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Accueil > Revue Partage > année 1993

Extraits de la revue
Partage international

Juillet 1993 - N° 59 / 60

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue


  • Signes des temps


  • Faits et prévisions


  • Brève


  • Citation


  • Courrier des lecteurs


  • Interviews




L'article du Maître

Home A la croisée des chemins

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
De jour en jour, les hommes prennent conscience que les structures existantes, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales, ne sont plus viables et doivent être remplacées. La question se pose alors : quelle direction prendre ? Comment modifier ou transformer au mieux le système actuel sans risquer de sombrer dans le chaos ? Plongés dans la confusion face à un avenir qu’ils redoutent, les hommes se tiennent à la croisée des chemins, attendant qu’on les guide.
 
Qu’ils soient assurés que les conseils dont ils ont besoin sont à leur portée. Depuis fort longtemps, les Guides sont toujours présents, prêts à partager les fruits de leur expérience et de leur sagesse dès qu’il est fait appel à eux. Aujourd’hui, ces Guides ont pris place au sein même de l’humanité, se préparant à montrer aux hommes la voie des temps à venir. Un nouvel enseignement attend les Fils des Hommes.
 
Les dangers
 
A n’en pas douter, les anciennes structures doivent disparaître. Elles ont depuis longtemps perdu leur utilité et entravent la progression de la race humaine. Qui plus est, l’obsolescence des institutions présente des dangers que les hommes ignorent à leurs risques et périls. Lorsqu’ils en prendront conscience, ils saisiront l’opportunité de reconstruire leur monde sur des bases plus saines et empreintes de compassion. Avec le temps, ils en viendront à comprendre que le monde des hommes est un, que les ressources offertes par la nature sont destinées à tous, et que le partage est le seul moyen d’assurer la justice et la paix. Ces vérités présentes à l’esprit, l’humanité concentrera ses efforts et ses ressources sur la création des nouvelles formes et structures qui permettront aux hommes de connaître dans leur vie un plus grand accomplissement. Ainsi en sera-t-il.
 
La collaboration
 
A cette fin, nous, Guides de la race humaine, ferons connaître notre présence, et fournirons de l’aide dans toute la mesure où la Loi le permet. Ainsi, notre expérience chèrement acquise sera-t-elle mise au service de l’humanité. Ainsi, une ère nouvelle d’étroite collaboration commencera entre les Instructeurs et le monde des hommes. Il s’ensuivra également une accélération de l’évolution humaine, et de plus en plus nombreux seront ceux qui entreront dans nos rangs.
 
Nos préparatifs sont achevés. Nos plans sont bien établis. Nous n’attendons que d’être reconnus et invités à entrer au grand jour dans la vie des hommes.
 
Des tâches
 
Grandes sont les tâches auxquelles la race humaine doit se préparer. Elles nécessiteront l’entière coopération de tous. Notre aide et nos conseils allégeront le fardeau des hommes, guidant leurs pas sur des voies sûres et éprouvées. Beaucoup attendent notre émergence dans l’espoir ; leurs espérances ne seront pas déçues. Le service et l’amour déterminent nos actions. En cela, les hommes seront nos émules ; ils révéleront l’amour qui sommeille en chaque cœur et, heureux de se mettre au service de tous, refléteront la divinité qui sous-tend toute chose. Ainsi en sera-t-il. Ainsi, les hommes prospéreront-ils et connaîtront-ils les voies de Dieu.
 

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.

 





Home Un député américain fait la grève de la faim

Décidé à entreprendre une action en vue d’attirer l’attention sur la détresse des affamés en tous lieux, un député de l’Ohio, Tony Hall, a fait la grève de la faim, en réaction contre la suppression de la commission d’enquête du Congrès américain sur la faim. D’après lui, la dissolution de cette commission sur la faim est révélatrice du degré de fatuité du Congrès. « Cette institution manque de conscience. Nous prenons les choses à l’envers. Tout ce qui nous intéresse, c’est notre propre réélection. » Tony Hall estime que la lutte contre la faim est une priorité. « Cette affaire mérite qu’on perde quelques kilos pour elle. » Il a mis fin à son jeûne, près de quatre semaines plus tard, après avoir perdu 12 kilos et obtenu les résultats suivants:

– Le ministre de l’agriculture, Mike Espy, a déclaré que son ministère allait tenir une conférence nationale contre la faim et une série de rencontres régionales sur ce problème. M. Espy, ancien député du Mississipi, avait fait partie de la commission de T. Hall et avait été lui-même un chaud partisan des programmes de lutte contre la faim.

– La Banque mondiale a déclaré que cette grève de la faim avait incité la Banque du développement à tenir une série de « sommets contre la faim » à l’échelle mondiale, en commençant par un symposium aux États-Unis, cet automne.

– Le jeûne de T. Hall a également inspiré de nombreux jeûnes d’une journée, sur des campus universitaires, à travers le pays.

– Une pétition a été adressée au Congrès par un groupe de jeunes.

– Des dizaines de stars de cinéma ont fait un jeûne d’un jour, pour attirer l’attention sur l’action du député.

– La commission parlementaire sur l’agriculture a organisé des consultations sur le problème de la faim et travaille à un projet de loi en vue de promouvoir des timbres alimentaires et d’autres programmes sur la nutrition.

T. Hall estime que sa grève de la faim a fait davantage pour susciter une prise de conscience sur la faim, qu’aucune autre de ses activités. Elle l’a aussi aidé à se mettre à la place des enfants maladifs et aux yeux caves qu’il a rencontrés dans le tiers monde. « Je sais qu’ils peuvent rester des jours entiers sans manger, mais je me demande comment ils font. Comment peuvent-ils marcher ? Dès que je faisais un tour dans la rue, j’étais essoufflé. » Il se demande également comment des enfants affamés peuvent fréquenter l’école. « Comment peut-on étudier avec le ventre vide ? »

De retour au Congrès, à la fin de son jeûne, la première démarche de T. Hall fut de solliciter la mise en place d’une équipe parlementaire ayant pour objectif d’étudier les besoins des personnes les plus défavorisées, sur des thèmes spécifiques tels que la faim, la nutrition, la pauvreté et le développement.




Home Séminaire 1992 : Conférence d'ouverture

La Conscience 1/2

par Benjamin Creme

Cet article est extrait de conférences données par Benjamin Creme en 1992, au cours de réunions de méditation de transmission aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Il est de plus en plus perceptible qu’à travers le monde, un profond changement s’opère aujourd’hui dans la conscience de l’humanité. Cette transformation se révèle de manières diverses, notamment à travers les recherches visant à explorer la nature de la conscience, à étudier la relation entre la conscience, le mental et le cerveau, et les effets éventuels de ces trois éléments, pris séparément ou globalement, sur la matière et le monde naturel.

L’ancienne conception mécaniste de la nature et des forces qui y sont à l’œuvre disparaît, et la conscience de l’unité sous-tendant toute manifestation émerge rapidement. L’idée que tout est énergie, que l’énergie et la matière peuvent être influencées par la pensée et qu’elles ne constituent que des stades différents d’une même réalité, est de plus en plus largement acceptée et modifie complètement le point de vue de l’homme sur la vie. Les yeux s’ouvrent rapidement, et de nouvelles méthodes et une nouvelle technologie viendront bientôt démontrer ces réalités. Tout cela est d’importance primordiale pour l’évolution future de la race humaine.

A l’orée du nouvel âge, on peut percevoir un nouvel élan pour l’exploration des mondes extérieurs et subjectifs, et des relations existant entre ces deux aspects de la création.

De nombreux scientifiques, dans le monde entier, ont orienté leurs recherches dans cette direction, poussés par le besoin de prouver leur croyance intuitive que tout est interconnecté. L’hypothèse de l’existence d’un soi supra personnel ou âme, gagne progressivement du terrain et conduit l’homme à une nouvelle conception de la réalité. En fin de compte, toutes ces investigations aboutiront à une constatation commune, établissant que la conscience est un attribut de l’âme, que le mental et le cerveau sont des conduits, les instruments de sa manifestation, et qu’il n’y a pas de coupure ni de séparation dans leur relation réciproque.

Jusqu’à présent, le système nerveux a été considéré comme un réseau servant à la transmission de signaux de nature électrique, émis par le cerveau. On considère que ce dernier, au centre de ce système complexe, orchestre le jeu des actions et des réflexes d’ordre mental, émotionnel et physique par lesquels nous manifestons notre existence.

Jusqu’à un certain point, ceci est vrai. Certes, l’ordinateur complexe que représente notre cerveau physique gère effectivement les informations et les stimuli de toutes sortes qui lui parviennent, à chaque instant, par l’intermédiaire du système nerveux sensitif. Cependant, grâce à une meilleure compréhension de l’origine et de la nature de la conscience, se dessinera une image plus juste du cerveau et de sa fonction. Il sera davantage perçu comme étant le point focal de l’infinie variété des impulsions venant de principes supérieurs.

Beaucoup pensent que le mental c’est l’homme. S’identifiant au mental, ils se croient des êtres mentaux, capables de pensée et d’action, complètement autonomes et séparés les uns des autres, et dont l’existence même découle essentiellement de cette faculté de penser et de jugement. Dans la réalité, cette conception ne représente que l’ombre de la véritable relation existant entre l’homme et sa structure mentale.

Le mental de l’homme est un instrument, un corps, plus ou moins sensible selon l’individu, grâce auquel celui-ci peut contacter les plans mentaux et les connaître. Le plan mental, ou sphère mentale, s’étend à l’infini et fait office de réservoir où chacun puise son activité mentale.

Lorsque les hommes s’apercevront de ce fait, ils comprendront que la télépathie résulte, tout naturellement, de cette interrelation, et une ère nouvelle de communication et de compréhension s’ouvrira.

Le système nerveux sera considéré comme étant lien entre l’âme et ses véhicules, le moyen par lequel l’âme en incarnation s’empare de son reflet et se manifeste à travers lui. C’est de cette manière que la conscience, la nature même de l’âme, se développe, déversant sa lumière sur tous les plans et éveillant l’homme à sa destinée de fils de Dieu.

C’est une banalité que d’affirmer qu’un grand changement se produit dans la conscience de l’humanité alors que nous entrons dans le nouvel âge. Dans un de ses messages, transmis par mon intermédiaire, Maitreya a déclaré : « Mon retour signifie changement. Une profonde transformation se produira dans le cœur et le mental des hommes. »

C’est là le signe même du nouvel âge. Il s’agit évidemment de l’élaboration d’une nouvelle civilisation, dotée de nouvelles structures politiques, économiques, religieuses et sociales; il s’agit de pouvoir vivre ensemble pour la première fois, en harmonie, en paix, à l’échelle planétaire; que la faim cesse de menacer des millions de personnes, dans un monde d’abondance, et que cesse la pauvreté. Jésus a dit : « Les pauvres sont toujours parmi nous. » Vous pourriez vous demander : « Mais alors, pourquoi est-il nécessaire de partager ? » Il existe des pauvres car nous n’avons jamais su partager. Si nous avions partagé, il n’y aurait plus de pauvres. Jésus connaissait parfaitement la mentalité des hommes de son époque. Aujourd’hui, 2 000 ans plus tard, rien n’a changé, la pauvreté est toujours présente.

L’évolution qui se développe aujourd’hui dans la conscience est encore plus profonde que ne le laissent supposer les changements dans le monde extérieur. Évidemment, ceux-ci sont nécessaires, mais ils ne sont qu’extérieurs. Cependant, ce qui est extérieur est toujours le reflet de ce qui est intérieur. Si nous sommes profondément angoissés, si nous ne sommes pas en harmonie avec nous-mêmes, notre environnement, nos amis ou notre famille, ce que nous exprimons, ce que nous manifestons à chaque instant, les situations que nous créons autour de nous, tout cela sera disharmonieux. Nous n’entretiendrons pas ce climat d’aisance, dépourvu d’agressivité qui, dans notre vie relationnelle, est le signe de l’équilibre. Plus nous sommes équilibrés, plus notre environnement le sera. C’est la base même de la nécessité de l’innocuité, dont la pratique nous évite de créer du karma négatif. C’est précisément le poids de notre karma individuel qui retarde l’expansion de notre conscience, au long du sentier de l’évolution. Tout ce qui permet d’alléger notre karma représente donc une aide pour la poursuite de notre voyage vers la perfection.

