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Accueil > Revue Partage > année 2005

Extraits de la revue
Partage international

Novembre 2005 - N° 207

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue
    • Se réapproprier les biens communs par Mark Sommer


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faire le lien


  • Faits et prévisions


  • Regard sur le monde


  • Citation


  • La voix des peuples


  • Courrier des lecteurs


  • Interviews




L'article du Maître

Home La clé de l’avenir

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
C’est avec tristesse que nous voyons les hommes s’évertuer à résoudre leurs problèmes par les méthodes du passé. Ces problèmes sont nombreux, et concernent l’avenir autant que le présent. Dans l’ensemble ce sont des vestiges du passé, qui représentent un lourd fardeau pour les sociétés en plein essor du monde actuel. Perdus dans une guerre économique sans merci, les gouvernements cherchent par tous les moyens conventionnels à s’assurer sécurité et puissance, développement et innovation, stabilité au sein du changement. C’est une tâche impossible.
 
Il n’existe qu’une réponse à toutes leurs difficultés, qu’une solution à tous leurs problèmes, mais jusqu’ici aucun d’entre eux ne s’est risqué à prononcer, même à voix basse, le mot qui, d’un coup, les libérerait, eux et le monde. Qui, d’un seul coup, ferait entrer ce monde dans l’ère nouvelle de la droiture et de la vérité. Que ce mot retentisse, qu’il montre la voie de la nouvelle civilisation, de la nouvelle société ! Qu’il résonne de toutes parts ; et que l’homme réponde.
 
Le partage est la réponse.
 
Ce mot donne le ton de la vertu, de la vérité. C’est celui qui rassemble tous les hommes, et construit la fraternité humaine. Celui qui allège le cœur, et apporte le bonheur à tous. Ce mot est sage et généreux, il est rempli d’amour. Ce mot, « partage », est la clé de l’avenir.
 
Le partage est la réponse à tous les problèmes des hommes. Le partage est synonyme de divinité. Le partage permet à l’homme d’exprimer ce qu’il a de plus haut en lui, car il ouvre la porte à la confiance. Le partage amènera les hommes aux pieds de Dieu.
 
Quand les hommes apprendront à partager, ils connaîtront le sens de la vie. Quand les hommes partageront, ils se sentiront exaltés et aimeront ce qu’ils font. Par le partage les hommes retrouveront leur intégrité. Par le partage, les hommes seront un.
 
Le concept de partage est sans limites. Il apportera le salut à l’humanité.
 
Des paroles de vérité
 
Quand les hommes verront Maitreya, ils entendront ces paroles de vérité. Ils écouteront ses déclarations le cœur grand ouvert et, en réponse, demanderont la fin de la tyrannie et de l’injustice. Ils se rassembleront autour de lui, et il sera leur porte-parole. Bientôt, les hommes verront son visage. Bientôt, il présentera ses idées au monde, et mettra un terme à l’ère du passé.
 
Il est près des hommes aujourd’hui. On ne peut nier sa présence. Son amour imprègne tous les plans et met le changement à portée de main.
 
Sachez-le : sans l’aide de Maitreya, l’humanité est condamnée. Avec ferveur, nous attendons la réponse des hommes.
 

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Fusion à froid : clarification

Dans notre numéro de septembre, nous avons publié un article sur l'ITER, qui devrait permettre la production d'énergie via un processus de fusion thermonucléaire. Il semble qu'une certaine confusion règne parmi nos lecteurs au sujet de cette méthode de production de l'énergie. Nous voudrions insister sur le fait que, bien que les processus en œuvre dans ITER soient quelque peu plus respectueux de l'environnement et plus efficients, et qu'ils constituent un pas dans la bonne direction, ceux-ci ne correspondent pas au processus de fusion à froid que nous défendons depuis plusieurs années. Ce dernier procédé, qui est sûr et fournira une quantité illimitée d'énergie, ne constitue lui-même qu'une étape intermédiaire avant l'apparition de la Technologie de la Lumière qui permettra de satisfaire tous nos besoins énergétiques.

La rédaction





Signes des temps

Home Légende péruvienne

Source : www.enigmaperu.com

Chaque année en juin, des milliers de pèlerins se rendent au Mont Sinakra – un site glaciaire des Andes péruviennes dédié depuis longtemps aux esprits de l'eau – pour la fête d'El Señor de Qoyllur Rit'i (le Seigneur de la Brillante Etoile de la Montagne). Les pèlerins vénèrent le Soleil et les déités de la montagne sacrée – et fêtent le souvenir d'un enfant considéré comme le Christ.

En 1870, un jeune berger appelé Marianito Mayta, se trouvait sur la montagne sacrée d'Apu Ausangate lorsqu'il rencontra un enfant au teint très pâle. L'enfant semblait avoir froid et il demanda à Marianito de lui trouver des vêtements neufs. Marianito n'avait vu qu'à l'église des vêtements identiques à ceux que l'enfant portait. Il alla demander l'aide de l'évêque de Cuzco, mais l'histoire que lui raconta Marianito laissa l'évêque sceptique. Pensant que quelqu'un portait des vêtements volés à l'église, l'évêque fit suivre le jeune berger par un prêtre, d'abord jusqu'à Ausangate, puis au Mont Sinakra, où le jeune garçon fut soudain entouré d'une puissante lumière. Le prêtre essaya de saisir Marianito, mais celui-ci se transforma en arbre de Tayanca, avec l'image du Christ en agonie. A sa mort, Marianito fut enterré sous une pierre à l'endroit de l'apparition. Par la suite, l'image du Christ apparue sur la pierre.

Les pèlerins croient que l'eau des glaciers possède des propriétés curatives et recueillent de la glace pendant la fête.« Ils pensent qu'elle a des propriétés médicinales – comme une eau sacrée », explique Feri Coba, guide de montagne. 

Au cours des dernières années, en raison du changement climatique, le glacier a rapidement régressé et les pèlerins se sont vus refuser l'accès à l'eau de guérison. « Les glaciers étaient plus grands, a déclaré un pèlerin. Lorsque je suis venu ici pour la première fois, celui-ci descendait jusqu'à environ deux cent mètres plus bas. Dans quelques années, nous ne pourrons peut-être plus avoir de glace. » 

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l'enfant au teint pâle » apparu en 1870 était Maitreya et que l'eau du glacier avait des propriétés curatives.


Home Bénédiction de lumière à Marseille



Photographie prise durant le baptême de Brieuc, le petit-fils de L. C., à Marseille (France), en 2002, présentant une bénédiction lumineuse du Maître Jésus.




Home Bénédiction de Maitreya à la basilique San Vitale, à Ravenne

Bénédiction de Maitreya manifestée sous la forme de colonnes lumineuses, dans la basilique San Vitale, à Ravenne (Italie). Photo prise durant l'été 2005, envoyée par M. C. K. G., Richterwil (Suisse) 





Tendances

Home Approbation d'un plan d'annulation de la dette

Source : The New York Times, E.-U.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont approuvé un accord d'annulation de la dette des pays les plus pauvres du monde, à hauteur de 55 milliards de dollars. Cette décision vient entériner une proposition initiale des dirigeants des pays les plus industrialisés réunis en Ecosse lors du Sommet du G8 en juillet 2005.

Dès juillet 2006, dix-huit pays, principalement en Afrique, se verront libérés d'une dette d'environ 40 milliards de dollars, en principal et en intérêt, due à l'heure actuelle à la Banque mondiale, au FMI et à la Banque africaine de développement. Selon les critères d'éligibilité du plan, qui se sont avérés l'un des problèmes les plus difficiles à gérer, près de 35 pays pourraient finalement se qualifier pour une remise de 55 milliards de dollars. Les critères sont basés sur le revenu par tête d'habitant de chaque pays et la capacité de ces derniers à respecter les droits de l'homme et mettre en œuvre une politique économique et sociale convenable. Un gros obstacle a été résolu lorsque les nations du G8 ont promis de couvrir le coût de l'annulation de la dette et de ne pas réduire leur contribution à la Banque mondiale. « Cette annonce a amené un soulagement, mais le projet nécessite encore d'être étendu à d'autres pays », a déclaré un porte parole de l'ONG Action Aid International.




Home Bill Clinton réunit un Forum mondial d'initiatives

Source : Reuters ; www.abcnews.com

Un groupe de dirigeants influents réuni sous l'égide de Bill Clinton, ancien président des Etats-Unis, a alloué 1,25 milliard de dollars à la solution des problèmes les plus pressants du monde. Y participaient des chefs d'Etats, des hommes d'affaires, des économistes, des académiciens et des journalistes. Cette réunion non partisane qui coïncidait avec le sommet mondial organisé par l'Onu en septembre 2005, a centré ses objectifs sur les points suivants : réduction de la pauvreté ; utilisation des religions comme force de réconciliation et de résolution des conflits ; mise en œuvre de stratégies et technologies pour combattre le changement climatique ; renforcement de la gouvernance.

Les 1,25 milliard de dollars dégagés pendant ce forum proviennent d'environ 200 engagements fermes pris par les participants. A noter un engagement de 300 millions de dollars pris par un groupe financier d'assurances, la Swiss Re, en vue de démarrer un fonds d'investissement pour promouvoir les énergies propres en Europe. Un entrepreneur écossais, Sir Tom Hunter, a engagé 100 millions de dollars pour créer un modèle de développement durable dans un pays d'Afrique, en collaboration avec la Fondation Clinton. Un homme d'affaires soudanais, Mohamed Ibrahim, s'est déclaré prêt à donner 100 millions de dollars pour un fonds d'investissement africain. Le World Vision Group et la Global Business Coalition ont annoncé la création d'Impact VIH/sida, qui consacrera dix millions de dollars dans les cinq prochaines années pour soigner cette maladie grâce au développement de micro entreprises pour les femmes, les orphelins et les enfants vulnérables. D'autres engagements prévoient un plan d'installation d'un réseau de téléphonie mobile pour l'Etat palestinien émergent et un million de dollars au profit des enfants dans la bande de Gaza.

L'ex-président Clinton a déclaré prévoir un autre sommet l'année prochaine et espère que cela deviendra un événement annuel. Kofi Annan, secrétaire général de l'Onu, qui y participait, a déclaré : « Le Forum mondial d'initiatives a ceci d'important qu'il reconnaît que le changement requiert une action collective. »




Home Prix Nobel pour les adversaires de la prolifération nucléaire

Source : The Guardian, G.-B.

Le Prix Nobel de la paix 2005 a été attribué conjointement à l'Agence internationale à l'énergie atomique et son directeur général, le Dr Mohamed El Baradei, de nationalité égyptienne, âgé de 63 ans, « pour les efforts mis en œuvre afin d'éviter que l'énergie atomique ne soit utilisée à des fins militaires, et faire en sorte que ce type d'énergie, utilisée à des fins civiles, le soit de la manière la plus sécurisée possible ». Le Dr El Baradei a été qualifié de « courageux avocat » de la non prolifération nucléaire, et le travail de l'Agence défini comme étant d'une « incalculable importance ». Ce prix représente une reconnaissance internationale et un soutien fort utile à l'action de l'Agence, qui avait fait l'objet d'attaques à boulets rouges de la part de l'administration américaine, car elle contestait que l'Irak ait possédé des armes de destruction massive et se refusait à dénoncer sans preuve un supposé programme nucléaire de l'Irak.

Stein Tønnesson, directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo, décrit ce double prix comme une critique implicite des Etats-Unis. De son côté, Scott Ritter, ancien inspecteur chargé de contrôler les armements de l'Irak, a déclaré que ce prix confirmait que le Dr El Baradei était irréprochable et le mettait à l'abri de toutes ces attaques.

Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, replace ce prix dans le contexte du Sommet de l'Onu de septembre 2005. « Nous n'avons même pas été capables de nous mettre d'accord sur un seul paragraphe concernant la non-prolifération ou le désarmement, a-t-il déclaré. C'était une véritable catastrophe ! J'espère que ce prix nous réveillera tous. »

Le Dr El Baradei a déclaré aux journalistes : « Ce prix nous envoie un message très fort, à savoir : « Continuez de faire ce que vous faites – soyez impartiaux et intègres » et c'est ce que nous avons l'intention de faire. »

 




Home Un gouvernement mondial idéal

Source : BBC, G.-B.

