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Accueil > Revue Partage > année 2005

Extraits de la revue
Partage international

Septembre 2005 - N° 205

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue
    • Un monde instable en quête d'un leadership par Ann Pettifor


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • La voix des peuples


  • Les mensonges dévoilés


  • Courrier des lecteurs


  • Interviews


  • Rayons
    • Quelques personnages et leurs Rayons




L'article du Maître

Home Les conseils de Maitreya

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
Quelques efforts qu’ils déploient, les hommes politiques et autres dirigeants ont de plus en plus de difficultés à maîtriser les événements et à gouverner. Malgré leur apparente compétence, les Etats qu’ils dirigent semblent échapper à tout contrôle et suivre une voie qui leur est propre, comme si une main invisible se chargeait de les guider. Cette main invisible, bien sûr, est la logique du changement.
 
Ce que ne comprennent pas les gouvernants, c’est que leurs méthodes de travail comme les règles qu’ils appliquent appartiennent au passé et ne sont guère en adéquation avec les problèmes et les besoins d’aujourd’hui. Certes, ils se réunissent pour examiner ces problèmes, mais reculent invariablement devant les seules mesures qui permettraient de les résoudre.
 
Pendant ce temps, le peuple souffre à des degrés divers, attendant que raison et vision viennent soulager sa détresse. Les gens, dans leur cœur, savent que la délivrance est possible et qu’ils y ont droit, mais il leur manque pour l’instant les structures et le pouvoir nécessaires pour parvenir à leurs fins.
 
Des signes de désaccord
 
Ils n’attendront pas indéfiniment. Déjà, dans le monde entier, ils donnent des signes de désaccord et de contestation, exigeant que soient pris au sérieux leurs besoins et leurs souffrances. Dépourvus de toute vision, leurs dirigeants ont recours aux promesses et aux palliatifs pour noyer les revendications sans cesse croissantes d’équité et de justice. En vain. Les peuples du monde, eux, ont désormais une vision de liberté, de justice et de paix, et ne l’abandonneront pas. Ce sont eux, plus que leurs leaders, qui dessineront les contours de l’avenir et le façonneront selon leurs besoins.
 
Ainsi en sera-t-il. Cette nouvelle force dans le monde – la voix du peuple – gagne rapidement en cohésion et en vigueur, et jouera dorénavant un rôle majeur dans les affaires mondiales.
 
Maitreya attend l’opportunité d’accroître la puissance et l’influence de la voix du peuple et d’en guider le cours. Elle est composée de courants si divers aux objectifs si variés qu’il faut la conduire avec discernement pour éviter qu’elle ne s’égare et dissipe ses forces.
 
Créer la confiance
 
Une et simple doit donc être la revendication du peuple. Nombreux et divers sont ses problèmes, mais universels ses besoins : paix par la justice et liberté pour tous les hommes. Le partage, soulignera Maitreya, est indispensable à la création de la confiance, sans laquelle rien n’est possible. « Partagez et créez une confiance bénie, dira-t-il au monde, vous connaîtrez ainsi les bénédictions de la justice et de la paix. » Il rappellera solennellement aux nations que nulle autre approche ne leur apportera la paix à laquelle elles aspirent dans leur cœur. Ainsi en sera-t-il, ainsi les peuples demanderont-ils le partage, et, partant, la paix. Une nouvelle opinion mondiale se manifestera dans toute sa puissance et rendra obsolètes les manœuvres et les intrigues des hommes aujourd’hui au pouvoir. C’est alors que Maitreya se déclarera à tous les peuples, et se consacrera à leur service tout au long de l’ère qui vient.
 

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Au-delà des divisions

par Adrian Jackson

Les mélomanes londoniens ont souvent la chance d'assister à des concerts du plus haut niveau avec les meilleurs orchestres et se voient offert un choix extraordinaire de musiques tant classique que d'avant-garde. A cet égard, les concerts classiques Henry Wood, donnés chaque été au Royal Albert Hall, satisfont pleinement les attentes du public. Pourtant, rien ne m'avait préparé à la performance exceptionnelle de Daniel Barenboim à la tête du West-Eastern Divan Orchestra le 14 août 2005. Un événement inoubliable.

Le West-Eastern Divan est à la fois un atelier et un orchestre. Il fut fondé en 1999 par le regretté Edward Said, auteur et critique palestinien, dans le but de donner à de jeunes musiciens du Moyen-Orient l'opportunité d'étudier la musique tout en conduisant une réflexion sur le conflit israélo-palestinien.

L'atelier a établi sa base permanente en Espagne, à Séville, lieu symbolique où juifs et musulmans ont cohabité pacifiquement pendant sept siècles. L'orchestre se produira également au Festival d'Edimbourg, puis fera une tournée en Allemagne, et donnera ensuite un concert dans la ville palestinienne de Ramallah. Du fait des risques encourus par les membres de l'orchestre, leurs noms ne sont pas publiés dans le programme officiel.

Mais revenons au concert de Londres. Celui-ci a débuté avec la Symphonie concertante en mi majeur pour hautbois, clarinette, basson et cor de Mozart. L'orchestre a merveilleusement su faire preuve de la souplesse et de la délicatesse de toucher que requièrent les œuvres du « maître ». Les musiciens étaient aussi parfaitement à l'aise dans le lyrisme de l'adagio central que dans la flamboyance du final, mais ce qui m'a vraiment impressionné, ce sont les sourires et les regards échangés entre eux ici et là. D'habitude, la plupart des musiciens d'orchestre restent de marbre du début à la fin du concert (je n'y vois d'ailleurs aucun inconvénient, on est là pour écouter de la musique !). Mais ici, la complicité entre eux devenait évidente ; ils avaient du plaisir à être ensemble tout en donnant le meilleur d'eux-mêmes à la musique. D. Barenboim fidèle à son habitude, a conduit l'ensemble du concert sans la moindre partition devant lui.

Après la pause, nous pensions avoir entendu le plat de résistance avec une extraordinaire Symphonie nº 1 en ré majeur de Mahler. Cette œuvre est toujours parmi les plus appréciées des œuvres de Mahler, avec ses délicates conversations entre cordes, bois et cuivres, mais la perfection de l'exécution qu'il nous fut donné d'entendre ce soir-là a littéralement bouleversé l'auditoire à la fin du 4e mouvement. Le public de ces concerts a la réputation d'être assez enthousiaste, mais jamais auparavant je n'ai entendu un public londonien produire une telle salve d'applaudissements, de tapements de pieds et de cris. Le public ne voulait pas laisser partir D. Barenboim et, après le 4e ou le 5e rappel, ce dernier a retourné le compliment à un public majoritairement britannique en jouant « Pompe et Circonstance » de Elgar. Etant donné la place particulière qu'occupe Elgar dans le cœur des Anglais, on imagine aisément la réaction du public.

Mais la soirée n'était pas finie, D. Barenboim allait encore instiller de la magie dans un programme déjà mémorable. Revenant au pupitre, il attendit que le public se calme et avec la douceur et la sérénité qui lui sont coutumières, il parla de la formation de l'orchestre, du travail qu'ils font et ce qu'il signifie pour les participants. Il expliqua que chacun des musiciens présents ce soir-là faisait preuve d'un grand courage du seul fait de sa présence et que naturellement, ils n'étaient pas tous d'accord sur la question israélo-palestinienne.

Pourtant, ils font de la musique ensemble et cela transcende toutes les différences. Au moins, ils peuvent travailler ensemble de cette façon. Quant à la qualité de la musique produite, D. Barenboim déclara qu'il ne ferait pas de commentaire, puisque l'auditoire avait déjà exprimé son appréciation, et j'espère pour ma part en avoir témoigné une juste idée.

D. Barenboim a parlé également du travail effectué au sein de l'Atelier, et de la façon dont les participants parviennent à écouter les arguments des uns et des autres. J'ai trouvé cela très important, comprendre le discours, l'histoire, le point de vue, les arguments de l'autre, même si l'on n'est pas d'accord. C'est ce qu'ils essaient de faire.

Bien sûr, D. Barenboim est conscient que l'Atelier ne va pas résoudre ces problèmes, mais lui et son orchestre apportent leur contribution, en montrant par l'exemple comment des jeunes gens issus de camps opposés peuvent se rassembler et travailler ensemble d'une façon constructive. Il nous amène à la réalisation que même dans un conflit qui est parmi les plus durs et les plus polarisés au monde, il existe des alternatives constructives aux actes destructifs tant médiatisés. Je pense que ce message a été pleinement apprécié, et tout particulièrement par un public londonien aujourd'hui.

De nouveaux applaudissements ont retenti, après quoi, dans un ultime acte de courage, D. Barenboim expliqua qu'ils allaient jouer le prélude de « Tristan et Iseut » , un très beau moment. Il est inutile d'expliquer la portée d'un tel événement : un orchestre avec des musiciens juifs jouant Wagner, compositeur dont les opinions antisémites sont connues. Wagner fut joué avec le même aplomb que celui dont ils avaient fait preuve tout au long de la soirée.

Une soirée très spéciale avec un homme très spécial et un orchestre non moins spécial, et, je crois, un message important pour le monde.




Home La tragédie de Londres

par Benjamin Creme

L'exaltation d'avoir obtenu l'accueil des jeux olympique avait fait oublier aux Londoniens, pour un moment, la menace toujours présente et bien réelle du terrorisme. Notre sympathie doit aller aux nombreuses personnes endeuillées ou blessées dans cette terrible tragédie.

Nous aurions peut-être dû nous attendre à ce que les terroristes saisissent l'opportunité du sommet du G8 en Ecosse pour perpétrer leur attentat barbare. Il semble évident que trop d'attention et d'efforts de la part des services de sécurité et de renseignements ont été détournés de la capitale en faveur de l'Ecosse.

Ce qui est également évident, c'est que nous ne pouvons gagner une « guerre contre le terrorisme » par des moyens militaires. Les invasions de l'Irak et de l'Afghanistan n'ont protégé personne, ni nous-mêmes ni d'autres. Au contraire, elles ont accru l'éventualité d'attentats. Quelle est alors la réponse à ce féroce antagonisme ?

Il n'existe qu'une seule voie – nous devons rechercher les causes du terrorisme. Elles sont variées, mais la principale est la haine tenace engendrée chez des millions d'individus dans les pays les plus pauvres par un sentiment perpétuel d'injustice, d'inutilité et de désespoir.

Ils ne ressentent ni espoir, ni but dans la vie et sont prêts à répondre aux appels fanatiques à une « guerre contre l'Occident » lancés par les terroristes fondamentalistes « professionnels » que nous connaissons sous le nom d'Al Qaïda. Ceux-ci, ironie du sort, ont été entraînés par la CIA pour combattre les Russes en Afghanistan et se sont maintenant retournés contre leurs instructeurs.

Seule la justice apportera la paix et la fin du terrorisme dans le monde. Londres a subi des attentats à cause de la participation britannique à la guerre en Irak et également parce que le sommet de Gleneagles, la rencontre des dirigeants des huit nations les plus riches, représente tout ce que des millions d'individus en Orient et au Moyen-Orient détestent – la domination arrogante et l'usurpation de pouvoir par l'élite riche qui vit dans l'illusion que ses membres sont les dirigeants naturels du monde.

Leur domination touche à sa fin. La voix des peuples de toutes les nations se fait entendre et réclame la justice. C'est à leurs risques et périls que ces puissants dirigeants font la sourde oreille.

Benjamin Creme, 9 juillet 2005




Home Eléments pour une paix durable ( 2e partie )

Interview de Mazin Qumsiyeh par Andrea Bistrich

Militant palestinien et professeur à l’université de Yale, Mazin Qumsiyeh vient de publier un ouvrage, Sharing the Land of Canaan – Human Rights and the Israeli-Palestinian Struggle. (Partager la Terre de Canaan – les droits de l’Homme et le conflit Israélo-palestinien)* dans lequel il examine les questions centrales de ce conflit et dessine les grandes lignes d’une paix durable, basée sur l’application sans exclusivité des Droits de l’Homme.

Il a cofondé de nombreuses associations et organisations, telles que Triangle Middle East Dialogue, Carolina Middle East Association, the Holy Land Conservation Foundation, the Middle East Genetics Association et la Coalition pour le droit au retour des Palestiniens et universitaires pour la justice.

Andréa Bistrich l’a interviewé pour Partage international.

PI. Les sanctions imposées à l’Afrique du Sud pour qu’elle démantèle son régime d’apartheid et se conforme au droit international se sont révélées efficaces. Pourrait-on faire de même pour contraindre Israël à remplir ses obligations ?
MQ. Oui. La transformation, le passage à un discours post-sioniste se produira tôt ou tard. La question est de savoir si ce sera pacifiquement, comme ce fut le cas avec l’Afrique du Sud, par des retraits d’investissements et des boycotts. Cette transformation n’est pas synonyme « d’annihilation d’Israël ». C’est même le contraire, dans la mesure où cela implique que chacun reconnaisse que la direction suivie durant les dernières décennies (basée sur une idéologie raciste d’injustice, de haine et de « séparation ») ne saurait conduire qu’à davantage de violence et de bains de sang. Si l’apartheid a été le problème en Afrique du Sud, il ne peut être une solution dans la région israélo-palestinienne.

PI. Que faire quand l’Etat d’Israël viole la Déclaration universelle des droits de l’homme, considérée comme une condition sine qua non de la paix ?
MQ. Si l’on veut mobiliser les gens en faveur d’une campagne de boycotts, de retraits d’investissements, ou de toutes autres méthodes susceptibles de produire des changements effectifs, il est essentiel de débattre avec eux de ces questions, et de les informer des faits incontestables. On devient actif dès que l’on s’est aperçu que l’on nous a menti. L’hypocrisie des gouvernements, les politiques de « deux poids, deux mesures », qui sont à la base du racisme et des oppressions sont ressenties comme particulièrement blessantes par les gens honnêtes.

PI. Que veut Israël, en définitive, en construisant à grand frais le mur, la soi-disant « barrière de sécurité » ?
MQ. Le mur serpente [dans les territoires palestiniens] pour achever de pousser les Palestiniens à aller s’entasser dans des villes surpeuplées en laissant derrière eux leurs terres, l’eau et bien d’autres ressources naturelles. Il n’a d’autre but que de prendre le maximum de terres avec le minimum de Palestiniens dessus. Il coupe ceux-ci de Jérusalem, leur cœur économique (40 % de l’économie de Cisjordanie en dépend). Il vise à les enfoncer toujours davantage dans la misère et le désespoir pour, finalement, les forcer à s’expatrier en terre étrangère. C’est, en fait, un autre moyen d’opérer le nettoyage ethnique. Parallèlement, Israël encourage la colonisation dans les Territoires. Aujourd’hui, plus de 450 000 colons juifs vivent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où ils contrôlent la plus grande partie des ressources naturelles.

PI. Neuf millions de Palestiniens sont sans patrie, spoliés de leurs terres et de leurs propriétés. Que veulent-ils, en termes de justice, d’égalité des droits et d’autodétermination ?
MQ. Les Palestiniens ont leur pays : la Palestine. Le fait que la plupart d’entre eux aient été dépossédés, que beaucoup vivent dans des camps de réfugiés ou dans des cantons de plus en plus réduits, ne durera pas toujours. Peu importe le temps que cela prendra. Ils continueront à lutter et à résister jusqu’à ce que leurs droits fondamentaux soient reconnus (en particulier celui de retrouver leurs maisons et leurs terres). Ces droits ont été formulés expressément dans des accords internationaux (mais, étant inaliénables, leur valeur ne dépend pas de ces accords). Je crois que la reconnaissance du droit au retour et celui d’être traité sur un pied d’égalité avec tous les autres hommes, indépendamment de la religion, sont deux droits fondamentaux.