Bien sûr, l’expérimentation d’une modification de conscience n’est pas un fait nouveau. Cela se produit au début de chaque nouvel âge, lorsque de nouvelles énergies (celles du Verseau en l’occurrence) se font sentir dans la vie des hommes, affectant obligatoirement leur conscience. Le Maître D. K., à travers Alice Bailey, à énoncé une loi immuable : « La conscience, pour s’exprimer, dépend de son véhicule et tous deux, pour leur existence, dépendent de la vie et de l’énergie. » La conscience ne peut se révéler qu’à travers un véhicule. C’est pourquoi il est si difficile pour l’âme, source de la conscience, de s’exprimer dans le temps et l’espace, à travers la constitution physique, émotionnelle et mentale de la personnalité humaine. L’inertie de la matière qui constitue les corps de ces trois véhicules, inhibe l’expression de la conscience de l’âme sur ces plans. C’est pour cette raison que nous devons revenir en incarnation à d’innombrables reprises. Progressivement, nous édifions un véhicule de plus en plus réceptif qui, finalement, exprimera la perfection de l’âme, elle-même reflet de la monade, l’étincelle de Dieu, le divin.

Le processus de l’évolution, le voyage de retour, de l’expansion de la conscience, est une succession d’unifications, chacune supérieure à la précédente. Tout d’abord avec l’âme, puis avec la monade, le divin. La monade se reflète dans l’âme qui, à son tour, se réfléchit dans l’individu en incarnation. Le voyage de retour voit se dérouler le même processus, mais en sens inverse. L’unification ne peut se produire que lorsque l’âme a pu édifier, au cours d’une vie donnée, un véhicule suffisamment sensible et réceptif à ses impulsions et à son impression. C’est dans ce but qu’elle dirige ce véhicule, l’individu, vers une forme quelconque de méditation, à l’approche de la première initiation, la première des cinq grandes expansions de conscience qui feront de nous un Maître. En effet, la méditation est une méthode, plus ou moins scientifique selon sa forme, permettant d’entrer en contact avec l’âme. L’âme conduit son véhicule vers la méditation afin d’en faire un instrument réceptif qui réalisera ses buts sur Terre.

L’âme a pour dessein de se sacrifier au service de l’évolution. Et le rôle de l’évolution humaine est de spiritualiser la matière. C’est notre tâche. Nous l’accomplissons en spiritualisant successivement nos corps ou véhicules d’expression. Qu’ils soient ceux d’un homme ou d’une femme, nous développons nos véhicules et les affinons jusqu’à les rendre aptes à réaliser les desseins de l’âme. La capacité d’expression de l’âme est directement fonction de la qualité de son instrument. Le sentier de l’évolution consiste donc en une prise de conscience de plus en plus grande de la nature de l’âme, de ses besoins et de ce qu’elle cherche à exprimer à travers l’individu en incarnation.

Toutes les âmes sont individualisées. Chacune constitue une unité individuelle (ou ego), et possède un dessein qui lui est propre. Toutefois, ce dessein est lié à celui de la monade, et il dépend du dessein du groupe, du rayon, de l’évolution planétaire ou solaire, de la monade. Dans chaque incarnation donnée, l’élaboration d’un corps suffisamment sensible est indispensable à l’âme pour mener à bien son dessein immédiat.

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Nous sommes créés à l’image de Dieu, et chacun dispose, bien qu’encore en potentialité, de ce qui est nécessaire pour permettre une pleine expression de l’âme en incarnation. Il existe une série de centres, dans le cerveau et dans le corps, grâce auxquels l’âme peut prendre possession de son véhicule et s’exprimer à travers lui. Ces centres sont progressivement éveillés au cours de l’évolution et plus particulièrement au moment du processus initiatique, qui est un procédé artificiel permettant d’accélérer l’évolution. Il s’agit d’une mesure temporaire, applicable à ce cycle particulier. Chez le disciple, ces centres sont éveillés au fur et à mesure que celui-ci passe les différentes initiations, jusqu’à ce qu’il parvienne à une totale unification avec l’âme, et plus tard, avec la monade et la divinité. Il est alors un Maître.

Je dirais que la première chose à retenir, dans le changement qui se déroule aujourd’hui, est que la conscience y révèle sa propre intention. Des scientifiques, des philosophes, des penseurs de toutes sortes, des enseignants, des chercheurs s’attachent actuellement à découvrir, chacun dans son domaine, les moyens de comprendre la nature de la réalité. Celle-ci se modifie constamment sous leur microscope, par le pouvoir de leur pensée ou grâce à leurs expériences personnelles de méditation ou autres.

Il me semble que la physique quantique moderne a ouvert la porte à cette évolution et a contribué à ce que les scientifiques contemporains acceptent des idées — et ne les considèrent plus comme de simples spéculations — qui constituent en réalité des axiomes ésotériques millénaires. Les anciens Rishis, Maîtres de la Sagesse antique, avaient avancés l’existence de rapports, de correspondances et de connections diverses entre la divinité et ses manifestations dans l’humanité, dans la nature, dans les différentes hiérarchies et les différents règnes. La science moderne commence, seulement aujourd’hui à s’y intéresser et à en découvrir le bien fondé. C’est là que se situe l’origine de ce changement dans la conscience humaine. Celui-ci résulte, à la fois, de l’évolution de la conscience des éclaireurs de la race, et de leur recherches, écrits et enseignements qui, publiés et repris par les médias de toutes sortes, se déversent de par le monde en un flot continu d’informations saturant peu à peu la sphère mentale de la planète.

Nous vivons une époque où nous considérons comme naturels des événements qui apparaissaient autrefois comme magiques, mystérieux et mystiques. Les moyens modernes de communication, télévision, radio, télématique, etc., nous conduisent à admettre que tous les aspects de la vie sont interconnectés. Comme dit le Maître, la recherche sur la nature de la conscience « avance à grands pas ». On découvre qu’il existe un lien entre le monde, celui qui l’observe et l’expérience qu’il en a. Ce qui est extérieur et ce qui est intérieur, l’objet et le sujet sont intimement reliés. Vous ne pouvez regarder le monde qu’avec votre propre vision. La qualité de votre expérience dépend entièrement du degré d’éveil de votre conscience, qui dépend, à son tour, de la qualité des instruments supports de la conscience : vos véhicules physique, émotionnel et mental. La différence entre un Maître et un disciple en probation, par exemple, réside en ce que le Maître possède un équipement, un véhicule de conscience pleinement éveillé, qui lui permet d’avoir une vision consciente de la perspective de l’Être et de la Réalité que nous ne pouvons même pas imaginer. Le Maître se situe tellement au-delà de notre conscience quotidienne que nous ne pouvons même pas nous en faire une idée.

On me demande souvent : « Pourquoi le Plan prévoit-il que nous nous incarnions, puisqu’en tant qu’âme nous sommes parfaits, et qu’étant parfaite, l’âme n’a pas besoin d’être amenée à la perfection ? Pourquoi cette tâche fastidieuse qui, de la perfection, nous fait descendre dans l’imperfection du plan physique, pour revenir ensuite, à travers un long périple, vers la perfection ? Pourquoi se donner toute cette peine ? » Et voici la question à mille francs : « Pourquoi, à l’origine, Dieu a-t-il choisi de s’incarner ? Pourquoi cette descente dans la matière ? » Il s’agit là de questions qui, bien entendu, ne trouvent pas de réponse. Nous ne pouvons pas le savoir. Pour commencer, il nous faut admettre qu’en parlant de conscience, nous ne parlons que d’une infime partie des états possibles de conscience qui existent dans la création. Par création, je veux parler de la totalité du cosmos.

Si l’on se souvient que l’humanité ne possède une pleine conscience que sur le plan physique, qu’elle ne possède qu’une conscience imparfaite sur le plan astral, et que seuls, quelques rares humains ont un embryon de conscience sur le plan mental, on réalise qu’il n’est guère possible de parler de conscience qu’en termes tout à fait relatifs. Lorsque, par exemple, nous lisons les ouvrages d’Alice Bailey, traitant de la conscience, il nous faut garder à l’esprit que les propos de D. K. ne sont pas exacts. Il s’exprime selon sa propre conscience, qui est celle d’un Maître, et ce n’est que par un effort d’imagination et grâce à notre intuition, que nous pouvons vaguement les comprendre. Nous devons nous rendre compte que ces textes sont relatifs.

Lisez une page de D. K. Il se peut que vous n’y compreniez pas un seul mot, que vous les reconnaissiez en tant que tels, mais que vous n’en saisissiez pas le sens. Pouvez-vous imaginer ce que cela signifie pour un Maître, étant donné son niveau de conscience, de se mettre à la portée de notre compréhension limitée ? Sa conscience se situe à des niveaux de l’Être dont nous ne soupçonnons même pas l’existence. D. K. est un Maître qui a réalisé Dieu, et la nature de la Réalité telle qu’elle lui apparaît (à lui ainsi qu’à tous les autres Maîtres) doit être très différente de la nôtre. Donc, lorsque D. K. parle de conscience, ou de tout autre sujet traité dans les enseignements d’Alice Bailey, en s’efforçant de descendre à notre niveau, il ne peut que s’exprimer en termes relatifs. Considéré d’un point de vue supérieur, ce qui est relatif n’est pas vrai. C’est donc un mensonge... ! Je ne veux pas dire qu’il s’agit d’un mensonge délibéré visant à nous induire en erreur. Au contraire, D. K. essaie de nous transmettre un peu de lumière. Mais ce n’est qu’une tentative pour exprimer ce qui est véritablement inexprimable, vu le niveau de conscience peu élevé de l’homme, fut-il le plus avancé, manifestant l’aspiration la plus haute, et puisse-t-il avec un certain réalisme se qualifier de disciple. Notre état de conscience est tellement relatif qu’il nous est impossible de connaître la vérité. C’est un fait que nous devons accepter, ce qui est très difficile pour certaines personnes, car elles en ressentent un sentiment d’insécurité. Nous recherchons tous la sécurité. Nous désirons être certains que ce que nous savons est vrai, que cela restera vrai. Nous voulons qu’une vérité qui se révèle être vraie aujourd’hui, ne soit pas devenue complètement fausse ou différente l’année suivante.

Ceux qui sont à la recherche de vérités absolues, totales et immuables, ne les trouveront pas dans l’ésotérisme, dont la nature même est d’être fluide, mobile et toujours relative car, considéré d’un niveau supérieur à celui de l’humanité, elles ne sont pas exactes. Du point de vue plus élevé de l’homme intérieur ou âme, le plan physique n’est qu’une ombre, il n’a aucune réalité. Pour nous, il semble réel mais pour l’âme, il n’est que d’une vérité relative. De la même façon, le corps émotionnel, dont nous considérons l’influence comme si importante, et qui nous perturbe tant en nous infligeant de terribles peines de cœur, la maladie, la misère, la douleur et la souffrance, n’est pas réel, et n’a pas plus de réalité que nos rêves.

Le matin, au réveil, nous constatons que le cauchemar le plus affreux, qui nous a couvert de sueur et a fait battre notre cœur à tout rompre n’était, en réalité, qu’un rêve, un simple rêve  ! Si seulement nous pouvions considérer de la même façon tous les sentiments du plan astral, comme la colère, la peur, les émotions négatives. Si seulement nous pouvions nous persuader qu’ils « ne sont qu’un rêve » et nous éveiller à la réalité, celle du plan physique  ! Notre vie deviendrait tellement plus facile. Mais, pour quelqu’étrange raison, nous accordons une grande réalité à nos émotions alors même que nous admettons que nos rêves n’en ont aucune. Après tout, que sont nos rêves ? En fait, ils ne sont que nos émotions, des inventions engendrées par notre imagination astrale, lorsque nous sommes en état de sommeil léger. Durant le sommeil profond, nous ne rêvons pas car nous faisons une expérience totalement différente, celle de l’âme. Pendant le sommeil léger, il persiste une activité du plan astral et du plan mental inférieur, provoquant ces extraordinaires visions de personnes, de villes et tous ces mirages fantastiques que nous expérimentons dans nos rêves. Nos émotions n’ont pas plus de réalité que ces inventions de notre imagination astrale au cours du sommeil. Voilà une chose à laquelle il nous faut réfléchir et dont nous devrions nous rendre compte. Cela nous aidera à nous affranchir de notre identification au corps émotionnel.

