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Accueil > Revue Partage > année 2004

Extraits de la revue
Partage international

Octobre 2004 - N° 194

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue
    • La politique de la terre brûlée pourrait perdre Bush par Mark Sommer


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • Le respect de la loi


  • La voix des peuples


  • Les mensonges dévoilés


  • Courrier des lecteurs


  • Compte rendu de lecture


  • Interviews




L'article du Maître

Home Appel à la raison

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
Les citoyens américains voient aujourd’hui s’approcher une échéance critique. De la décision qu’ils prendront cette année en novembre peut dépendre l’avenir et le bonheur d’un grand nombre d’hommes, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans bien d’autres pays du monde. On aurait pu penser que cette décision ne serait pas difficile à prendre, que le choix irait de soi pour tous ceux qui sont épris de paix et de relations justes. Mais non, il s’avère que certains voient les choses d’un œil différent et se réservent le droit d’envahir d’autres pays sous prétexte que ces derniers pourraient nourrir à leur égard des desseins hostiles. On aurait pu croire de tels actes de guerre préventive abandonnés de longue date par les Etats civilisés du monde moderne, et relégués à un passé où l’homme ignorait la loi.
 
Eh bien non, hélas, nous assure-t-on. L’actuel gouvernement américain, loin d’exprimer des remords pour sa cruelle et injuste invasion de l’Irak, affirme fièrement sa détermination, s’il garde le pouvoir, à poursuivre ses déprédations dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».
 
Combattre un fantôme
 
Faire la guerre au terrorisme revient à combattre un fantôme : exercice inutile, coûteux et dangereux. Le terrorisme est une hydre, un monstre à plusieurs têtes, dont chaque tête coupée – Hercule eut l’occasion de s’en apercevoir – est immédiatement remplacée par deux autres. Le gouvernement des Etats-Unis, dans son arrogance et son ignorance, est tombé aveuglément dans le piège. Ceux qui en souffrent sont le peuple américain, ses victimes, et le monde tout entier.
 
Il n’y a qu’un seul moyen de combattre le terrorisme et d’en finir, pour toujours, avec ce fléau : en rechercher l’origine.
 
Le terrorisme a bien sûr plusieurs causes, mais la plus importante de toutes est le déséquilibre existant dans la répartition des ressources mondiales. C’est ce déséquilibre qui creuse un fossé dangereux entre les nations et conduit des hommes à recourir au terrorisme pour réaliser leurs rêves. Il s’agit d’individus désespérés qui ont le sentiment de n’avoir rien à perdre. Ils forment une immense armée potentielle et sont prêts à mourir si nécessaire pour la justice à laquelle ils aspirent, et qu’ils revendiquent à juste titre.
 
Aucune guerre contre le terrorisme ne peut vaincre pareille armée. Ce ne sont pas la morgue et l’arrogance qui parviendront à l’éloigner des bastions du monde occidental.
 
Aucune nation, si puissante soit-elle, ne peut par elle-même vaincre le terrorisme, ce rejeton de l’injustice qui défigure notre monde.
 
Apprendre le partage
 
C’est seulement quand les hommes apprendront le partage que nous connaîtrons la fin du terrorisme. Par le partage et par lui seul, la justice et la liberté deviendront réalité. Nous en appelons à vous, citoyens de la grande nation bénie des Etats-Unis d’Amérique ; réfléchissez, et mettez tout votre cœur, comme vous en avez l’habitude, dans le choix qui vous attend. Prononcez-vous pour la paix, la justice, et le respect de la Loi.
 

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Un plan simple pour sauver le monde (première partie)

par Jeffrey D. Sachs Source : magazine Esquire

On a de plus en plus de peine à croire l'adage selon lequel les « gens ont les gouvernements qu'ils méritent ». Malgré des atouts sans précédents – richesse, technologie, puissance militaire sans rivale – Washington a plongé les Etats-Unis dans une crise qui ne cesse d'empirer : un déficit budgétaire qui atteint des proportions gargantuesques, un budget militaire vorace qui n'achète ni la sécurité ni la tranquillité d'esprit, une négligence désastreuse pour les changements climatiques créés par l'homme, sans parler d'une politique internationale qui a fait de nous en trois ans l'un des pays les plus redoutés de la planète. Cette crise, semble-t-il, n'est que la conséquence des erreurs de priorités de notre nation dans ses relations avec le reste du monde. Dans cet article, je propose un certain nombre d'idées concrètes sur la façon d'y remédier.

En dépit de nos problèmes, je suis optimiste – mais pas d'un optimisme incorrigible, d'un optimisme basé sur des faits. A savoir que tous les problèmes essentiels auxquels nous devons faire face ont une solution. Les grands défis qui nous attendent, que ce soit le climat, la biodiversité, la santé de la population mondiale, l'extrême pauvreté, la violence croissante et le « choc des civilisations » peuvent tous être résolus, à un faible coût et pour un bénéfice à long terme immense. Notre génération a un marché en main, une chance de décider de notre monde et d'en faire un lieu de vie planétaire prospère et pacifique pour le restant du siècle.

Ce qui fait tant souffrir le monde actuellement, c'est l'instabilité provenant de pays laissés-pour-compte, d'endroits où prospèrent la faim, la mort et les maladies, et où de jeunes hommes, acculés à la pauvreté, au chômage massif, à l'absence de système éducatif et au désespoir, se livrent à toutes sortes de violences. Les problèmes de la misère ne sont pas des « plaies d'Egypte » envoyées par un Dieu courroucé. Ils résultent plutôt de sociétés en manque d'infrastructures sanitaires efficaces, d'écoles et d'enseignants, de réseaux routiers dignes de ce nom, etc. Ce dont ces pays ont besoin, ce sont d'investissements massifs dans les services sociaux et autres infrastructures de base ; mais leur problème, c'est qu'ils ne disposent pas des ressources suffisantes à y consacrer. Ils sont ainsi plongés dans une sorte de spirale infernale de misère, une misère qui n'avait rien d'inéluctable si l'aide financière concédée par les Etats-Unis, l'Europe et autres pays prospères était suffisamment conséquente pour produire un effet décisif. Le plus étonnant est que les Etats-Unis dépensent chaque année quelque 450 milliards de dollars pour se défendre contre des menaces extérieures qui naissent largement de conditions de vie pathogènes dont le traitement ne dépasserait guère plus de 13 milliards de dollars !

On peut avec une certaine précision estimer les ressources financières nécessaires pour mettre un terme à cette misère extrême, et donc placer des sociétés instables et désespérées – comme l'Ethiopie, Haïti, la Bolivie, l'Afghanistan et des dizaines d'autres – sur la voie d'une croissance économique endogène. En aidant ces nations à surmonter leur pauvreté endémique, nous les rendrions capables de devenir des voisins stables et des partenaires économiques plutôt que des foyers de terreur, de maladie, de migration clandestine massive et de trafic de drogue.

De 2000 à 2001, j'ai présidé la commission Macroéconomie et Santé, de l' Organisation mondiale de la santé (OMS). A l'époque, la directrice de l'OMS, Gro Harlem Brundtland, m'avait chargé de réunir un groupe de financiers et d'acteurs de santé publique, afin d'étudier comment gérer au mieux les désastres sanitaires qui ravageaient le tiers monde. Les mondes de la finance et de la santé ont rarement l'occasion de se croiser, encore moins de travailler sur un projet commun.

Au début de notre travail, pour les gens du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), il ne faisait aucun doute que les pauvres étaient responsables de leur misère. « Si seulement ils arrêtaient de gaspiller l'argent [qu'on leur donne] par des pratiques de corruption et des erreurs de gestion répétées, ils seraient certainement en meilleure santé. » Les acteurs de santé publique, quant à eux, partaient du point de vue inverse : « Si seulement les pauvres n'étaient pas tout le temps malades, ils auraient suffisamment d'énergie et de ressources pour sortir de leur situation de pauvreté. »

Consensus

Le plus extraordinaire, c'est qu'il est sorti de ce travail, de ce brainstorming, un engagement détaillé, concret, où l'on ne trouve nulle trace des déclarations et des postures tranchées qui ont pu se manifester de temps à autre. Lorsque surgissait un désaccord, notre première démarche était de rechercher des informations, des données factuelles. Nous demandions des expertises, effectuions tous les calculs nécessaires. Et ce qui s'est produit pourrait servir de leçon au monde entier : cette commission si disparate est véritablement parvenue à un consensus. Nous avons montré que la crise sanitaire qui frappe l'Afrique et d'autres zones déshéritées de la planète était en effet source de pauvreté endémique. La maladie, l'agonie qui frappe de très larges fractions de la population mondiale les empêchent de se procurer des revenus et de payer des impôts. Cette absence de rentrées jointe à la banqueroute des gouvernements ont provoqué l'effondrement des systèmes sanitaires, laissant libre court aux épidémies de toutes sortes. On ne peut sortir de ce cercle vicieux sans l'aide des pays riches.

Mais comment faire ? La réponse est à la fois choquante et encourageante : si la facture de la santé est trop élevée pour des pays dont le revenu par tête est d'un centième du nôtre (300 dollars par personne et par an pour le Ghana contre 39 000 pour nous, aux Etats-Unis), elle est en fait extrêmement modeste comparée aux revenus du monde riche. En particulier, la commission s'est aperçue que les nations prospères, moyennant une infime participation financière, pourraient sauver annuellement huit millions de vies humaines dans les pays les plus pauvres, dont une large proportion sont des enfants qui meurent avant l'âge de cinq ans. Cela entraînerait une baisse de la population mondiale dans les décennies à venir, car les taux de natalité chutent en raison directe de la hausse des taux de survie des enfants.

Alors, comment atteindre ces fabuleux résultats ? Un investissement de 25 milliards de dollars de la part des pays riches permettrait entre autres une attaque massive contre le sida, la tuberculose, la malaria, une politique plus efficace de vaccination et l'instauration de conditions périnatales plus sûres. Ces 25 milliards sont bien peu rapportés aux revenus annuels (25 mille milliards de dollars) du monde riche (Etats-unis, Canada, Europe de l'Ouest, Japon, Australie et Nouvelle Zélande). Cette contribution ne prélèverait qu'un millième de notre revenu annuel, soit 10 cents de chaque dollar du Produit intérieur brut (PIB) occidental.

Enfant, j'ai appris qu'une vie n'avait pas de prix, qu'il fallait tout faire pour la sauver, mais je ne pensais pas alors qu'il me faudrait étendre cette tâche à huit millions de vies par an. Nous avons grandi à l'ombre de l'Holocauste, avec ses six millions de martyrs. Comment pourrions-nous ergoter, ne serait-ce qu'un instant, sur la question de savoir si consacrer le millième de nos revenus n'est pas trop pour sortir le monde pauvre de sa misère, surtout quand on sait que cette pauvreté vient s'échouer sur nos plages de multiples façons.

Pendant des années, je me suis battu contre nombre des conservateurs de Washington, qui ne voulaient pas entendre parler de ce rêve où les pays riches (dont les Etats-Unis pour la moitié) accepteraient de verser 25 milliards de dollars ne serait-ce que pour sauver des millions de vies par an. J'ai vu le président Bush accorder aux grosses fortunes de notre pays une baisse d'impôts de 200 milliards. J'ai vu le budget militaire s'enfler jusqu'à atteindre 450 milliards de dollars pour cette seule année, en hausse de 150 milliards depuis l'arrivée de l'Administration actuelle ! Ce qui n'a pas empêché le président de demander une rallonge de 87 milliards pour l'Afghanistan et l'Irak. Mais les Américains commencent à comprendre plus clairement ce que nous obtenons en réalité pour ces 87 milliards, et que nous pourrions en espérer beaucoup mieux.

Toutefois, il faut bien reconnaître que l'amélioration de la situation sanitaire dans les pays pauvres sera loin de suffire à mettre fin à cette misère extrême. Pour aider l'Afrique, l'Asie centrale, les Pays andins et d'autres régions torturées du tiers monde à échapper à la misère économique et sociale, les nations riches devraient consentir des investissements majeurs, non seulement dans la santé, mais aussi dans l'éducation, les systèmes routier et énergétique, l'eau, l'hygiène, et bien davantage. On ne peut alors s'empêcher de se demander si la panoplie des aides n'excèderait pas de loin les ressources des Etats-Unis et des autres pays prospères. En fait, et de manière surprenante, il n'en est rien.

A la suite de notre travail à la commission de l'OMS, on m'a chargé d'établir une évaluation sur cette question, cette fois comme conseiller spécial du secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. Le Projet du millénaire, que j'ai l'honneur de diriger à sa demande, a pour but d'explorer, de faire le tour des différentes politiques, des différents investissements qui pourraient permettre à un milliard de personnes de sortir une fois pour toutes et sans délai de la pauvreté qui les paralyse et déstabilise le monde. Là encore, j'ai employé la stratégie précédente, stratégie que je qualifie de « délibération analytique », et qui consiste à convoquer des représentants de spécialités et groupes d'intérêts les plus divers pour résoudre des questions très précises.