La BBC a invité ses auditeurs à voter pour un gouvernement mondial idéal, en choisissant onze personnes parmi une centaine de dirigeants et personnalités de premier plan. Quinze mille personnes du monde entier ont participé à cette élection. Il ressort nettement de la liste qui suit que les dirigeants actuels brillent par leur absence. Ce sont dans l'ordre d'arrivée : 1. Nelson Mandela, 2. Bill Clinton, 3. le Dalaï Lama, 4. Noam Chomsky, 5. Alan Greenspan, 6. Bill Gates, 7. Steve Jobs, 8. l'Archevêque Desmond Tutu, 9. Richard Branson, 10. George Soros, 11. Kofi Annan. Le choix en quatrième position de Noam Chomsky, virulent critique de l'actuelle administration américaine, crée la surprise. Tony Blair ne figure pas dans le groupe des onze premiers. Il est arrivé douzième, suivi en treizième position par Aung San Suu Kyi, chef de l'opposition birmane et la mieux placée des femmes devant Hillary Clinton, qui remporte la seizième place. Le chanteur militant Bono du groupe U2 est arrivé quatorzième. Le président G. W. Bush est 43e, loin derrière Hugo Chavez 33e, et Fidel Castro 36e




Home Les astronomes découvrent une dixième planète

Source : Caltech, Etats-Unis

Des astronomes du Caltech à l'observatoire de Palomar ont découvert la 10e planète de notre système solaire. Celle-ci, qui porte le doux nom de 2003UB313, est plus grande que Pluton et se trouve à la périphérie du système solaire. Les astronomes du Caltech l'observent depuis 2003 mais elle est tellement éloignée que son orbite n'a pas pu être évaluée correctement jusqu'il y a peu. Récemment, on a également découvert que la planète numéro 10 possède un satellite. Les astronomes du Caltech affirment que cette 10e planète est éloignée de 97 unités astronomiques du soleil (une unité astronomique correspond à la distance moyenne entre le Soleil et la Terre) ce qui en fait l'objet le plus éloigné de notre système solaire. « Elle sera visible durant les 6 mois à venir. Actuellement, on peut la trouver tôt le matin, à l'Est, dans la constellation de la Baleine », a déclaré le Dr Mike Brown, professeur d'astronomie planétaire au Caltech.

Le nom des objets planétaires est fixé par l'Union astronomique internationale.

 





Les priorités de Maitreya

Home Sommet mondial à l'Onu

Source : The New York Times, E.-U.

Les 150 chefs d'Etat et de gouvernement qui se sont rencontrés au siège de l'Onu à New York, lors du Sommet mondial de septembre 2005, ont réaffirmé les objectifs de réduction de pauvreté mondiale, se sont mis d'accord sur une intervention internationale de prévention des génocides, et ont mis en place une nouvelle Commission de construction de la paix.

Les dirigeants qui ont participé à ces trois jours de travaux ont passé en revue les accords signés il y a cinq ans, lors du Sommet du millénaire. A cette époque, les dirigeants s'étaient engagés sur la Déclaration du millénaire, qui incluait les Objectifs de développement du millénaire visant à diviser par deux la pauvreté et la faim, réduire la mortalité maternelle et infantile, et accroître l'accès à la santé, à l'éducation, à l'eau potable et aux systèmes sanitaires d'ici 2015.

Lors du sommet 2005, nombre de dirigeants et de représentants d'ONG ont exprimé leur déception du fait que les délais et objectifs quantitatifs ont été largement éliminés du document final pour éviter les difficultés. Les éléments ôtés comprennent toutes les mentions aux désarmement et à la réforme du Conseil de sécurité de l'Onu, ainsi que les détails d'un plan de remplacement de la Commission des droits de l'homme, discréditée par un nouveau Conseil des droits de l'homme.

Ce Sommet a cependant obtenu certains succès, incluant le réengagement sur les Objectifs de développement du millénaire dans le document final – malgré une version ébauchée par les Etats-Unis supprimant la mention de ces objectifs.

Dans l'accord final, les dirigeants du monde ont accepté pour la première fois le principe de « responsabilité à protéger ». Ce principe charge la communauté internationale de la responsabilité de protéger les civils d'autres nations en cas de génocide, de crimes de guerre, de nettoyages ethniques et de crimes contre l'humanité, lorsque les gouvernements nationaux sont incapables de fournir eux-mêmes cette protection. Certaines questions liées à cette responsabilité restent sans réponse, telle celle de savoir le seuil à partir duquel l'intervention est nécessaire ou de savoir qui décide quand elle doit intervenir. Mais le secrétaire général de l'Onu, en s'adressant à l'Assemblée générale, a souligné l'importance de ce que les dirigeants ont convenu : « Excellences, vous serez priés de vous engager à agir si un autre massacre du Rwanda se produit. »

La mise en place de la nouvelle Commission de construction de la paix, organisme de conseil pour aider les nations à se sortir de la guerre, a été considéré comme une étape importante pour maintenir la paix dans les régions de conflits. Cette commission va aider à l'évaluation des besoins, créer des stratégies à long terme de reconstruction et de coordination de l'aide internationale et du financement. L'Onu joue déjà ce rôle, mais la nouvelle commission formalisera ce rôle et fournira un fonds de financement.

Le journaliste Nicholas Kristof, du New York Times, a rédigé une critique cinglante des dirigeants du monde présents à ce rassemblement : « C'est un fait qu'en dehors de quelques exceptions, présidents et premiers ministres assistant au sommet de l'Onu se déshonorent en prétendant aider les pauvres. En effet, les 500 personnes les plus riches du monde ont le même revenu que les 416 millions les plus pauvres. Le Rapport 2005 sur le développement humain, récemment publié par le Programme de développement de l'Onu, est bienheureusement non diplomatique dans son intention à dénoncer certaines situations – en visant à peu près tout le monde. Il note que les Etats-Unis et d'autres pays riches semblent réticents à verser les 7 milliards de dollars annuels pour la prochaine décennie, nécessaires pour fournir l'accès à l'eau potable à 2,6 milliards de personnes. Cet investissement épargnerait 4 000 vies par jour, pour un coût moindre que ce que les Européens dépensent en parfum ou les Américains en chirurgie esthétique. »

N. Kristof conclut : « Il est exaspérant de voir les dirigeants parader devant les caméras, alors que le rapport du Programme de développement de l'Onu affirme que « la promesse faite au monde pauvre n'a pas été tenue ». Ce rapport ajoute que vu la tendance actuelle en termes de mortalité infantile, le non respect des engagements pris par les leaders provoquera la mort de 41 millions d'enfants avant leurs 5 ans dans la prochaine décennie. Plutôt que de se pavaner, les leaders devraient s'excuser de faire durer un tel holocauste. »

 




Home Crise alimentaire au Malawi

Source : Reuters ; BBC

De nombreuses organisations d'aide humanitaire, dont le Programme alimentaire mondial de l'Onu, considèrent que la pénurie de nourriture a pris au Malawi une ampleur nationale et affecte au moins la moitié de la population. On estime à cinq millions le nombre de personnes à aider d'urgence. Ce petit pays coincé entre la Zambie, le Mozambique et la Tanzanie, subit actuellement les effets conjugués de la sécheresse et du virus du sida.

Le Programme alimentaire mondial réclame un accroissement significatif de l'aide pendant les six mois à venir. La récolte a été la pire de la décennie, alors que la population connaît déjà une sous-alimentation chronique depuis des années. Et, comme une personne sur sept est atteinte du sida, ceux qui s'occupent des exploitations agricoles sont souvent des personnes âgées – qui doivent également élever leurs petits-enfants orphelins – ou les enfants eux-mêmes. L'Onu réclame une aide de 88 millions de dollars pour surmonter la crise alimentaire du Malawi, mais, jusqu'à présent, les dons ne s'élèvent qu'à 15 millions de dollars.

Malheureusement, le Malawi n'est pas le seul pays africain à souffrir de pénurie alimentaire et même de famine. En Afrique méridionale, environ 12 millions de personnes – dont 8 dans les seuls pays voisins du Malawi et du Zimbabwe – ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Et, selon l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture, la situation ne peut qu'empirer jusqu'aux prochaines récoltes d'avril/mai 2006 si la communauté internationale ne s'engage pas à fournir les fonds et la nourriture nécessaires.

  




Home Condamnation du traitement infligé aux réfugiés africains

Source : The Guardian, G.-B.

Melilla et Ceuta, enclaves espagnoles sur la côte marocaine, commencent à s'imposer dans les consciences occidentales comme des symboles de « l'Europe fortifiée ». Cette impression est renforcée par les tentatives quotidiennes d'Africains prenant d'assaut les doubles clôtures de barbelés qui les séparent de ces enclaves – donc de l'Europe.

Ces Africains viennent de plusieurs pays frappés par la misère et souvent ravagés par la guerre, comme le Mali, le Gabon, le Cameroun – ces deux derniers étant des pays équatoriaux, ce qui signifie qu'ils ont traversé la moitié de l'Afrique et des déserts, pendant parfois trois ans – et ne parviennent au Maroc que pour essuyer des coups de fusil, se faire arrêter et rapatrier. Ou, pire, pour se voir abandonnés en plein désert.

Kofi Annan s'est inquiété du « sort très grave » des émigrants qui s'efforcent de pénétrer dans les enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta. En effet, selon certains rapports, on a tiré sur des gens qui essayaient d'escalader les clôtures barbelées encerclant Melilla. Par ailleurs, on a retrouvé des centaines d'émigrants abandonnés dans les zones désertiques les plus reculées.

K. Annan a également exhorté tous les gouvernements à contrôler plus efficacement les flux d'émigrants aux frontières.

« Tout en reconnaissant la nécessité légitime pour les gouvernements concernés de faire respecter les lois sur l'immigration, le secrétaire général les exhorte de ne pas agir de façon inhumaine », a déclaré le porte-parole de Kofi Annan.

Pour sa part, le Commissaire européen à l'aide humanitaire a déclaré : « Il est absolument scandaleux que des gens soient refoulés dans des zones du désert où il n'y a rien à manger ni à boire. »

Médecins sans frontière a dénoncé « l'expulsion de ces gens dans des régions où il est impossible de recevoir une aide médicale ou humanitaire » . Cette organisation a lancé une opération d'aide médicale d'urgence et distribue de l'eau, de la nourriture et des couvertures.




Home Partager les pertes

Source : NRC Handelsblad, Pays-Bas ; The Silent Takeover (2001) ; IOU

Le Dr Noreen Hertz, économiste et philosophe britannique, qui donne actuellement des conférences sur la politique économique mondiale à l'Ecole d'économie de l'Université d'Utrecht, a gagné une reconnaissance mondiale avec ses deux ouvrages : The Silent Takeover (2002) et IOU* : The Debt Threat and Why We Must Defuse It (2004). Dans le premier, elle décrit la privatisation graduelle du gaz, de l'eau, de l'électricité, des télécommunications, des chemins de fer, du pétrole et des banques dans l'Angleterre de M.Thatcher et durant la présidence de R. Reagan.

Le titre du récent discours inaugural du professeur Hertz à l'Université de Leiden (Pays-Bas) était : Mondialisation : Partager les pertes ou engranger les profits ?

N. Hertz voit le capitalisme comme le meilleur système pour créer de la richesse, mais rejette la notion de marché libre étant donné que les pays riches imposent de fortes taxes à l'importation sur les produits agricoles et textiles des pays pauvres : « Le marché libre n'existe que lorsqu'il profite aux pays riches. »

Voici quelques données citées par le Dr N. Hertz :

– 34 000 bébés et jeunes enfants meurent chaque jour à cause de la pauvreté ;

– un cinquième de la population mondiale possède quatre cinquièmes des richesses du monde ;

– les Américains dépensent chaque année 29 milliards de dollars en sucreries, tandis que l'Onu doit se battre pour atteindre son budget annuel de 1,25 milliard de dollars ;

– l'ensemble des pays africains remboursent chaque jour 30 millions de dollars d'intérêts ;

– en Afrique, 30 millions de personnes sont séropositives.

Dans son dernier ouvrage (IOU), elle expose le problème de la dette due aux pays riches par les pays en développement ; l'importance des taux d'intérêt sur les prêts implique qu'il ne reste plus d'argent à investir dans les écoles et les hôpitaux. Elle décrit comment, après la création de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays en développement ont été plus ou moins forcés d'accepter des prêts. Les dirigeants de ces pays ont alors acheté des armes à l'Occident, ou placé l'argent dans leurs propres comptes bancaires en Suisse. Pourquoi, demande N. Hertz, la population devrait-elle être obligée de continuer à payer pendant des décennies les dettes contractées par d'anciens dirigeants corrompus ? Lors de son discours inaugural, elle a mis en exergue le besoin urgent de justice dans un nouvel ordre mondial. N. Hertz s'est décrite elle-même comme une activiste et a lancé un appel passionné demandant à chacun d'agir : « Vous avez une voix. Profitez de ce moment, je vous en supplie, pour agir et sauver la vie de millions de gens. »


* IOU signifie I Owe You  -  Je vous dois, et est une abréviation anglaise courante pour le mot dette





Faire le lien

Home Les défis du 21e siècle

Source : Mission allemande des Nations unies ; www.germany-un.org

Extraits d’un discours prononcé par Joschka Fischer, ministre des Affaires étrangères allemand, lors du Sommet mondial des Nations unies de septembre 2005, en séance plénière de l’Assemblée générale.