En qualité d’étudiants de l’ésotérisme, nous devons garder à l’esprit que notre conception de l’évolution n’est pas vraiment darwinienne — comme celle de la plupart des gens, qui pensent à l’évolution de la forme et des espèces. Certes, il s’est bien produit une évolution de la forme, mais, simultanément, il y eut celle de la conscience, qui est bien plus importante encore.

Au niveau physique, le but de l’évolution fut d’élaborer un corps suffisamment réceptif pour permettre à l’âme de se manifester. Voilà la raison d’être de l’évolution et de la création des règnes de la nature. Le règne minéral, végétal, animal et finalement le règne humain, ont été créés pour qu’en fin de compte l’âme dispose d’un instrument qui soit le point de rencontre entre le divin et ce qui ne l’est pas encore. Ce point est la position particulière occupée par l’humanité, à mi-chemin, à la rencontre du point le plus élevé du niveau inférieur et du point le plus bas du niveau supérieur; là où le divin peut s’infuser dans l’animal et dans l’homme et y réaliser la naissance du Christ.

Le Christ est l’aspect conscience. Le Christ, Maitreya, incarne l’aspect conscience de la création. Il est l’âme incarnée de l’humanité. L’âme, en tant que telle, est l’aspect conscience, mais elle a besoin d’un instrument à travers lequel elle puisse s’exprimer sur les trois plans inférieurs. C’est pour cette raison qu’elle s’incarne. Telle est la réponse à la question à mille francs, pourquoi Dieu s’est-il incarné, à l’origine ? Parce que Dieu qui se réfléchit dans l’âme a besoin d’un instrument suffisamment parfait et réceptif pour permettre à la divinité de s’exprimer, et au dessein sous-tendant tout ce processus de se poursuive. Ce dessein n’étant entièrement connu que du Logos de notre système et de notre planète.

Traditionnellement, et notamment chez les chrétiens, l’âme était considérée comme une entité sainte et divine demeurant « dans les cieux ». Les penseurs chrétiens n’ont plus rien écrit sur l’incarnation après le VIe siècle. La doctrine de la réincarnation fut éliminée de la Bible, à l’instigation de l’empereur Justinien.

Les Églises abandonnèrent rapidement cette déplaisante notion d’incarnation et de réincarnation. Si nous nous réincarnons sans cesse, nous avons tout le temps d’évoluer, et cela réduit l’urgence d’être « bon » et de s’acquitter de ses redevances envers l’Église. Ceux qui, pour quelque raison, auraient choisi de ne pas être bons, d’être des hérétiques, ce que l’Église appelle « mauvais », se seraient vus offrir une autre chance. Cela ne faisait pas l’affaire du clergé. Les prêtres ont besoin de pouvoir et on n’obtient pas le pouvoir en disant : « Ne vous faites pas de soucis, vous avez le temps ! Ne vous tracassez pas ! Vous avez votre libre arbitre, continuez, mon enfant ! » Cela les auraient rendus certainement très populaires, mais popularité et pouvoir ne font pas souvent bon ménage. L’Église a oublié cette doctrine sur la réincarnation qui avait été enseignée, dès les premiers siècles, par les Pères de l’Église. Et de là s’est implantée l’idée, qui colore encore la pensée chrétienne moderne, que l’âme, si vraiment elle existe, se trouve dans les cieux, et que nous ne la voyons qu’au moment de la mort.

La plupart des scientifiques contemporains remettaient en cause le concept de l’âme. La scission entre la science et la religion a conduit à nier l’existence d’une notion aussi supraterrestre que l’âme ou le soi supra personnel. Mais, cela évolue. Un groupe de scientifiques, à travers le monde, se focalise sur cette question de l’existence du soi supra personnel et cette idée gagne très rapidement du terrain. Pourtant, jusqu’à présent, la notion qui prévalait était que, dans l’éventualité de l’existence de l’âme, on ne pouvait la connaître et l’atteindre qu’au moment de la mort et de la montée aux cieux.

Ce qui prévalait était la notion d’un homme nanti d’un mental, capable d’élaborer certaines idées et de les exprimer, de compter, etc.; d’un homme pourvu également d’un cerveau lequel fut progressivement considéré comme le point central de l’existence. Vous étiez le résultat de vos pensées. Le fait même de penser prouvait votre statut d’homme. Il y a là une certaine part de vérité. La différence entre l’humanité et le règne inférieur le plus proche, le règne animal, réside dans le fait que les hommes sont doués de la pensée, et si l’animal pense, pour ce que nous pouvons en savoir, il ne dispose que d’une forme de pensée très rudimentaire. En fait, il ne s’agit probablement pas de pensée du tout mais plutôt d’instinct, de connaissance instinctive et, dans le meilleur des cas, d’une réponse émotionnelle réflexe à un stimulus de type pavlovien.

Maintenant, nous commençons à comprendre que la conscience, le mental et le cerveau, bien que séparés, sont interconnectés. L’étude des phénomènes de psychokinèse, particulièrement dans l’ex-Union soviétique, a conduit à démontrer le pouvoir de la pensée sur la matière. Il a été démontré par des expériences contrôlées que, grâce à une puissante concentration mentale, certains individus ont le pouvoir de déplacer des objets d’une table à une autre.

Au cours des années 1940, j’étais abonné au magazine Mind and Matter, (l’Esprit et la Matière) publié par la fondation De la Warr, d’Oxford en Angleterre, qui est à l’origine de la « boîte noire » et des radioniques. Cette fondation a mené de nombreuses expériences sur le pouvoir du mental. L’une d’entre elles visait à étudier la télépathie de groupe et à photographier les formes-pensées créées par télépathie. Il y avait par exemple, un groupe à Londres et un autre à plusieurs centaines de kilomètres, à Manchester ou à Birmingham. A une heure convenue, le groupe de Manchester focalisait son attention sur une forme-pensée « envoyée » par le groupe de Londres, qui lui se concentrait sur un objet quelconque, un canif, un peigne, une croix, etc., différents objets simples, faciles à visualiser et à mémoriser en symboles. Les formes-pensées émises étaient photographiées sur des films à infrarouge et on pouvait constater, après les avoir tirés, qu’elles étaient passées instantanément par la pensée, dans la sphère mentale, de Londres à Manchester. De cette façon, il est possible de prouver la transmission de la pensée, et nous commençons à prendre conscience du pouvoir de notre pensée sur la matière.

Selon un axiome occulte fondamental : tout est énergie; rien d’autre n’existe dans la totalité de l’univers manifesté, que de l’énergie vibrant selon une certaine fréquence, une certaine longueur d’ondes; et ces fréquences particulières, ainsi que leurs interconnections, sont à l’origine des formes que nous appelons la matière. Cette idée est si bien acceptée de nos jours que les scientifiques construisent des maquettes d’atomes. Toutes les écoles, au moins dans les pays développés, possèdent probablement des modèles de l’assemblage de ces systèmes énergétiques. Ce sont généralement des boules disposées sur des tiges qui s’enchevêtrent, créant des structures très complexes, souvent très belles, représentant l’extrémité d’une fibre nerveuse ou un globule sanguin. Il est possible ainsi de représenter la structure de la particule subatomique la plus ténue, ainsi que les formes les plus complexes. Nous pouvons maintenant mettre en évidence l’énergie œuvrant au sein de la matière.

Peu à peu, nous commençons à comprendre la relation entre l’énergie et la matière. Cela découle en grande partie de la théorie d’Einstein sur la relativité, montrant que la matière est de l’énergie, et inversement. Cette notion est incroyablement importante pour l’humanité. C’est pourquoi il s’agit d’un axiome ésotérique fondamental. C’est L’AXIOME de base : tout est énergie.

Il est écrit dans la Bible dit : « Dieu est un feu dévorant ». Cela ne se réfère pas à un vieil homme se trouvant quelque part dans les cieux, mais signifie que l’ensemble de l’univers est feu. Et qu’est-ce que le feu sinon de l’énergie ? Dans cet Être cosmique complexe, tout est énergie en vibration. La variété des formes que revêtent les différents règnes de la nature est infinie et extraordinaire : si l’on prend comme exemple le monde des insectes, il est absolument impossible d’en connaître toutes les variétés. Il est évident que par rapport à la grande variété du monde des insectes, ou du règne animal, nous, les humains, semblons appartenir au règne le moins diversifié. Considérons les différents règnes : minéral, végétal, animal; quelles fantastiques variétés ! Au fur et à mesure que nous remontons dans la chaîne de l’évolution, nous assistons à une diminution de la diversité, à une tendance à l’union et à la synthèse d’un certain nombre de formes et de tendances. La conscience est présente dans les atomes de toutes les formes de tous les règnes, parce que l’âme, source de la conscience, s’y incarne. L’âme s’incarne dans toutes les formes, mais l’importance du règne humain vient de ce que cette conscience y devient consciente d’elle-même.

Dans le règne humain, l’évolution de la forme a atteint son apogée quoique quelques perfectionnements doivent encore s’y produire, par exemple le développement de la vision éthérique et l’éveil de certains chakras (centres de force) dans le cerveau, à travers lesquels l’âme fait fortement sentir sa présence. L’éveil de ces centres, qui sont restés jusqu’à présent assoupis, suscite une réponse de la part du véhicule, l’individu en incarnation. Nous sommes des êtres très imparfaits, donc des instruments très rudimentaires, à travers lesquels l’âme, l’aspect conscience, a la possibilité de se révéler. Le processus de l’évolution est le développement même de cette conscience.

Les êtres humains étant les Fils du Mental, leur évolution passe par le développement du mental. Cela signifie que l’âme ne peut véritablement se manifester qu’à travers un corps mental contrôlé. Puisque nous n’avons une conscience parfaite que sur le plan physique, il est évident que beaucoup de temps s’écoulera encore avant que nous ne puissions atteindre une certaine perfection sur le plan mental. De plus, être conscient d’un plan et en avoir le contrôle sont deux choses bien différentes. De nos jours, chacun de nous est conscient sur le plan physique, mais combien sommes-nous à en posséder le contrôle ? — Seulement 850 000 individus incarnés en ce moment, une bien petite proportion parmi les quelques 5 milliards d’habitants de la planète ! Ceux qui contrôlent le plan astral ne sont à peu près que 240 000 en incarnation. Quant à ceux qui ont le contrôle du plan mental, ils ne sont que 2 000 à 3 000. Et seuls les initiés de 3e degré, ces 2 000 à 3 000, ont la capacité de contrôler le plan mental et d’exprimer l’âme dans sa plénitude.

L’évolution de la conscience produit finalement un équipement physique, astral et mental suffisamment sensible, vibrant en synchronisation et à une fréquence suffisamment élevée pour que l’âme puisse s’y manifester de façon réellement significative à travers l’individu. Lorsque ce stade est atteint, l’individu peut alors recevoir la 3e initiation ou Transfiguration, qui est en fait la première du point de vue du Maître. Pour nous, c’est un haut degré d’accomplissement, mais pour le Maître c’est simplement un début. Tout est tellement relatif que pour nous, c’est une réalisation majeure que de parvenir à la création d’un véhicule sensible, mobile, vibrant en synchronisation et maintenant en permanence un taux vibratoire assez élevé pour permettre à l’âme d’y réaliser sa nature qui est volonté, amour et intelligence. Ces trois aspects de l’âme devenant la propriété de l’individu en incarnation, le disciple ne fait alors plus de différence entre lui-même en tant qu’âme et lui-même en tant qu’individu vivant la vie de tous les jours.

Tant que ce stade n’est pas atteint, notre conscience est obligatoirement non seulement divisée, mais partielle. Nous sommes toujours conscients de nos besoins physiques, de ce que nous appelons nos besoins émotionnels (moins nécessaires que nous ne le pensons), mais nous sommes beaucoup moins conscients du mécanisme de notre mental et de la façon dont il peut prendre en charge notre évolution. En tant que Fils du Mental, notre évolution se poursuit grâce au développement de notre mental et de notre conscience du plan mental. C’est grâce à l’idéalisme et à l’aspiration que l’être humain évolue, développant son mental. Cela exige la volonté et une décision raisonnée. Le simple fait de le vouloir ne suffit pas.