Ce Projet du millénaire ne s'achèvera pas avant 2005. Mais les préliminaires sont aussi encourageants que l'avaient été les résultats de la Commission. Ils prouvent en particulier que la fin de la pauvreté abjecte est à portée de main ; que ce n'est plus un rêve fou, mais un concept financier solidement charpenté. Si les pays pauvres exercent un pouvoir responsable et si le monde riche fait l'effort de financer les hôpitaux, les écoles, les routes, les centrales énergétiques et les travaux d'amélioration du sol, non seulement l'Afrique pourrait survivre, mais elle pourrait même devenir un continent prospère. Et les points sombres de la planète cesseraient d'être des foyers de terreur pour devenir à leur tour des acteurs respectables dans une économie mondiale qui serait bien plus efficace pour étendre à tous les bienfaits de la prospérité.

Nous avons calculé, en première approximation, qu'aux 25 milliards de dollars que le monde riche devrait investir dans la santé, il nous faudrait en ajouter une cinquantaine pour mener des réformes dans des domaines aussi divers que l'éducation, les routes, etc., ce qui pourrait porter la facture annuelle aux alentours de 75 milliards de dollars. Environ la moitié de cette somme viendrait des Etats-Unis, soit 35 milliards de dollars. Il faut préciser que l'argent des pays riches ne prendrait pas la clé des champs pour se payer du bon temps ou rejoindre les banques suisses, ni même s'évanouir en fumée, comme en Irak : tous ces investissements seraient réalisés avec des objectifs spécifiques, identifiables et mesurables, comme la recherche sur la malaria et autres infections endémiques du tiers monde ; les médicaments anti-rétroviraux ; la construction de nouveaux puits et de fosses sceptiques dans les campagnes ; ou la création de routes secondaires pour transporter les productions fermières jusque dans les villes, enrichissant ainsi les agriculteurs tout en luttant contre la criminalité des bidonvilles.

Des considérations comptables s'introduisent ici dans cette affaire de vie et de mort de notre planète. Supposez que les Etats-Unis envisagent de dépenser 35 milliards annuels supplémentaires pour aider les pays pauvres. Serions-nous en mesure de le faire ? Réflexion faite, il ne s'agirait guère que d'un septième des réductions d'impôts du président Bush ; de la moitié de ce que nous dépensons chaque année en Irak ; d'un quart de l'augmentation de notre budget militaire ; ou d'un douzième de notre budget militaire total. Bref, cela ne présenterait aucune difficulté, si seulement nous prenions conscience que nous avons été trop loin dans notre façon militaire d'aborder notre sécurité, alors qu'il aurait été beaucoup moins coûteux et plus satisfaisant de prévenir les crises en répandant la prospérité et l'espoir.

La réalité choquante, sans même que les Américains en aient conscience, est que la contribution américaine à l'aide au développement, mesurée en pourcentage du PIB, est la plus basse des pays donateurs. La Suède, par exemple, y consacre 0,87 %, à comparer avec nos 0,13 %. En d'autres termes, nous donnons 13 cents pour 100 dollars de notre PIB, alors qu'il suffirait que nous ajoutions de 35 à 50 cents pour terminer le travail. En 2002, l'Administration Bush avait fait la promesse solennelle, dans le cadre d'un accord international connu sous le nom de Consensus de Monterrey, de faire des efforts concrets pour faire passer à 0,7 % son aide au développement – ce qui serait plus qu'assez pour faire face aux besoins des pays les plus pauvres. Le Consensus sitôt signé, la Maison blanche a ignoré sa promesse, et vous, vous n'en avez probablement jamais entendu parlé. Hélas, les pays pauvres la connaissent trop bien, et savent comment elle l'a rompue, l'encre à peine sèche.

Mais ce pays ne peut ignorer plus longtemps les obligations qu'il a vis-à-vis du monde. Pour le moment, la valeur américaine d'altruisme est mise de côté. Du simple point de vue de notre propre intérêt, nous devons supporter ces coûts pour garantir un siècle de paix. Et il nous faut les considérer comme un investissement qui, en fin de compte, nous assurera un trésor indicible parce que nous aurons épargné des souffrances indicibles.


Article paru aux Etats-Unis, dans le magazine Esquire, en mai 2004. Reproduit avec la permission de l'auteur.





Signes des temps

Home De l'huile miraculeuse sur un portrait de la Vierge

Source : Paradise Post, Etats-Unis

Des centaines de visiteurs sont venus à Chico, en Californie (Etats-Unis), voir un portrait de la Vierge qui exsude de l'huile depuis le 8 juin 2004.

Le portrait mesurant 35 cm de large et 45 cm de haut montre la Vierge Marie tenant l'enfant Jésus des deux mains, la tête inclinée vers la gauche et un ange flottant de chaque côté de son visage. Le portrait est monté sur un morceau de bois sculpté et recouvert de laque. Des gouttes d'huile d'un vert jaune se forment sur la surface brillante.

Ce portrait se trouve dans la maison d'Eimad Abdulaziz. Le phénomène a commencé lorsque Eimad est entré en transe et a raconté à sa femme qu'il voyait une lumière brillante et que de l'huile suintait de leur portrait de la Vierge au rez-de-chaussée. Sa femme descendit et s'aperçut que le mur et le tapis étaient imprégnés d'huile incolore. Elle fit un signe de croix avec cette huile sur son front et celui de son mari, et celui-ci sortit alors de son état de transe. Il ne se souvenait absolument pas de ce qui lui était arrivé.

Eimad et sa femme téléphonèrent à des membres de leur église (l'église orthodoxe Saint Elias) et nombre de ceux-ci vinrent aussitôt prier devant le portrait de la Vierge. Depuis lors, chaque fois que des personnes se mettent à prier, davantage de gouttes se forment.

Clemis Eugene Kaplan, archevêque du patriarcat orthodoxe syrien d'Antioche, a déclaré qu'il s'agissait d'un miracle. Le père Durghali, prêtre de la paroisse, croit que le miracle est un message, mais il ne se demande pas ce qu'il signifie : « Nous nous contentons de remercier le Seigneur à chaque instant pour ce qu'il veut bien nous envoyer. Il est absolument impossible qu'il s'agisse d'une supercherie. Le liquide ne peut sortir de nulle part car le tableau est entièrement laqué. »

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu'il s'agissait d'un miracle manifesté par le Maître qui fut la Vierge Marie.


Home Apparitions d'ovnis

Sources diverses

Iran : Des dizaines d'ovnis ont été signalés en avril 2004 au-dessus de l'Iran. La télévision gouvernementale a montré un disque blanc étincelant, filmé au-dessus de Téhéran le 27 avril. Selon l'IRNA, agence de presse officielle, des ovnis émettant des rayons verts, rouges, bleus et violets ontété observés au-dessus des villes septentrionales de Tabriz et d'Ardebil et dans la province de Golestan au bord de la Mer Caspienne. Les journaux et les agences de presse ont rapporté que, dans la nuit du 27 avril, les gens se sont précipités dans les rues de huit villes afin d'observer une brillante lumière extraterrestre entrant et sortant des nuages. [Source : Reuters]
[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu'il s'agissait de vaisseaux spatiaux venant de Mars, de Vénus et d'autres planètes.]

France : Le 15 mai 2004, un jardinier d'un petit village bourguignon a filmé un ovni pendant une vingtaine de minutes. « Je ne sais pas ce que c'était, a déclaré l'homme qui a tenu à conserver l'anonymat, mais je n'avais jamais vu cela. » Des boules jaunes et vertes évoluaient séparément dans le ciel et se rejoignaient soudain, formant un « V », avant de disparaître.
Au début, une forme ronde et lumineuse apparut, effectuant des mouvements très rapides et saccadés. L'homme et son fils pensèrent alors à la lune et sa réverbération, mais vérifièrent rapidement que l'astre était visible de l'autre côté de leur maison cette nuit-là.
Par peur du ridicule, le jardinier de 50 ans n'a pas mentionné l'incident avant finalement de se décider à appeler le journal local, après avoir vu un reportage télévisé montrant des images similaires dans le ciel du Mexique. [Source : Le Bien Public, France]

Chili : Le 29 juin 2004, une sphère lumineuse, aux couleurs changeantes, s'est déplacée lentement dans le ciel, au-dessus de Punta Arenas, et la circulation a été paralysée dans la ville, les automobilistes sortant de leur voiture pour mieux voir.
L'objet a d'abord été remarqué à Tres Puentes, au nord de la ville. Les lignes téléphoniques de la station de radio locale ont été submergées d'appels. « Quelqu'un a téléphoné pour dire qu'il y avait une lumière qui brillait intensément. Ce fut le premier appel, vers 6 h 30, puis les gens n'ont pas cessé d'appeler, a déclaré Claudio Vidal, de Radio Polar. Les gens sont restés longtemps à observer le phénomène. Ceux qui travaillent dans les pêcheries ont téléphoné, et comme ils rentrent habituellement chez eux avant l'aube, ils ont dit qu'ils avaient vu cette lumière au-dessus de la même zone cinq jours de suite. » Le présentateur de la radio, Alfred Vera, a pris des photos de l'objet, montrant « une boule incandescente, rouge, verte et bleue ». [Source : Institut d'ufologie hispanique]

Irlande : Deux hommes qui travaillaient en haut d'un pylône de radio dans le comté de Monaghan ont raconté qu'ils avaient vu un énorme vaisseau spatial, silencieux, aux ailes en delta, traverser le ciel à une vitesse supersonique en direction de Belfast et atteindre l'horizon en quelques secondes.« Je suis convaincu qu'il s'agissait d'un vaisseau spatial terrestre de haute technologie, a déclaré Miles Johnston, du centre irlandais de recherche sur les ovnis. Nous l'avons vu nettement. Il se détachait sur le bleu du ciel. » Terry Malone, monteur-régleur basé à Dublin a décrit l'objet comme « absolument énorme ». « Il volait haut, il était immense et il se déplaçait à une certaine vitesse, a-t-il dit. J'ai vu passer des B 52 et on peut entendre leur vrombissement, mais cet objet n'émettait aucun son. Et il disparut en un instant. » [Source : Belfast Telegraph, G.-B.]

Afrique du Sud : « La lumière était si brillante que j'ai cru tout d'abord qu'il s'agissait d'un hélicoptère de la police à la recherche de criminels, a déclaré Roshnie Naidu, de Durban (Afrique du Sud). Mais comme je ne pouvais entendre le bruit des hélices, j'ai décidé d'ouvrir les rideaux pour voir ce dont il s'agissait. Je vis une énorme boule de lumière, beaucoup plus grande que le soleil, et d'où filtraient des couleurs bleues et violettes. Je ne pus en détacher les yeux pendant près de dix minutes, c'était incroyable. Je n'avais jamais rien vu de semblable auparavant [...] Au bout de deux secondes, l'objet qui était rond changeait de forme pour devenir ovale. »
Roshnie réveilla son mari, Shrirama, qui filma le phénomène avec sa caméra vidéo. L'objet demeura dans le ciel pendant environ trois heures. Cela s'est passé le 27 juin 2004 le matin de bonne heure. [Sources : www.iol.co.za, Daily News, Afrique du Sud ; www.unknowncountry.com ]

Turquie : Des ovnis ont été signalés au-dessus de trois villages voisins dans la province d'Usak, en Turquie, où des phénomènes similaires s'étaient déjà produits en 2001.Deux habitants de Güllübag, Ibrahim Uysal, âgé de soixante et onze ans, et Ismet Gün, âgé de quarante-neuf ans, ont raconté qu'ils avaient vu des objets brillants émettre des lumières au-dessus des minarets de la mosquée du village après les prières du matin ; et Mustapha Çakiroglu, âgé de trente-six ans, a déclaré avoir vu les mêmes objets alors qu'il travaillait le matin de bonne heure dans son champ, dans le village voisin de Konak. Un jeune homme de dix-neuf ans a affirmé le 5 décembre 2002, à Davulga, dans le comté d'Emirdag, près de la ville d'Afyon, avoir filmé avec sa caméra vidéo des objets volants brillants deux jours et deux nuits consécutifs. [Source : www.turkishpress.com ]

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu'il s'agissait, dans tous les cas indiqués ci-dessus, de vaisseaux spatiaux venant de Mars.]





Tendances

Home L'OMC favorable à la suppression des subventions

Source : The New York Times, Etats-Unis

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) vient de parvenir à des accords décisifs qui pourraient favoriser les pays en développement. La « clause de paix », qui protégeait les pays recevant des subventions à la suite de contentieux juridiques avec d'autres pays, est arrivée à expiration.

L'OMC s'est prononcée en faveur du Brésil contre les Etats-Unis dans un contentieux relatif aux presque 4 milliards de dollars que Washington allouait chaque année aux producteurs de coton américains – quantité qui dépasse largement la limite des 1,6 milliard autorisée par l'OMC. Grâce à ces subventions illégales, les fermiers américains produisaient d'énormes surplus qu'ils pouvaient ensuite vendre au-dessous du prix coûtant (dumping) sur les marchés internationaux. Une telle pratique a fait perdre aux producteurs brésiliens 600 millions de dollars de ventes en 2001.