« Dans le monde du 21e siècle, nous sommes presque journellement confrontés à de nouveaux dangers. Comment éviter les conflits dus à la limitation des ressources ? Comment préserver l’écosystème mondial ? Comment maîtriser l’écart croissant entre les riches et les pauvres ? Comment façonner la mondialisation ? Comment assurer des perspectives de développement pour tous ? Comment éviter un conflit mondial ?

La sécurité au 21e siècle nécessite par-dessus tout d’investir dans le développement, la démocratie et les droits de l’homme. Tous ces défis sont intimement liés. Ils constituent notre tâche fondamentale.

Les Objectifs du millénaire pour le développement sont la Magna Carta sociale de notre époque. Ils doivent guider notre action. Nous devons maintenant en faire des engagements. Nous ne pouvons accepter que plus d’un milliard de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour. Nous ne pouvons accepter une situation où 11 millions d’enfants meurent chaque année avant leur cinquième anniversaire.

Nous devons beaucoup renforcer les droits des femmes et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer que les femmes ont enfin d’égales opportunités dans l’éducation, l’enseignement technique et professionnel, et au travail. Nous devons nous assurer que la protection de l’environnement et les principes du développement durable deviennent les composants de la politique internationale.

Le développement est inextricablement lié à la protection du climat. Nous devons donc faire tout notre possible pour mettre en œuvre la Convention cadre sur les changements climatiques et continuer à développer le protocole de Kyoto. L’augmentation des désastres naturels nécessite que des actions vigoureuses soient décidées au niveau international.

Bien que j’apprécie la proposition du Sommet mondial de créer un Concile mondial des droits de l’homme, cela pose des questions sérieuses. Sans la protection universelle des droits de l’homme, sans la promotion de la démocratie et l’application de la loi, nous n’atteindrons pas le développement durable, et ne serons pas capables de garantir une paix durable et la stabilité. Nous devons donc faire notre possible pour que ce nouveau concile devienne un instrument puissant. L’équipe de négociation mise en place à cet effet devrait présenter ses propositions dès que possible, de préférence avant la fin de cette année. »




Home Jeffrey Sachs à la télévision néerlandaise

Source : Tegenlicht, VPRO TV, Pays-Bas

 Dans une longue interview, Jeffrey Sachs, économiste et écrivain, directeur du Projet du millénaire aux Nations unies, s'est montré critique à l'égard de l'attitude de l'administration américaine envers les Objectifs du millénaire et envers le problème de la pauvreté dans les pays en voie de développement en général.

« Vous avez ce phénomène remarquable du pays le plus riche au monde qui déclare : « Nous ne voulons être limités par aucun objectif artificiel. » Adopter une telle attitude relève de l'inconscience.

Je sais que les gouvernements du monde n'aiment pas brusquer les Etats-Unis, et leur approche est plutôt douce. C'est pour cette raison qu'un débat international sur le manque d'engagement des Etats-Unis à combattre la pauvreté dans le monde n'a jamais eu lieu. Selon mes estimations, plus de la moitié de l'énorme quantité d'argent qui manque pour financer ce qu'il y a à faire provient des engagements financiers non tenus par les Etats-Unis. Donc, plus de la moitié de ce qui aurait pu être fait dans le monde ne l'a pas été parce que les Etats-Unis se sont détournés de leurs engagements et des besoins du monde.

Comment puis-je me considérer comme un citoyen de ce pays alors que nous consacrons 5 % de notre Produit national brut, soit 5 milliards de dollars, à des dépenses militaires et 0,16 % à l'assistance au développement. Il faudrait au moins un tiers du budget militaire !

Les demandes du monde en voie de développement sont raisonnables et d'une nature remarquablement modeste et tout ce que demandent les pays les plus pauvres c'est juste une petite main tendue secourable, rien de révolutionnaire, rien qui ne renverse le système actuel. Le monde en développement demande seulement à ce qu'on l'aide suffisamment afin qu'il ait une chance de s'intégrer.

Le rêve de paix, de stabilité et d'un environnement protégé reste impossible si nous disons à des centaines de millions d'êtres humains d'aller au diable ! Lorsque nous disons : « Votre vie ne vaut même pas un dollar. »

Voici ce que dit le président des Etats-Unis à tous les autres pays : « Vous devez vous préoccuper de l'Amérique, de notre sécurité et de notre lutte contre le terrorisme » ; mais alors il dit implicitement : « Mais pourquoi dépenserions-nous un seul dollar pour vous ? »

C'est très étonnant ! C'est le manque d'empathie qui est le principal problème dans le monde. Pouvons-nous nous mettre à la place, voir quoi que ce soit à travers les yeux de ces personnes mourantes, appauvries et affamées et comprendre ainsi ce qu'elles pensent de nous ?

Voilà le président Bush qui dit : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Votre première préoccupation doit être la sécurité des Américains ». Et pourtant nous demandons : « Pourquoi devrait-on se préoccuper du sort des 8 millions d'entre vous qui meurent chaque année de pauvreté extrême ? »

Le président répond en fait à cette question dans de nombreux discours mais il ne prend pas les mesures nécessaires. Il dit que la pauvreté est un terrain propice à l'instabilité. C'est parfaitement clair. Lorsque les gens ont faim ils se battent, la violence prédomine et les gouvernements se font renverser. Même si les terroristes eux-mêmes ne sont pas pauvres, ils agissent au sein de sociétés touchées par la pauvreté. C'est là que vous pouvez implanter vos bases opérationnelles au sein de sociétés brisées, pas dans des sociétés confortables où règne l'ordre, mais dans des sociétés brisées où il n'y a plus d'espoir et où règne confusion et désordre.

Donc, si nous voulons donner un semblant de stabilité à ce monde, nous ferions mieux de prendre soin des autres. »

Lorsqu'on lui demanda s'il comptait encore sur les gouvernements pour trouver des solutions, J. Sachs répondit que son expérience lui avait appris que l'opinion du peuple était importante.

« Nous devons trouver les moyens d'agir individuellement, dans nos communautés, notre environnement professionnel et nos églises. Nous ne pouvons pas attendre les politiciens. Les politiciens suivent souvent le leadership qui vient d'individus, de communautés et d'entreprises.

Nous n'attendrons pas que le gouvernement américain se réveille pour agir. C'est nous qui allons agir, nous allons agir maintenant.

Le monde a besoin d'un mouvement et d'un engagement social à grande échelle auquel tout le monde puisse participer. Et cela arrive maintenant et ce mouvement prend de l'ampleur. Je prédis même que les gouvernements et les politiciens suivront.

En fin de compte, c'est à chacun de nous de trouver comment il peut participer efficacement à ce mouvement d'ampleur mondiale. C'est dans notre intérêt de participer et des choses merveilleuses vont s'accomplir afin de sauver les vies des personnes les plus vulnérables de cette planète.

Nous agirons, nous voyons cette action se dérouler maintenant. Par le leadership que nous pouvons tous manifester, je crois que nous entraînerons nos politiciens avec nous. »





Faits et prévisions

Home La fonte des glaciers : une menace pour l'avenir

Source : BBC News, Grande-Bretagne

« L'environnement deviendra la préoccupation majeure dans le monde entier. » [Maitreya, PI, juin 1989]

Selon de nombreux experts, le retrait des glaciers s'accélère dans le monde entier, menaçant la vie de millions de personnes dont l'approvisionnement en eau en dépend.

Les glaciers tropicaux d'Amérique du Sud subissent les effets d'El Niño. Le Pérou, pays qui possède le plus de glaciers tropicaux et où les températures sont très élevées, s'avère particulièrement vulnérable aux changements climatiques : les experts prévoient que tous les glaciers situés à moins de 5 500 mètres d'altitude auront disparu d'ici 2015. La majorité des habitants du Pérou habitent entre les Andes et la mer, une zone essentiellement désertique, qui dépend de l'eau provenant des glaciers pour l'agriculture, l'industrie et l'électricité hydraulique.

Marco Zapata, glaciologue à l'Institut des ressources nationales du Pérou, a vu 20 % des glaciers du pays disparaître en trente ans. « Il y a une apparente abondance d'eau dans ces montagnes ; durant la saison des pluies, il n'y a pas de problème mais durant la saison sèche, les glaciers constituent la seule source d'alimentation des rivières. Le retrait des glaciers est tellement rapide qu'il est possible que dans un délai très court, ceux-ci disparaissent et que des problèmes liés au manque d'eau surviennent pour les prochaines générations. »

Au Chili, le glacier San Rafael (qui fait partie du patrimoine mondial), a reculé de 10 kilomètres depuis la fin des années 1800 et d'un kilomètre depuis 1990. En Bolivie, les glaciers fournissent l'eau et l'électricité à 1,5 million de personnes dans les villes de La Paz et d'El Alto. La fonte des glaciers menace de perturber les conditions de vie dans la région.

Même les glaciers non tropicaux sont en retrait. Une étude menée en 2002 par des chercheurs américains a montré que les glaciers d'Alaska sont en retrait à un rythme beaucoup plus accéléré que ce que l'on pensait jusqu'à présent. L'eau provenant de leur fonte contribue de manière significative à la hausse du niveau des mers. Dans l'Himalaya, où se trouve la deuxième réserve d'eau de la planète après les glaces polaires, la fonte rapide des glaciers pourrait provoquer des inondations suivies de sécheresse. Les glaciers de l'Himalaya alimentent sept grands fleuves d'Asie (le Gange, L'Indus, le Brahmapoutre, le Mékong, le Thanlwin, le Yangtze et le Fleuve Jaune) alors qu'ils reculent de 10 à 15 mètres chaque année. Des centaines de millions de personnes en Chine et en Inde dépendent de cette eau et la plupart de ces gens vivent dans les plaines qui entourent ces rivières.

Oscar Paz, à la tête du Bureau du changement climatique en Bolivie, faisait part de ses préoccupations dès 2002 : « Les pays les plus vulnérables, comme la Bolivie, qui ne disposent pas de ressources pour faire face à ces problèmes, sont ceux qui ressentiront le plus les effets des changements climatiques. Les pays développés doivent contrôler les émissions de carbone mais aussi nous fournir des appuis financiers pour nous aider à nous adapter. »




Home Alaska : le changement climatique est flagrant

Source : San Francisco Chronicle, Etats-Unis

Depuis plus de vingt ans, les scientifiques de diverses disciplines s'efforcent de prouver les changements climatiques, passés et présents, en utilisant toutes les ressources de la technique. Ainsi opèrent-ils de profonds sondages dans la glace et mesurent-ils la qualité de la neige, de l'eau et de l'atmosphère. Mais les traditions orales et les témoignages des peuples originaires d'Alaska ont été peu recueillies. Ils constituent pourtant une source d'information particulièrement fiable sur les évolutions climatiques : quoi de plus crédible que les observations amassées par des gens dont la vie dépend des saisons et de leur environnement, et de la prise en compte des moindres changements dans le climat et les récoltes ?

Leurs observations ont convaincu ces peuples que le climat a changé, qu'il est devenu manifestement plus chaud, au point d'avoir bouleversé leurs anciens modes de vie. Barrow est la ville la plus septentrionale des Etats-Unis ; elle se situe à 500 km à l'intérieur du Cercle Polaire, et sa doyenne, Bertha Leavitt (92 ans), est dépositaire du savoir local sur l'environnement et les changements climatiques.

Elle se souvient des froids extrêmes de son enfance et de la férocité des vents d'hiver. Ses parents lui annonçaient que, d'après les légendes, le temps allait changer. Et elle croit, depuis cette époque, que leur prédiction s'est réalisée.

La comparaison de vieilles photos, prises il y a un siècle, avec des images récentes – qui montrent notamment un recul rapide des glaciers de cette région du monde – fournit la preuve incontestable du réchauffement général. On voit ainsi apparaître dans la toundra, sur les pentes escarpées et ravinées des Brooks Range (nord de l'Alaska) autrefois sans arbres, une nouvelle végétation, composée d'arbres et d'arbustes qui viennent à bout du permafrost qui, auparavant, congelait des hivers entiers l'ensemble de cette région. Matt Nolan et des collègues de l'Université de Fairbanks (Alaska) ont montré, photos à l'appui, la réalité de ces changements lors d'un congrès annuel de l'American Geophysical Union tenu à San Francisco. « On n'a pas besoin de la science pour le prouver, déclare-t-il. On a cette preuve indiscutable sous les yeux. »





Regard sur le monde

Home Les boucliers humains interdits en Israël

Source : CNN ; Reuters

La Cour suprême d'Israël a déclaré que la pratique consistant à utiliser des civils palestiniens comme boucliers humains était une « violation grave de la loi internationale ».

L'armée israélienne a souvent utilisé des Palestiniens comme boucliers au cours d'opérations d'arrestations.« Aucun civil ne devrait être rendu « volontaire » pour coopérer avec l'armée », a déclaré le juge Aharon Barak, un des trois juges en charge de cette affaire. Il a affirmé que l'armée devrait être tenue de laisser les habitants à l'écart de toute « zone d'hostilités ».

