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Accueil > Revue Partage > année 2006

Extraits de la revue
Partage international

Juillet 2006 - N° 215 / 216

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue
    • Le pouvoir politique de l'argent par Hazel Henderson


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • Regard sur le monde


  • Le respect de la loi


  • La voix des peuples


  • Courrier des lecteurs


  • Interviews




L'article du Maître

Home Le sentier de l'amour et de la paix

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme

Heureusement pour l’homme jamais l’aide, quand il en a besoin, ne lui fait défaut. Si difficiles que soient les circonstances, si graves et si importants que soient les dangers auxquels il est confronté, il peut être certain d’une chose : jamais il ne sera abandonné par ses Frères aînés.

A d’innombrables reprises au fil de sa longue histoire, alors que tout semblait perdu et son avenir compromis par de lourdes menaces, notre secours lui a été accordé pour qu’il puisse reprendre sa progression. Ainsi en est-il aujourd’hui, à cette époque tumultueuse où les hommes se trouvent pris dans un maelström de forces en conflit et ne savent dans quelle direction se tourner, submergés qu’ils sont par l’immensité de la tâche qui les attend.

Emergeant de nos retraites séculaires, nous redirigeons nos pensées et nos actions vers l’aide à apporter à nos frères en lutte. Pour leur montrer, par l’exemple, que tout n’est pas perdu et qu’il existe, pour eux, la possibilité d’organiser leur vie d’une façon différente et meilleure ; que l’unité et le bonheur viennent de la justice et de la liberté ; que le partage est l’œuvre naturelle de l’unité et qu’en lui réside une réponse simple à tous les maux de l’humanité.

Une offrande de sagesse

Les hommes doivent désirer l’offrande de sagesse que nous avons à leur faire. La Grande Loi ne nous permet pas de la leur imposer. C’est pourquoi il leur faut regarder clairement les dangers auxquels ils sont confrontés, et prendre ainsi leur décision.

Il est incontestable qu’ils ont besoin d’être guidés – bien que beaucoup nieraient qu’une telle chose soit nécessaire ou même possible –, et c’est Maitreya lui-même qui s’en chargera, soumettant ses avis à leur discernement et à leurs délibérations.

En réponse, les hommes devront accepter qu’ils sont tous Un. Les anciennes barrières à la liberté et à la justice devront être éliminées ; tous devront partager les richesses de la Terre ; tous devront apprendre le langage de la confiance. La planète Terre, notre habitat, devra recevoir les soins et l’attention nécessaires, son air, son sol et ses eaux purifiés et rendus de nouveau viables pour l’homme.

Telles sont les mesures les plus urgentes pour la stabilisation de la planète et la santé de ses habitants. Une fois adoptées, il n’y aura pas de retour au désordre du passé. L’homme faussera compagnie à la pauvreté et à la guerre, à l’exploitation et à la cruauté, à la corruption et à l’injustice. Les hommes se feront les émules de leurs Frères aînés et emprunteront le sentier de l’amour et de la paix.

L'heure de la décision

Considérez cette époque comme celle de la décision. Tout repose sur la réponse de l’homme aux recommandations de Maitreya. Nous, vos Frères aînés, ne sommes ni dans l’inquiétude ni dans l’excès de confiance. Nous savons à quelle tâche gigantesque Maitreya et les hommes seront confrontés. Nous savons aussi lire les signes de la Vie et n’avons aucune crainte. Vous qui lisez ces lignes, puissiez-vous ne pas avoir peur mais faire connaître le fait que la restauration de la Terre est à portée de main, que les iniquités du passé s’estompent et, avec elles, les vieilles méthodes de gouvernance. Une guidance nouvelle est là pour montrer la voie aux hommes et les conduire au sommet de la montagne, par un sentier ancestral mais éternellement nouveau.


Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Swami Premananda : un avatar derrière les barreaux

par Adam Parsons

Dans un village reculé, situé à la limite de l’Inde du sud, loin des lieux fréquentés par les touristes, un saint homme plein de gaîté poursuit sa routine journalière. De six heures du matin à six heures du soir, swami Premananda donne des enseignements spirituels à un public d’une centaine de personnes, apporte des réponses personnelles, prodiguant conseils et réconfort, répond à un flot incessant de lettres, accorde des entretiens aux pauvres gens qui l’entourent, tout en donnant des conseils sur l’installation d’une plantation de fruits, d’une culture de fleurs, d’un orphelinat, d’une école, d’un ashram à plus de 250 km de là. Cela pourrait ressembler à la vie d’un sage particulièrement consciencieux, si ce n’est que swami Premananda vit derrière des barreaux depuis plus de onze ans et que les gens qui recherchent ses conseils sont ses co-détenus de la prison de Cuddalore.

Avec sa chevelure attachée au sommet de la tête, sa barbe, et son sourire chaleureux pour chaque visiteur, il est difficile d’imaginer que ce gentil swami puisse être capable des crimes odieux dont on l’accuse. Mais le 5 avril 2005, la plus haute cour de justice indienne a déclaré que la sentence de « double peine » prononcée contre Premananda pour meurtre, viol et conspiration continuerait à être appliquée sans possibilité de faire appel. Selon des journaux indiens et des tabloïdes, c’est le criminel le plus méprisable de toute l’histoire de l’Etat du Tamil Nadu, mais selon les innombrables supporters de Premananda, y compris le magistrat le plus connu en Inde, ce procès n’a été qu’une scandaleuse mascarade de justice qui ne peut que secouer la conscience mondiale. C’est un cas, disent certains, d’affrontement entre les extrêmes : le bien contre le mal, les pécheurs face aux saints, et un symbole de l’éternelle lutte de l’homme en faveur de la justice et de la vérité.

Les juges de la Cour suprême de Delhi ont collé à Premananda une étiquette de « démon » et de « monstre », outrepassant même leurs pouvoirs en interdisant toute réduction de peine ou amnistie. Ses fidèles du monde entier, cependant, continuent à se battre pour la justice et soutiennent que swami Premananda est une incarnation divine, un avatar, à mettre sur le même plan que les plus grands saints, et un être d’une très grande pureté qui incarne des pouvoirs dépassant la connaissance scientifique. « Je suis également testé par Dieu, a-t-il déclaré après son arrestation. Il en résulte que je suis certain que je serai connu de toute l’humanité. »

Mis à part l’orage médiatique entourant le statut spirituel de swami Premananda en Inde, l’histoire de sa vie ne manque pas d’être extraordinaire. Né au Sri Lanka sous le nom de Prem Kumar en 1951, de la cendre sacrée ou vibhuti se manifestait souvent autour de lui lorsqu’il était bébé, et il montra dès son plus jeune âge un intérêt inhabituel pour la spiritualité.

Tandis que ses frères et sœurs jouaient dehors, on pouvait voir Prem accomplir des pujas (rituels) avec sa grand-mère, ou absorbé dans une profonde méditation, le visage tourné contre le mur dans un recoin, dès l’âge de quatre ans. On raconte que lorsqu’il pensait trop au divin ou à la vie des saints, il tombait dans un état inconscient d’extase.

La sœur aînée de Swami, Mme Vinayasoundary Raman, qui vit maintenant dans l’ashram en Inde, a révélé que Prem pouvait manifester des bonbons ou des fruits à partir de rien pour ses amis et qu’il avait acquis une renommée dans son école pour son pouvoir de multiplier la nourriture du déjeuner, pour sa capacité à tenir des discussions érudites sur des sujets philosophiques et même à accomplir des guérisons miraculeuses.

Sachant qu’il pouvait voir immédiatement les problèmes de n’importe qui et prédire son avenir, des centaines de gens au Sri Lanka commencèrent à rechercher ses bénédictions et ses guérisons, jusqu’à ce que Prem prenne la décision consciente de dédier le reste de sa vie au service de l’humanité en devenant un moine renonçant, un sannyasin. Depuis ce jour, même sa famille fait référence à lui respectueusement sous le nom de swami Premananda, des mots sanskrits signifiant qu’à travers Prema (le pur amour) on atteint Anandam (le bonheur éternel).

Après avoir vu son premier ashram entièrement détruit par le feu lors des émeutes raciales du Sri Lanka en 1983, le jeune swami s’installa dans une région désertique du Tamil Nadu, dans l’Inde du sud, et transforma progressivement son vaste territoire en une oasis de longues allées couvertes et de plates-bandes fleuries.

Les anciens résidents parlent de l’activité incessante de ce temps-là : pendant les week-ends, des milliers de visiteurs affluaient pour le darshan (une bénédiction) et chaque personne bénéficiait d’un entretien personnel avec Premananda.

Même aujourd’hui il est difficile de dépeindre l’ashram autrement que comme une communauté pleine de vie : environ 800 enfants démunis ou orphelins sont pris en charge et éduqués, et chaque jour de la nourriture est assurée pour un millier de personnes. Il y a une imprimerie, une salle d’informatique, une route de bus spécialement construite et une équipe de taxis qui attendent. Toute une file d’enfants se dirige en bavardant vers leur salle de classe, souriant à chaque étranger et joignant les mains dans un geste de prière en prononçant cette salutation : « Jai Prema Shanti ! » (ce qui signifie : « Puisse l’amour divin et la paix être victorieux ! »)

Cette ambiance extraordinaire fut réduite à néant le 19 novembre 1994 lorsqu’un bataillon d’officiers de police armés de mitraillettes fit irruption dans l’ashram dans des fourgons blindés.

Deux semaines auparavant, une jeune fille de dix-neuf ans et deux adultes avaient répandu dans différents journaux nationaux de Madras des accusations vagues mais accablantes d’abus sexuel dont Premananda se serait rendu coupable. Aucune preuve tangible ne fut apportée avant que Swami et six autres résidents de l’ashram, dont son oncle âgé et son frère, fussent rapidement arrêtés et placés en garde à vue.

Une foule d’articles sensationnels relatant des dizaines d’autres accusations envahit rapidement tout l’Etat du Tamil Nadu, tous basés sur des « informations » émanant de sources secrètes, ou anonymes, ou simplement sur les on-dit sensationnels des tabloïdes. « Prems », comme on commença à appeler Swami, fut considéré coupable, avant d’être jugé, de trafic d’armes, de meurtre, de conspiration et de fraude, d’exportation de marijuana, et même de soutien aux Tigers, les célèbres terroristes sri lankais. Tandis que la vente des journaux montait en flèche, l’accusation initiale de viol fut ajoutée par des dizaines de personnes. Finalement trente-trois accusations furent enregistrées par la police, entièrement basées sur les reportages salaces des médias, mais en dépit de recherches prolongées et de la spéculation sauvage des médias, pas l’ombre d’une preuve ne fut découverte.

Selon Ram Jethmalani, l’un des plus révérés et des plus brillants avocats indiens, qui a défendu le cas de Swami, les prétendues victimes de viol furent illégalement gardées en captivité à l’intérieur d’une seule pièce, avec l’interdiction de voir aucun membre de leur famille, ni leurs amis, jusqu’à la fin du procès, et à plusieurs reprises, dépouillées de leurs vêtements, torturées et battues jusqu’à ce qu’elles fassent de fausses déclarations à l’encontre de Premananda. Ram Jethmalani déclara par la suite qu’une accusation de meurtre ajoutée deux mois après le commencement du procès était entièrement « fausse », que c’était une « farce légale » et « une gigantesque fraude à l’encontre de la loi ».

En août 1997, près de trois ans après les arrestations, le verdict des juges retentit dans l’Inde tout entière. A la consternation de ses fidèles et en dépit de l’incrédulité de ses avocats, Swami fut déclaré coupable et accusé de viol en série et de meurtre. On prononça à son encontre deux peines à vie simultanées, en fait une « double peine à vie » qui en elle-même est contestable d’un point de vue juridique. Mais les verdicts furent aussitôt reliés ensemble sous une accusation de conspiration, plutôt que d’être considérés séparément, ce qui est une autre violation de la loi indienne. Quant aux six autres accusés, presque tous furent condamnés à la prison à vie.

La prison où Premananda vit depuis 1998 se situe à cinq heures de train de son ashram, dans une ville côtière poussiéreuse appelée Cuddalore, qui fut ravagée par le tsunami à la fin 2004. Aucun touriste n’a de raison de venir ici, notamment à la fin de la saison des pluies où tout est rempli de boue, et je fus averti de ne pas laisser connaître le but de ma visite, étant donnée la très mauvaise opinion que la plupart des Indiens ont de Premananda. Cela ajoutait à la légère impression d’être en mission secrète – Swami n’a jamais rencontré de journaliste étranger depuis son arrestation, si bien que, si l’on me posait des questions, on m’avait dit de prétendre être en route vers l’ancienne colonie française située au bord de la mer, Pondicherry.

Je me retrouvai un matin de bonne heure avec un petit groupe de personnes dans un village voisin et nous nous entassâmes dans deux taxis Ambassador des années cinquante. La prison se trouvait à deux kilomètres de là, dans une région boisée, silencieuse et sombre, entourée d’une cour dénudée et d’un mur gardé par des sentinelles portant des fusils démodés. Cela devint plus surréaliste lorsque notre entourage se rassembla autour de Premananda, tranquillement assis sur un tabouret dans le coin d’une cellule nue et dépourvue de fenêtre.

De nombreuses personnes rencontrant pour la première fois Swamiji, comme on l’appelle habituellement, disent combien il tranche sur l’idée habituelle que l’on se fait du saint homme sévère. Avec sa barbe très fournie, son éternel sourire et son lungi, le vêtement dont il s’enveloppe, il ressemble presque au stéréotype du guru sage et jubilant. Il parle aux étrangers dans un anglais charismatique, qu’il a appris tout seul et qui requiert la traduction de ceux qui sont plus habitués à sa manière particulière de sauter les prépositions et de laisser tomber les verbes, et il est parfois difficile de s’empêcher de rire en écoutant ses explications animées.

Le traducteur expliqua que Premananda était en train de devenir aveugle en raison d’une cataracte non traitée et de diabète et qu’il souffre également d’hypertension, de maux d’oreilles et d’asthme chronique. L’été, pendant la mousson, la pluie peut inonder chaque cellule à hauteur du genou. « Il n’existe pratiquement aucune commodité – pas de toit, pas de ventilateur, pas d’éclairage, pas de lit. Je dois dormir par terre ! » a expliqué Premananda, en regardant de biais à travers les barreaux et en riant tout bas.