Cet arrêt historique sera bénéfique aux producteurs de coton du Brésil, mais aussi à d'autres pays – y compris les 10 millions de producteurs africains – et il fera jurisprudence dans d'autres litiges contre les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon. Une autre étape décisive a été franchie dans le sens de relations commerciales internationales plus justes lorsque les 147 nations membres de l'OMC ont accepté, le 1er août 2004, de réduire jusqu'à supprimer les subventions à l'exportation accordées par les pays riches à leurs agriculteurs. Les principales nations de l'OMC, les Etats-Unis, l'Union européenne, le Brésil et le Japon, ont accepté de supprimer les subventions à l'exportation à partir d'une date restant à fixer, limiter les autres subventions et diminuer les barrières tarifaires. En retour, les pays riches demandent un accès plus facile aux marchés des pays en développement.




Home Etats-Unis : La médecine alternative gagne en popularité

Source : Associated Press

Selon une enquête officielle, les thérapies alternatives, comme la prière, le yoga, la méditation et la phytothérapie, semblent gagner en popularité aux Etats-Unis, probablement en raison d'un certain mécontentement envers la médecine conventionnelle.

Selon cette étude, effectuée sur 31 000 personnes, la plus importante jamais réalisée sur les approches non conventionnelles aux Etats-Unis, plus du tiers des adultes ont utilisé de telles pratiques en 2002 : près de 62 % d'entre eux ont eu recours à l'une ou l'autre forme de ces soins alternatifs. La prière est en tête avec 43 %, suivie des médecines naturelles (19 %), de la méditation (8 %) et des approches diététiques particulières comme Atkins, Ornish ou la Zone (4 %).

« Pour traiter les douleurs chroniques ou répétitives, de plus en plus de personnes ont recours aux plantes ou aux enzymes, a déclaré Richard Nahin, du Centre national pour la médecine complémentaire et alternative. Beaucoup d'affections se laissent difficilement traiter par la médecine conventionnelle, et c'est la raison pour laquelle les patients se tournent vers les soins alternatifs. »

Selon cette étude, 13 % des personnes interrogées se sont tournées vers la médecine alternative en raison du coût trop élevé de la médecine conventionnelle.




Home Plannification des écovillages

Source : The Independent, BBC, Grande-Bretagne ; bedzed.org.uk

Le groupement de logement écologique BedZED (Beddington Zero Energie Dévelopment), de Wallington, dans le Surrey (G.-B.), créé par le groupe écologique britannique BioRegional, a servi de modèle au projet de tourisme vert Mata de Sesimbra, implanté au sud de Lisbonne (Portugal).

Ce projet de 30 000 lits, qui se veut pionnier d'un mode de vie en faveur de l'environnement, a été lancé par le World Wide Fund for Nature (WWF) et BioRegional comme étant le premier de dix communautés durables.

Habité depuis mars 2002, BedZED comprend 100 foyers, des bâtiments communautaires et un espace de travail pour 100 personnes. Plusieurs procédés économisant l'énergie permettent d'atteindre l'objectif de zéro contribution au réchauffement planétaire avec : des isolations supplémentaires, des fenêtres à triple revêtement ; une centrale énergétique utilisant les déchets de bois des arbres locaux ; des cellules photovoltaïques insérées dans du verre ; la transformation des déchets organiques en compost ; le recyclage, y compris celui de l'eau ; et les familles mettent leurs véhicules en commun.

Dans des projets complémentaires, Bio-Regional encourage la culture de la lavande sur les terrains désaffectés et la production de lin en tant qu'alternative au coton qui nécessite de grandes quantités d'eau et de pesticides.





Les priorités de Maitreya

Home Dix millions d'enfants prisonniers des travaux domestiques

Source : Associated Press

D'après l'Organisation internationale du travail (OIT), environ 10 millions d'enfants, à travers le monde, sont forcés de travailler comme domestiques dans des habitations privées et ce dans des conditions assimilables à l'esclavage. L'OIT affirme que dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest, d'Amérique centrale et d'Asie, des milliers de filles, dès l'âge de 8 ans, travaillent 15 heures par jour ou plus, sept jours par semaine et ce contre aucune ou quasiment aucune rémunération.

L'utilisation d'enfants comme domestiques est acceptée ou tolérée dans de nombreux endroits, affirme June Kane, auteur d'un nouveau rapport : « Malheureusement, de nombreux pays ne considèrent pas le travail domestique des enfants comme un problème. » Le rapport conclut que c'est en Afrique du Sud que l'on trouve le plus d'enfants employés comme domestiques : deux millions. L'Indonésie, le Brésil et le Pakistan font partie des pays où l'on trouve également de nombreux enfants domestiques.

Dans certaines familles, les enfants domestiques doivent allumer les feux avant le réveil de la famille. Ils s'occupent de la cuisine, nettoient et mènent d'autres enfants à l'école. Lorsqu'ils sont devenus trop âgés, nombre d'entre eux sont chassés par leurs employeurs et finissent leur vie dans la rue, car ils ne parviennent pas à retrouver leur famille.

Faire travailler les enfants est souvent considéré comme une solution pour les familles pauvres qui ne peuvent les nourrir. Les parents reçoivent rarement de l'argent en échange du travail de leurs enfants. Le service domestique est aussi considéré comme une préparation au mariage pour les filles et les employeurs sont souvent considérés comme des bienfaiteurs. Dans de nombreux pays, le nombre croissant d'orphelins dû au sida, ainsi que le statut traditionnellement inférieur des femmes et des filles, conduit nombre de celles-ci au travail domestique.

Human rights Watch confirme avoir détecté des problèmes similaires : « Les enfants utilisés pour les travaux domestiques à travers le monde sont victimes d'abus et d'exploitation », affirme Jo Becker, qui coordonne les groupes de pression américains entrant contre le travail des enfants. L'OIT estime qu'environ 246 millions d'enfants à travers le monde ont des occupations qui prennent la plupart du temps qu'ils pourraient consacrer à l'école. Parmi ceux-ci, environ la moitié sont impliqués dans ce que l'agence appelle « les formes extrêmes d'exploitation des enfants » : prostitution, travaux de mine et esclavage dans différentes industries.




Home Un programme alimentaire pour réduire la mortalité des enfants

Source : BBC, Grande-Bretagne

D'après une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, un régime alimentaire adéquat pour chaque enfant sur Terre permettrait de sauver plus de 2,5 millions de vie chaque année. La sous-alimentation provoque une insuffisance pondérale et un affaiblissement des enfants de sorte que des maladies en général guérissables s'avèrent souvent mortelles pour eux. D'après l'étude, il serait possible de prévenir un million de décès de la pneumonie, 800 000 de la diarrhée, 500 000 de la malaria et 250 000 de la rougeole.

L'étude s'est portée sur les données fournies par une dizaine de recherches relatives à la mortalité enfantine à travers le monde ; un modèle mathématique a été établi afin de déterminer la relation entre le poids des enfants et leur mortalité.

Les chercheurs estiment que plus de la moitié de la mortalité enfantine est attribuable à la sous-alimentation ; presque 45 % des décès suite à la rougeole et plus de 60 % de décès suite à la diarrhée sont associés à une insuffisance pondérale et une alimentation insuffisante. « La malnutrition, même sans être extrême, a un impact significatif sur la santé des enfants et leurs chances de survie, affirme Laura Caulfied, professeur associé au Johns Hopkins Bloomberg School's Center for Human Nutrition et membre de l'équipe chargée de l'étude. Notre étude montre que même les enfants de petite taille mais dont le poids ne permettait pas de les classer comme souffrant de malnutrition, avaient deux fois plus de chance de décéder que les enfants de notre groupe de référence. Ces résultats mettent en avant le besoin d'accorder la priorité à l'amélioration de l'alimentation des enfants. »




Home Zimbabwe : grand besoin d'une aide alimentaire

Source : Associated Press

Un groupe dépendant des Nations unies affirme que près de 5 millions de personnes au Zimbabwe auront besoin d'une aide en nourriture dans le courant de l'année prochaine, et ce à l'encontre des déclarations gouvernementales qui vont dans le sens contraire. D'après un rapport du Zimbabwe Vulnerability Assessment Committee, au moins 2,3 millions de personnes vivant dans les régions rurales ne disposeront pas de suffisamment de nourriture soit à cause de mauvaises récoltes soit parce qu'elles n'ont pas les moyens de s'acheter de la nourriture.

Le groupe qui a publié ce rapport comprend des membres d'agences des Nations unies et d'organisations non gouvernementales ; il affirme également qu'environ 2,5 millions de personnes vivant dans les zones urbaines auront besoin d'une aide alimentaire suite à l'accroissement de la pauvreté.

Des représentants des Nations unies et des groupes humanitaires affirment que les deux évaluations permettent d'aboutir à un total d'environ 5 millions de personnes, sur une population de 12,5 millions d'habitants, qui auront besoin d'une assistance alimentaire durant les prochains mois. Le gouvernement a annoncé des moissons records cette année (2,4 millions de tonnes de céréales) mais des spécialistes des Nations unies considèrent que le Zimbabwe ne pourra produire que la moitié de ses besoins en céréales estimés à environ deux millions de tonnes pour cette année.




Home La Turquie sous le charme d'une pièce de théâtre

Source : Unicef

Cigdem Yildiz entre en scène et s'adresse directement aux spectateurs : « Je ne veux pas me contenter de constituer mon trousseau. Je veux aussi aller à l'école et posséder mes propres livres. » Elle ne fait que répéter ce qu'elle a dit des centaines de fois à ses parents en voyant d'autres enfants se rendre à l'école. Dans sa province natale de Van, au sud-est de la Turquie, les filles ne sont pas envoyées à l'école, puisqu'elles sont destinées à passer toute leur existence à la maison. Elles se préparent à se marier très tôt. Et apprennent à se taire. Mais, ce soir-là, leur silence vole en éclats.

En 2000, alors qu'elle croyait qu'elle n'aurait plus jamais l'occasion d'apprendre, le district de Muradiye a ouvert une école primaire aux filles qui n'avaient jamais été scolarisées. Cette école faisait partie d'un réseau couvrant cinq provinces, fondé par la Fondation pour le développement de la Turquie, l'Organisation internationale du travail, le Programme des Nations unies pour le développement, le Fonds pour la population des Nations unies et l'Unicef.

Ces écoles servent aussi de lieux de rencontre, ce qui est très appréciable pour les filles qui n'ont que rarement l'occasion de sortir de chez elles. Elles organisent des sorties d'études dans les provinces voisines. A l'école de Muradiye, Cigdem a fondé un club de théâtre avec d'autres élèves. Avec l'aide de quelques garçons du district, elles ont écrit et mis en scène collectivement une pièce à laquelle elles ont donné le nom d'une fleur qui perce la neige des montagnes : Kardelen.

Cette pièce ne s'est pas contentée d'un public local. Elle s'est jouée dans la capitale de la province, est passée sur la chaîne régionale de télévision, avant d'être jouée deux fois à Istanbul. Elle a été vue par des enfants de toutes les régions de Turquie et par les ministres de l'Education et de la Culture, contribuant ainsi à transformer les attitudes concernant les filles, la tradition et l'éducation. Surtout, elle a transformé les filles elles-mêmes. Avant Kardelen, elles étaient rejetées du système scolaire ; à présent, ce sont de jeunes femmes pleines de confiance qui veulent devenir enseignantes, médecins ou avocates.




Home La pollution atmosphérique menace les enfants

Source : El País, Espagne

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 10 % de la population mondiale est composée d'enfants de moins de cinq ans, qui souffrent de 40 % des maladies dues aux problèmes liés à l'environnement.

En Europe, la situation n'est que légèrement meilleure. La pollution de l'air à l'intérieur des habitations, générée par les combustibles solides des foyers ouverts et des cuisinières, cause chaque année plus de 50 000 décès d'enfants de moins de quatre ans. Si l'on y ajoute les décès engendrés par la pollution de l'air dans les villes et par les usines, ces chiffres sont triplés. Selon l'OMS, au moins trois millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, dans le monde entier, de maladies liées à la pollution de l'air et de l'eau ou par manque d'installations sanitaires convenables. La principale cause de décès est la diarrhée provoquée par l'eau souillée.

L'OMS précise que de nombreuses études et spécialistes ignorent les effets de la pollution au regard des principales causes de décès d'enfants. Un communiqué de presse de l'OMS explique que « les enfants ne sont pas de petits adultes. Ils sont dans une période de croissance, aussi sont-ils plus sensibles à la pollution, non seulement lorsqu'ils sont exposés aux agents polluants dans leur jeune âge, mais parce qu'ils les accumulent dans leur organisme tout au long de la vie ».





Faits et prévisions

Home Bilan de l'économie de G. Bush : les inégalités s'accentuent

Source : Trouw, Pays-Bas

« Cette bulle (économique) va éclater et entraînera la chute des marchés financiers des Etats-Unis et du reste du monde. Tous les facteurs présents en 1929 sont là. » [B. Creme, Le Grand Retour, p. 35]

Selon Thomas Mann, du Comité d'experts de Brookings, à Washington : « Cette présidence aura été une période extrêmement décevante pour notre bien-être économique. En règle générale, la politique de G. Bush a fait plus de mal que de bien. »

Dans sa campagne électorale, les discours de G. Bush se focalisent sur la restructuration du système de sécurité sociale, du code fiscal et de la politique médicale. Ce que bien des gens ont oublié, c'est que cela faisait déjà partie de ses priorités lors de sa précédente campagne présidentielle.

