DECOUVRIR
  Présentation
  Maitreya
  Benjamin Creme
  Signes des temps
  Méditation
  Pour les médias
  Qui sommes-nous ?

ACTUALITE
  Évènements
  Communiqués
  Agenda

REVUE PARTAGE
  Présentation
  Dernier numéro
  Articles du Maître
  Archives

APPROFONDIR
  Question/Réponse
  Défis de l'humanité
  Spiritualité
  Livres
  Audio / Vidéo

     Commandes/Dons
     Autres langues
     Plan du site
     Contact

Radio Partage

Abonnement à notre
lettre d'information
 
 Page précédente   Page suivante

Accueil > Revue Partage > année 2000

Extraits de la revue
Partage international

Novembre 2000 - N° 147

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

Pour recevoir notre lettre d'information mensuelle et rester informé de la mise en ligne des dernières parutions :

 

La revue existe grâce à ses abonnés, pour soutenir sa parution et la diffusion de ses informations, cliquez ici.



Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • Dossier


  • Citation


  • Courrier des lecteurs


  • Compte rendu de lecture




L'article du Maître

Home Le peuple s'éveille

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
Il est à prévoir que, dans les temps qui s’annoncent, l’humanité fera de tels progrès qu’un nouveau type d’homme verra le jour. Pour permettre à une pareille avancée de se produire, un grand nombre d’âmes plus évoluées, qui attendaient précisément une telle période, sont venues en incarnation au cours des cinquante dernières années. Déjà leurs dons se manifestent, offrant à l’humanité la garantie que ses problèmes seront abordés de manière juste et dans les délais nécessaires.
 
Leur attitude est fondamentalement altruiste, et leur mode de pensée se caractérisera par une simplicité et un sens pratique jusqu’alors inconnus. Ce n’est donc pas parmi les nouveaux millionnaires qu’on les trouvera, mais parmi les idéalistes pragmatiques de tous les pays, qui ne tarderont pas à reconnaître l’aspect pratique des idées de Maitreya, et chercheront à les mettre en application sans retard.
 
Le meilleur de l'humanité
 
Leur jeunesse et leur enthousiasme inspirera une nouvelle approche des problèmes séculaires qui, trop souvent, assombrissent l’avenir des hommes, et l’étonnante maturité dont ils feront preuve assurera leur réussite. Ils représentent le meilleur de l’humanité actuelle, et son plus grand espoir pour l’avenir.
 
Tout ce qui peut contribuer au bien-être de l’homme aura leurs faveurs ; aucun dogme étouffant n’inhibera leurs actions. Un nouveau sentiment d’urgence les fera agir au plus vite, tandis qu’un nouveau réalisme garantira la sagesse de leurs décisions. Ainsi en sera-t-il. Ainsi les hommes sortiront-ils de leur torpeur et se mettront-ils à l’œuvre pour reconstruire le monde.
 
Pour l’instant, c’est une image du monde largement inexacte qui est donnée par les grands médias. Conditionnés qu’ils sont par les forces du marché et le mercantilisme, ils ont des vues dominées par l’argent et les fausses valeurs du « marché ». C’est pour cette raison que la plupart des gens se sentent désorientés et en proie au stress lorsqu’ils essayent de comprendre ce qui se passe à notre époque.
 
Avec l’apparition de Maitreya, cette attitude sceptique et matérialiste face aux problèmes qu’affronte l’humanité fera place à une approche plus ouverte et sensible.
 
La volonté du peuple
 
Progressivement, le mirage de l’argent cédera la place à la reconnaissance du service, et dans le monde entier c’est par millions que les hommes applaudiront les accomplissements de leurs frères et sœurs dans ce domaine.
 
De cette façon, un nouveau climat s’imposera progressivement dans la pensée mondiale. Un plus grand sérieux pénétrera dans la sphère publique, car les gouvernements et leurs représentants seront mis dans l’obligation de prêter attention aux besoins et aux préoccupations du peuple.
 
Ainsi la « volonté du peuple » déterminera-t-elle de plus en plus l’orientation des gouvernants qui se garderont de prendre des mesures ne répondant pas aux besoins des populations.
 
Les manifestations de violence anarchiques exprimant la frustration des multitudes montrent que les hommes prennent conscience de leur force et de la nécessité d’agir. Si aveugles et mal coordonnées que soient de telles actions, ce sont néanmoins des signes des temps nouveaux, et il y en aura bien d’autres.
 
Jusqu’à ce que les institutions du monde se tournent vers les besoins des hommes, de telles démonstrations de force continueront, avec une audace croissante. Les peuples commencent à prendre conscience de leur pouvoir et de leur capacité à influer sur les événements, et ils s’apprêtent à réaliser leur volonté.
 

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home La monnaie européenne sape la démocratie

Source : El País, Espagne ; de Volkskrant, Pays-Bas

« Peu de gens réalisent combien est répandue chez les Britanniques la résistance à l’euro », a déclaré l’ancien premier secrétaire du Foreign Office, David Owen, après le refus des Danois d’adopter la monnaie unique.

L’enjeu de l’euro n’est pas simplement qu’il aboutira au contrôle de l’Europe sur les dépenses et les taxes nationales du pays, mais également qu’il supprimera le contrôle démocratique sur les taux d’intérêt et le taux de change de la livre britannique. La monnaie commune est déjà devenue un puissant catalyseur pour la mise en place d’un Etat européen unique. Des hommes politiques européens influents et des banquiers croient qu’à long terme l’euro sera un échec sans l’instauration d’un gouvernement unique chargé de la politique économique.

Une fois que les gouvernements ne seront plus à même de gérer l’inflation et d’influencer le niveau du chômage, on demandera aux habitants des régions d’Europe où le taux de chômage est élevé de se résigner à leur sort, en raison de leur appartenance à l’Europe unie. Mais comme les gens ne se considèrent pas comme « européens », ils exprimeront leur ressentiment et se considéreront victimes de pouvoirs qui échappent à leur contrôle. Ceci pourrait conduire à des mouvements de protestation bien plus radicaux que tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent.

« L’Etat n’est pas une institution sacro-sainte qui devrait rester imperméable à tout changement, mais c’est la meilleure forme de gouvernement sur un point qui me semble d’une importance capitale : le pouvoir et le sentiment de nous gouverner nous-mêmes de manière démocratique. C’est à la nation que nous nous identifions et à elle que nous avons le sentiment d’appartenir. Elle est le cadre au sein duquel nous nous efforçons de trouver un consensus. Nous ne devrions pas forcer le rythme des changements, alors que le public leur est particulièrement hostile, non seulement en Grande-Bretagne, mais dans toute l’Europe », écrit D. Owen.




Home L'essor des nouvelles technologies masque le déclin de la Terre

Source : Worldwatch Institute

Dan son premier rapport du millénaire : l'Etat du monde en 2000, le Worldwatch Institute affirme que si les nouvelles technologies de l'information ont un impact considérable sur notre vie, ce sont les orientations prises en matière d'environnement qui détermineront ce que sera le XXIe siècle.

Aux Etats-Unis, le développement rapide des nouvelles technologies de l'information (ayant permis l'ascension vertigineuses des sociétés utilisant ces technologies) a créé des millions d'emplois, et a contribué à la hausse du Dow Jones, passé de 3 000 points à plus de 11 000 points entre 1990 et 1999. « En nous focalisant sur la croissance d'Internet, explique Lester Brown, auteur de ce rapport, nous avons perdu de vue que la santé de la Terre se détériore. Cela serait une erreur de confondre la trépidation du monde virtuel avec l'état de plus en plus préoccupant du monde réel. »




Home Troisième anniversaire de la mort de Diana

Peu après la mort de la princesse Diana, un article du Maître de Benjamin Creme intitulé « le deuil d'une nation » décrivait ainsi l'extraordinaire impact de cet événement en Grande-Bretagne et ailleurs :

« La mort de la princesse Diana, la « princesse du peuple », a été vécue comme un déchirement par des millions d'hommes, et la démonstration de puissance populaire sans précédent qui s'est ensuivie, indique la nature et l'étendue de la peine ressentie.

Que les gens l'aient aimée, cela ne fait aucun doute. Le fait qu'elle-même, en retour, les ait aimés et ait cherché à les servir, a évoqué l'aspiration des multitudes, et montré qu'elles étaient prêtes pour le message de Maitreya – le Seigneur de l'Amour. C'est à cause de l'amour, du dévouement et de la sollicitude de Diana, que les gens l'ont portée dans leur cœur [...].

Lorsque Maitreya fera son apparition publique dans le monde, il stimulera lui aussi la nature aimante des peuples de toutes les nations, et créera ainsi un vortex d'amour qui, par son rayonnement, transformera la vie des hommes. » [PI, octobre 1997]

Trois ans plus tard, bien que certains médias aient qualifié cette réaction populaire d'hystérique, de nombreuses personnes continuent à se rendre à Kensington Palace au moment de l'anniversaire de la mort de la princesse Diana, pour manifester leur respect et déposer des fleurs et des bougies devant les grilles.





Point de vue

Home La suralimentation peut tuer aussi sûrement que la faim

par Mark Sommer

Le monde entier observe, ou plus souvent se refuse à voir la faim régner dans les rues d’Ethiopie ou de Harlem-Est. Cependant, nombreux sont ceux, parmi ces observateurs, qui souffrent d’un mal épidémique moins apparent mais tout aussi mortel : ils mangent trop et mal. A travers le monde, environ 1,2 milliard de personnes souffrent d’excès de poids, mettant ainsi leur vie en danger.

La suralimentation n’est pas seulement un mal de riches. Bien que le pays le plus riche au monde (les États-Unis) soit celui où il y a le plus d’obèses (55 % de la population adulte), d’autres rivalisent sur ce point comme au Moyen-Orient et en Colombie, qui présentent le même taux que l’Europe occidentale, soit 41 %. Même en Chine, à la suite des réformes économiques, la proportion d’adultes obèses a bondi de 9 à 15 % entre 1989 et 1992. Ainsi, plus de la moitié des obèses vivent dans le Sud.

La génération fast-food

Autrefois limitée aux riches, la suralimentation affecte maintenant toutes les classes sociales. L’accessibilité grandissante à une nourriture bon marché, riche en graisse mais sans valeur nutritive, et l’accès généralisé à une publicité télévisée associant le prêt-à-manger (fast-food) à une vie sans soucis, ont exercé un effet séducteur sur les pauvres et les travailleurs. Dans le monde en développement, les ruraux, fuyant la pauvreté des campagnes, migrent vers les villes, adoptant des modes de vie sédentaires et délaissant les nourritures simples, mais nourrissantes, de leurs aïeux pour les burgers, les frites et les bonbons, dont ils voient la publicité défiler sur leur téléviseur. Pour beaucoup d’entre eux, qui vivent en marge de la société, cette nouvelle façon de vivre leur donne l’impression de faire partie de cette grande foule mondiale à la mode.