De son côté, l’évolution des dévas s’élabore grâce à la sensation. Leur chemin vers la perfection (les dévas subhumains évoluant en fait vers le stade humain) passe par le raffinement de leur capacité à ressentir. Ils appréhendent la réalité grâce à un équipement sensoriel extrêmement sensible. Cela leur permet d’expérimenter l’aspect matériel de la réalité d’une manière qui ne nous est pas étrangère, mais qui n’est pas notre voie. Le sentier de l’humanité, passant par le développement du mental, implique volonté et effort conscient. C’est la plus difficile des deux voies, celle des dévas étant relativement aisée, car ils suivent leur ligne de moindre résistance.

Nous, les humains, empruntons la ligne de plus grande résistance, car nous travaillons dans l’inconnu. Nous tentons de développer un aspect supérieur en partant d’un niveau inférieur. Cela demande de l’aspiration et c’est précisément l’aspiration et l’idéalisme qui gouvernent notre processus évolutif. Notre évolution est fonction de notre aspiration. Il se peut que nous pensions que l’aspiration cesse à un certain stade. Il n’en est rien. Les Maîtres eux-mêmes aspirent vers de plus hautes réalisations. Il n’est personne dans toute la création qui n’éprouve pas d’aspiration. Lorsque nous évoquons l’aspiration, nous avons tendance à penser en terme de sentiment, de sensation : « Je ressens que j’aimerais être meilleur. » Tous les 1er janvier nous prenons de bonnes résolutions : arrêter de fumer, boire moins, etc. Chaque année nous dressons une liste, et bien sûr, si nous nous y tenions, nous évoluerions bien plus rapidemen ! Mais nous n’atteindrons pas la 3e initiation en prenant de simples résolutions. Celles-ci sont seulement révélatrices de l’idéalisme et de l’aspiration nécessaires à l’évolution humaine. Cet idéalisme fait appel à l’âme, en fait, il invoque l’âme dont la nature est conscience. Nous sommes réellement le reflet de l’âme qui siège dans le cœur, du côté droit de la poitrine; nous n’en sommes jamais séparés.

Dernièrement, j’ai reçu une lettre tragique d’un homme ayant lu mes livres et assisté à une de mes conférences. Voici en résumé ce qu’elle disait : « Pouvez-vous, je vous prie, me donner la méthode, la technique, pour mettre fin à toute expérience de réincarnation future pour moi, et pour que mon âme soit définitivement anéantie. » Il voulait y parvenir immédiatement. Il ne désirait plus poursuivre son évolution. Cette lettre disait : « Je déteste tout ce processus ! Je hais Dieu, la vie et l’incarnation ! Je ne veux plus participer au Plan. Arrêtez le système solaire, je veux descendre ! »

Je n’ai pas su quoi lui répondre, en dehors de : « Désolé, il n’y a pas de technique. Vous y êtes pour la vie. Personne n’y peut rien, ni moi, ni mon Maître. » Car là s’arrête notre libre arbitre. Il n’est que relatif. Nous devons faire avec, tôt ou tard il nous faut faire avec. Il n’y a aucun moyen de quitter le navire.

Un disciple est celui qui participe consciemment à sa propre évolution. Celle-ci n’est pas obligatoire, mais, une fois entreprise, il n’est plus possible de revenir en arrière. Les amarres sont coupées. Nous pourrions attendre le milieu de la prochaine ronde. Je ne sais pas combien de temps cela prendrait, mais ce serait certainement très long. Au milieu de la prochaine ronde, le processus de l’initiation sera abandonné. D’ici là, les trois cinquièmes de l’humanité auront été « sauvés », selon la formule occulte, et il leur sera possible d’aller de l’avant. Quant aux deux cinquièmes restant, qui auront échoué à leur examen, ils seront soit envoyés sur une planète inférieure, soit laissés en arrière. Nous pouvons donc attendre jusque-là pour nous prendre en mains…

Mais si nous sommes sérieux, comme tout disciple doit l’être, nous devons, dès maintenant, prendre en mains notre propre évolution, et le moyen d’y parvenir est l’aspiration. L’aspiration est la force qui nous pousse en avant et nous tire vers le haut. Elle vient en fait de l’âme. La conscience de l’âme, ou principe christique, est le principe de l’aspiration. Alors que les premiers êtres vivants n’évoluaient encore qu’en milieu aquatique, c’est ce principe même qui les a sortis du fond des mers vers la terre ferme et qui a été le moteur de leur évolution, depuis leur état de reptiles primitifs à celui de mammifères et finalement jusqu’au règne humain. Dans ce processus, c’est toujours l’aspiration qui fut, dans chaque cas, le facteur déclenchant l’apparition de formes plus évoluées.

L’âme s’incarne dans toutes les formes et y déverse son énergie, et c’est cette énergie, la conscience de l’âme, qui, par réaction, éveille l’aspiration. L’aspiration est une réponse de la forme, ou instrument, à l’appel de l’âme, que cet instrument soit homme, mammifère ou reptile aquatique. Notre réponse a été immédiate : 18,5 millions d’années ! Celle du règne animal demande un nombre incalculable de millions d’années. Graduellement, à travers ces millions d’années, l’aspiration grandit, répondant à l’appel de la conscience, de l’âme qui nous porte toujours plus haut. Naturellement, on ne peut pas dire que l’âme imprime une vision de la divinité sur l’être léthargique (alligator ou autre) qui rampe hors de l’eau. Pour l’alligator, la divinité se présenterait plutôt sous l’aspect d’un nageur bien dodu…

L’âme impressionne donc son véhicule humain, qui, de son côté, ressent l’impulsion. En réponse à cet appel, il réoriente ses pensées et sa façon de vivre. Il devient ce qu’il est convenu d’appeler une « bonne personne », non que l’âme soit bonne ou mauvaise, mais parce qu’il élimine les imperfections et affine la qualité de ses réponses face à la vie.

L’évolution est un long processus d’abandon, de renoncement. La Crucifixion, ou Grande Renonciation, en est le symbole. La quatrième initiation représente sans doute le point culminant des cinq initiations conduisant à la maîtrise. Ce n’est pas forcément la plus difficile, mais c’est la plus importante. La plus difficile à passer serait la seconde, comme chacun peut s’en apercevoir lorsqu’il essaye de se rendre maître de son corps astral et de ses puissants mécanismes de réponse. Il est très difficile de les contrôler et donc de passer la seconde initiation. Mais le stade culminant, celui qui couronne réellement l’accession à la divinité à laquelle nous aspirons tous, est la quatrième initiation.

Le nom même qui lui est attribué, Crucifixion ou Grande Renonciation, indique très précisément ce qui est demandé dans ce processus : un renoncement (et non le fait d’être « bon et gentil »). Le but de l’initié n’est pas d’être meilleur, plus gentil, de mieux faire que les autres, ou même d’être considéré comme un individu très spécial, une personnalité spirituelle. En fait, si vous aviez rencontré des personnalités telles que Mao Tsé Toung, Winston Churchill ou le maréchal Tito, je ne pense pas que vous les auriez jugés gentils et inoffensifs. Tous trois étaient des hommes de pouvoir, de grands politiciens et chefs d’État, avec une structure établie sur le 1er rayon (Tito était 1-1-1-4-1, Mao Tsé Toung 1-1-1-2-1 et Churchill 2-1-1-4-1).

Churchill a décidé la bataille des Dardanelles où furent massacrés principalement des Australiens et des Néo-Zélandais. Je suis certain qu’il savait que ce serait une tuerie, et ce fut le cas. Pendant la seconde guerre mondiale, avant le débarquement sur les plages de Normandie, il lança le raid sur Dieppe où 3 000 soldats furent envoyés pour tester les réactions de l’ennemi. Naturellement, tous furent massacrés. Les corps des Polonais, des Canadiens et d’autres, furent rejetés sur les plages anglaises, pendant des mois. Mais aucun n’était britannique... En 1917, Churchill a également préconisé l’invasion de la Russie pour faire barrage à la révolution bolchevique. Si cela s’était réalisé, l’histoire de l’humanité serait fort différente et il est probable qu’aujourd’hui encore le drapeau nazi flotterait sur toute l’Union soviétique. Tout cela démontre bien que la bonté n’est pas spécialement la marque de l’initié.

L’évolution est le processus de l’expansion de la conscience. Il ne s’agit pas cependant de ne plus se soucier de tous ces mirages et de rejeter toute innocuité. L’innocuité est une nécessité fondamentale que l’on soit initié ou non. Cela n’a rien à voir avec le fait d’être un initié. L’innocuité relève simplement du bon sens puisque toute pensée, toute action entraîne une ou plusieurs causes qui, selon leurs effets, rendent nos vies bonnes ou mauvaises. Vous voyez donc pourquoi la pratique de l’innocuité est d’une absolue nécessité. Il ne s’agit pas de quelque principe particulier que seuls les initiés peuvent manifester.

Certains des individus les plus inoffensifs, à travers le monde, sont bien au-dessous de la 1ère initiation, alors que beaucoup d’autres, jugées des plus nuisibles, ont dépassé cette initiation ou les suivantes. Hitler avait passé deux initiations et on ne peut le qualifier d’inoffensif ! Staline avait également passé la deuxième initiation. Les fanatiques sont loin d’être des individus inoffensifs. Le fanatisme n’est pas inoffensif, il est extrêmement nuisible car il va à l’encontre du processus évolutif, lequel progresse dans la direction de l’unité et de la synthèse.

Tout ce qui va à l’encontre de l’évolution est nuisible et malfaisant car cela crée le séparatisme qui est le grand mensonge de la vie. C’est la grande illusion, celle qui nous fait croire que nous sommes séparés. Ces divisions, ce séparatisme, issus du fanatisme, de la colère et de la peur génèrent des situations que nous devons surmonter. Nous devons apprendre à cultiver l’innocuité et à l’intégrer dans notre structure. L’innocuité ne découle pas automatiquement de l’initiation. L’initiation, quant à elle, résulte de notre contrôle sur notre véhicule. Il s’agit en réalité de contrôler les vies déviques dont l’activité forme le véhicule, physique, astral ou mental.

Le sentier de l’évolution est celui de la croissance de la conscience, par étapes successives. Le passage de toute initiation accroît cette faculté car, lors de chacune d’entre elles, l’énergie du sceptre de l’initiation galvanise les chakras, ou centres, du candidat, et en éveille certains dans son cerveau. Nous devons être des initiés avant de passer l’initiation. Nos chakras, notre corps tout entier, doit déjà vibrer au niveau où il lui sera possible de supporter le flux d’énergie ignée qui émane du sceptre de l’initiation. C’est la condition sine qua non pour passer l’initiation. C’est pour cette raison que le Seigneur du Monde doit donner son assentiment pour que l’initiation puisse avoir lieu, car si nous n’étions pas prêts, elle nous tuerait littéralement. L’initié serait anéanti par le flot colossal d’énergie ignée transmis par le sceptre. Ceci concerne aussi bien la première initiation que la seconde, la troisième et les suivantes. L’initié doit déjà être un initié. La cérémonie de l’initiation proprement dite, consiste à concentrer l’énergie du sceptre sur l’initié, éveillant ses chakras endormis. L’initiation apporte donc « la dernière touche » à un processus déjà bien engagé. C’est une sorte de cérémonie couronnant un accomplissement réalisé par l’initié au cours de ses vies, présente ou passées. C’est un processus d’auto-initiation.

Les gens s’imaginent que ce sont les Maîtres qui les conduisent à l’initiation. En fait, ce n’est pas le cas. La relation entre Maître et disciple est tout à fait différente. Cette notion erronée est répandue par des ouvrages écrits par des auteurs mal informés sur le sujet, qui n’en ont pas eu une expérience directe et ont eux-mêmes puisé leur information dans quelque manuel. L’initiation est toujours une auto-initiation. C’est nous-mêmes, en tant qu’âme incarnée, qui nous élevons jusqu’à l’initiation. Cela signifie que, dans la vie où l’initiation est passée, l’aspect conscience provenant de l’âme doit avoir accompli son dessein et que la réponse à l’appel de l’âme doit avoir été suffisamment sensible. Cela s’accomplit grâce au renoncement et par un accroissement de notre conscience, et non en devenant bon, saint ou quoi que ce soit d’autre. L’initiation et le processus d’évolution consistent en une expansion de la conscience éveillée et en la prise de conscience de ce qui pourrait être. Les dévas évoluent grâce à une expansion de la prise de conscience de ce qui est, de la réalité ici et maintenant. Notre propre voie passe par une expansion progressive de prise de conscience de la potentialité de ce qui pourrait être. C’est ce que l’âme nous suggère sans cesse. L’âme est si élevée par rapport au mental humain et à sa capacité de réponse, qu’elle doit toujours lui présenter une vision supérieure pour entretenir son aspiration. L’aspiration nous donne le sentiment qu’il existe quelque chose de plus élevé que ce que nous connaissons au moment présent.

