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Accueil > Revue Partage > année 1997

Extraits de la revue
Partage international

Février 1997 - N° 101 / 102

Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

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Sommaire


  • L'article du Maître



  • Point de vue


  • Signes des temps


  • Tendances


  • Les priorités de Maitreya


  • Faits et prévisions


  • Dossier


  • Citation


  • Courrier des lecteurs




L'article du Maître

Home La fin du siècle

par le Maître –

par l'entremise de Benjamin Creme
 
De plus en plus, les hommes prennent conscience que la fin du siècle approche à grands pas. En une telle circonstance, ils se mettent en quête de signes et de présages, d’augures et de révélations. Les réseaux médiatiques, trop heureux de tirer parti de la situation, composent d’habiles cocktails où se mêlent réel et imaginaire, vérité et fiction, espoir et crainte. Dans les coulisses se tient Maitreya, prêt à émerger pour mettre fin aux spéculations et renouveler la foi des hommes en leur propre valeur, en leur propre divinité.
 
De tous côtés les signes s’offrent au regard, indiquant clairement que l’« ère des miracles » n’a pas de fin. Nul ne saurait nier cette profusion de signes, qui chaque jour désignent, bien qu’indirectement, la présence du miracle parmi les hommes. Bientôt, le monde aura la certitude que le Fils de l’Homme est bien de retour parmi les siens, que la longue attente est terminée, que l’Instructeur est prêt à entamer publiquement sa mission, et qu’une voie nouvelle s’ouvre devant les hommes, les appelant à s’engager vers l’avenir qui leur est promis. Bien peu de temps les sépare maintenant du moment où ils reconnaîtront la présence de l’Instructeur. Il leur appartient d’apprécier son plaidoyer à sa juste valeur, de s’aligner sur lui, et de se joindre à ses efforts.
 
Les hommes sont prêts
 
Il ne fait aucun doute que l’humanité sera à la hauteur de la situation. En dépit des apparences, les hommes sont prêts pour le changement – ils y aspirent –, prêts à voir réaffirmée la réalité de la Fraternité et de la Justice, prêts à reconnaître la nécessité de l’Harmonie et de la Paix. Ainsi répondront-ils à l’appel de Maitreya, traduisant d’antiques symboles en une pratique effective.
 
Rien, dès lors, ne pourra plus entraver l’élan de l’humanité vers l’avenir, ni l’établissement de relations justes entre les peuples de toutes les nations. Nous connaîtrons la mise en œuvre d’un plan audacieux mais simple, complexe mais clair, des plus ancien mais d’une éclatante modernité. Grâce à ce plan sera restauré, pour l’humanité, le sentier de la perfection auquel les hommes sont prédestinés. Parmi ceux qui ont parcouru ce même sentier, beaucoup sont maintenant parmi vous, prêts à vous guider et à vous venir en aide dans toute la mesure où la Loi le permet. Nous connaissons bien vos problèmes et vos peurs, et avons à cœur de vous fournir inspiration et réconfort. En nous voyant, les hommes découvriront ceux qui ont connu, eux aussi, toutes les angoisses et les souffrances, toutes les humiliations et les joies que l’humanité peut connaître, et qui pourtant sont parvenus à surmonter ces éternels obstacles sur la voie, garantissant ainsi à tous les hommes une égale réussite.
 
Accordez-nous votre confiance, et permettez-nous de vous guider et de vous porter assistance. Apprenez, auprès de nous, les voies de Dieu, qui peuvent devenir les voies des hommes. Nous sommes vos frères : plus âgés et plus sages, mais par ailleurs semblables.

Nous sommes venus parmi vous en tant que frères et amis ; considérez-nous comme tels, et voyageons ensemble vers cet avenir resplendissant qui n’attend que nous pour se construire.


 
Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.





Home Le Maître de Justice et les rouleaux de la Mer Morte (1/2)

par Bette Stockbauer

« Un jour, le fil d'or et le fil d'argent de l'histoire de l'Evangile seront démêlés, et les hommes connaîtront les deux interprétations que l'on peut faire des événements et des épisodes de la vie de Jésus-Christ. Les événements sous-jacents véritables nous indiquent de grands degrés franchis dans le travail du Christ lorsqu'il « enveloppa l'humanité d'un manteau d'amour, saisit le sceptre d'initiation au profit de ses frères et se présenta devant le Seigneur de Vie lui-même, sans personne pour l'accompagner, sans crainte et de son propre chef. » Les épisodes se rapportent aux événements de la vie de Jésus. » (R&I)2

Dans le numéro de mai 1994 de Partage International, Benjamin Creme a déclaré : « Les manuscrits de la Mer Mortes constituent en ce qui concerne les événements de la vie de Jésus, une source d'information plus viable que les textes bibliques. Leurs découverte en 1947, ainsi que celle  de Nag Hammadi en 1945, fut inspirée par le Maître Jésus afin d'éclairer d'un jour nouveau les événements de cette époque et de préparer le retour du Christ aujourd'hui.»  Il a indiqué en outre que le leader spirituel dont parlent les manuscrits, le « Maître de Justice », fait référence à Maitreya et que le « Messie transpercé » fait référence au Maître Jésus. D'après lui, ces documents ont été écrits au IIe siècle de notre ère, mais il n'est pas possible d'en révéler les auteurs. Il s'agit de comptes-rendus d'événements historiques et d'autres manuscrits restent encore à découvrir.

Ces affirmations remettent en question les hypothèses généralement admises concernant les rouleaux de la Mer Morte. La plupart des spécialistes déclarent qu'ils ont été écrits au Ier et au IIe siècle av. J.-C., et au plus tard avant 70 ap. J.-C., date de la destruction de Jérusalem par les Romains. Ils affirment également qu'ils ont été rédigés par les Esséniens, un groupe de juifs mystiques. Et ils pensent, pour la plupart, que le Maître de Justice a enseigné 150 ans avant la naissance de Jésus, ce qui exclut toute possibilité de lien entre eux. Nous reviendrons sur ces questions ultérieurement et examinerons sur quelles bases les affirmations de Benjamin Creme pourraient se justifier.

La découverte

Les premiers spécialistes qui ont vu les rouleaux de la Mer Morte n'avaient pas imaginé qu'ils puissent dater de l'époque de Jésus. Mais leur traduction à la fin des années quarante fit grand bruit. Il s'agissait en effet d'ouvrages inconnus du monde moderne, écrits par un groupe d'ascètes du désert et décrivant leur vie et leur époque. Il y avait là des copies de la Bible de mille ans plus anciennes que toutes celles connues jusqu'alors. Cette période, de 200 ans av. J.-C. à 200 ans ap. J.-C., est entourée de mystère pour les historiens des religions. Bien qu'il s'agisse d'une des périodes les plus fécondes que le monde ait jamais connue en ce qui concerne les idées religieuses, de nombreux documents, aussi bien juifs que chrétiens, ont été perdus pour l'Histoire, tout simplement par crainte. Les écrivains étaient condamnés et leurs ouvrages brûlés.

Des copies de plus de 800 manuscrits et des dizaines de milliers de fragments, dont beaucoup attendent encore d'être traduits, ont été découverts dans des grottes de la Mer Morte en 1947. La majorité des documents est constituée d'ouvrages bibliques. Tous les livres de l'Ancien Testament, à l'exception d'Esther, sont représentés. Il s'y trouve également des ouvrages apocryphes de sagesse « cachée », longtemps inaccessibles : le Livre d'Enoch, les Jubilés, l'Ecclésiaste.

Les « livres de la secte », qui décrivent la vie et les croyances de ceux qui ont écrit les manuscrits, présentent un très grand intérêt. Totalement nouveaux pour nous, on en a trouvé des copies presque complètes et elles sont disponibles aux chercheurs depuis 45 ans. Pour les décrire, trois mots reviennent sans cesse : eschatologique, apocalyptique et messianique. Chacun se réfère aux « derniers jours », à la fin de l'ordre mondial actuel et à l'établissement du royaume de Dieu sur la Terre. Leur découverte a comme ouvert une fenêtre sur le passé voilé. Ce sont ces écrits que nous présentons dans notre article.

Les auteurs se désignent eux-mêmes du nom de Fils de Sadoq, une lignée héréditaire de prêtres juifs établie au temps du roi David, et désignent leur leader du nom de Maître de Justice. Leurs documents relatent l'histoire d'une communauté qui s'était écartée du courant principal du judaïsme afin de se consacrer entièrement à Dieu. Ils croyaient vivre « la fin des temps » et, tout en étant les témoins des derniers cataclysmes, ils étaient la voix qui soutient l'éternelle justice. Ils avaient une grande vénération pour leur Instructeur et avaient foi en sa mission, malgré les prêtres de Jérusalem qui le persécutèrent et apparemment le tuèrent. Au sein de la communauté se trouvait également un groupe important de dissidents guidés par un « homme de mensonges ». Ces traîtres renièrent le Maître de Justice et firent s'égarer beaucoup de ses partisans.

Leurs ouvrages sont écrits dans un style peu évident pour un esprit moderne ; on y retrouve l'allégorie et l'intransigeance de l'Ancien Testament, et les indications qu'ils donnent sont éparses et voilées par précaution. Cependant, ce sont des ouvrages d'une rare beauté qui méritent que l'on fasse l'effort d'en saisir l'esprit et la pensée.

Dans les pages qui suivent, nous allons examiner les rouleaux selon deux perspectives différentes :

a) en tant qu'enseignements renfermant certains aspects de la Sagesse éternelle : l'initiation, les relations entre la Hiérarchie et l'humanité, le bien et le mal, ainsi que le simple code éthique sous-jacent à tout progrès humain ;

b) en tant que documents historiques comportant un certain nombre d'indications sur cette période très controversée de l'Histoire. Nous nous appuierons sur le travail de trois ésotéristes, Helena Blavatsky, Alice Bailey et Benjamin Creme, dont les ouvrages apportent un éclairage nouveau sur la mission de Jésus.