Au cours du mandat de G. W. Bush :

– Selon le recensement de 2003, le nombre d'Américains vivant en état de pauvreté a augmenté de 1,3 million. Le taux des enfants dans la misère a atteint 17,6 %, tandis qu'un quart des Afro-Américains sont maintenant sous le seuil de pauvreté.

– Il y a 1,1 million d'emplois en moins qu'en janvier 2001. Cela fait de G. W. Bush le premier président depuis la Grande Dépression à terminer son mandat avec une perte d'emplois nette.

– Selon les toutes dernières statistiques officielles, le revenu moyen des ménages, inflation déduite, a chuté de 1 535 dollars (3,4 %) au cours des trois dernières années, passant à 43 318 dollars.

– Selon le Département du travail, le salaire horaire moyen a augmenté de 1,9 % au cours des douze derniers mois. Cependant, les prix à la consommation ont augmenté d'environ 3 %.

– Le nombre de propriétaires de leur logement a augmenté, principalement grâce à la faiblesse des taux d'intérêts. Mais ce crédit facile a également conduit à un record de la dette des ménages (2 000 milliards de dollars) et à des cas de banqueroute personnelle (1,7 million en 2003).

– Pour la première fois depuis 1995, le salaire des femmes a diminué (0,6 %), pour une moyenne annuelle de 30 724 dollars. Pour un dollar gagné par un homme, une femme gagne actuellement 76 cents, soit un cent de moins qu'en 2002.

– Le nombre d'Américains dépourvus d'assurance santé a atteint 5 millions en 2003, contre 43,6 millions en 2002.

La Maison blanche présente un déficit budgétaire record : 445 milliards de dollars. Quand G. W. Bush a pris ses fonctions, le budget fédéral était équilibré depuis trois années consécutives et dégageait un excédent de 236 milliards de dollars – le plus important de l'histoire du pays. G. Bush est entré à la Maison blanche à une époque de paix et de prospérité. Aujourd'hui, il a engagé l'armée américaine dans deux guerres sans fin en vue, et il préside une économie qui a favorisé les citoyens les plus riches aux dépens des plus pauvres. L'écart entre les riches et les pauvres s'est considérablement accru aux Etats-Unis.





Le respect de la loi

Home Israël menacé de sanctions

Source : The Guardian, Grande-Bretagne

La Cour suprême israélienne exerce une pression sur le gouvernement afin qu'il déplace le tracé du mur de séparation de la Rive ouest plus près de la frontière de 1967.

De son côté, le gouvernement a déclaré clairement qu'il ignorerait les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies et la décision de la Cour internationale de Justice de juillet 2004, selon lesquelles le mur est illégal, et qu'il suivrait exclusivement les décisions de sa propre cour suprême. Mais dans une décision sans précédent, prise en juin 2004, la Cour suprême israélienne avait déjà statué que le ministère de la Défense devait déplacer une partie du mur dont le tracé violait les droits de l'homme et les lois internationales au détriment des Palestiniens.

Le 19 août, la Cour suprême israélienne a donné 30 jours au gouvernement pour expliquer comment la construction du mur allait être affectée par la décision de la Cour internationale de Justice. Aujourd'hui, le procureur général Meni Mazuz prévient qu'Israël encourt des sanctions internationales. Il conseille au gouvernement de « se positionner au plus vite sur le tracé [...] et de respecter les principes établis par la décision de la Cour suprême », de façon à montrer qu'il respecte la loi internationale. Selon lui, il est « difficile de minimiser les risques de répercussions négatives de la décision de la Cour de La Haye ». M. Mazuz affirme que cette décision a créé « une nouvelle réalité légale pour Israël sur la scène internationale, susceptible d'être utilisée comme un prétexte ou un catalyseur pour imposer des mesures contre Israël [...] et même des sanctions ».




Home Les Palestiniens sous l'apartheid

Source : Haaretz, Israël

John Dugard, professeur de droit sud-africain et rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme dans les territoires palestiniens, a rendu un rapport à l'assemblée générale de l'Onu selon lequel il existe dans ces territoires un « régime d'apartheid pire que celui que l'Afrique du Sud a connu ». Il mentionne par exemple les routes ouvertes seulement aux colons israéliens, et interdites aux Palestiniens.

Dans son rapport, présenté au mois d'août 2004, J. Dugard critique ouvertement Israël pour sa « violation continue des droits de l'homme dans les territoires » et son intention déclarée d'ignorer la décision de la Cour internationale de Justice concernant le mur de séparation. Le rapport a été distribué aux pays membres, préalablement à la cession de septembre de l'assemblée générale dans laquelle le mur était à l'ordre du jour.

Ancien membre de la Commission pour la vérité, à la fin du régime de l'apartheid en Afrique du Sud, J. Dugard a été nommé en 2001 rapporteur spécial des Nations unies en 2001 pour les droits de l'homme sur la Rive ouest et la bande de Gaza. Il a appelé à un embargo général sur les armes contre Israël, en réponse aux opérations de la Force de défense israélienne à Rafah. Cet embargo serait identique à l'embargo sur les armes qu'a subit l'Afrique du Sud en 1997.





La voix des peuples

Home Allemagne : les manifestations s'étendent

Source : The Telegraph, Grande-Bretagne

Des dizaines de milliers de citoyens allemands ont manifesté contre la réduction des aides sociales en faveur des chômeurs et des bénéficiaires d'allocations. S'inspirant du modèle des « Manifestations du lundi » qui avaient contribué à la chute du mur de Berlin dans l'ex Allemagne de l'Est, les défilés ont commencé le 2 août 2004 avec quelques milliers de participants à Magdebourg, dans une Allemagne de l'Est où le chômage atteint 18,5 % de la population active. Depuis, les manifestations s'étendent et regroupent des dizaines de milliers de personnes dans plus de 140 villes à travers le pays.

La nouvelle législation appelée Hartz IV se trouve au cœur de la controverse. Sa mise en application a été planifiée pour début 2005 par la coalition au pouvoir, qui regroupe le parti social démocrate (SPD) et les Verts. Les allocations de chômage de longue durée vont être ramenées au niveau du revenu minimum, ce qui provoquera une réduction drastique des revenus de beaucoup de familles, et les chômeurs seront obligés d'accepter n'importe quelle offre d'emploi.

Plutôt que de mettre sur pieds un programme permettant de créer des emplois dignes de ce nom, le gouvernement envisage de créer 600 000 postes dans le secteur public qui seront rémunérés à raison d'un euro de l'heure, et que les chômeurs à long terme seront obligés d'accepter. D'après les opposants, cette législation va pousser au remplacement d'emplois rémunérés normalement par ces «  jobs à un euro ».

Les organisateurs des manifestations proviennent d'une alliance de groupes de citoyens et forment ce qu'ils appellent un « forum social » dont l'objectif est de forcer le gouvernement à annuler la nouvelle loi. Celui-ci a déjà fait un certain nombre de concessions mais se refuse à envisager d'autres modifications.

Les manifestants proviennent de différentes couches de la population – jeunes, pensionnés, chômeurs, nombreux travailleurs et indépendants, et familles entières se sentant vulnérables face à cette nouvelle loi. En défilant avec des bannières affirmant : « Nous sommes le peuple », beaucoup se sentent furieux contre ce qu'ils considèrent comme une trahison du chancelier Schröder eu égard à ses promesses de fournir des emplois et de veiller à la justice sociale. Ils accusent le gouvernement de « légaliser la pauvreté ». « Qu'avons-nous fait pour mériter la punition de la pauvreté ? s'exclame Götz Rubsich, un ouvrier au chômage, lors de la manifestation du 23 août à Leipzig. Ne valons-nous pas plus d'un euro de l'heure ? Sommes-nous vraiment trop exigeants ? Tout ce que nous voulons, c'est pouvoir vivre dignement de notre travail. »

Chrita Czech, une dame âgée vivant à Leipzig, a introduit en 2003 une plainte en justice contre le gouvernement. Elle décrit la situation comme suit : « Un quart des Allemands bénéficient des trois-quarts des ressources financières. Trois-quarts des Allemands doivent se partager entre eux le quart restant. C'est un scandale ! Avant les dernières élections, le SPD nous avait promis plus de justice sociale. Que reste-t-il de tout cela ? Du vent ! » Elle prévient que la réduction des allocations va conduire à plus de pauvreté et de désespoir. D'après elle, les revenus les plus élevés devraient, sans exception, être obligés de financer le système social allemand.




Home La voix du peuple au Venezuela

Source : The New York Times, Etats-Unis

 Au Venezuela, la voix du peuple s'est fait entendre au court d'un récent référendum plébiscitant le maintien du président Hugo Chavez. La participation a été considérable, avec plus de 8,5 millions de votants sur 14 millions d'inscrits. Les dirigeants de l'opposition ont contesté le résultat, mais les observateurs internationaux, y compris l'ex-président Jimmy Carter, ont affirmé qu'il n'y avait aucune raison de douter de l'honnêteté ou de l'exactitude de ce référendum.

Le programme social de H. Chavez reste axé sur la pauvreté et l'injustice qui règne dans son pays. Sa position a été renforcée grâce au soutien massif du peuple et des pauvres barrios qui le considèrent comme le premier président à parler en leur nom. H. Chavez a déclaré que les problèmes quotidiens des pauvres étaient le thème central de son mandat.




Home Les Américains se rallient contre l'agenda de George Bush

Source : www.notinourname.net ; USA Today, Etats-Unis

L'opposition à l'agenda de George Bush et à la guerre en Irak est à l'origine de la plus grande manifestation jamais tenue lors d'une convention politique aux Etats-Unis. Le 29 août 2004, alors que des manifestations se tenaient dans plus de 50 villes, plus d'un demi million de marcheurs en provenance de tout le pays ont convergé vers Madison Square, à New York, où se tenait la Convention nationale républicaine. « Les gens venaient de toutes les couches de la société, affirme Leslie Cagan, coordinatrice fédérale de United for Peace and Justice, une coalition de plus de 800 groupes opposés à la guerre. Nous voulions mettre en avant les questions que les républicains allaient soigneusement éviter lors de leur convention : le chaos croissant et la violence en Irak, le détricotage sans précédent des mesures de protection de l'environnement, les attaques contres les droits des femmes et beaucoup d'autres questions que les Américains ont à cœur. » Des acteurs et des réalisateurs de film, des hommes politiques et des leaders de tous ordres ont mené le cortège avec des vétérans de la guerre en Irak, des familles endeuillées suite au 11 septembre et des familles de militaires tués à la guerre. Des groupes opposés à la guerre, des jeunes, des syndicats, des groupes de protection des immigrés et des organisations de lutte en faveur des droits civils portaient des bannières affirmant « NON ! » Ils ont défilé de l'Union Square jusqu'à Central Park où des milliers d'entre eux ont continué leur manifestation non violente et festive et ont transformé le quartier en « Parc du peuple », malgré l'interdiction décrétée par Michael Bloomberg, maire républicain de New York.

Tanya Mayo, coordinatrice nationale des groupes Not In Our Name (Pas en notre nom) affirme que la manifestation a montré que tous les Américains ne sont pas d'accord avec G. Bush et a souligné l'importance que les voix dissidentes se fassent entendre. « Les gens reconnaissent qu'ils doivent voter avec leurs pieds, qu'ils doivent défiler dans les rues. »

Des activistes et des avocats ont critiqué la police de la ville de New York et les services secrets qui agissent avec une violence injustifiée et qui mènent des arrestations de masse – plus de 1 800 personnes ont été arrêtées lors des manifestations. Kim Sue, 19 ans, étudiante, a décrit son séjour de 24 heures en prison comme un véritable enfer. Mais elle ajouté immédiatement : « Je le referais sans hésiter, car 8 000 personnes meurent chaque jour et on n'en parle jamais dans les médias. Leurs voix ne sont jamais entendues et c'est ma responsabilité. »





Les mensonges dévoilés

Home Le Washington Post reconnaît des erreurs concernant l'Irak

Source : The Guardian, Grande-Bretagne

Après le New York Times et le magazine New Republic, le Washington Post a publié un mea culpa sur la manière dont il a couvert la période précédant la guerre.

En première page du 12 août 2004, ce quotidien a déclaré qu'il avait sous-estimé le scepticisme provoqué par les affirmations de la Maison blanche qui prétendait que l'Irak possédait des armes de destruction massive et « qu'il n'avait pas suffisamment tenu compte de ceux qui se posaient des questions sur cette guerre ».

Les éditoriaux de l'époque étaient favorables à la guerre, écrivant au lendemain de l'allocution de Colin Powel devant l'assemblée des Nations unies : « On imagine difficilement que quiconque puisse douter que l'Irak possède des armes de destruction massive. » Les articles favorables à la guerre et les déclarations de la Maison blanche étaient publiés en première page alors que le point de vue des sceptiques étaient relégués en dernière page. Mais Leonard Downie, rédacteur en chef du Washington Post, reconnaît à présent que son journal était tellement « occupé à essayer de comprendre ce que l'Administration était en train de faire que nous n'accordions pas la même attention à ceux qui estimaient que la guerre n'était pas une bonne idée [...] C'était une erreur de ma part. Ceux qui posaient des questions sur la guerre étaient isolés. Nous n'avons pas fait suffisamment attention à cette minorité. »




Home Tony Blair limogé par le parlement britannique ?