PI. Ce « droit au retour » est-il la condition sine qua non pour la poursuite du processus de paix ?
MQ. Le programme sioniste, visant à créer un Etat juif en Palestine a impliqué, et implique toujours, le nettoyage ethnique des Palestiniens. Avant, durant et immédiatement après la fondation d’Israël, plus de 800 000 d’entre eux ont été chassés de leurs maisons et de leurs terres. Eux et leurs descendants forment la population de réfugiés la plus importante et la plus ancienne du monde.
La communauté internationale s’est sentie profondément responsable de cet état de fait. Ainsi que l’a déclaré le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’Onu : « Ce serait attenter aux principes de justice élémentaires que de refuser à ces victimes innocentes le droit de retourner chez eux alors que les immigrants juifs affluent en Palestine » (UN Doc Al 648, 1948). Une déclaration qui demeure vraie aujourd’hui où n’importe quel juif peut recevoir automatiquement la citoyenneté israélienne alors que les Palestiniens ne peuvent pas retrouver leur patrie.
Le Droit au retour a une base légale solide. Selon les termes mêmes de la résolution 194 adoptée par les Nations unies, le 11 décembre 1948 : « Il faudrait permettre aux réfugiés voulant retourner chez eux et vivre en paix avec leurs voisins de le faire aussitôt que c’est concrètement possible[…] et payer une compensation [pour la perte de leurs propriétés] à ceux qui ne souhaitent pas revenir. » Cette résolution a été confirmée chaque année depuis pratiquement à l’unanimité, sauf par Israël et les Etats-Unis. Elle a été plus tard clarifiée par la résolution 3236 de l’Assemblée générale de l’Onu, qui réaffirme, dans sa sous-section 2, « le droit inaliénable des Palestiniens de retrouver les maisons et les propriétés dont ils ont été expulsés et déracinés », et appelle à leur retour. S’opposer à ce retour est donc un acte d’agression, qui mérite une réaction de la part du Conseil de sécurité.    L’admission d’Israël à l’Onu a été conditionnée à son acceptation des résolutions concernant cette question, y compris la 194.
Le Droit au retour ne tire pas sa validité des seules résolutions de l’Onu. La Déclaration universelle des droits de l’homme réaffirme, dans son article 13, le droit, pour tout individu, de quitter son pays et d’y revenir. De plus, le principe d’autodétermination garantit, entre autres choses, le droit de propriété et d’avoir une maison dans son propre pays.
Les Nations unies ont adopté ce principe en 1947. A partir de 1969, elles l’appliqueront explicitement au peuple palestinien, et reconnaîtront même « la légalité du combat des peuples pour l’auto-détermination et la libération ».

PI. Croyez-vous en un monde « post-sioniste » ?
MQ. Le monde post-sioniste est une réalité. Le problème, en Israël/Palestine, n’est pas seulement que le nettoyage ethnique continue ; c’est qu’il existe aussi une discrimination à l’encontre même des autres non juifs. Comme l’a dit Amnesty International : « En Israël, par exemple, il existe un certain nombre de lois qui sont explicitement discriminatoires. Elles remontent à la fondation de l’Etat d’Israël en 1948 qui, encore sous le coup du génocide raciste dont avaient été victimes les juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, fut fondé sur l’idée d’un Etat juif pour le peuple juif. Certaines des lois israéliennes sont encore le reflet de ce principe et, par voie de conséquence, sont clairement discriminatoires envers les non juifs, et plus particulièrement les Palestiniens qui vivent sur ces terres depuis des générations. » Israël est le seul pays, sur la planète, à reconnaître des membres d’une religion particulière, quel que soit l’endroit où ils vivent, comme des « nationaux » et à leur octroyer automatiquement la citoyenneté – qu’ils soient convertis ou non – s’ils viennent vivre sur des territoires qui appartiennent par droit de naissance au peuple palestinien. Pendant ce temps, les réfugiés palestiniens – chrétiens et musulmans – se voient refuser le simple droit de revenir chez eux pour l’unique raison qu’ils ne sont pas juifs. C’est ainsi que s’est développé en Israël tout un ensemble de lois qui a pour effet de favoriser les juifs par rapport à ceux qui ne le sont pas. C’est une situation qui ne saurait durer (même si les juifs laïcs rejettent cette discrimination).

PI. Une fois qu’on aura mis un terme à l’occupation et permis aux réfugiés de revenir chez eux, il faudra se livrer à un énorme travail de réconciliation et de reconstruction, à faire en plusieurs étapes. Quelles devraient-elles être, que ce soit du côté palestinien, israélien, ou de celui de la communauté internationale ?
MQ. Les problèmes que connaissait l’Afrique du Sud n’ont pas tous disparu avec l’apartheid. Il reste encore beaucoup de travail à faire, peut-être même d’immenses obstacles à surmonter. Même si le plus important d’entre eux fut levé avec la fin de l’apartheid, les défis à relever et les dangers qui accompagnent tout progrès demeurent. La question de savoir si l’on peut parvenir dans ce pays à une pleine égalité et à un complet respect des droits de l’homme reste encore ouverte. En reprenant notre analogie médicale, nous savons que plus longtemps dure le problème latent, plus il faut de temps pour la guérison. Guérison et réhabilitation peuvent ne pas procéder comme prévu, il peut même y avoir rechute. Mais on ne saurait définir de traitements adéquats sans avoir au préalable établi un bon diagnostic.

PI. La paix est possible au Moyen-Orient, dites-vous. Quand ?
MQ. Cela pourrait prendre de cinq à dix ans, si la mobilisation était suffisante, à vingt ou trente ans. J’ai été surpris de la rapidité avec laquelle l’apartheid a été démantelé en Afrique du Sud, avec quelle rapidité est tombé le Mur de Berlin. Rétrospectivement, il aurait été difficile de faire des prédictions sur ces évènements historiques (comme, également, le retrait américain du Vietnam). Comme toujours, personne n’a de boule de cristal, et les surprises ne sont jamais à exclure.


Plus d’informations : www. al-awda.org


Il existe près de 6,5 millions de réfugiés palestiniens dans le monde :
– 3,8 millions sont enregistrés en tant que bénéficiaires de l’aide onusienne ;
– 1,5 million ne sont pas enregistrés, car ils ne demandent pas d’aide ;
– 263 000 sont « déplacés » à l’intérieur d’Israël ;
– 773 000 ont été délogés et envoyés ailleurs depuis 1967.
Dans ces chiffres sont inclus non seulement les réfugiés chassés de leurs terres, mais aussi leurs descendants, dans la mesure où ils ne peuvent pas jouir de leurs droits fondamentaux. Des dizaines de milliers ont également quitté les Territoires occupés depuis le lancement des dernières offensives israéliennes, en septembre 2000. Ils vivent la plupart du temps près des endroits dont ils ont été expulsés.




Home Aussi longtemps qu'il faudra

Interview de Brian Haw par Gill Fry Source : www.parliament-square.org

Depuis le 2 juin 2001 – soit depuis 1 500 jours – , le britannique Brian Haw (55 ans) campe en face des Houses of Parliament de Londres, pour protester contre la politique de sanction contre l’Irak et les guerres menées contre ce pays et l’Afghanistan par les gouvernements américain et britannique.
Il a obtenu l’annulation de six ordres d’évacuation et, en août 2005, des charges portées contre lui au nom de la Serious Organised Crime Bill [sorte « d’extension » ou « d’affinement » des lois anti-terroristes prises dans la foulée du 11 Septembre]. Cette dernière loi efface 350 ans de droits à manifester pacifiquement à moins de 300 m du Palais de Westminster. Mais du fait que B. Haw a lancé son action avant son adoption, il est le seul sujet de sa gracieuse Majesté à pouvoir manifester ainsi de son plein gré.
Gill Fry s’est entretenu avec lui pour Partage international un dimanche après-midi, sur fond de klaxons de soutien des nombreux automobilistes qui circulaient dans le secteur.
 
Partage international : Vous avez été passé à tabac par des étrangers et hospitalisé, arrêté plusieurs fois et délogé à six reprises de votre campement. Et pourtant, vous continuez à délivrer votre message aux députés qui siègent de l’autre côté de la rue.
Brian Haw : Quand je les apostrophe depuis ici, les gens m’écoutent, un sourire amusé aux lèvres. Cela n’a rien d’un discours public, n’est-ce-pas ? Mes conseillers juridiques m’ont suggéré de ne pas utiliser de mégaphone, après que, le 9 mai dernier à minuit, la police est venue me déloger manu militari et détruire mon installation. C’était le matin où le premier ministre chinois devait se rendre au Parlement pour y recevoir les admonestations de M. Blair sur les violations des Droits de l’homme dans son pays.
 
PI. Vous symbolisez la voix populaire. Vous êtes, paraît-il, la seule personne autorisée à pouvoir manifester ici sans autorisation écrite.
BH. Ce sera le cas jusqu’à ce que le peuple réclame et obtienne ce droit. Comme l’homme qui a été arrêté ici ce matin, quand il est venu parler du Brésilien [Jean-Charles de Menezes] abattu par la police – laquelle a dû reconnaître peu après son innocence. Quand nous avions la peine de mort, on pouvait opposer sans fin les arguments pour et contre, et une condamnation à mort ne pouvait être prononcée que si aucun doute n’était possible sur la culpabilité de la personne arrêtée. Aujourd’hui, avec les attentats-suicides, on peut tuer n’importe qui au moindre soupçon.
 
PI. Y a-t-il ici des manifestations régulières contre cette nouvelle loi ?
BH. Le 1er août, 200 personnes, la bouche fermée par des baillons noirs, ont eu le courage de se lever et de réclamer le droit à la parole. Pourquoi seulement 200 ? Qui veut être arrêté ? En fait, nous laissons régler cette affaire par d’autres.
Tonny Benn et Bianca Jagger étaient là, l’autre nuit. Assez longtemps pour qu’on vienne les menacer d’arrestation, mais, chose étrange, la police est restée à l’écart. Pas plus qu’elle n’a arrêté la sœur de Cherie Blair, Lauren Booth, même quand elle leur a demandé de le faire en leur tendant ses poignets lors de la manifestation du 1er août, alors qu’il y a eu six arrestations. Je suis ici 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, l’homme au front, si vous voulez. Mais j’ai une armée derrière moi.
Qu’est-ce qu’on entend, ici [au Parlement] ? Tony Blair chante toujours la même chanson, comme ceux de l’autre camp, Michael Howard et, avant lui, Duncan Smith. Ce dernier disait, quand il était dans l’opposition, à ceux qui avançaient que Saddam Hussein ne disposait pas d’armes de destruction massive, qu’ils n’étaient pas réalistes. Mais ces armes n’existaient pas, n’est-ce pas ? Tous ces gens ont été tués par des menteurs.
 
PI. Combien de temps pensez-vous rester ici ?
BH. Au début de la guerre, Tony Blair et George Bush disaient qu’ils continueraient « aussi longtemps qu’il faudra ». Le 2 juin, le premier policier qui est venu m’a demandé combien de temps je comptais rester ici. Je lui a irépondu : « Aussi longtemps qu’il faudra ! »
 
La pluie commence à tomber. Brian ouvre un large parapluie, et nous parlons de la fraîcheur du temps.
BH. Si cela peut vous consoler, je vous dirais qu’en Irak, avec les bombes et les missiles, ils ne se plaindraient pas de la pluie. Tout est relatif.
 
Une personne d’un certain âge, bien mise, s’approche pour lui donner une tasse de thé et une banane.
Le passant : Je suis pour la guerre en Irak, mais je soutiens votre action.
BH. Vous n’êtes pas en Irak, aujourd’hui. C’est facile d’être pour la guerre, vous ne risquez rien. Je ne suis pas là par plaisir. Nous massacrons ces gens depuis 90 ans. Combien de fois nous ont-ils bombardés ? Comment osons-nous traiter les autres peuples comme ça ! « Je suis pour » – c’est si détaché… Cela ne veut rien dire.
 
Le passant s’éloigne.
BH. Il se croit qualifié, en position de se prononcer là-dessus. Comment est-ce possible ? Qu’il ait tort ou raison, ça ne lui coûte rien. Les députés se prennent pour Dieu, ils s’attribuent le droit de vie et de mort, comme les empereurs romains – le pouce en bas, le pouce en haut – et ils encouragent les gens à faire de même. Un jeune garçon m’a dit : « Je pense, des fois, que la guerre est nécessaire. » Je lui ai répondu : « Excuse-moi, fiston, tu n’es pas qualifié pour dire ça, tu n’y es jamais allé. Qu’est-ce que tu y connais ? Que veux-tu dire, par « je crois qu’elle est nécessaire ? »
Je parle de génocide, pas de savoir si vous pouvez repeindre votre porte d’entrée en vert quand le conseil municipal voudrait qu’elle le soit en bleu. Nous parlons de vie et de mort, du sort d’une nation entière. Nous parlons de ce qui a été fait au peuple juif, aux communistes, aux gitans, aux penseurs, aux écrivains, aux créateurs, parce que c’est dangereux de l’être. Vous avez vu comme ça l’est – quelqu’un a éprouvé le besoin de m’envoyer tous ces officiers de police. Ce n’est pas ce que le gouvernement veut entendre. [D’importantes forces de police viennent de réintégrer leurs fourgons après avoir dissuadé des manifestants].
 
PI. Vous êtes ici depuis des centaines de nuits. D’où tirez-vous votre énergie, votre passion ?
BH. Je n’en sais rien. Elle vient de tout le monde. D’un soldat qui pleure sur le trottoir après avoir tué des enfants – il ne peut plus en dormir la nuit et vient me voir pour obtenir une réponse, et une aide. Personne d’autre ne peut la lui donner.
 
PI. Pensez-vous que, même maintenant, il est difficile aux gens de changer d’opinion sur cette guerre ?
BH. Il est difficile d’admettre qu’on s’est trompé. Pourquoi n’avons-nous pas le courage de ce chauffeur de taxi qui, après m’avoir insulté pendant deux ans à chaque fois qu’il passait ici, s’est arrêté pour me dire : « Je devais m’arrêter pour vous dire que vous avez raison, que j’avais tort. Je tenais à vous le dire », puis m’a serré la main. J’ai beaucoup apprécié, mais c’était trop tard pour beaucoup.
 
PI. Qu’est-ce qui vous a poussé à venir vous installer ici ? La foi ?
BH. Quelqu’un qu’on appelle Dieu Tout-Puissant. Je faisais de l’artisanat d’art. Des petites pièces uniques, que je vendais quelques pennies chacune. Et cette pièce unique, c’est vous. Toute personne est unique. C’est ça que je trouve sidérant. Les milliards d’hommes sur la Terre sont des pièces d’art uniques. Nous avons commencé comme un petit tas de gelée informe et, après quelques millions d’années, nous sommes devenus cette personne unique. Mais si l’enfant de mon prochain est né dans un pays étranger, on tient sa vie pour sans valeur. Alors que la vie est sans prix, hors prix. On ne peut acheter d’enfant dans les grands magasins.
 
PI. Pour Partage international, le partage est la clé de tous les problèmes du monde. Qu’en pensez-vous ?
BH. Le partage ? C’est une belle idée. Les Nations unies ou la formule « tous les hommes ont été créés égaux » sont de belles idées aussi. Quand allons-nous les mettre en pratique ? C’est la seule chose qui donne un sens à nos vies, dans ce monde, la seule qui le maintienne entier.
C’est fou de voir le monde gaspiller des milliards en armes quand une fraction de cette somme suffirait à satisfaire les besoins fondamentaux de tous – nourriture, eau, éducation, logement – et on se sert de cet argent pour assassiner les plus pauvres des pauvres simplement parce qu’on n’accorde aucune valeur à la vie, et qu’on considère celle de quelqu’un né en Asie, en Afrique ou en Arabie comme moins précieuse que celle de quelqu’un né à New York ou à Londres. Ne me dites pas qu’il y a la moindre différence entre ces enfants. Nous devons mettre un terme à cette folie.
Ce n’est pas du partage, c’est du remboursement. Le temps de rembourser est venu. Nous sommes les plus grands voleurs, les plus grands pilleurs de la planète. Vous connaissez l’esclavage, dans l’Ancien Testament – après sept ans, on devait vous laisser partir. Ce n’est pas comme notre esclavage à nous, où l’on tient les gens avec un collier et une chaîne. L’Afrique a toujours été en esclavage. Autrefois physiquement, dans les chaînes, et maintenant avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les accords du GATT. Nous donnons des babioles aux pauvres du monde pour les duper.
Vous avez lu la lettre que j’ai envoyée à Cindy Sheehan, l’Américaine dont le fils soldat a été tué en Irak. Nous donnons des babioles à notre peuple aussi. Que penseriez-vous de recevoir un morceau de drapeau ou une pièce de métal en échange de votre fils, de votre mari adoré. On vous les a pris, et en échange, on vous donne un morceau d’étoffe, ou de métal, une « médaille ». Tout se ramène à du matériel, vous avez remarqué ? La Sierra Leone devait mourir pour ses diamants, le Chili pour son cuivre, et aux Malouines, il y avait le pétrole. Chaque fois qu’il y a une guerre, demandez-vous s’il y du pétrole.
 
PI. Vous avez dû être témoin de la veillée du 15 avril pour la reconnaissance du commerce équitable. A quoi cela a-t-il ressemblé ?
BH. Quel matin c’était ! 25 000 personnes venues de nulle part, descendant Whitehall des petites bougies à la main, la rue entière illuminée – quel spectacle ! Il y avait toutes sortes de gens et de jeunes : des pratiquants chantaient, c’était beau et paisible. 25 000 personnes ont passé la nuit ici, et les médias n’en ont rien dit! Si ça avait été 25 000 chasseurs de renards, ça aurait été une autre affaire ! La grande affaire du jour !
 