Le thème sous-jacent de notre étude est la quête ininterrompue de l'humanité pour l'Eternelle Vérité. Depuis les temps les plus reculés, cette vérité a émergé, se présentant sous différentes formes, mais toujours identique dans son essence. Helena Blavatsky affirme qu'il existe d'innombrables manuscrits cachés dans des endroits secrets. Même si, dans l'Antiquité, l'incendie de bibliothèques colossales a causé la perte de nombreux écrits, les plus précieux d'entre eux avaient préalablement été subtilisés par les initiés de l'époque. Commentant la « manière inattendue et quasi miraculeuse » dont certains sont découverts, HPB écrit : « L'un des faits les plus surprenants que l'on puisse observer est que les étudiants sérieux n'associent pas ces [...] découvertes de documents importants, faites au moment opportun, à un dessein prémédité. Est-il si étrange que les gardiens du savoir « païen », voyant que le moment voulu est arrivé, fassent que le document nécessaire, le livre ou le vestige, se présente, comme par hasard, devant l'homme qu'il faut ? » (ID2, p. 26 angl.)2

En gardant à l'esprit ces considérations, entrons maintenant dans l'univers des manuscrits et retrouvons une époque vieille de 2 000 ans qui, bien que différente, ne peut que nous rappeler la nôtre. Un monde hésitant, à la veille de changements cruciaux et rempli de promesses pour ceux qui cherchent la voie de Dieu, un monde béni par la présence de Saints qui, par pur amour, choisissent d'entrer dans nos vies et d'éclairer notre chemin vers l'avenir.

Le pays de la Mer Morte

A l'est de Jérusalem, s'étend un plateau en pente de 22 km de long qui se termine par un à-pic sur la vallée du Grand Rift, à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer. C'est l'endroit le plus bas sur la surface de la Terre. Dans cette vallée se trouve le lit d'un ancien lac, occupé par la Mer Morte. Autrefois, on l'appelait le lac Asphaltitus parce qu'il rejetait de gros morceaux d'asphalte. A cet endroit s'était développée une industrie qui fournissait à l'Egypte l'asphalte utilisé pour la préservation des momies. Le Jourdain se déverse à la pointe septentrionale, et la Mer de Galilée se trouve à 96 km plus au nord. C'est le pays qu'a parcouru Jésus, avec ses contrastes sévères de végétation luxuriante et de désolation.

Jésus avait connu cette contrée auparavant et guidé ses habitants au cours de vies précédentes (voir Initiation humaine et solaire, d'Alice Bailey, page 59). En 1 300 av. J.-C., sous le nom de Josué (Joshua), fils de Noun, il fut entraîné par Moïse afin de poursuivre son œuvre. A Gilgal, juste au nord de la Mer Morte, il avait partagé les eaux du Jourdain et conduit son peuple jusqu'à la terre promise. On pense que c'est à cet endroit même que Jésus fut baptisé. Il fut de nouveau Josué (Jeshua), fils de Jehozadek, le grand prêtre, dont le peuple fut emmené en captivité à Babylone par le roi Nabuchodonosor. Après avoir retrouvé la liberté, Josué revint à Jérusalem en tant que successeur de son père. En grec, Joshua et Jeshua sont traduits par Jésus.

Il existe dans ce pays une région appelée le « désert », mentionnée dans la Bible comme faisant partie du royaume de Josué (Js 15 :61). Dans Luc, 1 :80, il est écrit que Jean-Baptiste a grandi dans le désert et que Jésus, avant son ministère, « fut conduit par l'Esprit saint dans le désert » (Lc 4 :1) pour ses 40 jours de tentation. La légende raconte que c'est sur cette bande de terre particulière qui borde la Mer Morte, à l'ouest, que tous deux ont erré.

En lisant des descriptions de voyageurs, on est frappé par le choc qu'ils ont ressenti : cette contrée a quelque chose qui brûle les sens. Cependant, certains sont attirés par son absolue magnificence : la profondeur de ses silences et sa nudité monastique. Et ceux qui contemplent les eaux profondes et sans vie déclarent qu'elles changent de couleur au fur et à mesure que le soleil décrit sa courbe dans le ciel.

Le lac est entouré de hautes falaises habitées par des chèvres et des oiseaux. Le plateau tout entier est traversé par des ouadi : des lits de cours d'eau qui, en hiver, charrient les eaux pluviales vers la mer. On rencontre de temps en temps une source.

Les bédouins habitent cette région depuis longtemps. Ils connaissent les falaises, avec leurs grottes creusées par les eaux et taillées par les hommes. On dit que la famille de Mohamed Adh-Dhib se rendait à Bethléem pour y vendre des marchandises de contrebande, lorsqu'il trouva les manuscrits. C'était un garçon de 14 ans qui escaladait les falaises à la poursuite de sa chèvre égarée. En jetant une pierre dans une grotte, il entendit un bruit de poterie. Il revint avec ses amis qui l'aidèrent à sortir de la grotte les premières jarres contenant les rouleaux, enveloppés dans du lin et soigneusement conservés. C'est ainsi que tout a commencé.

L'histoire des premières années (racontée dans la plupart des textes d'introduction écrits à ce sujet), la chasse aux manuscrits, la course entre Bédouins, Juifs et Européens pour en découvrir davantage (tout cela se déroulant au milieu de la guerre d'indépendance d'Israël) se lit comme un roman d'aventures sur les intrigues internationales.

Les grottes et Qumran

On découvrit finalement onze grottes renfermant des documents, et bien davantage portant des traces d'habitation : ustensiles de cuisine, lampes, objets religieux. Toutes se trouvaient à moins de 5 km d'une ruine longtemps considérée comme les restes d'un fortin romain et appelée Khirbet (ruine) Qumran. Les fouilles mirent à jour un vaste ensemble de murs et de citernes.

Plutôt qu'une résidence, c'était apparemment un bâtiment communautaire, avec de vastes salles réservées aux repas et aux assemblées. Dans une pièce, on a trouvé mille plats, encore soigneusement empilés et semblables à ceux des grottes voisines. On y a également découvert des jarres identiques à celles trouvées par Adh-Dhib. Dans la ruine, il y avait également un four de potier, une forge, une cuisine et un « scriptorium ». On a découvert deux encriers dont l'un contenait le résidu d'une encre très résistante à base de carbone. Vers le rivage du lac se trouvait un cimetière composé de 1 100 tombes. Il s'agissait principalement de corps masculins, tous orientés nord-sud, sans aucune ornementation.

L'aspect le plus frappant de l'installation était son système hydraulique. Un aqueduc canalisait l'eau du cours d'eau le plus proche, l'oued Qumran. Les pièces de monnaie trouvées dans les ruines indiquaient une période d'occupation s'échelonnant de 200 av. J.-C. à 135 ans ap. J.-C. Les premiers tests au carbone 14, effectués en 1951, ont montré que le lin des tissus enveloppant les rouleaux avait été récolté en 33 environ ap. J.-C.

Témoignages remontant à l'Antiquité

Lorsque les spécialistes commencèrent à traduire les manuscrits, ils réalisèrent rapidement qu'il existait déjà des témoignages historiques sur les auteurs des rouleaux, bien qu'on y ait peu prêté attention jusqu'alors.

Une citation de Pline l'Ancien (naturaliste romain, ~ 23-79 ap. J.-C.) fait une allusion directe au site de Qumran : « A l'ouest de la Mer Morte, mais à l'écart des exhalaisons nocives de la côte, vit la tribu solitaire des Esséniens [...] qui vivent sans femmes et ont renoncé à tout désir sexuel ; ils ne possèdent pas d'argent et ont des palmiers pour toute compagnie. Jour après jour, vient les rejoindre un afflux de réfugiés, des personnes [...] conduites par les aléas du destin à venir partager leur manière de vivre [...]. Plus au sud se trouvait autrefois la ville d'Engedi [...] ensuite c'est Massada. »

Flavius Josèphe (historien juif, ~ 37-95 ap. J.-C.) a décrit trois sectes juives : les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens. Affirmant avoir lui-même fait partie des Esséniens pendant trois ans, il donne une description de leurs croyances et de leur style de vie qui correspond tout à fait à celles des manuscrits.

Philon d'Alexandrie (philosophe platonicien, ~ 20 av. J.-C. à 50 ap. J.-C.) a non seulement parlé des Esséniens, mais également d'un ordre égyptien qui leur est très lié : celui des Thérapeutes.

Les Esséniens d'après Helena Blavatsky

Dans le deuxième volume d'Isis dévoilée, Helena Blavatsky parle de la mission de Jésus en Palestine et de ses liens avec les Esséniens. Elle affirme que les Esséniens appartenaient à une lignée plus vaste et plus ancienne d'adeptes appelés les Nazars, « ceux qui vivent à part afin de consacrer leur vie à Dieu ». C'étaient les initiés de l'époque. En Galilée, un groupe appelé les Nazaréens s'était formé bien longtemps avant l'époque de Moïse. Les historiens n'ont pas réussi, en fait, à trouver une ville appelée Nazareth au temps de Jésus. Le terme peut avoir été utilisé pour désigner non pas la ville de Jésus, mais son affiliation avec ce groupe d'initiés.