Il décrivait ces conditions de vie avec tant de bonne humeur et de gaieté qu’il était facile de voir combien cela devait être terrible. Au cours d’un entretien, il avait expliqué que le soir il faisait « si chaud que l’on pouvait à peine respirer », ce qui l’obligeait à utiliser « un éventail fait de palme de noix de coco », que « sa main continue à agiter de manière automatique même lorsqu’il est endormi. »

Interrogé sur la manière dont les choses se passent pour les autres prisonniers, Swami commença à décrire les injustices qui règnent dans les prisons indiennes. Sur les 3 000 détenus de la prison de Cuddalore, une énorme proportion est innocente, a t-il déclaré, car c’est une pratique courante de la part des gens riches qui commettent un meurtre ou un délit sérieux de soudoyer la police afin qu’un homme « ordinaire » soit accusé. « Mais comment aider ces gens ? La seule façon est de leur trouver un avocat, a t-il dit. Le gouvernement désigne un avocat gratuit pour chaque prisonnier, mais celui-ci ne fait rien. J’ai libéré environ 200 personnes en payant un avocat et en supervisant le procès. Si quelqu’un me donne de l’argent de poche, cet argent va directement à leur avocat !! Je ne veux pas d’argent pour moi. »

D’autres prisonniers qui vivent auprès de Premananda ont parlé des bonnes actions qu’il accomplit continuellement à l’intérieur de la prison. M. Parvallal, qui passe des heures chaque jour dans la cellule de Premananda à écrire à la main les lettres que Swami lui dicte en réponse au nombreux courrier qu’il reçoit, lettres qu’il ne peut rédiger lui-même en raison de sa mauvaise vue, a donné des informations que les résidents de l’ashram eux-mêmes ignoraient. Chaque matin, vers huit heures, plusieurs centaines de personnes se rassemblent dans la cour, avec une permission spéciale des gardiens, pour écouter Premananda parler d’un aspect de Sanathana Dharma (la philosophie des anciens sages indiens).  « Je suis les enseignements de Swami depuis quatre ans, et ils m’ont transformé de manière définitive, a déclaré M. Parvallal. Lorsque nous écoutons les satsangs (les allocutions) de Swami, nous oublions que nous sommes en prison. »

M. Kumaran, un jeune homme tranquille et sincère, qui aide Premananda à faire le ménage dans sa cellule, nous a parlé de lui avec une telle admiration que ses yeux s’agrandissaient et que son visage rayonnait. En décrivant l’aide matérielle et spirituelle que Premananda apporte aux centaines de prisonniers qui viennent lui rendre visite, notamment des médicaments et des fournitures essentielles, des livres, de l’argent pour payer les frais scolaires de leurs enfants, des emplois pour leurs épouses sans ressources et même de petites boutiques pour aider les détenus à se réinsérer après leur sortie de prison, M. Kumaran a déclaré : « Bien que Swamiji habite une forme humaine, je sens que c’est réellement un dieu vivant. »

Un ancien détenu de la prison de Cuddalore, M. Shankara, a déclaré qu’il s’était tellement attaché à Premananda qu’il avait refusé de quitter la prison lorsqu’il a été libéré.

Etant donné que Swami Premananda est confronté à la perspective de dix-huit années de plus en prison sans possibilité de faire appel, et que les contradictions qui ont émaillé son procès sont très sérieuses, de nombreux supporters pensent que les faits justifieraient un examen dans une cour internationale. Ram Jethmalani, bien qu’âgé de quatre-vingt-trois ans et retiré des affaires judiciaires, a fait vœu de s’occuper personnellement du cas tant qu’une grâce présidentielle ou une remise de peine n’aura pas été accordée. « On doit baisser la tête de honte », a-t-il déclaré après le jugement de la Cour suprême, affirmant que le verdict avait causé un embarras dans les écoles de droit indiennes en cautionnant de manière effective le fait de frapper des témoins pour « leur faire dire ce que la police considère comme la vérité ». Les implications sont si menaçantes, a-t-il averti, qu’une législation devrait être introduite de toute urgence pour changer la manière dont la loi est actuellement appliquée en Inde.

Une interprétation plus mystique du cas vient de manière surprenante d’un juge de la Cour suprême du Sri Lanka, C. V. Wigneshwaran, depuis longtemps fidèle de Premananda, qui fut l’un des nombreux témoins de la défense rejetés par la Cour en tant que « penseur nostalgique ». La chose la plus importante à reconnaître, dit le juge Wigneshwaran, est non seulement la déplorable violation des droits de l’homme ou même les injustices manifestes qui ont lieu dans le système pénal indien, mais le fait que les prisonniers qui ont rencontré Premananda en prison ont vu leur vie transformée.

Le 20 novembre 2005, l’ashram de Premananda a célébré le cinquante-quatrième anniversaire de Swami alors que celui-ci était sous bonne garde à trois cents kilomètres de là, dans un hôpital de Madras. Deux jours plus tard, c’était un triste anniversaire : celui de la onzième année de Premananda en prison.

Pour la plupart des Occidentaux, la simple mention du mot guru ou divinité paraît trop invraisemblable pour que l’on y accorde la moindre attention. Mais si l’on donnait quelque créance au cas de Premananda, l’histoire de sa vie pourrait littéralement remettre en question l’athéisme actuel. Il a déjà déclaré qu’il savait exactement pourquoi il était en prison et quand il serait libéré, et qu’en définitive, il serait reconnu de « toute l’humanité ». Mais peut-être la plus mystérieuse de ses assertions a-t-elle été prononcée dans sa cellule en 2002. « Je suis venu dans ce monde pour faire un certain travail, a-t-il dit. Dieu m’a donné une tâche à accomplir et je n’ai pas encore commencé… mais lorsque j’aurai commencé, vous comprendrez. »





Signes des temps

Home Signes d’un temps nouveau

Depuis de nombreuses années, Partage international reçoit des photographies du monde entier montrant des bénédictions de lumière et des motifs lumineux. Nos archives contiennent une vaste collection de photographies fascinantes.

Comme l’a indiqué le Maître de Benjamin Creme dans notre numéro d’avril 2006 :

« L’heure approche où les hommes se rappelleront ces signes, et accepteront d’y voir d’authentiques présages de l’avenir. Ils comprendront que leur manifestation a été programmée et synchronisée avec l’émergence de Maitreya et de son groupe de Maîtres, en cette période unique dans l’histoire du monde. »

Nous présentons quelques-unes de ces « photographies miraculeuses ».

Nous remercions nos lecteurs de nous les envoyer, sachant qu’elles viennent s’ajouter au nombre sans cesse croissant de signes qui annoncent la présence de Maitreya dans le monde.



Bénédiction du Maître de Tokyo sur une photographie de A. W., 1996, envoyée par J. M.
 


Bénédiction du Maître Jésus sur une photographie montrant F. S., lors de l'anniversaire de sa fille, dans un parc à thèmes à Yokohama (Japon).



Adombrement de Benjamin Creme par Maitreya, lors d'une conférence publique à Amsterdam (Pays-Bas), en septembre 2003.



Bénédiction du Maître Jésus sur une photographie prise lors d'un mariage à Yokohama (Japon), en 1993, envoyé par Y. K.



Bénédiction du Maître Jésus pour Hélène sur une photographie prise lors de son mariage en 2004, envoyé par sa grand-mère, M. R., Schoten (Belgique).



Bénédiction de lumière du Maître Jésus sur une photographie prise en 1995, de O. A., envoyé par sa mère, N. M. d'Oakland, Californie (Etats-Unis).



Bénédiction du Maître de Tokyo sur une photographie d'un aquarium, envoyée par K. T.



Photographie de Croix de lumière à Berlin (Allemagne), envoyé par P. S. et O. S.



Bénédiction de lumière de Maitreya sur une photographie de  A. F. et de son fils Koki, lors d'un festival d'été, Yokohama (Japon).
 


Bénédiction de lumière du Maître Jésus sur une photographie montrant les préparatifs d’une Puja au Sri Lanka.

 


Bénédiction de lumière du Maître Jésus sur une photographie de R. V., Espagne 1995.



Bénédiction de lumière du Maître Jésus sur une photographie du fils de D. B., lors de Noël 1982, en Suisse.



Photographie de S. P., de Price, Nord Dakota (Etats-Unis). La lumière rouge est une bénédiction de Maitreya.





Tendances

Home L'exopolitique a le vent en poupe

Source : Edmonton Sun, Canada

On compte d'anciens ministres de la Défense et d'anciens officiers de l'Armée de l'air au nombre des personnalités, de plus en plus nombreuses, qui réclament l'ouverture d'un débat public au sujet de nos visiteurs extraterrestres, afin de coordonner nos réactions à l'échelle planétaire.

Comme le dit Paul Hellyer, ancien ministre canadien de la Défense et vice-premier ministre dans le gouvernement de Pierre Trudeau : « Il est temps de lever le voile du secret pour permettre un véritable débat, en toute connaissance de cause, sur l'un des problèmes les plus importants de notre époque. »

P. Hellyer, qui fut ministre de la Défense de 1963 à 1967, a joint sa voix à celle d'autres personnalités et de trois ONG pour demander au parlement canadien des auditions publiques sur « l'exopolitique » – c'est-à-dire sur les relations de notre planète avec des « civilisations extraterrestres technologiquement et moralement avancées. »

Ses déclarations à l'Université de Toronto, en septembre 2005, ont captivé l'attention – et l'imagination – des médias et du public : « Les ovnis ont autant de réalité que les avions qui volent au-dessus de nos têtes, a-t-il déclaré avant de confirmer la validité des documents relatifs à Roswell. Le secret qui a entouré tout ce qui avait un lien avec l'incident de Roswell a été sans précédent. Dès le début, toutes les informations ont été classées au-dessus du top secret, si bien que la grande majorité des officiels et des politiciens des Etats-Unis n'ont jamais rien soupçonné – sans parler, bien entendu, des simples ministres de la Défense des pays alliés. »

P. Hellyer a également prévenu que « l'Administration Bush a fini par accepter que soit construite une base militaire sur la lune, qui permettra de mieux repérer les allées et venues des visiteurs de l'espace, et de les mitrailler si les militaires le jugent nécessaire ».

A la suite de ces déclarations, P. Hellyer s'est fait ovationner, et trois ONG se sont jointes à lui pour demander au parlement canadien des auditions publiques sur le sujet. Il s'agit du Symposium d'exopolitique de Toronto, du Disclosure Project – association américaine ayant recensé des récits de personnalités occupant un poste de haut niveau dans la hiérarchie militaire des renseignements, et qui témoignent de rencontres probables avec des extraterrestres, et de l'Institute for Cooperation in Space (ICIS), de Vancouvert. En 1977, sous la présidence de J. Carter, un groupe de travail dirigé par le directeur international de l'ICIS présenta à la Maison Blanche ses Etudes sur la communication extraterrestre. Le président Carter lui-même rapporta une rencontre du troisième type qu'il avait faite avec un ovni, en 1969.

La Canadian Exopolitics Initiative propose au gouvernement canadien de patronner une « Décennie de contacts » consistant en « Dix années de soutien financier à l'enseignement public, à la recherche scientifique, au développement et à la mise en œuvre de programmes d'éducation, à la préparation stratégique, aux activités de la communauté et à la recherche de témoins, afin de promouvoir, dans l'intérêt public, les contacts culturels, politiques, sociaux, légaux et gouvernementaux de notre société terrestre avec les « cultures extraterrestres avancées » visitant actuellement la Terre ».

Au Royaume-Uni, grâce à la Loi sur la liberté de l'information, on peut consulter des dossiers sur les ovnis, autrefois classés top secret. Gary Anthony, spécialiste en ufologie, a découvert un catalogue officiel détaillé de tous les témoignages d'apparitions d'ovnis recueil-lis au Royaume-Uni entre 1996 et 2004 – y compris les apparitions multiples signalées par des dizaines de personnes dans le ciel d'Harboroug et de Lutterworth, dans le Leicestershire.




Home Un village, un produit

Source : The Nikkei Weekly, Japon

Un concept japonais connu sous le nom de isson ippin, « un village, un produit », est actuellement utilisé au Malawi pour développer les économies locales. Le concept est simple : on identifie un produit ou une industrie propre à la région, à la province ou au village, et l'on développe cette activité spécifique.

L'idée est née au Japon, à la fin des années 1970, et s'est rapidement développée en Asie et ailleurs.

Au Japon, la première expérience consista à prendre un fruit, le kabosu, une espèce de l'île de Kyushu, et de promouvoir ce fruit et tous ses produits dérivés. Maintenant, après trente ans, on a développé plus de 100 produits à partir du kabosu, et le projet a permis un essor économique de l'île.

L'Agence de coopération internationale lance actuellement une campagne similaire en Afrique. Au Malawi, le président sortant, M. Muluzi, a lancé le concept « un village, un produit », qui a connu rapidement un réel succès, car les travailleurs locaux peuvent ainsi travailler sur des produits qu'ils connaissent. Aujourd'hui, 32 villages fabriquent et vendent des dizaines de produits provenant de l'huile d'arachide ou de palme. Bientôt, la Tunisie et le Kenya vont suivre ce concept.

Ce concept simple permet de sortir de la pauvreté les travailleurs locaux, et lorsqu'un enfant meurt toute les trois secondes en Afrique, la nécessité d'une solution apparaît clairement.




Home L'évolution des ampoules électriques : une idée lumineuse

Source : www.nature.com

Des scientifiques de l'Université de Californie du Sud ont inventé une nouvelle forme d'éclairage qui pourrait remplacer les ampoules électriques traditionnelles inventées il y a 135 ans. L'éclairage des bâtiments consomme plus de 20 % de l'électricité dont la moitié par des ampoules à incandescence. La nouvelle technologie consomme beaucoup moins d'énergie car elle ne produit pas de chaleur et la durée de vie du matériel est de cinq à dix ans.

Les nouvelles ampoules sont faites de plastique luminescent, d'environ un millimètre d'épaisseur, et sont cinq fois plus efficaces que les ampoules actuelles. Les feuilles de plastique peuvent être utilisées pour recouvrir des tuiles, des murs ou même des meubles.

Stephen Forrest, expert en physique des solides de l'Université du Michigan, a déclaré : « Nous espérons que c'est la fin du règne de l'ampoule à incandescence. Nous ne voulons plus les utiliser car elles consomment beaucoup trop d'énergie. »

Les scientifiques ont fabriqué des films de plastique électroluminescents, comprenant des colorants qui émettent des lumières rouge, vert ou bleu lorsque le courant les traverse. On peut ainsi produire de la lumière blanche par combinaison des couleurs. « Nous avons essayé de trouver la juste combinaison de couleurs qui imite la lumière du soleil. Ainsi, les choses auront la même apparence à l'intérieur qu'à l'extérieur. »




Home La Chine se tourne vers le bio

Source : Interpress Service

La Chine connaît actuellement un boom de l'agriculture biologique. Les jeunes citadins commencent à prendre goût aux produits frais biologiques – particulièrement les produits provenant des terres nouvellement défrichées du nord-est qui sont réputées pour être cultivées sans engrais et sans pesticides.

Depuis plusieurs années, la Chine utilise beaucoup de pesticides et d'engrais chimiques afin de produire suffisamment pour son énorme population. Mais cette tendance est en train de s'inverser, et la demande de produits biologiques explose. Cette demande est liée à la croissance d'une nouvelle classe moyenne aisée, à une augmentation du nombre de scandales sur la sécurité de l'alimentation, ainsi qu'à une explosion des exportations de produits biologiques.

La Chine a exporté 142 millions de dollars de produits biologiques en 2003, 200 millions en 2004.





Les priorités de Maitreya

Home Une marche mondiale contre la faim des enfants

Source : The Guardian, G.-B. ; The new York Times, E.-U.

Plus de 760 000 personnes dans 118 pays ont participé à une marche mondiale contre la faim des enfants et ont récolté de l'argent en faveur de programmes des Nations unies qui luttent contre la famine.

Pour la troisième fois, cette marche « Walk the World » était organisée par le Programme alimentaire mondial des Nations unies (Pam) en coopération avec des partenaires actifs dans les domaines économiques, religieux et humanitaires.