Pour les dévas, le but de l’évolution est de faire l’expérience de la vie telle qu’elle est, sur le moment : simplement la réalité ici et maintenant. Le sentier de l’humanité est plus ardu car l’être humain doit négocier avec l’inconnu. Nous devons user de notre intuition, car étant des âmes incarnées, nous sommes dotés de cette faculté. L’intuition est un élément naturel de notre constitution. Bien sûr, elle est plus ou moins développée selon notre degré d’évolution et, dans une certaine mesure, selon notre structure de rayons. Certains rayons, tels que le 2e , le 4e  et le 6e , ont une approche plus intuitive, car ils sont davantage tournés vers l’âme, que ceux de la ligne 1-3-5-7. L’intuition provient de l’âme. La bouddhi, ou connaissance intuitive, est le savoir direct, celui qui survient sans l’intervention de la pensée. La bouddhi déverse son flot au fur et à mesure que l’être humain aspire à un état plus élevé que celui qu’il connaît déjà.

Le but d’ouvrages tels que ceux d’Alice Bailey ou les enseignements de l’Agni Yoga n’est pas seulement de nous enseigner de manière académique des relations et des structures qui déconcertent la plupart des gens tant elles sont difficiles à assimiler (bien qu’il soit important de les connaître). Dans les enseignements d’Alice Bailey, le Maître D. K. essaie d’éveiller notre intuition. Lorsqu’il nous décrit des niveaux d’existence, de connaissance et de conscience de l’âme qui se situent bien au-delà de notre compréhension humaine et dont nous ne sommes pas encore conscients, mais auxquels nous aspirons, son intention est de stimuler notre intuition, notre aspiration et notre faculté à idéaliser, afin de les orienter vers ces plans.

Le processus de l’évolution s’éveille grâce à notre aspiration à atteindre des niveaux de conscience supérieurs. Cela apparaît nettement lorsque nous réfléchissons sur les moments d’illumination que nous avons déjà pu expérimenter. La lecture des ouvrages de D. K. nous procure un sentiment d’illumination. Elle nous fait croître intérieurement. Nous sentons en nous la présence d’une plus grande lumière, au vrai sens du terme, car notre vision du monde et du cosmos s’est élargie. Nous prenons conscience de plus grandes potentialités dans le cosmos et en nous-mêmes comme partie intégrante de ce cosmos. Grâce à notre mental inférieur et à notre capacité à raisonner, nous commençons tout d’abord par faire une synthèse de ce que dit D. K. et à y réfléchir. Mais, de par la manière même dont écrit D. K., du fait que le contenu de ses ouvrages est difficilement compréhensible pour notre mental inférieur, notre intuition s’éveille et prend la relève. Le moyen de communication de l’âme passe par l’intuition. Cela nous illumine et, soudain, nous prenons conscience de ce dont nous étions inconscients auparavant.

La conscience se développe par l’aspiration envers ce qui la dépasse provisoirement. Mais nous sommes si paresseux ! Voilà pourquoi le sentier de l’évolution est si long et si difficile. Le moyen de progresser passe précisément par le renoncement. Maitreya emploie le mot détachement qui est synonyme de renoncement. Je n’ai pas encore remarqué qu’il ait employé le mot renoncement, mais il parle sans cesse de détachement. C’est la même chose. Le sentier de l’évolution est celui du renoncement, du détachement. Le moyen de parvenir au renoncement, c’est le détachement. Comment évoluons-nous ? Quelle est la véritable nature du sentier ? Il ne suffit pas de se dire : « Aujourd’hui je vais prendre le contrôle de mon véhicule astral, ou celui de mon véhicule mental ». Comment faire ? « Ah oui, les dévas ! Je vais contrôler les dévas. Tiens, où est ma cravache ? » C’est pourtant ce qu’on faisait jadis, lors du carême, les bons chrétiens prenaient leur fouet et sortaient se flageller dans les rues. En fait, ils essayaient de prendre le contrôle de leur élémental physique. La plupart ignorait que maltraiter un élémental lui donne en réalité deux fois plus de vigueur. Il existe une façon de procéder beaucoup plus efficace : c’est le détachement.




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L'Emergence

La première édition en français du numéro spécial du journal L'Emergence vient de paraître.
L'Emergence a pour objet de servir de support à l'usage des personnes qui souhaitent participer à la diffusion de l'information concernant Maitreya. Il a été préparé par un groupe de bénévoles et l'impression a été financée par des dons.

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La Conscience 2/2

par Benjamin Creme

Le détachement

Il est difficile de devenir détaché, mais c’est absolument essentiel à l’évolution. Le détachement se produit par une expansion de conscience qui s’opère lorsque l’âme s’empare de ses véhicules, et par la réalisation que nous ne sommes pas ce corps physique, ces émotions, ces élucubrations de notre mental, mais que le véritable individu est ce qui se trouve à l’arrière plan et utilise ces véhicules pour s’exprimer. L’âme est le reflet de la monade démontrant la divinité de Dieu. Le sentier de l’évolution est une succession d’unifications : d’abord avec l’âme, puis avec la monade et la divinité elle-même, ce que Maitreya appelle le Soi, le Seigneur, l’Absolu. Ce processus consiste à abandonner progressivement notre identification au non-réel, qui n’est autre que ce que nous considérons comme réel : le monde du plan physique.

L’évolution des dévas se déroule dans la matière, et leur conscience croît grâce à leur expérience de cette matière, de ce qui est, à l’instant présent. Quant à nous, nous évoluons par notre renoncement à la matière. A la quatrième initiation, la Grande Renonciation, nous manifestons pleinement notre capacité à renoncer à tout, y compris à la vie elle-même, car nous réalisons, à ce moment là, que nous sommes la vie, que rien d’autre n’existe, que nous sommes cette Vie Une. En premier lieu, nous renonçons à nos appétits, aux besoins apparents du corps physique; puis aux réactions émotionnelles du corps astral; enfin aux élucubrations, aux croyances, aux idéologies et aux souvenirs du corps mental, à tout ce qui nous conditionne.

L’ancienne conception mécaniste stipule que l’âme, si vraiment elle existe, se trouve là-haut, et que le mental, c’est-à-dire nous, est ailleurs. Le cerveau étant le principe directeur qui sait tout, se souvient (ou croit se souvenir) de tout, exécutant entièrement le travail de liaison avec le mental. Ce concept présuppose des aspects séparés de la réalité, mais en fait il n’existe aucune scission. L’âme est intimement connectée au mental et le mental au cerveau. C’est un mécanisme unitaire à travers lequel l’âme peut finalement se manifester de la plus merveilleuse façon.

La plupart des gens considèrent que le cerveau est tout puissant. Beaucoup se demandent même si, un jour, nos ordinateurs parviendront à être supérieurs au cerveau humain. La majorité pense que ce qui caractérise l’homme, c’est son cerveau. Que c’est le cerveau qui pense, sait, se souvient de manière plus ou moins exacte; qu’il est un mécanisme tout puissant régissant toute notre expérience de la vie. Mais cela est faux. Le cerveau n’est qu’un ordinateur, un instrument complexe, merveilleux et superbement sensible, enregistrant d’une part toutes les expériences qui viennent de l’âme à travers le plan mental, et stockant d’autre part toutes les informations, toutes les réactions du système nerveux, du corps astral et du corps physique.

Lorsque le corps a épuisé son énergie, il ressent la faim et envoie un message au cerveau qui répond : « Va au McDonalds ». Le corps informe le cerveau et celui-ci nous suggère d’aller manger quelque chose. Si nous avons faim, soif, froid ou chaud, le cerveau le signale. Il nous avertit, par exemple, que le corps a froid et a besoin d’une couverture supplémentaire. Ce sont là toutes sortes de réactions instinctives qui ont permis l’évolution du règne animal. Le système nerveux envoie des signaux au cerveau qui enregistre ces informations en provenance de toute part. Le cerveau est donc un instrument extraordinaire, mais il n’est qu’un mécanisme physique. Il n’appartient qu’au plan physique, au corps physique et il meurt avec lui. Celui qui utilise le cerveau et le mental, c’est le penseur. Nous devons découvrir qui est ce penseur et nous identifier à lui. Plus nous nous identifierons au penseur, plus nous nous imprégnerons de sa conscience. Le penseur est l’homme supérieur, ou âme, le soi transpersonnel, l’ego, quel que soit le nom qu’il vous plaira de lui donner.

En nous identifiant à cet aspect supérieur, nous nous pénétrons de sa nature. Notre conscience croît et s’étend. L’accroissement de la conscience se produit précisément lorsque nous l’éveillons en nous identifiant avec cet aspect supérieur. Il est facile d’admettre que nous sommes des âmes incarnées, comme les livres nous le suggèrent. Mais c’est tout à fait autre chose d’en avoir conscience dans notre vie quotidienne et d’agir en conséquence. Il s’agit d’un processus conscient, auto-déclenché et qui, finalement, nous conduit à l’initiation. Le sentier passe donc par la prise de conscience du Soi, de l’identification avec le Soi.

Le Christ naît de l’union du père/esprit et de la mère/matière. C’est la naissance de l’homme, de l’humanité, car nous sommes, réellement, le Christ. La divinité et le monde matériel s’unissent dans l’espèce humaine. C’est pourquoi, dans l’ensemble du cosmos, tout évolue vers le stade humain, se trouve à ce stade ou l’a dépassé. Nous sommes l’état intermédiaire à travers lequel toute la création doit passer. C’est la situation particulière qu’occupe l’humanité. C’est pour cela que le principe christique est si étroitement lié à l’humanité. Grâce à une expansion de conscience progressive, nous évoluons vers la super-conscience, la conscience cosmique et au-delà; nous ne pouvons même pas imaginer ce qui se trouve au-delà de la conscience de l’être le plus évolué de notre système solaire. Et il est probable que lui-même ne peut connaître que les prémisses de ce qui se situe au-delà de lui.

Le système nerveux est un mécanisme de réponse permettant au cerveau de déterminer les signaux à envoyer aux pieds, à l’estomac, aux sucs gastriques, à l’ensemble des composants chimiques du corps. Laissé à lui-même, il s’acquitte merveilleusement de cette tâche, mais s’il s’y mêle la moindre influence d’identification névrotique avec nos émotions, tout ce parfait mécanisme peut s’en trouver inhibé, provoquant indigestions ou autres maladies. Ces maladies sont le résultat des troubles émotionnels qui viennent perturber l’action naturelle, parfaitement organisée, du cerveau dont la fonction est de prendre soin du corps physique.

Le corps physique est un principe inerte qui se meut et agit sous la seule directive de principes supérieurs. Cela explique la réalité du « pouvoir du mental sur la matière ». Vous avez peut-être vu des gens marcher sur des braises sans se brûler les pieds. Vous avez certainement vu des films ou des photographies de fakirs indiens (pas évolués du tout) se transpercer les bras avec des clous de 15 cm de long, sans aucun écoulement de sang, ou bien s’allonger sur un lit de pointes sans aucun dommage. Cela n’est pas de la fiction. C’est possible. J’ai vu un homme allongé sur des clous et un autre lui poser un bloc de béton apparemment très lourd sur l’estomac, et sauter dessus ! On s’attendrait à ce qu’il soit transpercé, eh bien pas du tout, il s’est relevé sans aide et ne portait aucune blessure, ni aucune trace de sang. C’est cela le pouvoir du mental sur la matière. Le corps physique peut, grâce à un certain entraînement, faire face à de telles agressions.

