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Accueil > Revue Partage > année 2013

Extraits de la revue
Partage international

Juillet 2013 - N° 299 / 300

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international

, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • La voix des peuples


  • Courrier des lecteurs


  • Compte rendu de lecture


  • Rayons
    • Quelques personnalités et leurs rayons


  • Compilation


  • S.O.P. — Sauvons notre planète




L'article du Maître

Home La voix des peuples, messagère du futur

par le Maître –

par l’entremise de Benjamin Creme, 6 juin 2013

Pour beaucoup de gens, il devient de plus en plus clair que le système économique mondial tombe en lambeaux et doit être transformé. Par exemple, les économies des États-Unis, de l’Europe et du Japon sont en plein marasme ; et la Chine, encore très dynamique il y a peu, voit sa croissance ralentir. Seule l’Inde, où des centaines de millions d’hommes vivent et meurent encore dans l’indigence, peut se targuer de sa « réussite », au même titre que le Brésil.

Reconnaissons qu’il ne s’agit là que d’une esquisse très incomplète de la situation mondiale, mais globalement les économies stagnent et cherchent en vain la voie de la prospérité. Les vieilles recettes ne marchent plus : les diplômés de l’université ont de la chance quand ils peuvent trouver du travail dans un bar ; les pauvres, plus pauvres que jamais, sont reconnaissants d’avoir accès à l’aide alimentaire ; les classes moyennes luttent pour se maintenir à flot ; les riches s’enrichissent toujours plus, mais se plaignent de payer trop d’impôts. Les gouvernements font ce qu’ils peuvent, mais leurs priorités ne sont pas les bonnes et leurs méthodes sont obsolètes au regard des problèmes que rencontre le monde.

Les peuples par contre, qui souffrent le plus de l’inaction des gouvernements ou de leurs erreurs de jugement, savent parfaitement ce dont ils ont besoin. Ils veulent la liberté, la justice, le droit au travail dans un monde en paix où l’on pourra élever sa famille dans de bonnes conditions. Leurs attentes s’expriment aujourd’hui de plus en plus clairement. Leur patience trouvera bientôt ses limites, car ils ont trop longtemps contenu leur colère et leur frustration. Ils ne croient plus aux belles paroles ni aux réformes que les gouvernements font en leur nom. Trop souvent, et pendant trop longtemps, on les a trompés et dépossédés de leurs droits fondamentaux. Cela, ils le comprennent en termes simples mais leur vision est claire, et ils n’accordent plus de crédit aux machinations des riches et des puissants. La voix des peuples s’élève, elle ne cesse de prendre de l’ampleur et appelle les hommes à sortir de leur réserve.

Les peuples, lucides et résolus, ont tourné leur regard vers l’avenir : ils ont vu qu’il était possible de réaliser leurs aspirations à un monde de justice et de paix. Ils savent que ce monde ne se fera pas tout seul et que tous doivent ensemble, main dans la main, se doter des moyens d’accomplir leur destinée. Ils savent aussi que le chemin sera ardu et dangereux mais que leur objectif est trop précieux pour qu’ils puissent tolérer un échec : leur récompense sera la fraternité, la justice et la paix ; et une vie meilleure, plus simple et plus vraie pour tous. Ils savent qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour un tel but, et la mort elle-même ne les en détournera pas.

Ainsi les peuples du monde prendront-ils possession de l’héritage de liberté et de justice auquel ils ont un droit inaliénable. Ainsi leur voix se fera-t-elle entendre, toujours plus forte et plus claire, dans les mois et les années qui viennent.





Home Stéphane Hessel : le diplomate rebelle

par Jeannette Schneider

Stéphane Hessel, le grand homme de « l’appel à l’indignation sociale » est décédé le 23 février 2013 à l’âge de 95 ans. Son pamphlet Indignez-vous ! a été publié en 2010 et initialement adressé aux Français, notamment les jeunes. A sa grande surprise, deux millions d’exemplaires ont été vendus en très peu de temps en France. A l’heure actuelle, 4,5 millions d’exemplaires ont été vendus dans 35 pays. En Espagne, le mouvement d’occupation Los Indignados s’est inspiré du livre de S. Hessel et en a repris le titre. S. Hessel a publié ultérieurement trois autres livres, chacun sur la nécessité d’un changement social et politique.

Pourquoi sa voix s’est-elle fait si largement entendre ? Tout d’abord, comme il le dit lui-même, il y avait beaucoup à apprendre de sa longue vie et de son expérience. Mais il y a plus : la simplicité de ses mots, leur spontanéité, ses paroles directes et surtout, le fait qu’il ait touché un point sensible – nous savons tous que beaucoup de choses vont très mal aujourd’hui. Nous sommes heureux que quelqu’un de son calibre ait osé parler dans un langage clair de ce qui ne va pas dans notre société.

Stéphane Hessel avait l’autorité pour qu’on l’écoute. Né à Berlin, il déménage avec sa famille à Paris en 1924 (il fut naturalisé français en 1937). Après des études de philosophie, il sert dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Capturé en 1940, il s’enfuit en Angleterre, revient en 1944 et rejoint la Résistance française. Capturé et déporté à Buchenwald où il attendait son exécution, il fut assez rusé pour saisir une occasion de s’évader, et ce faisant, d’échapper à la mort. Il travailla sous un autre nom dans des usines allemandes, s’échappa à nouveau, et il réussit finalement à rejoindre les Alliés. En 1946, il entre dans le service diplomatique pour le gouvernement français, puis à New York de 1946 à 1949, il devient membre de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, participant à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il représente ensuite la France dans diverses fonctions diplomatiques et politiques, en restant toujours fidèle à ses anciens idéaux.

Nous voyons ici résumé l’esprit de Stéphane Hessel : un diplomate incapable de supporter l’injustice et n’ayant pas peur d’exprimer ses opinions. Sa formidable carrière ajoute un poids supplémentaire à ses paroles. Malgré l’expérience du danger et du désastre, il a réussi à maintenir son équilibre.

Indignez-vous !

Bien que S. Hessel centre son argument sur la France dans Indignez-vous !, la majeure partie est applicable au reste du monde. Son universalité explique l’énorme succès de ses écrits. Il admettait que, même s’il était optimiste par nature, il se sentait parfois triste que son combat après la Seconde Guerre mondiale pour la nationalisation des industries, pour le contrôle des services publics par l’État et pour les droits de l’homme ait été négligé ces dernières années.

Comme point de départ de son argumentaire, S. Hessel cite le programme du Conseil national de la Résistance de 1944, destiné à être le fondement d’une démocratie libre en France une fois la guerre terminée. Pour résumer : la sécurité sociale et une pension pour tous, la nationalisation de l’électricité et du gaz, des mines de charbon, des compagnies d’assurance et des banques ; la restitution au peuple des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail collectif. Le collectif doit primer sur le secteur privé : le juste partage des richesses du monde produit par les peuples, doit être placé au-dessus du pouvoir de la finance. En 2013, nous voyons toutefois un écart sans cesse croissant entre riches et pauvres. Un autre objectif déclaré du programme de 1944, une véritable démocratie a besoin d’une presse libre et indépendante de l’État, de la puissance de l’argent ou des influences extérieures.

S. Hessel souligne que l’indépendance des médias est en danger de nos jours. La Résistance a exigé l’éducation pour tous les enfants français, sans exception ni discrimination. En 2008, les mesures prises par le gouvernement français minent cet idéal.

Tout au long de sa vie, il resta ferme sur ces principes, mais c’est maintenant, à notre époque, qu’il pensait qu’il était temps de faire entendre sa voix sur ce qu’il voyait se produire : la destruction progressive de tout ce pour quoi il s’était élevé et avait combattu. Les gouvernements nationaux, par exemple, disent qu’ils ne peuvent plus se permettre de tels programmes de sécurité sociale. Il est évident que ce n’est pas le cas. Depuis 1945, quand l’Europe était en ruines, d’énormes quantités de richesse ont été générées. Mais maintenant, c’est le pouvoir du monde financier qui prévaut – décrit par S. Hessel comme « la domination insupportable des forces du marché ». Les banques privatisées accordent actuellement à leurs dirigeants et aux actionnaires des salaires et des dividendes trop importants sans aucune préoccupation pour le bien collectif.

La base de la Résistance française était une indignation active. S. Hessel appelle les jeunes en particulier à s’inspirer des anciens combattants de la Résistance. Il admet qu’alors il était plus facile qu’aujourd’hui d’agir à l’unisson parce que les questions étaient plus faciles à définir : l’occupation nazie et, une décennie plus tard, la lutte pour la décolonisation. Pour lui le monde moderne est beaucoup plus complexe maintenant puisque la planète elle-même est en danger, quelque chose que personne n’aurait pu imaginer il y a soixante-dix ans. Cela fait d’autant plus de raisons d’être à la fois indigné et engagé.

Il cite J.-P. Sartre : « Chacun est responsable en tant qu’individu », c’est-à-dire, sans référence à aucun pouvoir en dehors de soi. La pire attitude, c’est l’indifférence, l’engagement passionné est, après tout, une qualité humaine essentielle qui confère le pouvoir de résister.

L’indignation est essentielle parce que notre dignité est menacée, et la dignité est le concept fondamental de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Comme S. Hessel dit dans Tous comptes faits : « La violation de la dignité est inacceptable », soulignant l’universalité de la Déclaration. C’est une question d’éthique, pas de morale, car la morale est liée aux conventions et à des modes de conduite qui diffèrent selon les parties du monde, alors que l’éthique concerne l’action juste au bon moment. Les mesures appropriées impliquent la dignité et la justice, déterminées par la personne qui agit et la situation en question. Si on considère le concept du dharma dans l’hindouisme, alors l’indignation est la première étape en rejetant ce qui est inacceptable. Toutefois, l’indignation en tant qu’émotion peut devenir malsaine (Spinoza), mais si elle est tenue sous contrôle par la raison elle peut conduire au résultat souhaité. Elle exige la conscience collective, suivie par des étapes créatives et innovantes pour développer des idées à partir desquelles la volonté de changer suit automatiquement.

Les 29 pages du livret de S. Hessel sont un appel à sortir de la léthargie et de l’abattement pour croire à la possibilité du changement. Il appelle à l’engagement, l’implication active non violente. Il explique, cependant, qu’il est généralement illusoire de s’attendre à des résultats immédiats, que certains échecs sont inévitables et que la persévérance est nécessaire. Il admet que cela implique l’espoir, que le passage des paroles aux actes est difficile. Néanmoins, il reste optimiste et espère que son message poussera les gens à agir.

Il cite plusieurs épisodes de l’histoire où une situation improbable s’est inversée et est devenue réalité, quand ce qui semblait utopique a été réalisé, par nos propres actions, et non par la recherche de quelque force transcendantale extérieure. Ni par la révolution, qui pourrait détruire les trésors du passé. Au contraire, le changement vient de la métamorphose, qui garde intacte l’identité, et la transforme en quelque chose de nouveau. Il conclut ainsi dans Indignez-vous ! : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. »





Point de vue

Home L’Onu se fixe pour objectif d’éradiquer la pauvreté dans le monde d’ici 2030

par Thalif Deen IPS

Note de la rédaction : Ce point de vue « sonne » comme un développement intéressant. Toutefois, en ce qui nous concerne, nous pensons que si le partage des ressources mondiales n’occupe pas une place prépondérante dans le discours international, nous ne parviendrons pas à abolir les inégalités et nous verrons le fossé entre riches et pauvres continuer inévitablement de se creuser. Le sentiment d’injustice résultant de cette situation serait tel que, faute de la confiance nécessaire, en finir avec la guerre s’avérerait impossible.

Nations unies,

Réunie à l’initiative de l’Onu, une commission constituée de personnalités éminentes et ayant à sa tête trois dirigeants mondiaux, a changé les règles du jeu relatives à l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim dans le monde, repoussant à 2030 la date limite de réalisation de cet objectif, fixée actuellement à 2015.

Dans un rapport longuement attendu et rendu public le 30 mai, la Commission a appelé à la formation d’un nouveau partenariat mondial – entre les nations les plus riches et les nations les plus pauvres – placé sous le signe « d’un esprit de solidarité, de coopération et de responsabilité mutuelle » pour lutter contre la pauvreté mondiale.

David Cameron, premier ministre britannique, l’un des trois coprésidents de cette commission composée de vingt-sept membres, a déclaré : « Ce rapport a défini une feuille de route claire pour que l’éradication de l’extrême pauvreté soit réalisée d’ici 2030. Nous avons besoin d’un nouveau partenariat mondial pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) actuels, nous attaquer aux causes sous-jacentes de la pauvreté et défendre la cause du développement durable. »

Les deux autres coprésidents de la Commission étaient le président indonésien Susito Bambang Yudhoyono et la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf.

L’un des tout premiers objectifs des OMD définis en 2001 était l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim d’ici 2015. Mais la crise économique mondiale et les mesures d’austérité adoptées un peu partout dans le monde ces dernières années ont sapé les efforts déployés par la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté. Bien que des progrès limités aient été accomplis, il y a encore plus d’un milliard quatre cents millions d’individus, sur une population totale de sept milliards, qui vivent sous le seuil de pauvreté de un dollar vingt-cinq par jour et se trouvent menacés de mourir de faim.

Les recommandations de la commission s’inséreront dans le programme de développement pour l’après-2015. Une version finale du rapport, incorporant tout ou partie des recommandations, sera présentée aux Etats membres par Ban Ki-moon, en septembre prochain. Le rapport précise : « Nous devons nous assurer qu’aucun être humain – quelle que soit son appartenance ethnique ou géographique, son genre, son handicap, sa race ou toutes autres considérations – ne se voie refuser l’accès aux opportunités économiques de base et à ses droits humains. » Une profonde transformation économique, par le biais de la maîtrise de l’innovation, de la technologie et du commerce, peut mettre un terme à l’extrême pauvreté et améliorer les moyens de subsistance. « Il nous faut agir dès maintenant pour ralentir le rythme inquiétant du changement climatique et de la dégradation de l’environnement qui constituent des menaces sans précédent pour l’humanité », prévient la Commission.

Manish Bapna, directeur de l’Institut des ressources mondiales, a indiqué à IPS que les recommandations de la Commission constituent un pas en avant significatif qui place la durabilité au centre du programme de développement. Un profond changement d’optique, souligne-t-il, s’observe dans les recommandations qui reconnaissent que la réduction de la pauvreté « est totalement liée à la façon dont nous traitons notre environnement naturel. Si l’on met ce programme en œuvre, on peut arriver à dégager une vision globale en matière d’éradication de la pauvreté, de stimulation de la prospérité et de protection de la planète. »

Le Dr Babatunde Osotimehin, directeur du Fonds des Nations unies pour la population, a indiqué à IPS qu’il était entièrement d’accord avec la déclaration des membres éminents de la Commission selon laquelle la personne humaine doit être au cœur de tout programme de développement car nul ne doit se voir refuser, pour quelque raison que ce soit, la jouissance de ses droits humains universels et l’accès aux opportunités économiques de base. « Nous nous associons également à leur appel à l’instauration d’un programme centré sur la personne humaine garantissant des droits égaux aux femmes et aux filles et les autonomisant de façon qu’elles puissent assumer un rôle de leader dans leurs sociétés. » Le Dr. Osotimehin estime que le Fonds qu’il préside a la conviction que les femmes et les filles devraient avoir les moyens d’exercer leur droit à faire des choix concernant leur santé, particulièrement sexuelle et procréative, en toute liberté et sans la moindre coercition.

Le rapport de la Commission montre, une fois de plus, qu’investir dans la santé des femmes n’est pas seulement juste mais que c’est, économiquement parlant, intelligent. Judith Randel, d’Initiatives pour le développement, note que « c’est en partie parce que la transparence, la responsabilité, et la participation n’ont pas été posées comme des objectifs explicites dans les Objectifs du millénaire pour le développement actuels que ces derniers ne seront pas réalisés en totalité. Nous sommes heureux de constater que la commission a tiré les leçons du passé et nous espérons vivement que ses propositions seront adoptées par les gouvernements et les institutions du monde entier. »

Dans un communiqué du 30 mai, John Podesta, représentant les Etats-Unis au sein de la Commission et président du Center for American Progress (CAP), a déclaré : « Notre rapport ambitieux appelle à l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim d’ici 2030. Mais nous reconnaissons également que, si nous voulons voir se prolonger les succès des OMD et mettre un terme à la pauvreté pour les générations futures, nous devons construire des économies et des sociétés durables et socialement inclusives. Il ne faut laisser personne de côté. Ce rapport est le premier chapitre, et non le dernier mot du programme pour l’après-2015. C’est encore vrai aujourd’hui, mais j’incite fortement le peuple et les décideurs politiques américains à prendre au sérieux les recommandations du rapport et à réfléchir à la manière dont nous pouvons travailler ensemble à la construction du monde que nous voulons pour 2030. »

Stephen Hale, d’Oxfam Londres, a déclaré : « Ce rapport est une contribution importante au processus de l’après-2015. Nous espérons que ce sera un point de référence dans les négociations à venir. » Toutefois, Oxfam a indiqué que le non-ciblage des inégalités croissantes de revenus compromettrait les efforts déployés pour réaliser des progrès en matière de développement équitable et durable. « La Commission a omis de tenir compte du consensus grandissant sur le fait que des niveaux élevés d’inégalité sont moralement inacceptables et dommageables pour la croissance et la stabilité, a déploré S. Hale. Faute d’efforts ciblés pour réduire les inégalités, les progrès sociaux et économiques seront compromis. » Un plan de réduction des inégalités, voilà ce qui manquait cruellement dans les OMD originels, et la non-prise en compte des inégalités de revenus va compromettre les efforts visant à éliminer la pauvreté et l’injustice. A titre d’exemple, le un pour cent le plus riche de la population mondiale a vu ses revenus croître de 60 % au cours des vingt dernières années. Et les cent détenteurs des plus grosses fortunes du monde ont amassé 240 milliards l’an dernier – soit plus de trois fois la somme nécessaire pour mettre fin à l’extrême pauvreté.