Source : BBC, The Guardian, G.-B.

Un groupe de quatorze parlementaires britanniques a l'intention d'invoquer une mystérieuse procédure pour tenter de limoger le premier ministre Tony Blair, pour les combines qu'il a utilisées afin d'entraîner la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.

Largement en sommeil depuis la guerre civile des années 1640, cette procédure de destitution a été utilisée avec succès pour la dernière fois en 1805. Elle peut être invoquée contre toute personne accusée de « crimes graves et de délits » si un seul des parlementaires parvient à persuader le Parlement qu'il existe matière à jugement.

Suite au dépôt d'une motion réclamant que le premier ministre défende sa cause devant le Parlement, le député nationaliste gallois Adam Price sera chargé d'accuser T. Blair :

– d'avoir trompé le Parlement et le pays à propos de l'Irak ;

– de négligence et d'incompétence lors de ses déclarations sur les armes de destruction massive ;

– de porter atteinte à la Constitution ;

– d'avoir conclu un accord secret avec le président américain.

En cas de succès, le limogeage aboutirait à un procès conduit par des membres de la Chambre des communes, présidé par le grand chancelier et assisté d'un jury composé de membres de la Chambre des Lords.

« Cette accusation mérite d'être prise au sérieux, a déclaré Adam Price à la BBC. Au cours des 18 derniers mois sont apparues des preuves indéniables que nous avons été trompés au sujet de cette guerre. Quoiqu'il advienne, le public saura que la procédure de limogeage existe toujours et qu'un ministre qui trompe les gens et refuse de se retirer peut être renvoyé par le Parlement. Il est probable que la majorité travailliste fera en sorte que le limogeage échoue, mais l'exposé des charges entraînera un débat parlementaire sur les implications de la Grande-Bretagne en Irak, un problème dont beaucoup de gens pensent qu'il a été escamoté par les enquêtes de Hutton et Butler. »

« Le moment est venu d'examiner à nouveau si, comme aux Etats-Unis, la procédure de destitution doit faire partie du processus constitutionnel, a déclaré le député Peter Kilfoyle, ancien ministre travailliste, membre du Parlement. Elle ne devrait être utilisée qu'en dernier recours, car la bienséance veut que des ministres se comportent en « gentlemen honorables » [et se retirent] lorsqu'ils ont trompé la Chambre. Pour la plupart des gens, il ne fait aucun doute que le premier ministre l'a trompée. »





Courrier des lecteurs

Home Un signe fructueux

 Cher Monsieur,

L'histoire de la pomme commence sur le parking du supermarché Tesco, à South-end-on-Sea, en juillet 2004. Anthony, mon mari, remarqua une pomme sur le sol. Elle semblait tout juste tombée d'un sac. Il la ramassa, nota qu'elle semblait parfaitement saine et trop bonne pour être gaspillée et il la garda.

Elle resta dans mon frigidaire pendant une semaine. Le lundi matin 2 août, j'ouvris celui-ci pour prendre du lait. Je regardai la pomme et je vis avec surprise la marque d'une croix. Trouvant étrange que celle-ci soit apparue comme cela sans raison apparente, j'examinai l'intérieur du frigidaire pour voir si quelque chose avait pu laisser une trace sur la pomme, mais je ne pus rien trouver. Je me souvins alors de l'histoire d'Essy et de ses pommes (voir courrier des lecteurs, Partage international, avril 2004). Je fais partie du même groupe de transmission qu'elle. J'ai donc pris cette photo (ci-dessous) dans l'espoir d'en apprendre davantage.

A. C.,  Westcliff-on-Sea, Essex, Grande-Bretagne

Le Maître de B. Creme a indiqué que la croix avait été manifestée par Maitreya.


Home Imaginez...

Cher Monsieur,

J'ai rencontré une femme faisant partie du groupe de transmission de New York à la manifestation en faveur de la paix qui a eu lieu à New York en mars 2004. Elle me donna quelques prospectus sur Partage international que j'étais censé emporter avec moi à Boston. Un homme surgit soudain de la foule, posa son doigt sur le mot : « Imaginez » en haut du prospectus, puis, d'un geste délicat et rapide, en prit un exemplaire dans mes mains et le brandit en disant : « Oui. » Il me regarda rapidement au fond des yeux, puis se fondit à nouveau dans la foule. Il avait de longs cheveux raides et une tenue vestimentaire inhabituelle du genre hippie. Cet homme était-il un Maître ?

D. M.,  Boston, Massachusetts, Etats-Unis

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme en question était Maitreya.


Home Une histoire courte

 Cher Monsieur,

En juin 2003, vers 12 h 30, je traversais Ken-wood Park, après avoir assisté à la méditation de transmission à Highgate Village, lorsqu'une jeune femme m'arrêta en disant : « Ne craignez rien, il veut juste vous serrer dans ses bras. » Je remarquai alors un gamin qui venait vers moi. Il me serra dans ses bras et je lui demandai : « Comment t'appelles-tu ? » mais il se contenta de me regarder, puis il s'éloigna. Ce fut très rapide et je ne me souviens pas d'avoir revu la femme.

Votre Maître pourrait-il dire qui étaient cette femme et ce jeune garçon ?

C.  M.,  Londres, G.-B.

Le Maître de benjamin Creme a indiqué que la femme était le Maître Jésus et le jeune garçon Maitreya.


Home Une apparence trompeuse

Cher Monsieur,

Le 12 août 2004, après la Transmission hebdomadaire à Lucerne, je pris le bus pour rentrer chez moi à Baar. En montant, je vis que ma place habituelle était occupée par une femme énorme, en short. Je me demandai où l'on pouvait bien trouver des shorts d'une taille aussi grande. Je m'assis en face d'elle en diagonale. Elle avait un visage aimable, rond, ouvert, et elle essayait d'attirer la sympathie d'une petite fille de l'autre côté du couloir central en faisant des grimaces.

D'autres personnes montèrent. Un couple, accompagné de deux garçons âgés d'environ neuf et onze ans, cherchait des places assises. Je me déplaçai alors pour me mettre en face de la dame obèse, en veillant à ce que nos genoux ne se touchent pas, et l'homme prit place auprès de moi. Sa femme trouva une place de l'autre côté du couloir et la dame obèse se poussa pour faire de la place à l'un des enfants. L'autre enfant resta debout. La femme obèse essaya de lier conversation, mais la plupart des gens n'en avaient guère envie car ils s'étaient laissés surprendre par la pluie. L'enfant expliqua qu'ils revenaient de Titlis, une montagne de 3 000 mètres de haut, située au sud de Lucerne. Au bout d'un moment, l'enfant qui était debout jugea que c'était son tour de s'asseoir et voulut prendre la place occupée par son frère. La dame obèse se rapprocha alors davantage de la fenêtre et les deux garçons purent prendre place à côté d'elle. Je ne pouvais en croire mes yeux. Les deux enfants étaient assis à côté de cette femme qui aurait dû normalement avoir besoin de deux places pour elle toute seule – c'était comme un miracle.

Elle concentra alors son attention sur moi et me demanda si j'allais bien. Grande et mince comme je le suis, nous devions ressembler à Laurel et Hardy. N'étais-je pas un peu malade ? Je répondis que je me sentais parfaitement bien et, avec une allusion pleine de sous-entendus, je déclarai qu'à mon avis il était préférable en matière de nourriture de se contenter du strict minimum et que depuis plus de trente ans je me passais de temps à autre de manger pendant plusieurs semaines, buvant simplement un demi-litre de jus de fruit et deux litres d'eau par jour, un bon moyen de se sentir en parfaite santé ensuite – et j'ajoutai que je m'étais même passé de nourriture et de boisson pendant sept jours simplement pour voir l'effet que cela faisait. Elle ne fut nullement impressionnée. Elle semblait se considérer comme l'incarnation de la santé et de la prospérité et moi-même comme l'image de la faim et de la maladie.

A l'arrivée à Baar, de nombreux passagers descendirent du bus, y compris la dame obèse. Je fus surprise de voir la facilité avec laquelle elle se leva pour descendre – aucun lutteur de sumo japonais n'aurait pu faire mieux.

Ce n'est que plus tard, à 3 h 30 du matin – heure de ma méditation personnelle – que j'explosai de joie en réalisant soudain que, de toute évidence, j'avais été confrontée à Maitreya, notre cher instructeur rempli d'humour et que les remarques pleines de sous-entendus étaient à prendre en sens inverse. Maitreya avait sans doute voulu me montrer que ma conception selon laquelle un poids inférieur à la normale est synonyme de santé et un surpoids synonyme de maladie est relative, en prenant l'apparence d'une personne obèse pleine de santé et de gaieté, capable de se déplacer aussi vite qu'une belette.

Ai-je eu raison de supposer que cette dame obèse était Maitreya ?

A. N.,  Baar, Suisse

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que la « dame obèse » était Maitreya.


Home Un sage réconfort

Cher Monsieur,

Il y a deux semaines (juillet 2004) je traversais une période difficile dans ma vie personnelle. Je travaille dans une petite librairie religieuse dont l'atmosphère est enrichissante. Mais ce jour-là je ne me trouvais bien nulle part. Chaque heure me semblait durer une éternité. Je regardai ma montre pour voir si je pouvais songer à fermer, mais il restait encore près de quinze minutes. Une femme entra alors dans la boutique Elle se dirigea directement vers le fond et jeta un coup d'œil sur les livres pendant quelques instants. Puis avant de sortir, elle s'approcha du comptoir où j'étais assise et me regarda droit dans les yeux. Elle me demanda alors, comme si elle voulait vraiment le savoir : « Comment allez-vous ? » A ma grande surprise je fus incapable de répondre et, au lieu de cela, je fondis en larmes.

Elle vint derrière le comptoir et me serra chaleureusement dans ses bras jusqu'à ce que mes larmes cessent. J'avais été jusqu'alors incapable de pleurer même si je savais que cela m'aurait fait du bien. Elle me dit quelque chose comme ceci : « C'est un bon endroit où venir lorsqu'on a besoin d'un encouragement ou d'un soutien. Je viens souvent. Les gens ici sont bons mais ils ne me connaissent pas. Vous pouvez me voir, n'est-ce pas ? Vous pouvez me voir ? » Je hochais la tête en me disant que c'était une étrange façon de s'exprimer.

Elle me parla encore un peu, puis déclara : « Au plus profond de vous, vous savez que cela va aller ! » Ses paroles pénétrèrent dans mon cœur et m'apportèrent assurance et réconfort. Elle suggéra que je ferais mieux de rentrer chez moi. « Il n'y a personne dans les parages et il fait froid. Pourquoi ne fermez-vous pas dix minutes plus tôt ? »

Je la remerciai de sa gentillesse et je m'excusai, mais elle écarta mes excuses en affirmant que sa gentillesse était toute naturelle. J'éprouvai un sentiment de profonde reconnaissance.

Pourriez-vous me dire si cette femme était tout simplement une personne charitable ou l'un des Maîtres ?

J. P., Bowral, NSW, Australie

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que la « femme » était Maitreya.


Home Une expérience de la nature

Cher Monsieur,

En août 1998, j'ai fait une promenade avec quelques amis à Montgomery Woods, un bois de majestueux séquoias non loin de chez moi. Sur le chemin du retour, je garai la voiture sur le bas-côté dans l'intention de préparer quelques sandwiches. La route à cet endroit longeait une falaise et elle était peu fréquentée. En ouvrant le coffre, je remarquai une silhouette isolée se dirigeant vers nous. Un peu plus tard, je levai les yeux et je vis un homme qui me faisait face. Me sentant d'humeur généreuse par cette belle journée, je lui demandai s'il voulait manger quelque chose. Il accepta sans hésitation et s'approcha de la voiture. Il regarda mes sandwiches improvisés et déclara : « Quel beau pain ! » Je lui répondis qu'il avait été fait par un boulanger du coin. « Mangez-vous du fromage ? » demandai-je. « Oui, j'aime le fromage. Comment vous appelez-vous ? » –« Ron », répondis-je. Il dit alors : « Je m'appelle Nature. » Je le regardai avec attention. Il avait des cheveux bouclés grisonnants, il portait un sac à dos rouge et avait un air à la fois afro-américain et asiatique.

La manière emphatique avec laquelle il avait prononcé son nom suscita deux réactions dans mon esprit : le mystique relia ce nom à l'expérience enrichissante que j'avais vécue dans le bois de séquoias. Le sceptique se dit qu'il s'agissait probablement d'un de ces hippies californiens. Le sceptique se contenta de répondre prudemment « okay ». Lorsque le repas fut terminé, nous reprîmes la route et je jetai un coup d'œil dans le rétroviseur pour voir une dernière fois notre mystérieux invité. J'eus la surprise de le voir me regarder et agiter la main en dépit des soixante mètres qui nous séparaient maintenant – faire adieu de la main à trois personnes qui ont le dos tourné et qui sont en train de disparaître de la vue. L'une de mes passagères, une bouddhiste, déclara qu'elle ne pensait pas que Nature était un être humain ordinaire. Pourriez-vous me dire ce qu'il en est ?