Le coût de l’excès

Mais les coûts sanitaires de cette épidémie d’excès sont énormes et vont croissants. Le cancer, les maladies coronariennes, les hémorragies cérébrales, le diabète, tous provoqués ou amplifiés par l’obésité, comptent pour la moitié des décès aux États-Unis, et coûtent à ce pays 118  milliards de dollars par an en dépenses médicales et en pertes de revenus. En fait, la suralimentation est responsable, mondialement, d’autant de maladies que la faim. Et parce qu’elle affecte une population plus vaste, les coûts pourraient s’accroître davantage. Car alors que les gens qui souffrent de la faim vivent en dehors des systèmes de santé, les victimes de maladies cardiaques et autres maladies dues aux excès épuisent ces systèmes depuis des décennies avec des mesures onéreuses pour prolonger la vie. Qu’en coûtera-t-il pour soigner les adolescents d’aujourd’hui après qu’ils auront passé toute une vie à consommer une nourriture dévitalisée et bourrée de toxines ?

Ce qui aurait pu représenter l’extraordinaire bénédiction d’une agriculture bon marché et hautement productive est devenu une pilule empoisonnée, car les producteurs de cette corne d’abondance sont motivés par les profits, aux dépens de la santé publique.

Les industries alimentaires, comme Archer Daniels Midland, qui gèrent toutes les étapes de la transformation des aliments, de la production à la distribution, utilisent un mélange sophistiqué de substances reconnues pour créer une accoutumance (le sucre et le sel), des saveurs améliorées chimiquement, des portions géantes et une publicité destinée à stimuler les ventes, et qui s’adresse particulièrement aux enfants, les consommateurs les moins capables de discernement.

Le courant grandissant du bio et des slow-food

Aux Etats-Unis, où les producteurs alimentaires représentent la majorité des annonceurs, 90 % des 10 000 spots publicitaires que voient chaque année les enfants proposent des bonbons, des céréales enrobées de sucre et autres nourritures sans valeur nutritive. Cherchant des marchés à l’étranger, les producteurs alimentaires américains exportent massivement avec l’appui inconditionnel du gouvernement. Quatre des cinq restaurants McDonald’s qui ouvrent chaque jour dans le monde se trouvent à l’extérieur des Etats-Unis, alors que Coca Cola considère l’Afrique frappée par la sécheresse comme « une terre d’opportunité pour nous ».

Fort heureusement, il existe des courants contraires. Le mouvement en faveur des aliments biologiques touche le grand public. On estime que la culture biologique, qui occupe 3 % du marché des produits alimentaires aux Etats-Unis (davantage en Europe occidentale), occupera plus de 10 % du marché américain d’ici dix ans. Cependant, l’intérêt pour les aliments naturels s’est limité, jusqu’à maintenant, aux nations occidentales riches, qui seules peuvent assumer les coûts plus élevés de ce mode de culture, nécessitant une main d’œuvre plus abondante. Mais la minorité qui choisit des habitudes alimentaires plus saines peut déjà laisser présager des changements sociaux plus importants.

Au même moment, la résistance au phénomène du prêt-à-manger se développe à partir de sources plus traditionnelles en Europe occidentale. L’an dernier, un fermier activiste français, José Bové, est devenu subitement un héros folklorique mondial pour l’assaut théâtral qu’il a mené sur un restaurant McDonald’s en construction. En Italie, un mouvement en faveur du slow-food (par opposition au fast-food) croît rapidement. De nombreux Européens de l’Ouest s’opposent à l’infiltration des habitudes alimentaires américaines et aux aliments génétiquement modifiés en tant qu’expression insidieuse d’un impérialisme culturel.

Mais devant les politiques gouvernementales qui négligent l’éducation nutritionnelle et font la promotion du prêt-à-manger à l’étranger dans le but de préserver l’expansion des exportations, les consommateurs ont bien peu de marge de manœuvre pour renverser les courants actuels. Comme pour le tabac, il faudra peut-être le spectre dissuasif des taux croissants de morbidité et de mortalité pour faire comprendre la simple vérité : que plus n’est pas mieux, et que la modération est préférable.





Tendances

Home Le Sommet du millénaire dresse la carte du futur

Source : New York Times ; CNN, E.-U.

Lors de la plus grande rencontre de chefs d'Etats de l'histoire, plus de cent cinquante leaders mondiaux se sont réunis à New York, pour le Sommet du millénaire des Nations unies, en septembre 2000. Cette rencontre sans précédent de rois, de généraux, de présidents et de premiers ministres a été organisée afin de focaliser l'attention générale sur la société mondiale que ces leaders espèrent instaurer. Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a qualifié ce sommet de « moment décisif pour les dirigeants mondiaux et les Nations unies ».

Pendant trois jours, les orateurs se sont succédés à la tribune pour attirer l'attention sur la condition critique des pauvres du monde entier et pour exiger, avec des accents passionnés, que le monde développé se soucie davantage de ceux qui n'ont rien. Bertie Ahern, premier ministre d'Irlande, a cité les statistiques de la pauvreté, les qualifiant de choquantes et honteuses : la moitié de la population mondiale lutte pour survivre avec moins de deux dollars par jour et une personne sur cinq avec moins d'un dollar, beaucoup mourant de maladies qui pourraient être évitées ou soignées. Des avertissements ont également été donnés sur les retombées de la mondialisation et sur la dégradation de l'environnement.

Lors d'une session du Sommet, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l'unanimité le renforcement du rôle et des moyens des Nations unies dans le maintien de la paix. Les cinq membres permanents et les dix membres rotatifs du Conseil ont adopté une résolution visant à augmenter la capacité des Nations unies de planifier, d'établir, de déployer et de conduire des opérations de maintien de la paix, et à trouver une manière plus moderne et plus sûre de financer ces activités.

Le Sommet s'est accompagné d'une série de mini-sommets, avec plus de 700 rencontres personnelles entre les dirigeants. Un effort a été mené afin d'encourager la coopération entre les hommes d'affaires, les gouvernements et les organisations internationales lorsqu'il s'agit de traiter des problèmes mondiaux.

Cette rencontre extraordinaire s'est terminée par une série d'engagements sur des questions mondiales : diminuer de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim ou vivant avec moins d'un dollar par jour ; assurer une éducation primaire universelle pour les enfants ; réduire la mortalité maternelle de 75 % et la mortalité des enfants de moins de cinq ans de deux-tiers ; et diminuer de moitié le nombre de personnes n'ayant pas accès à une eau potable.

Kofi Annan a affirmé qu'un travail intensif de suivi serait mené afin de veiller à ce que les objectifs du Sommet soient respectés. « En définitive, vous êtes vous-mêmes les Nations unies », a-t-il déclaré aux délégués à la clôture du Sommet. « Il est en votre pouvoir et de votre responsabilité d'atteindre les objectifs que vous avez définis. Vous seuls pouvez déterminer si les Nations unies sont à la hauteur du défi. »





Home Réhabilitation des travailleurs esclaves des nazis

Source : New York Times, Etats-Unis

Après des mois de négociations difficiles, les gouvernements allemands et américains se sont mis d'accord sur un plan d'indemnisation de 5,2 milliards de dollars en faveur des travailleurs esclaves et autres victimes survivantes de l'époque nazie. Outre l'esclavage et le travail forcé, l'accord couvre des plaintes concernant des programmes « d'aryenisation » dans le cadre desquels les juifs allemands se voyaient contraints de vendre leurs possessions et leurs commerces à bas prix, souvent au profit de banques allemandes. Cet accord inclut également des cas d'indemnisations réclamées à des assureurs allemands ainsi que des sévices tels que ceux subis lors d'expérimentations médicales dans les camps de concentration.

Cet accord a été conclu après des négociations entre des groupements juifs, des avocats américains, ainsi que l'industrie et le gouvernement allemand. En échange de leur contribution à ce fonds, des sociétés allemandes telles que Daimler-Chrysler, Volkswagen et Siemens bénéficieront d'une immunité judiciaire contre de futures poursuites pour recours au travail forcé. Les banques allemandes n'auront plus à répondre aux réclamations suscitées par les programmes « d'aryenisation ». Dans un discours où il a présenté ses excuses d'une manière émouvante, le président allemand, Johannes Rau a déclaré : « Je fais amende honorable envers tous ceux qui furent soumis à l'esclavage et au travail forcé sous la dictature allemande, et au nom de l'Allemagne, j'implore leur pardon. Leurs souffrances ne tomberont pas dans l'oubli. »




Home Dons aux écoles

New York Times, Etats-Unis

Reconnaissant la justesse du philanthrope américain Eugène Lang d'après qui : « Il faut sauver les enfants avant qu'ils ne tombent dans l'abîme », quelques riches célébrités font d'importantes donations aux écoles publiques des Etats-Unis, plutôt que de les accorder seulement aux collèges universitaires dont ils sont issus.

Avec en tête un programme boursier d'un milliard de dollars pour les étudiants des minorités défavorisées, patronné par Bill Gates, président de Microsoft, des sommités telles que George Lucas, le financier de Wall Street Theodore J. Forstmann, Leonard Riggio, président de Barns and Noble, et Eli Broad, président de Sun America, ont engagé des millions de dollars afin d'aider l'enseignement public en difficulté financière.

Ces dons se sont accrus, quand on s'est aperçu que les problèmes rencontrés par les étudiants de l'enseignement public n'étaient pas traités par le gouvernement, peut-être tout simplement en raison de leur difficulté et de leur envergure. La plupart de ces philanthropes tentent d'éviter la bureaucratie en adressant leurs dons directement aux organisations et aux personnes en relation avec le système éducatif.





Les priorités de Maitreya

Home Un besoin grandissant d'aide alimentaire

Source : Interpress Service

L'année 1999 a été marquée par une demande sans précédent d'aide alimentaire d'urgence, en raison des conflits militaires et des catastrophes naturelles survenus en nombre croissant dans le monde. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) est venu en aide à 89 millions de personnes, le plus élevé des chiffres jamais atteints en une seule année, en augmentation de près de 17 % par rapport à 1998.

Dans son rapport annuel récemment publié, le PAM déclare que de nouvelles situations d'urgence au Kosovo et au Timor oriental réclament la mise en place rapide d'unités opérationnelles, comprenant personnel, équipement et stocks alimentaires. Parallèlement, les opérations d'assistance à grande échelle, surtout en Afghanistan, en Angola, dans la région des Grands Lacs, en Afrique sub-saharienne, en Corée du Nord, en Sierra Leone et au Soudan, ont continué à peser lourdement sur les ressources du PAM.