Des représentants politiques, des artistes, des vedettes du sport ainsi que des familles déplacées par la guerre et plus de 100 000 écoliers d'Afrique sub-saharienne ont participé à la journée d'action. Dans le nord de l'Ouganda, plus de 100 000 personnes réfugiées dans des camps ont pris part à la marche. La présidente du Libéria, Ellen Johsnon Sirleaf, a conduit plus de 30 000 personnes à travers les rues de la capitale, Monrovia. En Indonésie, Monte Mon-fore, champion du monde de natation de nationalité américaine, a établi un nouveau record mondial au nom de « Walk the World » en traversant le détroit de Bali réputé très dangereux. Des participants ont déployé des drapeaux « Walk the World » aux sommets du mont Everest et du Kilimandjaro. Des marches ont été organisées sur la Place Rouge à Moscou, sur la grande muraille de Chine, dans les centres historiques de Budapest et de Prague, dans les vieil-les villes d'Amman et du Caire et dans des centaines d'autres endroits à travers le monde. Au Bangladesh, des musiciens se sont groupés pour enregistrer une chanson appelant à mettre un terme à la famine chez les enfants. Les participants ont attiré l'attention sur les 18 000 enfants qui chaque jour meurent de faim et ont appelé les gouvernements à travers le monde à consacrer plus d'argent et de ressources pour nourrir les enfants.

Walk the World a également récolté de l'argent pour deux projets du Pam de lutte contre la faim : l'un met l'accent sur les femmes enceintes ou allaitantes et l'autre fournit de la nourriture pour les écoliers. L'année dernière, le Pam a procuré des repas scolaires à 21,7 millions d'enfants dans 74 pays ; il veut atteindre le chiffre de 50 millions d'enfants pour l'année 2008.

Selon Arlene Mitchell, responsable de Walk the World  pour le Pam : « Ce mouvement a pour but de mettre un terme à la faim chez les enfants. En impliquant des citoyens provenant à la fois des pays riches et des pays pauvres, nous attirons l'attention des gouvernements qui feront ainsi plus d'efforts pour lutter contre la faim. Sans action citoyenne, rien ne changera ; par contre, par cette action, nous réduirons la souffrance inutile chez les enfants. »


www.fighthunger.org




Home Coopération : la clé pour mettre fin au travail des enfants

Source : The Guardian, Grande-Bretagne

Une campagne internationale lance un appel en faveur d'un « dialogue social mondial » et d'un réel engagement destiné à éradiquer le travail des enfants d'ici une décennie : un but qui semble accessible lorsqu'on connaît les chiffres récents montrant une décroissance du nombre d'enfants « économiquement actifs ».

Des statistiques de l'Organisation internationale du travail (OIT) montrent qu'entre les années 2000 et 2004, le travail chez les enfants âgés de 5 à 17 ans a décru de près de 10 % et même de 26 % pour les tâches les plus dangereuses. Depuis 2000, lorsque les Nations unies et la Banque mondiale ont lancé la campagne « Tous les enfants à l'école », les régions les plus défavorisées du monde ont réalisé de belles performances dans le domaine de l'éducation primaire : en 2004, seuls 2,9 % des enfants âgés de 7 à 14 ans n'allaient pas à l'école. Les meilleures performances ont été enregistrées en Amérique latine et aux Caraïbes où le nombre d'enfants âgés entre 5 et 14 ans et économiquement actifs a décru de 11 % pour atteindre des niveaux comparables à ceux de certaines nations développées et ceci largement grâce aux améliorations en éducation et soins de santé au Mexique et au Brésil.

En dépit de cette baisse, il y a encore 317,4 millions d'enfants à travers le monde qui travaillent (2004), 69 % d'entre eux dans l'agriculture ; un domaine qui d'après l'OIT est largement ignoré des organisations internationales et des syndicats. L'Afrique Sub-Saharienne connaît toujours une croissance du travail des enfants avec des taux de 26,4 % pour les enfants de 5 à 14 ans.

L'organisation met l'accent sur le fait que le travail des enfants creuse de manière paradoxale le fossé de la pauvreté dans les pays en voie de développement. Bien que les familles dépendent souvent du revenu des enfants pour leur survie, le manque d'éducation réduit largement le revenu auquel peuvent prétendre les enfants et accroît de manière importante la probabilité de vivre dans la pauvreté à l'âge adulte. A l'inverse, les données de l'OIT pour les années 2000-2001 montrent que l'investissement dans les soins de santé et l'éducation universelle jusqu'à l'âge de 14 ans bénéficient aussi bien à la nation dans son ensemble qu'aux individus :

– coût estimé de l'éradication du travail des enfants : 760 milliards de dollars ;

– bénéfice estimé de l'éradication du travail des enfants : 5 106 milliards de dollars.

L'OIT affirme que l'élimination du travail des enfants et la diminution de la pauvreté vont de pair avec le développement économique. L'organisation met également l'accent sur la nécessité de faire les bons choix en matière de politique et sur l'implication des employeurs et des organisations de travailleurs dans un esprit de dialogue social.

Cependant, la misère de l'environnement familial n'est pas le seul facteur qui peut amener un enfant à travailler. En 2003, 43 millions d'enfants se sont retrouvés orphelins suite à la pandémie du sida (l'OIT qualifie l'éducation de « vaccin social » contre le virus). Le travail des enfants croît également dans les régions dévastées par la guerre (Irak) ou les catastrophes naturelles (tsunami).

Zafar Shaleed (directeur de l'OIT pour l'Europe) se décrit lui-même comme « prudemment optimiste ». Il affirme : « Nous avons besoin d'un engagement mondial pour atteindre nos objectifs. Tous les pays, riches et pauvres, doivent s'impliquer dans le changement. Si chacun s'engage, nous sommes pratiquement certains d'atteindre nos objectifs. »




Home Pays en voie de développement : les nouveau-nés sont en danger

Source : savethechildren.org.uk

Plus de dix millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde. Selon un récent rapport publié par l'organisation humanitaire indépendante Save the Children (Sauvez les enfants), environ deux millions d'entre eux meurent moins de 24 heures après leur naissance, un million de plus entre le deuxième et le septième jour, et en tout, quatre millions de bébés ne vivent pas plus d'un mois.

Pourtant, des techniques simples et peu coûteuses pourraient réduire de 70 % ce taux de mortalité.

« Les premières heures, jours ou semaines de la vie sont d'une importance cruciale. Et pourtant, dans les pays pauvres, seule une petite partie des nouveau-nés reçoit des soins médicaux appropriés pendant cette période où ils sont extrêmement vulnérables, déclare Charles MacCormack, président de Save the Children. Les mesures sanitaires les plus élémentaires, qui paraissent aller de soi dans les pays développés, telles que la vaccination des femmes contre le tétanos et l'assistance d'une personne compétente lors de l'accouchement, pourraient réduire de 70 % les décès de nouveau-nés à l'échelle mondiale, si ces dispositions peu coûteuses étaient prises dans tous les pays. »

Le rapport souligne que la plupart des décès de nouveau-nés sont imputables à des causes que l'on pourrait prévenir ou guérir, comme des maladies infectieuses, des complications lors de l'accouchement, ou un poids insuffisant à la naissance.

« La mortalité des nourrissons est l'un des problèmes sanitaires les plus négligés au monde, affirme C. MacCormack. Si, au cours des dix dernières années, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de façon significative, celle des bébés de moins d'un mois est restée presque stationnaire. Dans de nombreux pays en voie de développement, le décès des nouveau-nés est même si banal que les parents attendent que leurs bébés aient au moins une semaine – si ce n'est un mois – pour leur donner un prénom. »

Conclusions

Selon les enquêtes dont les résultats figurent dans le rapport de Save the Children, les deux tiers des décès de nourrissons dans le monde se produisent dans dix pays seulement, avec plus d'un million de décès en Inde, et 416 000 en Chine. Cependant, en raison de l'importance de leur population, ni l'Inde, ni la Chine n'ont le taux de mortalité infantile le plus élevé.

C'est en Afrique sub-Saharienne que l'on trouve ce taux de mortalité infantile le plus élevé. Dans ces pays, une mère sur cinq a perdu au moins un enfant à la naissance, alors que seulement 1 % des décès de nouveau-nés dans le monde se produisent dans les pays industrialisés.

Ayant enquêté sur le bien-être des mères et des nouveau-nés dans 53 pays où les familles disposent de faibles revenus, Save the Children a classé le Vietnam et le Nicaragua en tête, et le Libéria et l'Afghanistan au bas de la liste. Au Libéria, le taux de mortalité est de plus de cinq fois plus élevé qu'au Vietnam.

Le rapport classe également la Colombie en tête d'une liste de 25 pays en voie de développement où les familles disposent de revenus moyens (un décès sur cent naissances), et place l'Irak en bas de la liste, avec six décès pour cent naissances.

Quant aux Etats-Unis, ils se retrouvent avant-derniers d'une liste de 33 pays industrialisés, devant la Lettonie, et à égalité avec la Hongrie, Malte, la Pologne et la Slovaquie. La mortalité des nouveau-nés aux Etats-Unis est presque trois fois plus importante qu'en Finlande, en Islande, en Norvège et au Japon.

Le rapport souligne également que, parmi les pays en voie de développement, le Vietnam, le Nicaragua, l'Erythrée, le Tadjikistan et les Philippines font des progrès significatifs dans ce domaine, en dépit de leurs ressources financières limitées.

Malgré son produit domestique brut de moins de 3 000 dollars par personne, le Vietnam assure à presque toutes les mères une assistance médicale efficace pendant la grossesse et lors de l'accouchement. Dans ce pays, plus de la moitié des femmes utilisent des moyens modernes de contraception.

Par contre, en Angola, où le produit domestique brut par tête est comparable à celui du Vietnam, la mortalité des nouveau-nés est plus que quatre fois plus élevée : cinq décès pour cent naissances. Seulement 5 % des femmes angolaises utilisent un moyen moderne de contraception, plus de la moitié de la population n'a aucun accès aux soins médicaux, et plus de la moitié des enfants naissent sans l'assistance d'une personne compétente.

Au-delà des chiffres, le rapport relate également des initiatives spectaculaires de certaines communautés pour réduire la mortalité infantile.

Ainsi, au Mali, les grands-mères, très respectées et influentes au sein des familles, se sont vu enseigner des gestes simples pour protéger la santé des mères et de leurs bébés. En conséquence, dans les régions où cette expérience a été tentée, le nombre de femmes nourrissant leur bébé seulement au sein les trois premiers jours après la naissance a augmenté de 27 %, et le nombre de nouveau-nés recevant des soins médicaux a augmenté de 17 %.

Recommandations

Le rapport Save the Children préconise certaines mesures afin de généraliser certains accès à l'ensemble des pays en voie de développement :

– investir davantage pour faciliter l'accès des jeunes filles et des jeunes femmes des pays pauvres à l'éducation, à la nourriture et aux moyens modernes de contraception ;

– mettre en œuvre une série de mesures peu coûteuses telles que les vaccinations contre le tétanos, fournir un assistant qualifié lors de l'accouchement, traiter rapidement les maladies infectieuses des nouveau-nés, et lancer des programmes d'éducation à l'hygiène, à l'habillement et à l'allaitement des bébés.

Enfin, le rapport demande aux gouvernements d'accroître leur soutien politique et financier à ces mesures qui sauvent de nombreuses vies.

C. MacCormack souligne que Save the Children, grâce aux dons de la Fondation Bill et Melinda Gates en 2000, a déjà fourni à plus de 20 millions de mères et d'enfants une aide médicale essentielle.

Depuis décembre 2005, une nouvelle allocation de la Fondation Bill et Melinda Gates permet à Save the Children de promouvoir, dans 18 pays, l'adoption à grande échelle de mesures peu coûteuses et d'une efficacité avérée destinées à lutter contre les trois principales causes de décès chez les nouveau-nés de moins d'une semaine : les maladies infectieuses, le manque d'oxygène de certains bébés pendant l'accouchement et à la naissance, et l'insuffisance de poids.





Faits et prévisions

Home Environnement : un documentaire remporte tous les suffrages

Source : The Guardian, Grande-Bretagne ; The Boston Globe, E.-U.

Le succès d'un documentaire sur les dangers du réchauffement climatique est certainement un signe qu'un « point critique » a été atteint. Dès les deux premiers jours de sa diffusion, il a battu tous les records au box office. Ce film de l'ancien vice-président américain Al Gore, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange), dirigé par Davis Guggenheim, a enregistré la plus forte audience pour un lancement lors du week-end du Memorial Day depuis The Shinning avec Jack Nicholson, et la plus forte de tous les temps pour un film documentaire.

« Les experts sont littéralement en train de crier au danger, affirme Al. Gore. Le temps des argumentations est passé ! Le temps n'est plus aux débats au sein de la communauté scientifique. Mais les systèmes politiques du monde entier gardent le sujet sous le coude car il s'agit d'une vérité qui dérange et ils ne veulent pas accepter le fait qu'il s'agit d'un impératif moral. »

Al Gore s'est depuis toujours passionné pour l'environnement. Il a passé trente ans à étudier les changements climatiques et à exprimer ses conclusions sur les dangers liés au réchauffement.  « Il s'agit véritablement d'une urgence planétaire », affirme-t-il.

Son expérience et son engagement en matière d'écologie, alliés au talent de cinéastes expérimentés, ont permis de produire le film. Al Gore a aussi écrit un livre portant le même titre.

Extrait du site Internet d'Al Gore consacré à l'écologie : « L'humanité est assise sur une bombe à retardement. Si la grande majorité des scientifiques ont raison, nous disposons tout juste de dix ans pour éviter une catastrophe majeure qui pourrait conduire tout le système climatique de notre planète dans une spirale de destructions telles que les inondations, les sautes de température extrêmes, les sécheresses, les épidémies et les vagues de chaleur mortelles dépassant tout ce que nous avons pu connaître – une catastrophe dont nous sommes les artisans. »

L'humanité ne peut plus se permettre de considérer le réchauffement mondial comme une « affaire politique », alors qu'il s'agit en réalité du « plus grand défi moral auquel la civilisation mondiale est confrontée », affirme Al Gore. Le sénateur démocrate Jeff Bingaman, du Nouveau Mexique, du Comité sur l'énergie et les ressources naturelles, estime que cela pourrait constituer l'éveil attendu pour amener les politiciens à affronter cette vérité dérangeante que tout ne va pas si bien sur notre planète. « La plupart des gens rationnels vont plus loin que de savoir si un réchauffement planétaire a lieu. Nous nous efforçons à présent de déterminer ce que nous devons faire », a déclaré le sénateur Bingaman, ajoutant que le film « peut conduire les gens à demander aux élus ou aux candidats au Congrès quelle est leur position et ce qu'ils comptent faire. Je pense que ce film est très utile. »

Ce documentaire a, à l'évidence, un grand impact. L'Institut pour la concurrence des entreprises, fondé par des compagnies pétrolières, a déjà diffusé des spots télévisés réfutant les arguments d'Al Gore.

Le livre An Inconvenient Truth apporte d'importantes informations et des solutions pouvant empêcher que des désastres tels que les tornades, les torrents qui ont inondé Mumbai et l'ouragan Katrina ne se reproduisent. Al Gore tient à encourager un activisme concret pour contribuer à protéger l'environnement. « Je suis convaincu que la manière dont le pays affronte la crise climatique indique que nous sommes au bord d'un changement majeur, explique Al Gore. Je suis optimiste. Le système politique, tout comme le climat, n'est pas linéaire. Un changement potentiel peut se construire de façon invisible pendant un certain temps jusqu'à ce qu'il éclate soudain en provoquant brusquement le changement. Je pense vraiment que ce moment est très proche. »


Al Gore, An Inconvenient Truth, Rodale Press, Emmaus, PA, USA, 2006.