R. C., Ukiah, Californie, Etats-Unis

Le Maître de B. Creme a indiqué que « Nature » était en fait le Maître Jésus.


Home Une guérisseuse introuvable

Cher Monsieur,

Lorsque je vivais à Londres, vers 1989, je me rendis à l'Association spiritualiste, à Belgrave Square, afin de consulter un guérisseur spirituel. J'y allai pour mon amie qui souffrait de psychose.

Lorsque mon tour arriva, une vieille dame me fit signe de venir vers elle. Elle se présenta sous le nom de Marjorie et elle commença à me poser des questions sur mon état. J'expliquai que je n'avais pas de problèmes mais que mon amie en avait. Je lui tendis une photographie de celle-ci et elle l'examina sérieusement. Elle me dit qu'effectivement mon amie avait un réel problème et qu'elle avait besoin d'être soignée très rapidement. Je lui dis que je lui téléphonerais pour lui dire de venir à Londres dès que possible, et Marjorie promit de la soigner dès son arrivée. Elle ajouta qu'elle allait également me soigner.

Je ne me souviens pas combien de temps cela prit, mais je ressentis bientôt une énergie très chaude qui émanait de la paume de sa main. Elle déclara que moi aussi je deviendrai guérisseur. Je ne pris pas la chose au sérieux car à l'époque je vivais à Londres dans le but de m'entraîner pour le Grand prix automobile et pas pour devenir guérisseur. Quoi qu'il en soit, je la remerciai pour sa guérison et ses conseils et je promis de lui amener mon amie prochainement. Je me souviens encore nettement de son visage. Elle paraissait avoir plus de quatre-vingts ans. Elle était toute petite et elle avait des cheveux blancs et une voix douce, aimable et chaleureuse. C'était la plus charmante vieille dame que j'aie jamais rencontrée. Je me dis que c'était vraiment une chance de rencontrer une guérisseuse aussi merveilleuse. Je me sentais réconforté et très heureux et j'étais certain que Marjorie pourrait guérir mon amie.

Quelques semaines plus tard, mon amie prit l'avion du Japon pour Londres afin de rencontrer Marjorie, mais lorsque nous allâmes la voir, je ne pus la trouver. Je m'enquérais de Marjorie auprès des autres guérisseurs mais personne ne la connaissait. J'étais abasourdi et mon amie était déçue. Je ne pouvais croire une chose pareille car j'avais rencontré Marjorie seulement quelques semaines auparavant et à son âge elle devait avoir travaillé comme guérisseuse pendant un certain temps. Comment se faisait-il que personne ne la connaisse ? Je cherchai dans tout l'étage mais en vain. Je remarquai alors un tableau montrant tous les guérisseurs agréés à l'association. J'examinai chaque photo, mais Marjorie n'en faisait pas partie. J'étais abasourdi.

Plus de quatorze ans ont passé depuis, mais je me demande toujours ce qui m'est arrivé ce jour-là et qui était Marjorie : s'agissait-il de Maitreya ou d'un Maître.

T.  S., Saitama, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « Marjorie » était Maitreya.


Home Saine et sauve

Lorsque ma femme accoucha en 1991, elle eut un terrible problème. Deux jours après qu'elle eut quitté l'hôpital, vers 22 h, elle s'éveilla soudain. Elle saignait abondamment. Nous nous précipitâmes à l'hôpital qui se trouve à quelques kilomètres de notre appartement. Il faut vingt-cinq minutes pour s'y rendre, mais il faisait nuit et il pleuvait. Je conduisis aussi vite que je pus, brûlant même les feux rouges, et nous arrivâmes en cinq minutes. Le siège arrière de la voiture était maculé de sang. Je compris que c'était une question de vie ou de mort.

Ma femme fut immédiatement transportée en salle d'opération. Bien qu'elle ait perdu un litre de sang, sa pression sanguine était normale pendant l'opération et la transfusion de sang prévue par le médecin ne fut pas nécessaire. Habituellement lorsqu'une personne perd plus d'un litre de sang, elle est inconsciente, elle peut même en mourir. Le médecin très surpris déclara que c'était un véritable miracle. Qui l'a aidée à survivre ?

T.  S., Saitama, Japon

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'épouse de notre correspondant a été aidée par Maitreya.


Home Une foi retrouvée

Cher Monsieur,

J'avais cessé récemment de participer à la méditation de transmission pendant deux mois en raison notamment d'une perte de foi. J'étais à cette période très perturbée, à la suite de malentendus au sein de mon église. J'avais prié pour demander protection et soutien.

Le 3 janvier 1999, pendant l'office du soir à l'église, un homme d'une stature inhabituelle, aux cheveux très noirs, vint soudain s'asseoir à côté de moi. Il s'était mis tout près, les genoux tournés vers moi. Il y avait en lui quelque chose d'inhabituel ; je me sentais très à l'aise et protégée. Il semblait particulièrement inoffensif, posé et sincèrement rempli d'humilité. Je remarquai qu'un jeune pasteur eut un sourire rayonnant lorsqu'il le vit. Cet homme resta pendant une dizaine de minutes, puis s'excusa poliment et avec chaleur. Je regrette de n'avoir pas regardé son visage. Mon cœur ne cesse de me dire qu'il ne s'agissait pas d'un étranger ordinaire. Je suis retournée depuis à la méditation de transmission.

E.  B., Ontario, Canada

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l'étranger » était Maitreya.



Compte rendu de lecture

Home Un livre de la reine Noor de Jordanie : Leap of Faith, Mémoirs of an Unexpected Life

Les mémoires de la reine Noor de Jordanie

par Marijke op ten Noort

 Les « mémoires » auxquelles il est fait allusion dans le titre de l'autobiographie de la reine Noor de Jordanie, Leap of Faith : Memoirs of an Unexpected Life, font principalement référence à la vie de son époux, le roi Hussein et à leurs souvenirs communs.

Noor, qui s'appelait alors Lisa Halaby, a rencontré le roi Hussein de Jordanie en 1977 alors qu'elle était veuve et mère de huit enfants. Ils se marièrent en 1978. Elle fit le choix de se convertir à l'Islam qu'elle décrit comme étant la première religion pour laquelle elle se sentit attirée. Elle parle de la simplicité d'une relation directe avec Dieu et de l'accent mis par l'Islam sur la justice. Elle cite le prophète Mahomet : « Aucun d'entre vous ne sera un véritable croyant tant qu'il ne souhaite à son frère ce qu'il souhaite pour lui-même. »

Noor est issue d'une famille arabo-américaine très connue. Son père fut un homme d'affaires réputé, un haut fonctionnaire et conseiller du président J.F. Kennedy pour les questions de circulation aérienne. Sa mère, qui était américaine, a travaillé activement pour améliorer les relations entre les Etats-Unis et les nations arabes, et s'est également impliquée dans des actions en faveur des réfugiés palestiniens.

A l'époque où elle étudia l'architecture à l'Université de Princeton, Noor participa à des marches contre la guerre au Vietnam et à des mouvements pour les droits civils ; elle développa un point de vue critique sur la politique étrangère américaine. En 1975, à l'âge de 24 ans, elle travailla comme architecte pour un projet important à Téhéran. Elle apprit l'arabe et se familiarisa avec la culture et la structure sociale de l'Iran. Il lui apparut clairement que, dans les pays occidentaux et en particulier aux Etats-Unis, il existait une profonde méconnaissance et une incompréhension de l'Islam ; elle consacra alors énormément de temps et d'argent pour établir des ponts entre les différentes cultures.

L'ouvrage de la reine Noor développe un point de vue très intéressant sur le conflit entre l'Est et l'Ouest, il reprend aussi une chronique détaillée de l'implication de la Jordanie dans cette crise toujours non résolue et dont dépend la stabilité du monde.

Hussein devint roi de Jordanie à 17 ans, suite à une décision prise par le Parlement jordanien en 1952 de démettre de son trône le roi Talal, père d'Hussein, suite à des problèmes de santé mentale. A cet âge, il faisait ses études et complétait sa formation d'officier en Grande-Bretagne mais, à partir de l'âge de 18 ans, il se consacra exclusivement au gouvernement de la Jordanie.

Le problème palestinien constitue un thème très important qui revient de manière récurrente dans les écrits de Noor. Au fil du temps, plus de 1,5 million de réfugiés palestiniens se sont installés en Jordanie grâce à la générosité du roi et à sa compassion pour la souffrance du peuple palestinien. Hussein fut le seul chef d'Etat à offrir la citoyenneté aux réfugiés, avec pour résultat que la population jordanienne a pratiquement doublé, ce qui eut pour effet de mettre à mal les ressources du pays. Dès 1977, la seconde et troisième génération de réfugiés apparurent dans les camps de réfugiés palestiniens. Noor témoigne : «Ce n'est que lorsque j'ai commencé à vivre en Jordanie que j'ai mesuré l'énormité de cette tragédie humaine. Beaucoup ne voulaient pas quitter leur tente pour une situation moins précaire de peur de perdre leur statut de réfugié et avec celui-ci le droit de retour à leur terre. Ils conservaient des lambeaux de documents avec lesquels ils s'étaient enfuis plus de 30 ans auparavant, afin de prouver leur droit de propriété sur les terrains et les habitations dont ils avaient été chassés ; certains continuent à porter la clé de leur maison autour du cou. »

La résolution 242

En mai 1967, durant la guerre de six jours, 700 soldats jordaniens furent tués et plus de 6 000 blessés. La Jordanie perdit alors la moitié de son territoire. L'intégralité de la Cisjordanie, avec ses terres fertiles, fut occupée par Israël. Cinq mois après la guerre, le roi Hussein se rendit aux Nations unies, à New York, afin de chercher avec Mahmoud Riad (ministre égyptien des Affaires étrangères), Abba Eban (ministre israélien des Affaires étrangères) et Arthur Goldberg (ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies) une solution pacifique et équitable au conflit. Leurs efforts aboutirent à la résolution 242, baptisée Des territoires en échange de la paix, qui fut adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité. Le roi Hussein accepta cette résolution car il crut aux assurances qui lui étaient données que celle-ci serait réalisée sur le terrain au plus tard dans les six mois. Aujourd'hui, trente-six ans plus tard, la résolution n'est toujours pas appliquée.

La reine Noor décrit également le désespoir et le sentiment d'impuissance de son mari lorsqu'il se rendit compte pour la première fois que les leaders occidentaux de la coalition de 1991 contre l'Irak, n'avaient même pas essayé de rechercher une solution pacifique. Elle parle de sa propre rage et de sa frustration par rapport au double langage des Occidentaux sur la question du Moyen-Orient et du soutien que les Etats-Unis octroient à Israël au mépris, le plus souvent, des droits des populations arabes ; sans oublier les résolutions de l'Onu et les traités internationaux qui sont simplement ignorés.

En tant que jeune reine, Noor n'était pas prête à vivre comme une icône. Elle a agi en tant que femme libre qui a taillé un rôle à sa mesure ; elle est connue pour son travail en faveur des Nations unies, pour ses campagnes au nom de réfugiés, pour son implication dans les questions relatives aux femmes et aux enfants et pour son soutien aux campagnes contre les mines antipersonnel et à celles développées en faveur de l'environnement. Elle s'intéresse aussi au développement durable et a très rapidement compris la nécessité d'une approche multilatérale et coordonnée pour résoudre les problèmes régionaux et internationaux.

Une tentative de médiation

La citation suivante est tirée de la préface de l'autobiographie ; elle illustre parfaitement la personnalité du défunt roi de Jordanie et de la reine Noor : « Travaille pour la vie sur cette Terre comme si tu devais vivre éternellement. Travaille pour ta vie au ciel comme si tu devais mourir demain.» La reine Noor a fait don des recettes de la vente de son livre en faveur de la fondation Roi Hussein, qui se consacre à la poursuite du travail humanitaire du roi Hussein aux Etats-Unis et en Jordanie.

Les lecteurs de Partage international se souviendront que dans son numéro de janvier/février 2002, le Maître de Benjamin Creme a confirmé que Maitreya était intervenu personnellement dans la crise résultant de la guerre des six jours et avait conseillé au défunt roi Hussein d'abandonner la souveraineté sur la Cisjordanie (aux mains des Israéliens depuis la guerre) ce que fit effectivement le souverain. Celle-ci, avec la bande de Gaza, est appelée à former le futur territoire du peuple palestinien. Il est intéressant de noter que, d'après le Maître de Benjamin Creme, la Guerre du Golfe de 1991 n'était pas inévitable et qu'une solution diplomatique aurait pu être trouvée (PI, mars 1991). Après l'occupation du Koweït par Saddam Hussein, le roi Hussein fit une tentative de médiation ; suite à celle-ci, Saddam Hussein accepta de retirer son armée du Koweït. Cet effort de médiation fut considéré par les puissances occidentales comme un signal d'approbation de l'occupation du Koweït ; en conséquence, la Jordanie fut punie pendant des années par un embargo sur le commerce et un boycott économique implacables menés principalement par les Etats-Unis.


Queen Noor, Leap of Faith : Memoirs of an Unexpected Life. Miramax, 2003. ISBN0-7868-6717-5.