« Je pense donc je suis. » Il faudrait plutôt dire : « Je suis donc je pense. » Nous pensons car nous sommes des êtres pensants et possédons un instrument appelé mental. C’est le penseur qui pense, mais nous n’en avons pas conscience. Nous ne percevons que le résultat du processus de la pensée, son expression orale à travers le larynx, rendue possible par l’action de ces deux véhicules que sont le mental et le cerveau. C’est un ensemble interconnecté de manière très complexe. Il n’existe aucune scission entre ces deux aspects de notre être qui pourtant nous semblent séparés. C’est le système nerveux qui assume leur liaison.

On connaît depuis fort longtemps l’existence des systèmes nerveux sympathique et parasympathique, et on les a étudiés. De nos jours, les neurologues ont une telle connaissance qu’ils peuvent pratiquer des interventions chirurgicales extrêmement délicates sur diverses parties du système nerveux, ce qui paraît effrayant aux profanes. Ces neurochirurgiens accomplissent ce travail avec une parfaite assurance pour ne pas dire sans nervosité et sans aucune appréhension. Ils ont été bien formés et connaissent leur métier. Ils considèrent le système nerveux comme un organe comme un autre, ce qui est exact. Ils pensent qu’il s’agit d’un élément du monde matériel ce qui, dans un certain sens, est également vrai. Mais ce n’est pas que cela.

Nous serons amenés à découvrir que le système nerveux et les ganglions constituent un mécanisme des plus complexes grâce auquel l’âme fait sentir sa présence dans tous ses véhicules. Des substances de nature « gazeuse », émises par l’âme, circulent dans de minuscules filets nerveux appelés nadis. Ces gaz sont de nature si subtile que les méthodes scientifiques actuelles ne peuvent les déceler. Ils forment un flux qui se répand dans l’ensemble du système nerveux et c’est ainsi que les impulsions, l’énergie, le dessein, la volonté et l’amour venant de l’âme pénètrent dans son véhicule. Bien sûr, plus l’individu est évolué, plus ce processus est accentué. C’est de cette manière que l’âme prend possession de son véhicule et déverse son énergie sur le plan physique.

Comment l’âme opère-t-elle, par quelle méthode ?

C’est à travers l’antahkarana, le pont de lumière, que l’âme déverse son énergie dans son reflet, l’individu sur le plan physique. L’âme construit l’antahkarana vers le bas, lorsque l’individu commence à méditer. Grâce à la méditation et à l’aspiration, l’individu le construit également en direction de l’âme. C’est un double processus. L’antahkarana est une colonne de lumière composée de trois courants de force : Volonté, Amour-Sagesse et Intelligence, qui pénètrent dans le véhicule par le chakra coronal, au sommet de la tête. De là, le flot de lumière se répand dans tout le système nerveux par l’intermédiaire des nadis. C’est là le rôle fondamental du système nerveux.

Si nous considérons l’évolution d’un point de vue purement matériel, nous constatons que c’est un processus au cours duquel apparaissent des espèces pourvues d’un système nerveux de plus en plus complexe. La complexité du système nerveux est fonction du stade d’évolution de l’espèce. Plus l’espèce est primitive, plus son système nerveux est rudimentaire, car il n’a que des réactions limitées face à la vie. Lorsque l’ensemble des réactions à la vie devient les réactions à la vie de l’âme, cela signifie que nous évoluons dans la conscience. La vie génère la conscience, sans elle, la conscience n’existerait pas. La réaction à la vie de l’âme est donc une réaction à l’aspect conscience. L’âme dispose d’un système nerveux extrêmement complexe afin de répandre dans l’être humain son influx de nature gazeuse, à des températures, des débits et des puissances variés. Cela entraîne nos prises de conscience sur les plans physique, astral/émotionnel et mental, nous conduisant finalement à la troisième initiation. A ce moment là, les trois corps vibrent de façon synchrone et l’âme peut pleinement habiter son véhicule. Avant cela, elle ne fait que le préparer, l’entraîner. A la troisième initiation, l’âme prend véritablement le contrôle de ses véhicules dans le sens le plus complet, les nadis étant entièrement ouverts et constituant de purs canaux pour le passage du flux gazeux en provenance de l’âme. Ce gaz constitue la vie et la nature même de l’âme et se déverse à flot dans son véhicule sous forme d’énergie. Il n’existe rien d’autre. Finalement, nous élaborons un véhicule vibrant de manière tellement synchrone sur les trois plans que l’âme peut véritablement l’habiter. C’est ainsi que naît l’Être divin. La troisième initiation, l’initiation de la Transfiguration, peut alors avoir lieu.

Le sentier du renoncement commence alors sérieusement. Manifestant pleinement Volonté, Amour et Intelligence, l’individu se consacre alors totalement au rôle que le Logos a prévu pour l’âme humaine : s’affranchir de la matière. Notre évolution, en tant qu’être humain, consiste à nous libérer de tout ce qui empêche la lumière de se répandre. Nous évoluons grâce à l’absorption de la lumière : la conscience est lumière. La conscience ou principe christique, en se répandant dans les corps de l’initié, les sature de lumière. A la quatrième initiation, les trois-quarts du corps sont devenus lumière. Le processus s’achève à la cinquième initiation et le Maître est affranchi pour toujours de l’attraction de la matière. Il a totalement spiritualisé la matière, au niveau individuel. Lorsque chaque individu aura accompli ce processus, la planète sera totalement spiritualisée. L’énergie du rayon de notre Logos sera alors transmuée en lumière pure vibrant sur la fréquence la plus élevée possible, brillant de tout son éclat à travers tous les règnes. Le plan d’évolution de notre Logos sera alors achevé et nous aurons accompli notre part dans ce processus.





Point de vue

Home Les femmes et les leçons de l'histoire

par Nawal el Saadawi Source : Inter Press Service

Si nous nous référons à l'histoire, nous remarquons que les comportements oppressifs, que ce soit à l'encontre des femmes ou des hommes, sont la conséquence d'un système de classe de type patriarcal. Il est incorrect de prétendre que l'oppression trouve son origine dans la religion. Pour ne citer qu'un exemple, la circoncision existait déjà avant le judaïsme. Il en est évidemment fait mention dans l'Ancien Testament, mais ce n'est que le reflet d'une réalité plus ancienne.

La même chose s'applique aux autres religions comme l'hindouisme, le christianisme et l'islam : leurs enseignements reflètent le système politique en place, lequel trouve ses racines dans l'histoire. C'est la raison pour laquelle nous devons parler de politique si nous voulons parler des femmes et de leur libération, et comment l'éviter lorsque les femmes représentent 51 % de la société, qu'elles sont les premières victimes des guerres, du chômage, de la pauvreté ou des relations de type coloniales, simplement parce qu'elles sont politiquement faibles ?

Il est également ridicule de refuser d'évoquer les questions sexuelles lorsqu'on aborde les problèmes des femmes. Trois sujets sont tabous dans notre pays : la politique, la religion et le sexe. La loi n° 32 de 1964 sur les associations interdit à celles-ci de s'occuper de politique ou de religion ; la loi ne mentionne même pas le sexe car c'est un tel tabou qu'il est clairement entendu que nous n'avons pas le droit d'en parler. Mais de quoi devons-nous parler si les trois sujets majeurs de la vie nous sont prohibés ?

Nous avons le droit de parler de nos enfants ou de la santé, mais même ce dernier sujet est politique. Les problèmes de santé sont souvent causés par l'oppression. C'est pour cette raison que nous avons créé l'Association pour l'éducation et la santé, et publié le magazine Health en 1968, où nous avons montré le lien existant entre la santé et la pauvreté, la malnutrition et l'oppression. Puisque toutes les décisions concernant ces problèmes sont prises par des politiciens, comment puis-je parler de santé sans faire de politique ?

Finalement, ayant décrété que lui seul pouvait prendre des décisions politiques, le gouvernement a fait interdire l'association et son magazine, en 1972. Il a également interdit l'Association de solidarité des femmes arabes (AWSA) et son journal, Noon, en 1991.

Cette séparation entre la politique et la libération de la femme existe malheureusement aussi en Occident. Certaines féministes ne se rendent absolument pas compte de la relation existant entre la politique et la libération de la femme. Elles semblent penser que la libération de la femme ne concerne que la sexualité ou les projets sociaux.

Cette distinction entre la sociologie et la politique, l'économie et la politique, la sexualité et la politique, la santé et la politique est totalement erronée. Nos universités nous apprennent à cloisonner le savoir ; cela fait de nous d'excellents physiciens ou de bons techniciens, mais nous restons complètement ignorants de ce qui passe dans le monde autour de nous.

Cela restera le cas à moins que nous ne commencions à comprendre la politique et le rapport existant entre notre vie (et notre profession), et les relations de pouvoir, au niveau national et international.

Puisque les femmes sont en dehors de tous les réseaux ou les organismes de pouvoir, qu'ils soient politiques, militaires, ou religieux, nous devons nous organiser nous-mêmes en syndicat, comme les travailleurs et les paysans l'ont fait. Mais dans la plupart des pays de notre région, seules sont autorisées les « organisations sociales » qui ne sont pas supposées discuter de politique.

Si nous voulons renforcer le pouvoir des femmes, nous devons tout d'abord écarter l'idée que pouvoir signifie violence, car cette idée reçue explique que beaucoup de femmes et d'organisations féministes ont peur du mot pouvoir. Il y a une grande différence entre pouvoir et violence. Les personnes puissantes et sûres d'elles-mêmes ne sont jamais violentes ; elles sont douces, utilisant leur tête et leur raison. Seuls les faibles sont violents.

Une manière de donner du pouvoir aux femmes serait de leur transmettre une connaissance auxquelles elles n'ont pas accès, en raison du cloisonnement de l'éducation que j'ai mentionnée. Nous devons rééduquer les femmes et leur faire comprendre qu'elles sont politiquement opprimées. La question de savoir comment leur donner ce pouvoir était devenu urgente avant la guerre du Golfe, lorsque des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre cette guerre, sans parvenir à l'empêcher. La question est maintenant de savoir comment donner la parole à la majorité silencieuse, car dans ce cas je ne fais aucune différence entre les hommes et les femmes. Trente pour cent des membres de l'AWSA sont des hommes, qui luttent à nos côtés contre les différences sociales de classe et le patriarcat, parce qu'ils savent que ce système les opprime tout autant que nous.

Le manque d'éducation rend également les femmes vulnérables face à la propagande et au lavage de cerveau. Lorsque je fus mise en prison sous le régime de Sadate en 1981, j'avais demandé à l'une de mes compagnes pourquoi elle portait un voile ; elle m'avait répondu que, selon le Coran, elle y était obligée. Mais lorsque je lui ai demandé où cela était inscrit dans le Coran, elle a reconnu qu'elle l'avait seulement entendu à la radio et que son futur mari le lui avait confirmé. C'est ce que j'entends lorsque je parle de vulnérabilité par manque de connaissance.

La question n'est pas seulement de savoir comment fournir cette connaissance ; cela demande du courage de s'opposer à son gouvernement parce que ceux qui se dressent contre le système y perdent beaucoup. Ils sont mis en prison, perdent leur emploi et leur réputation, et ceux qui contrôlent les médias les utilisent contre eux. Ce courage et cette confiance en soi pour s'opposer au système et créer son propre système de référence, ne viennent pas du jour au lendemain. Cela prend beaucoup de temps. Il s'agit d'une véritable rééducation personnelle.

Le féminisme n'est pas une invention de l'Occident comme beaucoup de gens le croient, mais il est ancré dans la nature humaine. Quand vous êtes opprimés, vous luttez, et l'histoire connaît beaucoup d'exemple de femmes qui se sont battues contre l'oppression. Cependant, ces luttes ne sont pas retenues par l'histoire officielle.

C'est aussi pourquoi nous disons que notre mouvement est historique, car c'est dans l'histoire que nous trouvons les racines de notre résistance. Nous nous appelons aussi socialistes, car les femmes étant opprimées dans un système de classe, notre lutte est une lutte de classe. Finalement, nous sommes féministes, car dans nos familles et dans la société, il existe une domination masculine évidente que nous ne pouvons pas ignorer.

Si vous voulez être fidèle à vos propres principes, votre propre base de référence, vous en payez le prix. J'ai dû divorcer deux fois pour trouver le mari qui me convenait. Mais ne perdez jamais ni l'espoir ni votre optimisme, car ils donnent une puissance extraordinaire. Si vous désespérez, vous perdez de la puissance. Il est préférable de mourir debout plutôt que couché.