Au temps des apôtres, il existait des groupes éparpillés, d'Egypte jusqu'en Arabie, ainsi qu'au nord de l'Asie mineure et de la Grèce. Ils se donnaient des noms variés : Esséniens, Ebionites, Dosithéens, Thérapeutes. Leur code moral était identique, basé sur une éthique communautaire et l'amour du prochain. Ils portaient souvent les cheveux longs et des vêtements de lin blanc. Ils avaient un enseignement exotérique qui s'adressait à tous, et un enseignement secret, ou ésotérique, réservé à un cercle plus restreint. Ils s'exprimaient donc, comme Jésus, sous forme de paraboles et d'allégories. En tant qu'étudiants des sciences occultes, ils étaient capables de lire dans les étoiles, de prédire l'avenir et de guérir. Dans cette région du monde, ils étaient les seuls à connaître le secret de la durée des cycles astrologiques.

Les Esséniens avaient à l'origine suivi les idées de Pythagore, puis adopté les idées bouddhistes des missionnaires envoyés par l'empereur indien Asoka, en 250 av. J.-C. Leur mouvement atteignit son apogée à l'orée de l'ère chrétienne, mais dès le début du IIe siècle, ils se fondirent dans les rangs des premiers chrétiens. Benjamin Creme et Helena Blavatsky s'accordent à dire que Jean-Baptiste et Jésus reçurent leur première formation des Esséniens.

Jésus d'après Helena Blavatsky

Jésus et Jean-Baptiste ont tous deux guidé des groupes d'Esséniens dissidents. Celui de Jean-Baptiste était radical, mais celui de Jésus l'était encore davantage. H.P. Blavatsky écrit que l'enseignement de Jésus était « ... une hérésie à l'intérieur d'une autre hérésie. » (ID2, p. 132 angl.)2. Elle affirme que Jésus était le fondateur d'une secte de nouveaux Nazars, et que l'éthique de sa religion était basée sur de purs principes bouddhistes.

La réelle opposition au ministère de Jésus provenait du fait qu'il utilisait des pouvoirs magiques. Il était entraîné aux arts occultes égyptiens et israélites et il aurait pu vivre longtemps s'il les avait tenus secrets. Mais au contraire, il promit à ses disciples le pouvoir d'accomplir de plus grandes œuvres qu'il n'en avait accomplies lui-même. Son désir le plus vif était d'ouvrir à tous une partie des arcanes de la connaissances. Mais, en Palestine, celle-ci était jalousement gardée par les prêtres et les adeptes juifs, qui s'opposèrent vigoureusement à ses tentatives de l'enseigner aux masses.

C'est ce qu'il a voulu dire par ces paroles : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! Car vous avez enlevé la clef de la connaissance : Vous n'êtes pas entrés vous-mêmes et vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient. » (Luc 11 :52). Un passage semblable figure dans les manuscrits : « Ils ont refusé l'eau de la connaissance à ceux qui avaient soif et ils leur ont donné du vinaigre pour étancher leur soif. » (HAG-XII)1

Le contexte historique

Les Evangiles sont souvent considérés comme des documents plutôt inhabituels, en ce sens qu'ils ont été dépouillés de leur cadre historique. Ils nous montrent des personnages évoluant sur une scène dépourvue de toile de fond. L'image qui nous est offerte de Jésus est celle d'un homme inspiré, mais éloigné de tout contexte historique. On n'insiste guère sur les forces politiques, culturelles et sociales qui s'opposaient à son message.

Historiquement, les Juifs ont connu bien des tribulations. Ils ont été déportés massivement et vendus comme esclaves à plusieurs reprises. Ils étaient assez proches de la Méditerranée pour être la proie d'autres nations qui convoitaient leur terre comme route commerciale. Chacune a laissé son empreinte culturelle et linguistique. Au cours des trois siècles qui ont précédé l'ère chrétienne, les idées grecques, mettant l'accent sur la liberté de pensée et un style de vie libéral, représentaient l'influence culturelle dominante.

Entre 164 et 63 av. J.-C., les Juifs acquirent leur indépendance politique et religieuse. Les combattants de la liberté, menés par les cinq frères Macchabée, arrachèrent le contrôle de la Judée et fondèrent la dynastie asmonéenne. Il y eut cependant un prix à payer pour cette liberté, car les dirigeants asmonéens interrompirent l'ancienne lignée héréditaire des prêtres juifs de la maison de Sadoq, en se déclarant eux-mêmes grands prêtres. Ils changèrent les pratiques du Temple et libéralisèrent le code moral, ce qui fut un scandale aux yeux des Juifs orthodoxes.

On pense que des groupes tels que les Esséniens se sont séparés à ce moment-là du courant principal du judaïsme parce qu'ils ne pouvaient plus partager des offices religieux et une manière de vivre qu'ils jugeaient impies. Se désignant sous le nom de Fils de Sadoq, les Esséniens restèrent fidèles à la lignée héréditaire des prêtres, celle de Sadoq. Ils étaient contre l'esclavage et les sacrifices du Temple, et suivaient un calendrier solaire différent du calendrier lunaire habituel, ce qui rendait la séparation presque inévitable, étant donné que les fêtes et les périodes de culte tombaient sur des jours différents. Ils étaient environ 4 000 à vivre en Judée, dans de petites communautés, à la lisière des villages et des cités.

L'hégémonie asmonéenne prit fin en 63 av. J.-C., lorsque le général romain Pompée s'empara de Jérusalem. A partir de ce moment-là, les Romains devinrent la force politique dominante de la région. Des groupes de Juifs radicaux, les Zélotes et les Sicaires, appelèrent à la rébellion armée contre les Romains. En 66 ap. J.-C., commença la première rébellion juive contre Rome. En 70, après quatre années de combat, les Romains détruisirent Jérusalem et massacrèrent des centaines de milliers de Juifs. Il y eut d'autres rébellions de moindre importance, mais en 135, la Judée appartenait à Rome.

C'est au cours de cette période troublée que Jésus exerça son ministère. Les revendications de messianisme étaient nombreuses à l'époque. Sa vie ne fut guère remarquée, les historiens ne lui accordèrent que peu d'attention pendant 300 ans. A l'époque, sa mort ne fut pas considérée comme l'expiation sacrificielle que les chrétiens y voient aujourd'hui. C'était, au contraire, le plus dégradant des châtiments, une forme de torture sauvage et sanglante introduite par les « barbares » romains.

Les partisans de quelqu'un qui connut une mort si dégradante ont dû eux-mêmes faire l'objet de recherches policières et de dérision. Affirmer, en plus, que ce criminel disgracié était le Messie, relevait d'un rare courage. Une situation aussi conflictuelle ne pouvait que mener à des divisions internes. Les pressions exercées sur Jésus et ses partisans étaient brutales et bien réelles. Les Evangiles ont peut-être été dépouillés de toute connotation politique de manière à assurer leur survie même.

Tout cela nous montre la valeur inestimable des documents découverts à notre époque. Le « véritable Jésus », perdu par les historiens, est peut-être en train de ressusciter une fois de plus des grottes secrètes des temps anciens.

Les rouleaux de la Mer Morte

Dans les paragraphes qui suivent, nous étudierons les six rouleaux de la secte qui portent l'empreinte unique de la communauté qui a suivi l'inspiration du Maître de Justice. Les trois premiers : Pesher, les Hymnes d'action de grâce et l'Ecrit de Damas, renferment les principales allusions au Maître de Justice. Les trois derniers : le Rouleau du Temple, la Règle de la Communauté et le Rouleau de la Guerre, montrent l'approche philosophique d'une communauté qui se considérait comme l'expression du royaume de Dieu manifesté sur Terre. La référence qui suit un texte indique le document et le numéro de la colonne. Dans les citations tirées des manuscrits, les passages entre parenthèses indiquent la reconstitution d'un texte fragmentaire.

Moreh ha-Zedek

Le Maître de Justice est appelé en Hébreu Moreh ha-Zedek : celui qui est chargé de la Loi et qui est envoyé par Dieu afin de guider son peuple sur le chemin de la vérité. La racine Zedek se trouve aussi dans « Melchizedek » : le Roi de Justice, et dans les « Fils de Sadoq » : les prêtres justes. En 1950, André Dupont-Sommer, professeur de langue et de civilisation sémitiques à la Sorbonne, présenta à la communauté universitaire une étude qui fit sensation.

« Jésus, a-t-il affirmé, ressemble à bien des égards, à une étonnante réincarnation du Maître de Justice. Comme ce dernier, il a prêché la pénitence, la pauvreté, l'humilité, l'amour du prochain, la chasteté [...]. Comme lui, il fut l'Elu et le Messie de Dieu [...]. Comme lui, il fut l'objet de l'hostilité des prêtres [...]. Comme lui, il fut condamné et mis à mort. Comme lui, il prononça un jugement sur Jérusalem qui fut prise et détruite par les Romains pour l'avoir mis à mort [...]. Comme lui, il fonda une Eglise dont les fidèles attendirent avec ferveur son retour glorieux [...]. Toutes ces similitudes (et je ne fais qu'effleurer le sujet) constituent, lorsqu'on les réunit, un ensemble très impressionnant. »

Il faut insister sur le fait que Dupont-Sommer n'a jamais suggéré que le Maître de Justice était Jésus, mais qu'il le considérait comme un prototype. Cependant, même cette affirmation prudente souleva de nombreuses objections. Il semble que les chrétiens aient craint une mise en question de l'unicité de leur Christ, seul Fils de Dieu. Les Juifs demeurèrent également sceptiques. Les vieux antagonismes réciproques les avaient rendus circonspects à l'égard de tout ce qui pouvait rapprocher leur foi du christianisme. Depuis ce moment-là, bien peu se sont risqués à comparer le Maître de Justice à Jésus-Christ.