Interviews

Home Révéler l'aspect naturel de l'être (deuxième partie)

Interview de Swami Nirliptananda par Felicity Eliot

Swami Nirliptananda, attaché à l'un des temples hindous de la communauté asiatique de Londres, possède une connaissance approfondie des enseignements de Maitreya.

Dans la première partie de cette interview (voir Partage international, septembre 2004) swami Nirliptananda explique l'importance de la méditation en tant que moyen de parvenir au détachement et à une plus grande conscience de soi et donne une idée de l'effet d'unification du mantra OM lorsqu'il est utilisé de manière correcte. Dans cette deuxième partie, il développe cette idée et rassemble en un tout les nombreux aspects apparemment disparates de nos vies, dans une vaste synthèse.

Swami Nirliptananda : Lorsque nous chantons le mantra OM, nous pouvons le faire de deux façons : tout d'abord nous pouvons le chanter à haute voix, mais si nous le faisons correctement, c'est-à-dire en écoutant le son – en nous concentrant simplement sur le son OM – nous ne pouvons le répéter constamment. On le répète pendant un moment, puis il s'arrête automatiquement – extérieurement, mais intérieurement il ne cesse de résonner. Lorsque ceci se produit et que vous en prenez conscience, même si vous êtes en train de travailler ou de faire quelque chose de particulier, vous continuez à entendre le son OM – vous en demeurez conscient. En d'autres termes, votre mental est alors relié à ce son. Il en est nourri et imprégné et rien d'autre ne peut avoir d'effet sur lui.
Notre problème fondamental est de ne pas être conscients de nous-mêmes ; nous sommes conscients de tout sauf de nous-mêmes. Nous devons donc essayer de développer cette conscience de nous-mêmes et ressentir nos vibrations intérieures – des vibrations divines qui agissent en nous en permanence. Le mantra OM nous aide à devenir plus conscients et à mesure que cette conscience se développe, le mantra résonne en nous en permanence ; dans le monde intérieur le mental est connecté.

Partage international : Vous dites que nous avons perdu le sens de nous-mêmes – que nous ne sommes pas conscients du soi. Voulez-vous dire le « soi » ordinaire, celui de tous les jours ? Je pense que peut-être vous voulez parler du soi supérieur, l'âme.
SN. Non, pas vraiment ; pas du « soi supérieur ». Ce dont je parle c'est de la manière ou du moyen de progresser vers la réalisation du soi supérieur. L'idée est de s'efforcer d'accéder à la connaissance de soi. La connaissance de soi vient à travers la conscience de soi, la perception de l'impact que le monde exerce sur nous. Généralement, les gens n'en ont pas conscience car le mental est seulement attaché au monde. Mais, à mesure que notre mental, grâce au mantra, se détache du monde, nous prenons davantage conscience de ce qui nous arrive – et de nous-mêmes.
Lorsque nous parlons de connaissance et de connaissance de soi, cela n'a pas une signification occulte, cela signifie simplement que nous prenons davantage conscience de l'impact du monde sur nous. Nous voyons les transformations qui se produisent à l'intérieur de nous-mêmes.

PI. Quelle sorte de transformations ?
SN. Avec une conscience et un détachement accrus, nous devenons plus relaxés, nous nous sentons plus libres, plus heureux, plus joyeux – tels sont les changements qui se produisent, les qualités qui se développent. C'est à partir de ce niveau de conscience que nous progressons vers ce que l'on appelle la réalisation du soi.

PI. Voyons si j'ai bien compris : lorsque nous prenons conscience de l'impact de la vie sur nous, nous pouvons nous diriger vers la réalisation du soi ?
SN. Oui, cela nous fait avancer dans ce sens bien plus que l'étude des livres. Tout ce que nous étudions peut avoir une influence directe sur nous et nous aider à commencer le voyage de manière correcte, mais c'est finalement nous qui aurons à fouler le sentier. La carte est là, elle est à notre disposition. Certains ont atteint cet état de réalisation du soi avant nous et ils nous parlent – non seulement de leur expérience supérieure, mais de la manière dont ils ont commencé et sont parvenus à ce stade.
L'impact du monde sur nous est grand et nos responsabilités ainsi que nos soucis occupent tellement notre attention que nous avons à peine le temps de nous asseoir calmement, paisiblement, pendant une minute ou deux ; en fait, l'expérience vient dans le silence. Même si nous commençons par chanter un mantra à voix haute, l'objectif réel est de détacher l'esprit du monde. Le mantra nous transporte dans un état particulier et il s'arrête là.

Voyant que ce point nécessitait davantage d'explication, swami Nirliptananda utilisa la métaphore de l'homme ayant une jambe malade. Celui-ci se rend chez le médecin qui lui donne les soins médicaux et l'attention nécessaires, puis lui procure une béquille. Mais il vient un moment où l'homme va mieux. « Mais s'il continue à porter une béquille alors qu'il n'en a plus besoin [...] A un certain moment la béquille le portait, maintenant c'est lui qui porte la béquille. » Il a ajouté que nous devions savoir, nous tenir en alerte, sentir le moment où ceci se produit.

SN. Nous devons savoir et comprendre que c'est une chose qui se produit si nous prononçons le mantra correctement. Cela arrive à un stade particulier. Certains jours vous prononcez le mantra une seule fois et vous ne pouvez plus le prononcer – vous entrez directement dans l'état de méditation.
D'ordinaire, le mental fonctionne à un niveau de conscience très superficiel et à ce niveau des changements se produisent sans cesse. Nous voulons avoir des expériences variées, nous recherchons le plaisir ou le bonheur et nous pensons que ceci ou cela va nous rendre heureux. Nous ne savons pas réellement ce qu'est le bonheur. Nous nous accrochons à différentes choses, comme une personne qui boit et devient alcoolique. C'est ce qui peut arriver avec la poursuite du plaisir – nous en devenons esclaves.
L'objectif de la méditation est de libérer notre soi naturel, car c'est seulement dans notre état naturel que nous pouvons être heureux. Les plaisirs nous détournent de cet état naturel. Dans la Bhagavad Gita il est dit qu'au commencement la poursuite du plaisir est comme un nectar et à la fin comme un poison. Pourquoi ? Parce que ce qui se passe réellement, c'est que nous devenons esclaves. Nous sommes asservis aux biens matériels car nos sens en sont constamment nourris et nous en développons l'habitude. En agissant ainsi nous devenons un ensemble d'habitudes. Nous devenons esclaves.

PI. Et pour rompre ces habitudes il y a la méditation ? et d'autres pratiques spirituelles ?
SN. Oui, la méditation bien sûr. Nous sommes composés d'un mental, d'un corps et d'un esprit, et notre corps, nos sens, nous disent que nous aimons telle ou telle chose – une habitude ou une autre. Ce que nous pouvons utiliser, à part la méditation, est ce que l'on appelle samyam (le contrôle des sens). Samyam est le moyen de casser une habitude. En fait samyam est à la base de l'équilibre spirituel.
Par exemple, jeûner est samyam. Mettons que nous ayons l'habitude de manger trop d'un certain type de nourriture. Dans ce cas nous pouvons utiliser samyam pour vaincre cette habitude. Un autre exemple pourrait être que nous avons l'habitude de dormir à une certaine heure. Dans ce cas, nous pouvons nous dire : « Je ne vais pas dormir à cette heure-là, je vais dormir à une heure différente ou pas du tout. » En agissant ainsi, nous allons à l'encontre de l'habitude ou de la tendance en question.

PI. Samyam est-il le remplacement d'une habitude par son contraire ou s'agit-il de se discipliner soi-même ?
SN. Il ne s'agit pas de remplacer une habitude par une autre. Pratiquer samyam, c'est se déconditionner de ses tendances ou de ses habitudes. Ce qui nous permet de nous libérer. Tel est le but.
Nous ne recherchons pas ce que nos sens réclament, mais ce que nous dicte notre intelligence. Celle-ci nous aide à discerner ce qui est bon pour nous de ce qui ne l'est pas. Cependant en dépit de ce que l'intelligence nous dicte, nous gardons nos habitudes. Ceci à cause de notre nature – notre nature a été conditionnée.
Nous devons nous débarrasser de ce conditionnement, de ces habitudes acquises. Samyam est le moyen. Pour l'appliquer, nous avons besoin, tout d'abord, de savoir pourquoi nous nous conduisons de telle ou telle façon ; si nous ne le savons pas, nous sommes pris au piège. Ces habitudes font partie de ce que nous croyons être nous-mêmes. Nous les considérons comme naturelles. Mais progressivement elles commencent à nous rendre malheureux et nous commençons à voir la nécessité de changer. Nous savons qu'il existe un moyen, mais nous devons l'appliquer et il n'est pas facile de contrôler les sens ou le mental. Cependant en mettant peu à peu en place quelque chose d'autre, un contrôle peut être acquis sur les sens et le mental.
Les sens sont plus subtils que le corps et le mental plus subtil que les sens, mais l'intelligence est plus subtile encore. Nous ne pouvons contrôler le mental si nous sommes incapables de contrôler le corps. Dans la mesure où nous ne pouvons pas contrôler le corps nous ne pouvons contrôler les sens. Les deux sont liés. Méditer, tranquillement assis, conscient, le corps immobile, constitue le premier pas. Vous découvrirez progressivement que vous exercez un contrôle un peu plus grand sur les décisions que vous prenez.

PI. L'état d'esprit dans lequel nous commençons la méditation est-il important ?
SN. Il est important dans la méditation d'avoir l'esprit serein et d'éprouver une certaine joie intérieure. Ne pas commencer à méditer avec des pensées déprimantes. Penser à quelque chose de positif. Si vous vous asseyez pour méditer, l'esprit joyeux, calme et tranquille, vous découvrirez que le corps répondra à cette attitude – la conscience intérieure y répondra et cette joie intérieure va se développer d'elle-même.
Au début vous pouvez rester assis pendant vingt minutes, puis si tout se passe bien vous serez capables de rester assis pendant des heures et des heures, vous n'aurez pas envie de vous lever car vous prendrez plaisir à la méditation, non pas au sens physique ou ordinaire, mais d'une façon extraordinaire car vous participerez pleinement.
Lorsque vous êtes dans cet état de méditation, vous comprenez ce qui se passe réellement ; il ne s'agit pas de quelque chose d'ennuyeux ni de fatigant. C'est un processus par lequel tout votre système est énergétisé, alimenté. L'homme ordinaire ne bénéficie pas d'un afflux d'énergie correct. Sa conscience étant fragmentée, il n'existe pas de connexion adéquate entre une partie du corps et une autre et cela crée de nombreux problèmes. Mais grâce à la méditation, une conscience totale se développe et tout le corps est aligné. Si alors une partie du corps est défectueuse, elle est énergétisée par le reste du corps. Dans un état d'être subtil, l'énergie subtile peut s'écouler dans toutes les parties du corps.

PI. En cas de douleur que se produit-il ?
SN. En fait, vous ressentez la douleur parce que vos sens ne peuvent s'en détacher. Mais dans l'état de méditation dont nous venons de parler, la douleur et la souffrance sont dépassées ; l'énergie positive, spirituelle, s'écoule à travers le corps entier, en commençant par le cerveau. Vous êtes plongé dans un bain spirituel, et vous en sortez différent.

Ce que swami Nirliptananda dit ensuite rappelait les enseignements de Maitreya sur le détachement. Il évoqua également, de manière directe, le précepte biblique recommandant « d'être dans le monde, mais pas du monde ». Il parla des résultats du « bain spirituel » : tout en étant dans le monde, y travaillant et y participant, on n'est pas affecté par lui. « Vous n'êtes pas comme une éponge, qui absorbe tout. Vous restez vous-même. » 

Il fit ensuite la déclaration suivante très proche d'un thème souvent abordé par Benjamin Creme et son Maître – celui de la peur, de la manière de la surmonter, et de l'innocuité :

SN. C'est la raison pour laquelle la méditation, la religion, une vie spirituelle, sont nécessaires, car une vie spirituelle transforme l'individu de manière telle qu'il ne fait peur à personne et n'a peur de personne. La véritable nature spirituelle de l'individu se manifeste et lorsque ceci se produit, le désir avide des choses matérielles disparaît.
C'est l'envie des choses matérielles qui est la cause de nos problèmes. Lorsque l'esprit est libéré de tout désir de ce genre et imprégné de conscience spirituelle, il existe un état de satisfaction totale.
A ce stade la personne crée l'harmonie dans le monde. Il est important de savoir que nous nous sommes éloignés de cette conscience et que c'est la raison pour laquelle il existe tant de conflits dans le monde. Nous pensons constamment aux « autres » ou à « un autre » – « l'autre » ceci, « l'autre » cela...

PI. Lorsque vous employez le mot « autre », voulez-vous dire que nous ne voyons pas que nous sommes reliés, que nous sommes Un ?
SN. Oui, c'est exact, si bien que nous nous haïssons ou nous nous volons mutuellement.