PI. Comment faites-vous, en hiver ?
BH. Je pense aux Afghans et aux gens du monde entier que je rencontre, et, en quelque sorte, leur amour me tient chaud. Un homme originaire d’Afghanistan est venu me voir et m’a dit que dans les villages de montagne – où ils n’ont ni télévision ni téléphone, où ils sont coupés du monde – ils connaissent tout de mon action, de moi, et ce qu’il ne peut pas leur dire, c’est que j’aime leurs enfants comme le mien, et que je pense qu’ils sont aussi précieux que le mien. N’est-ce pas là la chose la plus triste que vous ayez jamais entendue, de me dire que cela fait de moi une exception ? N’est-ce pas dans le christianisme ? C’est certainement aussi dans les traditions musulmane et juive.
 
PI. A quoi sert votre action ?
BH. Elle donne de l’espoir aux gens. Trop nombreux ont oublié depuis longtemps ce que c’est, spécialement là où l’on meurt beaucoup, où la vie humaine est sans valeur – comme au Cambodge, en Irak, en Palestine, en Afghanistan. Nous devons donner aux gens l’espoir que les choses pourraient changer, qu’il peut y avoir quelque chose de meilleur. On a besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse parce qu’on a besoin d’aide, non ? On ne peut pas s’en tirer tout seul – la pagaille est trop grande, et plus on la sonde, plus sale elle apparaît. On ne parle que d’argent, de méga-business. Et la seule façon de résister à cela, c’est de regarder le visage de nos voisins.
Il y a pas mal de gens qui rentrent un peu fous, de cette guerre, un peu comme pour le Vietnam. On récolte ce qu’on a semé. J’aime semer du bien : amour, confiance, honnêteté. Le partage, c’est la réponse, et plus on remboursera, matériellement, plus nous y gagnerons.
Quand on donne une livre sur les dix que nous avons, on pense s’être appauvri d’une livre. La Bible dit de donner le dixième de nos biens à Dieu (la dîme). On croit qu’une fois cela fait, sous forme de dons à des religieux, on est quitte avec Dieu. C’est juste, mais c’est le minimum. Dieu donne 100 % – il me donne chacune de mes respirations – je n’ai rien eu à payer pour aucune d’elles, n’est-ce-pas ? Nous considérons tout comme allant de soi, naturel : la pluie, la germination. Si cette semence ne germait pas, que pourrions-nous y faire ? C’est ça, le don de la vie. Chacun de nous l’a reçu. Ma vie ne m’appartient pas – elle m’a été donnée. Et chacun de nous a une dette à payer. Chacun de nous doit une vie à notre Créateur. Alors, quoi de mieux que de consacrer la sienne au bien ?
 
PI. Avez-vous quelques souvenirs particuliers sur les personnes qui sont venues se joindre à vous ?
BH. Il y a eu une Chilienne nommée Pila, une petite dame, grêle, mais pleine de joie, de lumière et d’énergie, d’une telle vigueur, d’une telle passion. Elle est venue protester ici à propos de Pinochet : « Tony Blair, Etats-Unis, arrêtez de protéger Pinochet. N’oubliez jamais le 11 septembre 1973 – Chili. » Elle était cancéreuse, en phase terminale, et souffrait beaucoup. Mais malgré cela, elle était ici, sur les barrières, criant pour son peuple. Alors qu’il y avait des « beaufs » qui partaient à cause de quelques gouttes de pluie, ou bien du froid, quand ce n’était pas pour un match de foot… Avant de mourir, elle est venue chez moi et a dit à son mari, un Espagnol correspondant pour CNN, de nous faire passer sur cette chaîne. C’est ainsi que le jour de Noël, nous sommes passés en Amérique latine et Etats-Unis, pendant 3 minutes. Imaginez-vous Brian en bas de Big Ben en train de parler de paix un jour de Noël !
Aucun de nous ne sait combien de temps il vivra, mais ce n’est pas la durée qui compte, c’est la façon dont on a employé sa vie. L’existence abrégée de cette femme a été plus remplie que les longues vies de bien des gens. Quand nous réveillerons-nous ? Trop de gens meurent. Quand allons-nous nous lever et dire : « Cela suffit ! ».





Signes des temps

Home Bénédiction du Maître Jésus sous un cerisier en fleurs

Photographie prise sous un cerisier en fleurs prise par Y. I., en avril 2005, présentant une bénédiction lumineuse du Maître Jésus.




Home Bénédiction du Maître Jésus au Japon

Bénédiction lumineuse du Maître Jésus sur une photographie envoyée par K. T., Hokkaido (Japon).




Home Une statue de la Vierge prend un aspect vivant

Source : www.timesonline.co.uk, G.-B. ; www.ansa.it, Italie

Dans une petite ville du sud de l'Italie, on a vu une statue de la Vierge en plâtre bouger les membres et le plâtre se transformer en « chair et sang ».

Pendant le week-end du 23 et 24 juillet 2005, des visiteurs de l'église de San Pietro, à Acerra, près de Naples, ont vu certaines parties de la statue « prendre forme humaine, le plâtre devenant chair et sang », ses genoux se déplacer et une croix apparaître sur sa poitrine.

« Hier soir, j'ai vu le lobe de l'oreille s'allonger et devenir de la chair, tout comme le nez, qui a pris une teinte rosée, a raconté Maria, l'un des témoins. La robe est devenue un voile, montrant les jambes ». Un autre témoin Domenico, âgé de quarante-cinq ans, a déclaré : « Les jambes ont commencé à devenir plus apparentes et les genoux se sont déplacés vers l'avant, en étirant les plis de la robe blanche. Il ne s'agit pas d'un phénomène de suggestion. Nous sommes nombreux à l'avoir réellement vu. »

La statue mesurant 1 m 60, composée de plâtre et de marbre, fut faite spécialement pour l'inauguration de la nouvelle église en décembre 2004. Elle fut installée sur un piédestal près de l'autel et elle représente la Vierge tenant un rosaire et une croix et vêtue d'une robe blanche assez moulante. Les personnes qui font le ménage ont déjà vu la statue bouger auparavant, mais elles n'avaient rien dit de peur que l'on ne les prenne pas au sérieux.

Quelques témoins ont filmé le phénomène sur leurs téléphones portables et on pense qu'il a été également filmé par une caméra vidéo. Des images du miracle ont été montrées dans les journaux télévisés un peu partout. Les appareils photos ordinaires semblent cependant ne pas avoir capté la transformation. Les photographies ont été transmises à l'évêque de la région qui reste sceptique et se demande s'il doit réunir une commission pour évaluer la possibilité d'un miracle.

Le maire d'Acerra, Espedito Marletta, bien que membre de la Rifondazione Comunista (le parti communiste refondé), profondément laïque, pense que ce « miracle » est un signe de l'angoisse de la Vierge face aux attentats terroristes et un appel en faveur de la paix.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu'il s'agissait d'un authentique miracle manifesté par le Maître qui fut la Vierge Marie.


Home Un enfant russe venant de Mars

Source : www.english.pravda.ru

Boriska, un enfant russe âgé de neuf ans, vivant dans la région située au nord de Volgograd, affirme être originaire de Mars et il a longuement parlé de cette planète ainsi que de l'histoire ancienne et de la situation actuelle de la Terre. Selon une équipe qui s'est rendue dans la région où vit le jeune garçon, Boriska a parlé à un groupe de personnes de la vie sur Mars – de ses habitants, de leurs vols en direction de la Terre et d'autres planètes, de leurs vaisseaux spatiaux et de leurs cités mégalithiques – et également d'un ancien pays sur la Terre, la Lémurie, qu'il connaissait en détail, car c'est là qu'il avait atterri en venant de Mars. Un ufologue, Gennady Belimov, a rendu visite par la suite au garçon et à sa famille et écrit un article pour Pravda on-line.

La mère de Boriska a déclaré ceci : « Lorsque Boriska avait seulement un an il commençait à lire les lettres de l'alphabeth et à l'âge de dix-huit mois il était capable de lire les gros titres du journal. Il commença à peindre à l'âge de deux ans. Nous le mîmes alors à la garderie. Les enseignants furent stupéfaits de ses talents et de sa manière inhabituelle de penser. Il possède une mémoire exceptionnelle et une incroyable capacité à saisir de nouvelles informations. »

Cependant les parents remarquèrent bientôt que leur enfant avait acquis des informations par lui-même. « Il s'asseyait parfois en lotus et se mettait à parler », a dit sa mère. « Il parlait de Mars, de systèmes planétaires, de civilisations lointaines. Nous ne pouvions en croire nos oreilles. Comment un gamin pouvait-il savoir tout cela ? Le cosmos, des histoires interminables concernant d'autres mondes et l'immensité du ciel, c'était pour lui comme des mantras quotidiens dès l'âge de deux ans. Boriska nous a parlé de sa vie antérieure sur Mars, du fait que la planète était habitée, mais qu'à la suite d'une catastrophe terrible elle avait perdu son atmosphère et que maintenant ses habitants devaient vivre dans des cités souterraines. Lorsqu'il vivait sur Mars, Boris avait l'habitude de s'envoler assez fréquemment vers la Terre pour faire du commerce ou s'adonner à des recherches. Il semblerait que Boriska pilotait alors son propre vaisseau spatial. C'était à l'époque de la civilisation lémurienne. Une catastrophe majeure eut lieu sur la Terre. Un immense continent fut englouti sous les eaux. »

Boriska pense qu'aujourd'hui le temps est venu pour les « hommes spéciaux » de naître sur Terre. « La renaissance de la planète approche. Une nouvelle connaissance sera demandée, une mentalité différente de la part des Terriens. »

On a demandé à l'enfant s'il avait une mission spéciale à remplir, et s'il était conscient de celle-ci. « Il dit qu'il peut deviner, a déclaré sa mère. Il dit qu'il sait quelque chose sur l'avenir de la Terre. Il dit que ces informations joueront un rôle très significatif dans l'avenir. » « Que sais-tu des dimensions multiples ? » a-t-on demandé à Boriska. Il a parlé de ses voyages en ovnis : « Nous décollions et nous débarquions sur Terre presque aussitôt ! » Il a pris un morceau de craie et commencé à dessiner un objet ovale sur un tableau. « Il est formé de six couches, a-t-il dit, 25 % pour la couche extérieure faite de métal solide, 30 % de quelque chose qui ressemble à du caoutchouc pour la seconde couche, à nouveau 30 % de métal pour la troisième. Les 4 % de la toute dernière couche sont composés d'une substance magnétique particulière. Si nous chargeons cette couche magnétique d'énergie, ces engins sont capables de voler n'importe où dans l'univers. » En ce qui concerne la maladie, Boriska a déclaré : « La maladie vient de l'incapacité des gens à vivre de manière correcte et à être heureux. Vous devez attendre votre moitié cosmique. On ne devrait jamais se mêler de la destinée des autres. Les gens ne devraient pas souffrir en raison de leurs fautes passées, mais entrer en contact avec ce qui est prédestiné pour eux et essayer d'atteindre ces hauteurs et de partir à la conquête de leurs rêves. Vous devez montrer plus de sympathie et de cœur. Si quelqu'un vous frappe, prenez-le dans vos bras, excusez-vous et agenouillez-vous devant lui. Si quelqu'un vous hait, donnez-lui tout votre amour et votre dévotion et demandez-lui pardon. Telles sont les règles de l'amour et de l'humilité. Savez-vous pourquoi les Lémuriens sont morts ? Je suis moi-même à blâmer en partie. Ils ne voulurent plus développer la spiritualité. Ils s'écartèrent de la voie prédestinée, détruisant ainsi l'ensemble de la planète. Le sentier de la magie mène à une fin mortelle. La véritable magie, c'est l'Amour ! » « Comment sais-tu tout cela ? » lui a-t-on demandé. «  Je le sais, a répondu Boriska. Kailis. »  « Qu'as-tu dit ? » demanda le journaliste. « J'ai dit : Hello ! C'est le langage de ma planète ? »

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé l'authenticité des origines du jeune garçon mais ajouté que certaines de ses informations étaient inexactes.


Home Brésil : accès public à des dossiers concernant les ovnis

Source : www.unknowncountry.com]

Des membres importants de l'Armée de l'air brésilienne ont officiellement rencontré un comité d'ufologues pour parler des apparitions d'ovnis dans le pays, et autorisé les chercheurs à examiner des documents jusqu'alors interdits d'accès dans plusieurs installations militaires. « Nous voulons que toutes les informations sur le sujet, que nous avons sous-traités pendant des décennies, soient révélées au public par l'intermédiaire de la communauté ufologiste », a déclaré le brigadier Telles Ribeiro, qui dirige le Centre de Communication de l'Armée de l'air brésilienne.

Les militaires brésiliens ont également ouvert aux chercheurs d'importants dossiers concernant les ovnis, selon A. Gevaerd du Comité brésilien de Recherche sur les ovnis. Ces dossiers incluent des documents de 1977 concernant des dizaines de cas d'apparitions d'ovnis en Amazonie, avec plus d'une centaine de photographies prises pendant l'Opération soucoupes volantes, une enquête officielle de l'armée brésilienne qui fut menée de septembre à décembre 1977. D'autres dossiers incluent « la Nuit officielle des ovnis au Brésil » en mai 1986, au cours de laquelle vingt et un objets volants de plus de 100 mètres de diamètre perturbèrent les systèmes de contrôle aérien au-dessus des villes de Rio de Janeiro, Sao Jose dos Campos et Sao Paulo. Plusieurs Jets furent envoyés sans succès pour intercepter ces objets non identifiés.

Un officier de l'Armée de l'air brésilienne, le brigadier Atheneu Azambuja, a raconté aux ufologues que les militaires brésiliens s'inquiétaient du phénomène ovni et que le pays avait systématiquement détecté et enregistré les apparitions d'ovnis à partir de 1954.

Les représentants de l'Armée de l'air présents à ces rencontres ont déclaré que des mesures supplémentaires seraient prises pour laisser les chercheurs examiner tous les dossiers militaires concernant les ovnis de manière plus complète. La création prochaine d'un comité d'ufologues militaires et civils, qui travaillera sous la coordination du Comité brésilien de Recherche sur les ovnis, est prévue.




Home Des larmes sucrées suintent d'un arbre amer

Source : Punjab India News, Inde

Le neem, est un arbre indien connu depuis des temps reculés pour ses nombreuses vertus curatives, ses feuilles, son écorce, son huile étant utilisées pour toute une gamme de traitements. Aujourd'hui, dans le village de Salempur Jattan, non loin de Ghanour, un neem attire l'attention de milliers de personnes.

La nouvelle s'est répandue que cet arbre miraculeux exsudait un liquide sucré. Des « larmes sucrées » ont commencé à suinter du neem à la fin de l'année 2004 ; ce sont des servants d'un temple sikh qui ont découvert que le liquide était sucré et qu'il soulageait les problèmes de peau et les douleurs d'articulations.

Des pèlerins viennent voir l'arbre et boire le liquide, persuadés de ses « pouvoirs surnaturels ».

Le temple sikh voisin organise les repas et les prières qui ont lieu toute la journée ; il fournit également des places de parking. Les personnes qui s'occupent du temple ont placé des récipients au pied de l'arbre pour recueillir « les larmes sucrées du neem » qui continuent à suinter de l'arbre en quantité anormale.

Selon des botanistes, un tel phénomène n'est ni habituel ni normal. Environ six litres de liquide suintent de deux branches par jour.

La substance miraculeuse est distribuée aux fidèles comme « prasad » (eau ou nourriture sacrée) lorsqu'ils viennent prier au temple. Les « larmes sucrées » semblent guérir les douleurs articulaires, les maladies de peau, l'asthme et le diabète.




Home Des épines qui sortent des yeux d'un jeune garçon

Source : The Hindustan Times, Inde

Des récits venant du Népal et impliquant un jeune garçon rappellent beaucoup les récits concernant une jeune libanaise qui versait des larmes de cristal et une fillette d'Arabie Saoudite qui versait des larmes faites de petites pierres, phénomènes confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme étant des signes ou des miracles manifestés par Maitreya. [ Voir Partage international décembre 1996 et mai 2004 ]. Cette fois, c'est un jeune Népalais de onze ans qui, après avoir versé des larmes faites de petits cailloux, verse, dit-on, des larmes d'épines.