Signes des temps

Home L’image de Ganesh apparaît dans une aubergine

Source : thesun.co.uk ; thisisleicesershire.co.uk

En mai 2013, un employé d’une entreprise de restauration de Leicester (Angleterre) a découvert dans une aubergine ce qui ressemblait à la tête d’éléphant de la divinité hindoue Ganesh. Praful Visram, propriétaire de l’entreprise de restauration 4 saisons, a déclaré que l’un des employés de l’entreprise a trouvé le légume parmi d’autres aubergines.  Praful Visram l’a placé sur son lieu de travail, dans un sanctuaire improvisé.  Praful Visram, sa famille et les employés se sont mis à prier tous les jours devant l’aubergine. Des dizaines de personnes se sont rendues sur les lieux pour voir l’aubergine et prier. Selon Praful Visram : « C’est une bénédiction pour nous, cela génère une bonne ambiance dans la communauté. » Ganesh est vénéré comme le « Leveur d’Obstacles » et le « Seigneur des Commencements ».

 

Le dieu hindou Ganesh est toujours représenté avec une tête d’éléphant assortie de larges oreilles et d’une trompe, comme c’est le cas de cette statue. La peau de l’aubergine ci-contre s’est ouverte, révélant la tête de Ganesh : on distingue la forme des oreilles et de la trompe de Ganesh dans la pulpe du légume.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la forme de Ganesh dans l’aubergine a été manifestée par Maitreya.


Home Un macaron surprenant

Cher Monsieur,

A la fin mai 2013, toute la famille a participé à un « atelier macaron » pour apprendre à cuisiner ces pâtisseries. A la fin de la cuisson, quand nous avons retourné les macarons, nous avons eu la surprise de trouver l’empreinte d’un cœur dans un des gâteaux – nous n’aurions pas pu faire cette forme ! Comment a-t-elle été produite ?

N. H., Genève, Suisse

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « forme de cœur » dans le macaron a été manifestée par le Maître Jésus.


Home Philippines : Une statuette de la Vierge verse des larmes de sang

Source : sunstar.com/ph

A Cebu (deuxième ville des Philippines), une statuette de la Vierge a versé des larmes de sang. Jaythro Rayla, âgé de quatorze ans, a vu la statuette familiale de la Vierge verser des larmes de sang le jour du Vendredi Saint (29 mars 2013). Il a essuyé le sang, mais quelques jours plus tard il a à nouveau vu du sang couler sur le visage de la Vierge. Il en a parlé à sa mère, Jude, qui à son tour en a informé le reste de la famille. La nouvelle s’est vite répandue dans toute la communauté et beaucoup de gens sont venus voir et prier devant la statuette en porcelaine de 30 cm de haut.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le « sang » a été manifesté par Maitreya.


Home Un ovni au-dessus de la Floride

Source : YouTube : UFODisclosureIreland



« UFODI News : un énorme ovni en forme de soucoupe au-dessus de la Floride », signale le site UFODisclosureIreland, qui poste une vidéo prise le 31 mai 2013. 

Tony Gruvver explique : « L’ovni volait à basse altitude sur la zone sans aucun bruit ni moyen de propulsion. Il était en forme de soucoupe avec des hublots parfaitement visibles et il émettait des centaines de lumières étranges dans différentes couleurs, comme une sorte de spectacle nocturne. Nous avons vu ces lumières à Auburndale, en Floride, alors que nous étions en train de pêcher. Ce film est spectaculaire pour une séquence de nuit, ne le ratez pas ! »

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que les lumières provenaient de vaisseaux spatiaux martiens.


Home Fidel Castro et les colombes

Cher Monsieur,

J’ai vu un documentaire sur la vie de Fidel Castro intitulé Fidel – L’Histoire cachée. Lors du premier discours de Castro, après qu’il ait vaincu les troupes de Batista en janvier 1959, des colombes ont été libérées par quelqu’un dans le public. L’une d’elles a volé en direction de Castro, et s’est posée sur son épaule. Les autres, qui ont également volé dans sa direction, sont restées très près de lui. La colombe qui est restée sur Castro était-elle un signe de Maitreya ?

T. S. A., Brésil

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que les colombes ont été « dirigées » par le Maître Jésus.


Home Bénédiction de lumière du Maître Jésus

Une photographie envoyée par R. van de P., montre une bénédiction de lumière du Maître Jésus dans la version papier de la revue Partage international, n° 299-300 page 19.




Home Un sénateur voit trois anges

Source : dailyherald.com

Le sénateur américain Mark Kirk affirme avoir vu trois anges après une attaque cérébrale survenue en 2012, qui lui causa une paralysie partielle du côté gauche. Les médecins le mirent dans un état de coma artificiel et il dut subir une importante opération du cerveau. C’est pendant cette intervention qu’il vit trois anges qui se tenaient au pied de son lit. Ils l’invitèrent à venir avec eux mais il répondit : « Non, ce n’est pas le moment », et il se réveilla dans l’unité de soins intensifs de l’Hôpital Northwestern Memorial, de Chicago (E.-U). Bien qu’il ne sait pas si son expérience n’était qu’un rêve, un effet de la médication ou une expérience au seuil de la mort, il déclare que cela a renforcé sa foi et changé sa vision du monde. Sa vie et sa manière de penser ont beaucoup changé. Il déclare que son expérience l’a conduit à « ne jamais renoncer ».

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que cette expérience était authentique. Les anges étaient des dévas.


Home Des « ailes » dans le dos ?


 

Cher Monsieur,

Cette photographie de ma meilleure amie, C. R. D., a été prise à Paris, Gare de Lyon, le 23 juin 2012. Il semble y avoir des « ailes » dans le dos. Ont-elles été manifestées par un Maître ?

S. A.-H., Winnipeg, Canada

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que les « ailes » ont été manifestées par le Maître Jésus.


Home L’« étoile » à West Harrison

Source : YouTube : tuffprep1

West Harrison, Indiana

« La vidéo d’un grand objet brillant, changeant de couleur et se déplaçant rapidement, a été mise en ligne sur YouTube le 12 mai 2013.

Le Maître de B. Creme a indiqué que l’objet coloré était l’« étoile » de Maitreya.


Home Un ovni pénètre dans le Popocatépetl

huffingtonpost.com, YouTube : StephenHannardADGUK


Mexique – Une caméra qui surveille en permanence le volcan Popocatépetl, près de Mexico, montre ce qui semble être un ovni qui s’approche, ralentit, fait demi-tour et pénètre dans le volcan fumant. La vidéo, prise par le grand réseau de télévision Televisa, a été enregistrée le 30 mai 2013. Sur des vidéos prises par la même caméra en octobre et novembre 2012, des ovnis ont été vus volant à l’intérieur ou à proximité du volcan (voir Partage international, décembre 2012).

Le Maître de B. Creme a indiqué que l’objet était un engin spatial. Voir plus d’informations dans notre rubrique Questions-réponses.


Home Ovni au-dessus de la grange Edgmoor

Source : huffingtonpost.com, ABC10news.com, YouTube


 

Californie, États-Unis – Une femme qui avait photographié un monument historique local à Santee, en Californie, près de San Diego, a découvert plus tard l’image d’un ovni sur l’une des photos. Ellen Henry prenait des photos de la Grange Edgmoor, le 7 mai 2013, lorsqu’elle a remarqué un « point » sur l’écran LCD de son appareil, après avoir pris une photo. Quand plus tard, elle a téléchargé la photo sur son ordinateur, elle s’est rendue compte que le « point » sur la photo était en fait un ovni dans le ciel au-dessus de la grange. « On le voit distinctement, et ce n’est certainement pas un insecte », a-t-elle déclaré. Elle a également indiqué que son appareil a cessé de fonctionner après avoir pris les photos ce jour-là. Une télévision locale d’information, ABC10news, a rapporté le témoignage et diffusé l’image de l’ovni.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’objet était un vaisseau spatial martien


Home Un groupe d’enfants filme des ovnis

Source : UFODisclosureIreland


 

États-Unis – Un groupe d’enfants a filmé des ovnis, au-dessus des États-Unis, le 20 mai 2013. Mme Rogers a déclaré : « Nous nous trouvions à l’extérieur quand tout à coup, ces lumières sont apparues dans le ciel. Encore aujourd’hui je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit. Alors, qu’en est-il ? »

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que les lumières provenaient d’un vaisseau spatial martien.



Tendances

Home La Journée mondiale du Partage mobilise des millions de personnes

Source : thepeoplewhoshare.com ; www.pioneerspost.com

Le 2 juin 2013, plus de quatre millions de personnes ont partagé de la nourriture pendant la Journée mondiale du Partage. Un chiffre record selon les organisateurs, un groupe basé à Londres nommé Les gens qui partagent

Cette année, le thème de la journée était le partage de la nourriture. Des gens, dans le monde entier, ont partagé de la nourriture avec des amis, des voisins, des communautés et des personnes dans le besoin. Parmi les nombreux groupes prenant part aux activités de cette Journée, on pourrait citer Trussell Trust, un réseau de banques alimentaires au Royaume-Uni, et Fare Share, un groupe qui redistribue de la nourriture qui autrement serait jetée, à ceux qui vivent dans la privation au Royaume-Uni. Avec ses 184 partenaires dans le monde, Les gens qui partagent ont touché plus de 70 millions de personnes dans 192 pays, le Jour mondial du Partage !

Dans une récente interview en ligne sur Pioneers Post, Benita Matofska, fondatrice des Gens qui partagent, a expliqué comment le partage était la clé des problèmes mondiaux : « En regardant le monde, je me suis rendu compte que ce qui n’allait pas c’était l’insuffisance du partage. C’est vraiment excitant car c’est quelque chose sur quoi nous avons prise. Je me mis à observer le consensus qui se produisait dans les intérêts et les activités autour de la notion de partage, par exemple la consommation collaborative (modèle économique où l’usage prédomine sur la propriété). Il est intéressant de voir ce glissement croissant de la propriété à l’usage, même si à l’heure actuelle personne ne peut encore parler d’une économie de partage. Si nous regardons nos problèmes cruciaux, crise financière, environnementale et sociale, ils peuvent tous être résolus par le partage. Si nous partagions les opportunités au sein de nos communautés, nous aurions des liens sociaux plus forts. Si nous partagions les responsabilités et les ressources, nous ne nous trouverions pas dans une telle désorganisation planétaire.

Si vous considérez les problèmes financiers, ce qui ne va pas est vraiment simple à déterminer. Ce qui est vraiment négatif, c’est que notre système est linéaire et non circulaire. Il ne permet pas de boucler la boucle en termes de production et de distribution. C’est là que le bât blesse.

A mon avis, tout cela revient au manque de partage. Ajoutons à cela le glissement culturel survenu ces trente dernières années. Dans certaines régions du monde, on consomme l’équivalent des ressources de sept planètes. Les projets à court terme ne fonctionnent plus, ils ne sont plus compatibles avec un développement durable. Notre comportement lui-même ne l’est plus. A mon avis, il n’y a que partage, partage, partage. »




Home Le Brésil sur le point d’effacer la dette africaine

Source : BBC ; The Rio Times

Dans le cadre d’un plan visant à resserrer les liens économiques et diplomatiques avec l’Afrique, le gouvernement brésilien a décidé d’annuler ou de restructurer la dette de douze pays africains. Cette mesure portera sur environ 900 millions de dollars, selon la déclaration de Dilma Rousseff, présidente du Brésil, lors de sa visite en Éthiopie pour la célébration du 50anniversaire de l’Union africaine. Parmi les pays bénéficiaires, le Congo-Brazzaville, la Tanzanie et la Zambie.

Le Brésil est également en train de mettre en place une agence pour le développement qui offrira assistance et support à l’industrie en Afrique et en Amérique latine. Le but de l’agence sera de fournir une infrastructure à l’agriculture et aux programmes sociaux. Sensible à la critique historique de l’exploitation de l’Afrique par les pays occidentaux, la présidente brésilienne a mis l’accent sur la coopération et le bénéfice mutuel. D. Rousseff a déclaré : « Le Brésil considère l’Afrique comme un frère et un proche voisin. »




Home Une championne d’échecs illettrée, issue des bidonvilles d’Ouganda

IPS ; newvision.co.ug/news

A l’âge de neuf ans, Phiona Mutesi fouillait les poubelles de Katwe, le plus grand bidonville d’Ouganda, et dormait dans la rue. Orpheline du sida, Phiona souffrait de la faim, vivait dans la crasse et luttait pour sa survie. Elle découvrit les échecs à l’accueil d’une église de Kampala, avec ce qui était le plus important pour elle à l’époque, un bol de porridge chaud, offert avec les leçons d’échecs gratuites.

Ce programme était géré par Robert Katende, de Sports Outreach Institute, une mission chrétienne. C’est la faim qui ramena Phiona aux cours d’échecs et à l’entraînement payé d’avance. « J’aime les échecs parce qu’il faut planifier, explique-t-elle. Quand vous vivez dans un bidonville, il faut prévoir comment vous aurez à manger le lendemain. »

Phiona a commencé à gagner et a participé au Tournoi international d’échecs pour les enfants de 2009, au Sud-Soudan. C’était la première fois qu’elle prenait l’avion. Devenue travailleur saisonnier, elle a participé à deux Olympiades d’échecs en Sibérie et en Turquie. Elle a été nommée aussi Maître candidat féminin, premier titre donné par la Fédération mondiale d’échecs, après le Tournoi d’Istanbul de l’année dernière (2012).

Elle a récemment pris la parole au Sommet des femmes dans le monde, à New York, auquel participaient Hillary Clinton et Oprah Winfrey. Aux États-Unis, Phiona a rencontré son héros, le grand maître Garry Kasparov, l’un des meilleurs joueurs d’échecs du XXe siècle et a même joué contre lui. Bill Gates aurait demandé à jouer contre elle.

Phiona est âgée d’environ 14 ans. Elle n’est pas certaine de sa date de naissance, et apprend seulement à lire. Elle a passé son enfance à rechercher le moyen de survivre une journée de plus. « Mais maintenant, j’ai l’espoir de devenir un grand-maître, déclare-t-elle, ou un docteur, ou même de construire un orphelinat pour les enfants des bidonvilles. Je n’aurais jamais cru devenir un modèle pour les autres. »





Les priorités de Maitreya

Home Assez de nourriture pour tout le monde Si…

The Guardian, BBC ; enoughfoodif.org

Le 8 juin 2013, environ 45 000 personnes se sont rassemblées à Hyde Park, à Londres, pour manifester en faveur de l’éradication de la faim dans le monde. Cette manifestation était organisée par la campagne Assez de nourriture pour tout le monde Si… Un étonnant spectacle de 250 000 fleurs de papier roses, bleues, blanches et jaunes tournoyaient pour montrer combien d’enfants meurent de malnutrition chaque année. Le rassemblement, organisé par une coalition de plus de 150 associations caritatives et religieuses, a eu lieu dix jours avant que le premier ministre britannique David Cameron préside le sommet du G8 en Irlande du Nord, afin d’appeler les leaders mondiaux à s’attaquer aux causes de la faim.

Bill Gates a félicité le Royaume Uni de « montrer la voie » en ce qui concerne la lutte contre la faim. Il a déclaré : « Le Royaume Uni tient sa promesse envers les pauvres du monde, principalement parce que vous tous rappelez régulièrement et bruyamment à vos leaders que c’est une question importante. C’est maintenant que nous devons faire la différence à ce sujet. » Le metteur en scène Danny Boyle (qui a conçu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2012) a insisté sur le fait qu’éradiquer la faim dans le monde serait la « la plus belle médaille d’or que la Grande-Bretagne pourrait gagner en 2013 ». Il a enjoint les leaders mondiaux à « se battre et à encore et encore se battre » pour empêcher que des gens meurent par manque de nourriture. « Je suis complètement horrifié lorsque je vois ces athlètes enthousiastes qui défilent avec leurs drapeaux alors que dans leurs pays respectifs plus de trois millions d’enfants meurent de faim chaque année. Toute personne qui dit que nous ne pouvons rien faire contre la crise de la faim se trompe. C’est mon rêve – un rêve passionné – que pour les prochains Jeux olympiques plus personne ne meure de faim dans aucun des pays représentés pas ces merveilleux drapeaux flottant dans le vent. Et c’est un combat dont nous sortirons victorieux. »

Rowan Williams, ancien archevêque de Canterbury, a été à l’initiative d’une minute de silence destinée à « méditer sur la souffrance » causée par une mort par malnutrition. Il a déclaré : « Penser à toutes ces morts inutiles devrait susciter une juste colère, une colère contre cette injustice de la faim qui dure depuis trop longtemps. Et à la fin de notre silence, nous devons faire un bruit énorme, afin de montrer que nous ne resterons jamais silencieux sur des questions qui comptent. »

Avant le rassemblement de Hyde Park, plus de 3 500 personnes, venues de tout le Royaume Uni, ont assisté à cette cérémonie religieuse méthodiste qui a eu lieu dans le Central Hall à Westminster.

Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a déclaré : « Nous devons nous sentir responsables du fait que des millions de personnes aient faim chaque jour. Ce sont nos frères et nos sœurs et leur souffrance est aussi la nôtre. Le fait que dans un monde d’abondance tant de personnes soient dans le manque est inexcusable. Nous nous sommes rassemblés aujourd’hui en solidarité avec ces millions de personnes qui sont contraintes à la pauvreté parce que le système alimentaire mondial est biaisé en faveur de ceux qui détiennent le pouvoir politique et financier. Il y a peu de justice dans un monde où une minorité s’autorise à amasser des richesses sur le dos de la majorité. Et un monde où se développer, atteindre son plein potentiel est le privilège de certains et pas d’autres est un monde qui n’a pas réussi à impliquer pleinement les gens dans les domaines politiques et économiques. »

« Les leaders du G8 doivent, dans le cadre de cette réunion qui aura lieu dans les jours qui viennent, s’attaquer au cœur du problème – fiscalité, transparence, répartition des ressources, aide – des aspects qui doivent être soigneusement examinés afin que par exemple des petits fermiers puissent en bénéficier. Notre monde n’est pas là afin que certains puissent festoyer alors que d’autres meurent de faim. Chacun a le droit à son pain quotidien. »

Justin Welby, archevêque de Canterbury récemment nommé, a déclaré : « Nous sommes venus fêter cette opportunité que nous avons de contribuer à ce que la faim disparaisse de ce monde de notre vivant. Ce n’est que par des manifestations de masse telles que la nôtre que cela arrivera. »

La veille du rassemblement de Londres, une Journée d’action mondiale a été organisée dans le cadre de la campagne Si… avec des milliers d’événements dans une douzaine de pays. Voici ce que rapporte le site web : « Des milliers d’entre vous avez saisi cette occasion unique de vous mobiliser contre le fait scandaleux qu’une personne sur huit dans le monde ne mange pas à sa faim bien qu’il y ait assez de nourriture pour tous. »


Voir les informations sur la campagne Si… dans Partage international, mars et juin 2013.




Home Des millions d’enfants meurent inutilement de malnutrition

Source : BBC, G.-B.

Les résultats de recherches publiés dans le journal médical britannique Lancet dejuin 2013 montrent que la malnutrition est globalement responsable de 45 % des morts d’enfants âgés de moins de cinq ans, ce qui signifie que 3,1 millions d’enfants meurent victimes de malnutrition chaque année.

Une équipe internationale a passé en revue les différentes causes de malnutrition pendant la grossesse et l’enfance et a souligné le fait que les 1 000 premiers jours de la vie (jusqu’à l’âge de deux ans) ont un impact durable sur la santé de l’enfant.

Le professeur Robert Black, de l’École de santé publique John Hopkins Bloomberg à Baltimore (E.-U.), dirige depuis 2008 une équipe de chercheurs qui ont mis en évidence le fait que dans les pays à faible et à moyen revenu, les enfants et leurs mères souffrent de malnutrition et d’obésité. Selon eux, 900 000 vies pourraient être sauvées dans 34 pays si dix interventions d’aide alimentaire de grande envergure étaient lancées.

La malnutrition, qui inclut le surpoids et l’obésité aussi bien que la sous-nutrition, a également un impact économique. Selon le professeur Black : « Le déficit nutritionnel précoce a des conséquences sur le développement de l’individu ainsi que sur sa réussite scolaire, et en fin de compte sur sa réussite sociale et professionnelle. »

Les chercheurs nous informent que les nations ne sortiront pas de la pauvreté tant que la question de la nutrition ne deviendra pas une priorité mondiale. Le Dr Richard Horton, rédacteur au Lancet, a déclaré : « Avec l’optimisation de la nutrition infantile et maternelle, les bienfaits qui en résulteront bénéficieront aux générations futures et c’est pourquoi nous devons travailler ensemble maintenant afin de saisir cette opportunité. »

La campagne Assez de nourriture pour tout le monde Si… voudrait qu’un milliard de dollars d’aide supplémentaires soient consacrés à la malnutrition d’ici 2015. Anita Tiessen, porte-parole de la campagne, a déclaré : « Les nouveaux chiffres confirment nos pires craintes : que des centaines de milliers d’enfants supplémentaires meurent de malnutrition par rapport à ce qui était initialement prévu. Nous avons réalisé d’énormes progrès en ce qui concerne la prévention de la mortalité infantile dans le monde, mais la malnutrition est notre talon d’Achille. Nous devons de toute urgence donner la priorité à la lutte contre la faim si nous voulons continuer à progresser. »





La voix des peuples

Home Fermeture d’une centrale nucléaire américaine

Source : sfchronicle.com

Une compagnie californienne a annoncé la fermeture définitive de sa centrale nucléaire de San Onofre située entre les villes de Los Angeles et San Diego. Cette centrale était en sommeil depuis plus d’un an à la suite de plusieurs pannes. Lorsqu’elle a voulu redémarrer la centrale, la compagnie Southern California Edison (SCE) s’est vite confrontée à des poursuites lancées par des militants anti-nucléaires, de nouvelles réglementations et une enquête du Congrès américain sur la sécurité de cette centrale. L’ONG Environnemental Friends of the Earth, qui a poursuivi SCE suite à sa décision de redémarrer la centrale, a annoncé la décision de fermeture par un gros titre : « Victoire ! Edison ferme San Onofre pour de bon. »

La fermeture de San Onofre fait suite aux récents déboires de l’industrie nucléaire américaine. En mai 2013, une centrale nucléaire du Wisconsin a été fermée, son propriétaire ayant décidé qu’elle n’était plus rentable. En février 2013, le propriétaire d’une centrale en Floride l’avait fermée en raison de problèmes mécaniques trop chers à réparer. La Commission de régulation nucléaire avait également conclu qu’un plan de construction de deux nouveaux réacteurs au Texas était illégal.




Home Protestation mondiale contre Monsanto

Source : The Associated Press ; www.alternet.org

Le 25 mai 2013, des manifestations contre les cultures génétiquement modifiées Monsanto se sont tenues dans 436 villes de 52 pays.

A Los Angeles, les manifestants ont brandi des pancartes portant l’inscription « Real Food 4 real People » (De la vraie nourriture pour de vrais gens) et « Label OGM, It’s Our Right to know » (Étiquetez les OGM : nous avons le droit de savoir).

Quelques mois plus tôt, Tami Canal, de l’Utah, mère de deux jeunes enfants, avait organisé un mouvement mondial contre cette énorme compagnie. Elle en avait assez de devoir dépenser une « petite fortune » pour nourrir sa famille avec des denrées qui ne soient pas empoisonnées. Son inquiétude pour la santé publique, pour les effets délétères sur l’environnement et la corruption politique l’ont motivée à écrire l’appel d’une mère sur Facebook. « Non seulement ils menacent nos enfants ainsi que nous-mêmes, mais également l’environnement, affirme-t-elle. Le déclin des populations d’abeilles est lié aux pesticides qu’ils utilisent, et ceci n’est qu’un début. J’ai récemment lu des études selon lesquelles les papillons ont commencé à disparaître ; quant aux oiseaux, ce n’est plus qu’une question de temps : c’est l’effet domino. »

Des manifestants à Buenos Aires et dans d’autres villes d’Argentine ont diffusé des slogans et des affiches exigeant que Monsanto retire ses produits d’Amérique latine, où le soja et les céréales génétiquement modifiés de cette compagnie couvrent près de 100 % du marché, et où les produits chimiques Round-Up sont répandus toute l’année sur les champs où les vaches paissaient encore récemment.

L’Organisation de biotechnologie industrielle, qui représente Monsanto, DuPont & Co et d’autres producteurs de semences OGM, ont fait pression sur le Sénat américain, qui a massivement rejeté un projet de loi imposant l’étiquetage obligatoire sur les produits OGM. Mais les Parlements du Vermont et du Connecticut débattent de cette question et envisagent de forcer les compagnies à mentionner les ingrédients OGM sur les emballages. Whole Foods Market (une chaîne de magasins bio) a déclaré que d’ici à 2018, tous les produits OGM se trouvant dans ses entrepôts d’Amérique du Nord seraient dûment signalés comme tels.




Home Brésil : les autochtones font entendre leur voix

AmazonWatch.org

Le sort des populations autochtones du Brésil est en jeu. Après qu’un groupe de manifestants indigènes aient réoccupé le barrage de Belo Monte, un tribunal d’Altamira leur a ordonné de partir ou de se voir éliminé physiquement par la police. Ils ont répondu en déchirant l’ordre, refusant de partir, et en exigeant que Gilberto Carvalho, le chef de cabinet de la présidente Dilma Rousseff, vienne à leur rencontre.

Leur lettre au gouvernement brésilien (lettre n° 8, du 29 mai 2013) expliquait :

« Le massacre a été annoncé et seul le gouvernement peut empêcher cette issue. Nous avons occupé le site de construction du barrage de Belo Monte. Nous défendons nos terres. Ces anciennes terres ont toujours été les nôtres et vous en avez déjà pris une partie. Et maintenant vous essayez d’en prendre plus. Nous ne partirons pas [...]. Le gouvernement doit venir ici et nous entendre. Vous connaissez déjà notre plan d’action. Nous exigeons la suspension de tous les travaux et études de barrages sur nos terres. Nous exigeons le retrait de la Force nationale de nos terres. Ces terres sont les nôtres. Vous avez déjà suffisamment gaspillé nos terres. Vous voulez que nous soyons dociles et calmes, obéissant à votre civilisation sans question. Mais dans la situation actuelle, nous savons que vous préférez nous voir morts parce que nous faisons du bruit. »

En réponse à cette lettre, Gilberto Carvalho et le gouvernement brésilien ont tenu une réunion le 4 juin 2013, avec 141 représentants des groupes ethniques autochtones Munduruku, Xikrin, Arara et Xipaya.

Après la réunion, le groupe a envoyé une nouvelle lettre communicant sa décision collective : « Nous comprenons que nous sommes maîtres de notre destin et nous voulons que la Constitution de 1988 soit respectée, garantissant l’organisation sociale indigène, les coutumes, les langues, les croyances et les traditions, en tant que peuple autochtone, le droit sur nos terres et le droit de ne pas en être chassés, ainsi que le respect des autres lois qui nous protègent. Nous demandons donc une déclaration officielle du gouvernement brésilien précisant si notre décision finale sera respectée, et si le processus de consultation proposé se fera de manière contraignante et autonome. »




Home Pérou : manifestations contre les compagnies pétrolières

Source : The Guardian, Royaume-Uni

Au nord de l’Amazonie péruvienne, des indigènes Achuar ont manifesté pour protéger leurs terres contre la compagnie pétrolière nationale péruvienne Petroperu, qui a l’intention d’entrer sur leur territoire et d’exploiter environ 42 millions de barils de pétrole léger.

Une manifestation a eu lieu le 9 mai 2013 à Wisum, près de la frontière équatorienne, soit douze jours après que Petroperu ait repris l’exploitation de cette zone (Lot 64) à la compagnie canadienne Talisman, qui s’en était retirée en septembre 2012 en raison de l’opposition locale. Cette manifestation est embarrassante pour Petroperu car l’acquisition du Lot 64 constitue pour elle une reprise d’activité dans la région, après une interruption de dix-sept ans.

La manifestation a eu lieu sur la piste d’atterrissage de Wisum et a rassemblé des hommes, des femmes et des enfants de plus de 20 communautés Achuar. Certains brandissaient des panneaux sur lesquels on pouvait lire : « Non à Petroperu : non à la vente de notre territoire Achuar ».

Un communiqué de la Fédération péruvienne des nations Achuar (Fenap) expliquait : Petroperu ne doit pas exploiter le Lot 64. En tant que propriétaires de notre territoire, nous sommes opposés aux activités pétrolières. Nous informons l’État péruvien que la position du peuple Achuar dans la région de Pastaza n’a pas changé depuis la création, sans consultation, du Lot 64 en 1995. Nous allons continuer à résister activement à tout type d’exploitation pétrolière sur notre territoire ancestral qui couvre la grande majorité de la concession. »

Une autre organisation Achuar, Achuarti Iruntramo (ATI), a publié une déclaration se terminant par cet avertissement : « Nous allons rendre impossible l’entrée de Petroperu. » Le président de la Fenap, Peas Peas Ayui, a déclaré : « Nous ne laisserons aucune société pénétrer. Nous sommes les propriétaires. Nous sommes les premiers habitants. Nous voulons vivre en paix. Nous avons le droit de nous défendre et si Petroperu essaie d’entrer, nous nous battrons avec acharnement contre elle. »





Courrier des lecteurs

Home Du bon travail

Cher Monsieur,

Le 11 mai 2013, à la fin de la pause d’une conférence de M. I. à Osaka, un peu après le début des questions/réponses, un spectateur sortit dans l’entrée pour discuter amicalement avec un agent. Je pensais qu’ils se connaissaient. Je disposai les documents d’information sur la table afin que les gens puissent facilement les prendre. Alors, l’homme s’approcha de moi pour me dire : « Vous m’avez montré quelque chose de bien. » Je lui demandai ce que cela voulait dire. Il répondit : « Je veux parler en fait de votre façon de vous y prendre avec un sourire. » Je répliquai : « C’est le moins que je puisse faire en ce moment. Je ne fais que cela. » Après avoir dit : « C’est bien, et je viens vraiment de voir de belles choses », il partit. Sa remarque me laissa une forte impression et alors je demandai à l’agent qui lui avait parlé s’il le connaissait. Il répondit que non et que l’homme avait fait l’éloge de la conférence et de l’attitude des organisateurs. J’ai accomplis la même tâche que chaque année à la conférence mais cette remarque me conforta dans l’idée que faire des choses simples avec sourire et enthousiasme est très important. Etait-ce une personne particulière ?

S. M., Gifu, Japon

Le Maître de B. Creme a indiqué que l’homme était le Maître Jésus.


Home Assistance

Cher Monsieur,

Le 18 mai 2013, après avoir présenté la conférencière M. I., je pris place près de la porte latérale de la salle. Les sièges des quatre ou cinq premiers rangs étaient tous vides, puis un jeune homme vint s’asseoir juste devant moi. Dans la faible lumière de la salle, je remarquai qu’il semblait avoir la trentaine, les cheveux foncés, il portait une chemise blanche et un pantalon noir. Sa chemise était usée et plutôt sale. Je ne pouvais voir son visage mais je m’imaginai qu’il était asiatique. Il avait des écouteurs blancs sur les oreilles et un lecteur de CD à la main. Je trouvais étrange qu’il garde ses écouteurs durant toute la conférence. Puis, il s’allongea sur la rangée de sièges vides et commença à émettre des grincements en bougeant. Les gens aux alentours semblaient plutôt agacés. J’étais un peu inquiet qu’il puisse continuer à faire du bruit.

La conférence fut interrompue quelques instants par les secousses d’un tremblement de terre. Je me rendis dans les coulisses pour voir si tout allait bien. De retour dans la salle mes yeux croisèrent ceux de l’homme. Cela n’a duré qu’un instant mais le rayonnement et la puissance de son regard me submergèrent. Tout d’un coup, la forme extérieure disparut et seuls la puissance et l’éclat de ses yeux s’imprimèrent profondément en moi. La conférence reprit et continua normalement comme si rien ne s’était passé. J’étais alors plus détendu.

Au début des questions/réponses, il n’était plus là mais plus tard il revint au même siège et écouta tout à fait attentivement, hochant la tête et murmurant son accord. La façon dont il manifestait son accord et sa sympathie ne semblait pas être celle d’un jeune homme mais plutôt d’un homme sage âgé. Cependant, il avait toujours ses écouteurs sur les oreilles. La façon dont il était assis paraissait très fière et plutôt arrogante, ses bras étendus sur le dossier des sièges.

Le lendemain, comme je méditais, soudain je me souvins que la façon dont il était assis faisait penser tout à fait à celle de Maitreya apparu sous les traits d’un « familier » à la conférence il y a six ou sept ans au Japon.

Etait-ce quelqu’un de particulier ?

M. M., Miyagi-ken, Japon

Le Maître de B. Creme a indiqué que l’homme était Maitreya et qu’il a distrait et calmé le public avant le tremblement de terre.


Home Thérapie par le son

Cher Monsieur,

Le 11 mai 2013, j’ai assisté à la conférence de M. I. à Osaka. Après la diffusion de la vidéo de l’adombrement de Benjamin Creme par Maitreya, j’achetai la carte de la main de Maitreya.

Chez moi, aux environs de minuit, comme je remerciais, priais, confessais les angoisses de mon cœur, j’entendis de forts bruits de pas à l’extérieur, près du garage. Le son était si fort que je me suis dit que cela devait venir d’un géant. Je n’ai pas ressenti de peur et pus même y trouver un air de dignité. J’eus le sentiment que le bruit de pas m’apportait courage et consolation car j’étais alors très déprimé. Puis le bruit cessa et j’eus une très forte sensation de reconnaissance et de joie.

Est-ce que quelqu’un de particulier m’a rendu visite ?