« Dans les crises internationales majeures, ce ne sont jamais les besoins d'aide d'urgence qui font la manchette des journaux. Pourtant, les pauvres et les affamés attendent encore, comme en Amérique centrale, toujours en proie aux séquelles de l'ouragan Mitch, et en Colombie, où des populations sont déplacées à long terme », déclare Catherine Bertini, directrice du PAM.

Sur 89 millions de personnes bénéficiant de l'aide alimentaire d'urgence, 41 millions ont été victimes de catastrophes naturelles, 18 millions ont été victimes de guerres et de troubles civils, 11 millions ont été bénéficiaires d'une assistance prolongée et d'opération de sauvetage, et 19 millions sont engagées dans des programmes de développement. Dans un communiqué conjoint, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, et Jacques Diouf, directeur de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) ont déclaré qu'à une époque de prospérité sans précédent dans une grande partie du monde, le nombre de personnes dont les besoins alimentaires de base ne sont pas satisfaits demeure désespérément élevé. « Des millions d'individus souffrent de la faim de façon chronique. Et chaque jour, des millions d'autres font face à de soudaines crises alimentaires », ont-ils déclaré.

Le FAO a appelé à une action immédiate pour éliminer les causes sous-jacentes de cette famine chronique, problème mondial qui affecte à présent près de 800 millions de personnes à travers le monde.




Home Le dangereux héritage des pesticides périmés

FAO

En Afrique et au Moyen-Orient, d'énormes stocks de pesticides non utilisés, périmés et dangereux, constituent une bombe à retardement capable de menacer l'humanité et l'environnement jusqu'en 2030, si le financement du stockage de ces déchets reste au faible niveau actuel. Telle est la mise en garde émise par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Le FAO a invité les gouvernements et les industriels à accroître leurs efforts et leurs soutiens financiers pour résoudre ce problème écologique.

On estime qu'il existe des stocks de plusieurs centaines de milliers de tonnes de pesticides périmés à travers le monde, dont plus de 100 000 tonnes dans les pays en voie de développement. Le FAO estime que le surplus de pesticides en Afrique est de 20 000 tonnes. La situation est particulièrement dangereuse en Pologne, avec 65 000 tonnes, et en Ukraine, avec plus de 23 000 tonnes. L'héritage mortel des stocks de pesticides périmés continue à menacer la santé humaine et l'environnement, déclare le FAO. « Dans de nombreux pays africains, où le FAO est impliqué dans le traitement de stocks de pesticides dangereux, des containers de métal remplis de pesticides présentent des fuites et se corrodent », a déclaré l'expert du FAO Alemayehu Wodageneh. « Divers accidents associés à des pesticides surviennent fréquemment. Souvent, les containers sont entreposés à l'extérieur, non loin de magasins ou de marchés d'alimentation, et sont facilement accessibles aux enfants. Des produits chimiques mortels contaminent les sols, les eaux souterraines, les eaux potables et d'irrigation. Ces stocks « oubliés » représentent une menace sérieuse ; ils pourraient provoquer une catastrophe écologique dans les zones rurales et les grandes villes. Rares sont les pays en voie de développement qui ne sont pas menacés par ces produits périmés. »

C'est surtout en Afrique qu'une énorme quantité de pesticides a été importée, offerts par des agences d'aide ou par des gouvernements. Certains stocks sont âgés de plus de 30 ans et ne peuvent plus être utilisés, parce qu'ils sont interdits ou qu'ils se sont détériorés sous l'effet du temps. Parmi d'autres raisons expliquant l'accumulation de pesticides, on peut citer : l'incapacité à déterminer le début de leur corrosivité ; l'inadaptation des dispositifs de stockage et une gestion insuffisante de ces stocks ; des formulations inefficaces ou erronées des pesticides ; et des pratiques de vente agressives.

Depuis 1994, environ 3 000 tonnes ont été entreposées dans 14 pays africains et deux pays du Moyen-Orient. Selon le FAO : « Si l'élimination des stocks se poursuit à la vitesse actuelle, il nous faudra plus de 30 ans pour en finir avec les stocks périmés d'Afrique et du Moyen-Orient. Sans compter que cela ne comprend que l'enlèvement des caisses métalliques et autres containers, mais n'aborde pas le problème beaucoup plus complexe de la contamination des sols. »

D'après le FAO, environ 24,4 millions de dollars ont été consacrés à l'élimination des pesticides en Afrique et au Moyen-Orient. Ce nettoyage a essentiellement été subventionné par les Pays-Bas, l'Afrique du Sud, le Danemark, l'Allemagne, l'Agen-ce américaine pour le développement international (USAID), la Suède, et le FAO qui estime que le nettoyage de tous les emplacements comportant des pesticides périmés en Afrique nécessiterait 80 à 100 millions de dollars. L'élimination d'une tonne de pesticides périmés en Afrique coûte entre 3 500 et 4 000 dollars. Jusqu'à présent, les contributions des industries agro-alimentaires ont été très limitées, selon le FAO. Parmi les compagnies chimiques, seul Shell International a fourni environ 300 000 dollars pour éliminer de la Dieldrine en Mauritanie. A. Wodageneh a noté que « cela représente seulement 1 % du montant dépensé jusqu'à présent pour le nettoyage en Afrique et au Moyen-Orient. L'industrie chimique est loin de remplir ses engagements de payer un dollar par litre/kg pour l'enlèvement des stocks de pesticides périmés dans ces zones. »

« Le soutien de l'industrie est crucial pour l'élimination des pesticides, car les agences d'assistance des pays donateurs ne peuvent supporter l'intégralité des coûts. C'est pourquoi, le FAO presse les compagnies de renouveler leurs engagements et de participer davantage à de futures initiatives d'élimination. »

Le FAO a engagé des préparatifs en vue de nettoyages futurs en Ethiopie et dans la République Unie de Tanzanie. Pour l'Ethiopie, l'USAID a annoncé une contribution financière d'un million de dollars, les Pays-Bas ont promis deux millions de dollars, et la Suède a laissé entrevoir une contribution d'un million de dollars. Les donateurs pressent les gouvernements des pays en voie de développement d'entreprendre des démarches concrètes en vue d'éviter un accroissement des stocks de pesticides périmés.




Home Sida : un groupe pharmaceutique offre des antiviraux

Source : San Fransisco Chronicle, E.-U.

Le groupe pharmaceutique allemand Boehringer Ingelheim a récemment annoncé qu'il allait approvisionner gratuitement en Névirapine, son médicament contre le virus du sida, tous les pays en voie de développement qui en feront la demande.

Il a été prouvé que dans un nombre significatif de cas, la Névirapine entravait la transmission du HIV, le virus responsable du sida, des femmes enceintes à leur bébé. Une seule dose de Névirapine est administrée à la femme enceinte porteuse du HIV, et une autre dose est donnée à son bébé, dès la naissance. Les tests médicaux pratiqués en Ouganda, sur plus de 600 femmes volontaires, ont révélé que la Névirapine était deux fois plus efficace que l'AZT, qui perd beaucoup de son efficacité dans la protection des bébés allaités après le dix-huitième mois.

Le Dr Peter Piot, directeur de l'UN-AIDS, l'agence des Nations unies qui vise à endiguer cette épidémie mondiale, a déclaré que l'annonce faite par ce groupe pharmaceutique « suscite un grand espoir chez des millions de femmes ».

L'UNAIDS estime que le nombre d'enfants qui naissent chaque année infectés par le virus du HIV approche les 800 000, répartis dans pratiquement tous les pays en voie de développement. En l'absence de traitement préventif, environ un quart des femmes séropositives transmettent le virus à leur enfant. Avec l'allaitement, le taux d'infection s'accroît même d'un tiers ou plus, selon la santé de la mère et l'âge du sevrage de l'enfant.





Faits et prévisions

Home Japon : plongeon annoncé du Nikkei

Source : Nikkei Weekly, Japon

« Comme nous l'avons déjà annoncé dans notre numéro de décembre 1988, un krach boursier mondial prendra naissance au Japon. Maitreya réaffirme que ce krach boursier est inévitable. La fin est proche. C'est une bulle sur le point d'éclater. » [Partage international, juin 1989] 

Mamoru Shimode, responsable de la gestion des capitaux à la branche de Tokyo de Deutsche Securities Ltd, a déclaré récemment : « L'économie du pays continue à vaciller, ce qui est un sujet de préoccupation. Nous prévoyons que l'économie sera à nouveau en perte de vitesse d'ici six mois ou un an ». La hausse du marché sera probablement de courte durée, en dépit d'un rebondissement général. Selon M. Shimode, la reprise de l'économie japonaise est si lente que l'indice Nikkei pourrait plonger de nouveau jusqu'à 15 000.





Home La détérioration des écosystèmes

Source : Pnue, WRI

« Nous en viendrons à comprendre que l’homme, la nature et Dieu sont UN, et qu’une attitude responsable envers la planète (et tous ses règnes) est essentielle au bien-être du tout. » [Share International, avril 1985]

L’accroissement considérable de la consommation des ressources de la planète entraîne une détérioration généralisée de l’état des écosystèmes. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait avoir des effets dévastateurs sur le développement de l’homme et le bien-être de l’ensemble des espèces. Telle est la conclusion d’un rapport international : Guide des ressources mondiales 2000-2001 ‑ Populations et écosystèmes ‑ L’érosion du tissu vital de la planète. Ce rapport, paru en septembre 2000, a été élaboré conjointement par le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), le Pnue (Programme des Nations unies pour l’environnement), la Banque mondiale et l’Institut des ressources mondiales. Il est le fruit d’un travail de plus de deux ans, auquel ont participé plus de 175 experts.

Les écosystèmes sont des communautés d’organismes en interaction, entre eux et avec le milieu dans lequel ils vivent. Ce sont les « machines biologiques » de la planète. Le rapport établit leur état de santé en se fondant sur leur capacité à produire les biens et services que l’humanité leur demande actuellement. Cela va, entre autres, de l’alimentation aux activités de loisirs et de récréation, en passant par la capacité de fournir une eau pure et en quantité suffisante, de stocker le carbone atmosphérique et de maintenir la biodiversité.

Les statistiques présentées dans ce rapport montrent que l’état de ces écosystèmes, s’il est encore, pour la plupart d’entre eux, acceptable, est en train de se dégrader. Il en énumère un certain nombre de signes. Par exemple :

– La disparition, au XXe siècle, de la moitié des marécages de la planète.