Mandip Pokarel, qui vit à Anandnagar, dans la région de Janakpur, au sud du Népal, a causé un vif émoi lorsque des médias locaux ont révélé qu'il semblait pleurer des « pierres ». Plus de deux douzaines de pépites, de la taille d'un grain de riz, sont miraculeusement sorties des yeux du jeune garçon, d'après le quotidien officiel Rising Nepal. Maintenant il semblerait que les grains ou les pierres soient devenus des épines.

« Je ressens une douleur lorsque les épines commencent à sortir de mes yeux, a déclaré Mandip. Ensuite je suis soulagé. » Le phénomène a laissé perplexes les ophtalmologistes de la région.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu'il s'agissait d'un miracle manifesté par Maitreya.


Home Motifs lumineux à Nîmes

Motifs lumineux reflétés sur un mur de Nîmes (France). Photographie prise en février 2005 et envoyée par D. I.





Tendances

Home Fusion nucléaire : accélération de la recherche

Source : BBCNews.co.uk ; fusion.org.

Suite à un accord conclu à Moscou le 28 juin 2005 au sein du consortium international ITER, le premier réacteur au monde à fusion nucléaire sera construit à Cadarache, près de Marseille (France). ITER – International Thermonuclear Experimen-tal Reactor – coûtera près de 10 milliards d'euros et sa construction prendra environ 10 ans. Selon les six parties impliquées dans le projet (Union européenne, Etats-Unis, Russie, Japon, Corée du Sud et Chine), le réacteur reproduira le processus de fusion qui se déroule au sein du soleil. Au cours de ce processus, de l'énergie est produite lorsque les noyaux d'atomes légers fusionnent. Ce mode de production d'énergie sera plus propre et plus sûr que la fission nucléaire ou que la combustion de carburants fossiles. Si tout se déroule comme prévu, un kg du carburant utilisé au cours de la fusion produira la même quantité d'énergie que 10 millions de kg de carburant fossile.




Home Des enfants jockeys retournent à leur famille

Source : Associated Press.

Des centaines d'enfants utilisés dans les Emirats Arabes Unis (EAU) comme jockeys sur chameau sont en cours de rapatriement dans le cadre d'un programme mené par la police des EAU et financé en partie par l'Unicef.

Les courses de chameau font partie des traditions les plus populaires dans les monarchies du golfe arabique ; elles constituent également un sport très lucratif pour les Arabes bédouins, mais des critiques se sont élevées au niveau international au sujet de trafics d'enfants destinés à fournir des jockeys poids plume. Les garçons, dont certains ont à peine 4 ans, sont kidnappés ou achetés pour une bouchée de pain à des familles démunies, le plus souvent au Pakistan, au Sri Lanka ou au Bangladesh.

Dans ces pays, où près de la moitié des 140 millions d'habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour, environ 7 000 enfants font l'objet d'un trafic chaque année. D'après certains groupes d'action opposés à l'esclavage, environ 3 000 enfants, dont les plus jeunes ont à peine 4 ans, sont utilisés comme jockeys aux EAU ; parmi ceux-ci on retrouve quelque 1 700 enfants d'origine pakistanaise. Logés dans des conditions quasiment carcérales, les jeunes jockeys sont à moitié affamés afin de réduire leur poids pour permettre aux chameaux de courir plus vite. Comme les chameaux de course peuvent atteindre une vitesse de 48 km/h, de nombreux enfants sont gravement blessés ou tués en chutant ou lorsqu'ils sont piétinés ou traînés à terre coincés dans les cordes qui les attachent au chameau.

En mars 2004, sous la pression d'associations de défense des droits de l'homme et de lutte contre l'esclavagisme et avec l'appui du Département d'Etat des Etats-Unis, les EAU ont renforcé la législation interdisant l'utilisation de jockeys de moins de 15 ans et pesant moins de 45 kg. Depuis lors, la police prend en charge de plus en plus d'enfants dont notamment 500 enfants en provenance du Bangladesh et âgés de 3 à 15 ans. Parmi ces enfants, nombreux sont ceux qui ont été écartés de leur famille depuis si longtemps qu'ils ne pourront probablement pas reconnaître leurs propres parents.

Les autorités du Pakistan ont entamé le long processus de la recherche des familles des enfants ; en attendant, les enfants sont pris en charge dans un centre de protection de la jeunesse à Lahore où un programme de réinsertion et d'éducation est prévu pour eux. Le Qatar et l'Arabie Saoudite, qui utilisent aussi des enfants pour des courses de chameaux, renforcent également l'interdiction de faire appel à de très jeunes jockeys : l'âge minimum pour commencer l'apprentissage est fixé à 16 ans, la présence d'un tuteur légal est requise et l'utilisation d'équipements de sécurité durant les courses est obligatoire. Ces trois pays ont l'intention d'introduire prochainement des robots jockeys conçus par une société suisse.




Home L'IRA renonce à la violence en Irlande du Nord

Source : The New York Times, Etats-Unis

Au cours d'une déclaration attendue depuis longtemps, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) s'est engagée à mettre un terme à plus de 30 années de violence. Toutes les unités de l'IRA ont reçu l'ordre de déposer les armes et leurs membres doivent poursuivre leur objectif politique de mettre un terme à la présence britannique en Irlande du Nord pour aboutir à une Irlande unie par des moyens exclusivement non violents. Il est également suggéré que les armes mises hors service puissent être contrôlées par deux témoins indépendants – un catholique et un protestant. Dans sa majorité, la population espère que la déclaration de l'IRA va permettre de mettre en place un processus électoral. Bien que les leaders unionistes, qui souhaitent que l'Irlande du Nord continue à faire partie du Royaume-Uni, ne soient toujours pas convaincus que l'IRA ait réellement mis un terme à la lutte armée, la nouvelle a été bien accueillie au niveau international. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont salué la déclaration comme un pas important et peut-être historique.

Peter Hain, secrétaire d'Etat britannique à l'Irlande du Nord, a indiqué au sujet de cette déclaration de l'IRA qui contraste avec les précédentes : « Elle affirme dans un langage clair que les actions armées sont terminées. » George Mitchell, ancien sénateur des Etats-Unis ayant participé à la négociation des accords de paix de 1998, note que cette déclaration fait suite à la volonté du peuple qui veut la paix et pouvoir vivre normalement. La pression sur les politiciens a atteint une masse critique. En fait, dit-il, le public a entraîné les politiciens dans son sillage.

Bertie Aherne, premier ministre d'Irlande, a déclaré que la fin des actions paramilitaires de l'IRA représentait un objectif du gouvernement depuis le cessez-le-feu de 1994. Le gouvernement britannique a commencé à démanteler des postes d'observation de l'armée en Irlande du Nord et a convoqué une réunion à Londres avec les leaders du Sinn Fein afin d'entamer des discussions sur la décentralisation de l'administration.




Home Indonésie : retour à la paix dans la province d'Aceh

Source : The Guardian, Grande-Bretagne

Un accord de paix conclu entre le gouvernement indonésien et les rebelles du mouvement pour l'Aceh libre (GAM) a mis fin à une guerre civile de 29 ans qui a coûté la vie à 15 000 personnes. L'accord, signé le 15 août 2005 à Helsinki (Finlande) par des représentants des deux parties, est le résultat de nouvelles négociations de paix entamées après la dévastation d'une partie importante de cette province lors du tsunami de décembre 2004. Les parties impliquées dans le conflit ont convenu qu'il était temps de stopper les combats et de reconstruire un nouvel Aceh.

Selon les termes de l'accord, les rebelles ont accepté une forme de gouvernement local, ils ont renoncé à l'indépendance complète et se sont engagés à déposer les armes. Le gouvernement indonésien va retirer ses troupes de la région, libérer les prisonniers politiques et fournir des terres aux anciens combattants rebelles afin de les aider à réintégrer la vie civile. Une commission de vérité et de réconciliation va être mise sur pieds ainsi qu'un tribunal des droits de l'homme. L'Indonésie va aider les partis politiques locaux à s'organiser ; l'élection d'un chef régional sera mise sur pieds en 2006 et des élections législatives en 2009. Le nouveau gouvernement provincial conservera 70 % des revenus provenant de l'exploitation des énormes ressources naturelles de la province qui incluent le pétrole et le gaz. Une équipe composée d'environ 250 personnes provenant de l'Union européenne et de pays du sud-est asiatique supervisera l'application de l'accord. Le GAM espère que ces représentants s'assureront que les quelque 10 000 milices pro-gouvernementales seront désarmées.

Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande, qui a servi d'intermédiaire lors des discussions, a dépeint l'accord comme « Le commencement d'une nouvelle ère pour Aceh », la cérémonie de signature a été l'occasion de déclarations encourageantes en provenance des deux parties. « Nous sommes ici pour essayer d'écrire l'Histoire, a déclaré Hamid Awaluddin, ministre indonésien de la Justice et des droits de l'homme. Faisons en sorte que le goût amer du passé ne vienne pas détruire notre futur ».

Des milliers de personnes ont été témoins de la signature des accords grâce à des écrans géants installés dans Banda Aceh, la mosquée principale de la capitale. Nassruddin, un enseignant, affirme : « Je ne peux pas prédire ce qui va arriver, je sais seulement que nous voulons la fin des combats, nous voulons la prospérité et vivre en sécurité. »




Home Un tribunal mondial pour l'Irak

Source : www.truthout.org

Le tribunal mondial pour l'Irak (WTI), établi le 24 juin 2005 à Istanbul (Turquie), représente le point culminant d'une série de vingt conférences qui se sont tenues à travers le monde entier sur une période de deux années. L'objectif de ces sessions était de faire connaître la vérité au sujet de la guerre en Irak afin de permettre à la société civile d'exprimer son opposition à la guerre. Le tribunal a été fréquenté non par des gouvernements, mais par des individus (professeurs, écrivains et activistes) provenant du monde entier. Il a été établi sur le modèle du Tribunal international des crimes de guerre, instauré en 1967 lors de la guerre du Vietnam par le philosophe britannique Bertrand Russell.

Le WTI a enquêté sur des crimes de guerre, la place des médias, le caractère légal de la guerre et le rôle des Nations unies. Un jury composé de 17 membres provenant de dix pays a entendu les témoignages d'un panel d'avocats et de témoins en provenance du monde entier. Le but du WTI était d'enregistrer les crimes et méfaits qui ont abouti à la guerre et à l'occupation, et à la dévastation sur le plan politique, culturel et environnemental. Le document final a détaillé les mensonges formulés par les gouvernements des Etats-Unis et du Royaume-Uni afin de justifier l'invasion et l'attention insuffisante qui a été consacrée à l'opposition massive du public à cette guerre. Le jury a aussi établi des charges à l'encontre des gouvernements des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Conseil de sécurité de l'Onu, des sociétés privées et des grands médias. La déclaration finale reprend des recommandations qui, selon le jury, pourront servir de base pour un futur « où les institutions internationales vont être rétablies par la volonté des peuples et non pas par la peur ou les intérêts personnels, où les journalistes et les intellectuels ne seront pas muets, où la volonté du peuple servira d'axe central et où la sécurité humaine prévaudra sur la sécurité des Etats et sur les profits des entreprises ». Le tribunal espère que les preuves rassemblées serviront pour l'établissement de la vérité au sujet de la guerre en Irak.





Les priorités de Maitreya

Home Le changement climatique déclenche une crise alimentaire

Source : The Guardian, UK ; Programme alimentaire mondial de l'Onu ;

Selon des experts de l'Onu, un pays sur six dans le monde subit une crise alimentaire suite à de grandes sécheresses qui pourraient bien devenir semi-permanentes.

D'après le FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) et plusieurs sources gouvernementales américaines, 34 pays connaissent une pénurie de nourriture en raison de la sécheresse et d'autres désastres naturels tels que le tsunami asiatique. Actuellement, quelque 30 millions de personnes ont besoin d'assistance. Les cas de sécheresses dévastatrices pour les cultures en Afrique, en Amérique centrale et dans le Sud-est asiatique sont en augmentation depuis 2004, et davantage de pays pourraient être touchés.

Des récoltes ont été anéanties en Australie, au Cambodge, au Vietnam, à Cuba, en Afghanistan, au Maroc, au Guatemala, au Honduras et au Nicaragua. D'après le système de prévention des famines de l'Onu, les récoltes de 16 pays, y compris l'Equateur, le Pérou et le Lesotho, sont en péril. La région méditerranéenne est de plus en plus aride et la désertification s'étend ; l'Espagne et le Portugal, dont les récoltes ont diminué de moitié suite à l'une des pires sécheresses enregistrées, ont dû avoir recours à l'aide alimentaire de l'Union européenne.

Mais la situation est encore plus grave en Afrique. « L'Afrique nous donne les plus grandes inquiétudes, a déclaré Wulf Killman, président du groupe chargé du changement climatique au FAO. Beaucoup de pays se trouvent déjà en difficulté […] et nous constatons que le problème se généralise. L'Afrique du Sud devient nettement plus aride et tout le monde s'accorde à dire que le climat est en train de changer. Nous nous attendons à ce que des pays déjà sujets à la sécheresse deviennent encore plus secs à cause du changement de climat. »

Les pays d'Afrique les plus touchés par cette crise incluent le Niger, Djibouti, l'Ethiopie, l'Erythrée, le Malawi, le Soudan, la Zambie et le Zimbabwe dont les récoltes ont été les plus mauvaises depuis plus de dix ans, et qui ont subi trois ou quatre sécheresses en l'espace de quelques années.

Quant au Maroc, où la sécheresse des régions méditerranéennes a dévasté les cultures, le gouvernement craint de voir les populations rurales affluer vers les villes.

Rien qu'en Afrique australe, plus de 10 millions de personnes vont avoir besoin d'une aide alimentaire au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe au cours des neuf prochains mois. Les effets de la sécheresse y ont été exacerbés par le manque de semences et de fertilisants, allié à l'impact du sida et à la pauvreté chronique. Des rapports, établis par le Programme alimentaire mondial de l'Onu et la FAO, montrent que ces pays n'ont pas été en mesure de produire suffisamment de nourriture pour les besoins domestiques et qu'une sérieuse pénurie de nourriture va perdurer au moins jusqu'à mai 2006. Environ 2,8 millions de tonnes de nourriture devront être importées pour ces six pays, afin de pallier une grande partie de la pénurie, ainsi qu'environ 730 000 tonnes d'aide alimentaire provenant de la communauté internationale afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables de la région.

Pendant ce temps, en Afrique de l'Ouest, la crise alimentaire s'aggrave : 2,5 millions de nigériens, soit un quart de la population, ont désespérément besoin de nourriture depuis que la sécheresse et les sauterelles ont dévasté les cultures. Selon l'Onu, 32 000 enfants sont gravement sous-alimentés et en grand danger. 160 000 autres sont modérément sous-alimentés, ainsi que 261 000 femmes enceintes ou allaitant.

Malgré les appels répétés de l'Onu depuis novembre 2004, la communauté internationale n'a pas réagi avant qu'un grand nombre de décès soient enregistrés et que des images d'enfants mourant de faim soient diffusées dans les journaux télévisés. En outre, des experts estiment que la réponse internationale initiale a été mauvaise : elle reposait sur l'octroi de subventions destinées à faire baisser le prix des aliments plutôt que sur la distribution gratuite de nourriture, ceci afin de ne pas perturber les marchés locaux. Selon l'Institut britannique de développement des pays d'Outre-mer, la politique commerciale des gouvernements, dirigée en partie par les prêteurs internationaux, doit être corrigée. Récemment, l'Onu a dû lancer un appel d'urgence de 80 millions de dollars.

Les études de l'Onu sont confirmées par un rapport rédigé par des groupes britanniques pour le développement et l'environnement, qui estiment que l'Afrique sera le continent le plus affecté par la sécheresse et la désertification provoquées par le changement climatique et qu'elle va continuer à souffrir du manque de nourriture.

« L'Afrique est davantage exposée aux impacts du changement climatique que beaucoup d'autres régions du monde, a déclaré Andrew Simms, porte-parole du Mouvement mondial pour le développement. Le changement climatique est en train de se produire, et il affecte toutes les formes de vie qui dépendent de l'environnement naturel, ce qui signifie presque tout le monde en Afrique. »




Home Les principaux donateurs à l'Afrique sont des Africains

Source : Metro, Grande-Bretagne

Quelque 200 milliards de dollars d'aide non comptabilisée parviennent chaque année en Afrique, des Africains expatriés envoyant à leurs familles de l'argent qu'ils ont gagné en travaillant à l'étranger.