Le ministère de la Justice a assuré qu'il appliquerait cette décision, et de façon immédiate. La pratique des boucliers humains est devenue un problème au printemps 2002, lorsque l'armée israélienne a conduit une offensive de grande envergure en Cisjordanie, en réponse à une série d'attaques suicides par des militants palestiniens.L'affaire a été portée devant les tribunaux par des groupes palestiniens et israéliens d'activistes des droits de l'homme, qui ont cité comme exemple un incident filmé en 2004 montrant un garçon palestinien de 13 ans attaché à l'avant d'une jeep de l'armée au cours d'échauffourées impliquant des jeteurs de pierres palestiniens dans un village de Cisjordanie.

« Une décision de justice ne suffit pas. Il faut qu'elle soit appliquée de façon stricte », a déclaré Sarit Michaeli, porte-parole de B'Tselem, le principal groupe de surveillance des droits de l'homme en Israël, en ajoutant qu'il était essentiel que les autorités militaires informent chaque soldat de cette décision afin que tout comportement illégal soit éliminé.




Home Déclin du soutien à George Bush

Source : The Guardian, G.-B.

Le président Bush voit son second mandat submergé de problèmes. Sa popularité diminue, le soutien des Américains à la guerre en Irak n'a jamais été aussi bas, mais le plus important est qu'il doit maintenant faire face à des critiques de la droite conservatrice.

Selon un récent sondage de CBS News, seulement 26 % de la population pense que le pays est sur la bonne voie, et 68 % pense qu'il fait fausse route. La cote de G. Bush a chuté à son niveau le plus bas, avec seulement 37 % d'opinions favorables et 58 % qui désapprouvent son action. Sa gestion de la question irakienne ainsi que ses décisions en matière économique ne sont plus soutenues que par 32 % des Américains.

Les inquiétudes sur l'Irak, sur l'économie, l'explosion du prix de l'essence et la réaction incompétente du gouvernement à la catastrophe de l'ouragan Katrina ont miné la confiance de la population dans l'administration Bush, ce à quoi s'est ajouté une série de scandales impliquant des proches de la Maison Blanche. Depuis le début 2005, la base traditionnelle du soutien à G. Bush s'est érodée : les votants évangéliques ne sont plus que 33 % à approuver son action alors qu'ils étaient 49 % en janvier ; le soutien des républicains est passé de 57 % à 42 % ; le soutien des protestants de 36 % à 25 % et celui des Sudistes de 32 % à 22 %.

Selon James Thurbar, politologue à l'Université américaine : « Politiquement, la situation est grave pour le président. Si la base de son parti a perdu confiance, cela pourrait entraîner des problèmes pour son agenda politique et pour le parti en général. »




Home Les Britanniques plus tolérants que leur gouvernement

Source : Reuters

Venant étayer le fait que le gouvernement britannique s'éloigne de plus en plus des préoccupations du peuple, les résultats de sondages effectués après les attaques terroristes de Londres montrent qu'une majorité de Britanniques estime que la « diversité culturelle est une bonne chose pour la Grande-Bretagne ».

En août 2005, la BBC a diffusé les résultats d'un sondage d'opinion autour de la question de la diversité culturelle en Grande-Bretagne. Malgré les attaques terroristes de Londres, 68 % des personnes interrogées n'étaient pas d'accord lorsqu'on leur demanda si elles estimaient que « la politique de diversification culturelle en Grande-Bretagne était une erreur et devait être abandonnée ». Les résultats du sondage montrent également que le nombre de Britanniques qui estiment être victimes du racisme a chuté de 30 % en 2003 à 25 % à l'heure actuelle.

Ce sondage montre que dans son ensemble, 65 % de la population estime que le fait d'arrêter des personnes pour les fouiller à cause de leur appartenance raciale est inacceptable. 58 % des personnes interrogées pensent que l'interdiction de toute immigration vers la Grande-Bretagne est également inacceptable. Deux-tiers de la population (64 %) et de la communauté musulmane (66 %) rejette le nouveau système judiciaire, proposé par le gouvernement, visant à juger les délits terroristes sans faire appel à un jury.





Citation

Home Nouvel apartheid

par Archevêque Desmond Tutu

« Nous sommes aujourd'hui confrontés à un nouvel apartheid, mondial, où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. On ne peut soutenir un tel système. Notre tâche est de corriger la légalité de cette injustice et de façonner un nouveau système économique qui assurera un développement durable pour tous. Comme pendant l'apartheid, nous avons besoin d'un engagement responsable des nations riches pour que cela soit possible. »





La voix des peuples

Home De multiples manifestations pour la paix

Source : BBC News, Grande-Bretagne

Des centaines de milliers de personnes dans toute l'Amérique du Nord et l'Europe ont défilé dans les rues pour protester contre la guerre en Irak. Le 24 septembre 2005 a vu les plus grandes marches pour la paix depuis l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, il y a deux ans.

A Washington, des dizaines de milliers de personnes venant de tous les Etats-Unis ont défilé devant la Maison Blanche et devant le Monument de Washington. Cette action faisait partie d'une protestation de trois jours comprenant des actes non-violents de désobéissance civile à la Maison Blanche et un service religieux toutes croyances confondues. Les signes de protestation comprenaient des messages tels que : « Bush a menti, des milliers de personnes ont péri », « Aucun milliardaire n'est oublié, mais la vie d'un enfant ne vaut pas 10 cents », et « De l'Irak à la Nouvelle-Orléans : Financez les besoins du peuple, non la machine de guerre ».

« Je n'avais jamais fait cela auparavant, mais j'y suis, en uniforme, pensant que c'est la seule façon pour moi d'attirer l'attention de Bush, a déclaré le sergent Frank Cookinham de la Première Armée, vétéran de la Guerre du Golfe récemment rentré d'un deuxième séjour en Irak. Cette guerre n'a aucun sens. »

« Nous devons nous impliquer », a affirmé Erika McCroskey qui avait fait le voyage avec sa mère et sa sœur, afin de prendre part à sa première manifestation. Paul Rutherford, un autre manifestant, a raconté qu'il était un républicain soutenant encore le président Bush, sauf pour la guerre : « G. Bush doit rapatrier ses troupes et passer à autre chose.. » D'autres manifestations se sont déroulées à Los Angeles, San Francisco, San Diego, Seattle, Minneapolis et beaucoup d'autres villes des Etats-Unis. Les manifestations du 24 septembre ont démontré un ressentiment grandissant du peuple contre la guerre. Selon les sondages de septembre 2005, seuls 34 % des Américains pensent qu'ils peuvent gagner la guerre, seulement 32 % soutiennent G. Bush dans sa façon de conduire cette guerre, et 63 % sont en faveur d'un retrait total ou partiel des troupes américaines de l'Irak.

A Londres, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues, réclamant « La paix et la liberté », et demandant que le premier ministre T. Blair retire les troupes britanniques de l'Irak. Les manifestants portaient des bannières avec des slogans comme « Blair menteur », « Bush terroriste mondial n° 1 », « Plus de guerre, plus de bombes » et « Que nos troupes reviennent maintenant ».

« Assez c'est assez, a déclaré Lindsey German, de la Coalition pour stopper la guerre, organisatrice de la marche de Londres. Il est temps maintenant pour le peuple britannique, de descendre de nouveau dans la rue et d'être clair sur le fait que, cette fois, nous ne serons pas ignorés.»

Une manifestation se tint également à Paris. A Rome, des manifestants ont brandi des bannières et des drapeaux pour la paix devant l'ambassade des Etats-Unis. A Dublin, plusieurs centaines de personnes se sont déplacées pour une manifestation pacifique à l'aéroport Shannon.




Home Michael Moore à la Nouvelle-Orléans

Source : www.michaelmoore.com

Depuis le passage de l'ouragan Katrina, le réalisateur et activiste Michael Moore et son personnel travaillent à la Nouvelle-Orléans et sur la côte du Golfe du Mexique. En collaboration avec les Vétérans pour la Paix, son équipe dispense de l'aide grâce aux fonds apportés par de généreux donateurs.

Selon le site web de M. Moore, cette équipe a distribué plus de « 500 tonnes de nourriture, eau, vêtements, fournitures médicales, produits pour bébés, produits d'hygiène féminine, produits de soins, outils, ainsi qu'un bateau avec remorque pour atteindre ceux qui sont encore en zone inondée ». Le personnel de M. Moore estime que plus de « deux millions de dollars en dons, nourriture, eau et fournitures ont été envoyés et distribués, comprenant des articles comme des camions, des autobus, des tronçonneuses et des générateurs. »

La réaction de gens désirant aider et aptes à le faire a étonné l'équipe, qui a ajouté que des professionnels de la santé ont également joint leurs forces aux leurs, travaillant dans des unités mobiles afin de fournir des traitements, des actes médicaux et des fournitures de première urgence. « Nous avons joint nos efforts à ceux de SOS Katrina, une organisation qui a commencé en temps que coalition temporaire d'organisations communautaires pré-existantes, et qui fait un travail étonnant avec des bénévoles. »

M. Moore lui-même critique les autorités locales et nationales, faisant remarquer que, par contraste, les initiatives « indépendantes » pour procurer de l'aide fonctionnent très bien. Comme il dit : « Je n'ai besoin d'aucune autorisation et je ne suspend pas mon aide. »

Dans sa dernière lettre sur le web M. Moore écrit : « Plus tard, nous nous assurerons que Bush et Compagnie paieront pour leurs manquements. Mais, à l'heure actuelle, des centaines de milliers de personnes sont sans abri, affamées et en attente d'une aide médicale. Et nous avons tous la responsabilité de les aider. »




Home Immense manifestation à bicyclette

Source : www.indymedia.org

En septembre 2005, Budapest a vu se dérouler la plus grande manifestation jamais connue dans la ville hongroise : plus de 30 000 personnes ont manifesté contre le trafic des véhicules à moteur. Le mouvement « Critique de masse », né en 2004, avec 4 000 cyclistes, à l'occasion de la Journée mondiale sans voiture, avait déjà atteint 10 000 participants pour la manifestation d'avril 2005. Il est organisé par des groupes de messagers à bicyclette, les Jeunes Verts hongrois (Zofi) et le Groupe d'Action pour un air pur. Avec des estimations de participants variant entre 24 000 et 30 000 personnes pour la dernière manifestation, les autorités locales ne peuvent plus se permettre d'ignorer les demandes d'amélioration des voies de circulation pour bicyclettes.




Home Cindy Sheehan arrêtée

Source : Associated Press

En suivant l'immense marche pour la paix à Washington le 24 septembre 2005, Cindy Sheehan a été arrêtée aux abords de la Maison Blanche. C. Sheehan, dont le fils Casey a été tué en Irak en 2004 et qui a attiré l'attention du monde entier en manifestant devant le ranch du président Bush, au Texas, en août, était l'une des centaines de personnes à manifester autour de la Maison Blanche en scandant « Arrêtez la guerre maintenant ! »





Courrier des lecteurs

Home Un géant spirituel

Cher Monsieur,

A la fin du mois de juillet 2005, il y a eu une exposition du « Projet Maitreya » au musée d'ethnologie de Hambourg (Allemagne). Pendant cinq jours, des « perles » du Bouddha et d'autres lamas et moines hautement évolués, de différents pays d'Orient, ont été exposées. Ces reliques, ayant l'aspect de perles généralement blanches, sont trouvées dans les cendres après que le corps d'une personne hautement évoluée ait été incinéré. Une foule de gens étaient venus pour les voir. Le Projet Maitreya était présenté par la diffusion d'un film sur la statue du Bouddha Maitreya, haute de 153 m, qui doit être édifiée à Kushinagar, Uttar Pradesh (Inde), en 2012.

Notre groupe de trois personnes montait les escaliers pour voir le stupa avec la statue dorée de Maitreya et plusieurs boîtes contenant des perles. A mi-chemin, nous nous trouvâmes face à un grand nuage d'énergie qui nous fit monter les larmes aux yeux. Nous continuions à avancer lentement parmi les nombreux visiteurs, lorsque soudain un homme d'une trentaine d'années peut-être, mince avec des yeux extraordinaires, se tourna vers nous en demandant : « Pourriez-vous me dire de quoi il s'agit ? Je me suis senti fortement attiré ici, mais je ne sais vraiment pas pourquoi. »

Nous étions naturellement contents d'avoir l'opportunité de lui parler de l'Instructeur mondial, Maitreya, qui devient désormais de plus en plus présent et de mieux en mieux connu dans le monde occidental. Nous ajoutâmes qu'à notre avis cette grande statue de Maitreya est un symbole de l'époque nouvelle.