– L’abattage massif des forêts et leur conversion en terres cultivables, qui ont réduit de moitié la surface forestière mondiale.

– Près de 30 % des forêts ont été converties à l’agriculture.

– 9 % des espèces d’arbres sont en danger d’extinction ; la déforestation pourrait dépasser 130 000 km2 par an dans les régions tropicales.

– La dégradation des sols a touché 2/3 des terres cultivées au cours des cinquante dernières années.

– Les flottes de pêche excèdent de 40 % ce que permettraient les ressources des océans.

– Près de 70 % des grandes réserves halieutiques du monde sont surexploitées ou exploitées à la limite de leurs capacités biologiques.

– Depuis 1980, l’économie mondiale a triplé de volume, et la population a augmenté de 30 %, atteignant maintenant six milliards d’individus.

– Les barrages, les dérivations fluviales et les canaux fragmentent près de 60 % des plus grands fleuves du monde.

– 20 % des poissons d’eau douce sont éteints ou menacés de l’être.

« Depuis trop longtemps, les nations, riches ou pauvres, ont pris l’habitude d’établir leurs priorités de développement en partant de l’idée que les écosystèmes étaient des réserves inépuisables où il n’y avait qu’à se servir, sans se soucier des conséquences, déclare Mark Malloch Brown, administrateur du Pnud. Grâce à ce rapport, nous reconfirmons notre engagement à faire de la viabilité des écosystèmes du monde une priorité essentielle du développement pour le XXIe siècle. »

World Ressources 2000-2001 lance ainsi un cri d’alarme, et déclare que mettre un terme à la dégradation des écosystèmes de la planète pourrait constituer le défi le plus difficile que l’humanité ait jamais eu à relever.

« Notre connaissance des écosystèmes a fait des progrès spectaculaires, mais pas autant que notre capacité à les endommager, déclare Klaus Toepfer, directeur exécutif du Pnue. Soit nous continuons cette dégradation aveugle, soit nous apprenons à les utiliser d’une manière viable. »

Le rapport appelle les gouvernements et les peuples à considérer la durabilité des écosystèmes comme essentielle à la vie humaine. Il demande qu’on les intègre dans une politique de gestion des terres et des ressources fondamentales du monde, et qu’aucune décision sur l’utilisation de celles-ci ne se prenne sans en avoir au préalable considéré les effets sur la capacité des écosystèmes à produire les biens et services. « Les gouvernements et les entreprises doivent impérativement repenser certaines des conceptions fondamentales concernant la mesure et la planification de la croissance économique, déclare James Wolfensohn, président de la Banque mondiale. Ce sont les pauvres, dont la subsistance dépend souvent directement des écosystèmes, qui sont les premières victimes de leur dégradation. »

Une des conclusions les plus importantes de ce rapport est que nous manquons de la base nécessaire pour déterminer correctement la situation des écosystèmes, que ce soit à l’échelle mondiale, régionale ou même locale. « Ce manque d’information, déjà important, tend à augmenter, contrairement à ce que l’on serait en droit d’attendre, à l’âge d’internet et des images par satellite, déclare Jonathan Lash, président du WRI. Nous ne pourrons pas prendre de décisions saines et raisonnables en matière de gestion des écosystèmes au XXIe siècle tant que nous n’aurons pas réalisé des changements considérables dans notre manière d’utiliser les connaissances et l’expérience actuellement disponibles, et intensifié nos efforts pour acquérir toutes celles dont nous avons besoin. »

Ce rapport a débouché sur le lancement d’un projet international, Etat des lieux des écosystèmes du millénaire, auquel participent de nombreux Etats, ainsi que les agences de l’ONU concernées et des organismes scientifiques de premier plan. Il a pour objectif de mettre en place une évaluation et un contrôle permanents de la santé des écosystèmes de la planète.

Contact : http:/www.wri.org/wriwrr2000




Home Japon : le pouvoir du peuple

Source : The Guardian, G.-B.

La loi par la force disparaîtra. Les politiciens deviendront les serviteurs des hommes, non leurs maîtres. » [PI, octobre 1988]

L'industrie nucléaire japonaise a subi une défaite historique lorsque l'un des plus importants services publics du pays a définitivement abandonné l'étude d'un contrat nucléaire en projet depuis 37 ans. Ce projet, visant à construire deux réacteurs nucléaires dans une région côtière pittoresque du centre du Japon, a été stoppé par le gouverneur de la région. « Ce plan ne dispose ni du soutien, ni de la coopération des habitants, a déclaré le gouverneur Masayasu Kitagawa. Il devrait retourner sur la planche à dessin. »

M. Kitagawa a déclaré que sa décision avait été motivée par l'inquiétude grandissante du public face à la sécurité nucléaire, suite au pire accident nucléaire subi par le pays, en septembre 1999. Une personne est décédée, et plus de 400 ont été exposées aux radiations, lors de cet accident survenu dans une usine de retraitement d'uranium.

Au Japon, l'opinion publique s'est montrée de plus en plus hostile envers le pouvoir nucléaire, au cours des dernières années, à la suite d'une série d'accidents dramatiques et de dissimulations. Comme signe du changement de l'opinion publique, des militants anti-nucléaires ont été élus maires dans certaines villes, et la communauté de Maki, au nord du Japon, a rejeté le projet d'une centrale nucléaire, lors d'un référendum, en 1996.

Les militants antinucléaires ont fait l'éloge de la récente décision du gouverneur. Ainsi que l'a affirmé l'un des habitants vivant près du site envisagé : « Après cette décision, il ne sera plus possible de construire des centrales nucléaires contre le vœu des habitants concernés, à n'importe quel endroit du Japon. »





Dossier

Home Séminaire 1999 - Le problème du mirage

Questions-réponses - 4e et dernière partie

par Benjamin Creme

Un organisme plutôt qu'une organisation

Q. Quand l'organisme perd-il son équilibre et devient-il une organisation ? Cela est-il lié à une trop grande préoccupation de la forme ?
R. Cela a certainement quelque chose à voir avec une préoccupation exagérée de la forme car il est plus facile de créer une organisation que de créer et maintenir vivant un organisme. Ce sont deux choses différentes.

Quand l'organisme perd-il son équilibre ? Ce n'est pas une question d'organisme qui perdrait son équilibre et deviendrait une organisation. C'est le résultat d'un changement de direction dans le but recherché. Lorsque le premier groupe fut créé en 1974 à Londres, mon Maître m'a dit : « Réunis toutes ces personnes et forme le groupe. » Il m'avait donné le nom de certaines personnes. Il a ajouté : « Ne lui donne pas de nom. Ne désigne pas de responsables, de président, de secrétaire, n'attribue de fonction précise à personne. » Il a également déclaré : « N'érige pas de barrières vous séparant des autres groupes, mais n'adhère à aucun autre groupe. » Nous occupons une position très particulière dans cette forme d'activité reliée à l'activité d'autres groupes, car le monde entier est en fait impliqué, à un niveau ou un autre, dans le retour du Christ, que les gens le sachent ou non ; les Maîtres entraînent certaines personnes à tous les niveaux. Il y a le groupe des nouveaux serviteurs du monde auxquels des membres de nombreux groupes affirment appartenir. C'est le cas de quelques-uns, certainement pas de tous. Enfin, admettons que ce soit vrai.

Pourquoi ces exigences ? Il ne devrait pas y avoir d'individus ayant des fonctions particulières, de manière à ce que personne ne puisse se poser en unique arbitre au sein du groupe ; pas de secrétaire qui réglerait automatiquement les affaires courantes et pourrait ainsi acquérir une position de pouvoir ; pas de président (qui serait naturellement moi-même puisque j'ai formé le groupe et que je suis en contact avec le Maître) susceptible d'imposer ses idées aux autres membres ; ni de barrières nous séparant des autres et nous permettant de dire : « Ce sont nos croyances et pas les vôtres. »

Il s'agissait d'éviter une approche séparatiste vis-à-vis du travail concernant l'extériorisation de la Hiérarchie, ce qui me paraît essentiel dans un groupe comme le nôtre. Cela nous a permis, tout au moins à Londres, de créer et de préserver un organisme. Par la suite Tara Center fut créé avec un bureau, puis Share International Foundation et Share Nederland, et cette situation a changé. L'organisme initial n'a pas de bureau. Personne n'a de fonction particulière. Chacun a le même type de relations impersonnelles avec tous les autres. Naturellement, étant donné que je suis en contact avec le Maître, que j'ai eu certaines expériences, que j'ai créé le groupe au départ et introduit la méditation de transmission, je suis devenu le leader naturel du groupe. Mes paroles sont prises au sérieux et c'est naturel. C'est la reconnaissance du fait qu'il existe différents niveaux d'expérience et de conscience, et également de connaissance venant de cette expérience. Etant donné que j'avais la possibilité à tout moment de parler à mon Maître et de lui demander conseil sur n'importe quel problème pouvant se présenter au sein du groupe, c'est devenu la norme. Le groupe a réellement fonctionné, et fonctionne toujours, comme un organisme.

Certaines personnes sont ambitieuses, elles aiment avoir du pouvoir et de l'influence. Ce n'est pas mon cas. Je peux le dire avec conviction car je ne manifeste pas d'ambition. Si j'étais ambitieux, ce groupe serait aujourd'hui le plus puissant du monde car il est soutenu par la Hiérarchie. Si je l'avais souhaité, j'aurais pu le lancer dans le monde d'une manière telle que quasiment personne ignorerait son existence. J'aurais pu engager l'activité et le pouvoir de différentes agences de relations publiques. On me l'a proposé. Cela m'a été suggéré à maintes reprises au fil des années, et si j'avais accepté, notre groupe serait devenu une organisation connue dans le monde entier. Je ne l'ai pas fait car je savais qu'il était nécessaire qu'il grandisse comme un organisme plutôt que d'être lancé comme une organisation.

Mais il se peut, et il est probable que certaines personnes le pensent, que je me sois montré stupide et que j'aie manqué l'opportunité de devenir aussi connu que les Beatles. On aurait pu utiliser les services d'une agence de relations publiques et cette activité de groupe concernant le Christ et les Maîtres de Sagesse serait connue de tous. Ce n'est pas difficile à faire. Cela demande de l'argent, mais l'argent serait venu. Certains m'ont même offert leurs services pour promouvoir le groupe de cette façon, mais à chaque fois j'ai dit non. Et bien sûr, j'en ai parlé à mon Maître et il a dit non.