D'après Onyakachi Wambu, de la Fondation africaine pour le développement (Afford) basée en Angleterre, avec environ la moitié des 600 millions d'Africains qui tentent de vivre avec moins d'un dollar par jour, ces dons constituent un «  système invisible d'assistance permettant à l'Afrique de survivre ».

Le travailleur de nuit londonien Ber-nard Oppong-Kyekyeku subvient aux besoins de sa femme et de ses deux enfants vivant en ville, mais avec son salaire hebdomadaire de 250 livres (400 euros), il réussit quand même à envoyer plus de 100 livres (150 euros) par mois à sa famille au Ghana. « Il arrive qu'un parent ait besoin d'argent pour envoyer son enfant à l'école, ou pour payer des remèdes, et je les aide, déclare-t-il. Une petite somme qui ne permet pas d'acheter grand-chose ici peut durer longtemps au Ghana. »

O. Wambu raconte cependant : « Nous commençons à nous rendre compte que d'envoyer de l'argent à un parent pour envoyer un enfant à l'école ne sert pas à grand-chose si les structures de base font défaut. » Si bien que les Africains travaillent ensemble afin de réunir des sommes plus importantes. En 2004, l'Association d'aide Iteso formée de volontaires ougandais basés à Londres a réuni 10 000 livres destinées à soutenir plusieurs projets. Son président, Martin Osengor, déclare : « Nous avons besoin de médecins et nous nous efforçons de redresser la situation depuis l'Angleterre. » Cette initiative a provoqué des critiques du fait qu'elle reflète une fuite de cerveaux d'Afrique vers l'Occident. Le président d'Afford Gibril Faal voit les choses autrement : « Nous ne pouvons pas leur dire de ne pas venir, mais nous pouvons organiser des envois de fonds afin que l'argent retourne dans le pays où ils ont été formés – et contribue à la formation d'autres Africains. Les plus grands pourvoyeurs de dons à l'Afrique sont des Africains, même si vous ne pouvez croire ce que vous entendez », ajoute O. Wambu.




Home Zambie : l'éducation sauvée de la paralysie imposée par le FMI

Source : The Teacher, G.-B.

Cinq mille nouveaux enseignants vont être embauchés dans les écoles de Zambie, suite à une campagne internationale mettant en exergue les effets du remboursement de la dette sur l'éducation.

La Campagne mondiale pour l'éducation, menée par le Service volontaire outre-mer (VSO) en collaboration avec Oxfam et le Syndicat national britannique des enseignants, a étudié comment les efforts de la Zambie pour apporter à tous une éducation de qualité (l'un des Objectifs de développement du millénaire de l'Onu) étaient entravés par la politique du Fonds monétaire international (FMI).

Intitulée Sous-évaluation des enseignants, cette étude publiée en octobre 2004 à l'occasion des réunions FMI/Banque mondiale de Washington, a reçu le soutien de nombreuses pétitions et de quantité d'emails adressés au FMI et aux ministres des Finances du G7 par les membres des syndicats d'enseignants. Cette campagne visait à aider le secrétaire général du Syndicat des enseignants, accompagné d'un enseignant zambien, à soumettre directement au FMI une demande d'annulation de la dette de la Zambie et de suppression du gel des salaires des enseignants zambiens, imposé par le FMI et bloquant la création de 9 000nouveaux postes.

Le ministre des Finances zambien, Ng'andu Magande, a annoncé par la suite qu'il avait négocié avec le FMI la levée du blocage des salaires, l'augmentation de 4 % du budget de l'éducation et l'embauche (précédemment interdite par le FMI) de 5 000 nouveaux enseignants.

Le budget additionnel permettra de réduire le nombre d'élèves par enseignants et d'augmenter le revenu de ces derniers, au bénéfice de l'éducation zambienne dans son ensemble. Des négociations sont en cours afin d'augmenter de 38 % le salaire de tous les enseignants zambiens.

Le projet VSO Evaluation des enseignants compte des volontaires dans huit pays, dont le Guyana et le Rwanda. Il promeut la recherche, le lobbying et la création de coalitions dans le but d'aider les gouvernements à améliorer la situation et la morale des enseignants et d'atteindre les Objectifs du millénaire en matière d'éducation.





Faits et prévisions

Home Les atteintes au milieu marin affectent la Terre

Source : BBC TV News

« Les hommes doivent prendre conscience de leur responsabilité envers la planète sur laquelle ils vivent. Ils doivent comprendre qu'ils sont les régisseurs d'un organisme puissant mais vulnérable, et qu'il leur appartient de le protéger. Il en est peu qui, aujourd'hui, puissent prétendre agir ainsi . » [Partage international, juin 2001, le Maître de B. Creme]

Selon un rapport publié lors des travaux préparatoires du sommet de Gleneagles (G8) de juillet 2005, si nous ne faisons rien pour réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2), c'est l'écosystème marin qui pourrait en être irréversiblement affecté.

Le rapport publié par la Société royale britannique, « Acidification des océans due à l'augmentation du gaz carbonique dans l'atmosphère », souligne que les océans ont déjà absorbé près de la moitié des émissions carboniques produites par l'homme (provenant pour l'essentiel des combustions fossiles) au cours des deux derniers siècles, et que l'accroissement de ces rejets a produit, à l'échelle d'une vie humaine, une élévation irréversible du taux d'acidité du milieu marin.

John Raven, membre de cette Société, martèle que cela n'a rien d'un problème secondaire : « Ses effets ne sont peut-être pas encore perceptibles directement au niveau économique, mais ils peuvent affecter d'une manière importante le fonctionnement du système terrestre et sa capacité à soutenir le mode de vie auquel nous sommes accoutumés. » Le pH (potentiel hydrogène) de l'eau de mer a déjà chuté de 0,1 point sur une échelle de 14. Si les émissions de gaz carbonique continuent dans ce sens, ce potentiel chutera de 0,5 d'ici 2100 – un niveau que n'ont pas connu les océans depuis des millions d'années.

Nombre d'organismes marins, dont les coraux, sont déjà en danger, cette acidification rendant plus difficile la formation de leurs coquillages (à base de calcaire). Le premier touché sera le phytoplancton microscopique de l'Océan antarctique, qui est entouré d'une coque calcaire – ce qui est d'autant plus préoccupant qu'il constitue une source de nourriture essentielle pour de nombreuses espèces océaniques… lesquelles, par surcroît, connaissent des problèmes de respiration et de reproduction créés par les taux actuels de gaz carbonique dans la haute atmosphère.

Les changements dans la chimie des océans réduiront leurs capacités à absorber le gaz carbonique de l'atmosphère, d'où une accélération du réchauffement général. Pour Carol Turley, docteur au Plymouth Marine Laboratory (Grande-Bretagne), l'acidification marine est intimement liée au changement climatique : « Ce sont les océans qui ont, essentiellement, réduit l'impact du changement climatique, mais à leurs dépens. »




Home Menaces sur les sonars des mammifères marins

Source : Metro, Grande-Bretagne

Les preuves s'accumulent, qui montrent que ce sont les équipements à basses fréquences de la Royal Navy qui sont responsables des échouages massifs, et mortels, de dizaines de baleines et dauphins le long des côtes britanniques.

La Zoological Society of London a mis en évidence que les animaux qu'elle a étudiés sont morts du fait d'un retour trop rapide à la surface qui a fait apparaître des bulles d'air dans leur sang, une rapidité due à « des problèmes de sonar ». « Nous avons trouvé des bulles de nitrogène dans les foies de 15 dauphins, tortues et baleines à bec – ce qui indiquerait que ces animaux ont été victimes de problèmes de décompression de même nature que ceux qui affectent les plongeurs qui remontent trop vite », précise le docteur Paul Jepson, coordinateur de la Société pour la recherche sur les échouages de mammifères marins.

On croyait jusqu'à présent ces animaux immunisés contre ce genre de problème, mais on sait maintenant sans l'ombre d'un doute que les sonars basse fréquence qu'utilise la marine militaire pour détecter des sous-marins ultra silencieux peuvent être sources de souffrance, voire de mort.




Home La fragilité de l'environnementvu de l'espace

Source : Reuters

La commandante Eileen Collins a déclaré que l'équipage de la navette Discovery a pu observer, de la Station spatiale internationale où elle était amarrée (c'est-à-dire à quelque 360 km de hauteur), une « destruction environnementale à grande échelle » – ajoutant qu'il était impératif de protéger les ressources de la planète. « On peut observer de vastes processus en cours, tantôt d'érosion, tantôt de déforestation, et plus particulièrement dans certaines régions du monde, a-t-elle précisé lors d'un entretien depuis la Station avec des officiels japonais à Tokyo, dont le premier ministre Junichiro Koizumi. De notre point de vue d'astronautes, nous aimerions voir des gens qui prennent soin de la Terre et remplacent les ressources dont ils se sont servis. » L'atmosphère terrestre mérite également notre attention : « L'atmosphère est comme une coquille d'œuf, très mince, a-t-elle ajouté. Nous savons que nous n'avons pas beaucoup d'air, et nous devons protéger ce que nous avons. »





La voix des peuples

Home Appel mondial à l'action contre la pauvreté

Source : The Guardian, The Observer, BBC Online, Grande-Bretagne

Le sommet du G8 qui s'est tenu en juillet 2005 à Gleeneagles a été précédé d'un appel à une mobilisation mondiale contre la pauvreté et le changement climatique – deux thèmes sur lesquels le Royaume-Uni, qui assure actuellement la présidence du G8, cherchait à obtenir un accord de la part de ses partenaires. Sous la bannière de la campagne « Abolissons la pauvreté », des centaines d'associations caritatives organisèrent à Edimbourg le 2 juillet, le samedi précédant le Sommet, un meeting qui réunit près de 250 000 participants, de tous âges et de tous les secteurs de la société. Vêtus de blanc pour la plupart, ils firent une chaîne humaine autour de la ville, symbolisant le brassard blanc servant d'emblème à cette campagne. L'ambiance était à la fois optimiste, paisible et déterminée, et à 15 heures, l'on respecta une minute de silence émouvante.

Des figures bien connues de la politique, du spectacle et de diverses obédiences religieuses prirent la parole. Le politologue Jonathan Dimbleby rejeta l'idée que cette campagne ne mènerait à rien : « Les cyniques vous disent que vous perdez votre temps. Si vous les écoutez, il n'y aura jamais de changement. »

Le cardinal O'Brien, chef de l'Eglise catholique d'Ecosse, lut un message de Benoît XVI : « Les habitants des pays les plus riches devraient se préparer à accepter le coût de la réduction de la dette en faveur des nations les plus endettées, et presser leurs dirigeants de tenir leurs engagements de réduire la pauvreté dans le monde, et plus particulièrement en Afrique, d'ici 2015. » Le cardinal, s'exprimant ensuite à titre personnel, demanda aux chefs d'Etat réunis « d'écouter la voix de leurs citoyens : les pauvres ne cherchent pas la charité, ils cherchent la justice ».

Des collaborateurs de Share International d'Ecosse et du nord de l'Angleterre confectionnèrent des pancartes pour la marche, portant comme slogan « Seuls le partage et la justice apporteront la paix ». Ils tinrent également un stand d'information et participèrent aux divers ateliers organisés. Tous se sont sentis émus et dynamisés par cet événement. Selon Tom Richardson, un collaborateur de Share International de Glasgow : « Les gens se sentaient vraiment concernés par toutes ces questions, et le fait de participer à cette manifestation vous faisait sentir à quel point le pouvoir populaire gagne sans cesse en force et en influence dans le monde. »

Ce même 2 juillet, les musiciens Bob Geldof et Bono, ainsi que l'écrivain R. Curtis, organisèrent huit concerts dans le monde – à Tokyo, Londres, Philadelphie, Berlin, Johannesburg, Rome, Moscou, Cornwall et Barrie – avec des audiences gigantesques. Contrairement aux concerts Live Aid organisés vingt ans plus tôt, ils n'avaient pas pour but de récolter des fonds, mais simplement, en galvanisant les gens, d'envoyer un message sans équivoque aux dirigeants réunis au Sommet.

Le discours de N. Mandela au concert de Johannesburg fut retransmis aux autres manifestations. « Tant que la pauvreté persiste, il n'y a pas de liberté », a-t-il déclaré, en pressant les dirigeants du monde à ne pas « regarder ailleurs » mais « à agir avec courage et vision ». « Quelquefois, a-t-il ajouté, il revient à une génération d'être grande. Vous pouvez être cette génération. Laissez fleurir votre grandeur. Naturellement, la tâche ne sera pas facile. Mais ne pas l'accomplir serait un crime contre l'humanité contre lequel je demande maintenant à tous les hommes de réagir. » Au concert de Londres, des stars comme le groupe U2, les Pink Floyd et Madonna furent ovationnés et l'acteur Brad Pitt introduisit ainsi un des spectacles : « Affirmons notre refus de voir un enfant mourir toutes les trois secondes simplement parce qu'il n'a pas les médicaments que vous avez et que j'ai. Affirmons notre refus de voir que notre droit à la vie dépend de notre lieu de naissance. »

Les concerts et la manifestation ont fortement attiré l'attention des médias, qui en ont immédiatement compris le message – la nécessité de la justice. Tout le monde sentait que l'on peut et que l'on doit changer les choses, et que les gens les plus ordinaires peuvent y contribuer. Des millions de personnes portaient des brassards blancs, ont assisté aux concerts, discuté des questions citées plus haut, brandi des bannières de la Campagne « Abolissons la pauvreté » et se sont unis dans une gigantesque manifestation. Pour Khy Griffin, étudiant allemand qui participait au concert de Berlin : « Les dirigeants doivent écouter, sans quoi nous nous mobiliserons pour pousser les électeurs à les congédier. La force de ce que nous ressentons ici est si évidente qu'ils ne peuvent nous ignorer. » Jackie Clark, venu avec un ami au concert de Philadelphie, rapporte : « Ils nous ont dit que la pauvreté en Afrique tue l'équivalent de deux 11 septembre par jour. Un argument qui touche au cœur beaucoup d'Américains. Je me suis senti concerné par cette cause. Il est difficile à notre nation de comprendre ce qu'est la pauvreté abjecte et la souffrance ; ce sont des réalités trop loin de son expérience. Ce concert a donné une voix à chacun d'entre nous, et maintenant, on peut parler. C'est un peu comme de voter. Nous étions tous ici pour voter pour le changement. Nous sommes tous venus dans ce seul but. »

Plusieurs jours après, les dirigeants du G8 parvenaient à un accord sur les questions de la pauvreté, du commerce et de l'environnement – un accord fait de bonnes surprises et de déceptions. Dans leur communiqué final, entre autres engagements concernant la pauvreté et l'environnement, ils ont convenu de doubler l'aide au développement et de la porter à 48 millions de dollars d'ici 2010, ainsi que d'effacer la dette de 18 pays africains.

Les écologistes ont peut-être été les plus déçus, certains ayant même été jusqu'à dire que ce sommet n'avait fait aucun progrès sur le changement climatique – notamment en raison du blocage du président Bush. Cependant, pour les associations engagées dans la Campagne, ce sommet a accompli un important pas en avant pour mettre fin à la pauvreté, même si beaucoup reste à faire ; il faut notamment maintenir la pression sur les dirigeants pour qu'ils tiennent leurs engagements. Elles ont aussi remercié le public pour les avoir accompagnées et fait en sorte que ces questions ne puissent plus être ignorées. L'association Christian Aid a reconnu l'incidence de cette démonstration de force sur les résultats du Sommet : « Que vous ayez porté un brassard blanc, envoyé des courriels, ou que vous ayez fait partie des 250 000 manifestants venus faire entendre leur voix à Edimbourg, c'est grâce à vous si la pauvreté mondiale s'est retrouvée parmi les priorités de l'ordre du jour du Sommet de cette année. »




Home Une mère prend position

Source : www.truthout.org ; www.meet-withcindy.org

En plantant sa tente devant le ranch texan du président Bush, pour tâcher de le rencontrer, une mère dont le fils a été tué en Irak a galvanisé le sentiment anti-guerre aux Etats-Unis. Cinthy Sheehan, de Vacaville (Californie), voulait lui demander pourquoi il avait déclaré que son fils était mort d'une « noble mort ».

Elle a commencé sa protestation silencieuse le 6 août 2005, le jour où le président entamait ses cinq semaines de vacances. Rapidement, les visites que lui ont rendu à ce qu'elle avait appelé son « Camp Casey » (du nom de son fils) des centaines de militants pacifistes, d'autres parents ayant perdu des enfants dans cette guerre, ainsi que des représentants des médias, ont attiré sur elle l'attention de la nation. Certaines personnes ont été si émues par les informations et les reportages sur sa démarche qu'elles n'ont pas hésité à faire des centaines, voire des milliers de kilomètres pour se joindre à elle. Choquée d'avoir entendu le président Bush dire que les soldats tués en Irak l'avaient été pour une noble cause, Cinthy Sheehan avait décidé de se rendre au ranch présidentiel après avoir présenté son action lors d'une réunion annuelle de Veterans for Peace (Des vétérans pour la paix), à Dallas (Texas). « Il a dit que mon fils était mort pour une noble cause, et je veux lui demander en quoi consiste cette noble cause.