Il nous remercia et nous dit que maintenant il comprenait mieux – tandis que, fasciné, je le regardais dans les yeux : des yeux gris clair entourés d'un anneau gris foncé. Mais ce qui était beaucoup plus inhabituel, c'était l'expression de son regard un peu étonné et plein d'innocence.

Nous le perdîmes ensuite de vue. Environ une heure plus tard, nous nous reposions assis dans un coin, en profitant de l'énergie et en regardant la foule des visiteurs, lorsque nous vîmes le jeune homme, à genoux, ramper lentement et d'une manière très dévotionnelle vers le lama qui donnait des bénédictions.

De retour chez moi, je regardai une photographie sur le mur, montrant la tête de la statue dorée du Bouddha Maitreya au Tibet et je réalisai soudain que le Bouddha avait des yeux semblables à ceux du jeune homme : mais ils étaient bleus au lieu d'être gris.

Qui était l'homme que nous avons rencontré au musée ?

H. D., K. B., U. C., Hambourg, Allemagne

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que cet homme était Maitreya.


Home De la joie dans le TGV

   

Cher Monsieur,

En juin 2005, j'ai fait un voyage à Londres ( Angleterre ) avec mon amie Josy. Dans le TGV, près de Lille, un contrôleur monta dans notre voiture. Il sortit immédiatement une flamme de sa veste. Puis il commença à pratiquer des tours de magie avec des cartes et des bâtons télescopiques, et il gonfla des ballons qu'il transforma en différents animaux. Les passagers étaient étonnés et heureux. Il parlait à chacun, riait, échangeait des plaisanteries.

L'homme vint vers moi et me dit : « Vous devez travailler avec votre cœur. » Puis il dit à Josy : « En général vous servez les autres, aujourd'hui c'est mon tour de vous servir. » ( Josy m'avait dit peu de temps auparavant qu'elle se sentait très fatiguée).

Il continua ensuite son spectacle pour les autres passagers, fermant la bouche d'un homme avec un morceau de scotch en lui disant qu'il parlait trop, invitant une femme à changer de position car elle était mal assise.

Revenant vers nous, il déclara : « Tout est illusion, et ajouta, lorsqu'on le sait, la vie devient simple. » Il regarda Josy fixement pendant un long moment tout en créant un autre objet. Elle ne le regardait pas, mais espérait secrètement qu'il lui donnerait quelque chose. Il s'éloigna et discuta avec d'autres passagers, puis il revint et lui donna un ours en peluche portant un sucre d'orge.

Une femme coiffée d'un chapeau de feutre blanc vint vers moi et me demanda : « Que pensez-vous de tout cela ? » « C'est merveilleux », répondis-je. Elle insista : « Comprenez-vous réellement ce qui se passe ? » – «  Oui », dis-je, au bord des larmes.

Je pris quelques photographies, que je joins à ma lettre. Je me souviens encore de la délicatesse et de la beauté des mains du prestidigitateur. Elles me faisaient penser à la photographie de la main de Maitreya.

Avant de s'en aller il me dit : « Je reste avec vous. » Nous le rencontrâmes plus tard dans le compartiment bar. Il répéta qu'il était important de travailler avec son cœur : « Il est préférable d'avoir satisfait les passagers plutôt que de recevoir des lettres de réclamations. »

Je pense souvent à cette nécessité de travailler avec le cœur et j'essaie de mettre ce conseil en pratique depuis notre merveilleux voyage à Londres. En fait, je me sens plus sereine. Josy se sent également mieux et plus dynamique depuis cette rencontre.

Qui était cet homme ? La femme était-elle l'un des Maîtres ou un disciple ?

G. J., Lyon, France

Le Maître a indiqué que l'homme était Maitreya et la femme le Maître Jésus.


Home De la lumière qui soulage

Cher Monsieur,

En juillet 2005, j'ai participé à la rencontre annuelle des co-workers français dans le Jura. Pendant notre voyage j'ai montré à mon amie Rose-Marie les photographies du contrôleur. Nous étions cinq dans la voiture et Rose-Marie était assise près de moi. Je me sentais très fatiguée et j'avais des maux d'estomac.

Elle remarqua alors de la lumière qui se réfléchissait sur mon estomac et une belle croix sur mon bras. Après un moment de silence elle dit, citant Maitreya : « Quand deux personnes se réunissent en mon nom, je suis avec elles. »

Après avoir analysé le phénomène, nous réalisâmes que c'était la photographie, et non la vitre de la voiture, qui réfléchissait la lumière. Nous étions tous très impressionnés.

Je me sentis plus dynamique et mes maux d'estomac disparurent.

Ces reflets de lumière et la croix ont-ils un sens particulier ?

G. J., Lyon, France

Le Maître de B. Creme a indiqué que les reflets de lumière et la croix étaient le signe d'une bénédiction de Maitreya, mais n'avaient pas de sens particulier.


Home Un arc-en-ciel

Cher Monsieur,

Le 17 juillet 2004, je donnai une conférence dans une libraire à Trujillo Alto (Porto Rico), pour faire connaître la présence de Maitreya dans le monde et recommander les ouvrages de Benjamin Creme. Avant la conférence, un homme se leva derrière moi et dit : « Je sais qui est Maitreya. Maitreya est celui qui était en Jésus, en Palestine. » Surprise, je me retournai pour voir qui parlait. Je vis un homme d'environ cinquante-cinq ans, mesurant 1m75 et vêtu de manière décontractée. Il semblait être portoricain, mais avait un accent espagnol. Je lui dis que j'étais heureuse qu'il sache qui était Maitreya. Il resta pendant un petit moment à boire un café. Lorsque je commençai la conférence, je constatai qu'il n'était plus dans la librairie et je ne le revis pas.

A la fin de la conférence, lorsque les gens s'en allèrent, ils furent étonnés de voir un arc-en-ciel qui prenait naissance au-dessus de la librairie. Peu de temps après, l'arc-en-ciel disparut mais lorsque je suis sortie à mon tour, il est apparu de nouveau et mon mari l'a filmé.

Pourriez-vous me dire si cet homme était un Maître et si l'arc-en-ciel était autre chose qu'une simple coïncidence ?

T. M. S-G., Guaynabo, Porto Rico

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme était Maitreya et que c'était lui qui avait manifesté l'arc-en-ciel.


Home Guérison par procuration

Cher Monsieur,

Il y a quelques années j'avais une personne pour m'aider dans mes tâches ménagères. Son nom était Gordana et elle venait de Bosnie. Lorsque nous eûmes fait plus ample connaissance, elle me posa des questions sur la photographie de la « main »  de Maitreya et celle de Saï Baba que j'avais dans mon appartement. Je lui expliquai l'usage de la « main » de Maitreya et lui en donnai un exemplaire.

Dès qu'elle arriva chez elle, elle posa la photographie de sa mère sur la « main » et pria pour sa santé. Sa mère, Milja Savi, qui vivait en Bosnie, avait été renvoyée de l'hôpital avec le diagnostic de tumeurs malignes incurables. Trois mois plus tard, Gordana rendit visite à sa mère et constata que sa santé s'était beaucoup améliorée. Durant ces trois mois elle n'avait cessé de prier pour elle avec l'aide de la « main » de Maitreya. Elle ne l'avait jamais dit à sa mère. Au bout de trois autres mois, cette dernière alla passer un examen médical à l'hôpital, mais les médecins ne trouvèrent plus rien d'anormal. Ils ne pouvaient le croire et ils firent des examens complémentaires, mais la mère de Gordana était complètement guérie. Un autre mois s'écoula et elle fut capable de danser et de vivre comme si elle n'avait jamais été malade.

Lorsque Gordona me raconta ce qui s'était passé, je lui dis que c'était certainement l'œuvre de Maitreya. Maintenant nous nous demandons si c'est bien vrai.

D. F., Ljubljana, Slovénie

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que c'était un miracle de guérison accompli par Maitreya.


Home Le porte-drapeau

Cher Monsieur,

Le dimanche 2 octobre 2005, je passai une journée ensoleillée et venteuse à me promener dans Kew Gardens. Sur le chemin du retour, je commençai à ressasser les difficultés enracinées dans mes erreurs passées, et ma bonne humeur s'évanouit.

Soudain un jeune Noir, qui marchait beaucoup plus vite que moi, me dépassa en chantant. Il était vêtu d'orange de la tête aux pieds : un bonnet de laine orange foncé, une veste de la couleur orange vif d'une ceinture de sauvetage, un énorme sac à dos orange et des chaussures vernies d'un orange immaculé et brillant. Mais ce qui brillait le plus c'était son pantalon très ample : de soie ou de nylon d'un orange lumineux, avec de grandes poches rebondies et des fermetures éclair. Ce pantalon flottait dans le vent comme de gigantesques drapeaux de prière. Ce jeune homme brillait tellement que, par contraste, tout le reste paraissait monochrome.

Immédiatement l'idée de Maitreya me traversa l'esprit – mais toute personne à l'allure inhabituelle n'est pas nécessairement Maitreya, me dis-je. Un swami ? sûrement pas, beaucoup trop branché.

Il me laissa rapidement derrière lui et s'éloigna comme une flamme au-dessus de la couronne du Kew Bridge. Mais son éclat et son élan m'avaient remonté le moral, et je me surpris à penser que l'orange est la couleur du feu, de la renonciation, et que les swamis renoncent au passé pour entreprendre une vie nouvelle. L'idée que je devrais cesser de me torturer avec le passé et vivre le présent s'empara de moi.

A la rapidité où il allait, le jeune homme aurait dû être hors de vue, mais en quittant le pont, je vis qu'en fait il n'était pas si loin. Il s'arrêta au grand croisement. Il y avait beaucoup de monde, mais les passants ne faisaient pas attention à lui, et lui-même les ignorait. J'avais le sentiment qu'il m'attendait, et qu'il allait me parler.

Je ne m'étais pas trompée. Lorsque j'arrivai au croisement, il me demanda s'il y avait une station de métro dans les environs. « Il y en a une là-bas », dis-je, lui montrant Kew Bridge Station qui se trouvait à seulement 50 m de là. Il éclata de rire, me tapa joyeusement sur le bras en disant : « Alors c'est très bien ! » – une expression que j'utilise souvent. Agé d'à peine trente ans, il avait un visage ouvert, rayonnant, un soupçon de barbe et des yeux rieurs et pénétrants qui me réchauffaient le cœur. Je lui dis qu'il y avait une autre station de métro un peu plus loin, et il me répondit que du moment qu'il savait où se trouvait la première, tout allait pour le mieux. A ce moment là, les feux changèrent de couleur. « Prenez soin de vous ! », dit-il.« Vous aussi »,répondis-je et je traversai le croisement pour me diriger vers l'arrêt du bus.

Il me suivait lentement, s'arrêtant pour contempler des affiches posées sur une boutique fermée, faisant de la publicité pour un concert rock. « Les Derniers jours », annonçaient-elles, ce qui me fit penser à nouveau à Maitreya. En arrivant près de l'arrêt du bus, le jeune homme regardait droit devant lui et je pensais qu'il ne me remarquerait pas sous l'abri, mais, en passant devant, il tourna son regard éclatant vers moi et me fit un large sourire, comme s'il avait toujours su que j'étais là. La dernière image que j'eus de lui fut celle de son dos orange pendant qu'il descendait les marches de la station.

Ce jeune homme plein de vie était-il Maitreya ?

J. G., Londres, G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le « jeune homme » était effectivement Maitreya. Il n'était visible que pour notre correspondante.



Interviews

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Interview de Maggie Barankitse « l'Ange du Burundi » par Martine Dupont

    Le Burundi est un petit pays situé au cœur de l’Afrique des Grands Lacs – avec, pour voisins directs, le Rwanda, la Tanzanie et la République du Congo. C’est l’un des Etats du continent les plus ravagés par la pauvreté et les conflits. Ces derniers n’ont pas cessé depuis son indépendance en 1962. En 1993, lorsque Hutus et Tutsis se sont affrontés dans une guerre génocide, il en résulta 200 000 morts, 358 000 enfants ayant perdu un parent, 77 000 les deux. A ces orphelins de la guerre, il faut ajouter ceux du sida (230 000), et l’Unicef estime que 5 000 enfants vivent dans la rue.
C’est dans ce contexte que Maggie Barankitse a décidé de se lancer dans la protection des victimes de conflits dans son pays. Le Haut Commissariat aux réfugiés (Onu) lui a accordé en juin 2005 le Prix Nansen, sorte de Prix Nobel humanitaire, qui lui a été remis par la princesse Mathilde de Belgique et Wendy Chamberlin, représentant du Haut Commissaire.
     Martine Dupont l’a interviewé pour Partage international lors de son passage à Bruxelles à cette occasion.
 