Le Pesher : commentaires bibliques

En ce qui concerne le ministère de Jésus, Benjamin Creme a déclaré : « Jésus a dispensé son enseignement pendant trois ans, en demeurant si peu connu qu'il fallut qu'un de ses disciples, Judas, finisse par se laisser corrompre et le désigne aux autorités, pour que Jésus soit arrêté. Tout le monde croit que Jésus était accueilli à bras ouverts. Ce n'était pas le cas. La seule fois où il fut accueilli à bras ouverts, ce fut lors de sa dernière entrée dans Jérusalem, lorsque le peuple crut qu'il allait conduire le soulèvement contre Rome. Ceux qui croyaient à la venue du Messie attendaient un roi guerrier, issu de la Maison de David, et capable de libérer les Juifs du joug romain. Jésus ne fit rien de tel, mais exhorta : « Rendez à César ce qui appartient à César, et rendez à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Il n'était pas du tout venu afin de libérer les Juifs de Rome, et c'est pour cela qu'ils se débarrassèrent de lui. Et comme, dans leur esprit, ils se représentaient le Messie comme un roi guerrier, Jésus ne pouvait pas être le Messie. » (MM2, p. 40)2

Dans Alice Bailey, nous lisons : « Lorsqu'il vint autrefois, la Palestine se trouvait sous l'emprise des chefs religieux juifs, et les Pharisiens et les Saducéens étaient pour les gens de ce pays ce que sont les potentats de l'Eglise pour les gens d'aujourd'hui [...]. Les prêtres ne furent pas ceux qui le reconnurent lorsqu'il vint auparavant. Ils le craignirent. » (LRC, p. 17 angl.)2

Les manuscrits regroupés sous le titre de « Pesher » (Commentaires) ont été les plus étudiés parce qu'ils renferment les principales références aux événements de la vie du Maître de Justice. Ce sont des interprétations de passages de la Bible. L'auteur du manuscrit étudie un livre de la Bible, habituellement un ouvrage prophétique, et le réinterprète en fonction des événements de son époque. Les prophètes : Isaïe, Habacuc, Nahoum, représentaient un choix logique, car leurs livres avertissaient les chefs juifs qu'il était temps de retrouver la voie de Dieu et de se préparer à une ère messianique.

Au sein de la nation, existaient d'autres influences, notamment celles de « ceux qui recherchent les choses flatteuses », ou ceux qui cherchent des interprétations faciles et « qui, par leur enseignement frauduleux, leurs propos mensongers et perfides, induisent en erreur rois, princes, prêtres et les prosélytes qui les suivent. Des cités et des clans périront pour avoir écouté leurs conseils ». (CBN-II)1

Il y a « l'homme de raillerie » ou « l'homme de mensonges », un membre de la propre communauté du Maître. Dans Habacuc 1 :13, il est écrit : « Pourquoi regardez-vous, ô traîtres, et gardez-vous le silence, quand l'impie engloutit celui qui est plus juste que lui ? » L'interprétation pesher est la suivante : « L'explication de ceci concerne la Maison d'Absalom et les membres de leur conseil qui se turent lors du châtiment du Maître de Justice et n'aidèrent pas celui-ci contre l'homme de mensonges qui avait méprisé la Loi au milieu de tout leur con(seil). » (CBH-V)1 La « Maison d'Absalom » est peut-être une référence aux « traîtres » en général, Absalom étant le fils du roi David qui s'est rebellé contre lui et l'a trahi.

Il est aussi question du « prêtre impie », « qui fut appelé du nom de vérité au début de son avènement ; mais, quand il exerça le commandement sur Israël, son cœur s'éleva et il abandonna Dieu et trahit les préceptes à cause des richesses, [...] et il mena une conduite a(bo)minable en toute espèce de souillure impure. » (CBH-VIII)1

Le mot « engloutir » dans le passage suivant signifie généralement, en Hébreu, faire disparaître ou faire mourir. La signification implicite de ce passage est que le « prêtre impie » s'empare du Maître au jour des Expiations et finalement assiste à son exécution. Il est question du « prêtre impie qui a persécuté le Maître de Justice, l'engloutissant dans l'irritation de sa fureur en sa demeure d'exil. Mais, au temps de la fête de repos du Jour des Expiations, il leur est apparu pour les engloutir et les faire trébucher au Jour du Jeûne, leur sabbat de repos. » (CBH-XI)1

Si l'on suppose que le Maître est Maitreya ou Jésus, il semblerait alors que le « prêtre impie » soit le grand prêtre juif Caïphe, ou peut-être Anne, son beau-père, qui détenait le pouvoir réel, et l'on pourrait supposer que l'« homme de mensonges » était Judas.

Les Kittim sont dépeints comme une force de vengeance dirigée contre ceux qui persécutèrent le Maître et la communauté des pauvres. Le Commentaire d'Habacuc parle des « derniers prêtres de Jérusalem qui amassent richesses et gain en pillant le peuple. Mais, à la fin des jours, leurs richesses, avec le fruit de leurs pillages, seront livrées aux mains de l'armée des Kittim ». (CBH-IX)1

Les Hymnes d'action de grâce

Si les Commentaires bibliques donnent une idée de l'opposition politique et religieuse qui existait à l'encontre du Maître de Justice, le rouleau des Hymnes fait un récit encore plus poignant de l'opposition et de la trahison de membres de sa propre communauté. La plupart des spécialistes attribuent le rouleau des Hymnes au Maître lui-même. Il est poétique, profondément émouvant, et raconte une histoire qui présente deux aspects : la difficile condition d'un grand homme de Dieu, partagé entre le rayonnement éternel du royaume céleste et la tâche ingrate d'en guider la manifestation sur les sombres sentiers d'une minuscule planète.

L'auteur des poèmes sait que Dieu l'a choisi et imprégné d'une merveilleuse sagesse. Il sait également que Dieu est la source de tout ce qui existe.

L'Ecrit de Damas

Les premiers traducteurs de l'Ecrit de Damas réalisèrent qu'il avait déjà été publié en 1901, dans un ouvrage intitulé Fragments of a Zadokite Work (Fragments d'un ouvrage sadoquite), de Simon Schechter, de l'Université de Cambridge. Ce dernier l'avait découvert parmi de vieux documents conservés dans une synagogue du Caire. Estimant qu'il avait été écrit environ 1 000 ans ap. J.-C., il l'avait appelé Zadokite Work (ouvrage sadoquite) parce que ses auteurs se désignaient eux-mêmes sous le nom de « Fils de Sadoq ».

En cherchant une explication à la présence de ce document dans la synagogue, un spécialiste s'est souvenu d'une lettre écrite au VIIIe siècle par Timothée, un patriarche juif. « Nous avons appris, écrit ce dernier, [...] que des livres ont été trouvés il y a dix ans dans une habitation troglodyte près de Jéricho. On a raconté que le chien d'un Arabe qui chassait était entré dans une grotte à la poursuite du gibier et n'en était pas ressorti ; son propriétaire entra à son tour et découvrit une salle dans le roc contenant de nombreux livres. Le chasseur se rendit à Jérusalem et raconta son histoire aux Juifs qui vinrent en grand nombre et trouvèrent des livres de l'Ancien Testament et d'autres écrits en Hébreu. » Ce compte rendu est presque identique à celui de la découverte récente des manuscrits de Qumran, et Jéricho est suffisamment proche de Qumran (env. 15 km) pour qu'il soit possible d'y voir un lien. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Elle se poursuit à Bagdad où, également au VIIIe siècle, a émergé une secte de juifs hérétiques qui rejetaient le Talmud (le livre de la loi juive) et recherchaient un contact plus direct avec la Bible. Ses membres se donnaient le nom de Caraïtes et leur rituel, leur langage, leur loi et leur calendrier étaient semblables à ceux de la secte des rouleaux de la Mer Morte. Leur littérature est remplie de références à la « secte sadoquite » et aux « Magharites » (mot arabe pour grottes). Ils embrassaient un messianisme fervent et enterraient leurs morts dans la direction nord-sud. L'ouvrage sadoquite découvert par Schechter au Caire se trouvait parmi des ouvrages caraïtes.

La Nouvelle Alliance au Pays de Damas

De tous les documents, l'Ecrit de Damas est le plus impressionnant par son envergure. Il couvre l'ancienne cosmologie, l'histoire biblique, l'origine de la secte et l'éternelle alliance de Dieu avec l'humanité.

Les auteurs y parlent d'eux-mêmes comme de ceux qui « se sont enfuis vers le nord » et ont conclu « une Nouvelle Alliance au Pays de Damas ». Damas étant située à 215 km au nord-est de Qumran, la plupart des chercheurs ont prêté peu d'attention à cette référence, si ce n'est pour la considérer comme purement symbolique ou indiquant une migration antérieure de la secte, peut-être avant son implantation à Qumran. Mais si l'on prend le texte à la lettre et si l'on tient compte d'autres références historiques contenues dans le même document, cela peut être une indication sur l'identité de la secte. Il est à noter que beaucoup d'enseignements « obscurs » et de manuscrits « perdus » émergent de la région syrienne et le « Pays de Damas » peut signifier la « Terre de Syrie » ou Coelé-Syrie. Il s'agit d'une bande de territoire à la frontière entre la Syrie et l'Arabie, s'étendant de Damas jusqu'à la Mer Morte. Cette bande de terre était le pays des groupes initiés tels que les Nazaréens et les Esséniens.