Dites-moi quelle est la noble cause pour laquelle est mort mon fils. Et si vous commencez à me parler de liberté et de démocratie, je vous dirai « foutaises !… »  Dites-moi la vérité. Dites-moi que mon fils est mort pour le pétrole. Dites-moi que mon fils est mort pour enrichir vos amis. Dites-moi que mon fils est mort pour répandre le cancer de l'impérialisme américain au Moyen-Orient, sous le masque de la Pax Americana. Si vous ne me dites pas que mon fils est mort pour la liberté et la démocratie, c'est parce que nous ne sommes pas plus libres qu'avant l'intervention. Vous nous ôtez nos libertés. Les Irakiens ne sont pas plus libres ; ils sont dans une situation bien pire que celle qu'ils connaissaient avant que vous vous mêliez de leurs affaires. »

C. Sheehan se dit optimiste sur l'évolution de l'opinion publique américaine sur la guerre : « 58 % des Américains sont avec nous. Nous prêchons devant le chœur, mais le chœur ne chante pas. Si l'ensemble de ces 58 % se mettaient à chanter, il mettrait fin à cette guerre. »

C. Sheehan n'a de cesse de presser les gens de prendre position, que ce soit d'un côté ou de l'autre. « Si vous êtes du côté pro-Bush ou pro-guerre, alors allez prendre la place d'un soldat en Irak qui veut rentrer. Si vous êtes contre la guerre et contre Bush, levez-vous et parlez. Mais quel que soit votre camp, ne restez pas sans rien faire.

Le contraire du bien, ce n'est pas le mal, c'est l'apathie. Nous devons sortir ce pays de leurs pattes, et faire chanter le chœur. Nous devons leur dire de retirer nos troupes. »

 




Home Télévision alternative en Amérique latine

Source : BBC, Grande-Bretagne ; IPS ; Caracas News, Venezuela

Une nouvelle chaîne de télévision entièrement latino-américaine vient d'être lancée, née du rêve d'une Amérique latine unie et prospère.

Soutenue par les gouvernements du Venezuela, d'Argentine, de Cuba et d'Uruguay, Telesur a commencé d'émettre depuis la capitale vénézuelienne, Caracas, en juillet 2005.

Telesur (Televisora del Sur, TV du Sud) a des correspondants dans neuf pays du continent (les quatre fondateurs, ainsi que le Brésil, la Colombie, le Mexique, la Bolivie et les Etats-Unis) et a pour mission d'être la voix indépendante de l'Amérique du Sud, de constituer une alternative à la puissance des médias occidentaux. Pour Aram Aharonian, journaliste uruguayen et directeur général de la nouvelle chaîne, il s'agit « d'un projet stratégique né du besoin de donner une voix aux Latino-américains face à la masse de pensées et d'images transmises par les médias commerciaux ». Les habitants de l'Amérique latine ont un besoin urgent « de se voir par leurs propres yeux et de découvrir par eux-mêmes les solutions à leurs problèmes, déclare-t-il. Si nous ne commençons pas maintenant, avec cette chaîne, le rêve d'une Amérique latine unie ne sera guère plus qu'un salut au drapeau. »

Lors de son lancement, son président, le ministre vénézuélien des communications, Andres Izarra déclara aux téléspectateurs de 23 pays d'Amérique latine que Telesur n'était pas dirigée contre le peuple des Etats-Unis, mais qu'elle pourrait agir comme un contrepoids à « l'impérialisme culturel ». Cette entreprise privée jouera le jeu de l'économie de marché (rentabilité, compétitivité…), mais au service d'un intérêt public.

L'Administration Bush a aussitôt manifesté son opposition au processus révolutionnaire en cours au Venezuela. Alejandro Kirk, directeur régional de Inter Press Service Latin America, a rapidement mis les choses au point : « Ce que certains ne considèrent que comme un outil de propagande créé par le président de gauche Hugo Chavez (Venezuela) apparaît à d'autres comme un grand pas en avant sur le long chemin conduisant à un nouvel ordre international de l'information, venant après celui accompli par l'Unesco il y a quarante ans. »




Home Pérou : des mines fermées grâce à la voix du peuple

Source : Reuters ; www.business-hu-manrights.org

La moitié de la population péruvienne vit dans la pauvreté, et les protestations contre l'exploitation minière se sont multipliées depuis 2003. Cette exploitation constitue l'industrie la plus lucrative du pays, particulièrement depuis que la hausse de la demande chinoise en cuivre a fait flamber les bénéfices. Les manifestants sont principalement de petits fermiers qui protestent contre la perte de leur terre et la contamination des récoltes, de la terre et des systèmes d'irrigation par des produits chimiques tels que le cyanide,  et des habitants de la région qui demandent aux compagnies étrangères prospères de restituer davantage de leurs profits – sous forme d'écoles, d'hôpitaux, de routes, par exemple – à ces régions appauvries, que le gouvernement néglige en permanence.

Fin juillet 2005, un millier de manifestants ont convergé sur Rio Blanco, où se trouve une mine de cuivre exploitée par une firme britannique, à douze heures de marche du village le plus proche, avec pour but d'empêcher le travail des mineurs exploitant ce site d'une valeur de 800 millions de dollars. Un manifestant fut tué et 20 autres blessés, et mi-août, des policiers gardaient encore les abords de la mine tandis que les manifestants bloquaient les routes et que l'Eglise catholique tentait d'établir un dialogue entre les habitants et Monterrico Metals. Même chose dans le nord du pays où 4 000 habitants d'une région ont bloqué les activités de la mine de cuivre de Billiton's Tintaya, son personnel ayant été évacué et la police appelée pour protéger le site. Ajoutons que Newmont Mining a dû retirer des équipements de la plus importante mine d'or d'Amérique latine, « pour éviter des conflits ».




Home Un investissement éthique

Source : IPS

Les consommateurs et les investisseurs ont découvert leur pouvoir et leur influence, et l'investissement éthique s'est étendu à l'ensemble du monde. Le fonds d'investissements d'une branche américaine de l'Eglise presbytérienne – la Mission Responsability through Investment (MRTI) –, qui regroupe près de 2,3 millions de membres, vient d'annoncer qu'elle allait entrer dans un nouveau type de relation, baptisée « engagement pour le progrès » [progressive engagement] avec cinq grandes firmes (Caterpillar, Citigroup, ITT Industries, Motorola et United Technologies) car, estime-t-il, ces firmes contribuent à la poursuite des violences en Israël et en Palestine.

Le portefeuille d'investissements de l'Eglise presbytérienne se monte à huit milliards de dollars, et parmi les entreprises où elle a placé ses fonds, certaines, présentes en Israël, favorisent par leurs activités l'occupation militaire des Territoires.

Le comité directeur du MRTI annonce que ce changement de relation sera progressif. Il utilisera le dialogue, la pression des actionnaires, et ne recourra qu'en dernier ressort au retrait de ses investissements pour amener Israël à changer de politique.

Selon Bill Somplatsky-Jarman, membre du comité : « Nous entamons un processus lent, délibéré, destiné à créer des opportunités pour les firmes concernées […] par le dialogue, les assemblées d'actionnaires et la pression publique, de sorte qu'elles puissent changer des pratiques qui lèsent gravement des innocents et retardent le mouvement vers une paix juste. »

Depuis que l'Eglise a fait connaître son projet, l'année dernière, d'autres organisations et Eglises ont annoncé qu'elles allaient lui emboîter le pas. En février 2005, le Conseil mondial des Eglises, basé à Genève, a demandé à ses 347 Eglises membres d'examiner la possibilité d'une pression financière au Moyen-Orient. De son côté, l'Anglican Communion, forte de ses 77 millions de membres, s'est déclarée prête en mai 2005, « à suivre les traces de l'Eglise presbytérienne et de presser ses Eglises membres d'étudier la possibilité de ce genre d'initiatives ».

En juin 2005, les conférences de l'Eglise méthodiste unie, tenues pour la Virginie et la Nouvelle-Angleterre, ont indiqué qu'elles pourraient « rejoindre ce mouvement qui fait tache d'huile parmi les fonds d'investissements religieux », et ont adopté des résolutions appelant à retirer les investissements des entreprises qui profitent de l'occupation israélienne.





Les mensonges dévoilés

Home Irak : évaporation des fonds pour la reconstruction

Source : The Guardian, G.-B.

La vérité apparaîtra – grâce aux efforts d'hommes tels qu'Ed Harriman, journaliste et réalisateur de documentaires de télévision, qui a enquêté sur les aspects financiers de la « libération » de l'Irak, à partir des résultats d'audits menés par des experts. Dans un article détaillé et cinglant intitulé Alors, M. Bremer, comment cet argent s'est-il évaporé ? publié en juin 2005 dans le London Review Books, E. Harriman présente l'enquête sur l'usage de ces milliards.

L'article débute en donnant un exemple de la débauche et de la corruption des Irakiens et des Américains en Irak : « Le 12 avril 2004, le gouvernement provisoire de la coalition (CPA) à Erbil, dans le nord de l'Irak, remit 1,5 milliard de dollars cash à un correspondant local. L'argent, des billets de 100 dollars neufs emballés sur des palettes qui avaient nécessité l'emploi de trois hélicoptères Blackhawk, provenait de ventes de pétrole dans le cadre du Programme pétrole contre nourriture des Nations unies, et avait été confié par les Nations unies aux Américains pour être dépensé par le peuple Irakien. Le CPA n'a pas contrôlé correctement le correspondant, et par conséquent, selon un rapport d'audit de l'inspecteur général du CPA « le risque de perte ou de vol de cet argent liquide était considérable ».

Paul Bremer, proconsul américain à Bagdad jusqu'en juin 2004, conserva une caisse noire de 600 millions de dollars en cash pour laquelle aucun registre n'a été tenu… « 200 millions étaient conservés dans un ancien palais de Saddam, dans une pièce gardée par un soldat américain qui avait l'habitude de laisser la clef sur son bureau quand il allait manger. Là encore, il s'agit d'argent irakien, non de fonds américains. »

Combien d'argent a disparu ? Alors que la guerre en Irak se terminait, de vastes sommes étaient allouées aux autorités intérimaires américaines sous les ordres de Paul Bremer. En mai 2003, une résolution du Conseil de sécurité autorisa le transfert de tous les fonds dans un nouveau compte – le Fonds de développement pour l'Irak (DFI), destiné à être dépensé par le CPA « d'une manière transparente et dans l'intérêt des Irakiens ». Selon E. Harriman, le fonds comprenait six milliards de dollars issus du Programme pétrole contre nourriture de l'Onu ; au moins 10 milliards de dollars issus de la reprise des exportations pétrolières, et 18,4 milliards des contribuables américains pour la reconstruction de l'Irak, suite à une décision du Congrès. Au total, cela représente au moins 34,4 milliards de dollars consacrés à l'Irak.

Cependant, écrit E. Harriman, « quand P. Bremer a quitté Bagdad [...] son CPA avait dépensé 20 milliards de l'argent Irakien, et seulement 300 millions de fonds propres américains. » Si la reconstruction de l'Irak pouvait être comparée au Plan Marshall d'après guerre, explique E. Harriman, la différence était que « le secrétaire d'Etat à la défense Donald Rumsfeld et Paul Bremer se sont assuré que la reconstruction était payée par les pays « libérés » – les Irakiens eux-mêmes. » Les auditeurs ont découvert une diversité extraordinaire de transactions douteuses allant de l'absence de preuve comptable à la plus basse corruption. Henry Waxman, un démocrate, a réclamé des rapports d'audit. « Dans les six mois de l'invasion, écrit E. Harriman, le comité Waxman a obtenu des preuves que la société texane Halliburton * a vait surfacturé les autorités d'occupation pour le pétrole importé du Koweit en Irak, et engrangé une marge de plus de 150 millions de dollars. » Halliburton demandait 2,65 dollars pour un gallon aux Irakiens, alors que les forces américaines l'achetaient à 1,57 dollar.

« Les audits ont aussi découvert que 8,8 milliards de dollars ne sont pas parvenus aux ministères du nouveau gouvernement Irakien de Bagdad ; P. Bremer les avait en charge mais il s'est peu soucié de savoir où ils étaient passés. En outre, 3,4 autres milliards prévus par le Congrès pour le développement de l'Irak ont en réalité été utilisés pour financer la « sécurité ».

Le comité Waxman a demandé au GAO (service de comptabilité générale du Congrès américain) de vérifier les plus gros contrats d'Halliburton avec l'Irak : fourniture de logistique – allant de la fourniture de repas à de la lessive – aux forces américaines. Le rapport de juin 2004 du GAO montre que les contrats de logistique n'ont pas fait l'objet de mise en concurrence, mais ont été offerts à quelques firmes américaines dont les plus grosses sont Halliburton et sa filiale Kellogg, Brown and Root (KBR) : « Dans les neuf premiers mois d'occupation, KBR faisait ce qu'il voulait en Irak […], des millions de dollars d'équipements ont disparu. KBR vendit, pour 73 millions de dollars, des caravanes motorisées pour héberger la 101e Division aérienne, soit deux fois le prix que l'armée avait estimé pour construire des baraquements fixes ; KBR factura 88 millions de dollars pour trois millions de repas aux troupes américaines qui n'ont jamais été servis. »

Le service d'audit du Pentagone, Defence Contract Audit Agency (DCAA), a trouvé des déficiences pratiques, légales et contractuelles dans le système de facturation de KBR au gouvernement, avec absence de preuves des paiements aux sous-traitants qui auraient pu étayer la facturation de KBR.

La corruption américaine sur l'argent irakien a peut-être été pire encore. Les audits ont rapporté que :

– le CPA n'a pas conservé les traces de centaines de millions de dollars en cash dans ses comptes ;

– a attribué des marchés pour des milliards de dollars à des entreprises américaines sans mise en concurrence ;

– n'a aucune idée de ce que sont devenus les fonds de développement pour l'Irak (FDI) dépensés par les ministres du gouvernement intérimaire ;

– des millions de dollars en cash ont disparu de la Banque centrale irakienne, et entre 11 et 26 millions de dollars appartenant à l'Irak et séquestrés par le CPA se sont évaporés ; – des centaines d'employés fantômes ont prétexté des factures et des millions de dollars ont été payés aux contractants pour des travaux non réalisés – jusqu'à 3 379 505 dollars seulement pour un contrat de réparation d'un pipe line pétrolier.

En octobre 2003, une équipe d'audit internationale (IAMB) a été créée pour établir un état indépendant et international des dépenses du CPA. Elle a montré que les exportations pétrolières irakiennes n'étaient pas quantifiées – personne ne sachant comment l'expliquer. Officiellement, l'Irak a exporté 10 milliards de dollars la première année de l'occupation américaine, mais «  il n'existe aucun document justifiant la concurrence limitée pratiquée par les ministres irakiens, les détournements de revenus du pétrole sont possibles, l'exactitude des budgets et des dépenses enregistrées sont difficiles à établir et le produit des ventes de pétrole n'a pas été déposé sur un compte spécial, contrevenant à la résolution 1484 du Conseil de sécurité ».


* Le vice-président américain Dick Cheney est l'ancien président d'Halliburton, une compagnie pétrolière qui fournit aussi des matériels militaires et des services de construction.





Courrier des lecteurs

Home Le pouvoir du peuple

Cher Monsieur,

Le 12 mars 2005, notre groupe local de transmission a organisé une séance vidéo publique sur la conférence donnée par Benjamin Creme à Tokyo en mai 2004. Nous avons eu ensuite une séance de discussions et de questions-réponses avec les quelques personnes qui avaient vu la vidéo. Au cours des échanges, un jeune Noir américain entra dans la salle, alla s'asseoir et, bien que n'ayant pas assisté à la projection de la vidéo, commença presque aussitôt à prendre part à la discussion. Il était question de la scène politique américaine et quelqu'un parmi le public avait suggéré une attitude reposant moins sur la confrontation que sur le compromis envers l'actuel gouvernement américain. Le Noir américain déclara que l'on ne devrait faire aucun compromis avec le mal, qu'il devait être confronté de manière directe, que les gens ne devraient pas reculer.