Si les gens acceptent nos idées, c'est par conviction personnelle. Ils ne sont pas poussés ou manipulés dans ce sens, comme c'est le cas avec toute forme de publicité, où ils sont tellement submergés par l'idée qu'ils l'acceptent automatiquement. C'est ainsi que se font les réputations, par la manipulation des idées, par l'intermédiaire d'agences de relations publiques. Je sais que ce serait la fin de ce travail de préparation au retour du Christ, car ces agences n'ont qu'une action limitée et le retour du Christ est quelque chose qui les dépasse. Tout le monde serait au courant, mais cela ne veut pas dire que Maitreya aurait pu apparaître publiquement.

Savoir n'est pas la même chose que d'être préparé. Savoir, bien sûr, est important, mais être préparé est ce qui compte réellement. Plutôt que de devenir le groupe le plus connu du monde, il importe que nous préparions les gens, afin que leur conscience puisse se transformer et qu'ils aspirent non plus à l'abondance mais au nécessaire, à de justes relations et à un commerce équitable, à l'universalisme et à la coopération, au partage et à la justice.

Je n'ai jamais oublié ce que le Maître Djwhal Khul a écrit au sujet de la société théosophique et d'autres sociétés : « Elles ont sombré sur les écueils de l'organisation. » Aussitôt après le décès de Mme Blavatsky, la forme a changé. Judge et Olcott ont pris l'organisation en main et l'ont transformée en une structure si rigide qu'elle ne pouvait plus respirer. Finalement, des personnes comme Alice Bailey, qui travaillait au sein de la société théosophique de New York avec son mari et quelques amis, souhaitèrent disposer d'une structure plus démocratique, plus souple, plus organique. Elles furent considérées comme trop dangereuses et mises dehors.

Dans la société théosophique, l'âme de Mme Blavatsky n'était pas impliquée. C'était sa personnalité qui servait de guide. En tant qu'initiée du quatrième degré, elle avait une personnalité puissante, imprégnée par une âme de premier rayon. C'était une personne très forte, et il le fallait pour fonder une telle société, pour avoir le courage et la force d'introduire dans le monde toutes ces idées nouvelles, et affronter la réaction méprisante de toutes les sociétés scientifiques, philosophiques, sociologiques, religieuses et psychologiques de l'époque. La société théosophique s'est fourvoyée sous l'action de ceux qui en ont pris la charge après elle, car son âme n'était pas engagée dans ce travail et ne l'avait jamais été. Lorsqu'Alice Bailey essaya de donner à la société une structure plus organique, plus démocratique et plus significative, de nombreuses personnes émirent des objections, spécialement aux Etats-Unis, et elle fut rejetée. Pendant deux ans, Annie Besant, présidente à l'époque, lui apporta son soutien. Mais même Annie Besant ne put la soutenir indéfiniment et Alice Bailey, son mari et quelques autres furent mis à la porte.

Pour rester un organisme, un groupe doit être inclusif. Il ne doit pas y avoir de responsables officiels, de gens qui dirigent. Il devrait y avoir un engagement mutuel de personnes intéressées et dévouées travaillant de manière impersonnelle pour le bien de tous.

Q. L'accroissement de l'impact engendre naturellement une organisation plus importante, alors où est le problème ?
R. C'est l'avis de ceux qui aiment l'organisation. L'accroissement de l'impact peut agir de différentes manières. Il peut agir en faveur de l'organisation et la rendre plus vaste : il vous faut alors employer davantage de personnes, consacrer davantage de temps à l'organisation du travail qu'à la production, s'il s'agit de quelque chose que vous fabriquez ou que vous vendez. Mais dans un organisme, un ensemble de groupes comme celui-ci, le problème c'est que plus vous prenez de l'expansion, plus vous consacrez de temps et d'énergie à l'organisation ; par sa nature même, celle-ci devient l'aboutissement de tout le travail du groupe.

Ce groupe travaille de plusieurs façons. Il essaie de s'étendre mais pas forcément le plus largement possible. J'aurais pu parvenir à cela il y a de nombreuses années si j'avais utilisé les services d'agences de relations publiques. Tout le monde aurait été touché par l'information. L'impact serait maximal, mais il aurait fallu une organisation élaborée pour maintenir et superviser le travail de nombreuses personnes. Cela aurait empiété sur le travail véritable qui est de préparer l'humanité à la Réapparition.

Le problème n'est pas tant une question d'équilibre que de reconnaissance des limites qui s'imposent à un groupe comme le nôtre dont le but n'est pas de vendre un produit mais de promouvoir une idée. Ce serait essayer d'utiliser une pratique commerciale, qui s'est développée à la perfection, dans une situation qui n'a rien à voir avec le commerce. Nous essayons de changer la conscience et notre approche est tout à fait différente. Dire que vous souhaiteriez avoir un meilleur impact, d'accord, mais vous n'avez pas besoin d'un impact maximal. Si vous voulez influencer cent personnes, il vous suffit peut-être d'en influencer dix. Ces dix personnes en influenceront d'autres jusqu'à ce qu'il y ait une masse de gens que vous n'avez pas forcément atteints directement mais qui auront été touchés par l'intermédiaire d'autres. Lorsque mon Maître m'a demandé d'aller apporter l'information dans le monde, je lui ai demandé : « Par où commencer ? » Il m'a répondu : « Ecris aux groupes. » « Lesquels ? » – « N'importe quels groupes. » Je n'étais en relation avec aucun. « N'importe quel groupe, tous les groupes, de tous les horizons, de toutes les traditions, tous, n'importe lesquels », a-t-il ajouté. « Entre en contact avec les groupes. Ecris-leur. Propose-leur de venir leur parler du travail concernant la Réapparition, dans le prolongement des enseignements d'Alice Bailey et de la société théosophique », ce que finalement j'ai fait. Je me suis procuré une brochure contenant une liste des différents groupes et j'ai écrit à chacun d'eux, environ une cinquantaine.

Mon Maître m'a dit : « Si tu parviens à convaincre les groupes, de ceux-ci se fera une interaction télépathique sur la masse des gens, si bien que lorsque tu t'adresseras à ces derniers, ils seront déjà un peu conditionnés par les formes pensées créées par les groupes qui sont davantage focalisés sur le plan mental que les masses. »

C'est ce que je fis. Mais je ne reçus que six réponses. Trois d'entre elles étaient ainsi rédigées : « Merci de votre invitation, mais nous avons nos propres conférenciers. » Ou bien : « Nos conférences sont déjà fixées pour les trois années à venir, mais nous serons heureux de vous mettre sur une liste d'attente. » Ou encore : «  Quels sont les enseignements d'Alice Bailey ? » Seules trois réponses furent positives dans le sens où elles m'invitaient à venir exprimer mes idées. Et c'est ainsi que j'ai commencé mes conférences. Sur cinquante tentatives, seules trois se sont avérées positives, mais cela m'a permis de commencer.

Vous démarrez de façon modeste et les choses prennent de l'importance. Elles prennent de l'importance car les gens disent : « Je suis allé à une conférence l'autre soir. Il y avait trente personnes et j'ai entendu une information tout à fait extraordinaire. Peut-être pourrions-nous inviter le conférencier. » Et on a commencé à m'inviter. Une personne en parle à vingt autres et celles-ci à quarante et finalement on atteint cent personnes. Il n'est pas nécessaire de toucher directement chaque individu. Vous n'avez pas besoin d'une organisation importante pour diffuser l'information au maximum. Ce que vous pouvez faire est ce que j'essaie de faire moi-même, utiliser les médias, parler si possible à la radio et à la télévision, donner des interviews. Vous pouvez ainsi atteindre des milliers, quelquefois des centaines de milliers, et occasionnellement des millions de personnes. Il y a des gens dans ce pays qui m'ont entendu parler en 1981. Cela fait presque vingt ans, mais ils ont l'impression que cela remonte seulement à quelques années. Ils s'en souviennent. Personne n'oublie cette histoire, c'est l'essentiel. Elle est si puissante, si inhabituelle, si différente de toutes les autres informations que, lorsque les gens sont ouverts, elle reste dans leur mémoire. Lorsqu'ils l'entendent à nouveau, ils disent : « Oh oui, je l'ai vu dans telle ou telle émission. C'était il y a quelques années. C'était très intéressant. » C'est tout ce que vous avez à faire. Vous n'avez pas besoin pour cela d'une organisation gigantesque. Lorsque je suis venu aux Etats-Unis pour la première fois, il n'y avait pas d'organisation du tout, seulement un groupe de quelques personnes intéressées, et c'est ainsi que tout a commencé.

Q. En ce qui concerne Tara Center ou Share International Foundation, il y a eu, au début, la nécessité de créer une organisation pour des raisons légales, afin de pouvoir publier des livres, des revues, etc. S'ils avaient pu se contenter de publier les ouvrages et le matériel d'information et/ou focaliser leur attention sur la promotion de vos interviews aux médias, les exigences requises auraient-elles été remplies ?
R. Il s'agit de répondre aux besoins. Si votre organisation est juste, vous connaissez déjà la réponse. Tara Center dispose d'un mécanisme permettant d'approcher des médias (bien que les choses deviennent de plus en plus difficiles au fur et à mesure que ceux-ci se protègent davantage). Davantage d'interviews à la radio, et occasionnellement à la télévision et dans les journaux, me sont proposées aux Etats-Unis que nulle part ailleurs dans le monde. Il existe davantage de médias. Il y a davantage de stations de radio, même les petites villes en possèdent une. Il existe davantage de réseaux ; vous parlez dans une station et l'émission est diffusée dans un grand nombre d'Etats. Ainsi l'information se répand. Vous n'avez pas besoin pour cela d'une vaste organisation. Il suffit d'une liaison entre le groupe et les médias, et entre le groupe et moi. Cela permet d'informer des millions de personnes dans ce pays.
Si la même chose existait dans tous les pays, je serais épuisé, mais le message pourrait être transmis de la même façon en Europe ou ailleurs. Le seul endroit d'Europe où nous recevons une grande attention de la part des médias est l'Espagne. Pour cette raison, l'Espagne réussit particulièrement bien à faire connaître l'information. Les co-workers utilisent dans une large mesure l'énergie de l'âme et ils font de nombreuses conférences. Ils ont établi de bonnes relations avec différents médias ; il existe des relations personnelles entre les membres du groupe et les journalistes intéressés, si bien qu'à chaque fois que je me rends à Madrid ou à Barcelone, certaines personnes souhaitent m'interviewer. Il y a aussi une continuité avec ce qui a été fait auparavant. J'y vais une fois par an si bien que les gens sont constamment informés. Il est important que le message soit répété. Pour cela une vaste organisation n'est pas nécessaire. Il faut seulement des gens ayant suffisamment de talent, de courage, de persévérance et de diplomatie pour entrer en contact et travailler avec les médias.