Signes des temps

Home Un miracle dans le lave-vaisselle

Source : The Sun, Grande-Bretagne

En Angleterre, des scientifiques de l’Université de Liverpool ont étudié deux portraits apparus mystérieusement sur des verres que Cyril Legge, un fervent catholique, venait de retirer de son lave-vaisselle. Ces images représentent, sans aucun doute possible, Jésus Christ et la tête d’un lion, avec de nombreux détails. Un des scientifiques a estimé que c’était un « phénomène dû à l’effet de la graisse combinée à la pression », mais M. Legge est convaincu qu’il s’agit de messages de Dieu pour l’encourager à continuer ses œuvres charitables. « J’ai recherché une explication plus logique, mais personne ne peut expliquer ce phénomène autrement que comme un miracle. »

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que c’était l’œuvre du Maître Jésus.



Faits et prévisions

Home La dette des pays pauvres sera annulée

« La dette des pays pauvres sera annulée. » (mai 1989)

Changement de politique à la Maison blanche : l’administration américaine a annoncé qu’elle s’apprêtait à annuler la moitié de la dette des 18 pays les plus pauvres d’Afrique. Bien que cette annulation ne concerne que 228 millions de dollars sur les 50 milliards de dollars de la dette totale de ces pays, la décision prise reste significative, car les États-Unis et le Japon étaient, parmi les pays industrialisés, les seuls créanciers à ne pas avoir réduit leurs créances africaines. L’Afrique consacre actuellement quatre fois plus de son budget au paiement des intérêts de la dette qu’aux programmes de santé.




Home Un ancien seigneur de la guerre au service des démunis

Source : The Independent on Sunday, G.-B.

« Les chrétiens et les musulmans libanais se réveilleront un matin face à un ciel serein, face à un ciel de paix, et se serreront la main comme des frères et des sœurs. » (Le collaborateur de Maitreya dans Partage international, juillet/août 1989)

L’ancien « seigneur de la guerre » druzze, Walid Jumblatt, occupe maintenant le poste de ministre des personnes déplacées au sein du gouvernement libanais. « Oui, explique-t-il, je suis responsable, directement ou indirectement, de la purge religieuse et des destructions massives, car à l’époque, j’étais un seigneur de la guerre. Mais, en y repensant, je me dis que tout cela était bien stupide et cruel. Bashir Gemayel (…) a contribué au déclenchement de ce désastre. Il avait l’idée folle qu’il était de son devoir de « protéger » les chrétiens et d’intervenir militairement. Je ne comprends pas ce qui nous est arrivé. C’était de la folie. »

Aujourd’hui, W. Jumblatt a gagné le respect de ses ennemis chrétiens d’hier grâce aux efforts qu’il déploie pour réinstaller des chrétiens dans leurs anciennes habitations. Il possède une liste de quelques 60 000 personnes déplacées du fait de la guerre. « J’essaie de les ramener chez eux, même si cette tâche requiert un travail colossal », a-t-il déclaré. « Quand je ramène des chrétiens dans leur village, ils me témoignent de la gratitude. Parfois, je reçois tellement de remerciements, que je me dis que je pourrais être évêque ou patriarche. »




Home Un krach boursier prendra naissance au Japon

Source : Les Echos, France

« Comme nous l’avons déjà annoncé (PI décembre 1988), un krach boursier prendra naissance au Japon. » (mai 1989)

Malgré un nouveau plan de relance économique de 117 milliards de dollars décidé par le gouvernement japonais, la demande de crédits bancaires reste faible et l’on s’attend à une nouvelle réduction de la production industrielle. La surcapacité industrielle nippone et un yen surcoté pèsent sur les exportations japonaises et contribuent à faire baisser les profits des firmes. Une nouvelle récession économique semble se profiler à l’horizon.




Home Négociations en Afrique du Sud

Source : Los Angeles Times, E.-U.

« Bien qu’extérieurement les affrontements et les opinions divergentes prévalent toujours en Afrique du Sud, un processus se développe aujourd’hui qui conduira les leaders noirs et blancs à la table des négociations. » (septembre 1988)

Les négociateurs blancs et noirs sont convenus, après maintes hésitations, d’arrêter au 27 avril 1994 la date des premières élections démocratiques multiraciales en 350 ans d’histoire d’Afrique du Sud. Bien que la date doive encore être officiellement approuvée et malgré certains points qui restent à négocier, l’accord représente une victoire significative pour le parti du président De Klerk et l’ANC, qui ont lutté pour obtenir des élections à une date rapprochée. Le gouvernement et l’ANC sont également convenus, après discussions, que ces élections établiront un Parlement à deux Chambres, qui élira à son tour un président. Ce dernier gouvernera avec un cabinet composé de membres choisis dans son propre parti ainsi que dans les partis minoritaires les plus importants. Selon l’accord, ce gouvernement d’unité nationale définirait une constitution permanente et dirigerait le pays jusqu’aux élections suivantes, en 1999.




Home Il est moins une…

La première priorité sera l’environnement

« La première priorité sera l’environnement ; la dernière sera la défense. » (juin 1991)

Grande-Bretagne — De grands hôteliers se sont réunis à Londres pour écouter les appels à la responsabilité écologique du prince Charles et de l’écologiste Jonathan Porritt. Onze chaînes hôtelières de premier ordre ont signé une charte instituant des règles contenues dans un « manuel vert » de l’hôtellerie. Ces règles incluent diverses mesures telles que : chauffer sans gaspiller l’énergie; réduire le nombre de lessives (en supprimant le renouvellement quotidien automatique des serviettes de bain) ; recycler les déchets et acheter des produits écologiques. Le prince Charles a déclaré que cette orientation était économiquement justifiée. « Ceux qui voudront obtenir un avantage compétitif réel sur le marché, devront intégrer la responsabilité vis-à-vis de l’environnement dans leur stratégie globale d’entreprise. » (Source : The Guardian, G.-B.)
Le 6 juin, la chaîne de télévision BBC2 a présenté une émission de 90 minutes intitulée Il est moins une, décrivant les effets dévastateurs que le genre humain a fait subir à son environnement, bien que sa présence soit récente sur la planète. Présentant des perspectives d’avenir plutôt sombres, une société confrontée dans son ensemble aux problèmes de pollution, la diminution de la couche d’ozone et la déstabilisation du climat planétaire, l’émission s’est toutefois conclue sur une note optimiste. Il était montré que le choix nous était offert et que l’adoption d’un mode de vie plus simple, une réduction de la consommation d’énergie, la restauration et le maintien de petites activités économiques rurales, ouvriraient à l’humanité les portes d’un futur prometteur, grâce à des technologies déjà disponibles ou en voie d’élaboration.

Russie — Lors d’une conférence européenne sur l’environnement qui s’est tenue récemment à Lucerne, en Suisse, il a été décidé d’octroyer plusieurs prêts à la Russie, afin de dépolluer le lac Baïkal, d’améliorer les méthodes d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz, et afin de nettoyer les zones polluées par les puits de pétrole présentant des fuites. L’Allemagne, le principal donateur, a investi pour un million de marks à fonds perdus dans un projet visant à rendre les centrales nucléaires russes plus sûres. (Source : Izvestia, Russie)

Mourir pour de l’air frais — Pour la première fois, des chercheurs ont établi la preuve qu’une exposition à l’air pollué, même dans les limites légales, augmente le risque de mort prématurée de 26 %.
L’étude, présentée lors de la conférence annuelle de l’Association américaine Lung, a abouti à ces conclusions grâce à un suivi clinique de 8 000 adultes dans six villes américaines, pendant une période de 14 à 16 ans. Dans chacune de ces villes, les niveaux de pollution de l’air étaient bien inférieurs aux normes fédérales.

Le Mexique s’attaque à la pollution — Depuis 1989, le Mexique a multiplié par onze son budget national pour l’environnement, qui s’élève aujourd’hui à 78 millions de dollars, soit 86 cents par habitant. En comparaison, le budget de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement est de 26,90 dollars par habitant. On peut constater des améliorations : trois ans seulement après l’adoption de la principale loi fédérale sur l’environnement, les 1 923 usines qui ne respectaient pas la loi ont été fermées, temporairement ou définitivement. Plus de 200 groupes écologistes sont nés au cours des dernières années, alors qu’il n’en existait qu’une poignée auparavant. (Source : Detroit Free Press, E.-U.)

Ordinateur vert — La société américaine Sun Microsystems Inc. a récemment lancé un ordinateur professionnel, non seulement ultra rapide et d’utilisation conviviale, mais également « écologique ».
Sparkserver 1 000 est un ordinateur de bureau fabriqué en plastique, sans peinture, ni enduit, adhésif, écrous, écran protecteur ou tout autre matériau métallique ou toxique. De ce fait, à l’exception du tableau du circuit primaire, toute la machine peut être refondue, recyclée et réutilisée.




Home Les politiciens deviendront les serviteurs des hommes

« Les politiciens deviendront les serviteurs des hommes, non leurs maîtres. » (octobre 1988)

Trois millions d’électeurs yéménites se sont rendus aux urnes lors des premières élections libres tenues dans la péninsule arabique. Quarante partis politiques représentant une large palette d’opinions politiques étaient en compétition. Ce vote, auquel participaient les femmes ainsi que les minorités (dont un petit groupe de citoyens juifs) pourrait constituer un précédent pour d’autres pays du Moyen Orient tels que l’Arabie Saoudite et le Koweït, qui ont encore beaucoup de progrès à accomplir sur la voie de la démocratisation.





Brève

Home Les adolescents américains croient en Dieu

Un récent sondage révèle que 95 % des adolescents américains croient en Dieu ou en un esprit universel. Quatre-vingt-treize pour cent pensent que Dieu les aime et les récompensera ou les punira pour leurs actes. Il est intéressant de noter que si 90 % d’entre eux croient au paradis, 76 % seulement pensent qu’il pourrait également exister un enfer.

Pas moins de 39 % des jeunes déclarent que la religion prend une grande importance dans leur vie, et 25 % pensent qu’elle est plus importante pour eux qu’elle ne l’est pour leurs parents. En l’espace d’une semaine, environ la moitié des adolescents des États-Unis assistent à un office religieux, nombre légèrement supérieur à celui des adultes. Malgré ces chiffres, fort peu de jeunes envisagent une carrière religieuse.




Home Les États-Unis attendent le retour du Christ

Source : Times Magazine, E.-U.

Vingt pour cent des personnes interrogées lors d’un récent sondage effectué aux États-Unis pour Times Magazine et CNN, pensent que le retour du Christ pourrait se produire aux alentours de l’an 2000. Trente et un pour cent supplémentaires ont répondu qu’ils n’en étaient pas certains.





Citation

Home Le service est le seul chemin

par Baghavan Sri Sathya Saï Baba

« Le service est le seul chemin conduisant à la réalisation du Soi. C'est la plus haute expression de l'amour. Vous devez vous consacrer au service jusqu'à votre dernier soupir. »





Courrier des lecteurs

Home La dame blanche de Palavas

Cher Monsieur,

Le texte suivant est extrait d’un article publié dans le journal suisse francophone Le Matin du 18 avril 1993. Dans une double page ayant pour titre Ces rumeurs qui ont la vie dure, le journaliste Philippe Dubath y parle d’auto-stoppeurs qui disparaissent soudainement :

« …Nous sommes en 1981. Quatre jeunes gens qui se connaissent bien ont pour habitude d’aller faire un tour dans la ville voisine, au sud de la France. Vers minuit et demi, ils décident de rentrer sur Montpellier, dans leur voiture deux portes. A l’avant, deux garçons ; à l’arrière, deux filles. A la sortie de Palavas, entre un rond-point et une station service, les jeunes gens aperçoivent une dame faisant du stop. Elle semble âgée d’une cinquantaine d’années, porte un imper blanc, et un foulard blanc enveloppe ses cheveux. Le conducteur s’arrête, la dame monte sans parler, mais en souriant, et s’installe à l’arrière entre les deux jeunes filles. Un peu plus tard, à l’amorce d’une courbe assez dangereuse, l’auto-stoppeuse hurle : « Attention, le virage ! » Le conducteur ralentit, puis les cris des deux jeunes filles à l’arrière le font se retourner, tout comme le passager avant. La dame prise en stop n’est plus dans le véhicule ! La stupéfaction atténuée, les quatre jeunes gens iront raconter toute l’histoire au commissariat de Montpellier… » A l’époque, cet événement a été largement publié par la presse française sous le titre l’Affaire de la dame blanche de Palavas.