Home Les dangers du changement climatique

Source : www.independent.co.uk

En mai 2006, Sir David Attenborough, homme de médias et naturaliste britannique, a présenté un programme télévisé où il demandait si nous avions encore le temps de sauver la planète. Ecrivant dans le journal The Independent, il expliquait : « J'étais sceptique à propos du changement climatique. J'étais prudent dans mes propos[…] Mais je ne suis plus sceptique. Je n'ai plus aucun doute. Je pense que le changement climatique est le plus grand défi que le monde doit affronter. J'ai attendu d'avoir la preuve que c'était l'humanité qui modifiait le climat. Ce qui m'a vraiment convaincu, ce sont les graphiques comparant l'accroissement du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère et l'accroissement de la température avec l'augmentation de la population et de l'industrialisation. Les courbes montraient très clairement que nous avons laissé derrière nous l'époque des variations climatiques naturelles et que nous avons entamé un changement radical avec un accroissement de la température dépassant tout ce que nous avons connu au cours des derniers millénaires.

Beaucoup disent que tout finira par s'arranger. Mais ce n'est pas vrai. Nous pourrions assister à d'importants désastres à l'échelon mondial.

J'ai vu la fonte des glaciers. J'ai voyagé en Patagonie et j'ai entendu les gens dire : « Il y a dix ans, le glacier se trouvait là – et aujourd'hui il est ici. » La preuve la plus évidente, je l'ai vue à la Nouvelle Orléans après l'ouragan Katrina. Ce changement climatique avait-il été provoqué, était-il anormal ? Certainement oui. Toute personne capable de cuisiner sait que si elle veut provoquer une réaction chimique, elle doit poser le récipient sur le feu. Si vous accroissez la température des océans au-dessus desquels tourbillonnent des courants d'air, vous allez accroître l'énergie de ces courants d'air. Cela n'a rien de mystérieux…

Aujourd'hui j'ai 80 ans. Je ne pense pas, comme un vieil homme, que les changements sont mauvais. Je reconnais que le monde a toujours changé. Je sais cela.

Mais le problème est que les changements sont plus extrêmes et plus rapides que jamais auparavant durant les derniers millions d'années. Et l'une des choses que je ne veux pas vivre, c'est de voir mes petits-enfants et de les entendre me dire : « Grand-père, tu savais ce qui se passait et tu n'as rien fait. »

 




Home Etats-Unis : plein cap vers une crise financière

Source : The New York Times, Etats-Unis

« Maitreya l'a répété : le krach boursier est inévitable. Les marchés boursiers ressemblent à des maisons de jeu où chacun devient « dépendant » de cette drogue qui consiste à faire de plus en plus d'argent. La situation ressemble à une bulle sur le point d'éclater. » [Un collaborateur de Maitreya, PI, juin 1989]

La menace la plus sérieuse qui pèse sur l'avenir des Etats-Unis n'est probablement pas Al Qaïda ou la guerre d'Irak, déclare l'éditorialiste du New York Times, Nicholas Kristof. C'est l'augmentation rapide de la dette nationale, plus spécialement envers la Chine et une poignée d'autres pays. A l'appui de ses dires, l'éditorial cite David Walker, Contrôleur général américain, selon qui « la plus grande menace pour notre avenir est notre irresponsabilité financière ». A cette dette nationale s'ajoute le déficit budgétaire du gouvernement, que le Congrès vient d'aggraver un peu plus en votant une loi incluant, notamment, une prise en charge médicale partielle des personnes âgées – dont la facture pourrait se monter à 8 000 milliards de dollars – sans s'être assuré des recettes correspondantes… « Si nous ne redevenons pas rapidement un peu plus sérieux, ajoute D.Walker, la question ne sera plus de savoir si la crise aura lieu, mais quand, et de quelle ampleur»

« A cela s'ajoute que notre nouvelle dette est, pour les trois quarts, financée par des pays étrangers, le plus important étant la Chine, continue N. Kristof. Cela la met en position de force par rapport à nous, et fragilise notre sécurité nationale»

L'ancien président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, a récemment averti que dans cinq ans, les Etats-Unis auront 75 % de chance de connaître une crise financière grave. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, se déclare aussi très inquiet : « Il me paraît difficile de calculer précisément la probabilité d'une crise. Mais il y a, sur les marchés, un sentiment général qu'elle est élevée. »




Home L'humanité tient l'avenir de la planète entre ses mains

Source : The Guardian, G.-B.

 Avec le temps, les hommes finiront par comprendre la véritable nature de leur relation avec les règnes inférieurs et accepteront de bon cœur le rôle de garants de leur évolution. [Le Maître de B. Creme, Partage international, décembre 1985]

En mai 2006, à l'occasion du Festival du livre en Angleterre, le chef de la Royal Society, institution scientifique britannique, a déclaré que l'humanité avait atteint un « moment crucial » dans sa domination de la planète et sa capacité de la détruire. « Le XXIe siècle est le premier dans l'histoire de la Terre où une espèce tient l'avenir de la planète entre ses mains et où elle pourrait détruire son immense potentiel de vie », affirme Lord Rees.

Les politiciens devraient s'impliquer davantage dans la lutte contre les dangers du changement climatique qui « ravage » la biosphère. Il recommande un investissement massif dans des solutions technologiques comme les carburants biologiques. « Ils méritent de la part des gouvernements une priorité et un engagement à la hauteur de ce qui fut accordé au projet Manhattan pour la fabrication de la première bombe atomique ou au projet de lancement de la fusée Apollo sur la lune dans les années 1960. »

 





Regard sur le monde

Home Soudan : campagne de désinvestissement

Source : The New York Times, E.-U.

Dans un mouvement qui n'est pas sans rappeler la campagne contre l'Afrique du Sud pendant le régime de l'apartheid, au moins sept universités américaines ont pris de la distance vis-à-vis de certaines sociétés commerciales qui font du commerce au Soudan. C'est là le fruit de la pression exercée par un organisme national étudiant, le Corps expéditionnaire de désinvestissement au Soudan. Ce groupe a convaincu les universités de désinvestir, en présentant systématiquement leur requête aux dirigeants des universités, en écrivant des articles dans les revues étudiantes et en recueillant des pétitions signées.

Il a ainsi obtenu que l'Université d'Harvard retire ses fonds d'une société pétrolière soutenue par les Chinois qui faisait du commerce au Soudan, ainsi que de la Société Sinopec, autre société pétrolière ayant des liens dans ce pays. Suivant l'exemple d'Harvard, Yale s'est à son tour retirée de sept sociétés ayant des liens avec le Soudan. Des investissements dans des bons du Trésor émis par le gouvernement soudanais ont également été refusés.

La campagne de désinvestissement des étudiants ne s'est pas limitée aux engagements financiers des universités : elle a également fait pression sur les Etats et les municipalités afin qu'ils fassent de même. Une législation de désinvestissement a ainsi été votée par trois Etats, l'Illinois, le New Jersey et l'Oregon. Deux municipalités américaines, Providence (Rhode Island) et New Haven (Connecticut), ont retiré leurs investissements en fonds communs de placement de sociétés associées au gouvernement soudanais.

Tout en comprenant bien qu'à moins de réaliser une opération de désinvestissement de grande envergure, ces retraits ne sont que symboliques, les étudiants observent que leur pression rend difficile aux universités de séparer leurs activités financières de leurs préoccupations éthiques et morales concernant le génocide. Ils espèrent que la pression économique exercée par le désinvestissement pourra amener les sociétés à remettre en cause leurs relations commerciales avec le gouvernement soudanais.




Home Les dépenses militaires aux Etats-Unis

Source : www.nationalpriorities.org

Le National Priorities Project (NPP), organisation apolitique et sans but lucratif qui analyse le budget fédéral, a produit certains chiffres sur les dépenses militaires aux Etats-Unis :

– Les dépenses militaires prélèvent 26 cents sur chaque dollar d'impôt sur le revenu payé par les citoyens.

– Elles se montent à environ 20 % de la dépense fédérale totale, et à plus de la moitié du budget discrétionnaire.

– La dépense militaire américaine est la plus forte du monde. Elle est de plus de 40 % de la dépense militaire mondiale et supérieure à 30 fois les dépenses des pays « voyous » (Cuba, Irak, Libye, Corée du Nord, Soudan, Syrie).

– Le Pentagone paie plus d'hélicoptères, d'avions et de navires de guerre que l'ensemble de ces pays, et les capacités de l'armement américain dépassent celles de tous les autres pays.

Avec cet argent, les Etats-Unis auraient pu construire 2 480 656 logements supplémentaires.




Home Désarmement nucléaire : l'effet domino

Source : Washington Post, New York Times, E.-U. ; The Hindu, Inde

Le Dr Hans Blix, président de la Commission internationale indépendante sur les armes de destruction massive (CIIADM) a déclaré, lors du forum où il communiquait le rapport de la commission Armes de la terreur, que les Etats-Unis pouvaient donner le bon exemple dans la réduction des armes nucléaires.

« Si les Etats-Unis en venaient à ratifier le Traité général d'interdiction des essais nucléaires (TGIEN), la Chine alors le ferait. Si la Chine le faisait, l'Inde le ferait. Si l'Inde le faisait, le Pakistan suivrait, ainsi que l'Iran. Cela démarrerait un effet domino favorable. »

Ce rapport Armes de la terreur énonce soixante propositions sur les moyens de libérer le monde des armements nucléaires, bactériologiques et chimiques. Le rapport analyse les menaces actuelles contre la paix et l'équilibre du monde et inclut des statistiques. Ainsi, on estime, le nombre des têtes nucléaires à 27 000, dont 12 000 effectivement déployées. Le rapport insiste également sur la manière dont on peut gérer les risques et évaluer la situation en Iran, au Moyen-Orient, en Corée du Nord, en Inde et au Pakistan.

Ce rapport Armes de la terreur énonce soixante propositions sur les moyens de libérer le monde des armements nucléaires, bactériologiques et chimiques. Le rapport analyse les menaces actuelles contre la paix et l'équilibre du monde et inclut des statistiques. Ainsi, on estime, le nombre des têtes nucléaires à 27 000, dont 12 000 effectivement déployées. Le rapport insiste également sur la manière dont on peut gérer les risques et évaluer la situation en Iran, au Moyen-Orient, en Corée du Nord, en Inde et au Pakistan.

La commission appelle tous les pays à signer et ratifier le TGIEN, tout en exhortant les Etats actuellement pourvus de l'arme atomique à cesser d'accroître leur arsenal nucléaire.

La CIIADM a aussi recommandé que l'Iran et Israël renoncent à la production d'uranium enrichi et autres opérations nucléaires sensibles, dans le cadre d'un nouveau plan tendant à libérer le Moyen-Orient des armes de destruction massive.

M. Blix a critiqué en ces termes la position américaine : « Alors que la réaction de la plupart des Etats aux violations du TGIEN consistait à renforcer les traités et institutions existants, les Etats-Unis, seule superpuissance, se sont davantage fiés à leur force militaire qu'à toute autre chose pour y porter remède ! » Washington devrait se résoudre à prôner la limitation des armes. Il ajouta que si Washington prenait la tête de ce mouvement, le reste du monde suivrait forcément. Dans le cas contraire, il pourrait y avoir davantage d'essais nucléaires, et une nouvelle course aux armements s'ensuivrait.

D'autre part la CIIADM exhorte la Russie et les Etats-Unis à essayer de prendre des mesures mutuellement acceptables « pour de ne plus utiliser leurs armes nucléaires comme une menace presse-bouton ». Quant aux pays qui reconnaissent avoir des armes nucléaires, ils doivent s'engager légalement à ne pas les utiliser contre des pays qui en se-raient dépourvus.




Home La sûreté réside dans des niveaux de vie plus élevés

Source : Reuters

Mohammed El Baradei, Prix Nobel de la paix 2005, a fait remarquer, à la tribune de l'Institut des hautes études internationales Paul H. Nitze de l'Université John Hopkins, qu'il devenait de plus en plus difficile de contenir le développement des armements nucléaires. « Le nucléaire nourrit le nucléaire. Tant que certaines nations continueront de soutenir que les armements nucléaires sont nécessaires à leur sécurité, d'autres nations en voudront. C'est simple comme bonjour », a-t-il déclaré.

Les grandes puissances insistent sur leur droit à maintenir un arsenal nucléaire ce qui, à l'évidence, entraîne les autres nations à suivre leur exemple, et ceci malgré de nombreuses tentatives d'infléchir à la baisse l'activité nucléaire dans d'autres pays tels que l'Iran, a déclaré le chef de l'Agence à l'énergie atomique, chien de garde de l'Onu.

C'est l'heure des décisions insiste M. El Baradei, qui poursuit : « Nous devons abandonner un système de sécurité basé sur les armements nucléaires, ou alors nous résigner à ce que prédisait dans les années 1960 le président John F. Kennedy, un monde avec 20 ou 30 Etats nucléaires ! »

M. El Baradei soutient que des accords mutuels de destruction (comme il en existait pendant la guerre froide) constituaient une stratégie efficace de dissuasion. Mais, ajoute-t-il, bloquer les transferts technologiques concernant le nucléaire n'est plus une option suffisante dans un monde où le développement des communications rend facile le partage de la connaissance. Nous avons besoin de développer un « système alternatif de sécurité collective[...] qui élimine le besoin d'une dissuasion nucléaire. Ce n'est que lorsque les Etats dotés de l'armement nucléaire auront cessé de dépendre de cet armement pour assurer leur sécurité, que la menace de prolifération diminuera vraiment. »

M. El Baradei n'a pas développé sa vision d'un nouveau système de sécurité, mais il a suggéré que si des efforts réels étaient mis en œuvre pour élever le niveau de vie des pays en voie de développement, « la possibilité d'un conflit commencerait immédiatement à disparaître. »





Le respect de la loi

Home Le ministre de la Justice britannique demande la fermeture de Guantanamo

Source : www.bbc.co.uk

Dans son discours donné en mai 2006 au Royal United Services Institute de Londres, le ministre de la Justice britannique, Lord Goldsmith, a demandé la fermeture du camp de détention américain de la baie de Guantanamo où 490 prisonniers sont détenus sans jugement. Il a déclaré que « l'existence de Guantanamo était inacceptable » et sérieusement mis en doute le fait que la détention « pour une durée indéterminée de « combattants ennemis » soit juste ou légale ».

« Il est temps que le camp ferme ses portes. Il ne serait pas seulement juste de fermer Guantanamo par principe, mais je pense que cela permettrait également de faire disparaître ce qui est devenu pour beaucoup, à tort ou à raison, un symbole de l'injustice. La tradition historique des Etats-Unis en tant que flambeau de liberté et de justice mérite que ce symbole disparaisse. »

Lord Goldsmith a ajouté que les Britanniques « ne croient pas que les tribunaux militaires américains puissent proposer aux détenus de Guantanamo les garanties suffisantes pour être jugés équitablement en accord avec les normes internationales ».




Home Nations unies : l'annexion proposée par Israël est illégale

Le premier ministre israélien Ehud Olmert, récemment en visite aux Etats-Unis, a reçu le soutien qu'il espérait du président Bush. Il prévoit une réorganisation unilatérale des frontières de la Cisjordanie que le président Bush a qualifié « d'idée audacieuse ».

Mais selon le professeur John Dugard, rapporteur des droits de l'homme des Nations unies pour les Territoires palestiniens, les propositions de E. Olmert reviennent à l'annexion illégale d'environ 10 % des territoires palestiniens. Bien qu'il occulte ce fait en parlant de « désengagement unilatéral, de convergence ou de réalignement », il n'en demeure pas moins qu'il envisage l'annexion de 10 % de la Palestine en redessinant les frontières d'Israël afin de les faire coïncider avec le mur de séparation. Seulement 20 % des colons seront déplacés à l'est du mur.