Dans les chroniques religieuses du IVe siècle des historiens Eusèbe et Epiphane, il est fait mention d'un événement inhabituel qui s'est produit avant la destruction de Jérusalem en 70. Epiphane écrit : « Lorsque la cité fut sur le point d'être détruite par les Romains, tous les disciples furent avertis par un ange qu'ils devaient quitter la ville qui allait bientôt être détruite. Ils devinrent des réfugiés et s'installèrent à Pella, une ville transjordanienne appartenant à la Décapole. » Pella se situe à 80 km au nord de Qumran, et Damas à 136 km de Pella.

Dans l'Ecrit de Damas, un passage semble relater le même événement. Il y est question des « convertis d'Israël, qui sont sortis du pays de Juda et se sont exilés au Pays de Damas, eux que Dieu a tous nommés princes » (ED-VI)1. On parle aussi d'une faction opposée à la secte dont les membres « ont méprisé l'alliance (avec Dieu) et le pacte qu'ils avaient contracté au pays de Damas, qui est la première alliance. Et il n'y aura pas pour eux ni pour leur famille de partage dans la maison de la loi [...]. Et à partir du jour où l'on s'est rassemblé pour (tuer) le Maître unique, jusqu'à la destruction de tous les combattants qui se sont retournés avec l'homme de mensonges, il y aura environ 40 ans [...]. Et, en ce temps-là, la colère de Dieu s'enflammera contre Israël. » (ED-XX)1

Entre la crucifixion de Jésus et la destruction de Jérusalem, 40 années se sont écoulées, comme dans le passage du manuscrit. Après la mort de Jésus, l'Eglise chrétienne naissante n'était guère plus qu'une secte de la religion juive. Mais en 70, il se produisit un schisme qui les sépara définitivement. Il est tout à fait possible que cela soit dû à la raison indiquée dans le passage précédent, du fait qu'il existait au sein de l'Eglise primitive une faction qui sympathisait avec la révolte juive et dont les membres « sont retournés » parce qu'ils « ont méprisé l'alliance » et ont été anéantis lorsque les Romains ont attaqué. Ceux qui « étaient sortis du Pays de Juda » furent sauvés. Ce passage (et d'autres similaires dans les rouleaux), bien qu'ayant un rapport évident avec l'histoire de la secte, a été largement ignoré.

Nous reviendrons sur ces données lors de notre conclusion, lorsque nous parlerons de la date des manuscrits et de leurs auteurs présumés.

Les trois documents suivant donnent une idée du code moral et du système de croyance de la secte.

La Règle de la Communauté

La rédaction du manuscrit de la Règle de la Communauté date peut-être des tout débuts de la secte (150-200 av. J.-C.), car il s'agit de la règle de base pour l'organisation de leur vie communautaire et de leur code moral. Elle s'adresse à ceux de la « communauté en Israël » qui « doivent se séparer du milieu de l'habitation des hommes pervers pour aller au désert afin de frayer la voie pour Lui. » (RC-VIII)1 Ses lois sont rigides et précises, imposant la dignité, l'ordre et une stricte adhésion à la tradition mosaïque. Il existe des règles de conduite entre les membres, des règles concernant la mise en commun de l'argent, le culte et les repas pris en commun. Il existe des conditions pour entrer dans la communauté et une période de probation de trois ans.

La prière et la lecture de la loi étaient d'une importance primordiale, et l'on s'y consacrait jour et nuit, à tour de rôle.

Le groupe était hiérarchique et un examen annuel déterminait l'avancement. « Dans le Conseil de la Communauté, (il y aura) douze hommes, et trois prêtres, parfaits en tout ce qui est révélé de toute la loi... » (RC-VIII)1. Ceci reflète ce que nous savons au sujet des ashrams des Maîtres. L'ashram intérieur inclut le Maître et douze disciples, trois d'entre eux étant particulièrement aimés ; ils « ont vis-à-vis du Maître, la responsabilité de toutes les activités ashramiques. » (EDNA1, p. 758 angl.)2 La pureté rituelle était importante. Comme Jean-Baptiste, ils pratiquaient l'immersion.

Les deux Messies

Eparpillés dans l'ensemble des documents, se trouvent plusieurs concepts qui peuvent se référer à la relation entre la Hiérarchie et l'humanité : à la manière dont le royaume spirituel se manifeste dans le monde de la forme. L'un d'eux s'exprime dans l'idée que Dieu établit son royaume sur la Terre au moyen d'une « racine » ou d'une « plantation éternelle ». On peut lire dans la règle : « Le Conseil de la Communauté sera fondé sur la vérité [...] comme une plantation éternelle, une maison sainte pour Israël et la base du Saint des saints pour Aaron [...]. Il sera le rempart éprouvé, la pierre d'angle précieuse. » (RC-VIII)1 La description du Conseil de la Communauté, comparé à une « plantation éternelle », peut se référer aux énergies de la Hiérarchie qui ne cessent de cultiver et de nourrir le règne humain. Dans une autre métaphore exprimant le même concept, l'humanité est la base et la « précieuse pierre d'angle » pour le temple terrestre, l'expression de Dieu dans la forme.

Dans le Judaïsme, les termes Israël et Aaron sont utilisés comme des concepts de comparaison. « Israël » se réfère au royaume terrestre et « Aaron » au royaume céleste. Dans le passage ci-dessus, la « maison sainte pour Israël » est l'humanité, le règne des âmes, qui est nourri et cultivé par le « Saint des saints pour Aaron » : la Hiérarchie spirituelle.

Un concept similaire, celui des deux Messies, est resté inexplicable pour la plupart des chercheurs. Ils sont appelés les Messies d'Aaron et d'Israël et ils sont souvent dépeints comme une seule personne résidant sur Terre dans un royaume céleste. Certains passages font mention de la venue future des deux Messies, référence possible à leur retour. A la fin d'une longue liste de règles, nous pouvons lire : « Et ceci est l'interprétation exacte des règles selon lesquelles (ils seront jugés jusqu'à ce que se lève le Messie) d'Aaron et d'Israël. Il expiera leurs péchés. » (ED-XIV)1

Ce concept a peut-être un rapport avec l'adombrement, qui permet à un grand adepte d'utiliser le corps d'un disciple afin de « déverser son énergie et sa force pour aider le monde. » (TFC, p. 749 angl.)2 C'est ainsi que le Bouddha adombra le disciple Gautama et Maitreya le disciple Jésus.

Le Rouleau de la Guerre

Au moment de la découverte des manuscrits, les membres de la secte de Qumran étaient généralement considérés comme pacifistes. Mais lorsque des documents esséniens furent découverts dans la forteresse de Massada, les avis commencèrent à changer et des documents comme le Rouleau de la Guerre, qui décrivent une bataille allégorique entre le bien et le mal, commencèrent à être pris davantage au pied de la lettre. Certains auteurs ont émis l'hypothèse que beaucoup de Zélotes, partisans de la lutte armée, venaient des rangs des Esséniens.

Il y a eu, au cours des dernières années, une controverse dont la presse populaire s'est fait l'écho, au sujet d'un texte très fragmentaire tiré d'un manuscrit plus long intitulé « la Règle de la Guerre ». Il y est question d'un Messie qui était soit « transpercé », soit « transperçant ». Etant donné les difficultés de traduction de l'Hébreu ancien, personne ne pouvait être certain de l'interprétation juste. Le fragment fut utilisé dans les deux sens.

Quelle que soit la vérité, tous les documents montrent avec certitude que les membres de la secte se considéraient comme les combattants de l'esprit, luttant aux côtés de Dieu et de sa Hiérarchie angélique.

La Guerre entre les Fils de Lumière et les Fils des Ténèbres

Le document décrit une époque où « les fils de lumière et le lot des ténèbres combattront ensemble pour la Puissance de Dieu parmi le bruit d'une immense multitude et les cris des dieux et des hommes, au jour du malheur. Ce sera un temps de détresse p(our tou)t le peuple racheté par Dieu. » (RG-I)1

Le style de l'ouvrage s'inscrit dans l'époque romaine et c'est un mélange de mythologie et de réalité. Les ennemis sont les Kittim (les Romains), et l'armement ainsi que la stratégie correspondent aux coutumes romaines. Dieu est le commandant divin et Bélial (le diable) son ennemi. Les armées angéliques de Michel, Gabriel, Sariel et Raphaël, sont appelées à la rescousse. Les règles normales de n'importe quel campement militaire sont mêlées à des scènes allégoriques.

Le texte est rempli de symboles basés sur le chiffre 7. La guerre elle-même se déroulera en sept batailles. Dans trois d'entre elles, les partisans de Bélial seront les plus forts, dans trois autres ce seront les fils de lumière, « et dans la septième, la grande main de Dieu soumettra (les fils des ténèbres) » (RG-I)1. Les bataillons sont armés d'épées et de lances, incrustées d'argent, d'or et de pierres précieuses. « Ils s'aligneront en sept lignes » et « ils lanceront vers la ligne ennemie sept javelots de combat. » (RG-V/VI)1 « Sept formations de cavaliers prendront position [...] 700 cavaliers à une extrémité et 700 à l'autre. » (RG-VI)1

Les prêtres dirigent la bataille, « sept prêtres d'entre les fils d'Aaron » (RG-VII)1 portant les trompettes de guerre. Ils sont suivis de sept lévites (prêtres de moindre importance) portant sept trompes de corne de bélier. Puis la bataille commence ; les prêtres et les lévites font résonner « un appel à la guerre assourdissant, pour faire fondre le cœur de l'ennemi » (RG-VII)1. Pendant les sept batailles, les trompettes sonneront tandis que les javelots seront lancés sept fois jusqu'à ce que l'ennemi soit mis en déroute dans « le combat de Dieu jusqu'à l'extermination définitive » (RG-IX)1. Tout le document est entrecoupé de longs poèmes d'exhortation et de louanges adressées à Dieu.