PI. Nous créons une séparation, nous nous focalisons sur autrui en tant que séparé de nous-mêmes.
SN. Oui. Je vous dérobe quelque chose, mais je ne vois pas le lien entre vous et moi. L'idée d'interdépendance fait défaut ; le résultat de cette ignorance est la « possessivité » (l'avidité et le matérialisme). Les gens ne sont pas satisfaits de ce qu'ils ont, ils éprouvent un sentiment de vide et l'avidité grandit. Cette ignorance d'un lien avec autrui et ce sentiment de vide sont le fondement de la menace que nous présentons les uns pour les autres.
Ce que nous constatons de nos jours, c'est que, précisément à cause de cette « possessivité », personne ne fait confiance à personne. Nous atteignons un stade, dans notre « civilisation », où nous vivons non pas dans l'amour mais dans la haine. Chacun hait l'autre car il n'existe aucune confiance, et c'est la raison pour laquelle il y a tant de dépression, de peur et d'anxiété. Nous vivons dans un monde où l'homme a peur de l'homme – en d'autres termes, nous avons peur de nous-mêmes. Nous nous détruisons les uns les autres, ce qui signifie que nous nous détruisons nous-mêmes. C'est de l'insanité. Cela montre combien nous nous sommes écartés de notre soi véritable.
Cela donne une idée de toute l'éducation qui est nécessaire, de tout le travail à faire pour rendre l'homme conscient de son véritable soi.

Swami a parlé de la nécessité d'éduquer les enfants aux valeurs spirituelles. L'argent dépensé à l'éducation des enfants l'est à bon escient.

SN. Notre enseignement est différent : nous disons que plus une personne est sage, plus ses besoins sont limités. L'ignorance vous fait croire que vous désirez ou avez besoin de ceci ou cela ; mais lorsque vous serez capable de parvenir à suffisamment de sagesse et de connaissance pour comprendre que vous n'avez nul besoin de ces objets, vous ne recherchez plus que ce qui est bon pour vous – et alors les grosses sociétés seront obligées de fermer. Ce n'est pas à leur avantage. Leur but est de s'efforcer d'accroître sans cesse les désirs des gens.
Ce que nous prônons est une manière de vivre simple. N'est-ce pas Diogène, le gourou d'Alexandre le Grand, qui marchait dans la journée avec sa lampe allumée ? Lorsqu'on lui demandait pourquoi, il répondait qu'il cherchait un honnête homme, un homme simple. L'honnêteté fait défaut. Dans la religion hindoue, nous avons un dicton : « La vérité triomphe. »
La vérité est le fondement de la vie, le fondement de la connaissance, ce qui apporte la stabilité. Là où règne la vérité, règnent également la loi, l'ordre et l'harmonie. Sans vérité, il n'y a pas de justice – comme dans une cour pénale. La vérité est la base de la stabilité.
Nous divisons l'histoire du monde en quatre périodes : sathyam, tretha, dwapara, kali yuga. Sathya yuga – l'âge de la vérité – fut une époque de vérité absolue – où comme nous disons « la vache se tenait sur quatre pattes » ; à l'ère suivante ce fut sur trois pattes, en d'autres termes la vérité avait diminué de 25 % ; à la troisième période ce fut de 50 % et aujourd'hui, à l'époque du kali yuga « la vache se tient sur une patte – il y a 75 % de mensonge.* C'est une image pour montrer la condition du monde à l'heure actuelle. Nous devons essayer de retourner à l'état de vérité ou sathyam. Ce n'est que lorsque la vérité existe que nous pouvons avoir confiance. Sans elle il ne peut exister de confiance.
Ce n'est que grâce à la vérité et à l'esprit de partage, et à des pratiques spirituelles, que l'homme pourra être ramené à lui-même, devenir plus sain. Sinon nous permettrons à nos désirs de nous rendre de plus en plus fous et pour finir l'homme deviendra son propre ennemi et nous nous détruirons nous-mêmes.
Nous devons retrouver une manière de vivre plus simple et suivre à nouveau les enseignements ancestraux afin de découvrir la vérité. Dans les enseignements ancestraux on apprend à se sacrifier pour répandre la connaissance et la sagesse dans le monde au profit de l'humanité tout entière. On apprend à vivre non pas en voisins mais en frères, sachant que le monde est un, que nous sommes une seule famille. Nous devons voir la sainteté de la vie, le caractère sacré des choses qui existent dans ce monde, respecter les caractéristiques des autres et réfléchir au rôle de toute chose dans la vie ; être tolérant, considérer les choses sous différents angles. Nous devons apprécier les diversités qui existent, les respecter et créer l'harmonie de manière à ce que l'humanité puisse faire l'expérience de la paix et du bonheur. Dans quel but ? Dans la Bhagavad Gita il y a un verset qui dit : « Sans la paix le bonheur peut-il exister ? »
Nous avons besoin de davantage d'organismes travaillant ensemble dans le but de rétablir la valeur de la vérité, la valeur de la coexistence et de la coopération, de la vie en commun, le respect de la vie, le partage de ce que nous possédons, avec une autre personne, une famille – telles sont les choses qui préserveront le monde.


Tout comme le corps a besoin d'être baigné, le détachement est le « bain » du mental et la conscience le « bain » de l'esprit. Lorsque vous errez dans le mental, dans l'esprit et dans le corps, rappelez-vous que votre espace de repos se trouve dans la conscience du Soi. Quand vous dormez, si vous dormez « dans le mental » vous vous réveillez épuisé. Si vous dormez « dans l'esprit » il se peut que vous expérimentiez des choses extraordinaires. Mais si vous dormez dans la conscience du Soi, alors vous dormez d'un bon sommeil. Maitreya a déclaré : « Je ne vous abandonne jamais. » [un collaborateur de Maitreya, PI, déc. 1989]


* Sathya Yuga : l'âge de la vérité ; Tretha Yuga : l'ère où les éléments divins se trouvent d'un côté et les éléments démoniaques de l'autre ; Dwapara Yuga : l'ère où les éléments divins et démoniaques sont dans le même royaume ; Kali Yuga : l'âge de fer, l'âge où la morale décline partout, où les forces divines et démoniaques se battent en chaque être humain. [Source : Sanskrit-English Dictionary, (compilation à partir des discours de Saï Baba), Prasanthi Nilayam, Inde, 2000]




Home L'élection américaine sous surveillance

Interview de Andy Stephenson par Monte Leach

Lors de l'élection américaine de novembre 2004, environ 80 % des votes s'effectueront par le biais d'un système électronique. Les trois grands fabriquants de ces machines – Diebold, Sequoia et ES&S – sont des sociétés privées dont la technologie a été critiquée pour insuffisances de protections contre la fraude et les défaillances techniques.

L'année dernière, Bev Harris, une grand-mère de 52 ans, a trouvé sur Internet les programmes secrets de la machine à voter Deibold et les a rendus publics. Après avoir examiné ces logiciels, des informaticiens ont affirmé qu'ils contenaient des « erreurs flagrantes », qui restent toujours à corriger. B. Harris a aussi découvert un répertoire du nom de « rob-Georgia » (arracher la Géorgie) contenant des instructions destinées à remplacer les fichiers du scrutin juste avant les élections de novembre 2002. On sait qu'un retournement inattendu se produisit cette année là : le candidat républicain au siège de sénateur de Georgie remporta la victoire, donnant ainsi le contrôle du Sénat aux républicains.

Bev Harris a créé l'association « Black Box Voting », et avec son associé, Andy Stephenson, ils se chargent de contrôler les machines à voter, aux Etats-Unis. Ils recherchent les erreurs dans les systèmes, fournissant des manuels de sécurité aux surveillants des bureaux de vote et faisant connaître aussi largement que possible les problèmes informatiques relatifs aux scrutins électroniques et leurs solutions.

Monte Leach a interviewé Andy Stephenson  directeur de Black Box Voting pour Partage international.

Partage international : Quels genre de problèmes avez-vous découverts sur les machines à voter, aux Etats-Unis ?
Andy Stephenson : Les machines à écran tactile qui vont être utilisées par des millions d'électeurs en novembre posent vraiment un problème. Elles ne produisent aucun enregistrement physique du vote, si bien que les électeurs n'ont aucun moyen de vérifier que leur voix est bien comptabilisée comme prévu. Mais plus inquiétant encore, nous avons découvert que le logiciel utilisé par Diebold était très vulnérable aux attaques. Les appareils à écran tactile ou à scanner optique de Diebold comptabiliseront 30 % des voix à la prochaine échéance. Le centralisateur – un ordinateur où tous les votes sont transmis et comptés – est très vulnérable. Les votes peuvent êtres modifiés en moins de 90 secondes.

PI. Comment serait-ce possible ?
AS. Par exemple, dans le comté de King (Etat de Washington), là où j'habite, on utilise un système par scanner optique. L'électeur coche la case face au nom du candidat, et transmet l'information par l'intermédiaire d'un lecteur optique à un ordinateur qui comptabilise les voix. A la fin de la journée, les votes sont envoyés par modem vers un ordinateur central. Dans le comté de King, il existe 48 modems connectés à l'ordinateur central, soit 48 portes ouvertes à quiconque connaîtrait le numéro de téléphone pour s'introduire dans le système.
Nous avons plus de 500 bureaux de vote dans ce comté, chacun avec un ou deux employés connaissant ce numéro de téléphone. Pour le comté de King, mille personnes peuvent donc appeler l'ordinateur central et se connecter à l'aide d'un portable équipé d'un modem ou même d'un téléphone cellulaire. Ils ont alors libre accès à tout le système et peuvent effectuer tous les changements qu'ils souhaitent. Ils peuvent lancer un programme de cinq lignes, un script Visual Basic, qui fonctionne sur les systèmes Windows. Quiconque ayant des rudiments de programmation peut changer le résultat du scrutin. On estime que dans tous les pays, 100 000 personnes disposent des connaissances nécessaires pour modifier le système.
Pourquoi quelqu'un irait-il s'ennuyer avec les 4 000 ou 5 000 machines à voter, alors qu'il suffit de se connecter à l'ordinateur central et de changer les résultats sans laisser de traces ? Et si vous laissez des traces, vous pouvez entrer dans le système et les effacer sans problème.

PI. Que faire pour prévenir le problème ?
AS. Il existe des parades. Mais récemment en Californie, nous nous sommes entretenus avec des responsables du scrutin. Nous leur avons communiqué des procédures simples pour réduire les risques. Et voici leur réponse : « Nous ne ferons rien avant la prochaine élection. »

PI : Quelles protections recommandez-vous ?
AS. Nous voulons qu'il n'existe aucun lien avec le centralisateur. Ni ligne téléphonique, ni modem, ni communication sans fil ou via Internet. Aucune communication avec l'ordinateur centralisateur ne devrait être autorisée à quiconque. Tous les bulletins devraient être acheminés depuis le bureau de vote vers l'ordinateur centralisateur et comptés en central. Ainsi, personne ne disposerait d'un accès externe à cette machine de comptage.
De plus, tout système de vote devrait fournir un bulletin sur lequel l'électeur pourrait contrôler son vote. Ce papier devrait valoir preuve absolue de l'enregistrement de l'élection. Il devrait être l'arbitre final.
De plus, les résultats de chaque machine devraient être imprimés deux fois à la fin de la journée. Une copie serait affichée dans la circonscription électorale pour que le public puisse vérifier que le comté a enregistré correctement le résultat de son bureau de vote.

PI. Existe-t-il des problèmes sur les machines à voter fabriquées par d'autres constructeurs ?
AS. Oui. Les machines Sequoia utilisent Visio, un produit Microsoft. Un simple programme Visual Basic peut intervertir les commandes : faire en sorte qu'en touchant « Oui » à l'écran, le système enregistre « Non ». Les programmeurs de Sequoia, ou quiconque ayant accès au système avant le scrutin, pourrait introduire ce programme.

PI. Le public peut-il y faire quelque chose ?
AS. Les gens devraient s'engager et travailler pour les élections, devenir inspecteur ou juge de scrutin.
Le jour des élections, dans un bureau de vote, si quelque chose ne parait pas clair, il y a probablement un problème. Vous pouvez alors contacter notre organisation. Nous aurons 800 bénévoles disponibles, et des listes de personnes à contacter si quelque chose vous semble bizarre. Prenez contact avec nous, et nous prendrons toute action appropriée, comme par exemple avertir la presse ou intervenir auprès d'autres personnes.

PI. A quoi doivent prendre garde ceux qui s'engagent comme bénévoles ?
AS. Si vous voyez un employé de Diebold qui connecte un portable à une machine à voter, cela peut être un problème.
Par exemple, lors des primaires du 2 mars 2004, dans le comté de Riversid, Californie, on a vu un employé de Sequoia rencontrer un de ses collègues à l'extérieur d'un bureau de vote. « Voici ma carte personnelle, lui a-t-il dit. Entrons et voyons si elle marche. » Il entra et stoppa le comptage des votes. Il introduisit sa carte, intervint sur la base de données, retira sa carte, puis se rendit à l'aéroport et rentra au Colorado. C'était une violation manifeste de la loi californienne.

PI. Les Etats ou la nation s'efforcent-ils de changer les choses ?
AS. En dehors de « Black Box Voting », il existe des groupes à travers le pays qui travaillent à cela. L'association « True Majority » travaille sur les traces papier.

PI. Quel conseil donneriez-vous pour conclure ?
AS. Inscrivez vous et votez. Et pour davantage d'informations, visitez notre site   blackboxvoting.org.






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