« E. Olmert envisage également l'annexion de la vallée du Jourdain, ce qui étendra encore la superficie des terres saisies. Malheureusement, l'Occident – les Etats-Unis et l'Union européenne – et les Nations unies n'ont pas le courage de dire à E. Olmert que cette annexion est illégale. Une telle annexion est prohibée par la Charte des Nations unies. Et la Cour internationale l'a également condamnée. »





La voix des peuples

Home Des femmes manifestent contre la guerre en Irak

Source : diverses, voir en fin article

De plus en plus de mères, grand-mères, épouses, fiancées et sœurs de soldats manifestent leur opposition contre l'enrôlement de ceux qu'elles aiment dans la guerre en Irak. Le président Bush – dont la popularité est au plus bas – doit affronter un nouveau groupe les « Grand-Mères de la paix ».

Issues de différentes associations – « Les Grand-Mères contre la guerre », « les Grand-Mères furieuses de Tucson en Arizona », et « les Grand-Mères pour la Paix universelle » – elles profitent du stéréotype social positif attaché aux grand-mères, et de la réticence des autorités à les « passer à tabac », pour mettre en évidence leur cause.

En octobre 2005, la police de New York fut appelée pour une perturbation au centre de recrutement militaire de Times Square. Elle y trouva 18 femmes âgées bloquant l'entrée et demandant à s'enrôler à la place de jeunes hommes. « Les Grand-Mères contre la guerre » furent arrêtées après avoir refusé de quitter le bâtiment.

A leur procès en avril 2006, des manifestants défilèrent devant la Cour avec des banderoles affichant : « Arrêtez Bush, libérez les grand-mères », et « Vous ne pouvez pas punir les insurgés ? Punissez les grand-mères ! » Leur combat enflamma l'imagination des New Yorkais et des médias.

Norman Siegel, avocat New Yorkais pour la défense des libertés civiles, qui agissait en leur nom, raconte : « Je pense que les grand-mères ont vraiment rencontré un écho dans le public. Tout d'abord, chacun a une grand-mère. Puis ce sont des femmes accomplies qui sont indéniablement passionnées, intelligentes, spirituelles et charmantes. Ma stratégie fut de mettre chacune d'elle en valeur afin que le juge et le public puissent voir qui elles sont : des gens ayant une conscience. »

Cette stratégie déboucha sur des scènes comiques à la Cour, comme si parfois il semblait que le jeune juge et les procureurs étaient soumis à un interrogatoire par les défenseurs. Les grand-mères pacifiques gagnèrent leur procès et continuent à manifester aux Etats-Unis.

Le 14 mai 2006, jour de la fête des mères aux Etats-Unis, des femmes de tous âges se sont rassemblées à Washington. La manifestation, nommée « Déclarez la paix le jour de la Fête des Mères », comprenait une mini-parade, une veillée de 24 heures et des discours de militantes comme Cindy Sheehan et l'actrice Susan Sarandon. « Je ne veux plus de mère pleurant un enfant disparu dans cette guerre en Irak, injuste et inutile », a déclaré C. Sheehan, dont le fils de 24 ans a été tué en Irak.

Des mères et des épouses de soldats britanniques sont également devenues plus actives, et le groupe « Familles militaires contre la guerre » a lancé une campagne et une pétition demandant le rapatriement des troupes en Irak. Dans la pétition adressée au premier ministre T. Blair, il est écrit que cette guerre est « basée sur des mensonges » et que les soldats ont été forcés à « risquer leur vie dans une guerre immorale réprouvée par la majorité ». Le sentiment parmi ces familles est que leurs fils sont en danger dans une guerre illégale : « Je ne suis pas contre l'armée, mais je suis contre une guerre illégale, a déclaré une mère. Trop de nos enfants ont déjà donné leur vie dans la plus inutile des guerres. » 


Sources : The Guardian, Grande-Bretagne ; New York Times, Etats-Unis ; Pravda, Russie www.mfaw.org.uk ; codepink-4peace.org




Home Les Chagossiens déportés obtiennent le droit au retour

Source : The Guardian, BBC, G.-B.

Toute une population insulaire, déportée en masse lorsque le gouvernement britannique « vendit » sa terre natale aux militaires des Etats-Unis, a remporté une éclatante victoire judiciaire et obtenu le droit de retourner chez elle.

Dans les années 1960 à 1970, toute la population de Diego Garcia, petite île régie par les Britanniques, située dans l'archipel Chagos (Océan Indien), fut terrorisée, attaquée et déplacée de force à l'Ile Maurice et aux Seychelles, dans une déportation massive faisant suite aux exigences du Pentagone qui voulait « nettoyer » et « expurger » l'île. Depuis lors, les insulaires chagossiens vivent dans la pauvreté, dans des taudis de l'Ile Maurice, tandis que les Etats-Unis ont construit l'installation militaire la plus puissante de l'Océan Indien – la base de laquelle ils ont attaqué l'Afghanistan et l'Irak.

L'exil forcé des Chagossiens violait la Déclaration 1514 des Nations unies sur le droit inaliénable des peuples coloniaux à leur indépendance.

En 1965, la Résolution 2066 des Nations unies ordonnait à la Grande-Bretagne de « n'entreprendre aucune action qui démembrerait ce territoire. » Mais le Royaume-Uni continua à nier qu'il y ait jamais existé une population indigène sur Diego Garcia.

Avec l'aide de leur remarquable avocat, Richard Gifford, les Chagossiens ont emporté quatre décisions judiciaires importantes – mais toutes ont été ignorées ou éludées par le gouvernement britannique. La première décision, en 2000, heurta le gouvernement : la Haute Cour s'était appuyée sur la Magna Carta de 1215, qui proscrivait tout « exil du Royaume » sans procédure légale.

En mai 2006, lors de la dernière audition à la Haute Cour, Sir Sydney Kentridge QC décrivit le traitement des Chagossiens comme « outrageant, illégal et taillant une brèche dans les normes de la moralité », et affirma qu'il n'existait aucun précédent connu « d'utilisation légale de pouvoirs et prérogatives afin de déplacer ou d'exclure une population entière de sujets britanniques de leurs domiciles et de leur lieu de naissance ».

Oliver Bancoult, leader du Groupe de réfugiés de Chagos, raconte : « Nous avons remporté un jugement historique en notre faveur, nous permettant de retourner chez nous. Le droit du peuple, banni depuis tant d'années, a été reconnu. »

Mais malgré cette décision, les Chagossiens rencontrent encore des obstacles. Le gouvernement britannique a fait appel, et les insulaires devront également affronter les interdictions de séjour, de la part du Royaume-Uni comme des Etats-Unis, qui s'opposent à tout retour sur l'Ile pour des raisons « sécuritaires » et alors que le bail sur Diego Garcia s'étend sur cinquante ans, avec une extension automatique de vingt ans.




Home Un militant pour la paix jure de continuer à se battre

Source : plusieurs, voir en fin d'article

Brian Haw, le militant pour la paix qui, depuis cinq ans, campe jour et nuit devant le Parlement britannique, a juré de poursuivre sa campagne en dépit des tentatives du gouvernement de débarrasser Parliament Square de cette « horreur ». B. Haw précise que la véritable horreur est l'effet des munitions en uranium appauvri envoyées sur des bébés irakiens.

Le 23 mai 2006, la loi policière contre le crime organisé datant de juillet 2000 fut invoquée pour justifier un raid policier de nuit, visant à réduire à 3 m la longueur (toujours croissante) de ses pancartes et bannières contre la guerre. Mais les méthodes musclées de la police furent jugées grotesques et chaotiques par les médias et provoquèrent une tempête de protestations parmi les groupes anti-guerre et pour la défense des droits humains. Les journaux se moquèrent de « cette descente de police intrépide juste avant l'aube sur quelques mètres de pancartes », et les sympathisants jurèrent de replacer les pancartes. Le gouvernement embarrassé fut forcé d'admettre que le raid, impliquant pas moins de 78 policiers, coûta plus de 10 000 euros.

Brian Haw a commencé son action afin de dénoncer les effets sur les enfants irakiens des sanctions prises contre l'Irak. Il regrette le temps qu'il a perdu avec ses propres enfants : « Lorsque je n'ai pas le moral je pense à tous les enfants du monde qui souffrent plus que moi. On ne peut pas croire qu'un enfant a plus de valeur qu'un autre, c'est mon point de vue. Je considère tous les enfants du monde comme les miens. »

Son endurance de cinq années l'ont rendu très populaire aux touristes et il a le soutien de sympathisants du monde entier.

B. Haw doit de nouveau comparaître devant la Cour, au cours de l'été.


Sources : parliament-square.org.uk ; indymedia.org.uk ; The Independent, Daily Mail, International Express, UK.
Voir également l’interview de Brian Haw dans Partage international, sept. 2005
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Courrier des lecteurs

Home Une conférence particulière

La lettre qui suit est une compilation des souvenirs de quatre personnes qui ont assisté à la même rencontre à Aichi, au Japon. Chacun se souvient de différentes parties de la conversation.

Cher Monsieur,

Le 12 mars 2006, nous avons organisé une projection de vidéo à Nagakute-machi, Aichi (Japon). Environ 20 minutes avant l'heure, un homme d'âge moyen portant une veste rouge, des chaussures de tennis et un sac à dos orange est entré dans la salle. Il s'est présenté sous le nom de « Iwano » et nous a dit qu'il avait vu notre prospectus. Nous l'invitâmes à regarder notre exposition de photographies de la dernière page de Partage international en attendant le début de la séance, mais personne d'autre ne se présenta.

Aussi, après avoir passé la vidéo de la conférence 2005 de Benjamin Creme à Tokyo, nous formâmes un cercle : l'homme en question et six d'entre nous, et nous commençâmes à bavarder. Mais il monopolisa la conversation et parla du début à la fin pendant près de deux heures sur toutes sortes de sujet. C'était un homme gai, très attrayant. Nous étions fascinés par sa conversation.

Il déclara être un ami de « Bentensama », le nom japonais d'une déesse des arts et des divertissements, comme Sarasvati en Inde. Il fit référence à Saï Baba en tant que « Saï Babakun » (une manière familière de faire référence à un collègue ou un ami proche). Il dit (comme s'il parlait de ses élèves) que Benjamin Creme et Michiko Ishikawa faisaient du bon travail : que l'interprétation de M. Ishikawa était excellente, qu'elle était charmante lorsqu'elle était plus jeune, mais qu'elle commençait à vieillir un peu. Lorsque nous lui demandâmes son âge, il répondit qu'il avait 3,7 milliards d'années.

Après avoir regardé la vidéo, il fit référence à Benjamin Creme : « Il doit venir du monde chrétien. » Il poursuivit la conversation en donnant quelques explications sur le Bouddha. Il dit que Bouddha était le nom d'une fonction et qu'il y avait eu huit Bouddhas. « Vous souvenez-vous de Hannya Shingyo (Hannya Sutra) ? Le Bouddha Shakyamuni enseigne que les vers de terre et les pierres sont la même chose. Ils sont tous connectés. Les vers de terre sont maintenant écrasés sous le béton. » Il déclara que les gens qui commettent des meurtres le font à notre place. Nous sommes tous un.

Faisant référence à notre groupe qui ne possède pas d'organisation, il parla de mère Teresa. « Mère Teresa quitta l'organisation auquel elle appartenait juste avant sa mort. Lorsque l'on appartient à une organisation, on doit suivre la volonté de l'organisation au lieu de la sienne. »

Lorsque l'un d'entre nous se plaignit du fait que nous avons souvent très peu de personnes qui viennent à nos projections de vidéos, il déclara : « Vous qui êtes impliqués dans ce travail, vous devez vous-mêmes changer. Alors votre travail se répandra largement comme par ricochet. » Notre conversation se tourna vers un autre sujet : celui des vibrations et il parla du travail de certaines personnes peu connues mais qui font du bon travail, comme Masaru Emoto qui a photographié des cristaux d'eau, Kazuo Murakami, généticien, Shigeaki Hinohara du St. Luke's International Hospital, Sanae Odano qui a fait des recherches sur Meiha. Il nous recommanda de consulter le site Internet Meiha.

En ce qui concerne la pollution de l'environnement, il déclara que l'air est connecté partout dans le monde et que lorsque l'air devient pollué dans une région, il y a des gens qui le ressentent de l'autre côté de la planète. « L'eau et l'air sont connectés. » « Lorsque vous jetez un bol de soupe miso, il faut trente litres d'eau pour le nettoyer. Mais nos reins sont des outils de purification excellents et ils éliminent seulement un peu d'urine. »

En ce qui concerne la nourriture, il déclara que si les jeunes explosent facilement sur le plan émotionnel et se livrent à des actes de violence, c'est parce qu'ils ne se nourrissent pas convenablement. Il dit également : « Les repas tout prêts qui sont vendus dans les magasins de quartier dans tout le Japon sont jetés lorsque la date d'expiration est passée et sept millions de repas sont ainsi jetés chaque jour. Dans les supermarchés, lorsque vous voyez des légumes produits en Chine, à Hokkaido, Kyushu et localement, essayez de choisir la production locale. » Il recommanda également de consommer du riz brun plutôt que du riz blanc poli.

Nous ressentîmes un réel sentiment d'urgence lorsqu'il dit simplement : « La planète Terre est maintenant en réelle difficulté. » Faisant référence au séisme de Kobe, il dit qu'il fallait s'y attendre, car une grande partie d'une montagne avait été rasée dans la région (en vue du développement) deux ou trois ans auparavant. « Lorsque l'équilibre de la nature est perturbé, les forces visant à restaurer cet équilibre sont générées ce qui provoque une catastrophe naturelle. »

Il commenta également le système de protection sociale en Suède et expliqua combien il était différent de ce qui existe au Japon. Il déclara l'avoir constaté lorsqu'il vivait en Suède. En Suède si quelqu'un va faire ses courses en fauteuil roulant, partout, les gens qui se trouvent là lui viennent aussitôt en aide. Au Japon, quelqu'un de spécialement entraîné doit accompagner la personne handicapée, mais en Suède les gens sont éduqués dès l'enfance pour apporter ce genre d'aide tout naturellement.

Faisant référence à la manière dont nous faisons connaître nos rencontres, en adressant directement un courrier imprimé, il souligna l'importance d'écrire des lettres à la main.

Il aborda sans qu'on le lui demande de nombreux sujets, notamment les questions que chacun de nous avait à l'esprit. Il parla des différents lieux de pèlerinage qui se situent dans des endroits magnétiques, tels que Ise, Wakamiya à Nagoya, Tenkawa à Wakayama, Benten à Enoshima.

Il déclara que lorsqu'il se sentait fatigué, il se rendait à Wakamiya et respirait profondément près des arbres qui se trouvent là et que cela le guérissait. [Il y a des arbres de 500 à 600 ans dans ce lieu de pèlerinage, qui se trouve près de l'endroit où nous pratiquons la méditation de transmission].

Au moment où il s'apprêtait à partir l'un de nous lui demanda sa carte et il la sortit de son sac à dos. Son portrait était dessiné dessus. Quelqu'un lui demanda s'il avait fait le dessin lui-même. Il répondit : « Oui, n'importe qui peut faire la même chose, mais les gens n'essaient même pas. Il suffit de s'y mettre. »

Qui était cet homme ?

M. K., H. M., H. E., I. M., Nagoya, Japon


Voir la photographie de la carte dans la version imprimée de la revue Partage international n° 215-216 de juillet-août 2006, page 30.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme était le Maître de Tokyo.


Home L'argent parle

Cher Monsieur,

J'étais chargée de la vente des cartes de la « main » de Maitreya lors de la conférence de Benjamin Creme, à Nagoya, le 23 mai 2006.