Comme dans ces scènes de bataille, l'évolution s'accomplit par cycles septénaires, dans nos corps, sur notre planète, dans notre système solaire et les systèmes au-delà. Lorsqu'un cycle d'accomplissement de sept rondes est achevé, un autre commence. Les « armes » du progrès évolutif, au cours de ces cycles de création et de destruction, sont la science ésotérique du son, représentée ici par les trompetteset les cornes, et l'« épée tranchante » du discernement, symbolisée par la lance et les javelots.


à suivre : Le Maître de Justice et les rouleaux de la Mer Morte (2/2)

 

 




Home Les habitudes de consommation à travers le monde

Source : Christian Science Monitor, E.-U.

Selon le rapport annuel intitulé « Les dépenses militaires et sociales dans le monde » (WHIMSY), publié par une ancienne analyste du monde des affaires, Ruth Leger Sivard, les dépenses militaires de plus de la moitié des pays du monde sont supérieures à leurs dépenses de santé.

Voici quelques données du rapport :

– En dépit d'une baisse mondiale des dépenses militaires, depuis 1987, le monde consacre encore 1,4 millions de dollars par minute à l'armement, avec en tête les Etats-Unis dont les dépenses militaires sont supérieures à la totalité de celles des 13 pays suivants.

– Les pays disposant de la force nucléaire ont consacré environ huit mille milliards de dollars à cette seule forme d'armement.

– Le stock actuel d'armes nucléaires représente 700 fois la puissance de feu des trois grandes guerres de ce siècle, lesquelles ont coûté la vie à 44 millions de personnes.

– Les Etats-Unis sont le pays où les inégalités économiques sont les plus criantes. Le cinquième des plus riches disposent de 49 % des richesses, contre 3,6 % pour le cinquième des plus pauvres.

– Aux Etats-Unis, le gouvernement consacre 60 % de la recherche à des fins militaires. En Europe, ce chiffre est de l'ordre de 20 %.

– Au cours de ces cinq dernières années, les trois-quarts des ventes d'armes des Etats-Unis vers les pays en voie de développement, ont été réalisées avec des pays dont le gouvernement n'est pas choisi par le peuple.




Home Les journaux de rue du monde entier s'unissent

Source : The Big Issue, Grande-Bretagne

Les représentants des journaux de rue issus de quatre continents se sont réunis à Londres, lors du second congrès annuel du Réseau international des journaux de rue (International Network of Street Papers, INSP) qui a reçu le soutien de la Commission européenne. Il existe environ 60 journaux de rue en Europe, dont plus de la moitié en Allemagne. Cette seconde réunion a rassemblé non seulement des membres européens, fondateurs de l'INSP, mais aussi des représentants d'Amérique du Nord, d'Australie et d'Afrique du Sud.

« L'état de sans-abri n'est qu'une virgule dans une très longue phrase », a déclaré Debi Diamond, directeur de The Big Issue Cape Town, fondé récemment. John Ellis, de la plus importante publication de rue aux Etats-Unis, Street Wise, de Chicago, a déclaré qu'une « mentalité darwiniste » gagnait les Etats-Unis. Valeiy Sokolov, de The Depths, de Saint Petersbourg, a souligné que son pays allait jusqu'à refuser les droits les plus élémentaires aux sans-abri, en supprimant des permis de résidence – document de citoyenneté officiel nécessaire pour trouver du travail. « Les déclarations sur les droits de l'homme ne sont-elles que des chiffons de papier ? », s'est-il interrogé.

Les participants ont discuté de la manière dont les journaux de rue pouvaient remplir leur rôle en aidant la population sans-abri de leur pays. L'INSP fournit une assistance et une expertise à ses nouveaux membres ou à ceux qui se trouveraient en difficulté. L'an dernier, The Depths a été « adopté » par l'INSP. Le congrès a lancé un appel à l'union internationale des instances nationales et locales pour la lutte contre la situation des sans-abri. 




Home Portrait d'un pionnier de l'Ashoka : Carlos Roberto dos Santos

Les militaires brésiliens viennent en aide aux enfants de la rue

Depuis sa fondation en 1980, l'association à but non lucratif Ashoka : Innovons pour le bien commun a aidé plus de 500 personnes, à travers le monde, qui se sont distinguées par des initiatives visant à réaliser de profondes transformations sociales.

Carlos Roberto dos Santos, sergent dans l'armée brésilienne, a montré qu'il était possible de mobiliser l'énorme institution militaire de son pays, pour venir en aide aux millions d'enfants sans-abri.

Carlos Roberto dos Santos perdit sa mère alors qu'il n'avait que neuf mois. Son père, dans l'impossibilité d'élever seul ses quatre enfants, le confia à une femme du voisinage. Celle-ci, déjà mère de sept enfants le remit à la Funabem. De un an à seize ans, il fut envoyé d'orphelinat en orphelinat : il connaîtra au total douze institutions dans trois Etats brésiliens différents.

« J'ai fait de nombreuses fugues, se rappelle-t-il. Puis à l'âge de neuf ans, je parvins à m'échapper et vécut durant un an et demi dans la rue à Copacabana. Je n'ai jamais commis de délits majeurs, mais je chapardais pour survivre. »

Finalement, un juge pour enfant le ramena à la Funabem, où il se ressaisit et devint un étudiant exemplaire. Après avoir mené à bien ses études et obtenu ses diplômes, il dut faire l'amère constatation que « ceux qui viennent de la Funabem n'ont aucune chance. Ils ne peuvent être que des délinquants. Toutes les portes se ferment ».

Il s'engagea dans l'armée de l'air et fut nommé sergent en 1980. « Je pensais que si je m'en étais sorti, parti de si bas, je saurais donc bien trouver le moyen d'aider les gosses laissés pour compte, qui n'ont comme seule perspective que la Funabem ou la rue. »

En 1980, Carlos, accompagné d'un autre officier de l'armée de l'air, a commencé à s'exprimer en public sur ce qu'il nomme « la face cachée » de la Funabem. « Les gens croient que tous ces gosses sont des délinquants, déclare-t-il, qu'ils ne sont bons à rien. J'ai voulu mettre en évidence qu'ils sont en fait pleins d'énergie, qu'ils s'impliquent volontiers dans des projets, qu'ils adorent le sport... bref, qu'ils sont des adolescents normaux. Alors, pourquoi ne pas leur donner la possibilité de faire leurs preuves dans la vie professionnelle ! » Ces modestes considérations ont conduit Carlos Roberto dos Santos à mettre en place le projet « Pro Menor ». Carlos est marié et a deux enfants. L'armée de l'air l'autorise à travailler à son projet trois jours par semaine. Il vient d'obtenir de l'Ashoka un financement qui va lui permettre de consacrer le reste de sa semaine à son projet.

Une idée neuve

Bien que le Brésil ait maintenant un gouvernement civil bien établi et que l'éventualité d'une guerre soit hautement improbable, l'institution militaire y est toujours omniprésente et mobilise des dizaines de milliers d'hommes sous-employés, dans des bases disséminées sur tout le territoire. Nombre de ces bases sont situées dans des zones de grande pauvreté où les jeunes sans-abri sont légions. Carlos a eu l'idée toute simple de mettre ces bases, leurs infrastructures et le personnel volontaire au service de ces jeunes ; ce service consistant à la fois à les nourrir, les éduquer, organiser des activités sportives et assurer orientation et formation professionnelles. S'il atteint ses objectifs, le dispositif Pro Menor doit permettre aux jeunes exclus de trouver un emploi et de devenir ainsi membres à part entière de la société. Il contribue également à sortir les militaires et leurs familles de préjugés fondés sur des stéréotypes et à les sensibiliser au sort des jeunes de la rue.

Il faut s'attaquer au fond du problème

Le fond du problème, c'est la misère. Celle-ci se manifeste de la manière la plus brutale à travers les millions d'enfants livrés à eux-mêmes, parfois complètement abandonnés, qui errent dans les rues et survivent en cirant les chaussures, en rendant de petits services ou grâce à la mendicité, la prostitution, le vol ou le trafic de drogue. Ils sèment l'insécurité dans les villes et souffrent eux-mêmes de malnutrition, de maladies, de l'hostilité de la plupart des adultes et de la violence. Ceux qui survivent entrent dans l'âge adulte dépourvus d'éducation et de réelle formation professionnelle. C'est un cercle vicieux. Le Brésil est un pays pauvre et ne peut mobiliser les ressources nécessaires pour combattre ce fléau. La Funabem est la principale institution gouvernementale à s'occuper des jeunes orphelins, des exclus et des délinquants. Mais ses moyens sont limités. Et un jeune qui sort de cette institution, même muni d'un diplôme, reste souvent mal considéré et a des difficultés à trouver un emploi. Le dispositif Pro Menor vise à mobiliser les énormes capacités sous-employées d'hommes qualifiés, disponibles à travers tout le pays, et disposés à s'engager. Il parvient à attirer les jeunes et à les fidéliser en leur redonnant un sentiment d'appartenance ainsi que la volonté de s'investir. Au-delà du service des repas et de l'organisation d'activités sportives, l'élément clef est sans doute le sentiment d'appartenir à une organisation puissante et respectée, qui exige motivation et discipline. C'est aussi et surtout pour ces jeunes le sentiment d'être enfin reconnus. Parvenus au terme du programme Pro Menor, l'adolescent obtient un diplôme et est assisté dans sa recherche d'emploi, laquelle ne sera plus entravée par des complexes et des préjugés.