La discussion se poursuivit sur des sujets très variés et le Noir s'exprima longuement et presque sans interruption. Il déclara que lui-même était originaire de New York, mais que San Francisco était un centre unique aux Etats-Unis en ce qui concerne les efforts en faveur de la paix et de la justice. Il ajouta que ceux qui vivaient ici devraient continuer et même accroître leur travail dans ce sens, et devenir ainsi un exemple positif pour le reste du monde. Les marches pour la paix et les manifestations étaient également bénéfiques car, dit-il, beaucoup de gens les soutenaient même sans y prendre part, et ces marches et ces manifestations donnent une note positive et encouragent les autres. Il indiqua également que des actions comme la nôtre étaient également bénéfiques et devraient se poursuivre pour la même raison. Il ajouta que nous ne pouvons jamais voir tous les effets bénéfiques des bonnes actions que nous accomplissons, car le bien se multiplie d'une personne à une autre à l'infini. Il aborda une grande variété de sujets et l'impression générale qu'il laissa fut celle d'une profondeur de vue et d'une sagesse inhabituelles. Vers la fin, cet homme suggéra que nous restions en contact. Il inscrivit son nom (Kaliym Shabazz), le nom de sa rue et son adresse e-mail sur notre liste d'adresses. Un autre co-worker le vit plus tard à la bibliothèque située à l'étage, en train d'utiliser l'ordinateur.

Cet homme était-il quelqu'un de particulier ?

M. L., San Francisco, E.-U.

Le Maître de B. Creme a indiqué que le « Noir américain » était Maitreya.


Home La voix de la sagesse

Cher Monsieur,

Le 18 juin 2005, une émission de télévision sur Live Aid en 1985 montra une interview d'un cultivateur qui dut aller en justice pour obtenir l'autorisation de montrer le concert en direct sur un immense écran dans son champ. Il s'attendait à un refus. Pendant l'audience, il vit une vieille dame entrer et s'asseoir dans le fond de la salle. Elle portait des vêtements de laine usagés et avait un grand sac à la main. Juste avant que la cour ne prononce son verdict, la vieille femme se leva, s'avança et dit au tribunal : « Il y a des gens qui meurent en ce moment-même. » Elle posa la main sur l'épaule du cultivateur en signe de soutien et quitta la salle. La licence fut accordée immédiatement. Cette vieille femme était-elle quelqu'un de particulier ?

A. G., Lancaster, Lacashire, Grande-Bretagne

Le Maître de B. Creme a indiqué que la « vieille femme » était Maitreya.


Home Une promesse

Cher Monsieur,

En 1998, un homme qui vit dans l'ouest de l'Argentine m'a raconté l'histoire suivante :

Je me rends, m'a-t-il dit, une fois par mois à 170 km au nord de la ville de San Juan pour prendre un chargement de rondins de peupliers. J'en profite parfois pour aller dans la montagne rendre visite à un couple d'amis, gardiens de chèvres, qui vivent isolés dans une humble maison à laquelle on peut difficilement accéder à travers un champ désertique, car il n'existe aucun sentier.

Mon ami m'a raconté qu'il y a quelque temps, alors qu'il travaillait dans les champs et prenait soin des chèvres avec sa femme, ils virent soudain un homme barbu, vêtu de blanc, portant un bâton et accompagné d'un petit chien, s'approcher d'eux d'un pas paisible. Ils eurent une réaction d'inquiétude car ils n'avaient entendu le bruit d'aucun véhicule venant de cette direction. De l'autre côté il n'y avait qu'une chaîne de montagnes. Sa femme alla se réfugier dans la maison tandis qu'il demandait à l'étranger comment il était arrivé jusque là. Ce dernier lui répondit : « En marchant ». C'était difficile à croire car la ville la plus proche se trouve à 100 km de là.

Heureusement apparut alors à l'horizon le camion d'un de leurs amis qui leur apporte de temps en temps des lettres de leurs enfants. Mon ami saisit l'occasion pour demander à cet homme de prendre « l'étranger » en stop, car ce genre d'individu « surgi de nulle part » ne leur inspirait pas confiance. Le camionneur, d'un naturel accommodant, le calma et invita l'homme au bâton à venir avec lui jusqu'à la prochaine ville, et ce dernier accepta.

Une semaine plus tard, le camionneur demanda au couple si « l'étranger » était revenu chez eux car, alors qu'il conduisait en parlant de la vie à la campagne, il avait à un moment donné tourné la tête vers l'étranger, assis juste à côté de lui, et celui-ci avait disparu.

Avec le recul, le berger et sa femme prirent conscience de se trouver en face de quelque chose de « très inhabituel » et ils éprouvèrent un sentiment de joie et de paix. A leur grand étonnement, quelques semaines plus tard, « l'étranger » réapparut, mais cette fois ils l'invitèrent dans leur maison faite de boue, de paille et d'adobe et il partagea leur repas.

L'étranger parla au couple de choses concernant leur famille, leurs enfants et la vie à la campagne. Ils n'arrivaient pas à comprendre comment il pouvait être au courant de tout cela, mais ils apprécièrent sa compagnie. Lorsque l'homme s'apprêta à partir, « en marchant à travers les montagnes », comme il dit, et il leur promit de revenir.

Inutile de dire que cet homme et cette femme, qui vivent si isolés, attendent avec impatience et amour leur « nouvel ami » qui leur donne l'impression d'être quelqu'un de « pas ordinaire ».

Qui était l'homme en blanc avec un petit chien ?

D. G. G., San Juan, Argentine

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l'homme en blanc » avec un petit chien était Maitreya.


Home Un soutien moral

Cher Monsieur,

En juin 2004, j'aidai à tenir un stand sur la méditation de transmission au salon Mind, Body and Spirit de Melbourne. En arrivant le matin, je me sentais exaltée, remplie d'attente et de joie. Je traversai l'immense hall, passant devant de nombreux stands ayant trait à tout ce qui concerne le bien-être corporel, et j'étais pleine de reconnaissance d'avoir eu l'occasion d'entendre parler de Maitreya et heureuse d'avoir la possibilité de transmettre l'information à d'autres.

Au fil de la journée, ce sentiment s'évanouit progressivement. Je me sentais frustrée, car à chaque fois que quelqu'un me posait des questions au sujet de notre stand, mes réponses semblaient maladroites, timides et peu susceptibles d'inspirer qui que ce soit.

Vers 14 h un homme se présenta. Il avait une trentaine d'années, il était petit, vigoureux et il avait l'air indonésien ou malais. Il portait un jean, un chapeau orange, de nombreux bijoux d'argent, et il avait des cheveux assez longs avec de fines nattes, des yeux rieurs et une allure resplendissante. Il me posa des questions sur notre stand. Chacune de mes réponses était suivie par une autre question. Il pointa le doigt vers nos photos et continua à me questionner – tout se déroulait pour le mieux. Vint alors une question à laquelle je ne savais pas tout à fait comment répondre et je dis alors quelque chose comme : « Je ne sais pas bien expliquer ceci » et il répondit : « Mais si, vous le faites très bien. » Je me mis à rire en répliquant : « C'est parce que vous posez les bonnes questions. »

A un moment donné, je commençai à penser qu'il s'agissait peut-être de l'un des Maîtres, me mettant à l'épreuve, afin de m'encourager. Nous parlâmes pendant une trentaine de minutes et je lui posai de nombreuses questions – il répondit à des questions sur la nature de l'existence humaine comme quelqu'un possédant une profonde connaissance. Je sentis qu'il n'ignorait rien de mes pensées ni de ce qui me concernait, comme s'il était mon instructeur, que mon parcours et mes progrès lui étaient familiers et qu'il vérifiait de temps à autre où j'en étais pour s'assurer que je poursuivais mes efforts, mais sachant bien où je me trouverais en terrain familier.

Il eut un échange profond avec les autres membres de notre groupe et resta avec nous pendant deux ou trois heures. Ce fut une expérience réconfortante et enrichissante. Avons-nous bénéficié de la visite de l'un des Maîtres ?

A. B., Mt Dandenong, Victoria, Australie

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le visiteur était Maitreya.


Home Une image de la perfection

Cher Monsieur,

C'est aux alentours de 1994 que j'ai entendu pour la première fois parler de Maitreya et des Maîtres. Peu de temps après, alors que j'achetais un livre à la librairie Oxford Centre, à Ljubljana, je vis un couple merveilleux. Ils avaient une trentaine d'années. Ils étaient en train d'acheter quelque chose et de se renseigner auprès d'un vendeur sur les bons restaurants de la ville.

L'homme était divinement beau, il avait quelque chose de magnétique et de très particulier. Je n'avais jamais vu un être humain aussi parfait auparavant. Il avait de longs cheveux bruns bouclés et était vêtu de noir. Chacun de ses gestes et chaque mot qu'il prononçait semblaient parfaits. Il y avait en lui quelque chose de divin. Je ne pouvais détacher les yeux de lui. La femme était également très belle.

Pourriez-vous me dire qui étaient ces deux personnes ?

P. J., Ljubljana, Slovénie

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l'homme » était Maitreya et « la femme » le Maître Jésus.


Home Un vendeur

En août 1998, de bonne heure dans l'après midi, je quittai mon travail dans une zone industrielle. Lorsque j'arrivai à un rond-point près de la route principale, je vis un homme barbu d'âge moyen qui, posté au bord de la route, faisait signe aux voitures de s'arrêter. Comme je ne pouvais le faire sur-le-champ, je fis à nouveau le tour du rond-point pour voir s'il avait besoin d'aide. Lorsque j'arrivai près de lui, il continua à faire signe aux voitures qui passaient, mais personne ne semblait lui prêter attention.

Quand je baissai ma vitre, il s'approcha de moi et me raconta que lui et son ami avaient livré des vêtements venant d'Italie à El Corte Inglés, un grand magasin, mais lorsqu'ils avaient déchargé la marchandise, un défaut avait été constaté dans un petit lot de vêtements et ils n'avaient pu les livrer. Il leur était impossible de retourner en Italie avec ces vêtements car leur patron serait en colère, et il essayait donc de les vendre. Il me montra du doigt un petit ballot caché à une dizaine de mètres de lui, en disant que son ami attendait dans le camion non loin de là, et il m'invita à voir les vêtements et éventuellement acheter quelque chose pour ma femme car c'étaient des vêtements de bonne qualité. Je regardai aux alentours, mais je ne pus voir le camion nulle part. Je proposai de leur indiquer d'autres endroits où ils pourraient vendre les vêtements plus facilement, étant donné que cette zone industrielle sans boutiques ni maisons n'était guère appropriée. Il me répondit qu'ils n'avaient pas de permis de vente officiel et que cela pourrait leur causer des ennuis avec les autorités.

Je vérifiai si j'avais suffisamment d'argent pour acheter quelque chose, mais je n'avais qu'une pièce de 500 pesetas (environ 3 euros). Je lui dis que je ne pouvais rien lui acheter, mais qu'il pouvait prendre la pièce.

A ce moment-là, il posa la main sur mon bras droit en disant que cela n'avait pas vraiment d'importance, mais qu'il m'était très reconnaissant de m'être arrêté. Nous nous dîmes au revoir et je m'en allai. Du rond-point menant à la route principale, je pouvais encore le voir faire signe aux voitures qui poursuivaient leur trajet en l'ignorant.

Cette rencontre m'a laissé une impression étrange, car nous nous comprenions parfaitement bien, comme si nous avions parlé la même langue, alors qu'en fait il parlait italien et moi espagnol. J'aimerais savoir si cette rencontre avait quelque chose de particulier ?

H. L., Barcelone, Espagne

Le Maître de B. Creme a indiqué que le « jeune homme » était le Maître Jésus.


Home Un étranger amical

En 1998, un soir d'automne, à Barcelone, ma femme et moi rentrions en voiture d'une méditation de transmission. A un croisement, au moment de déboucher sur la route principale, nous vîmes un jeune homme barbu d'environ trente-cinq ans, aux profonds yeux bruns, qui marchait sur le trottoir. Il semblait nous regarder, en souriant, et en nous saluant de la main droite. Cela semblait étrange car nous ne nous souvenions pas de l'avoir rencontré auparavant. Cependant, une certaine chaleur émanant de lui me donna l'impression de le connaître depuis toujours.

Une fois sur la route principale, je regardai dans le rétroviseur et je vis qu'il s'était arrêté et s'était retourné et qu'il continuait à nous regarder en souriant, les mains tendues. Je dus regarder devant moi pendant une seconde pour pouvoir continuer à conduire et lorsque je regardais de nouveau dans le rétroviseur, je ne le vis plus. Ce jeune homme souriant était-il quelqu'un de particulier ?

H. L., Barcelone, Espagne

Le Maître de B. Creme a indiqué que le « jeune homme » était le Maître Jésus.


Home Le partage sauvera le monde

Cher Monsieur,

Le vendredi 15 avril 2005, deux membres de notre groupe de transmission et moi-même nous sommes joints à la manifestation « Wake up to trade justice » (Prendre conscience de la nécessité du commerce équitable) à Londres. Nous avions beaucoup réfléchi à l’inscription sur notre bannière, ainsi formulée « Sharing Will Save the World » ( Le partage sauvera le monde ).

Comme des milliers d’autres personnes, nous fîmes la queue pendant une éternité pour entrer dans Westminster Abbeye. Lorsque nous réalisâmes que nous étions trop nombreux, nous déployâmes notre bannière et rejoignîmes la marche longeant Whitehall et se dirigeant vers l’endroit où la veillée devait avoir lieu à minuit.

Cependant, c’était la première fois que nous faisions quelque chose de ce genre et, pour être honnête, nous étions très embarrassés. Nous réalisâmes que notre bannière était différente de toutes les autres autour de nous, qui portaient des slogans du genre « Make Poverty History » ( En finir avec la pauvreté ). Nous reçûmes des regards perplexes de la foule des manifestants lorsqu’ils lisaient notre bannière. Certains se tournaient vers leurs amis et commençaient à discuter pour savoir si le partage sauverait réellement le monde. Cela aurait pu en valoir la peine, mais les commentaires que nous entendions étaient négatifs, commençant par des déclarations comme : « Pas nécessairement… » Je fus déçue de me sentir sur la défensive.

Néanmoins, nous poursuivîmes notre route, en nous assurant que notre bannière se voyait dans le flot de la circulation, jusqu’à ce que nous soyons obligés de nous arrêter au bord de la route car Parliament Square était plein. Les passants semblaient intéressés par ce qui se passait, mais comme c’était un vendredi soir dans le centre de Londres, il n’est pas réellement surprenant que ceux qui interpellaient les manifestants avaient tendance à s’en moquer.

Puis le trafic ralentit et nous remarquâmes une voiture avec plusieurs passagers. L’homme assis à côté du conducteur se penchait par la portière et lisait à voix haute les inscriptions sur les bannières. Lorsqu’il arriva à la nôtre, il la lut lentement comme pour lui-même – « Le partage sauvera le monde ». Il semblait y réfléchir.

Puis soudain il s’écria avec force : « Oui ! Oui ! » Il devint très excité, se pencha davantage et, ouvrant grands les bras, il les agita et s’écria d’un air extasié : « Le partage sauvera le monde ! » Nous l’entendîmes le redire à plusieurs reprises tandis que la voiture descendait la rue. Chaque fois qu’il énonçait le slogan, il insistait avec force et exaltation sur le mot « sauvera ».

Nous ne pûmes nous empêcher de sourire. Cet incident nous remonta le moral pour le reste de la soirée et nous nous demandâmes si cet homme n’était pas Maitreya ou l’un des Maîtres.

P. W., M. K., Bedfordshire, Grande-Bretagne

Le Maître de B. Creme a indiqué que l'homme de la voiture était Maitreya.



Interviews

Home VideoLetters : un outil pour la réconciliation

Interview de Eric van den Broek par Felicity Eliot

1992. A nouveau la guerre en Europe – cela semblait impensable. Mais le continent fut forcé d’ouvrir les yeux sur le fait que la guerre avait éclaté dans sa propre cour, dans une région où nombre d’Européens allaient en vacances ou pour affaires. Et à la fin d’un vingtième siècle qui avait déjà connu tant de conflits.

L’éclatement de l’ex-Yougoslavie a donné l’occasion à d’anciennes différences de se transformer en ferveur ultra-nationaliste. Pendant plus de 40 ans, Serbes, Bosniaques, Croates et Albanais – des peuples aux arrière-plans religieux et ethniques variés – avaient vécu dans la paix et la tolérance mutuelle sous l’autorité fédératrice du président Tito. Mais sitôt celle-ci disparue, des démagogues ambitieux et avides de pouvoir consolidèrent leurs positions, d’abord grâce à des milices locales, puis en étendant peu à peu leur influence et leur domaine. L’inimitié, la peur et la suspicion montèrent les villes, les communautés, les familles même, les unes contre les autres.