Une femme menue, âgée d'environ soixante-dix ans, s'approcha et regarda l'affiche placée sur le mur derrière moi. Elle se mit à la lire à haute voix : « Avidité, compétition. » Elle sourit un peu et dit en me regardant avec insistance : « Compétition, assurément. » Elle continua sa lecture : « Partage », « arrogance ! » Elle me regarda à nouveau en souriant. Je m'interrogeai sur le sens caché derrière son intervention. Elle déclara alors que les gens ne sont pas honnêtes : « Tout le monde porte un masque. » Je dis à mon tour : « Nous étudions les enseignements de Maitreya concernant l'honnêteté mentale, la sincérité d'esprit et le détachement, mais c'est difficile. » Elle répondit : « L'ego est le problème. » « C'est vrai » dis-je. « Vivez dans l'instant, il n'y aura pas d'espace pour que la malhonnêteté puisse pénétrer », répondit-elle. Je fus frappée par ces paroles. Nous avions essayé d'étudier et de pratiquer sérieusement chacun des enseignements de Maitreya au sein de notre groupe, mais nous butions sur le fait que « l'ego » est à la racine de toute souffrance.

Elle se tourna ensuite vers un autre membre du groupe et commença à parler des différents rôles de la main droite et de la main gauche. « Lorsque vous cousez, tricotez ou découpez des légumes, si vous gardez votre main gauche derrière votre dos et essayez d'utiliser seulement la main droite, vous ne pouvez le faire correctement. Pouvez-vous hacher finement des échalotes d'une seule main ? Non, mais en les tenant simplement avec la main gauche vous pouvez les découper beaucoup plus facilement. Le rôle de soutien est donc très important. Ces derniers temps, chaque fois que je coupe des végétaux avec un couteau, je sens que je découpe une vie. » « Une vie humaine ? » lui demandai-je. « Non, mais quand je découpe des légumes, j'ai l'impression de tuer la vie avec mon couteau. Nous vivons parce que nous recevons la vie vivante des végétaux. Ils nous apportent leur soutien. Nous devons donc leur apporter le nôtre. »

Elle regarda ensuite ses mains tournant les paumes vers le haut puis vers le bas et dit en souriant : « Nous avons beaucoup de chance d'avoir deux mains. Ceux d'entre nous qui ont deux mains peuvent faire tout ce qu'ils veulent. » Elle ouvrit et referma les mains à plusieurs reprises, balança les bras joyeusement, en disant : « Je suis heureuse de pouvoir faire ce que je veux. »

Elle sortit un porte-monnaie de sa poche. Quelques pièces (deux de cent yens et une de dix yens) tombèrent mais elle ne se soucia pas de les ramasser. Lorsque je les ramassai et les lui remis, elle me dit de les mettre dans notre boîte de dons : « Il y a un trou dans mon porte-monnaie et l'argent dit : « Laisse-moi sortir, laisse-moi sortir ! » Elle prit une carte de la « main » et s'en alla. Pourriez-vous me dire qui était cette femme ?

T. T., Fukuoka, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « femme » était le Maître Jésus.


Home Cause et effet

Cher Monsieur,

J'étais chargée d'un stand d'information à la conférence de Benjamin Creme, à Osaka, le 20 mai 2006.

Pendant l'entracte, je vis deux femmes parlant de la conférence à une table voisine. Je leur montrai l'article de Benjamin Creme sur la loi de cause et d'effet dans le numéro de mars de Partage international et j'expliquai que c'était l'un des principaux sujets de sa conférence. La femme la plus âgée dit qu'autrefois le monde était meilleur, mais que maintenant tout était devenu très difficile ; elle se demandait ce qui arriverait dans l'avenir. La femme plus jeune dit : « En fait, tout est cause et effet. » Elle semblait comprendre ce que j'étais en train de dire.

Nous continuâmes à parler, mais la jeune femme interrompit mes explications en disant : « Vos explications sont complexes et je préférerais savoir comment vous avez commencé à faire ce travail. Cela communiquera la véritable intention derrière vos explications et m'aidera à mieux comprendre. J'aimerais que vous me racontiez votre propre histoire. » Je lui racontai alors que lorsque j'avais assisté pour la première fois à une conférence de Benjamin Creme et que je l'avais entendu dire : « Soyez vous-même », j'avais été capable d'accepter ce qu'il disait ; sa personnalité inclusive m'avait impressionnée et j'avais senti que ce qu'il disait était vrai.

Les yeux de la jeune femme me laissèrent une impression particulière et je sentis que je l'avais déjà rencontrée auparavant. Je me sentais proche d'elle. Ces deux femmes étaient-elles des Maîtres ?

S. M., Gifu, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « femme âgée » était Maitreya et la « jeune femme » le Maître de Tokyo.


Home Magie verte



Cher Monsieur,

L'année dernière, j'ai fait pousser dans mon jardin une plante grimpante appelée Ipomée. Cette plante produit des fleurs bleues en forme d'entonnoir avec un cœur blanc et jaune, qui s'ouvrent le matin et se fanent l'après-midi de la même journée. Alors que ces splendides fleurs présentent une corolle de forme ronde avec des pétales non séparés, vers le début de l'automne, j'eus la surprise de découvrir que certaines fleurs avaient la forme d'étoiles à cinq branches. Cette forme d'étoile m'a fait penser à Maitreya. Serait-ce un signe ?

R.-M. C., St. Etienne, France

Le Maître de B. Creme a confirmé que les pétales en forme d'étoile à cinq branches étaient un signe de Maitreya. L'étoile à cinq branches est le signe du Christ.


Home Des amis quand on est dans le besoin

Cher Monsieur,

Le 15 décembre 1998, je me sentais déprimée car j'avais connu des difficultés d'argent et mon emploi n'était pas sûr.

Je me rendais dans un magasin lorsque je remarquai devant moi une voiture qui avait l'air assez bizarre. Elle était vert foncé et ne portait pas d'inscriptions indiquant la marque et le modèle, ni de plaque d'immatriculation, mais au moment où je m'arrêtai derrière elle au feu rouge, je regardai la carrosserie et je vis en brillantes lettres jaunes les mots suivants : « Nous sommes toujours avec vous. » Je dus lire cette inscription à deux reprises car elle semblait m'être personnellement destinée. Les feux changèrent de couleur et la voiture bifurqua vers l'autoroute. Il y avait deux personnes dans cette voiture, plutôt deux silhouettes ou deux ombres. Je ne pus distinguer aucun détail, mais je pensai immédiatement qu'il s'agissait de Maitreya et du Maître Jésus. J'avais l'impression que la couleur verte de la voiture était un symbole d'argent et qu'ils me disaient de ne pas me tracasser car ils étaient toujours avec moi, même si je ne pouvais les voir.

A chaque fois que je me suis trouvée en difficulté auparavant quelque chose s'est présenté au dernier moment. Parfois cela a semblé un miracle que je m'en sorte. On dirait que quelqu'un m'aide si je me contente de suivre la direction qui m'est donnée. Je pense que les deux hommes de la voiture voulaient tout simplement me le rappeler. Etaient-ils Maitreya et le Maître Jésus ?

A. S., San Rafael, Californie, Etats-Unis

 

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que les deux personnes dans la voiture étaient Maitreya et le Maître Jésus.


Home Sœur de charité

Cher Monsieur,

En 1999, j'ai rencontré une nonne qui a eu un impact sur une habitude dont je n'arrivais pas à me débarrasser : celle de perdre fréquemment des objets ou de ne pas ranger les choses à leur place. C'était frustrant pour moi et irritant pour mon entourage.

J'avais une journée de travail à Manchester, dans le nord de l'Angleterre, à deux heures de train. Etant arrivée de bonne heure, je jetai un coup d'œil dans une boutique de vêtements. Puis, en quittant la gare, je remarquai une nonne âgée assise par terre. Elle tenait une boîte ronde destinée à collecter de l'argent portant une étiquette écrite à la main : « Pour les sourds. » Je m'arrêtai pour lui donner quelque chose, mais lorsque j'ouvris mon sac, mon porte-monnaie n'était pas là. « Je dois avoir laissé mon porte-monnaie dans la boutique », dis-je. La nonne répondit avec un accent irlandais, qui semblait plein de sympathie : « Laissez vos affaires près de moi et courez vite le chercher. » Pleine de confiance, je laissai mon porte-documents et mon manteau et je me précipitai vers la boutique. Mon porte-monnaie d'un rouge brillant était toujours là, sur le comptoir, bien en vue. Je le saisis et retournai rapidement vers la nonne. Je mis un peu de monnaie dans sa boîte et la remerciai. « Grâce à Dieu, j'étais là », dit-elle. Je sentis comme une bénédiction car sans sa présence, je me serai trouvée dans un taxi avant de réaliser que j'avais perdu mon porte-monnaie, ce qui aurait été une terrible façon de commencer la journée.

Après coup, j'ai soudain été frappée par l'idée qu'il n'était pas normal de voir une nonne assise par terre, comme une mendiante, avec une boîte pour collecter de l'argent portant une étiquette écrite à la main. Maintenant l'incident a pris un aspect quelque peu irréel.

Cette femme n'était-elle qu'une simple nonne ? Plus j'y pense, plus cela me paraît étonnant. J'ai eu l'impression d'avoir été prise en charge par une personne proche, qui en même temps m'a fait prendre conscience clairement de mon habitude « d'éparpiller » mes affaires. Depuis, il me semble que je perds moins mes affaires. Je deviens moins anxieuse et je fais davantage attention.

Qui était cette nonne secourable ?

P. P., Londres, G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « nonne » était le Maître Jésus.


Home Un lien intérieur

Cher Monsieur,

Il y a dix ans, je parcourai avec mes enfants une vente de charité qui avait lieu dans notre village et la première chose que je remarquai fut une photo de Saï Baba dans un cadre. Je dis au jeune homme qui la vendait qu'elle était magnifique et je lui en demandai le prix. Il me répondit que je devrais jeter la photo mais garder le cadre car il était très joli. Je lui dis que je pensais juste le contraire. J'achetai la photo et je m'éloignai contente, lorsque soudain je vis une vieille femme unijambiste marchant avec des béquilles. Je fus stupéfaite que l'on puisse marcher dans la foule avec des béquilles et une seule jambe. Je l'observai. Elle en imposait, mais personne ne semblait la remarquer. Soudain elle disparut. Bien que ceci remonte assez loin, je pense encore à elle de temps à autre.

[1] Qui était cette femme ? [2] Avait-elle un lien avec la photo que je venais d'acheter ?

S. van der B., Pays-Bas

[1] Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « vieille femme » était Maitreya. [2] Pas directement, mais intérieurement.


Home Brève rencontre

Cher Monsieur,

Le 12 août 1999, je suis allée faire une promenade en direction du Golden Lake, près duquel nous avons une petite maison. Sur le chemin du retour, j'ai rencontré une belle femme blonde d'une trentaine d'années qui me gratifia d'un magnifique sourire lorsque nous nous sommes croisées. Je sentis qu'elle avait quelque chose de particulier. J'étais trop timide pour aller vers elle et lui parler, ce que maintenant je regrette. Qui était cette femme ?

I. von B., Scarborough, Ontario, Canada

Le Maître de B. Creme a indiqué que la « femme blonde » était Maitreya.



Interviews

Home La politique dans le nouvel âge

Interview de Janez Drnovsek, président de la république de Slovénie par Saso Segula Prosenc

Janez Drnovsek est président de la Slovénie depuis décembre 2002, après en avoir été premier ministre pendant dix ans. Il a également présidé le Conseil de la présidence de l'ex-Yougoslavie de 1989 à 1990, ainsi que le 9e Sommet des Non-Alignés qui s'est tenu à Belgrade. Rompant, il y a quelques temps, avec les sentiers battus de la politique, cet économiste a décidé de mettre ses fonctions, non seulement au service de son peuple, mais au service du monde. Son action diplomatique et humanitaire lui ont valu de nombreux prix internationaux.

Partage international : Il y a quelques mois, vous avez brusquement modifié votre attitude par rapport à votre fonction de président. Vous avez multiplié les efforts et les initiatives pour promouvoir la paix et la justice dans le monde, des efforts dont les médias et l'opinion publique ont reconnu la sincérité. D'où est venu ce changement ?
Janez Drnovsek : Cette question est-elle vraiment importante ? A un moment donné, on atteint un niveau de conscience qui vous conduit à abandonner les modes de fonctionnements et de pensée habituels de la politique. Puis vous vous apercevez qu'il faut vous attaquer réellement aux nombreux problèmes de l'humanité, devant lesquels l'action politique conventionnelle s'avère peu efficace, voire impuissante. Il faut faire quelque chose de plus. C'est cette prise de conscience qui a été à l'origine de ma réorientation.

PI. Vous encouragez les gens de bonne volonté, les mettrez en réseau, soutenez leurs efforts et travaillez à élever le niveau de conscience. C'est dans cette optique que vous avez fondé le Mouvement pour la justice et le développement ?
JD. Il est vital d'élever le niveau de conscience général. Le monde connaît des déséquilibres profonds. Nous sommes face à toute une série de problèmes, la pauvreté, la faim – qui fait chaque année des millions de victimes –, la destruction de la Terre et les changements climatiques, pour n'en citer que quelques-uns. Il faut prendre clairement la mesure de ces déséquilibres, qui ne font que s'aggraver.
Nous avons parfois tendance, nous les humains, à croire que quelqu'un finira bien, à un moment ou à un autre, par se charger de toutes nos difficultés et nous remettre dans la bonne direction. Je crois que, comme les passagers d'un bus qui s'aperçoivent soudain qu'il n'y a plus de chauffeur, c'est à nous de prendre les choses en mains et de réorienter notre développement, concrètement, au niveau même de nos comportements. Et cela, c'est une affaire de conscience. Cela ne peut se faire que si nous assumons ces problèmes et reconnaissons que c'est à nous de les régler. Que chacun de nous peut agir. On ne pourra effectuer aucun changement significatif sans une élévation de notre niveau de conscience. Les tentatives du passé, les révolutions diverses et variées, ont pour la plus grande part échoué parce qu'elles se sont fondées sur la violence – une base sur laquelle on ne saurait rien construire de solide. Alors qu'il en ira tout autrement si nous parvenons à améliorer notre niveau de conscience général, à convaincre suffisamment de gens de la nécessité de changer.

PI. Au début de cette année, vous avez lancé une campagne humanitaire et diplomatique internationale pour appeler gouvernements et ONG à s'occuper sérieusement de la crise du Darfour. Pouvez-vous nous exposer la situation et les solutions que vous proposez ?
JD. La situation dans laquelle se trouve le Darfour est parfaitement représentative de ce que connaissent un certain nombre de régions du monde. Le pays vit une catastrophe humanitaire que certains n'hésitent pas à qualifier de génocidaire. Une situation que, depuis trois ans, la communauté internationale s'est vainement efforcée de résoudre. J'ai essayé d'apporter ma contribution à ces efforts, à un moment où, à force d'échecs, ils avaient laissé place à un fatalisme généralisé, où les différents intervenants avaient l'impression d'avoir épuisé tous les moyens d'action possibles. Il m'a semblé alors nécessaire de réveiller l'opinion publique mondiale, de la convaincre de la gravité de la situation et qu'avec son aide, elle n'était pas aussi désespérée.
D'autres crises avaient déjà connu cette lenteur et cette inertie de la communauté internationale, comme le Ruanda, l'ex-Yougoslavie, la Bosnie-Herzégovine, où plus de détermination internationale, plus de lucidité, auraient pu empêcher des génocides. Ce qui, pour être juste, était alors hors de notre portée.
Après le Ruanda, après la Bosnie-Herzégovine, nous, responsables politiques, nous étions dit : « Plus jamais de Ruanda, plus jamais de Bosnie-Herzégovine. » Le Sommet des Nations unies de septembre dernier [2005] était tombé d'accord pour autoriser une intervention internationale dans les cas où des gouvernements s'avèreraient incapables, ou réticents, à assurer la protection, voire la survie de leurs peuples. Cet accord avait été signé en septembre. Depuis, rien n'a été fait pour le Darfour.
C'est parce que la situation dans cette région continuait à empirer que j'ai lancé cette campagne, d'abord en Slovénie. En venant au secours des habitants du Darfour, nous élevions le niveau de conscience de nos concitoyens. C'était une manière de leur faire réaliser concrètement l'interdépendance des hommes entre eux. Que si, par exemple, les Darfouriens sont dans une situation de détresse, ce pourrait être notre tour un jour, et qu'il nous faut donc les aider maintenant. Puis ma campagne s'est élargie, a voulu focaliser l'attention des médias et de la communauté internationale sur cette crise, ce qui était une condition indispensable pour la résoudre.