La mise en œuvre

Le premier obstacle fut d'obtenir d'un commandant de base aérienne l'autorisation d'utiliser la base et ses équipements pour mettre en œuvre le programme Pro Menor. Après un démarrage réussi, les pouvoirs publics commencèrent à s'y intéresser et le projet Pro Menor monta en puissance. Carlos défendit son dossier auprès du ministre de l'Aéronautique, lequel, gagné à cette cause, donna son accord pour que l'opération s'étende à d'autres secteurs de l'armée, à travers tout le pays.

Aujourd'hui, le programme Pro Menor est opérationnel dans six villes (chaque centre compte en moyenne 170 enfants âgés de 10 à 17 ans) et ce succès permet à Carlos d'intensifier ses efforts en vue d'étendre le dispositif à d'autres secteurs de l'armée. Il a également entamé une collaboration prometteuse avec la police et l'Université fédérale de Rio. Impliquer la police dans un tel projet est d'une importance cruciale, car une expérience concluante permettra de changer durablement sa manière d'appréhender le problème des jeunes de la rue et améliorera son image dans la population.

Une fois cette stratégie institutionnelle mise en place, restait la seconde partie de l'équation : obtenir des jeunes exclus qu'ils adhèrent de leur plein gré au programme et qu'ils le suivent jusqu'à son terme. Carlos cite l'exemple de Sergio Bernardes, un gosse qui vivait sur le trottoir. Jeune noir sans famille, illettré et affligé d'un grave bégaiement, Sergio a été abordé par les volontaires d'une organisation religieuse dédiée aux enfants de la rue. Ils l'ont convaincu de suivre la formation Pro Menor, la journée seulement. Peu importe que ce soit la perspective de quelques bons repas, d'accéder à une formation monnayable sur le marché du travail ou la possibilité de faire du sport qui l'ait décidé à tenter l'expérience, toujours est-il qu'il passa deux ans à la base aérienne où il apprit à lire et où il reçut une formation de charpentier. Il est maintenant apprenti dans une société de construction de Rio et a économisé suffisamment pour s'acheter un cabanon dans une favela du centre ville. Il gagne l'équivalent de deux salaires minima, soit environ 900 F par mois, et poursuit ses études. « Sergio a maintenant 18 ans et il est complètement intégré à la vie sociale », a annoncé Carlos avec une fierté justifiée.




Home Le pouvoir des multinationales ne cesse de croître

Source : Baltimore Sun, Etats-Unis

Selon une étude récente de Sarah Anderson et John Cavanagh, de l'Institut des études politiques, la part des richesses mondiales détenue par les 200 plus grandes compagnies du monde est considérable et va en s'accroissant, alors qu'elles créent relativement peu d'emplois. Selon cette étude : « Le fait qu'un assez petit nombre de compagnies accaparent le pouvoir économique pose de sérieux problèmes. »

Voici quelques points importants qui ressortent de ces recherches :

– Parmi les 100 plus grandes entités économiques du monde, on dénombre 51 compagnies et seulement 49 pays. Wal-Mart, la douzième compagnie, dépasse 161 pays, dont Israël, la Pologne et la Grèce. Le chiffre d'affaires de Général Motors est supérieur au PNB du Danemark.

– Le total des ventes des 200 plus grandes compagnies mondiales est supérieur au quart de l'activité économique mondiale.

– Ce même total des ventes des 200 plus grandes compagnies est supérieur à l'activité économique de tous les pays confondus à l'exception des neuf premiers d'entre eux : c'est-à-dire qu'ils dépassent l'économie combinée de 182 pays.

– Les richesses de ces 200 compagnies atteignent pratiquement le double de celles détenues par les quatre-cinquièmes les plus pauvres de l'humanité.

– Les deux-tiers de l'humanité (soit les 20 % les plus pauvres dans les pays riches et les 80 % les plus pauvres dans les pays pauvres) n'ont aucun accès à l'emploi dans les usines de ces compagnies et ne peuvent pas se permettre d'acheter leurs produits.

– Au cours de ces dernières années, ces 200 compagnies ont réduit leurs effectifs salariaux. A elles seules, elles totalisent seulement 18,8 millions d'emplois, ce qui représente moins de 0,75 % de la population active mondiale.

– Les transactions effectuées entre les différentes unités d'une même compagnie représentent tout simplement le tiers du commerce mondial.

– Les cinq compagnies les plus importantes de l'industrie automobile totalisent à elles seules 60 % de toutes les ventes. Dans l'électronique, les cinq principales compagnies recueillent plus de 50 % du total des ventes. Dans les secteurs de l'aéronautique, de l'aérospatiale, de l'acier, du pétrole, de la micro-informatique, de la chimie et des médias, les cinq plus grandes compagnies totalisent plus de 30 % de l'ensemble des ventes. Dans tous ces domaines, il n'existe aucune concurrence pour faire baisser les prix.

En conclusion, S. Anderson et J. Cavanagh déclarent : « La concentration accélérée des grandes compagnies favorise l'amplification des inégalités, fragilisant ainsi nos structures sociales. » 




Home Sommet mondial sur l'alimentation à Rome

Source : The Earth Time; San Francisco Cronicle New Service, E.-U

Le Sommet mondial sur l'alimentation qui s'est tenu à Rome sous l'égide de la F.A.O. a rassemblé des représentants de 186 pays, dont 86 chefs d'Etat.

La Déclaration et le Plan d'action issus de cette conférence affirment la nécessité d'un effort constant pour « réduire de moitié le nombre de personnes (actuellement huit cents millions) souffrant de malnutrition, à l'horizon 2015 ».

Le président cubain Fidel Castro a cependant qualifié de « honteuse » la modestie de cet objectif. Au cours de ce sommet, il n'a été décidé d'affecter aucun financement supplémentaire, aucune ressource nouvelle à la lutte contre la faim. L'accent a principalement été mis sur le rôle du marché libre pour fournir les incitations et les capitaux nécessaires à l'expansion de l'agriculture. La Déclaration précise d'ailleurs qu'il incombe à chaque gouvernement de décider des actions à mener pour assurer la sécurité alimentaire de son pays. L'un des représentants américains, Neil Gallagher, a même déclaré : « Les pays qui ne disposent pas de l'autonomie alimentaire feraient bien d'avoir quelque chose à produire, comme des radios, pour pouvoir les vendre. » Les Etats-Unis ont bloqué l'adoption d'une résolution dont l'objectif était d'amener les pays à consacrer 0,7 % de leur Produit national brut à l'aide au développement.

Les Etats-Unis ont également engagé une controverse à propos de l'une des affirmations proclamées lors de ce sommet, portant sur le « droit de chacun d'avoir accès à une alimentation saine et nutritive ». Les diplomates américains craignaient que la reconnaissance de ce « droit alimentaire » puisse amener certains pays sous développés à engager des actions en justice afin de recevoir une aide et obtenir des conditions avantageuses dans leurs transactions commerciales. De ce fait, bien que le droit alimentaire soit mentionné dans la déclaration finale, un paragraphe a été ajouté pour préciser que ce droit devra être clarifié ultérieurement.

Les organisations non gouvernementales qui se sont réunies à Rome en marge de ce sommet ont exprimé leur désaccord avec la Déclaration et le Plan d'actions. Lors de la séance de clôture, l'un de leurs porte paroles, le camerounais Jeanot Minla Mfou'ou, a déclaré que le monde devait choisir entre « le profit d'une minorité, ou la nourriture pour tous ». « L'alimentation constitue un droit fondamental et indiscutable pour tous les hommes », a-t-il affirmé.

Dans son allocution, le Pape a également estimé que « nous devons rechercher ensemble les solutions afin qu'il n'y ait plus d'hommes souffrant de malnutrition côtoyant ceux qui vivent dans l'opulence. Ce contraste entre la pauvreté et la richesse est intolérable pour l'humanité ».  




Home La pauvreté en Grande-Bretagne

Source : Channel 4 TV, G.B.

La chaîne de télévision britannique Channel 4 a mis sur pied une « Commission sur la pauvreté » afin d'étudier ce phénomène en Grande-Bretagne et d'émettre des recommandations à ce sujet. Cette commission est composée de quatre personnes considérées comme des références dans leur domaine : un employeur, un professeur d'université, un juge et le directeur d'une troupe théâtrale dont les membres sont issus d'une minorité éthnique. Un point sur les progrès accomplis dans le cadre de cette étude a été diffusé le 12 octobre 1996, dans une émission de Channel 4 : Les justes, les magnifiques et les dépossédés, une suite de la série Sans le sou, diffusée en 1995.

Au sein de la Communauté européenne, le seuil de pauvreté est défini par « un revenu inférieur ou égal à la moitié du salaire national moyen » ce qui, au Royaume-Uni, se traduit par moins de 700 francs par semaine pour une personne seule. Selon la Commission, une personne dans cette situation aurait « beaucoup de mal à mener une vie sociale normale » . Par exemple une famille serait dans l'impossibilité d'inviter ses voisins pour le thé parce qu'elle ne pourrait se permettre d'acheter un gâteau. Dans ce cas-là, il s'agit d'une « mise à l'écart par manque d'argent ». En Grande-Bretagne, plus de 14 millions de personnes (soit un quart de la population dont quatre millions d'enfants) sont touchées par la pauvreté.

Les membres de la Commission ont estimé que le racisme pouvait être un facteur favorisant la pauvreté, entraînant la personne dans un cycle d'exclusion, et les gens interrogés ont comparé cela à un cercle vicieux : en conclusion, il faut s'attaquer aux deux problèmes à la fois.

Les recommandations de la Commission sont les suivantes :

– Que le gouvernement reconnaisse l'existence de la pauvreté en Grande-Bretagne et en donne une définition officielle.