H. U., Osaka, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le bruit de pas a été provoqué par le Maître Jésus.


Home Réconfort

Cher Monsieur,

Le 18 mai 2013, j’étais à la sortie du métro pour indiquer la direction de la conférence de M. I., quand je sentis quelque chose passer très vite près de moi de gauche à droite. Aussitôt, je tournai la tête. Et, comme au ralenti, apparut le visage d’un homme d’abord flou puis de plus en plus net, juste à côte de moi. Je me surpris à le dévisager, ce qui est inhabituel pour moi. Malgré mon regard direct, impoli, il me regarda bien en face de façon sereine. Son regard était perçant, il avait la trentaine et je ne pus deviner sa nationalité. Il portait une veste d’hiver par un radieux jour de mai. Il me mit mal à l’aise, aussi décidai-je de retourner vers la salle. Alors il se mit à me suivre de si près que je pouvais l’apercevoir du coin de l’œil. Tout au long du chemin j’étais effrayé et priais Maitreya de me protéger.

Lorsque je le sentis moins près de moi, je me retournai pour le regarder. Il s’apprêtait à traverser la rue très passante qui ne comportait aucun passage pour piétons. J’étais inquiète mais par chance le côté de la rue qu’il devait traverser était désert alors que l’autre partie, en sens inverse était très chargée. Quand il atteint l’îlot central, il se mit à tourner sur lui-même avec bonheur, dans une très jolie danse. Alors, il semblait tout à fait différent de la personne qui était près de moi quelques instants auparavant. Cependant, je me sentis soulagé qu’il ne m’ait pas suivi jusqu’à la salle de conférence.

Plus tard, je me demandai pourquoi personne d’autre n’avait remarqué son comportement excentrique.

Etait-il quelqu’un de spécial ?

K. E., Tokyo, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’homme était le Maître de Tokyo.


Home Encouragement

Cher Monsieur,

Le 10 mars 2013, nous avons organisé une diffusion publique de la vidéo de la conférence de Nagoya en 2010 de B. Creme, à Matsumoto, une ville de la région de Nagano, où eurent lieu en 1998, les Jeux olympiques d’hiver. Environ 35 personnes y assistèrent. C’était la première fois que nous faisions une telle conférence à Matsumoto. Je trouvais que 35 personnes pour la première fois, ce n’était pas si mal. On distribua des dépliants à l’entrée que certains avaient lus avant la vidéo-conférence. Parmi eux, une femme murmura : « C’est une réunion religieuse, n’est-ce pas ? »

Au Japon, depuis l’incident des gaz mortels dans le métro de Tokyo, en 1995, les gens font l’amalgame entre religion et contrôle du mental, ils deviennent très méfiants et évitent d’assister à de telles réunions.

Une courte séance de questions/réponses suivit la diffusion de la vidéo et je pris la parole : « Avant le début de la diffusion, j’ai entendu un participant dire : « C’est une réunion religieuse, n’est-ce pas ? » et je voudrais ajouter : un des Maîtres de la Hiérarchie, dont parle Benjamin Creme dans la conférence, dit que les gens pensent en général à religion quand ils entendent le mot « spirituel ». Ce n’est pas vrai. Des domaines autres que religieux, par exemple, politiques et économiques peuvent aussi être spirituels. Mais, de nos jours, la politique et l’économie sont loin d’être spirituelles. Tous les jours, des milliers d’enfants meurent de faim dans une partie du monde et dans une autre partie, le monde développé, les gens gaspillent plus des trois quarts des ressources mondiales. Ce n’est pas spirituel. La raison du retour de Maitreya dans le monde n’est pas de créer une religion mais de nous inspirer à apporter de la justice dans ce monde injuste et nous dire que la seule façon de réparer ce gâchis, c’est d’établir le partage et la justice. » 

Puis, comme nous quittions la salle, un grand jeune homme d’une trentaine d’années, aux cheveux bouclés, s’approcha de moi et me dit poliment : « Merci pour vos explications. »

Cela me parut un peu étrange de recevoir un tel remerciement. J’ai d’abord pensé qu’il n’était qu’un jeune homme ordinaire en avance sur son époque, mais avec le temps, je me suis mis à me demander qui il était.

M. K., Nagoya, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’homme était le Maître de Tokyo.


Home Vibrations de paix

Cher Monsieur,

Au cours d’un récent voyage en Inde, dans un temple face à une statue de Shankara je fis une expérience particulière. J’ai vécu un instant de lâcher-prise lors d’une canalisation et je demandai à Dieu et au Maître Jésus de maintenir ce lâcher-prise dans mon parcours spirituel. Alors une vibration que je décrirais comme palpable me submergea des orteils à la tête pendant quelques minutes et je me sentais très reposée et en paix. Cela dura environ cinq minutes, la plupart des sensations étant concentrées dans la région du cœur. Pourriez-vous me dire ce qu’il m’est arrivé ?

R. W., Pays-Bas

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’expérience devant la statue était une bénédiction du Maître Jésus.


Home Connaissance intime

Cher Monsieur,

J’ai récemment collaboré à la tenue du stand de Share International au salon du livre et des publications hispaniques. Une petite fille et une dame âgé (peut-être sa grand’mère) s’approchèrent du stand pour regarder les croix de lumière et autres documents. Après avoir discuté avec elles quelques minutes (elles étaient bilingues) sans avoir encore parlé de Maitreya en tant que Christ, je leur offris la photo de la main de Maitreya en leur disant que les explications étaient imprimées au dos. La fillette dit qu’elle allait faire sa première communion le samedi suivant. Je lui affirmai que j’avais fait ma première communion à 12 ans. Quel âge avait-elle ? Elle répondit qu’elle avait sept ans. Je la félicitai : « C’est merveilleux. » Elle prit la main de Maitreya et me dit quelque chose que je ne pus entendre. Je crois qu’elle m’a demandé le prix et je lui dis que c’était gratuit. Elle s’exclama : « Non » et me fit signe de m’approcher. Je me penchai et elle montra la main en disant : « C’est la main du Christ. » Surpris, je répondis : « C’est exact ! Comment le sais-tu ? » Elle et sa grand-mère me sourirent, se retournèrent et partirent.

Étaient-elles des Maîtres ? Peut-être le Maître Jésus et un de ses disciples ? Si oui, ce serait la première fois que l’on aurait entendu Jésus dire publiquement que Maitreya (et non lui), est le vrai Christ. C’est une affirmation très importante pour les gens comme moi qui ont une culture chrétienne.

D. L., Los Angeles, États-Unis

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « petite fille » était le Maître Jésus et la « dame âgée » un disciple du Maître Jésus.


Home Un jeune homme extravagant

Cher Monsieur,

Je voudrais vous faire partager une rencontre qui eut lieu au Centre Karuna, un monastère bouddhiste dans les montagnes de Monchique, dans la région d’Algarve au sud du Portugal. C’était la veille du début du rituel yajna de sept jours, du 9 au 16 avril 2011, de Swami A.. Le matin nous nous préparions pour le rituel, je m’y rendis par un escalier en pierre. En haut des escaliers, devant la cantine, une personne très particulière en sortit, c’était un homme avec une coiffure punk, portant des vêtements roses et des chaussures de sport Nike. Derrière lui se tenait un homme mais je ne me souviens pas de tous les détails de son physique. Il me demanda : « Pourquoi êtes-vous ici ? » Je répondis que c’était pour l’yajna avec Swami A. de l’Ile Maurice, au nom de Sathya Saï Baba. Il s’exclama « Très bien, très intéressant. » Puis Swami A. monta aussi et le jeune P. lui dit chaleureusement avec un signe de la main : « Namaste, Swamiji. » C’était si facile et naturel : je suis sûr d’avoir rencontré une personne extraordinaire. Pourriez-vous me dire qui étaient ce « punk » et la personne qui l’accompagnait ?

G. B., Linars, Charente, France

Le Maître de B. Creme a indiqué que le « punk » était le Maître Jésus et l’homme derrière était un disciple du Maître Jésus.



Compte rendu de lecture

Home Un livre de Benjamin Creme : L'Art de Vivre - Vivre selons les Lois de la Vie

Sens de la vie et équilibre

par Marc Gregory


« La vie imite l’art bien plus que l’art n’imite la vie », a écrit Oscar Wilde. Peut-être. Mais la relation entre les deux est sans doute plus symbiotique et réciproque que nous ne l’avons imaginé jusqu’à aujourd’hui. Dans son douzième livre, Benjamin Creme souligne que vivre correctement est vraiment un art et que la vie, comme l’art, obéit à certaines lois immuables.

Composé de trois parties, cet ouvrage, comme tous les autres livres de M. Creme, propose au lecteur une réflexion d’une grande richesse et d’une grande profondeur, présentée de surcroît d’une manière claire et très agréable à lire. Il trouve tout naturellement sa place aux côtés de ses deux prédécesseurs, Le Grand Retour et L’Art de la Coopération, dont il est inséparable.

Dans la première partie, L’Art de Vivre, l’auteur s’appuie sur la peinture et la musique pour se lancer dans une discussion sur le sens et le but de la vie sur cette Terre. « Un art, qu’il s’agisse de peinture, de musique ou de toute autre forme d’art, doit obéir à certaines lois et règles. Si vous voulez être peintre ou compositeur, vous devez apprendre les lois constitutives de cet art et les méthodes qui vont avec, mais, à un niveau plus profond, les lois qui gouvernent les qualités de l’art, comme les proportions, la révélation. La magie de l’art est contenue dans l’obéissance à ces lois. » (p. 19)

Ce que l’artiste cherche à exprimer en dernier ressort dans une œuvre, c’est un certain équilibre qui, par l’intermédiaire de l’intuition, crée une harmonie de couleurs, de tons, de structure et de proportions qui ne soit pas seulement agréable mais aussi, dans le meilleur des cas, une véritable révélation du point de vue des significations. Quand on pense à l’un des derniers quatuors de Beethoven ou à un portrait de Rembrandt, on n’évoque pas seulement une œuvre d’une grande beauté, mais une pièce qui conserve son pouvoir de révélation sur les générations successives, sa faculté permanente d’ouvrir les gens à une perception et à une compréhension sans cesse plus grande de la beauté et du sens de la vie.

La beauté et l’harmonie exprimées dans les chefs-d’œuvre sont la démonstration des qualités inhérentes de l’humanité. Et cela, dans la guerre, la famine au milieu de l’abondance, la dégradation de l’environnement, la brutalité, le désespoir, les injustices de toutes sortes : le contraste entre l’existence dans la réalité de ces problèmes permanents et la splendeur exprimée dans les grandes œuvres d’art est un choc considérable. Mais pourquoi ?

On peut aller à l’université pour étudier la peinture, la musique ou à peu près tout ce qu’on veut. Néanmoins, B. Creme remarque : « On ne nous enseigne pas à vivre. On ne nous enseigne pas l’art de vivre. Il n’existe aucune école pour cela. Il s’agit d’un problème spirituel, car l’art de vivre est lié à la vie elle-même. » (p. 22) Il continue en citant un passage d’un article de son Maître, Entrer dans la divinité : « Les hommes doivent apprendre quel rôle et quel pouvoir inné sont les leurs dans la vie, et prendre ainsi la responsabilité de la qualité et de l’orientation de leur existence, faute de quoi ils ne laisseront jamais leur enfance derrière eux. »

Le monde est hélas rempli d’innombrables manifestations de l’enfance des hommes, et il y a deux causes globales à ces difficultés. La première est que, de manière générale, nous ne savons pas qui nous sommes et avons tendance à nous identifier avec tout ce que nous ne sommes pas par nature. Comme l’a dit Teilhard de Chardin : « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. » Cette distinction est simple, mais juste. Nous ne cessons de nous identifier avec nos croyances, nos appartenances politiques ou religieuses, notre profession ou notre statut dans la société, ceux que nous considérons comme importants, nos pensées et émotions, etc. Mais rarement – voire même jamais – nous ne nous identifions avec le fait que nous sommes une âme en incarnation, une étincelle divine provenant de notre Créateur.

La seconde raison est que nous ne savons pas qu’il existe un Plan divin pour le progrès et l’évolution de toutes les vies sur la Terre. Au cœur de ce Plan, se trouvent les Grandes Lois. Citant une nouvelle fois son Maître, Benjamin Creme écrit : « Les hommes apprendront à comprendre les lois subtiles qui gouvernent leur existence : la loi fondamentale de la vie, la loi du Karma, qui commande la destinée de tous ; la loi connexe de Renaissance qui rend possible le voyage de l’âme dans la matière ; la loi d’Innocuité, qui gouverne l’établissement de relations justes, et la grande loi de Sacrifice, moteur de toute évolution. » (p. 40)

Comme nous n’avons pas conscience de ces deux vérités, le comportement humain, depuis l’aube des temps, est avant tout coloré par le conditionnement, par nos réactions automatiques à ce que nous avons appris, mal compris, et donc supposé quant à la nature de la vie. « Toutes les guerres, la souffrance, l’incapacité des hommes à se manifester en tant qu’âmes en incarnation, sont le résultat du conditionnement. Personne n’est condamné à être conditionné. Pourtant, tout être humain est conditionné par le passé, par ses parents, par la nature même de ses véhicules [personnalité, mental, astral et physique], qui ont été créées pour lui par son âme selon la loi du karma. » (p. 18)

Le conditionnement accablant et omniprésent sous lequel l’homme s’échine est le résultat collectif de la longue histoire de nos incarnations successives sur la Terre. Il est également l’effet secondaire – un sous-produit, en quelque sorte – de l’aspiration à l’amélioration, qui est latente dans toute l’humanité. « Personne, quelles que soient ses défaillances, n’est dénué du désir de s’améliorer, de quelque façon que ce désir s’exprime, écrit le Maître de B. Creme. Il n’est pas un seul être en qui cette aspiration ne soit présente. Comment, dès lors, expliquer les aberrations de l’homme, sa violence et sa haine ? » (p. 95)

Les paires d’opposés

Ce conflit est abordé dans la deuxième partie du livre, Les paires d’opposés. Il est dû au fait que l’homme est une âme immortelle plongée dans la matière, « le point de rencontre de l’esprit et de la matière, avec les tensions que suscite en lui la coexistence de ces deux aspects. » (p. 96) C’est la friction provoquée par l’immersion de ce qui est divin par essence dans ce qui est inerte par nature et la manière dont les effets de cette immersion sont traités qui génèrent le conflit et façonnent notre réalité individuelle et collective, pour le meilleur et pour le pire. La raison primordiale de la vie de l’homme sur la Terre est la mission qui est la sienne de spiritualiser petit à petit la matière tout au long de son voyage en incarnation. C’est notre aspiration intérieure indéniable à un état d’être meilleur ou plus grand qui nous fait, vie après vie, raffiner sans cesse la matière dont nous sommes constitués – et du même coup la matière de la planète elle-même – et nous pousse éternellement en avant dans notre voyage spirituel. « La clé en est la radiation. Lorsque nous parvenons à un certain niveau, nous déclenchons une radiation dans la matière. […] C’est ainsi que l’âme spiritualise la matière. Dès lors, à chaque incarnation, nous attirons dans nos véhicules de plus en plus de matière de nature subatomique. » (pp. 110-111)

Il s’ensuit donc qu’une éducation entièrement nouvelle s’impose, qui prenne en compte la réalité essentielle de l’homme (et non les nécessités professionnelles tellement en vogue aujourd’hui). Une éducation qui, par-dessus tout, mette l’accent sur l’innocuité et imprime en nous la connaissance que chacune de nos pensées et de nos actions met en mouvement un effet dont nous sommes en dernier ressort responsables.

Les enseignements de Maitreya

Ceux qui ont lu les autres livres de Benjamin Creme et ceux qui ont assisté à ses conférences savent que son thème central est la réapparition dans notre monde de l’Instructeur du monde, le Seigneur Maitreya, et d’un groupe d’hommes eux aussi parvenus à la perfection, les Maîtres de Sagesse. Cet être de lumière attendu par toutes les grandes religions est l’Enseignant de toute l’humanité ; il nous indique la voie de la vérité, celle qui amènera les hommes à briser les chaînes du conditionnement dont nous sommes esclaves.

Les trois principes centraux de ses enseignements sont l’honnêteté mentale, la sincérité de cœur et le détachement. L’honnêteté mentale est nécessaire afin qu’il n’y ait pas de décalage entre ce que nous pensons, ce que nous disons et ce que nous faisons, que nos pensées, paroles et actions ne soient pas en conflit, mais cohérents. La sincérité de cœur signifie simplement que l’on doit être soi-même. Combien de fois nos paroles et nos actions ne sont-elles pas colorées par le fait que nous désirons faire bonne impression ou que nous recherchons une faveur, d’une manière ou d’une autre ? « Voilà le manque de sincérité dans lequel vivent la plupart des gens, écrit B. Creme. Combien de personnes sont-elles réellement, totalement, entièrement elles-mêmes ? » (p. 76) Enfin, le détachement. Dans quelle mesure nous préoccupons-nous ou non de la façon dont les autres nous voient, de ce que les autres pensent ou disent de nous, de la question de savoir s’ils nous aiment ou non, et ainsi de suite ? Si nous sommes vraiment détachés, nous ne serons pas conditionnés, et ne serons pas touchés par les conséquences du conditionnement des autres ou du monde en général.