PI. Début mars [2006], vous avez effectué une tournée au Moyen-Orient, au cours de laquelle vous avez rencontré les dirigeants israéliens et le président palestinien Mahmoud Abbas. Quels en ont été les résultats ?
JD. Je me suis rendu en Israël sur invitation de ses dirigeants peu après la victoire du Hamas aux élections législatives et peu avant que les Israéliens, suite à l'état de santé d'Ariel Sharon, ne se rendent à leur tour aux urnes pour renouveler la Knesset. C'était une époque de grande incertitude, où il était particulièrement nécessaire d'échanger nos vues avec les responsables des deux pays. La situation du Proche-Orient est une source permanente de violence et de haine. Il est temps de trouver une solution. J'ai dit à tous mes interlocuteurs qu'ils méritaient la paix et la stabilité, et devaient trouver un moyen de sortir de cette spirale de violence.
A mon avis, il ne fallait pas condamner par avance le Hamas, mais lui donner une chance. Pour la première fois, ce parti avait accédé au pouvoir. En l'élisant, le peuple palestinien l'avait chargé d'une lourde responsabilité, et ce peuple veut la paix. Il refuse toute escalade de la violence, cela ne fait aucun doute. Si les responsables du Hamas sont des gens responsables et sérieux, c'est dans ce sens qu'ils travailleront.
Il est parfois plus facile de parvenir à une paix durable, solide, avec des négociateurs aux positions radicales qu'avec des négociateurs modérés. J'ai dit à tous mes interlocuteurs qu'il fallait donner une chance au Hamas, et se garder de conclusions trop rapides et, surtout, de lancer des opérations de représailles au moindre prétexte. Il faut mettre un terme à ce cycle infernal. Et quelqu'un doit faire le premier pas. Si rien de positif ne devait sortir de la situation actuelle, j'ai bien peur, alors, que les deux pays ne soient condamnés à vivre encore plusieurs années de chaos, de haine et d'incertitude. C'est pourquoi il importe de prendre dès maintenant des initiatives courageuses, pour ne pas sombrer dans un fatalisme stérile où chacun reporte les responsabilités sur l'autre.

PI. La technologie de l'information et les média ont réduit le monde à un village où les pauvres sont confrontés directement au fossé croissant qui les sépare d'une poignée de nations prospères qui ont un quasi-monopole sur les ressources naturelles de la planète. Une telle situation peut-elle durer ?
JD. Je ne crois pas. Cette situation est intolérable. Honteuse. La majorité de l'humanité vit dans la pauvreté tandis qu'une petite minorité dispose de richesses immenses. C'est immoral, et ne saurait durer longtemps. Tôt ou tard, il y aura une réaction, sous une forme ou sous une autre, qui frappera non seulement les pauvres, mais les nantis. Il suffirait, pourtant, que l'opinion publique internationale prenne la mesure de l'injustice de cette situation, de l'injustice de la distribution des ressources de la planète, pour que tôt ou tard, elle réagisse. Car elle ne l'acceptera tout simplement plus. Elle aura compris qu'il n'est pas de terrain plus propice au terrorisme que ce sentiment d'injustice généralisé.
Le monde dispose aujourd'hui de moyens de destruction massifs. Que les terroristes s'en emparent, et un jour ou l'autre, il y aura une catastrophe à laquelle personne ne pourra échapper. Les riches croient pouvoir se protéger en s'isolant du reste du monde. C'est une illusion. C'est impossible. Si l'on veut changer le monde, instaurer une juste distribution de ses richesses, on ne pourra le faire qu'en favorisant les prises de conscience, et non par des révolutions qui sont autant d'impasses, on l'a vu, parce que fondées sur la violence. Mais à mesure que s'élève notre niveau de conscience, de plus en plus de gens s'aperçoivent du caractère insupportable de cette situation, y compris chez les riches. Il ne sera plus possible de rester passif devant une situation où des millions meurent de pauvreté face à une poignée de milliardaires. Les « grandes puissances », y compris la première d'entre elles, devraient augmenter leur aide. Si le pays le plus puissant consacrait les sommes qu'il investit dans le secteur militaire en un an à régler le problème de la pauvreté, il en retirerait une immense réputation auprès des autres nations. Il y gagnerait un crédit moral et une popularité considérables, et d'une autre nature que ceux que lui vaut la croissance exponentielle de ses efforts militaires. Là encore, c'est une question de conscience, chez les politiciens comme dans le peuple.

PI. Quelles devraient être les priorités immédiates des responsables politiques et des chefs d'Etat aujourd'hui ?
JD. En premier lieu, la pauvreté et ses problèmes connexes. Ensuite, la paix, mettre un terme aux conflits en cours. Enfin, la question des changements climatiques et, naturellement, de notre environnement, la Terre. Nous traitons la Terre comme si, après l'avoir détruite, nous pouvions disposer d'une nouvelle planète. Nous nous obstinons dans nos comportements destructeurs malgré les changements climatiques dont témoignent de manière toujours plus convaincante les catastrophes naturelles. Les experts ont beau être tous d'accord pour annoncer une intensification des inondations et des ouragans, on continue comme si de rien n'était. Les dirigeants de nations parmi les plus puissantes pratiquent la politique de l'autruche. Qu'un cyclone détruise une de leurs principales villes, et ils continuent à prétendre qu'il ne s'est rien passé de spécial. Cela ne peut pas durer, parce que ce genre de situation va se reproduire encore et encore, et sur des échelles telles qu'on ne pourra plus les ignorer. Le monde doit prendre des mesures, tout de suite, et les peuples s'organiser.
Il faut tout faire pour protéger la Terre et arrêter de la polluer. Pourquoi la polluons-nous ? Pour le profit ! Les capitalistes ne s'intéressent pas à l'environnement. Si nous leur abandonnons le sort de la Terre, alors ne nous étonnons pas de ce qui se passera.
C'est à nous, peuple du monde, de nous organiser et de prendre les mesures appropriées. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la situation n'est pas irréversible – à condition de rechercher d'une manière systématique les moyens d'atténuer les effets de nos comportements sur le climat, l'exacerbation des désastres naturels qui se profilent à l'horizon et d'agir en conséquence, concrètement.

PI. Il semble que la politique, aujourd'hui, soit surtout une affaire de proclamations, de déclarations d'intentions. Pourquoi ce fossé entre les idées et les actes ?
JD. C'est vrai que les politiciens gaspillent leurs énergies dans de vaines déclarations. Il suffit, pour s'en convaincre de voir avec quelle rapidité elles sombrent dans l'oubli (cf. les Objectifs du millénaire). Il y a longtemps, dans les années 1970, les chefs d'Etat des nations riches avaient promis de consacrer 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l'aide aux pays en voie de développement. En septembre 2005, lors du Sommet des Nations unies – trente ans après ! – nous avons solennellement résolu de consacrer 0,7 % de nos PIB à l'aide aux pays en voie de développement. Concrètement, nous en sommes aujourd'hui à 0,3 % – y compris l'Union européenne, malgré toutes ses déclarations d'intentions. Ce 0,7 % est devenu une sorte de ritournelle internationale. Si on l'avait atteint il y a trente ans, la situation actuelle serait toute autre.
Vu la manière dont fonctionne la politique internationale et le niveau de conscience général, cette maigreur de résultats n'a rien de surprenant. Personne ne s'étonne plus que les résolutions officielles restent sur le papier. Cela fait partie du cours des choses !
Il semble normal, par exemple, que l'armée de diplomates grassement payés que l'on dépêche au Darfour se contentent de siéger dans des commissions officielles à Abuja, capitale du Nigeria ; d'enchaîner les cycles de négociations sans que rien ne change, alors que l'on continue à y mourir par centaines de milliers. Le temps des Darfouriens n'est pas celui de la classe dorée des diplomates. La communauté internationale se résigne à ce genre de situations, les trouve normales, faute de pouvoir imaginer d'autres solutions. Il est temps de sortir de cette résignation.
Elle doit s'impliquer davantage, et d'une manière autrement efficace. C'est, encore une fois, une question de niveau de conscience. Il faut sortir des politiques strictement nationales, des sacro-saints intérêts nationaux et géostratégiques. En quoi consistent ces intérêts ? Sont-ils plus importants que ceux de l'humanité ? Pourquoi faut-il privilégier une poignée de gens au détriment de centaines de milliers d'autres ? Tout cela est une question de conscience. Pouvons-nous laisser ces « intérêts géostratégiques » prévaloir sur celui des peuples ? Tout cela montre le faible niveau de conscience de nos dirigeants politiques. Voilà le problème. Cela explique pourquoi leurs déclarations ne sont rien de plus que des opérations de communication. Du vent.

PI. Quel est l'état d'esprit des responsables internationaux, aujourd'hui. Ont-ils encore en mains leurs situations nationales respectives ?
JD. Je ne le crois pas. Ils emploient l'essentiel de leurs énergies à assurer leur survie et leurs positions politiques. Je ne pense pas qu'ils aient la moindre influence sur ce qui se passe chez eux. C'est pourquoi ils s'occupent surtout de communication, qu'ils s'entourent de spin doctors. Mais on peut observer quelques signes de changements.
Les Occidentaux manifestent de plus en plus une certaine désaffection vis-à-vis de la politique. C'est particulièrement évident en Europe de l'Ouest, par exemple, où les peuples semblent accepter la politique comme une sorte de mal nécessaire. Ils n'en attendent rien. Ils ont une piètre opinion de leurs dirigeants, auxquels ils reprochent leur incompétence face à leurs difficultés nationales, ou internationales – dont nous avons parlé. Ils sentent confusément que quelque chose ne va pas, ils pressentent un danger imminent, qu'ils ont de la peine à définir, et devant lequel les politiciens n'ont rien à proposer.
Cette crise générale de confiance vis-à-vis de la politique et des institutions est générale. On l'a vu avec les rejets néerlandais et français du projet de constitution européenne, qui étaient en fait des rejets de la politique tout court. Le texte proposé était secondaire. Ce furent des votes de défiance de ces deux peuples envers leurs dirigeants, nationaux ou européens, qu'ils n'estiment pas à la hauteur de leur tâche. Voilà où nous en sommes, aujourd'hui.
L'UE et ses institutions est aujourd'hui en panne. Et elle ne sait pas comment redémarrer. Ses peuples en sont tout à fait conscients. Nul doute que les signes de cette crise vont se multiplier, et que la réponse sera toujours la même : une fois les peuples convaincus de la nécessité d'une réorientation radicale de la politique, les choses changeront dans le bon sens, à mesure que la pression d'en bas, des citoyens, s'intensifiera. Que le niveau de conscience général s'élèvera, que les citoyens s'apercevront que l'on ne pourra sortir de la situation mondiale actuelle, avec son cortège de problèmes, que par un profond renouvellement de la vie politique.

PI. Certains pays d'Amérique du Sud ont élu des présidents qui semblent en phase avec leurs peuples. Quel impact cela a-t-il sur la politique internationale ?
JD. En Amérique du Sud, effectivement, il se passe quelque chose d'important. On y a vu apparaître sur la scène internationale des dirigeants à l'écoute des problèmes de leurs peuples et de l'humanité et qui sont résolus à y faire front. Ce n'est pas une tâche facile, mais je leur fais confiance. J'ai, à leur égard, la même attitude que j'avais avec Evo Morales, le premier président d'origine indienne de Bolivie. J'ai vécu la campagne électorale dans ce pays, j'ai été témoin de l'enthousiasme, des attentes de la population. Elle s'est donnée aujourd'hui un gouvernement radicalement différent des autres, et qui la représente vraiment. Il n'a plus rien à voir avec ces gouvernements capitalistes ou colonialistes, qui n'ont d'autre raison d'être que d'exploiter leurs peuples.
Je crois que ce mouvement de trans-formation va se poursuivre en Amérique du Sud, en dépit du climat international défavorable, de la sourde hostilité des institutions internationales (OMC, FMI, etc.), de la plupart des « grandes puissances ». Mais, je suis optimiste. Ces peuples se sont réveillés. Je crois que leur niveau de conscience est supérieur à celui de leurs voisins de l'hémisphère Nord. Ce qui augure bien des changements indispensables à notre système international actuel.

PI. Depuis quelques années, une autre superpuissance – celle de la voix des peuples – réclame justice, un peu partout sur la planète, notamment par d'immenses manifestations. Ce qui frappe, aussi, c'est l'absence des dirigeants. Comment donner forme à cette voix ?
JD. Cette question de « forme » ne me paraît pas prioritaire. Cette forme, en fait, peut varier en fonction des situations. L'essentiel, c'est que les peuples se réveilleront, et que leur niveau de conscience s'élèvera. Ils se satisfont déjà de moins en moins des systèmes politiques actuels, avec leurs institutions, leurs jeux partisans. Ils les forceront à changer. On peut, de plus, prévoir l'apparition spontanée, pour peu que nous le voulions vraiment, de mouvements informels, qui agiront de manière profonde sur les niveaux de conscience, national et général, et donc sur la situation mondiale. Etant spontanés, on ne peut naturellement pas prévoir les formes qu'ils prendront.




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Interview de d'Ed Tick par Lise Baker

Psychothérapeute spécialisé dans les troubles de stress post-traumatique liés à la guerre (TSPT), Ed Tick a fondé et dirige le Sanctuary : Center for mentoring the Soul (Sanctuaire : Centre d'accompagnement de l'âme), basé à Albany (New York). Il présente les grandes lignes de son travail à Partage international.