A. M., Lausanne, Suisse

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé qu’il s’agissait de Maitreya et qu’il était apparu pour préserver les jeunes gens d’un grave accident.



Interviews

Home Guérir en cultivant la terre

Interview de Catherine Sneed par Jan Spence

Catherine Sneed fut une fille mère en situation d’échec scolaire. Mais elle réussit néanmoins à suivre des études universitaires, et à 38 ans, elle supervise aujourd’hui six jardins destinés à la réhabilitation des détenus, dans la baie de San Francisco. Elle est fondatrice et directrice de trois programmes en faveur des prisonniers incarcérés et des anciens détenus de la prison du comté de San Francisco.

— Le Jail Garden (Jardin de la Prison), situé sur un terrain jouxtant la prison, où les détenus (ou étudiants, comme les appelle Catherine) sont volontaires pour cultiver par de strictes méthodes biologiques des herbes médicinales, des légumes, des fruits et des fleurs.

— Le Garden Projet, situé à San Francisco, qui emploie des prisonniers libérés.

— Le Tree Corps (Groupe Arbres), qui propose aux « étudiants qualifiés » une carrière dans l’horticulture et la sylviculture.

A ce jour, plus de 5 000 prisonniers ont travaillé pour le Jail Garden. Un tiers de la population carcérale de San Francisco participe volontairement à ces programmes.

Partage international : Quelle était votre vie avant vos projets de jardins ?
Catherine Sneed : J’étais étudiante en droit et travaillais avec le shérif de San Francisco, Michael Hennessey. Il avait été mon professeur de droit et m’avait demandé de travailler pour lui en qualité de conseillère auprès de la prison du comté. Étant mère célibataire, cela me permettait de m’occuper de mes enfants. Ce fut mon premier véritable emploi, avec assurance maladie, et cela m’a permis de commencer à préparer ma carrière.
Mon rôle consistait à aider les prisonnières à comprendre comment elles avaient pu en arriver là. Au début c’était très décourageant et frustrant. Elles étaient toutes là pour la même raison : la pauvreté. Toutes partageaient le même genre de problèmes : la plupart n’avaient pas pu terminer leurs études, avaient de jeunes enfants, et se retrouveraient sans logement à leur sortie de prison. La plupart avaient des problèmes de drogue ou d’alcool et n’avaient aucune expérience professionnelle. Même si elles ne voulaient pas retomber dans la prostitution, le trafic de drogue ou le vol, elles n’avaient aucun moyen d’y parvenir.
Ce qui me frappait le plus, c’était que ces femmes ne s’attendaient pas à ce que leur vie soit différente. Elles étaient sans espoir et incapables d’envisager l’avenir. A force de les côtoyer et d’entendre ces histoires horribles, j’ai commencé à me sentir comme elles, et cela m’a rendu très malade.

PI. Parlez-moi de votre maladie.
CS. C’était une maladie des reins. Je suis restée presque quatre mois à l’hôpital. De l’avis des médecins, j’allais mourir. C’est à ce moment qu’un ami m’a prêté les Raisins de la colère.

Créer une ferme

PI. Qu’est-ce qui vous a tellement inspiré dans les Raisins de la colère ?
CS. En lisant ce livre je me suis rappelée que la prison se situait sur ce qui avait été une ferme. Les personnages du livre (la famille Joad) pensaient que s’ils parvenaient à trouver un terrain, ils arriveraient à changer leur vie. Ils me rappelaient le sort des prisonniers qui affrontaient des circonstances épouvantables. J’étais persuadée que si on pouvait faire sortir les prisonniers, cela les aiderait. Je pensais que cela m’aiderait aussi. C’est ainsi que j’eus l’idée de créer une ferme. Je pouvais à peine marcher, mais j’étais tellement enthousiasmée par cette idée que je n’arrivais plus à rester couchée. Le shérif Hennessey m’a dit : « Si ça peut te rendre heureuse, Cathy, vas-y. Tu peux faire sortir les prisonniers, tu peux jardiner, tu peux faire tout ce que tu veux. » Je pense qu’il croyait exaucer mes dernières volontés. Ni lui, ni personne ne s’attendait à ce que je vive.

PI. Vous avez dû défricher le terrain ?
CS. Oui. Il y avait des détritus partout. Il nous a fallu deux ans avant de pouvoir planter quoi que ce soit. Tout cela était nouveau pour moi, et j’étais encore malade. J’étais seule avec quelques prisonniers. Nous n’avions pas d’outils. J’ai dû tout apprendre sur le jardinage. J’ai obtenu une bourse à l’Université de Californie, à Santa Cruz, pour le programme sur les travaux de la ferme et le jardinage, ainsi que l’économie agricole. Je voulais faire pousser des légumes pour les soupes populaires qui servent des repas aux sans abris. Aujourd’hui, nous fournissons les soupes populaires et les cantines pour les malades du sida, ainsi que des chaînes de boulangeries et de restaurants. Nous vendons tout ce que nous arrivons à produire sur plus de six hectares de terre fertile.

PI. Vous avez dit : « Cultiver la terre peut guérir. » Comment expliquez-vous cela ?
CS. Le travail en plein air aide les gens à se sentir mieux dans leur peau, à se recentrer et à sentir qu’ils ont des racines. Le jardinage et le travail de la terre aident les gens à se sentir reliés. Les gens avec lesquels nous travaillons ont des problèmes parce qu’ils ne se sentent reliés à rien. Ils se sentent seuls, comme si ce qui leur arrive ne les concernait pas. Le jardinage les aide à sentir qu’ils sont importants. Mes étudiants savent que s’ils n’arrosent pas les plantes, celles-ci vont mourir. Le jardinage les aide à voir les choses différemment.
Les personnes qui m’ont aidée à nettoyer l’ancien terrain vague, ont vu que nous l’avions transformé en terre cultivable. Cela leur a donné un sentiment de pouvoir. Le sentiment de pouvoir et de force aide les gens à ne plus être aussi agressifs. Les personnes participent à ce programme parce qu’elles ont fait du mal à autrui, et se croient mauvaises et incapables de changer. Ou bien, elles ont été blessées et ne sentent plus que leur douleur. Notre programme carcéral a ceci de bon que les gens participent au miracle de la croissance. Dans le travail de la terre, vous donnez la vie, vous avez tout autour de vous le sens d’une naissance de quelque chose.

PI. Vous sentez-vous spirituellement motivée ?
CS. Oui. J’ai reçu une éducation catholique, mais je n’ai plus été à l’église depuis que j’étais petite. Mais depuis ma maladie, le fait de travailler avec ces personnes m’a montré quelque chose que je n’aurais jamais compris autrement. Je suis convaincue que Dieu vit en chacun et en toute chose. Je l’ai constaté avec ces gens qui ont commis des choses si horribles (maltraiter des enfants, violer, agresser, etc.). Malgré tout cela, j’ai trouvé Dieu en eux, j’ai vu ce qu’ils ont de bon.
Travailler dans un jardin, sous un beau ciel bleu, au milieu des fleurs et des légumes qui poussent, c’est comme un miracle. C’est aussi un miracle de voir des personnes qui ont commis des actes horribles prendre le temps de travailler pour quelqu’un d’autre. Cela ne peut que signifier que Dieu est réellement partout.

Donner l’espoir

PI. Pouvez-vous exposer à nos lecteurs quelques-uns des problèmes que vous affrontez avec vos étudiants, puisque c’est ainsi que vous appelez les prisonniers.
CS. Le problème principal de nos étudiants est l’idée qu’ils n’ont pas d’avenir, qu’il n’y a aucun espoir. La plupart arrivent à surmonter cela, et il est alors possible de travailler avec eux. Un autre grand obstacle réside dans le fait qu’ils ne respectent pas les autres parce qu’ils ne se respectent pas eux-mêmes. Ils se sentent étrangers aux autres. Ils s’attendent à ce que les autres soient méchants ou mesquins; ils s’attendent à être exploités, à ce que les gens leur fassent du mal. Travailler la terre nous transforme tous.

PI. Le shérif Hennessey m’a dit que vous aviez un « don magique pour transformer la vie des gens ».
CS. Voilà qui m’embarrasse beaucoup, parce que je ne suis pas différente des autres. Mais je suis obstinée. Je n’ai jamais appris ce que voulait dire le mot « non ». Quand j’ai entendu dire qu’on ne pouvait pas aider les prisonniers parce que c’étaient des personnes mauvaises, et qu’on ne pouvait pas leur confier un travail, je ne l’ai pas cru. J’essaie de ne pas laisser le pouvoir au « non ».

PI. Parlez-nous de votre programme Groupe Arbres.
CS. Après avoir participé au programme Jardin pendant six mois, les étudiants peuvent rejoindre le Groupe Arbres, un programme unique de plantation et d’entretien des arbres, et d’apprentissage d’un métier. Ce programme est parrainé par le Département du shérif et le Département des travaux publics. Nous venons de signer un contrat de 700 000 dollars pour planter et entretenir des arbres.
Dix personnes ont été sélectionnées pour travailler sur un programme de six mois. Elles travaillent 8 heures par jour pour 8 dollars de l’heure. Elles apprennent un métier et acquièrent de l’expérience. Six hommes et quatre femmes participent actuellement à ce programme. Nous espérons arriver à continuer à les employer dans le Département de sylviculture de Californie pour exécuter des projets dans tout l’État. Le Groupe Arbres représente un véritable travail pour eux. Cela pourra leur servir de référence et ils pourront dire : « Nous avons travaillé pour le Département du shérif. Nous avons travaillé pour le Département des travaux publics. » C’est formidable pour eux. D’ailleurs, ils sont heureux de montrer à leur famille le fruit de leur travail. Ce qui m’enthousiasme le plus, alors qu’ils plantent des arbres dans les zones déboisées de San Francisco, c’est de penser que des enfants de 11 ans et des adolescents qui vendent de la drogue dans les rues peuvent voir qu’il existe une alternative. Les arbres constituent quelque chose de tangible que les gens peuvent voir. Le Groupe Arbres est un bon exemple. Les gens voient le travail d’équipe et constatent les progrès accomplis dans le voisinage.

PI. Pensez-vous qu’il faille faire un effort particulier pour les enfants ?
CS. Absolument. J’ai vu des enfants de 11 ans dans nos rues, en train de vendre de la drogue. La génération qui a perdu l’espoir est de plus en plus jeune. Un enfant de 11 ans avec une arme est dangereux, mais un enfant de 11 ans qui n’a aucun espoir en l’avenir est très dangereux. Il est donc impératif de concentrer nos efforts sur la jeunesse.

PI. Pensez-vous que la société doive se sentir plus concernée par la réinsertion d’un prisonnier lorsqu’il est libéré ?
CS. Il est dans notre intérêt de nous sentir concernés, car nous avons aux États-Unis la plus importante population carcérale du monde. Voyez les conditions de détention dans nos prisons. Rien n’est fait pour que les prisonniers changent pendant leur détention; lorsqu’ils sont libérés, leur situation est pire que lors de leur entrée en prison.

PI. Quelle est à votre avis la qualité primordiale que la société devrait manifester à l’égard des anciens détenus ?
CS. La société doit se sentir responsable des prisonniers et anciens prisonniers. Nous devons, en tant que société, affirmer : « Vous faites partie de nous. Vous n’êtes pas en dehors de nous. Vous devez donc vous comporter comme des êtres faisant partie de notre société. »


Contributions et informations : The Garden Project, 35 South Park, San Francisco, CA 94107. Tél. (415) 243-8034.
La cassette vidéo de Catherine Sneed, Growing Season, peut être commandée à : Bullfrog Films, Box 149 Oley, PAA 19547. Tél. (215) 779-8226, numéro vert : (800) 543-FROG.
Catherine Sneed est conseillère auprès du Département du shérif de San Francisco. Elle s’est vu décerner les prix de Hero of the Earth (héroïne de la Terre), ainsi que de l’Improvement of Justice (Amélioration de la Justice).






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