SR. L’environnement nous a contraint à accepter cela. Nous devons nous assurer maintenant que notre côté spirituel commence à s’harmoniser avec notre côté intellectuel.

PI. Il convient de refléter cette réalité dans le monde.
SR. C’est juste. Et cela va nous amener vers des valeurs plus fraternelles : assistance, partage, tolérance. Parce qu’il s’agit d’une communauté où beaucoup de fleurs vont s’épanouir. C’est pourquoi j’ai dit qu’il fallait s’orienter vers la diversité. Les gens qui parlent de gouvernement mondial n’aimeront pas cela. Mais nous ne voulons pas de gouvernement mondial, ce serait emprunter une mauvaise voie.

PI. Que dites-vous, par exemple, à des Américains qui ne voient pas l’interdépendance ? Beaucoup de gens, dans les pays industrialisés, disent : « Tout va bien, j’ai du travail, ma famille est en sécurité » ou encore : « Pourquoi ne pas dépenser les ressources dans notre propre pays ? »
SR. C’est plus dur dans les pays riches et puissants comme les Etats-Unis, où la population ne partage pas le point de vue des Européens. Les Européens comprennent plus facilement, plus rapidement qu’ils ont besoin du reste du monde. Les Américains ont l’impression de ne pas avoir besoin du reste du monde. Ils disent d’instinct : « Si le reste du monde a besoin de nous, il doit s’aligner sur nos conceptions. »
A dire vrai, les Etats-Unis ont désespérément besoin du reste du monde, et ont désespérément besoin que le reste du monde se trouve dans un état de stabilité et de relative prospérité. Les Américains parlent d’aide à l’étranger. Ils parlent rarement, en raison du silence des hommes politiques, de l’incidence des retours en provenance de l’aide à l’étranger sur leur propre marché de l’emploi. Ces retours prennent la forme d’achats de biens et de services et les Etats-Unis en profitent sous une forme très concrète. Ce dont les Etats-Unis ont absolument besoin, c’est d’un monde où les pays vivent en paix en étant relativement satisfaits de leur sort. Tout le monde n’aspire pas à l’opulence excessive des Américains. Mais le fait que de vastes parties du globe vivent dans une pauvreté absolue relativise la prospérité des Américains. De jeunes Américains sont morts en Somalie. Pourquoi ? Un Etat en faillite. Une faillite dont les raisons ne sont pas seulement politiques, mais aussi économiques. Les Etats-Unis ne peuvent pas y échapper.

La surconsommation

PI. Considérez-vous que la question de la surconsommation dans les pays industrialisés constitue un point essentiel dans l’orientation future de l’humanité ?
SR. Oui, bien sûr. Quand nous parlons de sécurité planétaire, nous ne parlons pas uniquement de la sécurité physique de la planète. Nous parlons du maintien des systèmes naturels fournis par la planète ; nous évoquons les capacités de la planète. C’est pourquoi nous parlons à la fois de la population et de la consommation. En termes de capacité de la planète, ce qui est différent de la capacité d’un pays particulier à subvenir à ses propres besoins, la consommation, plutôt que la population, est le principal danger.
Comme vous le savez très bien, le chiffre de la population mondiale va doubler d’ici le milieu du siècle prochain, et 95 % de cet accroissement concernera les pays pauvres qui ne peuvent se permettre un tel surplus de population. Mais il y a une grande disparité entre la consommation des habitants des pays riches et celle des habitants des pays pauvres, si bien que les 5 % d’accroissement démographique dans les pays industrialisés auront un impact prépondérant sur la planète. Nous nous berçons d’illusions si nous pensons que pour sauvegarder la planète et les générations futures, il suffira de ralentir la croissance démographique. Car si nous procédons de cette manière en maintenant le taux de consommation dans les pays riches à son niveau actuel, nous n’aboutirons à rien du tout.