Ce qui s’ensuivit constitua l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de l’Europe contemporaine. Au cours des guerres de Yougoslavie, ce furent 300 000 personnes qui perdirent la vie et deux millions qui durent quitter leurs foyers. Le continent est encore aujourd’hui en train de s’occuper des conséquences de ce conflit. La pauvreté et le désespoir ont poussé nombre de Yougoslaves à s’exiler dans d’autres pays européens. Maints villages se sont plus ou moins vidés, on ne compte plus les champs et les vergers à l’abandon.

Aujourd’hui, en 2005, le monde vient juste de commémorer le massacre de milliers d’hommes et de jeunes musulmans à Srebrenica, où l’on a encore récemment découvert de nouveaux charniers.

Les répercussions furent telles, tant sur les infrastructures que sur les communautés, que de nombreux villages sont à peine en état de fonctionner. Le besoin de reconstruire des maisons, dont souvent il ne restait rien, a fait passer à l’arrière-plan celui, crucial, de la réconciliation entre et à l’intérieur des communautés.

Le cinéaste documentaire indépendant néerlandais Eric van den Broek et sa partenaire, Katerina Rejger, se trouvaient à Sarajevo en visite chez des amis, en 1996, juste après la guerre. Ils s’aperçurent rapidement qu’apparaissait une sorte de leitmotiv au fil des conversations, que ce soit avec des musulmans ou des chrétiens, des Bosniaques ou des Serbes.

Felicity Eliot s’est entretenue avec Eric van den Broek pour Partage international.

Eric van den Broek : Nous étions depuis peu des cinéastes indépendants et avions notre équipement avec nous. Nous étions venus des Pays-Bas, et dès notre entrée en Bosnie, nous avons pu mesurer l’ampleur des destructions, des ruines et du chaos. Sur des kilomètres, des endroits entiers étaient rayés de la carte. Nous étions en état de choc, et nous nous sommes mis à nous interroger sur le pourquoi de cette guerre.
Nous avons commencé à demander à tous ceux qui le voulaient bien de nous parler de leurs expériences.

Partage internationaI : Avez-vous perçu une réticence, chez les gens, à exposer leurs idées politiques ?
EvdB. On aurait pu s’y attendre, mais nous avons découvert qu’ils voulaient réellement parler de politique ; tout le temps, en fait. Nous avons eu l’impression qu’elle leur servait d’exutoire.

PI. Vous vouliez avoir accès à un autre type d’expérience ; mais n’était-ce pas trop douloureux, pour eux, si peu de temps après la guerre ?
EvdB. Nous avons demandé aux gens que nous rencontrions ce qui leur était arrivé. Nous avons très vite eu l’impression qu’il régnait entre eux une sorte de déception mutuelle généralisée. En Bosnie, les gens vivaient très proches les uns des autres ; ils formaient des communautés extrêmement liées, où tout le monde se connaissait. Et nos interlocuteurs se déclaraient tous déçus par leurs amis.

PI. Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas très bien les conditions de vie d’avant la guerre dans l’ex-Yougoslavie, vous voulez dire que les amitiés, les partenariats, la mixité sociale entre gens de cultures différentes étaient choses normales avant l’éclatement du conflit ? Que les Serbes et les Croates étaient amis, les musulmans et les chrétiens collègues, amis, partenaires, allaient à l’école ensemble et pouvaient vivre ensemble sans souci des différences ?
EvdB. Exactement. Et brusquement, il y a eu la guerre, et un après-guerre plein de suspicions et de peur. Leur confiance était atteinte. Et lorsque nous leur demandions si eux-mêmes leur avaient téléphoné, c’était toujours la même réponse : « C’est à eux de le faire. »

PI. Qu’avez-vous fait, alors ?
EvdB. Nous avons alors décidé d’aller « de l’autre côté » et de poser les mêmes questions pour voir si les attitudes étaient les mêmes. Si, par exemple, nous avions interviewé des musulmans, nous allions immédiatement poser les mêmes questions à leurs anciens amis ou collègues Serbes chrétiens ; leur demander de nous raconter leurs histoires personnelles, de nous parler de leurs souffrances, de leurs pertes, et de leurs griefs. Et là encore, c’était la même réponse : « C’est à eux de nous écrire d’abord, de nous téléphoner d’abord. »

PI. Cela ressemblait à une impasse ?
EvdB. Nous sentions que nous pourrions faire quelque chose avec l’information et les interviews que nous avions recueillis, mais sans savoir précisément quoi. Nous avons alors décidé, en attendant, de nous atteler à une autre tâche tout en continuant à réfléchir à ce que nous avions appris de toutes ces histoires personnelles.
Nous faisions un film pour la télévision néerlandaise, et un jour, nous avons lu les titres d’un journal de Sarajevo qui disaient quelque chose comme : « Là où les responsables politiques ont échoué, un groupe de rock peut réussir. » C’était à propos du concert donné par le groupe U2 dans la ville, et la nouvelle que relayaient les journaux, était que le train qui reliait Mostar à Sarajevo circulait pour la première fois depuis la guerre, pour permettre aux gens d’aller au concert !
Pour nous, c’était un peu comme un conte de fées. Nous avons alors décidé de prendre le train avec notre attirail pour y suivre les jeunes en route vers le concert. Le problème était que les jeunes Croates ne pouvaient s’y rendre, parce que le train partait de la zone musulmane de Mostar et que c’était là qu’étaient vendus les billets, et les jeunes étudiants croates avaient peur d’y pénétrer.
On avait donc une seule ville, mais divisée par une barrière, une barrière invisible aux étrangers que nous étions, mais bien réelle pour eux. C’était la peur – il y avait eu trop de combats, d’affrontements, trop de choses terribles s’étaient produites. Les Croates avaient attaqué les musulmans, et ils avaient peur des représailles s’ils pénétraient à nouveau dans leur zone. L’atmosphère était pleine de rumeurs, c’était un climat de suspicions – bref, de tout ce qui caractérise les périodes de guerre et d’après-guerre. Mais nous nous sommes arrangés pour filmer les gens dans le train et les interviewer.
J’ai décidé de monter le film en Bosnie, dans un studio de la télévision locale. Je ne tardais pas à m’apercevoir que le personnel de la station se pressait autour de moi pour regarder le film par-dessus mon épaule.

PI. C’était des Croates ou des musulmans ?
EvdB. Des musulmans, qui regardaient et écoutaient les interviews que nous avions réalisées avec les étudiants croates du train. Le film étant encore en chantier, à l’état brut, j’ai été étonné et leur ai demandé ce qu’ils y trouvaient de si intéressant. J’appris ainsi qu’ils n’avaient pas entendu des Croates parler politique depuis la guerre. Ils voulaient connaître leur opinion depuis qu’elle avait éclatée. Il aurait été plus commode de ramener les films aux Pays-Bas, mais peut-être devions-nous en faire quelque chose sur place, en Bosnie.

PI. C’est ainsi qu’a commencé VideoLetters ?
EvdB. Oui, c’est là que m’en est venue l’idée centrale. C’est une idée simple.

PI. Pour autant que je puisse en parler, après avoir vu un reportage à la BBC qui parlait un peu de VideoLetters, elle est aussi extrêmement efficace.
EvdB. Pour faire ce film et mener à bien notre projet, nous avions besoin d’argent. Nous avons donc contacté des ONG et diverses institutions caritatives pour leur demander de nous sponsoriser. Tous trouvaient l’idée merveilleuse mais beaucoup, surtout les gouvernements, disaient qu’ils étaient trop occupés à reconstruire les infrastructures et les maisons pour permettre aux gens de retrouver leurs foyers et leurs communautés. Mais, pour nous, c’était prendre les choses à l’envers. Nous croyions que ce qu’il faut d’abord reconstruire, c’est la société. Qu’il faut reconstruire des ponts entre les hommes et les communautés avant les ponts physiques.

PI. Je suppose que les gens avaient peur de rentrer chez eux…
EvdB. Absolument. Ils avaient peur de leurs voisins. Il faut reconstruire les âmes, en quelque sorte, avant les routes.
Finalement, nous avons trouvé de l’argent, épisode après épisode, et nous avons démarré le projet en 1999. Le premier épisode se rapportait à l’histoire « difficile » de deux jeunes hommes, Emil et Sasha, qui avaient été les meilleurs amis dans leur enfance, passaient leurs journées à jouer ensemble, mais ne se parlaient plus depuis la guerre.
Cela a été très difficile parce qu’ils s’accusaient mutuellement d’avoir tué des connaissances communes. Après un gros travail de montage, nous avons envoyé le film aux Pays-Bas.

PI. A-t-on pu le voir en Bosnie aussi ?
EvdB. Oui. Nous nous demandions comment les gens réagiraient. Et nous avons été étonnés de voir que les spectateurs musulmans, prirent immédiatement parti pour le personnage Serbe. Nous avions d’abord cru qu’ils le détesteraient, mais c’est le contraire qui s’est produit. Ils étaient en larmes. Nous leur avons demandé pourquoi. Ce n’était pas, nous ont-ils répondu, parce qu’y était abordé la question de savoir si une personne en avait tué une autre. Non, ce qui les rendait tristes, c’était de voir détruite une belle amitié. Pour nous, le fait que leur réaction n’avait pas été une réaction d’accusation ou de haine voulait dire que nous avions touché quelque chose. Les gens ont alors commencé à discuter entre eux. C’était extraordinaire. Les épouses de Serbes qui avaient tué des musulmans et les veuves et mères de musulmans morts ont regardé le film ensemble. Elles ne s’étaient plus adressé la parole depuis la guerre.

PI. J’ai trouvé l’extrait que j’ai vu à la télévision émouvant, et j’ai tout de suite pensé qu’on pouvait l’appliquer à d’autres cas du même genre, au Rwanda, au Congo, etc., tant cet outil me paraît efficace pour un travail de réconciliation. Avez-vous eu tout de suite cette impression, quand vous avez commencé ?
EvdB. Non, pas vraiment. On peut classer ces lettres dans la catégorie « travail de réconciliation », mais j’étais loin de voir les choses ainsi. Ce que nous savions, c’est que les 60 années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ont été, en Yougoslavie, des années de silence – sur ce qui s’était produit durant le conflit. Il était même interdit de faire mention de sa nationalité. Le silence régnait partout, et les gens avaient peur de parler. S’ils ne se parlent pas maintenant, nous sommes-nous dit, il se pourrait bien que les horreurs et la cruauté continuent. 

PI. Comment fonctionne VideoLetters.
EvdB. Nous avons confié une caméra vidéo à une personne qui voulait faire une lettre vidéo, de façon à ce quelle puisse communiquer aussi directement que possible, puisqu’ils avaient trop peur pour essayer de rendre visite à leurs anciens amis.
Nous allions chez eux et, tandis qu’ils s’adressaient à un ancien ami par caméra interposée, je les filmais, en train de lire ce qu’ils avaient écrit ou tout simplement en train de parler à la personne qu’il voulait recontacter. Nous entrions ensuite en contact avec les gens concernés – la personne ou la famille auxquelles s’adressait le message vidéo – et leur demandions s’ils voulaient le voir, et éventuellement y répondre. Les réactions étaient variées mais, généralement, nous choisissions de ne pas dire de qui émanait le message – en partie pour éviter la possibilité d’une réponse préconçue, en partie parce que nous voulions voir leur réaction spontanée lorsqu’ils regardaient la vidéo. C’était merveilleux de voir, dans pratiquement tous les cas, leurs visages s’éclairer dès qu’ils apercevaient leur correspondant.

PI. Les résultats obtenus au niveau local vous ont-ils satisfaits ?
EvdB. Notre objectif était de permettre au plus de gens possible de l’ex-Yougoslavie de voir ces lettres filmées. C’est merveilleux d’apporter le bonheur et la réconciliation au niveau individuel, mais nous voulions que ce soit la région entière qui voie les films et travaille à partir d’eux, que les gens essayent d’imaginer par eux-mêmes des solutions, non seulement aux problèmes de l’après-guerre, mais à ceux du présent et de l’avenir.

PI. Il s’agissait donc d’aller au-delà du simple niveau personnel ?
EvdB. Oui. Nous espérons qu’en voyant ces films, les gens commenceront à se poser certaines questions. Par exemple « Comment gérons-nous nos différences ? Que devrions-nous faire, en tant que communautés, pays, groupes ethniques ? Dans quelle direction aller ? »

PI. Je crois que vous avez obtenu la collaboration d’un certain nombre de chaînes de télévision de cette région ?
EvdB. L’an dernier [ 2004 ], nous avons appris que, pour la première fois depuis la guerre, avait lieu à Ljubljana (Slovénie) une rencontre entre les directeurs de toutes les chaînes de service public de la région afin de discuter des possibilités de coopération entre elles. Ce fut pour nous l’occasion de présenter une courte compilation de VideoLetters. Il y avait des Kosovars, des Croates, des Serbes, des Monténégrins et des Albanais. L’atmosphère était tendue, on parlait peu. Notre compilation ne durait que dix minutes, mais nous avons dû l’arrêter plusieurs fois devant leur émotion – tous les directeurs étaient en larmes.
Pour détendre l’atmosphère, j’ai suggéré une pause café, et tout s’est débloqué. Ils ont immédiatement commencé à circuler et à discuter entre eux. Encore sous le coup de l’émotion, ils se sont mis d’accord pour diffuser largement les épisodes de VideoLetters. C’est quelque chose d’extraordinaire, parce qu’une poignée de chaînes de télévision ont pu déraciner la haine et appeler à la réconciliation. L’émission est diffusée dans tous les pays de l’ex-Yougoslavie.
Depuis, nous avons mis en place une ligne téléphonique et une soixantaine de points d’accès Internet où il est possible de rechercher des renseignements sur des amis ou sa famille. Des stations de radio bosniaques annoncent quand une nouvelle lettre vidéo arrive de Serbie, de sorte que son destinataire en est informé. Mais le plus important, c’est que les gens commencent à faire eux-mêmes leurs lettres vidéo et à les mettre sur le Net. Nous avons aussi un studio mobile pour étendre encore les possibilités de contact des gens entre eux, de construire des ponts entre eux.


Pour plus d’information : www.video-letters.net
Le New York Human Rights Watch Festival vient d’attribuer son prix Nestor Almendros 2005 à Katerina Rejger et Eric van den Broek pour le courage dont ils ont fait preuve en filmant la série des VideoLetters.


Un des échanges de lettres vidéo entre deux jeunes hommes – un Serbe, Vlada, et un Croate, Ivica. L’épisode montre comment leurs familles ont été séparées, malgré elles.
Les pères des deux jeunes hommes étaient contrôleurs aériens. Leurs familles passaient souvent leurs vacances ensemble au bord de la mer Adriatique. Soudain, en 1991, elles se sont trouvées prises dans le même cauchemar. « Quand votre ville est attaquée et balayée par les tirs, vous sentez naître en vous une aversion naturelle. Vous commencez peu à peu à penser différemment et à observer l’apparition en vous des premiers symptômes de nationalisme. » Tout contact était rompu entre les deux familles. Plus d’une décennie plus tard, Vlada et son père envoyèrent une lettre vidéo pour demander pardon pour les crimes commis par les Serbes en Croatie, et des nouvelles de l’autre famille. La réponse fut presque immédiate : « Nous n’osions pas vous recontacter, parce que nous pensions que ce serait dangereux pour vous. Nous ne vous avons jamais reproché quoi que ce soit. Nous savons que vous êtes de braves gens. Nous n’avons jamais blâmé les Serbes collectivement. » Ivica qualifia même les crimes croates en Bosnie « d’aussi horribles », et c’est ainsi que s’est ouverte la voie vers une réconciliation complète grâce à une simple lettre vidéo.


Emil et Sasha
Le musulman Emil et le Serbe Sasha ont grandi ensemble à Pale (Bosnie). Ils se considéraient tous deux comme des Yougoslaves et étaient d’inséparables amis. L’éclatement de la guerre de Bosnie, en 1992, les a séparés. Sasha a servi dans l’armée bosno-serbe tandis qu’Emil s’enfuyait aux Pays-Bas. La guerre leur a ôté toutes leurs illusions.
Dans cette lettre vidéo, Sasha demande à Emil de lui pardonner.
« Je ne peux pas le cacher plus longtemps : tu me manques. Je serais tellement heureux de te revoir. Je ne comprends pas encore ce qui nous est arrivé. »
Les deux jeunes hommes ont aujourd’hui renoué leur amitié.






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