Ces idées sont « simples en essence », comme le dit B. Creme, mais elles exigent néanmoins effort et discipline pour être mises en pratique. Elles constituent aussi la voie par excellence pour suivre son chemin entre les paires d’opposés, trouver un équilibre créatif entre les impulsions de l’âme et l’attraction de la matière, dont nous sommes tous victimes. La pratique persistante de ces principes permet également de déblayer la voie devant l’intuition, cette faculté de l’âme, pour qu’elle ait beaucoup moins d’obstacles à surmonter dans son fonctionnement.

A l’heure actuelle, l’humanité est spirituellement fragmentée. Le fonctionnement du mental conscient est entravé par des impulsions, des positions de principe non analysées et des conflits non résolus provenant du subconscient suite à des conditionnements ou à des expériences incorrectement conduites. En conséquence de quoi, chez la plupart des gens, le corps astral, aussi appelé corps sensible ou émotionnel, qui devrait être aussi calme que la surface d’un étang immobile pour refléter les perceptions provenant des aspects supérieurs de notre conscience (Bouddhi, ou conscience de l’âme) ressemble plus souvent aux eaux d’une mer agitée en hiver. Cette condition peut être améliorée par la méditation, l’autohypnose ou d’autres formes de pratiques spirituelles. A mesure que les enseignements de Maitreya s’ancreront dans le monde, et que les pratiques spirituelles contemplatives se répandront, « à terme, la pensée, le mental rationnel, l’ordinateur, tombera au-dessous du seuil de la conscience [où se trouve aujourd’hui le subconscient], et nous saisirons les choses immédiatement par intuition et connaîtrons la réponse sans réfléchir. Nous saurons, parce que nous saurons, parce que nous saurons. » (p. 137)

Pouvez-vous imaginer un monde où « nous saurons, parce que nous saurons, parce que nous saurons » ? Un monde dans lequel nous n’analyserons pas chaque décision d’un point de vue stratégique, parce que nous n’aurons pas de désir de résultat préétabli, quelles que puissent être les retombées sur les autres ou sur la planète, un monde où nous comprendrons que ce qui est vraiment bon est ce qui est bon pour tout le monde ?

Tel est le monde décrit par Benjamin Creme dans ce qui est pour moi l’un des passages les plus émouvants du livre : « Nous sommes tous en quête d’équilibre. Nous cherchons l’unité, l’équilibre, quelle que soit la manière dont nous le définissons. C’est ce qui nous permet d’être créatifs et heureux. […] Nous n’avons pas de mots pour exprimer ce que nous verrons et connaîtrons alors. Nous n’avons pas le vocabulaire pour décrire les qualités de cette civilisation. Ni pour exprimer les sentiments, les relations qui existeront entre tous les hommes, lorsque ceux-ci se considéreront et se sentiront frères et sœurs d’une même famille, d’une même planète. Cela ramènera les hommes à l’expérience de l’enfance. La maison était la maison. C’étaient vos frères et sœurs qui vous maintenaient sur le droit chemin. Ainsi en sera-t-il. » (p. 45) Ainsi les enseignements de Maitreya, qui sont si profonds et dont l’importance nous touche jusqu’au cœur, transformeront-ils complètement, petit à petit, la conscience de l’humanité.

L’illusion

La dernière partie du livre, L’illusion, confère une autre dimension aux informations présentées dans les deux premières. Dans ce qui constituera peut-être une révélation pour certains lecteurs, Benjamin Creme explique que l’illusion est en fait un phénomène qui touche l’âme. Il est lié à la qualité et, encore une fois, au conditionnement des véhicules – mental, astral, physique – que la personnalité fournit à l’âme à tout moment. « Nous fournissons à l’âme un accès vers l’extérieur, mais si nous n’avons pas l’équipement qui convient, l’âme ne peut voir. […] Nous voyons le monde, notre mental enregistre toutes les idées, les formes-pensées, les idéologies, les différents points de vue, et nous essayons d’y trouver un sens. Si ces idées et idéologies nous attirent, nous nous y attachons […] et remplissons ainsi notre mental d’illusions. Nous nous comportons de telle façon qu’il est impossible pour l’âme de voir clairement, véritablement, sans entraves, à quoi ressemble réellement le monde. » (pp. 161-162)

Cela nous mène à un paradoxe auquel nous devons, un jour ou l’autre, faire face : comment l’âme peut-elle stimuler l’utilisation de l’intuition par la personnalité, si cette dernière, au travers de son appareil mental, a présenté à l’âme une vision du monde chargée de préjugés, d’idées toutes faites ou d’illusions ? Comme c’est déjà le cas avec le conditionnement, toutes ces illusions auxquelles nous tenons tant génèrent une immense disharmonie dans le monde.

Mais B. Creme déclare : « On pourrait croire que l’illusion existe et qu’on ne peut y mettre un terme. Mais en fait on échange une chose contre une autre. On échange l’illusion contre l’intuition. L’intuition, lorsqu’elle est utilisée, fait le ménage. C’est comme un balai qui débarrasse des toiles d’araignées. Tout ce qui entrave l’expérience de la réalité est clarifié et balayé, et on sait. Lorsqu’on sait à partir de l’intuition, il n’existe plus de place pour la moindre illusion. Elle ne se manifeste pas. » (p. 186). Les techniques qui facilitent le développement de l’intuition sont les principes d’honnêteté mentale, de sincérité de cœur et de détachement, en même temps qu’une pratique spirituelle comme la méditation (spécialement la méditation de transmission) et le service de l’humanité dans l’altruisme.

L’épée de clivage

Au niveau planétaire, il existe une force puissante permettant de dissiper le mirage (l’illusion sur le plan émotionnel), le conditionnement et l’illusion. Jésus en a parlé, dans un passage souvent mal compris de la Bible : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Je suis venu dresser l’homme contre l’homme, le frère contre le frère, et le père contre le fils. » Cette « épée » est l’épée de clivage, qui est une représentation symbolique de l’énergie d’amour. Elle est « brandie » ou libérée dans le monde avec une puissance formidable par Maitreya. « L’énergie elle-même est purement impersonnelle, elle n’est ni bonne ni mauvaise » – elle stimule tout le monde de la même manière – « les bons et les méchants, les altruistes et les égoïstes, les généreux et les cupides etc. » (p. 128) L’effet de cet afflux d’énergie est qu’il met tout en pleine lumière et expose la réalité de la vie sur la Terre dans une clarté crue et irréfutable. Ainsi obligée de constater les effets de sa conduite, l’humanité est appelée, sans se laisser aveugler par le brouillard de l’illusion, à prendre une décision critique quant à son avenir – partager équitablement les ressources du monde pour vivre en paix, dans la fraternité et la vraie justice, ou, selon les paroles de Maitreya, « connaître l’anéantissement ». Maitreya est certain que nous ferons le bon choix.

L’Art de Vivre met en avant la possibilité d’une forme de vie totalement différente, d’un nouvel éclat dans notre approche de la vie, nous permettant d’utiliser pleinement le potentiel créatif de chaque jour. Il nous donne du même coup un aperçu de ce que c’est qu’être un Maître : lumière, dessein, puissance, grâce, raffinement, qui font de la vie d’instant en instant une œuvre d’art extraordinaire. Pour nous, le voyage continue, avec l’indispensable discipline qui, même si elle est difficile à certains moments, vaut pourtant la peine. Tel est le processus par lequel nous évoluons et dont, par le simple fait de notre existence sur cette planète, nous sommes, chacun à notre façon, les artisans.

Il y a bien d’autres passages, bien d’autres visions à savourer dans ce livre. Lui-même peintre connu de longue date, B. Creme nous propose une description délicieuse du processus artistique : « Tout peintre, tout compositeur recherche l’harmonie. […] Il ne considère son travail comme terminé qu’une fois qu’il est parvenu à un sentiment d’achèvement. Comment sait-il que son œuvre est finie ? […] C’est lui qui décide quand arrêter. Il sait quand le moment est venu. C’est lorsque l’œuvre créée obéit sous toutes ses facettes aux lois qui permettent à l’art d’exister et de s’exprimer, et ce, par sa vie-même et ses vibrations. » (pp. 27-28)

Il est difficile d’imaginer qu’un ouvrage de 200 pages puisse être aussi riche et aussi chargé de sens. Cette capacité de Benjamin Creme à expliquer parfaitement des idées complexes, à clarifier et à élucider des concepts profonds avec une précision absolue, sans porter atteinte à leur essence, se retrouve dans tous ses livres. Pour ceux qui désirent comprendre quelques-uns des aspects les plus subtils du sens de la vie sur cette planète, ce petit livre ne saurait être trop recommandé.





Compilation

Home Créativité et loisirs

Nous publions ci-dessous des citations de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : les lois de la vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).

La principale préoccupation dans l’avenir immédiat sera le problème des loisirs : quelle utilisation les hommes feront-ils de leurs loisirs ? Aujourd’hui, du fait de la situation de l’emploi dans le monde, nombreuses sont les personnes qui disposent d’un temps libre illimité. Elles ne désirent pas cela, elles ne veulent pas rester sans emploi, mais elles ont du temps libre. Cependant, pour la plupart, elles n’ont pas été éduquées à utiliser correctement ce temps de loisir. Dans l’âge qui vient, progressivement – ce n’est pas quelque chose qui va arriver en l’espace d’une nuit – les hommes fabriqueront des machines qui feront le travail accompli aujourd’hui par la masse de l’humanité. L’homme bénéficiera de temps de loisirs qui lui donneront l’opportunité d’explorer sa propre nature intérieure, de connaître ce grand être divin qu’il est réellement, et lui permettront de manifester cette qualité. [La Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse (B. Creme)]

Maitreya a dit dans l’un de ses messages [n° 3] : « Laissez-moi vous prendre par la main et vous emmener sur une Terre où l’homme ne manquera de rien, où il n’y aura pas deux jours identiques, où la joie de la fraternité se manifestera parmi les hommes. »
« Où il n’existera pas deux jours identiques »,
ceci est une affirmation extraordinaire. Les seules personnes pour qui il n’existe pas deux jours identiques sont les jeunes enfants et les rares individus ayant assez d’argent pour faire ce qu’ils veulent, et remplir à chaque instant leur vie de manière créatrice. L’ennui et la monotonie viennent de l’uniformité. Unité ne veut pas dire uniformité. Il s’agit à chaque instant de considérer chaque aspect, chaque mouvement de la vie, de manière créatrice, de manière nouvelle. L’état d’unité est un état où la notion de temps n’existe plus, où chacun connaît une existence créatrice. [L’Art de la coopération (B. Creme)]

Chacun a son rôle à jouer dans la toile complexe tissée par l’humanité. Chaque contribution a sa valeur, unique et nécessaire à l’ensemble. Il n’existe personne, si pâle que puisse être son étincelle pour l’instant, chez qui le feu de la créativité ne puisse être allumé. L’art de vivre est l’art de permettre à ce feu créateur de s’exprimer, et de révéler ainsi la nature des hommes en tant que dieux en puissance. Il est essentiel que tous partagent cette expérience et apprennent cet art de vivre. Jusqu’à présent, seul un petit nombre a eu le privilège d’une vie vraiment créatrice. Dans les temps qui viennent, la créativité jusqu’ici inexploitée de millions d’individus donnera un nouvel éclat aux réalisations humaines. Enfin libéré des ténèbres de l’exploitation et de la peur, établissant des relations vraies et justes avec ses semblables, l’homme trouvera le but de sa vie et la joie de vivre. [L’Art de vivre (Maitreya)]

Avoir des loisirs, c’est faire ce que l’on veut faire de manière innée, c’est-à-dire être créatif ; c’est l’opportunité d’être créatif. Les gens oublient que la créativité ne concerne pas nécessairement l’art. On me pose parfois cette question : « Quand on n’est pas artiste, comment mettre de la créativité dans sa vie ? » Il n’est pas nécessaire d’être peintre, musicien, danseur ou acteur. L’art n’est qu’une branche d’activité parmi d’autres.
On peut être créatif dans tous les domaines. Les grands scientifiques font d’extraordinaires découvertes sur la nature de l’atome par exemple, sur la substance énergétique de notre univers, sur la façon dont elle semble leur glisser entre les doigts, si bien que soudain il ne reste plus de matière du tout. Où cette matière est-elle passée ? Ces scientifiques ont fait là une grande découverte. Il s’agit de la même créativité que celle des peintres qui peignent un tableau, ou des musiciens qui composent un poème symphonique.
La créativité existe chez tous les enfants de Dieu. C’est une qualité donnée par Dieu. L’activité créatrice est la nature même de la vie vécue dans le respect des lois de la vie. L’art de vivre, c’est une vie créatrice qui touche tous les aspects de l’existence. [L’Art de vivre (Maitreya)]

La sensation que nous avons d’être dominés par le temps disparaîtra. Nous organiserons notre vie de façon entièrement nouvelle. Les gens travailleront de plus en plus chez eux, par exemple. Ils auront infiniment plus de temps libre. L’énergie de millions de personnes, qui aujourd’hui est inhibée et contenue, sera libérée. Un formidable flot de créativité émanera de l’humanité partout dans le monde. Pensez au potentiel du tiers monde qui représente les trois quarts de la population mondiale, mais qui ne participe que de façon infime à la vie créatrice de l’humanité. Lorsque ces hommes cesseront de travailler comme des bêtes, lorsqu’ils pourront manger à leur faim et mener la vie normale et digne à laquelle tout être humain a droit, on peut imaginer le flot de puissance créatrice qui sera libéré. [La Mission de Maitreya, tome III (B. Creme)]

…pour le moment, vous me verrez tel un frère parmi ses frères, comme l’un d’entre vous. Lorsque viendra le Jour de la Déclaration, vous saurez que ce Frère vous a instruits plus d’une fois, qu’il vous a montré la voie menant à Dieu, et qu’il vous a transmis les enseignements de la Vérité de Dieu. Le temps est venu d’approfondir cette Vérité, de vous montrer que connaître Dieu est un acte créateur ; c’est entrer dans la divinité elle-même. C’est la seule manière de connaître la vérité de notre existence. En ces temps qui commencent, cette connaissance sera vôtre. [Message n° 112 (Maitreya)]

Il est évident qu’avec l’augmentation du chômage engendré par les progrès technologiques que connaissent les moyens de production actuels, une formation aux loisirs deviendra de plus en plus nécessaire. Les hommes auront beaucoup plus de temps libre et pourront se consacrer à mieux connaître la richesse de la culture et des connaissances qui sont à présent disponibles. Les êtres devront devenir plus créatifs, dans la mesure où chacun est à même de créer ; pourtant, seul un nombre restreint de personnes a la possibilité d’exprimer et de développer sa créativité. Dans ce sens les loisirs sont essentiels. La plupart des êtres sont tellement dévitalisés par les méthodes de travail répétitives, par les mauvaises conditions de travail, par la simple torpeur et la monotonie de leur activité quotidienne, que la créativité est la dernière chose à attendre d’eux. La formation aux loisirs donnera aux hommes la possibilité de développer leurs dons intérieurs, leurs talents et leur potentiel d’une façon qui ne peut être imaginée aujourd’hui. [La Mission de Maitreya, tome I (B. Creme)]

Avoir des loisirs, ce n’est pas ne rien faire. C’est faire ce que nous aimons, ce qui repose le corps, l’esprit et le cœur, ou avoir le temps de faire quelque chose pour nous-mêmes, en plus de ce que nous faisons pour la communauté. Notre temps est généralement consacré au pays dans lequel nous vivons, à la communauté dans son ensemble, pendant cinq jours de la semaine. Le samedi et le dimanche la plupart des gens, dans les pays développés, sont libres pour leurs loisirs. Personnellement je ne pense pas que cela soit suffisant. Je pense que l’on ne devrait pas demander à quelqu’un de travailler dans une concentration totale pendant plus de trois jours ou trois jours et demi par semaine. Cela laisserait ainsi quatre jours, ou trois jours et demi, pour ce que j’appellerais les loisirs. Le temps et les loisirs ne sont pas opposés. Les loisirs dépendent du temps libre. [L’Art de vivre (Maitreya)]

Loisirs et activités sociales feront l’objet d’une égale attention, tandis qu’une compréhension des besoins fondamentaux des hommes se fera jour. La technologie de demain libérera du fardeau éreintant des tâches répétitives ; l’exigence de connaissance en tous domaines ouvrira les portes des universités et une nouvelle soif d’apprendre se manifestera dans le monde entier. Ainsi comprendra-t-on mieux la finalité sous-jacente à nos expériences en incarnation ; il en résultera une maîtrise accrue de notre équipement physique, astral et mental, qui conduira les hommes à la porte de l’initiation et à l’accomplissement. [Une Terre transformée (Maître –)]

L’obsession de l’argent contribue au stress de la vie moderne. L’argent n’est pas la priorité ; la priorité, c’est d’avoir le nécessaire. Lorsque cette priorité est respectée, la société s’organise d’une manière différente, ce qui apporte la stabilité. A cet égard, le partage est à la fois une valeur morale et une technique de mise en œuvre pratique. Il engendrera une atmosphère plus paisible. [Les lois de la vie (Maitreya)]

Accessibles pour la première fois à des millions d’individus, les loisirs leur offriront l’occasion, qui leur était jusqu’alors refusée, de s’investir pleinement dans la vie de leur communauté et de leur pays. Lorsque tous les hommes auront la possibilité de participer, ils trouveront en eux-mêmes les réponses aux problèmes qui les accablent aujourd’hui, à savoir haine et division sectaire, injustice et pauvreté, crime et guerre. [La création de nouvelles structures (Maître –)]

Dès que nous créerons les structures qui démontreront l’unité véritable de l’humanité, dès que les hommes accepteront les enseignements de Maitreya, suivront ses conseils et instaureront le partage, la justice et la paix dans le monde, il s’ensuivra une harmonie qui, pour l’instant, fait hélas cruellement défaut. C’est une harmonie entre extérieur et intérieur qui crée les conditions dans lesquelles le temps disparaît. Cette harmonie, cette liberté, est l’état d’être d’un esprit créatif. Et c’est cet état d’esprit harmonieux, cet état d’être, que chaque artiste, chaque poète ou toute autre personne créative recherche. S’il existe un blocage à la créativité, c’est parce que cet état d’harmonie n’existe pas. Il faut, bien sûr, des périodes de régénération, afin de réanimer le feu de la créativité : ce sont des périodes d’inaction. En tant qu’artiste, je suis très conscient de ce flux, de ces séquences d’activité créatrice suivies de périodes d’inactivité où tout est en friche et où il faut observer, enregistrer ou bien faire autre chose. Puis les choses évoluent, sans que l’on y pense, vers une autre activité créatrice. Cela se passe par séquences, c’est un courant cyclique, un rythme d’activité suivie d’inactivité. [La Mission de Maitreya, tome III (B. Creme)]

Rien n’est plus simple que Dieu car, derrière toute chose, demeure ce principe divin. Lorsque l’homme en sera conscient, il parviendra à sa véritable grandeur et de lui se déversera un flot créateur. J’ai pour projet de vous montrer, étape par étape, comment manifester ce principe divin, et de vous amener ainsi à votre Source. Si les hommes m’acceptent, ils accéderont à la vérité de leur divinité et, dans le rayonnement éclatant de cette vérité, ils auront la révélation d’être Dieu. [Message n° 54 (Maitreya)]


Le concept de temps dans le nouvel âge

par le Maître, par l’entremise de Benjamin Creme

Un changement décisif surviendra dans la vie de l’humanité lorsque le concept de temps aura subi une transformation. A l’heure actuelle, la plupart des gens considèrent le temps comme un processus continu qui relie les évènements, alors qu’en vérité le temps n’est pas un processus, mais un état de conscience. Quand nous saisirons cela, notre vie s’en trouvera transformée et nous ferons un pas de géant dans notre compréhension de la réalité elle-même. L’homme connaîtra alors une nouvelle et merveilleuse liberté et, désormais libéré des limitations du temps, il prendra spontanément possession de son héritage divin.