La nécessité d’une vie plus simple

PI. Comment en viendrons-nous à reconnaître la nécessité d’une vie plus simple ?
SR. Ce problème n’est absolument pas abordé, même aux Etats-Unis où le vice-président a pour mission la mise en œuvre d’un développement durable. L’administration n’arrive même pas à mettre en place une taxe efficace sur l’essence. Et quand elle essaie, elle ne met pas en avant la question de l’environnement, mais celle du déficit budgétaire.
Les politiciens doivent changer de discours et s’adresser aux gens en ces termes : « Arrêtons, nous surestimons nos besoins, c’est trop, nous n’avons pas besoin de plus. Il est évident que les plus nantis devront aspirer à une meilleure répartition des ressources dans notre propre société ; nous devons mettre fin à la nécessité des soupes populaires ; mais sur un plan général, en tant que nation, nous devons réduire notre consommation ; qu’il s’agisse des ressources mondiales ou des nôtres. »
La guerre du Golfe n’avait rien à voir avec la protection du Koweït. L’enjeu était les ressources pétrolières. Pourquoi ? Parce que la consommation est devenue une obsession. Où cette obsession de la consommation va-t-elle nous conduire ? Que faire pour protéger les ressources mondiales, pour mieux les répartir ? Ce sont de réels problèmes de valeurs et d’éthique et il s’agit, pour notre avenir, de promouvoir une attitude plus morale et plus spirituelle.

PI. Mais encore, le changement à la surface du globe naîtra-t-il de dispositions prises par les dirigeants ? Ou se produira-t-il au niveau individuel, chacun faisant appel à sa propre conscience pour inciter les gouvernements au changement ?
SR. Je pense à la deuxième éventualité. A un moment donné de ma vie, j’ai cru sincèrement que le salut du monde devait provenir d’une direction éclairée. Plus tard dans ma vie, j’en suis venu à réaliser qu’il s’agissait-là d’un rêve pieux. En dehors de quelques rares individus qui surgissent de temps à autre, ce n’est pas ainsi que cela se passe. Cela se produira lorsque les gens l’exigeront de leurs dirigeants. Et ce qu’il y a de bien dans la démocratie, c’est justement qu’elle permet aux gens d’exiger un changement de la part de leurs dirigeants.

PI. Avez-vous l’espoir que cela puisse se réaliser rapidement à l’échelle planétaire ?
SR. Nous sommes engagés dans une course contre la montre. Et c’est pourquoi les efforts individuels, les efforts du peuple, de la société civile, des ONG, sont si foncièrement importants. Parce que ce sont ces efforts qui détermineront une action collective et efficace, notre passage à l’acte ou non.

PI. Dans combien de temps faudra-t-il passer à l’action, selon vous ?
SR. C’est très difficile à dire, mais le changement peut intervenir dans peu de temps. Divers facteurs entrent en jeu. La menace sur l’environnement est celle qui pèse le plus, suivie de l’incertitude concernant la capacité de la planète. Nous avons une confiance aveugle envers la technologie et croyons que le génie humain peut résoudre tous les problèmes de l’avenir. En fait, les savants nous disent : « Nous allons être confrontés à de graves problèmes ; ne comptez pas sur la science et la technologie pour les résoudre tous. »

PI. Nous ne semblons pas écouter avec beaucoup d’attention.
SR. Non, nous n’écoutons pas. J’ai pris connaissance des discours de tous les dirigeants intervenus au Sommet de la Terre ; très peu ont entendu ce message. Fidel Castro était l’un des rares à l’avoir entendu. Madame Brundtland (premier ministre de Norvège) l’a également entendu. Il n’y en a pas eu beaucoup d’autres.

PI. J’ai l’impression que nous avons besoin d’un événement dramatique pour nous pousser dans la bonne direction. Il est question d’un krach boursier à l’origine d’une crise économique de grande ampleur, qui pourrait ébranler le monde industrialisé et l’amener à un changement de priorités.
SR. Oui, et nous avons eu assez d’avertissements à ce sujet. Nous avons vraiment connu un krach boursier. Nous avons assisté à des paniques suite à la spéculation sur les monnaies ; très symboliques, parce qu’elles constituent des signaux d’alarme précoces et révélateurs de l’impuissance des pays. L’avenir de votre argent ne se trouve pas entre les mains du Trésor Public, mais entre les mains des spéculateurs. Nous avons eu tous les avertissements nécessaires.

PI. Faudra-t-il un krach économique ?...
SR. Non, car manifestement, ce serait catastrophique. Mais des temps durs sont nécessaires. Il ne semble pas que notre espèce humaine soit prête au changement autrement que sous l’effet de la peur ou de catastrophes. C’est terrible, si vous songez que ce qui nous différencie des autres espèces est supposé être notre intelligence.






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