Comment les Maîtres enseignent

Q. Les Maîtres nous donneront-ils un enseignement direct après leur émergence ? Sinon le monde entier ne pourra changer.
R . Les Maîtres ne vont pas diriger votre vie à votre place. Ils ne vont pas vous dire : « Vous devriez vous consacrer davantage à telle ou telle chose. » Mon Maître ne le fait pas. Si je veux savoir quelque chose, je dois le lui demander. Autrement il ne m'adresse jamais la parole. Et je dois lui poser ma question d'une manière juste, sinon je peux interpréter sa réponse de travers.
Par exemple, au début, si j'étais en train de lire un livre et si je tombais sur quelque chose dont je pensais avoir compris intuitivement la signification, je lui disais : « Est-ce bien cela ? » Et il me répondait : « Tout à fait, tout à fait. » Cela a duré ainsi pendant des mois. J'étais content de moi. J'avais l'impression de tout comprendre. Je pensais que mon intuition fonctionnait réellement parce que peut-être, la première fois que j'avais lu le livre je n'avais pas compris. Maintenant je comprenais. Il a fallu du temps avant que je réalise que « tout à fait » ne signifiait pas que j'avais tout à fait raison. Cela signifiait : « C'est tout à fait ce que tu me dis. » Les Maîtres sont très précis. Le mien ne dit pas : « Non, non, tu te trompes. » Cela me mettrait sur une voie différente. C'est quelque chose qu'il n'est pas autorisé à faire. Ce serait enfreindre mon droit d'apprendre par moi-même. Vous devez apprendre par vous-mêmes, ne pas demander ou attendre que le Maître vous enseigne quelque chose. Je ne demande pas à mon Maître de m'enseigner quoi que ce soit. Je lui demande seulement des informations.
C'est difficile d'être un Maître, j'en suis sûr. C'est difficile aussi d'être un disciple en contact avec un Maître. Ils sont si bizarres. (Il dit : « N'exagère pas ! ») Personnellement, je ne le suis pas, croyez-moi. Leur façon de penser, leur manière de se conduire avec les disciples sur le plan physique, tout cela est si différent de ce que l'on pourrait imaginer ou attendre.

Q. Pourriez-vous nous donner quelques exemples, qui ont pu vous surprendre, de la manière dont vous vous êtes libéré de vos propres mirages ?
R. J'ai été pris en main par mon Maître et le processus qui m'a débarrassé de mes mirages et de mes illusions a été si intense qu'il m'est difficile de vous en donner une idée. C'était comme si j'avais subi pendant vingt heures par jour une psychanalyse approfondie et continue. Ce n'était pas comme de se rendre chez un psychanalyste une ou deux fois par semaine et parler pendant une heure confortablement installé sur un divan, c'était quelque chose de continu, comme si le Maître avait été assis sur mes épaules, me débarrassant de mes mirages et de mes illusions de la manière la plus pénible que l'on puisse imaginer. Sans arrêt, minute après minute, jour après jour, j'avais cette voix en permanence dans la tête. De temps en temps il s'excusait de devoir agir ainsi. Vous ne pouvez échapper à la voix d'un Maître. Il peut la rendre plus forte que n'importe quelle pensée que vous puissiez avoir. Il peut imiter n'importe quel bruit dans votre tête. Il peut imiter la voix d'une autre personne, et il vous faut quelques minutes avant de réaliser que ce n'est pas cette personne mais le Maître qui parle. Les Maîtres sont capables de n'importe quel tour de magie. Je ne peux pas commencer à vous raconter tout cela. J'entendais la voix de quelqu'un. Je connaissais cette personne et
je devais décider si c'était vrai ou faux. Je devenais astucieux et je disais : « Non, cette fois c'est raté. » Il était difficile de s'y retrouver. La voix était identique mais il manquait quelque chose.
Il s'agissait en quelque sorte de me montrer tout d'abord toutes les faiblesses de mon caractère, de prendre mes points faibles et de les marteler sans cesse, jusqu'à ce que je me dise : « Bon, je peux laisser ce mirage de côté, l'oublier », après avoir été sur le grill pendant plusieurs jours sur le même sujet. Ce fut si dur, et cela s'est passé il y a si longtemps, que je m'en souviens à peine. J'ai gardé certaines impressions, certaines certitudes, mais je ne peux vous donner d'exemples précis, je peux seulement vous dire qu'il a mis l'accent sur ce qu'aujourd'hui je considérerais comme des faiblesses et qu'à l'époque je n'avais peut-être pas vues ; mais, que je les ai vues ou non, à coup sûr j'en fus débarrassé. Il insista jusqu'à ce que je sois capable de considérer les choses sous tous les aspects possibles : aspects que je pouvais voir facilement ou auxquels je n'aurais jamais pensé, jusqu'à ce que tel point faible m'apparaisse au grand jour. Je pouvais faire le tour de la question, l'examiner sous tous les angles, et ainsi je pouvais renoncer à telle ou telle de mes faiblesses. Cela pouvait être une illusion ou un mirage, tantôt l'un tantôt l'autre.
Finalement il arrive un moment où l'on peut venir à bout du mirage, mais le problème alors, c'est l'illusion. Lorsque c'est quelque chose de mental, c'est une illusion. L'effet est pratiquement le même.

Q. Dans la vie courante, nous faisons l'expérience de choses dont nous pouvons nous rendre compte immédiatement, si nous sommes suffisamment conscients, qu'il s'agit de mirages, mais il nous faut parfois attendre des mois avant qu'une circonstance particulière nous mette à nouveau en présence du même mirage. Votre Maître a t-il créé et concentré dans un temps limité les mirages de toute une vie ?
R. C'est probablement une bonne manière d'envisager la situation. C'est comme si tout avait été télescopé, afin qu'en quelques semaines ou quelques mois, je subisse l'équivalent de nombreuses années d'une psychanalyse pénible et intense. Il ne s'agissait pas de psychanalyse au sens habituel du terme mais je ne peux pas trouver un autre mot. C'était une présentation psychique. Habituellement un psychanalyste vous demande : « Quel problème avez-vous aujourd'hui ? » Ou : «  Vous pouvez commencer à parler. Quel a été votre problème ? Parlez-moi de votre mari/votre femme. Vous entendez-vous avec lui/elle ? » Ce n'était pas du tout cela. Il ne me disait même pas : « Comment vas-tu aujourd'hui ? » Il se contentait, apparemment, de dire quelque chose calmement, d'émettre une idée. « Voyons cela. » Et il me faisait me raconter les choses à moi-même. Si bien que c'est moi qui faisais l'analyse, tout le travail d'approche. Il ne me disait pas de faire ceci ou cela, ni c'est bien ou c'est mal. Rien de tout cela. Il me mettait en face de moi-même. « Est-ce que cela te paraît juste ? Est-ce que cela te rend heureux ? Car tu m'as montré que c'est ainsi que tu es, c'est toi. » C'était comme un miroir. Il insistait encore et encore sur ma manière d'être, jusqu'à ce que je lui dise : « Tu as traité cette question hier. » Mais il répondait : « C'est possible. Examinons-la à nouveau. » – « Oh non ! » C'était vraiment très pénible et il s'excusait.
Les Maîtres sont prévenants et bien élevés. Pour ma part, je suis si mal élevé que je lui dis : « Quelle est la structure de rayons de celui-ci ? Ou de celui-là ? » Mais lui, par contre, s'exprime ainsi : « Benjamin Creme voudrait-il avoir l'obligeance... » Je devrais m'en souvenir et demander : « Le Maître voudrait-il avoir l'obligeance... », au lieu de : « Qu'est-ce que ceci, qu'est-ce que cela ? Combien ? Quel pourcentage ? » La différence entre la politesse d'un Maître et la mienne est immense. Mais les gens me posent des questions si rapidement que je prends l'habitude de demander aussitôt la réponse. Si bien que je le fais même lorsque je suis tout seul. C'est une honte.
Mais le Maître s'excusait. Il disait : « Le Maître s'excuse de te faire traverser tout cela, mais c'est nécessaire, éprouvant mais nécessaire. » Ce fut un processus terrible, mais voyez le résultat !





Citation

Home L'éradication de l'ego

par Baghavan Sri Sathya Saï Baba

« Le but de la vie est de grandir en amour, de développer cet amour, et de se fondre en Dieu qui est amour. Le meilleur moyen d'y parvenir est le service. Aucune discipline ne peut se comparer avec le service pour l'éradication de l'ego. »





Courrier des lecteurs

Home Un passager imprévu

Cher Monsieur,

Le vendredi 4 août 2000, M. S. (qui fait partie de notre groupe de transmission) et moi-même, sommes allées en voiture à Nordenau, près de Dusseldorf, pour nous procurer de l'eau curative.

En arrivant au village de Korbach, nous vîmes un ouvrier charpentier vêtu de manière traditionnelle : chapeau haut de forme, veste rayée et long pantalon ajusté en forme de tube s'élargissant vers le bas comme un entonnoir. Il avait sous les bras deux baluchons qui avaient l'air d'être des couvertures matelassées. Il portait un sac à dos de lin gris clair et il tenait une belle canne sculptée dans un bois brun clair. Il nous observait, debout sur le trottoir.

Soudain j'eus envie de m'arrêter et de le prendre en stop. Je lui demandai où il désirait se rendre. Il répondit : « Il suffit que vous me déposiez à Medebach. » Nous le prîmes avec nous et il nous raconta qu'il se trouvait à Hambourg trois jours auparavant. Puis, il garda le silence lorsque je lui dis qu'habituellement j'évitais de prendre des auto-stoppeurs. J'entamai à nouveau la conversation en lui demandant où il habitait. Il répondit qu'il vivait dans un endroit appelé Ammersee, près de Munich. Il parlait sans le moindre accent.

Il nous dit qu'il était charpentier et qu'il cherchait du travail de menuiserie dans un petit village près de Medebach pour son diplôme de maîtrise. Il nous demanda : « Où allez-vous ? » et je lui répondis que nous nous rendions à Nordenau pour nous procurer de l'eau curative. Il dit qu'il n'en avait jamais entendu parler et je lui fis part de l'extraordinaire pouvoir de guérison de cette eau. Il déclara alors : « Dans ce cas, je vais vous accompagner. » Ecoutant mes remarques sur la situation difficile qui régnait dans le monde, il répondit d'une manière polie mais ferme : « Beaucoup de bonnes choses se sont déjà produites. » Je fus vraiment désolée d'avoir trop parlé de ce qui était négatif et, à partir de ce moment-là, je gardais le silence et les autres firent de même. Soudain je sentis une énergie très forte se manifester dans la voiture et je réalisai que ceci avait quelque chose à voir avec notre compagnon assis sur le siège arrière.