Comment cela peut-il s’accomplir ? Aujourd’hui, la plupart d’entre nous sont emprisonnés dans le cadre rigide de leurs activités journalières : il faut gagner sa vie, prendre des décisions en tenant compte des besoins des autres, mener un combat sans fin contre la montre et l’implacable « temps qui passe ». Il n’y a que peu d’espoir, dans nos conditions de vie actuelles, de voir changer fondamentalement notre compréhension du temps. Pourtant, pour la première fois dans l’histoire, on voit poindre aujourd’hui la possibilité d’une expérience tout à fait nouvelle de ce phénomène, évolution des plus souhaitable dont la transformation sociale est la clé.

Quand l’humanité sera une, en vérité et dans les faits, le temps disparaîtra. Quand l’homme abordera la vie d’un point de vue intérieur et créateur, le temps perdra de son emprise sur notre esprit et nous libérera ainsi de sa tyrannie. Tout cela nécessite une réévaluation de la place de l’homme dans l’univers et l’établissement d’un rapport plus authentique avec la source de notre être.

D’ordinaire, l’idée de temps n’évoque rien d’autre qu’une suite d’événements passagers. L’homme commencera à se représenter le temps d’une manière plus correcte lorsqu’il prendra les dispositions nécessaires pour s’aligner sur le Soi supérieur. Lorsqu’il y parviendra, cela lui ouvrira les portes d’une meilleure compréhension des cycles d’activité et de non-activité, donc du temps.

Une telle compréhension est indissociable de l’établissement de relations justes avec nos semblables, car c’est seulement quand tout sens de séparation aura disparu, qu’une compréhension véritable de l’activité cyclique pourra survenir. L’instauration d’un nouvel ordre mondial dans les domaines politique et économique est une condition sine qua non de cette vision plus juste, car nous ne pourrons parvenir au sentiment d’unité nécessaire que lorsque régneront l’harmonie et la justice. En termes pratiques, cela signifie la création de structures politiques, économiques et sociales qui rassembleront les hommes et engendreront un sentiment d’unité sur tous les plans et en tous domaines. Quand l’humanité saisira cela, elle prendra les mesures nécessaires pour que se réalisent de tels changements, ce qui ouvrira la voie à l’établissement de justes relations entre les hommes. De ces nouvelles relations émergeront les conditions dont dépend une nouvelle expérience du temps.

Du point de vue de la Hiérarchie, le temps n’existe qu’en tant que succession de vagues cycliques d’activité et de non-activité se répétant à l’infini. Un Maître n’est nullement conditionné par le temps tel qu’il est ressenti dans les trois mondes de l’expérience humaine, et il lui faut sans cesse moduler l’expression de ses idées ou de ses intentions, lorsqu’il a affaire à ses disciples par exemple, pour s’adapter à l’état de conscience de ceux qui en demeurent prisonniers.

Déjà, comme le montrent certains signes, les hommes commencent à comprendre que leur manière d’aborder le temps est inadéquate, et l’heure est proche où ce fait connaîtra une plus large reconnaissance intellectuelle. Le principe de la dualité du temps est déjà inhérent à de nombreuses découvertes de la science d’aujourd’hui, ce qui conditionnera de plus en plus la perception qu’ont les hommes de la réalité. Mais ce n’est que par une perception directe de lui-même en tant que partie intégrante du tout, que l’homme parviendra à une conscience véritable de la nature du temps. Quand l’homme créera autour de lui les formes et les structures, fondées sur l’unité et la fraternité, qui sont indispensables pour permettre à cette intégration de se produire, il se trouvera au seuil d’une expérience totalement nouvelle de la réalité d’où jaillira un flot continu de créativité tel que jamais on n’en a connu dans ce monde.
Janvier 1982


Les loisirs sont la clé

par le Maître, par l’entremise de Benjamin Creme

Parmi les nombreux problèmes auxquels l’humanité se trouve aujourd’hui confrontée, aucun n’est jugé par l’esprit humain aussi menaçant que le chômage. Dans les pays en voie de développement, des millions d’individus n’ont jamais connu d’emploi régulier, et, jusque dans les pays industrialisés, on voit chaque année le nombre de demandeurs d’emploi augmenter inexorablement. Selon l’ancien adage, « l’homme doit travailler ou mourir de faim ». Mais doit-il nécessairement en être ainsi ?

Il ne fait aucun doute que la principale raison de la montée du chômage est la découverte et l’utilisation des technologies nouvelles. De plus en plus, le robot remplace l’homme dans les procédés de fabrication plus complexes. Aucun humain ne peut rivaliser en rapidité d’exécution et en précision dans les tâches répétitives avec les machines sophistiquées utilisées de nos jours. C’est dans l’ordre des choses. Beaucoup se lamenteront sur la perte du savoir-faire acquis après de longues années d’apprentissage et de formation, mais l’homme est fait pour des tâches plus nobles et plus dignes de lui. Pourquoi les hommes devraient-ils se mesurer à de simples machines ?

L’homme est un dieu en évolution et il serait insensé de limiter ses possibilités créatrices. Il n’est rien qu’avec le temps il ne puisse faire. Alors pourquoi se lamenter de voir l’homme, dans son long voyage vers la perfection, franchir une étape qui lui accorde enfin le loisir d’élargir son expérience et de grandir ?

L’homme se tient au seuil d’une nouvelle perception de lui-même, de son but et du monde dans lequel il vit. Ce nouvel éveil de conscience suscitera l’apparition d’aptitudes insoupçonnées qui attendent de s’exprimer et permettra aux humains d’entrer dans la demeure des dieux.

Lorsque l’homme se verra vraiment tel qu’il est, rien n’empêchera la manifestation de ses pouvoirs divins. Cette gloire sera visible de toutes parts et créera un sentier de lumière jusqu’aux étoiles les plus lointaines. Avant d’arriver à cette époque bénie, l’homme doit apprendre et s’entraîner aux loisirs, car sans loisirs, il a peu de chance de grandir. Les loisirs doivent être considérés comme la condition préalable au développement de la pensée et de l’action créatrices qui transformeront totalement la vie de l’humanité.

Dans une époque de compétition, le vieil adage est valable. Seul le travail donne le droit de manger. Mais l’homme est prêt à faire l’expérience de relations différentes. Une coopération et une générosité nouvelles l’appellent à devenir le protecteur de son frère et à veiller à ce que tous aient accès au nécessaire dans leur vie quotidienne.

Les machines libéreront les hommes chaque jour davantage, leur permettant ainsi d’être eux-mêmes. Les loisirs assureront à chacun la possibilité d’atteindre pleinement le potentiel qui est le sien au niveau où il se trouve dans le voyage vers la perfection, et, par l’apport de ses dons personnels, de contribuer à l’enrichissement du Tout.

Ainsi les hommes connaîtront-ils un épanouissement inimaginable aujourd’hui, mais qui un jour leur permettra de se reconnaître les uns les autres comme les dieux qu’ils sont.

Les loisirs sont la clé, et pour que les loisirs deviennent accessibles à tous, les hommes doivent partager. Des millions de gens meurent de faim et d’autres, beaucoup plus nombreux encore, voient leur vie broyée par une pauvreté sans espoir. Cette malédiction ne doit plus être acceptée comme norme. Les tensions ainsi engendrées ne sauraient être supportées plus longtemps par l’humanité. Entrant désormais dans une ère où les machines pourvoiront aux besoins de tous, les hommes doivent partager en frères et cheminer ensemble vers l’aube nouvelle.
Novembre 1986





S.O.P. — Sauvons notre planète

Home Le projet Source : pour une agriculture vraiment durable

Interview de Jason Taylor par Niels Bos

Jason Taylor est le cinéaste et photographe du projet Source, une initiative multimédia autofinancée qui cherche à faire connaître les méthodes de travail des paysans à l’avant-garde en Inde. Il s’intéresse principalement aux questions liées à l’agriculture et il est basé en Asie. Dans son travail, il se concentre sur la vie quotidienne des paysans indiens, il capte leur environnement, ainsi que leurs idées et leur vision de l’agriculture au moyen de photographies très vivantes et de séquences vidéo. Niels Bos l’a interrogé pour Partage international.

Après dix ans de travail comme photographe et cinéaste dans le secteur de l’aide au développement, Jason Taylor s’est rendu compte que beaucoup des projets dans lesquels il avait été impliqué ne relevaient guère plus de ce qu’il appelle lui-même « la gestion de la pauvreté ». Dans son esprit, les paroles des gens qu’il interviewait dans ses documentaires étaient beaucoup plus pertinentes que celles des organismes de développement qui semblaient avoir peu de notions de la réalité sur le terrain. Il a donc décidé de lancer une initiative autofinancée appelée Projet Source, dans le cadre de laquelle il a entamé un voyage à la rencontre de certains des agriculteurs à l’avant-garde en Inde ; ceci lui a permis de réaliser des photographies et de produire des documentaires concernant l’agriculture et l’alimentation.

Partage international : Il y a quelques années, vous avez lancé le projet Source. Qu’est-ce qui vous a motivé à le faire ?
Jason Taylor : Dans le passé, j’ai réalisé un projet avec le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) au Sri Lanka. Suite à ce travail, ils m’ont demandé de réaliser un documentaire sur l’agriculture et l’avenir de l’alimentation. Dans le film, je voulais poser la question : l’alimentation fait-elle partie des droits de l’homme ? Mais lorsque je leur en ai parlé, ils m’ont dit qu’ils devaient y réfléchir et qu’on se reverrait plus tard. J’avais été choqué par le fait que, pour eux, la question de l’alimentation comme relevant des droits de l’homme ne coulait pas de source et qu’ils devaient en référer à leur hiérarchie. D’énormes quantités d’argent ont été dépensées par des gens travaillant dans des bureaux climatisés sur la promotion de ces films, mais, au bout du compte, ils ont fini par ne rien faire de concret pour les gens qui vivent dans les zones rurales telles que l’Orissa, en Inde. J’ai aussi eu de nombreuses discussions avec des chercheurs et des économistes travaillant dans le domaine du développement, mais je pense qu’ils ne comprennent pas la réalité du terrain. J’ai fondamentalement besoin d’action et, il y a trois ans, je me suis retiré du secteur de l’aide au développement pour me lancer dans la réalisation de documentaires qui expliquent le point de vue des personnes les plus touchées par ces politiques de développement.

PI. Pourriez-vous décrire les objectifs du projet Source ?
JT. Je m’intéresse essentiellement aux mouvements actifs dans les questions d’environnement et dans les questions d’ordre social. La problématique de l’alimentation recouvre ces deux dimensions. Il s’agit du contrôle exercé par les grandes entreprises sur notre système alimentaire, le gaspillage de nourriture, l’érosion des sols ainsi que le contrôle des ressources naturelles. C’est aussi sur le droit des agriculteurs à vivre et à fournir des aliments sains et nutritifs. C’est vraiment un immense thème et l’alimentation est au centre de celui-ci.

Jason Taylor croit que les véritables agriculteurs, dans le monde entier, sont la source de toute connaissance : la connaissance des semences, des sols, des saisons, de notre interdépendance et du respect pour les autres espèces, du grand cycle qui fait que tout vient et retourne à la terre. « C’est cette connaissance que je veux montrer à la majorité des gens qui sont devenus tout à fait déconnectés de la source de leur nourriture. »
Il se réfère à des personnes comme Bhaskar Save, qu’il considère comme le plus important agriculteur bio en Inde. « Bhaskar a réalisé une expérience simple. Il a pris un pot, y a mis de la terre et a ajouté une graine. Un mois plus tard, il a récolté une courge pesant quelques kilos. Il a ensuite retiré la plante et pesé le contenu du pot. Le poids était le même que quand il avait planté la graine. Avec absolument aucun intrant, la nature et ses éléments ont été en mesure de fournir des aliments à partir de rien : c’est une nourriture saine, nutritive et gratuite. »
En voyant cette expérience, J. Taylor s’est posé la question suivante : « Comment est-il possible que nous soyons passés d’un système libre qui améliore notre environnement à un système coûteux qui le détruit ? » Natabar Sarangi, le personnage principal du film Natabar, est cultivateur de semences. Il pense que la réponse se trouve dans les profits immenses et les marchés contrôlés : « Avant la Révolution verte, un agriculteur pouvait gagner 50 000 roupies par hectare en moyenne, et maintenant même un agriculteur industriel gagne au mieux 15 000 roupies par hectare. » Cette perte de 70 % pour l’agriculteur est due aux bénéfices des grandes sociétés multinationales qui, au fil des ans, ont réussi à contrôler les marchés agricoles. Dans le passé, l’Inde était « la mère du riz » avec plus de 110 000 variétés de riz.

PI. Quelles étaient les différences entre toutes ces variétés de riz ?
JT. Il y avait des variétés parfaitement adaptées aux différentes conditions pédoclimatiques telles que la tolérance à la sécheresse, la tolérance envers un sol salin, la résistance aux inondations, il y avait aussi le riz capable de pousser dans plus de 3 m d’eau et les variétés qui pourraient être utilisées pour contrer notre climat changeant. Depuis l’avènement de la Révolution Verte, l’Inde a perdu plus de 90 % de ces variétés et a laissé la majorité des agriculteurs dépendre uniquement des semences fournies par les entreprises reconnues par le gouvernement. Comme l’a exprimé Henry Kissinger : « Contrôlez le pétrole et vous contrôlez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlez les peuples. » Maintenant, après cinquante ans de soi-disant développement agricole, nous avons perdu de nombreuses variétés de semences et la biodiversité, les agriculteurs sont plus pauvres, les sols sont détruits et la valeur nutritive des aliments a diminué. La seule chose qui ait augmenté, ce sont les profits des multinationales.