Partage international : Vous avez reçu de nombreuses distinctions internationales. Comment avez-vous réagi ?
Maggie Barankitse : Je me suis sentie encouragée, et renforcée dans ma conviction que le mal n’aura jamais le dernier mot. Je me demande encore comment il est possible, alors qu’il y a des millions de gens qui les mériteraient, de voir ces prix attribués à quelqu’un qui travaille dans le fin fond de la jungle. Peut-être parce qu’il y a, dans le monde, des personnes qui aiment les gens ordinaires, et les enfants.
 
PI. Le pardon et vivre ensemble, constituent pour vous, les meilleures solutions aux problèmes ethniques qui ont plongé le Burundi dans la barbarie et d’indicibles souffrances...
MB. Maison Shalom [Maison de la Paix] a vu le jour au plus fort de la barbarie. On ne parviendra pas à établir une paix véritable et durable sans adopter une attitude d’ouverture authentique. Sans examiner concrètement comment guérir les blessures. Et cela passe inévitablement par le pardon, parce que la haine détruit les victimes si elles s’y accrochent. Il n’y a rien de plus destructeur, pour elles, que de ruminer sur ce qu’on leur a fait.
[L’ONG Maison Shalom est le premier foyer pour orphelins qu’a créé Maggie avec le soutien de l’Unicef. Voir Partage international, juin 2005.]
 
PI. Vous avez en préparation de nombreux projets de même nature. Pouvez-vous nous en présenter quelques-uns ?
MB. Nous nous sommes d’abord préoccupés d’assurer la protection des plus vulnérables, les enfants, les premières victimes des guerres. Nous avons voulu leur offrir un meilleur environnement social, ainsi que la protection, l’éducation, la santé et l’alimentation auxquelles ils avaient droit.
    Mais les enfants grandissent. Il fallait donc mettre en place un projet de long terme, le faire accepter par l’ensemble de la communauté pour qu’il atteigne toutes les couches de la société.
    Nous voulions réintégrer, dans la mesure du possible, les enfants dans leurs milieux familiaux, ce qui ne pouvait se faire qu’en plusieurs étapes : d’abord retrouver les familles, puis les aider. Nous avons même essayé de trouver des familles d’accueil. Et quant aux enfants pour lesquels ces démarches avaient échoué, nous les avons logés un peu en périphérie pour leur faire quitter le centre ville.
    Mais il fallait également leur apprendre peu à peu à se prendre eux-mêmes en mains. C’est pourquoi nous avons lancé un certain nombre de projets qui les mettraient en mesure de gagner leur vie, et ainsi de ne pas passer le reste de leur vie dans la mendicité.
    Ceux qui ne pouvaient plus rester à l’école ont ainsi appris des rudiments de métallurgie ; on les a initiés aux travaux agricoles et à l’élevage. Quant aux enfants des villes, on les a formés à des activités en rapport avec la mode, la confection, pour en faire des stylistes, ou des tailleurs. On a aussi créé des petits instituts de beauté.
    Mais il fallait inclure dans tous ces projets de formation une éducation à la paix, car la colère des Burundais porte principalement sur les conflits qui ont opposé les principaux groupes ethniques du pays. Nous avons lancé un projet de film pour leur donner une sorte de fenêtre sur le monde, leur permettre de se décrisper en relativisant le côté tragique de leur histoire – tout cela en favorisant le dialogue. Mais cela ne suffisait pas, car la guerre continuait, et nous avions toujours l’impression de simplement colmater les brèches.
    Outre les orphelins de la guerre, nous nous sommes occupés de ceux du sida. Mais comment prévenir un tel fléau ? Il fallait y sensibiliser les mères. Et d’abord aider à sortir de la pauvreté celles que la misère poussait à se prostituer. Elles n’auraient plus, dès lors, à faire le trottoir, et les enfants auraient plus de chances de rester avec leurs parents. Nous avons donc fait le tour des familles pour leur apprendre les moyens élémentaires de prévention contre le sida, et soigner ceux qui en étaient déjà affectés.
    Mon but premier n’est pas de recueillir des orphelins ; je veux que les enfants grandissent dans leurs familles. C’est pourquoi j’ai fait le tour des familles les plus vulnérables, pour essayer de garder les parents (séropositifs) en vie, afin que leurs enfants puissent rester avec eux. Nous les avons soutenus, fait en sorte qu’ils reçoivent les traitements appropriés et, si tout cela échouait, établi des contacts étroits avec les enfants. Ils étaient de la sorte moins traumatisés, nous considérant comme des amis de la famille.
    Nous avons une librairie, où ceux qui le veulent peuvent aussi s’initier à l’informatique et à l’anglais. Il y a aussi, gérées par la population locale, des coopératives, spécialisées dans la fabrication de savons et le travail du bois. Les enfants soldats ont eux aussi retrouvé une vie normale, tout comme leurs mères, qui combattaient avec eux. Nous nous efforçons d’aider au maximum – en particulier les plus fragiles, avec le but de les remettre sur pieds et de leur permettre de vivre dans la dignité.
 
PI. Pouvez-vous donner des exemples concrets de situations qui ont inspiré votre action ?
MB. Je vous en donnerai deux, qui concernent deux enfants. Justine était avec nous durant les violences de 1993. Elle avait assisté à l’assassinat particulièrement atroce de ses deux parents à l’âge de 10 ans. Sa petite sœur ayant été tuée et ses deux frères grièvement blessés à la tête, je l’ai prise avec moi. Elle est Hutue ; je suis Tutsi. Je lui dis : « Ce sont des Tutsis qui ont fait ça, mais c’est aussi une Tutsi qui a aujourd’hui pris ses distances avec cette situation ; nous pouvons donc vivre à nouveau ensemble. » Je me suis particulièrement occupée d’elle ; j’ai vu qu’elle m’aimait. A l’école, tout se passait bien, elle avait de bons résultats ; mais elle y rencontrait chaque fois les enfants des meurtriers de ses parents. Elle a pris contact avec l’un d’eux, un garçon, qui souffrait beaucoup de la savoir orpheline à cause de son propre père.
    Un jour, sur ma suggestion, Justine à été voir cet homme. Ils se sont parlé calmement et affectueusement, et, finalement, ce monsieur est venu nous demander pardon. Un jour, elle tint en public des propos inoubliables. « A Maison Shalom, a-t-elle dit, nous avons appris à pardonner, même à ceux qui ont tué nos parents, qui nous ont volé notre enfance, les propriétés de nos parents, qui nous ont piétinés et traumatisés. » Elle se tourna vers ce monsieur, s’adressa directement à lui, puis l’embrassa. Tout le monde était en larmes. C’était du vrai pardon. Et lui n’a pas eu honte de venir nous le demander. Ce que des enfants ont fait, pourquoi ne pouvons-nous le faire, nous aussi, les adultes ? Cet homme est mort l’an dernier, et Justine s’est occupée de lui et l’a veillé tout au long de ses derniers moments. Exemple de pardon d’une Hutu à un Tutsi ayant tué ses deux parents.
    Gloriosa avait 13 ans et demi. Elle était Tutsie. Un groupe de Hutus avait brûlé sa maison et assassiné ses parents et ses oncles. Faute d’avoir pu s’enfuir, elle et ses deux sœurs furent capturées, violées et séquestrées dans une maison. Jusqu’à ce que deux vieilles Hutues les enlèvent et me les amènent. Elle me raconta ce qui s’était passé, et je la conduisis à un gynécologue, qui la déclara enceinte. Je proposai de la faire avorter. Mais alors qu’elle était sur la table d’opération, la petite me dit : « Dois-je tuer moi aussi juste parce qu’ils ont tué ? » Le gynécologue m’informa que je serai responsable des suites de l’interruption de l’avortement, car l’accouchement pourrait s’avérer dangereux, voire mortel. La naissance avait été prévue pour le 15 septembre 1994 ; cela ne l’empêcha pas d’accoucher sans problème le 27 août. J’allais la voir à mon retour de la messe. J’avais beaucoup prié pour elle. Le bébé était né sans aucune intervention chirurgicale. J’ai vu dans cette naissance un miracle de sainte Monique, dont c’était la fête. Gloriosa a appelé son enfant « Enfant de la paix ». Elle l’aime. Elle est aujourd’hui mariée ; elle et son mari ont été en Tanzanie voir les gens qui avaient tué sa famille et l’avait violée. Elle leur a pardonné. C’est merveilleux. Elle est mariée à un Tutsi, un soldat, et a l’enfant de rebelles hutus. Monica (l’enfant de la paix) a maintenant un petit frère, Christian.
    La vie m’a montré que le pardon est possible, et qu’il libère. On ne peut se libérer d’une offense tant qu’on refuse d’en parler, elle devient un véritable poids. C’est ainsi que nous apprenons chaque jour à créer une société en paix – par la réconciliation, la coopération, les visites mutuelles, et même la danse. Nous allons parfois voir un groupe de rebelles ; nous prenons des tambours et dansons dans la forêt, même si l’on a parfois essayé de nous en empêcher. Nous sommes devenus amis. Ils commencent à comprendre que nous en sommes arrivés au moment du dialogue.
    Certains se sont rendus à Arusha (ville de la Tanzanie voisine, où se tiennent des rencontres pour la paix) avec de grandes théories politiques. Nous, nous sommes venus avec notre cœur, sachant que même si quelqu’un a tué, il reste notre frère. Il ou elle ne pourra jamais perdre ce titre de frère ou de sœur, c’est pourquoi il faut les considérer comme tels. Et quel changement cela amènerait dans le monde !
 
PI. D’où tirez-vous votre force et votre courage ?
MB. D’abord, d’un sentiment de révolte. Je ne peux supporter la brutalité. Mon éducation chrétienne m’a appris que l’autre est avant tout notre frère, notre sœur. C’était, à la maison, la toile de fond de toutes nos activités. Ma mère était veuve avec quatre enfants, mais sa porte était toujours ouverte ; tout le monde était le bienvenu. Si un enfant hutu venait, elle lui donnait à manger. Elle disait toujours que nous n’avons qu’un seul titre : celui d’enfant de Dieu. Cela ne correspondait pas à ce que je voyais à l’école, et je pensais que ma mère se trompait.
    Mais plus tard, lorsque je fus témoin des bains de sang, j’ai entendu une petite voix me souffler que je ne pouvais tout simplement pas laisser les cadavres où ils étaient, qu’il me fallait faire tout ce que je pouvais pour protéger les enfants, et tenir bon. Je pleurais amèrement, hurlais de rage ; puis, lorsque je constatais que les sept enfants que j’avais eus avant la guerre étaient sains et saufs, ce fut pour moi un signe du ciel pour aller de l’avant, pour dire à mes frères et sœurs burundais que la paix était encore possible dans ce merveilleux pays.
    Je commençais alors à prier pour demander la force nécessaire. Je passais beaucoup de temps en contemplation silencieuse. Je répétais tout au long des jours la même prière. Je n’avais pas vraiment de programme, et chaque fois que je voyais quelqu’un souffrir, je laissais tout en plan pour aller l’aider, même s’il fallait parcourir de longues distances. Je me sens de plus en plus libre. Je peux même annuler ma participation à une importante conférence internationale si une mère malade du sida a besoin de mon aide.
    Quand je dis au Seigneur : « Fais éclater tes miracles et ne me laisse pas les garder pour moi », il me les révèle à tout moment, chaque fois que c’est nécessaire. Je vis dans le présent. Je ne suis pas femme à m’attacher aux grands principes – ce sont les petits détails de la vie qui lui confèrent sa beauté. J’accueille un ministre de la même manière qu’une prostituée ou un évêque. Je peux vivre dans une maison, je peux vivre dans la rue pour écouter les enfants errants, m’asseoir avec eux. Mon attitude est toujours la même, que je sois avec une princesse ou des enfants. Je tire mon énergie de la prière. Je m’adresse à Dieu à chaque moment important, avant de donner une conférence importante devant un vaste auditoire, par exemple, pour lui demander de m’enseigner ce qu’il voudrait que je dise. Je ne prépare rien à l’avance. Je suis ainsi sûre que rien ne pourra me troubler.
    J’écoute avec attention les conseils des amis, mais j’accorde la priorité à ma voix intérieure. Elle seule me dit ce qu’il faut penser d’une situation. Toute la richesse dont nous pouvons rêver se trouve en nous-mêmes ; c’est pourquoi c’est là qu’il faut d’abord aller pour trouver de l’énergie – parce que cet endroit est intimement connecté avec Celui qui nous donne la vie, qu’on l’appelle l’Absolu, Dieu, Allah ou Jéhovah. Je sais qu’il est toujours là ; qu’il nous guide sur notre chemin et nous empêche de faire des faux pas.
 