Je l'observai dans le rétroviseur et soudain je vis un visage aux cheveux longs, bruns et bouclés, qui ressemblait à celui du Maître Jésus sur les portraits que j'ai chez moi. Je fus abasourdie et je dus faire attention de conduire correctement.

A notre arrivée à Nordenau, notre compagnon quitta la voiture sans ses bagages, comme si ceux-ci avaient mystérieusement disparu. Je lui indiquai comment il pouvait accéder gratuitement à la grotte, les personnes dont les revenus sont insuffisants ne payant pas de droit d'entrée.

Tandis que nous cheminions vers la réception, Maria me dit : « Memo, notre étranger est Maitreya. » Je répondis : « Non, c'est le Maître Jésus. J'ai aperçu son visage dans le rétroviseur. » J'ajoutai : « As-tu ressenti la forte énergie dans la voiture ? », et elle confirma mon observation en disant : « Oui, mon épine dorsale était brûlante » (Il était assis juste derrière elle). Nous restâmes toutes deux persuadées qu'il s'agissait du Maître Jésus.

En revenant de la réception, nous le rencontrâmes à nouveau devant l'hôtel. Incapables d'en détacher les yeux, nous suivîmes ses moindres gestes jusqu'au bureau de réception. En y arrivant, il frappa le sol de sa canne en disant d'une voix puissante : « Gott zum Gruss » (Que Dieu soit béni). Les gens le regardaient, certains en gardant une attitude rigide, d'autres en riant. Nous étions très perplexes. D'un côté nous étions persuadés que c'était le Maître Jésus, de l'autre nous étions maintenant agacés. Je dis à Maria : « S'il te plaît, retiens-le un instant. Je veux lui donner quelque chose. » J'allai rapidement jusqu'à ma voiture et en rapportai un exemplaire de l'Emergence et une brochure d'information que je lui remis. Il les prit avec un sourire. Je réalisai alors qu'il avait maintenant une queue de cheval. Nous nous assîmes sur un banc dans le hall, attendant notre tour d'entrer dans la grotte d'ardoise, et essayant de nous éclaircir l'esprit et de mettre un peu d'ordre dans ces événements étonnants.

Au bout d'un moment il revint. Totalement incapables de lui parler, nous gardâmes le silence. Nous remarquâmes qu'il n'avait plus sa canne. Il quitta la salle d'attente et, prenant à nouveau conscience de sa véritable identité, je priai pour qu'il revienne, regrettant d'avoir, une fois de plus, manqué une opportunité. Il revint dix minutes plus tard, mais je fus toujours incapable de proférer la moindre parole. Lorsque le moment fut venu de pénétrer dans la grotte, il fut le dernier à entrer et il s'assit sur une chaise au milieu de quelques malades. Au bout de vingt minutes, avant de quitter la grotte, on donna de l'eau à boire aux personnes présentes. Il en but également, puis il quitta la grotte très lentement. J'essayai de le suivre, mais je le perdis de vue et nous ne l'avons plus revu.

J'aimerais savoir qui était cet ouvrier charpentier ? Dans la conversation, il a mentionné qu'il se trouvait à Hambourg trois jours auparavant. Or, Maria a senti un merveilleux parfum de fleur lors de notre méditation de transmission à ce moment-là. Se pourrait-il que ce soit lui qui ait manifesté ce parfum ? A-t-il effectué une action particulière sur l'eau de Nordenau ou dans la grotte ?

M. N., Hambourg, Allemagne


[Note : En 1993, le Maître de Benjamin Creme avait indiqué que la source d'eau curative de Nordenau avait été énergétisée par Maitreya. Voir l'article intitulé : « L'eau curative de Nordenau », dans le numéro de mai 2000 de Partage international.]

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'homme en question n'était pas le Maître Jésus, mais Maitreya. C'est lui qui créa le parfum de fleur à Hambourg, mais il n'a exercé aucune action particulière sur l'eau de Nordenau ni sur la grotte


Home Demande en mariage

Cher Monsieur,

Me rendant à la conférence de Benjamin Creme avec un ami le 8 juillet 2000, à New York, je rencontrai un homme dans la rue. Il était assis en lotus sur le trottoir ; il avait le haut du corps nu et il portait un pantalon ample s'arrêtant au genou. Ses cheveux étaient longs, blonds et ondulés, avec quelques mèches tirées en arrière de chaque côté du visage et il avait l'air plutôt propre pour quelqu'un vivant dans la rue. Je lui donnai un peu d'argent et je sentis en lui un certain détachement et une dignité tranquille. Sur le chemin du retour, après la conférence, je le vis à nouveau et cette fois deux autres hommes se tenaient face à lui. Comme je m'apprêtais à donner encore un peu d'argent au « yogi », il leva vers moi ses yeux bleus, clairs et tranquilles, et il me dit : « Voulez-vous m'épouser ? » Complètement abasourdie, je ne trouvai rien à répondre et je me contentai de rire. Mis à part le côté inattendu de ses paroles, le sérieux et la sincérité avec lesquels elles étaient prononcées, ajoutaient au caractère surprenant de tout cela.

Puis, tandis que mon ami lui donnait un peu d'argent, je me tournai vers lui en souriant, espérant le persuader que je trouvai sa proposition très sympathique, mais je ne dis rien lorsqu'il me regarda à nouveau d'un air très sérieux en disant : « J'aimerais que vous acceptiez de m'épouser. »

Aussitôt après, en traversant la rue, je me sentis réconfortée et remplie d'une énergie nouvelle, ce qui contrastait beaucoup avec les jours précédents. Lorsque mon compagnon laissa entendre que peut-être cet homme était quelqu'un de spécial, je rejetai cette suggestion (gênée rien qu'à l'idée d'y penser), mais quelques jours plus tard, à chaque fois que cette expérience me revenait à l'esprit, j'étais remplie d'une merveilleuse énergie. Pourriez-vous me dire qui était cet homme ? La signification cachée derrière ses paroles pourrait avoir un impact particulièrement important dans ma vie.

S. K., Sterling, VA, E.-U.

Le Maître de Benjamin Creme a déclaré que l'homme en question était le Maître Jésus. Les deux autres hommes étaient Maitreya.


Home Des croix de lumière à Seattle

Cher Monsieur,

En juillet 1999, je suivais des cours à Seattle, dans l'Etat de Washington, et j'avais loué un appartement dans l'immeuble où se trouvait mon école, un modeste immeuble gris d'un seul étage, situé au nord-ouest de la ville.

Un soir, lorsque j'entrai dans la salle de bains, mon attention fut attirée par une brillante lumière sur la fenêtre de verre dépoli. L'une des fenêtres de la chambre donnait dans la même direction, et tout ce que j'avais vu, c'étaient les lumières de l'éclairage extérieur qui se reflétaient en dessinant une forme pyramidale sur le mur de l'immeuble à l'arrière. Mais lorsque je regardai par la fenêtre de la salle de bains, j'eus le souffle coupé à la vue d'immenses croix de lumière, une pour chaque source de lumière. La taille de chacune de ces croix me faisait penser à celles que j'avais vues dans l'église baptiste de Knoxville, dans le Tennessee, en 1996. Je ne pouvais en croire mes yeux, et je ne cessais de retourner dans la salle de bains pour vérifier si je ne rêvais pas. Le directeur de l'école n'avait pas entendu parler de croix de lumière par les locataires précédents et la salle de bains de l'autre appartement n'avait pas de vitres dépolies.

Tout d'abord, il me fut impossible de déterminer si mon état d'exaltation venait de l'énergie émanant des croix ou si j'étais tout simplement surexcité par le phénomène. J'avais appris du groupe de transmission de Seattle que des croix peuvent apparaître sans être manifestées ou énergétisées par Maitreya. Cependant, au fur et à mesure que les jours passaient, je fus de plus en plus convaincu qu'il s'agissait d'authentiques croix de lumière qui me redonnaient de l'énergie chaque fois que j'étais fatigué par mon travail et je savourais pleinement la chance qui m'était donnée.

 G. A., Amsterdam, Pays-Bas

 

 

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que les croix de lumière avaient été matérialisées par Maitreya.


Home Une bonne lecture

Cher Monsieur,

Etant donné le nombreux public venu assister à la conférence de Benjamin Creme, à San Francisco, en 1998, environ cent personnes n'avaient pu trouver de place dans la salle. Certaines étaient debout dans le hall, tandis que d'autres étaient assises sur des chaises, ou par terre, auprès des tables où étaient présentés les ouvrages de Benjamin Creme. Mon mari et moi-même étions appuyés contre un mur derrière l'une des
tables. Devant nous se trouvait un tabouret sur lequel était posée une boîte destinée à recueillir les dons. Tandis que diverses personnes s'activaient à rassembler des chaises, je suggérai à Michael, mon mari, d'enlever la boîte du tabouret et de proposer celui-ci à un homme qui se tenait debout juste devant. L'homme accepta d'un signe de tête chaleureux. Il s'assit et se mit à lire la Mission de Maitreya, tome III, jusqu'à ce qu'une chaise se libère près de lui et qu'il y prenne place. Peu de temps après, il s'assit par terre à nos pieds. Michael me dit alors : « Regarde, c'est Maitreya ! » Il était assis, concentré sur sa lecture, et il donnait une impression d'imperturbable sérénité. Son doigt parcourait le texte et il semblait sélectionner certains passages. Peu après la fin du message de Maitreya, il ferma son livre, le posa délicatement sur la table, s'arrêta un instant pour regarder autour de lui, puis pénétra calmement dans la salle de conférence. Cela était inattendu car toutes les autres personnes attendaient qu'on les invite à entrer lorsqu'une place s'avérait disponible. Nous le cherchâmes du regard, mais nous ne pûmes le voir.

Il était grand et mince, de type asiatique, avec des cheveux et une barbe grisonnants. Il portait des chaussures de randonnée noires, un pantalon kaki et une tunique imprimée aux manches courtes. Etait-ce Maitreya ?

 B. et M. T., Vancouver, Canada

 

 

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que l'homme était effectivement Maitreya.


Home Contrastes

Cher Monsieur,

En 1997, début avril, j'étais à Funchal (Madère), où se trouve un centre commercial pour gens fortunés. Soudain, apparut une femme qui avait l'air extrêmement pauvre. Le contraste était saisissant. Je lui donnai de l'argent. Un peu plus tard, j'allai vers elle et lui demandai : « Maitreya ? » Elle sourit. Etait-ce pur hasard ou cette personne était-elle l'un des Maîtres ou Maitreya lui-même ?