PI. La Révolution Verte indienne des années 1960 et 1970 est généralement décrite comme une tentative tous azimuts pour l’Inde de devenir autosuffisante en produits alimentaires de base ; pour la plupart des agriculteurs que vous avez interviewés, il semble qu’elle ait eu un grand impact sur leurs vies et leurs moyens de subsistance. A votre avis, en quoi consistait exactement la Révolution Verte indienne et comment ses effets se font-ils ressentir encore aujourd’hui ?
JT. Elle était liée aux relations entre l’Amérique et l’Inde. L’Amérique soutenait l’Inde par d’énormes dons de nourriture – des millions de tonnes de maïs et de riz ont été exportées vers l’Inde. Indira Gandhi voulait devenir indépendante et autonome à n’importe quel prix ; donc, avec l’aide de Swaminathan, à qui est attribuée la paternité de la révolution verte, et le soutien de sociétés américaines telles que Monsanto, ils ont développé un système qui produit plus de nourriture mais qui n’est absolument pas durable.
Lorsque l’Inde a décidé de se lancer dans une agriculture à base de produits chimiques, les résultats furent au-delà des attentes. On m’a dit que dans de nombreuses régions, les récoltes ont doublé, ce qui a rendu les agriculteurs du Pendjab parmi les plus riches d’Asie. Pendant des années, ils ont encaissé d’énormes profits mais ils se sont distanciés de leur environnement ; ils ont engagé des chefs d’exploitation et transformé le métier en une entreprise avec des rentrées et des sorties, une sorte d’agriculture à distance. Avec peu de réglementation sur la vente et l’utilisation des produits phytosanitaires, le Pendjab est devenu le far-west de l’agrochimie et le théâtre d’une guerre contre l’environnement qui a abouti à la lente érosion des ressources naturelles et de la biodiversité. Amarjeet Sharma, un paysan que j’ai rencontré au Pendjab, m’a dit que l’utilisation de produits chimiques apportés par la Révolution Verte était comme la prise de médicaments : « Au début, on se sent bien, on se sent fort, on contrôle la situation, puis lentement, le médicament commence à vous contrôler, alors vous devenez faible et dépendant. »

PI. Vous avez également des informations sur la façon dont la situation difficile des paysans affecte la vie quotidienne de leurs familles et de leurs communautés ?
JT. Tout est vraiment de plus en plus axé sur la consommation et l’argent. J’ai rencontré des gens pauvres, des paysans du Maharasthra, qui consacraient tout leur argent à l’achat d’une paire de Nike pour leurs fils à cause de la façon dont la société pourrait percevoir leurs enfants. Ces valeurs matérielles étaient la chose la plus importante pour eux. J’ai fait un film sur ce sujet, il est intitulé Cultures Shifting, il montre comment les communautés du Cachemire ont changé. Les enfants sont désormais scolarisés, ce qui est très bien ; mais on leur enseigne un système de valeurs basées sur l’argent et sur combien ils peuvent gagner. A l’heure actuelle, plus aucune connaissance agricole n’est transmise aux enfants, car pour eux il n’y a pas de valeur dans l’agriculture, ils ne veulent pas y consacrer leur vie. Les paysans sont considérés comme étant au niveau le plus bas de la société.

PI. Une réponse adéquate à l’agriculture purement axée sur le profit semble être fournie par les paysans présentés dans votre film comme Amarjeet Sharma, un agriculteur biologique du Pendjab, et Natubara Sarangi, qui produit des semences indigènes et les partage avec les autres paysans locaux. Est-ce que leur approche illustre la « philosophie agricole » que vous avez mentionnée dans votre travail ?
JT. Oui. Pour commencer, nous devons nous occuper de cette planète. Parce que c’est la seule que nous ayons et c’est elle qui nous soutient. Sans elle, il ne nous restera absolument rien. Les pratiques agricoles contemporaines érodent fortement les sols et détruisent la biodiversité. Vous avez de grandes entreprises qui rejettent illégalement leurs produits chimiques ; les rivières en Inde sont comme des égouts à ciel ouvert. Le Pendjab a cinq rivières, le nom même du Pendjab signifie en réalité cinq rivières. J’y ai interviewé un médecin et il m’a dit qu’il y a 50 ou 60 ans, vous pouviez boire l’eau des rivières ; celles-ci étaient très poissonneuses et on y trouvait une faune variée. Maintenant, dit-il, si vous ne buviez qu’une simple gorgée d’eau, vous seriez gravement malade et vous pourriez même en mourir.

PI. Mais vous croyez que tout n’est pas perdu ?
JT. Ce qui me motive, ce sont ces agriculteurs tels que Bhaskar, Natabar, Amarjeet et bien d’autres que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Des paysans à travers le monde, comme eux, commencent à revendiquer leurs droits fondamentaux à un système alimentaire durable et équitable. Ils ont compris que l’avenir n’est pas chimique et n’est certainement pas seulement axé sur le profit. La réponse est dans la pratique de l’agriculture naturelle, un système millénaire qui est basé sur le travail avec la nature plutôt que contre elle. C’est un système qui intègre la conservation et le partage des semences, l’utilisation de méthodes naturelles comme le compostage et les cultures mixtes, les engrais et pesticides naturels et, par-dessus tout, le respect complet pour le bien-être de tout ce qui fait partie de notre environnement naturel. Nous savons maintenant qu’avec la permaculture nous pouvons produire des aliments beaucoup plus sains que par la monoculture. Mais, le véritable problème est que, bien que nous produisions deux fois la quantité de nourriture dont nous avons besoin, nous ne la distribuons pas correctement, ce qui mène à de grands gaspillages.

Néanmoins, J. Taylor estime que le temps est venu où les gens partout dans le monde commencent à réaliser la vraie valeur de l’alimentation : « Le modèle industriel bénéficie de gros moyens et même de l’appui des gouvernements dans de nombreux cas, mais les gens (les producteurs et les consommateurs) commencent à se rendre compte que ce futur n’est pas à leur goût. Le contexte évolue lentement mais aurons-nous la volonté politique ? Les consommateurs sauront-ils soutenir les agriculteurs et pourrons-nous rétablir tout ce que nous avons perdu ? »

PI. Pourriez-vous nous faire part de certains de vos espoirs et de vos projets pour l’avenir ?
JT. Je crois en la philosophie Sikh du Seva : je crois fermement au service envers les autres et que les autres ensuite vous aideront. Ce que j’essaie de faire avec le Projet Source, c’est de créer un niveau de conscience. Je veux juste que les gens voient des choses et j’espère que cela résonnera en eux et réveillera leur conscience. Un grand nombre de documentaires sur l’alimentation sont très sensationnalistes, ils ont détourné les gens. J’essaie de stimuler une nouvelle génération de photographes et de cinéastes qui ont une conscience. A l’avenir, j’espère aller aux États-Unis pour faire des documentaires sur les Indiens indigènes d’Amérique. Je tiens à faire connaître leurs paroles, leur philosophie et leur compréhension de leur relation avec notre environnement. Je veux comparer cela avec notre situation. Ils parlent des arbres comme étant les os, le sol comme étant la chair et les rivières comme étant le sang de la planète. Et nous détruisons cela, donc, nous nous détruisons. Je veux montrer que les gens ont besoin de voir cela.


Pour plus d’informations sur le Projet Source, les documentaires et les photos : www.thesourcefilm.org ou www.thesourceimage.com.




Home Le peuple et la planète

Interview de Stephen Leahy par Felicity Eliot

Le Canadien Stephen Leahy exerce depuis douze ans le métier de journaliste freelance. Il a notamment travaillé pendant cinq ans pour Inter Press Service, et publié des articles dans de grands journaux et magazines de plusieurs pays étrangers. Demeurant près de Toronto, S. Leahy est membre professionnel de la Société des Journalistes pour la défense de l’environnement. Il est également l’un des deux vainqueurs du Prix mondial Prince Albert/Nations unies 2012 pour la lutte contre le changement climatique.

Partage international a récemment publié deux de ses articles : L’inaction climatique est un échec de la démocratie dans le numéro double de janvier/février 2013 et Des températures fantasques, en mars 2013. Felicity Eliot l’a interviewé via Skype pour Partage international.

Partage international : Cela fait plus de dix ans que vous êtes engagé en tant que journaliste pour la défense de l’environnement : qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans l’état actuel de notre planète ?
Stephen Leahy : Tout d’abord, je dirais que la plupart de nos activités vont dans la mauvaise direction. Par exemple, la manière dont fonctionnent nos économies.

PI. Vous liez donc l’économie et l’environnement ?
SL. Oui. L’idée que la croissance peut être sans fin est évidemment erronée.

PI. Pour beaucoup, la croissance est un élément essentiel. Vous n’êtes pas de cet avis ?
SL. Non. Elle est évidemment impossible à soutenir. Aujourd’hui, nous avons atteint la limite de ce que nous pouvons demander à notre planète. Nous entrons dans une époque dangereuse.

PI. Pourriez-vous préciser davantage pourquoi vous rejetez l’idée de croissance 
SL. Une croissance matérielle continue dans un système fini comme notre planète est manifestement impossible.

PI. Lors de son second discours inaugural, le président Obama, a mis l’accent sur les questions d’environnement et sur la nécessité d’assurer un avenir viable. Ce discours témoignait au moins de l’intention de faire davantage pour la protection de la planète, mais les mains de B. Obama sont liées par d’autres membres du Congrès.
SL. Comme je l’ai si souvent répété, sans une pression populaire – je veux dire au moins des dizaines de milliers de gens dans les rues et devant la Maison Blanche exigeant des changements et des mesures concrètes contre le changement climatique – rien ne pourra se produire.

PI. Dans l’un de vos articles, vous citiez Pat Mooney, du Groupe d’action contre l’érosion, la technologie et la concentration, organisation internationale basée à Ottawa. Il affirmait que « les gouvernements, les médias et le public ne prêtent pas attention à l’état dramatique et dangereux dans lequel se trouve la planète. Cette situation fait penser à des pompiers qui crieraient « Au feu ! » dans une salle pleine de monde, alors que personne n’écouterait. » Il est clair en effet que, même aujourd’hui, les médias en général et les leaders mondiaux n’y prêtent guère attention. Vous considérez donc que le pouvoir du peuple peut être déterminant ?
SL. Oui. Je pense qu’il sera un facteur indispensable pour obtenir un changement. Je suppose qu’il en ira de même que lors de la lutte pour les droits civiques, qui a conduit des centaines de milliers de manifestants dans les rues. Aujourd’hui, ces droits civiques semblent aller de soi – on se demande pourquoi on n’a pas procédé à ces changements nécessaires dès les années 1960 ! Mais à l’époque, le peuple a dû déployer des efforts énormes et persistants pour arriver à ses fins.

PI. J’aimerais vous demander comment nous, les gens du peuple, pouvons faire sentir notre influence aux grands groupes de pression, qui défendent avec tant d’acharnement leurs intérêts particuliers ?
SL. Eh bien, organiser des manifestations de masse est certainement une étape, un moyen d’y parvenir. Mais il y en a d’autres : par exemple, le boycott de certains produits – moyen déjà utilisé, bien entendu. Ou bien le blocage de ces produits à la production, ou de l’extraction de certaines ressources. Les gens peuvent perturber l’activité des mines ou même l’empêcher afin de protéger leur environnement. Ou bloquer les trains qui transportent du charbon. Je pense que ce type d’action va se produire bien plus souvent dès cette année, et pendant les années à venir.

PI. Concernant les émissions de CO2 : pourquoi est-ce un problème si crucial ? Je sais que vous avez déclaré : « Le chiffre le plus important de l’histoire contemporaine est la mesure annuelle des émissions de carbone. »
SL. Le changement climatique résulte de l’utilisation des carburants fossiles. Plus on les utilise, plus il se dégage de CO2 ; plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, plus le climat se réchauffe. La conclusion tombe sous le sens : pour empêcher la température de monter beaucoup plus, il faut cesser progressivement d’utiliser des carburants fossiles. Car nous avons atteint un tel niveau que la coupe est près de déborder.

PI. Vous voulez dire que si une certaine limite est franchie, on ne pourra plus revenir en arrière ?
SL. Oui. Mais ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c’est que le CO2 reste longtemps dans l’atmosphère – des centaines, sinon des milliers d’années. En pratique, on peut dire que ses effets sont permanents. Ce que le tuyau d’échappement de votre voiture envoie dans l’atmosphère va y demeurer des centaines, voire des milliers d’années.

PI. Évidemment, le CO2 et les autres polluants impactent tout : l’air, les sols, les mers, les réserves d’eau, et ainsi de suite. A quoi les militants et/ou les citoyens ordinaires devraient-ils s’attaquer en premier lieu ? Peut-on se contenter d’agir dans les domaines qui nous tiennent le plus à cœur ?
SL. Eh bien, c’est peut-être surtout au niveau local que les gens agiront, et c’est probablement le niveau le plus important. Les gens peuvent se rassembler localement et trouver des moyens de réduire collectivement les émissions de carbone dans leur secteur.
Il y a un mouvement très intéressant, le Mouvement de transition urbaine, dans lequel se rassemblent des communautés à la recherche de solutions collectives. « Comment pouvons-nous, ensemble, réduire nos émissions tout en aidant notre communauté ? Comment pouvons-nous créer un environnement à la fois prospère et protégé ? Peut-être en protégeant nos approvisionnements en eau, en produisant nous-mêmes notre nourriture ? » Il y a actuellement plus de mille Mouvements de transition urbaine de par le monde, tous engagés dans cette direction. Et tout le monde s’accorde à dire que les gens aiment vraiment travailler ensemble à la résolution de certains de ces problèmes.

PI. Le militantisme se développant et le peuple faisant de plus en plus entendre sa voix, une force de plus en plus grande se dresse contre les intérêts égoïstes. Mais notre système politique fait partie du problème, n’est-ce pas ? Comment trouver les moyens de convaincre les politiciens ?
SL. Chaque pays a ses problèmes particuliers en fonction de son système politique. Mais le fait que nos efforts soient insuffisants pour atténuer le changement climatique témoigne clairement d’un échec de la démocratie. Les politiciens ne se préoccupent pas de ce problème urgent qui va affecter tout un chacun dans un proche avenir. Et pourtant, personne ne veut laisser à ses enfants une planète qui risque vraiment de ne plus pouvoir nourrir ses habitants. Il y a donc clairement un déficit démocratique.

PI. Il est donc très important de participer à l’action politique ?
SL. C’est exact. Comment s’y prendre ? Les représentants de ces groupes communautaires, comme la Transition urbaine, représentent les vraies aspirations du peuple. L’un des problèmes, c’est que la politique s’est beaucoup professionnalisée, si bien que les gens ne s’y impliquent plus directement. Mais, encore une fois, à travers leur engagement au sein des communautés, les gens prennent conscience de l’importance de travailler ensemble, et c’est indispensable avant de participer au processus politique.

PI. Dans l’un de vos articles, vous parlez de certains pays à la pointe du combat contre le changement climatique, comme la Corée du Sud. Pouvez-vous donner des exemples de leurs réalisations ?
SL. La Corée a compris que le 21siècle appartiendra aux pays ayant réussi leur transition énergétique, parce qu’ils ont compris que moins ils consomment d’énergie, plus ils sont prospères. En Corée, chaque ville veut être plus écologique que les autres, si bien que la société se transforme rapidement. La Corée, ainsi que quelques autres pays émergeants, ont une réelle soif de changement, tandis que les pays industriels occidentaux comme le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis ne s’y intéressent guère. En réalité, ces pays pratiquent l’autosatisfaction.

PI. Je voudrais que vous parliez aussi de l’exploitation des ressources dans les pays émergeants et du problème qui en résulte : l’annexion des terres.
SL. C’est un sujet important en Afrique, en Amérique du Sud, et dans certains pays d’Asie, car les industries commencent à manquer de matières premières et de ressources minières. En même temps, les marchés financiers s’y intéressent de plus en plus : les terres agricoles sont à présent des valeurs boursières spéculatives très en vogue dans le monde entier, au même titre que l’or ou d’autres métaux rares. C’est un très grave problème, car les investisseurs industriels peuvent facilement investir des millions de dollars sur n’importe quel terrain.

PI. C’est une situation très dangereuse, n’est-ce pas ?
SL. Certainement. Il y a au moins un milliard d’individus qui souffrent d’insuffisance alimentaire et ne peuvent s’opposer aux investisseurs des bourses de New York ou de Londres : lorsqu’ils sont sollicités, ils finissent par leur céder toute la terre qu’ils possédaient. Mais, d’un autre côté, c’est de l’argent facilement gagné pour certains pays, qui louent leurs terres pour cinquante ans et gagnent ainsi des milliards.

PI. Mais où va cet argent ? Pas aux petits fermiers, je suppose ?
SL. Bien sûr que non. En conséquence, ils viennent grossir les villes, où se multiplient les taudis et les bidonvilles.

PI. Et davantage de personnes souffrent de malnutrition.
SL. C’est malheureusement une tendance indiscutable, et non imputable au changement climatique, lequel impacte d’abord l’agriculture. Les fermiers ont besoin d’un climat relativement constant. Or les variations climatiques extrêmes sont l’un des signes du changement climatique, et ces variations ont un effet désastreux sur la production de nourriture.

PI. Que disent les statistiques sur le climat et l’état de la planète ? La dernière décennie est-elle la plus chaude que nous ayons connue ?
SL. Oui. C’est la décennie la plus chaude depuis que les relevés de température existent, et certainement aussi la plus humide et la plus sèche. Il est très important de savoir que, chaque année, davantage de records sont battus. Justement, j’ai écrit ce matin, à propos de l’une de ces statistiques : « Si vous n’avez pas plus de 27 ans, où que vous viviez sur cette planète, vous n’avez connu que des mois plus chauds que la moyenne. Il fait plus chaud que la moyenne depuis 27 ans ! » Cela ne s’était jamais produit, et si l’on excepte le mois de mai de cette année, cela fait 330 mois de suite que chaque mois est plus chaud que la moyenne.

PI. Dans l’un de vos articles, vous dites que la réélection d’Obama a été favorisée par l’ouragan Sandy.
SL. Il y a quelques années, j’ai demandé à l’un des climatologues les plus réputés des États-Unis : « Qu’est-ce qui manque aux Américains pour prendre au sérieux le changement climatique ? » Il m’a répondu : « Un ouragan sur New York, Washington et Los Angeles, de préférence simultanément. Cela seul ferait prendre conscience aux Américains et à leurs dirigeants que le changement climatique est une menace sérieuse. » Mais les intérêts pétroliers mènent une très grosse campagne de désinformation afin d’endormir les gens.