PI. Quand vous dites : « Je sais, au plus profond de mon cœur, que le mal n’aura jamais le dernier mot », je sens votre conviction, mais aussi de l’optimisme. D’où vous vient cet optimisme ? De ce que vous priez tous les jours, de vos enfants, d’ailleurs ?
MB. Je suis convaincue qu’il y a quelqu’un qui porte le monde. Regardez les livres d’Histoire, ce n’est pas le mal qui a triomphé. Prenez la Seconde Guerre mondiale et ses bombardements. Regardez l’Europe, aujourd’hui : il n’y a plus de traces des bombes, la reconstruction a été possible ; il y a eu des gens de bonne volonté.
    Mes intuitions personnelles sont un don accordé par une main divine. Je ne parviens pas à comprendre comment j’ai pu survivre ces douze dernières années de cette horrible guerre. Je me suis trouvée en pleins bombardements sans une égratignure. Même dans l’avion de la Sabena, où on a essuyé six tirs, j’étais assise au milieu et personne n’a été tué. Et les enfants que j’ai retirés de la rue, comment ont-ils été guéris ? Comment ai-je réussi à nourrir 10 000 enfants sans rentrées d’argent, sans rien du tout ? J’ai reçu de l’aide d’un peu partout dans le monde. Un chèque arrivait alors qu’il nous restait tout juste un biberon. Cela montre quelque chose, mais je ne sais pas comment l’exprimer.
    Quand je vois des gens qui se sentent abattus, je voudrais leur conseiller de cesser de se sentir tristes, car la vie est un miracle, qui a toujours des surprises en réserve pour nous. Il n’y a jamais d’événement qui puisse nous jeter dans la confusion ou nous amener au bord du suicide. Je n’ai jamais compris comment l’on pouvait perdre la volonté de vivre, se laisser mourir sans rien faire. Il y a toujours quelque chose, même dans les situations les plus sombres. J’ai une foi absolue, glorieuse dans la bonté de Dieu. Mais je ne suis pas naïve, je vais travailler, j’y vais dans un instant. Je ne me dis pas : « Maggie, détends-toi, et Dieu s’occupera de tout. » Chaque matin, on se demande comment on va survivre.
 
PI. Vous dites : « Je voulais montrer aux gens de mon peuple que nous pouvions vivre dans l’harmonie, la justice et l’amour. » Pourriez-vous préciser ?
MB. Oui. C’est l’injustice sociale qui nous a plongés dans la guerre. Aussi longtemps qu’une grande partie de la population ne participera pas au gouvernement du pays qui est son héritage légitime, les gens se révolteront. Il faut donc les associer à l’exercice des responsabilités politiques. C’est la seule façon de réconcilier ces deux mots, justice et amour. Vous ne pouvez pas dire : « Nous nous aimons les uns les autres, et nous sommes injustes, nous allons appliquer la justice. » Non. Ce qu’il faut d’abord dire, c’est : « Je suis juste, parce que j’aime cette personne ».
    Pourquoi cela ne marche-t-il pas, y compris dans des organisations comme les Nations unies ? Le véritable objectif, c’est l’être humain, c’est le remettre sur ses pieds, le respecter dans sa culture et sa dignité. On n’a même jamais demandé aux pauvres ce dont ils avaient besoin. Ces organisations d’aide viennent, leur donnent de minces tentes en plastique, leur distribuent des bricoles, et s’étonnent que tout ne se passe pas comme elles l’auraient souhaité, que ces bricoles soient vendues !
    Tout cela vient de ce qu’elles n’ont pas considéré ces gens comme des frères. Elles se sont réunies à New York pour échafauder des plans impressionnants, et elles n’en reviennent pas de constater que la pauvreté continue. Elles ont tout simplement oublié de voir avant tout en chacun de ces pauvres leur frère, leur enfant, leur sœur. Comment nous comportons-nous ? Comment voyons-nous telle personne, comment l’aimons-nous ? C’est en agissant ainsi qu’on pourra changer le monde. Je plaisante un peu, parce que moi aussi, j’écris sur les objectifs à atteindre, les moyens d’y parvenir ; mais cela ne relève que d’une partie du corps. Il faut aussi se servir du cœur, et aimer.
 
PI. Pouvez-vous nous dire dans quelle mesure les projets de Maison Shalom ont changé la vie de ceux qui y participent ?
MB. Je vous parlerai de ceux qui sont salariés, qui nous ont rejoints parce qu’ils avaient besoin d’un emploi. Plus ils passent de temps avec les enfants, et plus ils se sentent engagés dans nos projets. Nous travaillons 24 heures sur 24 et je n’ai jamais entendu quelqu’un se plaindre ou ne pas faire son maximum. Par exemple, une jeune femme qui était sur le point d’accoucher : je lui avais donné son « congé maternité », mais elle a voulu continuer à travailler. Ou un malade du sida, qui refusait de prendre un congé maladie : « Si je reste chez moi, je ne me sens pas bien ; mais quand je viens ici, j’arrête de penser à mes problèmes. » Il existe un merveilleux sentiment de camaraderie, un puissant climat d’amour, de partage et de co-responsabilité.
 
PI. On sent chez vous de la colère quand vous parlez du problème du sida.
MB. Il y a trois injustices commises envers ceux qui sont frappés par le sida qui me rendent furieuse.
    La Banque mondiale donne beaucoup d’argent pour la lutte contre ce fléau. Mais au lieu de profiter à ceux qui en ont directement besoin, cet argent va en majeure partie aux transports, à la logistique, de sorte qu’ils n’en reçoivent que des miettes.
    Imaginez qu’un enfant ait déjà assisté à la dégradation physique de ses parents, avec tout le traumatisme que cela comporte. Puis qu’il tombe malade à son tour ; il n’y peut strictement rien. Un adulte n’a peut-être pas pris suffisamment de précautions. Mais le bébé est né avec cette maladie, il ou elle sera stigmatisé à l’école, discriminé plus tard, souvent malade et privé de l’amour de ses parents pour le soutenir. Rejeté par ses oncles et tantes, il finira dans un centre, où il sera soigné par des gens de bonne volonté. Il souffrira, pour des raisons totalement injustes, et c’est cela qui me met en colère. Les parents devraient faire plus attention, se faire examiner pour éviter autant que faire se peut de mettre au monde un enfant malade. C’est de voir de telles injustices perpétrées contre des enfants qui me rend furieuse.
    On impute aussi l’extension du sida à l’insuffisance de médicaments. Mais les pharmacies ici, en Europe, pourraient en fournir assez pour ces enfants. Il est aujourd’hui possible d’empêcher la transmission du virus de la mère au bébé. Ce qui me met en rage, c’est de voir l’hypocrisie internationale, l’hypocrisie nationale. Les familles abandonnent leurs enfants, et ce sera à moi de les enterrer un jour. J’en ai l’estomac tout retourné. C’est la seule chose que je ne puisse accepter. Face à une guerre, je peux imaginer des solutions, mais avec le sida, je ne sais pas à quelle porte frapper.
    Il y a aussi de nombreux enfants qui meurent de faim, alors que d’autres décèdent d’avoir trop mangé. On jette de la nourriture dans la mer, parce que les récoltes trop abondantes risqueraient de déséquilibrer l’économie mondiale. C’est une honte pour l’humanité : les hommes forment une seule famille. Et que voyons-nous ? C’est une honte de consacrer tant d’argent aux armements, alors qu’on pourrait l’utiliser à améliorer la qualité de la vie. Comme je l’ai dit, le mal n’aura jamais le dernier mot.
     Il faut procéder par petites étapes, semer des bonnes actions les unes après les autres, pour ne pas soulever de révoltes. Ainsi que l’a exprimé d’une manière si magnifique Mère Theresa : « Mieux vaut allumer une chandelle que d’injurier l’obscurité. Celle-ci reculera dès que l’on aura commencé. »
 
PI. La communauté internationale est-elle suffisamment consciente des problèmes du Burundi, et en particulier de vos enfants ?
MB. Elle en ignore tout. Sauf la Belgique, dont nous sommes une ancienne colonie. Car alors, comment expliquer que le Burundi ne figure même pas sur la liste des 18 pays dont la dette a été effacée, alors qu’il fait partie des plus pauvres ? Il n’intéresse tout simplement pas la communauté internationale, car il n’a ni pétrole, ni diamant, ni cobalt.
    Pourquoi ne pas effacer cette dette ? C’est tellement injuste : le pays compte plus de 700 000 orphelins, que ce soit du fait de la guerre ou du sida. Je crois que si les enfants du Sud souffrent, les parents du Nord doivent se réveiller et dire : « Ce sont nos enfants. » Les gouvernements ne s’intéressent pas à ces orphelins. Vous êtes leurs seuls parents. Leurs mères, c’est chacun d’entre nous, que nous soyons du Nord ou du Sud. Mais qui pleure ? Je représente toutes ces mères qui vivent dans la pauvreté.
    Il y a assez d’argent dans le monde. 80 % des ressources naturelles de la planète se trouvent dans les pays du Nord ; nous autres, gens du Sud, devons nous partager les 20 % restant. L’écart est énorme. Il faut un minimum pour vivre ; il faut un minimum pour vivre dans la dignité. Il y a des gens qui n’ont même pas un dollar par an.
    Cela doit changer. Comment ? Dans la vie de tous les jours, dans tout ce que nous faisons, nous pouvons apporter notre pierre au changement. Cela ne demande pas de capacités extraordinaires. Nous pouvons donner de notre temps, de notre amour ; et l’amour étant inventif, nous pouvons sécher les larmes de quelqu’un, nous asseoir à côté d’un sans-logis, lui donner un peu de notre temps, de notre chaleur. Nous pouvons lui donner l’opportunité de se tenir sur ses propres pieds, de savoir qu’il est notre frère. Ce ne sont pas là des choses ambitieuses. Je ne possédais rien, mais je possédais ce qu’il y avait de plus important – un cœur. Les enfants n’ont pas vraiment besoin de jouets. Ils veulent seulement se sentir aimés, et cela, nous pouvons le faire ; l’amour n’a pas de limites. Soyons heureux, rayonnants de la gloire de Dieu, les gens n’en demandent pas plus.
 
PI. Quelles sont vos priorités ?
MB. Le plus grand trésor que nous ayons, c’est l’être humain. C’est donc lui qui est, pour moi, la priorité. La personne doit vivre. Quel qu’en soit le prix, nous devons faire en sorte que ceux qui nous entourent vivent dans la dignité. Ce n’est pas possible quand on meurt de faim, qu’on est le prisonnier impuissant d’une situation. Quand on n’a pas accès aux soins médicaux, qu’on ne peut pas aller à l’école. C’est pourquoi il faut veiller à ce que chacune des personnes qui nous entourent puisse vivre dans la dignité.
     Le plus grand trésor, à Maison Shalom, ce ne sont pas les bâtiments – ce sont les enfants, les gens.




Home Le rôle de la religion

Interview de swami Nirliptananda par Felicity Eliot

Nirliptananda est l’un des swami de la communauté indo-pakistanaise de Londres les plus profondément familiarisés avec les enseignements de Maitreya. Lors d’une récente visite aux Pays-Bas, il a gracieusement accepté de répondre aux questions de Partage international. (Voir aussi nos numéros de septembre et octobre 2004).
 
Partage international : Swami, quelles réflexions vous inspire l’état du monde aujourd’hui ?
Swami Nirliptananda : La situation actuelle, l’état dans lequel se trouve le monde aujourd’hui, peut donner quelques inquiétudes quant à l’avenir. Certains se demandent, pour des raisons bien compréhensibles, ce que celui-ci nous réserve, car si les choses suivent leur cours, l’horizon paraît bien sombre. Pendant des millénaires, nous nous sommes efforcés de nous construire un monde selon nos souhaits, et maintenant que nous avons atteint un niveau de réalisation matériel et technologique qui pourrait constituer un énorme avantage pour l’humanité, nous nous retrouvons, pour ainsi dire, devant un mur.
 
PI. Qu’est-ce qui nous a amenés à cette situation ?
SN. Fondamentalement, je crois que c’est la cupidité de l’homme – sa soif de possession, son égoïsme et sa sottise, son désir insensé de domination totale, non seulement des autres, mais même de son environnement – en fait, de la nature même. C’est cette pulsion dominatrice qui est la cause fondamentale de notre situation actuelle.
    Il y a un problème aujourd’hui, un problème qui commence à retenir sérieusement notre attention, c’est notre exploitation de l’environnement et ses effets catastrophiques sur le climat, les désastres de toutes sortes qui surviennent. Nous essayons de « faire avec » et commençons à prendre au sérieux les conséquences de nos actes sur la nature. Mais le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est totalement différent – un problème que nous n’avons jamais connu jusqu’à maintenant. Nous avons eu des guerres, mais celle que nous menons actuellement n’est pas dirigée contre des ennemis – mais contre nous-mêmes.
 
PI. De l’autodestruction ?
SN. Oui. Une guerre autodestructrice qui est nourrie par la haine – haine pour l’homme, haine de l’homme pour l’homme.
 