 H. K., Darmstadt, Allemagne

Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que cette femme était Maitreya.



Compte rendu de lecture

Home Un livre de Alfie Kohn

Les véritables enjeux de l'éducation

par Gerard Aartsen

A la question de savoir si la fraction 4/11 est inférieure ou supérieure à 5/13, très peu de parents ou d'enseignants sont en mesure de donner une réponse juste. C'est ce qu'affirme l'écrivain et conférencier Alfie Kohn, dans son dernier livre : The Schools Our Children Deserve : Moving Beyond tradi-tional Classrooms and « Tougher Standards » (les Ecoles que méritent nos enfants : dépasser l'école traditionnelle et ses « normes de plus en plus musclées »), avant de donner sa réponse : « Qui s'en soucie ? » Et pourtant, les élèves sont précisément préparés à répondre à ce genre de question.

En 1983, l'administration Reagan publia A Nation at Risk (une Nation en danger), rapport alarmant sur l'état du système scolaire nord-américain, qui relança le débat sur le lien entre la mauvaise forme de l'économie américaine et l'éducation traditionnelle provoquée par des idées progressistes en matière d'apprentissage et d'enseignement.

Ancien enseignant, Alfie Kohn passe au peigne fin la littérature pédagogique disponible pour déterminer s'il existe réellement, aux Etats-Unis, un lobby éducatif monolithique cherchant à supplanter une méthode d'enseignement traditionnelle qui a fait ses preuves, en faveur d'expérimentations dites progressistes. Constatant au contraire que les écoles américaines sont traditionnelles jusqu'à l'absurde, il retourne l'argument populaire qui souhaiterait une école renouant avec « l'enseignement des bases », en déclarant que si les élèves manquent de dispositions pour apprendre, c'est le résultat d'une pédagogie trop traditionnelle. Etant donné la persistance de ces croyances et pratiques traditionnelles dans l'enseignement, Alfie Kohn soutient que la demande actuelle pour des normes plus strictes véhicule nombre de suppositions fantaisistes concernant le rôle spécifique de l'école, la nature et les causes de l'échec, et le mode d'apprentissage, tout en ignorant presque complètement le point de vue des élèves eux-mêmes et l'impact de ces méthodes sur leur aptitude à étudier. D'autre part, il constate une réorientation du secteur éducatif vers le privé, à en juger par le nombre disproportionné de dirigeants de sociétés invités à collaborer à la réforme de l'éducation aux Etats-Unis. Aussi lance-t-il cet avertissement : « Lorsque le monde des affaires se mêle d'éducation, ses préoccupations visent davantage à maximiser ses propres intérêts – en préparant les jeunes au marché du travail – plutôt qu'à tenir compte de l'intérêt des étudiants. »

Une démystification en cinq points

Avant d'exposer les conditions les plus adaptées pour un apprentissage optimal des enfants, A. Kohn démonte minutieusement cinq hypothèses fondamentales à l'origine de l'acharnement mis à promulguer des normes toujours plus élevées, et à tenir l'école pour responsable des résultats aux examens.

1. La motivation – A. Kohn cite les conclusions de nombreuses études, selon lesquelles la préoccupation de cette « vieille école » pour les notes et les examens gène en réalité la curiosité innée et le désir d'apprendre des enfants. L'effet de la notation sur leur motivation est encore plus désastreux quand les notes servent à les classer, ce qui entraîne le désintérêt des élèves qui préfèrent se mettre en quête d'objectifs moindres en termes de compétition pour obtenir si possible la note la plus élevée avec le moindre investissement en travail – éventuellement sans que n'intervienne la moindre notion d'études. « Si la compétition, affirme A. Kohn, était un produit de consommation plutôt qu'une idéologie, elle aurait été depuis longtemps retirée de la vente. »

2. L'enseignement et l'apprentissage – Non seulement la « vieille école » ignore les conséquences de l'importance excessive accordée aux résultats, mais elle recèle un autre point faible dans sa façon de définir l'enseignement et l'apprentissage. Dans la salle de classe traditionnelle, l'enseignement implique généralement une instruction directe et une absorption passive de sujets cloisonnés, détachés de leur contexte, alors que l'expérience spécifique de l'apprentissage est, dans le meilleur des cas, fragmentée. Les maîtres s'appuient sur le pouvoir corrupteur des « A » qu'ils peuvent octroyer, brandissant volontiers la menace d'un « F » pour motiver les élèves ; aussi, en réponse aux politiciens, aux hommes d'affaires et aux parents, qui se plaignent de ce que les enfants n'étudient pas assez, A. Kohn s'exclame : « Voyez comment vous les traitez ! »

3. L'évaluation – Le débat sur l'amélioration de l'éducation, aux Etats-Unis, est basé sur les résultats de tests standardisés conçus pour évaluer le niveau de mémorisation des élèves concernant ce que A. Kohn qualifie d'un « tas de faits et de procédés de base ». Ces tests ont pour principal objectif de déterminer si les jeunes ont été correctement conditionnés à ces mêmes examens, plutôt que de mesurer leur esprit critique et leur soif de savoir. A. Kohn les accuse de contribuer à aggraver le phénomène de compétition dominant dans la culture nord américaine, de démotiver la majorité de ceux qui n'excellent pas en classe, et d'inciter les enseignants et les administrateurs à tricher sur les programmes afin de rehausser le classement de leurs établissements. « Au mieux, de bons résultats scolaires, pour une école ou un district, ne signifient rien de probant. Au pire, ils donnent matière à s'inquiéter, si l'on considère la pédagogie impliquée dans le processus. »

4. La réforme scolaire – Sous la pression du mouvement pour des normes plus musclées, de plus en plus d'écoles sont tenues pour responsables des résultats de leurs élèves ; ce qui signifie qu'elles doivent se montrer toujours plus « compétitives » et « efficaces » dans leur transmission d'un programme spécifique. Aussi ces établissements en viennent-ils à traiter les enfants comme de simples ouvriers, spéculant sur leur rendement et les méthodes les plus aptes à satisfaire les quotas.

5. L'amélioration – A. Kohn affirme que dans ce contexte, l'amélioration des conditions d'étude ne comporte aucun changement pour les élèves, si ce n'est que la pression est plus forte et que les chiffres des abandons scolaires sont en hausse ; l'école ne permet plus l'épanouissement intellectuel de ses étudiants et leur appropriation d'une expérience d'apprentissage authentique.

Une véritable éducation

S'opposant à la pratique en vigueur qui classe les jeunes selon des profils bien déterminés, l'auteur pose cette question cruciale : « Est-ce que nous envoyons nos enfants en classe pour leur bénéfice personnel ou pour l'intérêt que notre société pourra retirer de leur éducation ? » Si nous répondons « les deux », alors nous devrions nous faire une idée plus claire de la nature de ces bénéfices individuels ou sociaux, et décider si nous choisissons de privilégier des valeurs humaines ou économiques. Au terme d'une analyse de ces valeurs, A. Kohn nous fait partager sa vision des choses : « Je pense que l'école devrait aller au-delà des académies et s'attacher à produire des penseurs, et non des réceptacles de savoir ambulants. Sa mission devrait être de contribuer à la création d'une éthique du questionnement, au perfectionnement de l'art d'enseigner et d'apprendre, et au respect des besoins et des intérêts de l'enfant au présent, sans oublier les préoccupations humanistes légitimes à propos de l'avenir. L'école doit dépasser le statu quo, se préoccuper d'enseignement et cesser d'être un centre de tri et de sélection. » L'école traditionnelle se confond avec des objectifs que nombre d'entre nous jugeraient les moins ambitieux, les moins séduisants et les moins profitables pour nos enfants.

Plutôt que de viser des résultats, les réformateurs feraient mieux de guider les dispositions naturelles des enfants pour l'étude. A ce sujet, A. Kohn cite Deborah Meier, fondatrice d'une petite école démocratique à New York : « Il n'est pas nécessaire d'inspirer aux enfants la passion d'apprendre, mais l'empêcher de s'éteindre. » « La meilleure façon de s'y prendre, déclare A. Kohn, consiste à poser des questions qui impliquent vraiment les élèves et stimulent leur désir d'exploration et de savoir. » Il illustre l'argument par l'exemple suivant, qui pointe les motivations réelles des enfants : les élèves d'une classe primaire, dont le maître avait volontairement laissé les murs sans décoration, décident d'y accrocher leurs propres productions, leurs projets, sous forme de maquettes de papier bleu. Mais cela ne fut possible qu'à condition de soigneusement en mesurer les dimensions : ce qui nécessita d'acquérir des rudiments du calcul des fractions. Revenant sur l'importance de la question de maîtriser les fractions, A. Kohn conclue en soulignant que « ce professeur avait imposé ce que l'on pourrait appeler la leçon sur les fractions la plus efficace qui soit. »

L'école que méritent nos enfants est une solide plaidoirie pour une meilleure éducation, qui permettrait aux élèves une réelle compréhension des idées, le développement de leur esprit critique, de leur créativité et de leur capacité de mettre en application des savoir-faire, selon différents objectifs. Une éducation qui favoriserait la mémoire sur le long terme de faits et techniques pertinents, basés sur la curiosité naturelle des enfants. Dans un récent article pour le Washington Post, A. Kohn résumait ainsi sa vision du système éducatif : « La meilleure méthode d'enseignement découle de la prise de conscience que les individus sont des étudiants actifs. Dans une classe de ce genre, les élèves prennent constamment des décisions et deviennent les acteurs de leur propre éducation[...]. Ils apprennent encore des faits et des techniques, mais dans un contexte et une finalité spécifiques. Ce sont leurs questions qui guident leur programme scolaire. »

Alfie Kohn porte ses objections contre la « vieille école » et son système de classement et d'examens normalisés bien plus loin que les limites du système scolaire américain. Son livre remplace la vision traditionnelle de l'enseignement et de l'apprentissage par une vision approfondie et pleine de compassion, encourageant l'espoir pour l'avenir de l'école et, au-delà, pour celui de la communauté humaine.


Alfie Kohn, The Schools Our Children Deserve : Moving Beyond Traditional Classrooms and « Tougher Standards ». Houston Mifflin, Boston, 1999.

.






Haut de pageHaut de page

ACCUEIL | DECOUVRIR | MAITREYABENJAMIN CREMEACTUALITE | AGENDAREVUE PARTAGE INTERNATIONAL | RECHERCHE | CONTACT | QUI SOMMES-NOUS

Copyright © 2005 Partage International. Tous droits reservés.
Grande conference Paris mars 2017