PI. C’est pourquoi des médias indépendants et des journalistes indépendants comme vous sont si importants.
SL. Le New York Times avait neuf journalistes pour couvrir les sujets liés à l’environnement, et ils viennent de fermer et de dissoudre ce service.

PI. Gardez-vous espoir ? N’est-il pas trop tard ?
SL. Si je garde espoir ? Cela dépend des jours ! Et c’est vrai, le temps est compté. Il ne nous reste plus que quelques années pour contenir, puis inverser la progression des émissions de CO2 et leur impact. Mais je vois que beaucoup de gens, principalement des jeunes, s’investissent dans ce domaine. Ils ne craignent pas le changement. Ils veulent changer les choses, et beaucoup de pays le veulent aussi. Nous devons créer l’impulsion. Nous devons trouver des moyens de réduire nos besoins énergétiques et d’éviter les gaspillages d’énergie. Il y a toutes sortes de solutions : par exemple, améliorer les technologies domestiques réduisant nos besoins énergétiques. Il y a peu, l’Europe gaspillait moins d’énergie que nous, grâce à une meilleure législation et une meilleure réglementation, mais les Européens utilisent à présent de plus en plus d’appareils et de gadgets électroniques. Il faut changer notre mode de vie. Certains croient difficile de se passer ne serait-ce que d’une partie de leur équipement électronique ; en réalité, cela améliorerait leur qualité de vie. On peut trouver d’autres distractions : nouer des relations, être plus créatif... Je crois que nous avons tous du mal à imaginer un avenir différent. Nous avons besoin d’artistes, de poètes et de cinéastes pour nous aider à découvrir de nouvelles voies, à avoir une vision claire de notre avenir.


Stephen Leahy est journaliste indépendant, spécialiste des questions d’environnement.

Pour davantage d’informations sur les aides que l’on peut apporter aux associations de journalistes indépendants, visitez son site web : stephenleahy.net

Les articles de Stephen Leahy ont été regroupés dans deux publications informatiques : Oil Stains in the Boreal Forest : The Environmental cost of Canada’s Oil Sands et Steve’s Hurricane Handbook 2007. (La Forêt boréale souillée par le pétrole : le coût environnemental de l’exploitation des sables bitumineux au Canada et Le Guide 2007 des ouragans.)


Qu’est-ce qui a le plus de sens ?
Des groupes écologiques régionaux et des activistes communautaires qui utilisent leurs budgets limités en association avec 90 % des scientifiques mondiaux pour créer un canular mondial et détruire l’économie mondiale ?
Ou bien de grandes compagnies pétrolières qui dépensent leurs profits indécents à distribuer des pots de vin afin de protéger leurs profits et limiter toute responsabilité à venir dans la pollution qu’ils peuvent causer ?




Home Le Royaume-Uni attentif à l’état de la nature

Source : rspb.org.uk

Pour la première fois, 25 organisations anglaises en faveur de la faune et de la flore ont collaboré afin de présenter un rapport sur l’État de la nature – un inventaire des espèces sauvages dans le Royaume-Uni et ses Territoires d’Outre-mer. Publié le 22 mai 2013 pour coïncider avec le Jour international pour la diversité biologique aux États-Unis, ce rapport base ses conclusions sur un nouvel indicateur des éléments à surveiller, développé pour mesurer l’évolution des espèces à protéger en priorité, et sur la Liste Rouge, liste des espèces planétaires menacées d’extinction, dressée en 1963 par l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles.

Les auteurs du rapport font toutefois remarquer qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer nos connaissances : la surveillance dépendant largement de l’engagement et des capacités de bénévoles, peu d’information est collectée pour la majorité des espèces. C’est pourquoi le rapport ne couvre que 3 148 espèces – seulement 5 % des 59 000 espèces terrestres et aquatiques du Royaume-Uni. Mais même à ce faible niveau les nouvelles sont alarmantes.

Découvertes clés :

– Deux insectes sur 3 sont en déclin ;

– plus de 10 % des espèces du Royaume-Uni sont menacées d’extinction ;

– globalement les populations ont diminué de 77 % en moyenne ces quarante dernières années, avec un faible indice de reprise ;

– 60 % des espèces ont diminué ces cinquante dernières années, 31 % très fortement ;

– 50 % des espèces montrent de gros changements dans leur nombre ou leur variété, en raison des récents changements environnementaux. Les espèces ayant besoin d’un habitat spécifique souffrent davantage que les autres ;

– Dans les Territoires d’Outre-mer du Royaume-Uni, plus de 90 espèces présentent un fort risque d’extinction, la grande majorité étant d’une importance internationale.

Le rapport cite des menaces « nombreuses et variées » envers la faune et la flore, les plus sévères soit détruisent l’habitat, soit dégradent la qualité et la valeur de ce qui reste. Les effets du changement climatique s’accroissent, avec de nombreuses espèces forcées d’augmenter leurs portées pour survivre, ainsi que d’autres subissant directement les effets dévastateurs notés dans le rapport.

« Les causes sont variées, écrit David Attenborough dans l’avant-propos du rapport, mais la plupart sont finalement dues à la façon dont nous utilisons la terre et les mers et leurs ressources naturelles, souvent avec peu d’égards pour la faune et la flore avec qui nous les partageons. L’impact sur les plantes et les animaux a été profond. »

Mais à côté des déclins, le rapport célèbre aussi les succès. Entre 2007 et 2011, par exemple, « plus 17 000 ornithologues amateurs volontaires ont parcouru environ un quart de la surface de la Grande-Bretagne et de l’Irlande afin d’aider à compiler le dernier Atlas des oiseaux, et neuf millions de données ont été enregistrées pour le dernier Atlas des plantes. Le Royaume-Uni est le leader mondial de ce genre d’engagement public pour la surveillance de la faune et de la flore, ce qui aurait coûté des millions de livres s’il avait fallu payer des professionnels. »

Le rapport résume : « Nous devons agir pour sauver la nature à la fois pour sa valeur intrinsèque et pour le bénéfice qu’elle nous apporte et qui sont essentiels pour notre bien-être et notre prospérité. Une conservation ciblée a produit des histoires inspirées célèbres et, avec une détermination suffisante, des ressources et l’appui du public, nous pouvons agir sur le bien-être de la faune et de la flore autour de nous. Le rapport sur l’État de la Nature sert à illustrer qu’avec une détermination et un engagement partagés nous pouvons sauver la nature. »




Home Protéger les « forêts tropicales de la mer »

Interview de Ken Nedimyer par Jason Francis

La Coral Restauration Foundation (CRF) est une ONG écologiste américaine basée à Key Largo, en Floride. Elle s’est donné la mission de restaurer les récifs coralliens menacés de disparition en cultivant le corail dans des pépinières en pleine mer, pour le replanter ensuite sur les récifs dégradés avec l’aide d’étudiants, de bénévoles, de scientifiques, de plongeurs, d’aquariums, et de groupes citoyens. Ken Nedimyer, pêcheur professionnel et collectionneur de poissons tropicaux, a créé CRF en 2007. Jason Francis a interviewé Ken Nedimyer pour Partage international.

Partage international : Qu’est-ce que le corail et pourquoi parle-t-on de « forêts tropicales de la mer » ?
Ken Nedimyer : Une colonie de corail est un groupe de polypes, considérés comme des animaux. A l’intérieur du corail se trouvent des algues symbiotiques qui fournissent l’essentiel de leur nourriture, ainsi que des bactéries. Ces algues et bactéries permettent au corail de vivre.
On appelle les récifs coralliens les « forêts tropicales de la mer » parce qu’ils sont tout aussi riches en biodiversité que les forêts tropicales terrestres. Ils couvrent moins d’un pour cent de la surface des fonds marins, mais ils hébergent environ 25 % des espèces marines. Et ils sont tout aussi en danger que les forêts tropicales terrestres à cause de l’impact des activités humaines.

PI. Quelle est la cause de la disparition du corail dans la mer des Caraïbes ?
KN. La première cause est la surpêche, depuis quelques dizaines d’années. La pollution provenant des effluents agricoles et des diverses eaux usées qui se déversent dans la mer par ruissellement a également un impact important (seulement 20 % des pays de l’arc Caraïbe traitent leurs eaux usées). Ensuite, les constructions le long des rivières et des rivages favorisent l’érosion, et le limon rejeté à la mer enterre les récifs et étouffe le corail. On a aussi vu en 1983 dans cette mer la disparition d’une espèce d’oursin herbivore indispensable au cycle de reproduction du corail et des poissons.
Depuis 20 ou 25 ans, le corail blanchit, s’affaiblit et devient vulnérable aux maladies. J’ai mentionné que le corail est un animal qui se nourrit d’une algue symbiotique. Selon la souche d’algue, le corail sera rose, violet, bleu, ou marron comme souvent dans les Caraïbes. Sans ces algues, le corail serait blanc, comme les coraux des eaux profondes, où il n’y a pas d’algues. Lorsque le corail est stressé par la chaleur ou le froid, il expulse les algues et blanchit. Il ne meurt pas nécessairement tout de suite, mais il a perdu sa principale source de nourriture. Donc, il a tendance à se fragiliser davantage, et à blanchir un peu plus. On observe ce phénomène de blanchissement et de maladies dans le monde entier.
Le corail peut parfois se régénérer et se recolorer. Mais comme la mer Caraïbe est assez fermée et considérablement peuplée, elle est particulièrement vulnérable.

PI. Ces températures chaudes anormales sont-elles liées au réchauffement global du climat ?
KN. L’augmentation globale des températures résultant du changement climatique a accentué la force du phénomène connu sous le nom de El Niño dans le Pacifique Sud, qui est essentiellement un changement de direction du vent. El Niño perturbe les températures et les cycles des vents, et la plupart des épisodes de blanchissement extrêmes lui sont associés.

PI. Est-ce qu’on voit cette dégradation des récifs partout dans le monde ?
KN. Certains récifs résistent mieux que d’autres, surtout dans les régions les moins peuplées. Mais plus les récifs sont proches des grands centres de population et des activités humaines plus ils souffrent et diminuent.

La régénération des récifs coralliens

PI.
Comment régénérer-vous les récifs des Caraïbes ?
KN. Nous avons identifié les deux principales espèces de corail des Caraïbes du genre Acropora : le corail corne-de-cerf et le corne-d’élan. Auparavant, jusque dans les années 1980, ils représentaient la majorité des coraux des Caraïbes. Depuis, ces coraux ont commencé à blanchir et à mourir de maladies. Parfois, ils ont aussi été frappés par des ouragans, et leur reproduction a également été perturbée par la disparition de l’oursin. Certains chiffres indiquent une perte de 98 % de cette population de coraux.
Nous essayons maintenant d’identifier les coraux qui ont survécu. Il faut d’abord les trouver, puis les protéger. D’où l’intérêt des pépinières offshore qui permettent de cultiver des souches génétiques de diverses espèces de corail. Et quand on les replante en mer, on essaie de rétablir la diversité génétique des récifs.

PI. Comment fonctionne une pépinière de coraux ?
KN. Il faut d’abord obtenir la permission d’extraire un peu de corail. Pour le corne-de-cerf et le corne-d’élan, c’est assez facile car ce sont des coraux branchus et on peut facilement trouver des branches cassées gisant sur le fond. Les pépinières ont une profondeur de 6 à 10 mètres et sont protégées. On découpe les branches de corail récupérées en morceaux que l’on accroche à des supports sur lesquels ils grandissent très vite. Après environ six mois, nous prenons des boutures sur ces nouvelles pousses pour créer de nouveaux coraux. Au fur et à mesure, les pousses matures sont replantées sur le récif.
On a démarré une pépinière à Bonaire, une petite île appartenant aux Pays-Bas dans le sud des Caraïbes, en avril 2012, une autre en Colombie et plusieurs dans les Keys de Floride.

PI. Comment réimplantez-vous le corail sur le récif ?
KN. Nous recherchons les zones dégradées mais surtout celles où nous pensons que le corail aura des chances de survivre. Il faut que la qualité de l’eau et diverses conditions soient favorables.
Nous recherchons également des endroits où la restauration des coraux présente un intérêt particulier, comme une zone de plongée ou une région littorale protégée.
Une fois l’endroit choisi, nous étudions le meilleur mode de fixation. Si le support n’est pas assez solide, on pose des sortes de plates-formes ou des fondations dans le sol sur lesquelles les coraux pourront grandir. Mais le plus facile est de trouver un substrat bien dur, le nettoyer un peu, et y coller le corail dessus. Nous utilisons des colles époxy ou du ciment prévus pour les travaux sous-marins. C’est comme planter des semis dans la forêt.
On a commencé à travailler sur 16 récifs des Keys de Floride et on a des autorisations pour 30 autres sites. On prévoie de réimplanter 50 000 coraux sur les récifs dans les cinq prochaines années.

Un message d’espoir

PI.
Parlez-nous des actions d’éducation que vous menez en faveur des récifs coralliens.
KN. La CRF intervient sur les stages de plongée, et dans les aquariums, les zoos, les écoles, les clubs d’aquariophilie, partout où on m’invite. Nous montrons à quoi ressemblaient les récifs dans le passé et à quoi ils ressemblent maintenant, et on explique la cause de cette dégradation et ce qui empêche une régénération naturelle.
On explique aussi notre travail, et pourquoi nous pensons que nous allons réussir. Et puis si on est sur un stage de plongée, on va montrer aux gens ce qu’il en est sur place sous la mer. Ce sont 1 500 personnes par an qui peuvent ainsi voir notre programme à l’œuvre dans les Keys de Floride.
D’autres groupes viennent plonger avec nous pour nous aider. Nous essayons de proposer des solutions pratiques au problème en donnant aux gens la possibilité de s’impliquer. Nous voulons porter un message d’espoir.

Agir maintenant

PI.
Comment prévoyez-vous d’évoluer de la régénération vers la préservation durable des récifs coralliens ?
KN. Dans les Keys et partout où nous allons, l’éducation est un élément clé pour aider les gens à prendre conscience de la fragilité des récifs coralliens et des menaces qui pèsent sur leur survie.
Nous essayons toujours d’associer des sponsors à notre travail – cela peut être les membres d’un club de plongée, ou un magasin d’équipement de plongée, un club aquariophile, ou tout simplement les populations locales. Ils nous aident à replanter le récif et à l’entretenir. Entretenir un récif, c’est éliminer les escargots prédateurs, replanter des fragments de corail tombés ou tout simplement ramasser les morceaux après une tempête. En deux ans, les coraux repoussent de façon extraordinaire. Ensuite, vous n’avez plus à vous en occuper.
De tels programmes donnent aux gens un sentiment de responsabilité sur le récif. Ce n’est pas le récif du gouvernement, c’est notre récif. C’est comme ça que se fait le travail d’éducation et de sensibilisation aux menaces qui pèsent sur le corail – qu’il s’agisse de la pêche, de la navigation, du mouillage sauvage ou de la pollution près des côtes.
Les personnes qui s’occupent du récif agiront naturellement par ailleurs pour résoudre tous ces problèmes. Et nous espérons faire école et inspirer d’autres groupes tout autour du monde.

PI. Y a-t-il d’autres projets de la CRF dont vous aimeriez nous parler ?
KN. Nous sommes en pourparlers avec les gens de Grand Cayman dans les Caraïbes, pour démarrer un projet chez eux. On a aussi des contacts à Roatan, au Honduras, aux Bahamas, à Sainte-Lucie et en Haïti. Nous irons partout où on a besoin de nous et où il y a des financements.
Nous-mêmes n’avons pas d’argent et nous sommes toujours à la recherche de partenaires. Notre objectif est de transmettre notre savoir-faire. On dit aux gens : « Voilà comment ça marche, avec un budget raisonnable. On vous forme, et ensuite ça devient votre histoire, votre passion, et votre réussite. »

PI. Comment voyez-vous l’avenir des récifs coralliens ?
KN. Il nous faut agir dans les 20-30 années qui viennent. Notre programme peut apporter un changement significatif dans ce laps de temps. Je sais que certains scénarios sont pessimistes, avec une détérioration du pH marin, mais on a une carte à jouer.
Une des choses que nous observons, c’est que ces coraux ont toutes sortes de forces et de faiblesses. En Floride, nous avons trouvé des souches génétiques qui semblent être résistantes à la maladie, à la chaleur et à l’eau froide – mais aucun corail n’est résistant à tout. Chacun a ses points forts et ses points faibles.
Peut-être devrons-nous développer un programme d’élevage sélectif, et voir si nous pouvons transmettre ces caractéristiques génétiques d’un corail à l’autre et peut-être obtenir un corail qui possède tous ces avantages, qui serait donc particulièrement adapté au XXIe siècle.
En préservant la diversité génétique dans les pépinières et les aquariums publics, nous nous donnons des outils pour un travail à long terme. Mais si nous ne prenons pas ces mesures maintenant, nous n’aurons pas ces outils dans 20 ou 30 ans, quand nous serons vraiment confrontés à des situations critiques. Nous ne disposerons plus de la diversité génétique suffisante pour résoudre ces problèmes.
Mais notre travail nous donne espoir. Nous essayons d’agir sans perdre de temps et j’espère que le monde va se réveiller et changer ses mauvaises habitudes si polluantes et novices.
Nous avons pris des mesures pour protéger la diversité génétique de certaines espèces de coraux importantes et les résultats ne se feront pas attendre.


Pour plus d’informations : www.coralrestoration.org






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