PI. D’où tire-t-elle son origine ?
SN. Son point de départ et ce à quoi elle nous mène, à mon avis, a fortement à voir avec nos perceptions religieuses. Nous avons tous des perceptions religieuses particulières. Ce ne sont pas les mêmes. Elles sont très diverses. Mais il faudrait considérer cette diversité d’une manière positive, comme une richesse. Et non comme une matière à conflits. Or, c’est exactement ce qui se passe : ces différences nous apparaissent comme des menaces contre notre propre foi, contre nos idées. La religion ne devrait jamais exercer de contrainte. Si vous imposez [une croyance, un comportement], alors, ça n’a plus rien de religieux.
 
PI. C’est pourtant exactement ce qui se passe généralement.
SN. Il faudrait envisager la religion d’une manière très naturelle. Y adhérer parce que cela nous plaît. On ne devrait rien imposer. Prenez l’exemple du jeûne. Si l’on jeûne parce qu’une autorité quelconque nous a dit de le faire, ce n’est pas réellement du jeûne, parce qu’on y est obligé. C’est comme si l’on était dans la jungle, sans rien à manger : cela n’a rien à voir avec le jeûne. On est dans une situation où l’on n’a pas le choix. Cela n’a rien de naturel, de spontané.
 
PI. La religion devrait donc venir de soi-même ?
SN. La religion devrait être spontanée, naturelle.
 
PI. Pourrions-nous dire de la religion que c’est la réponse spontanée, naturelle, de l’être humain à ce qui l’entoure, à ce qu’il ressent comme lui étant supérieur ?
SN. C’est précisément cela, la spiritualité ! Ce qui différencie la religion de la spiritualité, c’est que c’est quelque chose de collectif. Alors que la spiritualité est plus personnelle, individuelle. On a besoin de la religion à un certain niveau, à une certaine étape, mais ce n’est pas la fin de la quête. La religion a pour but ultime de nous libérer, de nous conduire d’une manière naturelle à être ce que l’on est. Mais si, ignorant que c’est une source d’illumination, on essaie de l’imposer, elle devient synonyme d’endoctrinement. Et c’est ce qui se passe avec les enfants. On leur apprend à haïr.
 
PI. On leur apprend à haïr tout ce qui n’entre pas dans un cadre religieux donné ?
SN. Exactement. Et cela crée automatiquement une force opposée. Des gens qui ne sont pas vos ennemis vous apparaissent alors comme des menaces. Ce qui crée une sorte de réaction réflexe entre vous. Et c’est précisément là où le contact des religions entre elles devient explosif. Ce dont nous avons besoin, c’est de nous réunir pour explorer et apprendre les uns des autres, pour comprendre. Les religions ne doivent pas se fermer sur elles-mêmes ; c’est leur caractère exclusif, partial, qui est la cause des problèmes que nous connaissons aujourd’hui.
    Cela nous a conduit à une situation d’affrontement, d’abord entre individus, puis entre groupes. Au début, ceux-ci étaient à armes égales, de sorte que cet affrontement était équilibré. Mais aujourd’hui, l’un de ces groupes est devenu beaucoup plus puissant que l’autre.
 
PI. A quel groupe faites-vous allusion ?
SN. Au groupe chrétien, dont la force excède de loin celle du groupe musulman. Les gens issus du milieu chrétien sont militairement très puissants, infiniment plus que les musulmans. Ce déséquilibre empêche la confrontation directe.
 
PI. Vous voulez dire qu’il ne peut pas y avoir de guerre égale, équilibrée entre les deux côtés ?
SN. Oui, exactement. Et c’est pourquoi les moyens employés aujourd’hui sont extrêmement dangereux.
 
PI. Vous parlez du terrorisme ?
SN. Précisément. Nous sommes dans une situation très dangereuse – peut-être la plus dangereuse de notre Histoire. Nous en sommes arrivés à un point où c’est la vie humaine qui est devenue une arme. On ne peut plus voir l’ennemi. On ne sait pas qui il est. Il se trouve peut-être parmi nous, mais on ne le sait pas. Peu leur importe de tuer, eux-mêmes et des innocents. Au point où nous en sommes, nous devons avoir une pensée plus inclusive qu’exclusive. Il faut absolument y travailler, parce que c’est, à mon avis, la seule façon de changer cette situation.
 
PI. Vous avez dit qu’un groupe se sent en état d’infériorité. Mais, si nous réformions notre société pour le sortir de cette position… Je crois que, si l’on met de côté le phénomène des kamikazes, de nombreux musulmans ne peuvent que se sentir impuissants, démunis, ce qui doit en pousser un certain nombre à commettre ces actes de violences extrêmes contre eux-mêmes, contre d’autres personnes, y compris innocentes.
SN. Tout à fait.
 
PI. Ce qui veut dire qu’introduire davantage d’équilibre dans le monde…
SN. Mais de quelle sorte d’équilibre parlez-vous ? Militaire ?
 
PI. Non. Absolument pas.
SN. Oui, il ne peut s’agir d’un rééquilibrage militaire, parce qu’alors, les guerres continueront. Le remède à cette situation, c’est de faire en sorte qu’un groupe n’essaie plus de dominer l’autre. C’est la première chose. La seconde, c’est de prendre conscience qu’il n’est pas possible d’adopter envers la vie une attitude exclusive, de la regarder avec le petit bout de la lorgnette. Il faut, au contraire, voir l’ensemble des choses et des êtres comme formant une seule communauté – une communauté universelle. Où les lois qui s’appliquent à l’un s’appliquent à tous.
 
PI. Vous parlez de la famille humaine – de s’identifier avec le tout ?
SN. Oui. Monde et nation sont une seule et même chose car la nation reflète le monde. Mais chaque pays doit rechercher et protéger le mode de vie qui lui convient en propre. Naturellement, il y a une autre question  : un pays a-t-il le droit de s’immiscer dans les affaires d’un autre ?
 
PI. Et l’a-t-il ?
SN. C’est exactement ce qui se passe. Nous avons les Nations unies. Personnellement, je pense qu’il faudrait donner à l’Onu (une Onu équilibrée et réformée, pas telle qu’elle est actuellement) le pouvoir de gérer les affaires du monde. Cette institution existe, et sous une forme assez proche de celle que nous voulons.
 
PI. Qu’entendez-vous par « pas telle qu’elle est actuellement » ? Que faudrait-il changer ?
SN. Je voudrais que ce soit une représentation plus véritablement mondiale (et non pas confisquée par quelques nations). Ce pourrait être un gardien de la paix planétaire.
 
PI. Qu’elle représente tous les pays sur une base égalitaire ?
SN. C’est la seule réponse qu’on puisse apporter à cette question de l’immixtion d’un pays dans les affaires d’un autre. L’actualité fourmille d’exemples de gouvernements dans l’incapacité de protéger leurs peuples ; d’où la question de l’intervention éventuelle d’une force extérieure pour remettre les choses en ordre. Ce dont on a besoin, maintenant, c’est que tous les pays soient représentés d’une manière égale, et qu’aucun n’ait le droit de s’ingérer dans les affaires d’un autre, pour y semer un désordre pire qu’avant. Il faudrait que les frontières et l’intégrité de tous les pays soient protégées ; établir des frontières légitimes acceptables et respectées par tous. Aucun Etat ne devrait essayer d’empiéter sur le territoire d’un autre.
 
PI. Les nations ont, bien entendu, leurs problèmes intérieurs.
SN. Oui. Les problèmes surviennent lorsqu’un dictateur essaie d’opprimer son peuple. Naturellement, les choses ne doivent jamais en venir à ce stade. Mais c’est un genre de situation où l’organisme des Nations unies pourrait jouer un rôle. Il permettra ainsi de parvenir à une égalité plus grande, à un meilleur équilibre que ceux que nous connaissons aujourd’hui.
 
PI. Ainsi, dans une situation idéale, quelqu’un comme Saddam Hussein, par exemple, n’aurait pu se maintenir au pouvoir parce qu’un organisme international – les Nations unies – serait intervenu ?
SN. Oui, exactement.
 
PI. Prenons un autre exemple – le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui, à son entrée en fonction, s’était beaucoup occupé des pauvres. Puis, peu à peu, peut-être sous l’action corruptrice du pouvoir, il a plongé son pays dans la situation dramatique actuelle. Que devraient faire les Nations unies ? Aller le voir ? Lui parler, lui dire : « Monsieur Mugabe, nous, sages dirigeants du monde, nous voyons que vous faites fausse route. Peut-on vous aider ? Vous conseiller ? De quoi avez-vous besoin ? » De sorte que cette dérive serait tuée dans l’œuf. Est-ce cela, que vous suggéreriez ?
SN. Il serait même possible de faire mieux. Instaurer un dialogue : il expose sa façon de voir, ses projets, nous les nôtres. Nous le rencontrons, l’écoutons. Nous ne lui disons pas ce qu’il doit faire. Ce n’est pas à nous de lui dicter sa politique. Nous examinons les points de vue des deux parties. Dans une telle atmosphère de respect et de compréhension mutuels, je suis sûr qu’on pourrait parvenir à un compromis. C’est l’isolement qui est la cause fondamentale de tous nos problèmes. Et un organisme international, l’Onu, peut empêcher une situation d’atteindre son point critique. On en discuterait avant qu’elle ne devienne dangereuse.
 
PI. En d’autres termes, selon vous, les Nations unies pourraient jouer un rôle de surveillance, de système d’alerte ?
SN. Tout à fait. On pourrait ainsi éviter nombre de problèmes. Les problèmes ont deux causes, qui peuvent être aussi leurs solutions – la politique et la religion. Les idéologies religieuses se développent à un moment donné en réponse à l’environnement. Mais cet environnement change sans cesse. Il faut donc nous adapter aux changements.
 
PI. Et c’est le problème avec la religion, elle s’accroche à de vieux dogmes ?
SN. C’est le problème central – c’est le moins que l’on puisse dire ! Or, on sait que la connaissance, c’est ce qui détruit l’ignorance. Il faudrait donc qu’il y ait une recherche de la vérité, une quête de la connaissance, qu’on s’efforce de comprendre ce qui nous entoure. Et c’est là où nous en revenons aux valeurs éclairées, à la nécessité d’adopter une attitude éclairée.
 
PI. Qu’entendez-vous, par valeurs éclairées ?
SN. Les valeurs éclairées sont les valeurs qui servent le tout et non juste une de ses parties. C’est là qu’on retrouve le partage – le partage avec les autres. Ce devrait être l’attitude générale. Mais sans qu’on l’impose. Ce qui veut dire, également, que la religion devra être plus ouverte. Une religion qui prêche et inculque la haine va à l’encontre de ce qui constitue son fondement, son essence. Toute religion devrait être amour, non haine. Quand l’une d’entre elles prêche la violence, cela veut dire qu’il y a quelque chose en elle qui ne va pas. Il faut se débarrasser de cette sorte de négativité, dans la religion comme dans la vie en général. Il faut envisager la vie d’une manière éclairée, essayer de voir comment apporter notre contribution, et non détruire ; comment construire, et non démolir. Notre civilisation a atteint un stade où nous avons beaucoup, mais où, cependant, nous faisons beaucoup de dégâts. Nous voulons tout détruire. Et à force de détruire, de faire table rase, il nous faudra repartir à zéro, tout recommencer depuis le début. Mais nous avons déjà parcouru un trop long processus évolutif pour que cela nous soit acceptable. Il faudrait avoir appris les leçons du passé.
    Il est impératif d’examiner de près le rôle que joue la religion dans nos vies. Sa seule raison d’être est de nous libérer, pas d’engendrer quoi que ce soit. Chaque fois qu’on se bat, qu’on tue au nom de la religion, on est dans la contradiction. Ce ne peut pas être une cause juste.
     Dans l’hindouisme, on se voit dans l’autre et l’autre se voit en nous. Frapper autrui, c’est se détruire soi-même. Il faut prendre conscience de ce que nous avons tous une cause commune, de notre « communalité » [néologisme formé à partir de communauté et causalité], et que faire du tort à autrui, c’est s’en faire à soi-même – parce que nous ne faisons tous qu’un. C’est cela, que la religion devrait être. Plus on est avancé sur l’échelle spirituelle, plus on devrait être humain, rempli de compassion, éclairé et sensible à la souffrance humaine – et moins susceptible d’en causer. C’est le comportement qui compte, non les dogmes.
 
PI. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.
SN. C’est pourquoi il faut réexaminer l’ensemble des religions. Elles ont besoin d’être renouvelées et débarrassées de toute trace de négativité, de haine et de méchanceté. La religion exerce une énorme influence sur l’esprit des hommes depuis leur plus jeune âge. Et tout conditionnement rend par la suite plus difficile de changer, et c’est dangereux.
    La religion a pour fonction d’affranchir notre esprit de tous les conditionnements, afin qu’il puisse penser librement, qu’il se libère. Et avec un esprit libre et clair, nous pouvons répondre d’une manière correcte, appropriée et raisonnable à notre environnement, humain et naturel. C’est d’une importance primordiale dans notre monde d’aujourd’hui.






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