Partage international : Le titre de votre dernier ouvrage, War and the Soul : Healing pour Nation's Veterans from Post-Traumatic Stress Disorder (La guerre et l'âme : traitement des TSPT chez les anciens combattants) a de quoi surprendre. Comment en êtes-vous venu à vous occuper des blessures des vétérans ? Ces blessures sont-elles psychologiques, spirituelles, ou les deux à la fois ?
Ed Tick : Lorsqu'en 1979, j'ai commencé à m'occuper des anciens du Vietnam, je n'ai pas tardé à m'apercevoir que les blessures de la guerre, qui touchent non seulement le corps, mais aussi l'esprit et le cœur – ce que nous appelons, dans notre jargon, TSPT –, ne sont pas de simples syndromes de stress et d'angoisse. En réalité elles affectent l'ensemble de nos fonctions vitales, elles bouleversent nos perceptions et nos sentiments, notre façon de penser, d'aimer, de jouer, nos facultés d'imagination, de travail, de confiance, nos croyances et nos valeurs les plus profondes. Autant d'éléments que l'on a toujours considérés comme des caractéristiques essentielles de l'être humain, comme des attributs de son âme. C'est pourquoi ces troubles psychiques liés à la guerre atteignent le cœur même de notre identité, transforment notre conscience de soi ; ils constituent, en fait, une blessure de l'âme qui déforme nos éléments constitutifs les plus intimes.
Collégien, j'ai manifesté contre la guerre du Vietnam, et j'ai entamé ma carrière de psychothérapeute en 1975. Très vite, j'ai eu à traiter des vétérans. Un des slogans favoris de nos manifestations était : « Ramenez nos boys chez nous. » Un certain nombre d'entre eux n'ayant manifestement pas encore tout à fait quitté le champ de bataille, n'étant pas vraiment « rentrés chez eux », j'ai décidé de les y aider.
De tous temps, les jeunes hommes ont eu à se soumettre à des rites de passage à l'état adulte, sous forme de service à la société, souvent de nature militaire. Le service militaire moderne, en particulier tel qu'effectué au Vietnam et en Irak, faute d'avoir une dimension sacrée et positive, axée sur l'affirmation de la vie, ne saurait en constituer un.
En ce qui me concerne, j'accomplis mon rite à ma manière, un rite alternatif, en quelque sorte, en m'occupant des vétérans.

PI. Nombreux sont ceux qui espèrent que la guerre deviendra une chose du passé, et que le plus tôt sera le mieux. Nous avons été des millions, dans ce pays et dans le monde, à protester contre l'invasion de l'Irak en mars 2003. Pourtant, vous écrivez dans votre livre que, psychologiquement parlant, « nous avons un besoin impérieux de la guerre. Qu'elle nous met dans un état d'excitation, de dépendance, et que nous sommes fascinés par l'archétype du guerrier [...] Que la guerre est donneuse de sens... » A quoi renvoie ce « nous » ? Vous n'êtes pas vraiment encourageant !
ET. Si nous vivions sous le règne de la raison et de la compassion, la guerre serait obsolète depuis longtemps. Mais elle exerce une véritable emprise sur l'humanité, en particulier, mais pas exclusivement, sur la culture américaine, qui est une culture de violence. Elle nous stimule, nous possède, elle est un facteur d'unité, de cohésion et de direction pour les nations, spécialement quand elles connaissent des troubles intérieurs ou se sentent perdues, désorientées, comme c'est le cas des Etats-Unis aujourd'hui. La guerre fait appel à nos instincts les plus basiques, auxquels elle confère une force presque irrésistible. En outre, Jung a montré que l'archétype du guerrier est commun à l'ensemble des hommes, qu'il a besoin, dans une certaine mesure, d'être nourri et satisfait. Ces dimensions quasi universelles de la guerre apparaissent nettement dans la prévalence des divinités martiales dans la plupart des mythologies traditionnelles.
Tout cela indique que l'on ne saurait compter sur la seule raison, sur la politique, et notre capacité à tirer les leçons de l'Histoire pour mettre définitivement fin aux guerres. C'est pourquoi il nous faut travailler à intensifier l'évolution spirituelle de l'humanité, afin que, par l'union et la coopération de leurs fonctions supérieures – le cœur, le mental, l'esprit – les hommes soient à même de transcender la violence de leurs instincts.

PI. Pour Albert Einstein, « tuer à la guerre n'est ni plus ni moins qu'un meurtre ». Beaucoup partagent plus ou moins explicitement cette façon de penser. Entre-t-elle en jeu dans la formation des TSPT ?
ET. Absolument ! Mais la réaction aux combats varie beaucoup en fonction des individus, des guerres, de leur moralité, et des circonstances où se produit l'acte de tuer.
Les soldats peuvent avoir cette sensation d'être des assassins si leurs victimes sont des civils ou des prisonniers. Un pilote de bombardier américain de la Seconde Guerre mondiale ne s'est jamais remis d'avoir bombardé des cibles civiles. Un officier d'artillerie de la guerre du Vietnam a déclaré que, s'il n'avait aucun état d'âme lorsqu'il tuait des soldats, il avait par contre été terriblement traumatisé d'avoir tué des paysans ou détruit des villages.
Ce même sentiment d'être dans la peau d'un assassin peut naître également quand on ne croit pas aux raisons pour lesquelles on est censé se battre. C'est à l'évidence ce qui se passe aujourd'hui avec l'Irak, où les GIs savent qu'ils défendent une cause injuste et mensongère. Donner et ôter la vie sont des actes divins. On ne peut tout simplement pas prendre la vie sans des causes si indiscutablement justes qu'elles tiendraient devant un tribunal divin. Ce qui n'est pas le cas de conflits comme ceux du Vietnam ou de l'Irak. C'est pourquoi nombre de soldats en reviennent avec ce sentiment d'avoir du sang sur les mains. C'est une dimension importante de leur traumatisme moral et spirituel.

PI. Ce genre de stress post-traumatique est-il nécessairement lié à la guerre ? Quel type de soldat y est-il le plus exposé ? Le trouve-t-on chez les vainqueurs ? Dans quelle mesure le sacrement de la confession en protège-t-il les catholiques pratiquants ?
ET. Ces troubles psychiques ont toujours été liés à la guerre. Achille en a souffert, comme le montre l'Iliade d'Homère. Dans la Grèce antique, cela s'appelait le la folie meurtrière. Chez les Espagnols, la dépression. Durant la guerre civile américaine, « le cœur du soldat » ( ), et « commotion » pour la Seconde Guerre mondiale.
Le TSPT est plus répandu et plus sévère dans les guerres de grande ampleur, où les massacres et les destructions sont les plus spectaculaires et les plus nombreux. Les dommages psychologiques y excèdent de loin ceux infligés aux corps. Ce qui s'explique par la distance, l'impersonnalité, la brutalité de l'entraînement, les destructions technologiques à grande échelle, l'illégitimité des causes, l'incompétence ou la négligence de l'encadrement, qui les caractérisent.
Même les cultures premières de l'Amérique connaissaient ces conséquences traumatiques des combats. De nombreuses tribus avaient des rituels de « rapatriement des guerriers ». On y reconnaissait ces troubles, culturels et momentanés, et les communautés toutes entières participaient à leur solution. De la sorte, ils ne s'incrustaient pas dans le psychisme.
La psychiatrie militaire a essayé de détecter les soldats les plus susceptibles de ressentir ce genre de réaction et de les exclure. Comme les recrues trop jeunes, ou psychologiquement fragiles. Les seules personnalités à l'abri de ce genre de réaction sont les sociopathes.
Quant aux soldats catholiques, et à ceux qui ont à leur disposition des rites de confession et d'absolution, ils ne sont pas nécessairement moins affectés ; ils ont tout simplement des stratégies supplémentaires de soutien.
Le TSPT n'aurait pas eu moins d'impact aux Etats-Unis si on avait gagné la guerre du Vietnam. Comme l'a écrit William Sloane Coffin en 1968, « une guerre ne saurait être victorieuse si elle a des allures de défaite morale ». Et ce TSPT n'a jamais été aussi important que durant la guerre du Golfe où tant de soldats se sont sentis acteurs d'un mas-sacre unilatéral.

PI. Pourriez-vous donner un exemple du pouvoir thérapeutique du témoignage direct que vous avez utilisé durant ce que vous avez appelé les « retraites de réconciliation » ? Y a-t-il d'autres pistes de traitement pour les états de stress post-traumatique ?
ET. Lors des retraites de réconciliation, les participants racontent leurs histoires, écoutent celles des autres sans porter de jugement, et s'accordent pour reconnaître que toutes font partie de notre histoire commune. Nous faisons en sorte d'éviter que ces témoignages créent ou renforcent un sentiment d'isolement psychique, de renfermement sur soi-même ou sur un point de vue national. Lors de voyages au Vietnam, j'ai eu des Américains, des Canadiens, des Vietcongs, des Vietnamiens du Sud ou du Nord et des pacifistes dans le même groupe. Tous aiment et respectent ce que les uns et les autres ont à dire, et déclarent, comme l'ont fait des anciens Vietcongs : « Nous sommes tous des frères et des sœurs qui sont passés par le même enfer », et « les vétérans vietnamiens et américains se doivent protection mutuelle leur vie durant. »
Les anciens combattants ont aussi besoin de se purifier, de se laver. Il faut les aider à faire passer leurs sentiments de culpabilité et de responsabilité d'eux-mêmes à l'ensemble du pays, et à entrer dans une démarche de réconciliation et de réparation. Nous devons rendre ce que nous avons pris. Et créer une classe de soldats expérimentés et aguerris à même d'apporter à notre société leur sagesse et leur retenue, et aider nos vétérans à s'engager dans des formes de service et de vigilance permanente.

PI. Prendre en charge les traumatismes d'autant de gens doit être particulièrement lourd. Comment vous y prenez-vous ?
ET. Elie Wiesel a écrit : Archibal MacLeigh a parlé de Il n'est rien de plus difficile que de s'immerger dans l'univers de ce genre de traumatismes. Si notre culture met en scène la violence, elle ne prête pas vraiment attention aux récits qui en témoignent.
Je me sens comme une vocation profonde à être le témoin des vérités sombres et dures de l'existence humaine. Cela provient en partie de ma judéité, de son héritage de victime de l'oppression, en particulier de l'Holocauste. Cela vient également de ce que j'ai surmonté mes propres traumatismes et de ce que je suis devenu adulte au moment de la guerre du Vietnam.
Le traumatisme principal que l'on soigne s'accompagne la plupart du temps d'un autre, qu'on appelle « traumatisme secondaire », qui consiste en une vulnérabilité particulière à la surexposition des expériences d'autrui.
Notre nation a vécu le 11 septembre. J'ai personnellement passé des années de lutte difficile où j'ai vécu les cauchemars de batailles livrées par d'autres personnes, l'engloutissement de ma conscience par l'apocalypse. Mais ce furent des années où ma vision du monde a mûri. J'ai perdu mon innocence. J'ai appris à traverser l'enfer le cœur ouvert, à sentir avec mes survivants ce qu'ils avaient arrêté de sentir. Quand ils ressentent mes propres émotions tout au long de leurs récits, il leur est alors plus facile de réveiller leurs cœurs paralysés. C'est une tâche difficile, mais honorable, et nécessaire. Un voyage dans les bas-fonds.

PI. Dans votre livre « La Tortue d'or » (The Golden Tortoise), vous parlez de la faculté de pardon et de l'hospitalité des survivants vietnamiens. Comment expliquer cette attitude envers nos soldats ? Surtout quand on sait que cette guerre a été menée sur leur territoire et que c'est eux qui l'ont payée le plus cher ?
ET. Il semble que les Vietnamiens aient moins souffert des TSPT que les Américains, même si ce sont eux et leur environnement qui ont eu le plus à subir de la guerre. Pourquoi ? D'abord, du fait qu'ils défendaient leur pays, une cause juste et légitime s'il en est. Ensuite, parce qu'ils ont toujours fait la différence entre les hommes et les soldats, comme l'a déclaré un ancien combattant Vietcong : Tout au long de la guerre, Ho Chi Minh a pressé ses concitoyens de ne pas haïr les Américains, même s'ils les combattaient et les tuaient, et de considérer les eux aussi comme des victimes de ce conflit.
Enfin, le bouddhisme et le confucianisme leur fournissaient des stratégies spirituelles et sociales en mesure de préserver leur santé psychologique et spirituelle pendant et après la folie des guerres. Ainsi que le dit une de leur maxime : « En guerre, soyez en guerre ; en paix, soyez en paix ! » Leur grande question, c'était de savoir pourquoi les Amé-ricains mettaient si longtemps à se décider à rapatrier leurs soldats [...] Une sur-vivante du massacre de My Lai m'a déclaré qu'elle vivait pour rencontrer ces derniers et leur pardonner.
Les traditions confucéennes aident les Vietnamiens à trouver un rôle pour chacun de sorte que, dans leur société, les amputés de la guerre et les victimes de « l'agent orange » sont respectés et acceptés. La nôtre a beaucoup à apprendre de la leur.

PI. Vous organisez chaque année des voyages au Vietnam. Il semble que la culture et la spiritualité de ce peuple aient une influence positive sur nos traumatisés, vétérans et civils, qui continuent à entendre résonner dans leurs têtes le déclic de leurs gâchettes.
ET. J'organise ces voyages de réconciliation annuels depuis 2000. Ils ont une influence positive sur tous les participants, et pas seulement les vétérans. Par-mi ces derniers, certains ont pratiquement été guéris de leurs troubles en deux semaines, grâce à une atmosphère de pardon et de fraternité et en accomplissant un travail de réparation les soulageant de leur sentiment de culpabilité et leur montrant que la guerre était vraiment fi-nie et que la vie était en train de reprendre ses droits.
Aucun Américain n'en a vraiment fini avec ce pays, et c'est pourquoi tous sont concernés – concernés pour transformer une ancienne guerre douloureuse en une relation nouvelle et positive entre nos deux peuples.

PI. Pourriez-vous nous présenter en quelques mots le « Vietnam's War Remnant Museum », auparavant appelé Musée des Atrocités de la guerre américaine ?
ET. Les Vietnamiens ont changé le nom de ce musée par délicatesse. Il expose, chiffres et documents à l'appui, les horreurs de la guerre et ses suites ; notamment en présentant des photos, pour la plupart prises par des Américains et des correspondants étrangers – les plus impressionnantes étant peut-être celles montrant des victimes – hommes et terres – de « l'agent orange », dont deux fœtus. Aussi celles de journalistes tués, ainsi que de manifestations du mouvement anti-guerre avec des commentaires sur le soutien moral qu'il a apporté aux Vietnamiens. Des médailles, des casques[...], dons de GIs, accompagnés d'hommages et de demandes de pardon. Également des dessins d'enfants d'aujourd'hui.

PI. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la Santuary's International Friendship Foundation.
ET. Nous levons des fonds et soutenons des projets d'intervention thérapeutique dans quelques-unes des régions les plus troublées de la planète.
Nous avons financé au Vietnam un jardin d'enfants dans le delta du Mékong, un système de production d'eau chaude dans un centre de traitement des effets de « l'agent orange », des Foyers de compassion – destinés aux orphelins et aux handicapés de cette guerre, des projets de soutien scolaire, ainsi que de médecine d'urgence. Nous en prévoyons d'autres pour les orphelins du sida en Afrique du Sud.
Ce travail de réparation a un effet curatif sur tous ceux qui y participent. Au Vietnam, nos vétérans s'engagent à fond dans les régions qui étaient leurs anciens champs de bataille.
L'automne dernier, l'un d'eux, qui s'était battu à Da Nang, a fait don d'un de ces Foyers à la famille d'un ancien combattant du Vietcong, avec le sentiment de réintégrer l'humanité, dont il s'était senti en marge depuis qu'il avait tué, et de redevenir partie intégrante d'une communauté – la leur ! Ses troubles ont disparu durant son voyage. Nous pouvons donner un nouveau sens à la formule « œil pour œil », en faire non plus un appel à la revanche, mais à la restitution de ce que l'on a pris. C'est cet état d'esprit qui sous-tend notre International Frienship Fund. Nous pouvons contribuer à guérir des pays que nous avons blessés, et en guérissant les autres, nous nous guérissons nous-mêmes.
C'est ce que dit un vieux poème, inscrit sur le fronton d'une pagode bouddhiste de Marble Moutain [Da Nang]. Au cours de la guerre, cette montagne fut le siège d'un combat effroyable. Mais avant, et depuis, celui de la beauté et de la guérison :

Jamais en ce monde, la haine.
N'effacera la haine.
Car seul, l'amour est roi.
Telle est l'antique loi.






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