– Que les budgets consacrés à l'éducation, au logement et à la création d'emplois soient augmentés.

– Que ceux-ci soient financés en allégeant les impôts des démunis et en augmentant en conséquence ceux des riches.

– Que personne, au sein d'une même entreprise, ne soit rétribué plus de 25 fois plus que l'employé le moins rémunéré.


Les magnifiques, les justes et les dépossédés,  Ce rapport est disponible pour 3,5 £ au Channel 4 Poverty Commission, PO Box 4000, London W5 2GH, UK




Home En Russie, un tiers de la population se situe sous le seuil de pauvreté

Source : Los Angeles Times, Etats-Unis

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, voici cinq ans, et l'adoption de l'économie de marché, la pauvreté a gagné du terrain en Russie de manière significative. Selon les estimations de la Banque mondiale, un tiers des 150 millions d'habitants que compte le pays ne dispose pas du revenu minimum pour survivre, contre 10 % sous l'ère soviétique.

Les disparités de revenus se sont également amplifiées de manière significative : actuellement, les 10 % des Russes les plus riches gagnent 14 fois plus que les 10 % les plus pauvres, une différence comparable à celle des Etats-Unis. La Russie consacre 8 % de son produit domestique brut aux services sociaux d'aides pour les pauvres. Ceci est à comparer aux 15 % qu'y consacrent d'autres nations d'Europe Centrale et de l'Est. 




Home Lancement sur Internet d'un réseau d'assistance

Source : Inter-Action, Etats-Unis

Le Département des Affaires humanitaires de l'ONU (UNDHA) a créé un nouveau site Internet, ReliefWeb (Réseau d'assistance), fournissant des informations urgentes aux responsables de la gestion des situations humanitaires critiques.

Les crises humanitaires, qu'elles découlent de conflits à long terme ou de catastrophes naturelles soudaines, engendrent une quantité considérable d'informations, diffusées quotidiennement, généralement sous forme de communiqués de presse, de fax, de courriers électroniques et, de plus en plus, via Internet.

ReliefWeb fait office de bibliothèque électronique, où s'ajoutent en permanence de nouvelles informations sur des événements survenant brutalement et sur des situations de détresse chroniques.

Il fournit des informations à ceux qui travaillent sur le terrain, et achemine en retour des informations aux décideurs, dans les diverses organisations humanitaires.

De cette manière, ReliefWeb espère améliorer la coordination de l'aide humanitaire, par une diffusion plus efficace de l'information. Pour ceux qui n'ont pas accès à Internet, l'information en provenance du ReliefWeb est diffusée au moyen de courrier électronique ou par CD-Rom, ou peut encore être chargée sur disquette.


ReliefWeb : http:/www.reliefweb.int 




Home La déesse à trois têtes et les sources miraculeuses

par James Brian

Deux anciennes sources et une statue préhistorique en bronze d'une déesse à trois têtes attirent des centaines de pèlerins dans un minuscule village de l'Ile de Sheppey, dans le Kent, en Grande-Bretagne. Selon un article de Peter Birkett paru dans le Daily Express, des gens viennent d'aussi loin que de l'Australie et du Mexique dans ce village dénommé Minster. Il y a cinq ans, Minster était encore un village quelconque avec ses deux échoppes de cuisine chinoise, son magasin louant des vidéos et son club de travailleurs. Jusqu'au jour où Brian Slade, un archéologue amateur local, obtint la permission d'entreprendre des fouilles dans l'un des deux puits de l'Abbaye de Minster, un couvent fondé en 640 ap. J.-C. par la sainte saxonne Sexburga, reine du Kent. Les deux puits ont 3 500 ans. Celui qui se trouve près des ruines du portail de l'abbaye a 13 m de profondeur, tandis que le second se trouve dans le jardin de l'ancienne abbesse. Lors des fouilles de 1991, on découvrit de nombreux objets, dont des tuiles romaines et des morceaux de poteries de l'âge du bronze. Puis on découvrit la déesse à trois têtes. C'est alors que débutèrent les « miracles ».

Cette statue fut pratiquement le dernier objet déterré par un des membres de l'équipe de chercheurs, Ian White, qui la découvrit enfouie sous des siècles de limon, tout au fond du puits. C'est neuf mois plus tard qu'il pensa qu'elle devait avoir un pouvoir mystérieux, miraculeux, lorsque sa femme mit au monde une petite fille en parfaite santé. Pendant des années, sa femme Sharon et lui-même avaient en vain tenté de fonder une famille, mais cela se soldait toujours par une fausse couche. Ils avaient même consulté sans succès de nombreux spécialistes. Le couple White croit fermement que la Triple Déesse, nom qu'ils ont donné à la statuette préhistorique de la fertilité, est responsable de la naissance de leur petite fille.

Lorsque le Dr. Ian Godsland, un chercheur à l'Imperial College, entendit parler du bébé des White, il décida de faire don de 50 £ pour les fouilles. Sa femme avait elle aussi subi quatre fausses couches et se trouvait à nouveau enceinte. Six mois plus tard, elle donna le jour à un garçon en parfaite santé.

Ian White a raconté au Daily Express : « Je ne peux évidemment pas affirmer avec certitude que c'est la déesse qui est à l'origine de tout cela. Personne ne peut le faire. Mais nous aimons tous deux le croire. »

Le Dr. Godsland, qui vit près de Leighton Buzzard, a déclaré de son côté : « Je crois vraiment que la déesse peut avoir un rôle. Ne me demandez pas comment cela s'est passé, je n'ai aucune explication. A présent je crois simplement que le monde peut fonctionner d'une manière différente de ce que nous, scientifiques, sommes capables de comprendre. »

La Triple Déesse est conservée à Minster, au domicile de Brian Slade. Ce dernier raconte avoir entendu trois histoires similaires de femmes qui ont pu avoir un bébé après une série de fausses couches. « Il n'y a pas de doute qu'il s'agit-là d'une force de vie », a-t-il déclaré au journal. « C'est une statue ancienne, de l'époque pré-chrétienne, mais je pense qu'elle possède un pouvoir bienfaisant. »

Le puits a été refermé mais l'autre puits, qui est alimenté par la même source, est resté ouvert. Le jardin où il se trouve appartient à M. Leon Stanford. Celui-ci raconte que des centaines de visiteurs sont venus chez lui pour boire l'eau de cette source, certains dans l'espoir d'avoir des enfants, d'autres pour soigner des maladies graves, y compris le cancer et la cécité. Plusieurs visiteurs ont rempli des jerricans de 25 litres afin d'emporter de cette eau chez eux, en Allemagne.

Les visiteurs n'ont rien à payer pour l'eau ni pour toucher la statue. La seule règle à observer est de ne pas jeter de dons dans le puits. M. Stanford fait régulièrement tester l'eau du puits, car elle alimente sa maison et celle de sa famille en eau potable. Il est convaincu de ses pouvoirs curatifs. Lorsqu'il est arrivé à Minster il y a deux ans, il était partiellement handicapé par une douleur chronique au talon. Il devait marcher avec une canne. Il fut complètement guéri après avoir bu de cette eau pendant plusieurs mois.

Des analyses effectuées l'année passée par la municipalité de Swale ont montré que l'eau était parfaitement pure, sans aucune trace de chlore. Elle contient des traces d'éléments tels que le potassium et le magnésium.

Le puits de l'abbesse est à présent classé parmi les sites historiques de premier plan par le Patrimoine anglais, et son propriétaire, la municipalité de Swale, envisage de l'ouvrir au public. Pendant ce temps, les mystérieux pouvoirs curatifs de l'eau et de la Triple Déesse continuent à attirer les paralytiques, les malades et les couples sans enfant, car tous espèrent que les miracles vont se poursuivre.

Commentaires du Maître de Benjamin Creme : « Ce site très ancien (3 000 ans) était connu à travers toute l'Europe comme centre de soins où d'anciens rites de fertilité étaient pratiqués avec beaucoup de succès. La déesse à trois têtes date de cette époque et elle a conservé ses pouvoirs miraculeux. Au cours du 7e siècle av. J.-C., le Maître qui fut la Madone s'est intéressé tout particulièrement à ce site et a maintenu les miraculeuses propriétés curatives de l'eau. »


Home La pauvreté en Chine

Un tiers de la population chinoise vit en-dessous du seuil de pauvreté. Près de 350 millions de Chinois doivent vivre avec un dollar par jour. Selon la Banque mondiale, cela signifie que la Chine est beaucoup plus pauvre que ce qui était généralement admis jusqu’à présent.





Point de vue

Home La démocratie peut apprendre du socialisme

par Gro Harlem Brundtland Source : IPS

L’histoire a démontré que la démocratie est le seul environnement social propice au changement durable, bien qu’elle demeure un rêve lointain pour de nombreux pays. Au siècle prochain, mon sentiment est qu’il n’y aura plus que des démocraties, et le socialisme international aura un rôle primordial à jouer dans cette grande transition

Notre voix doit être celle de l’innovation sociale, celle de la majorité silencieuse, des enfants, des minorités culturelles, des femmes. Nous nous battrons pour agrandir le champ d’application des règles de la démocratie, afin que les différences existant entre nous s’amenuisent au lieu de s’amplifier.

Les défis auxquels est confronté le monde actuel sont nombreux. Un nouveau capitalisme anonyme et sans visage est férocement à l’œuvre partout dans le monde. Les entreprises changent de mains quotidiennement, les emplois disparaissent, alors que les forces de la technologie, de la finance et des communications électroniques court-circuitent les processus traditionnels de décision démocratique. Qui détient le pouvoir ? Nos représentants élus ? Les marchés obligataires de Londres, de New York et de Tokyo ? Nous devons faire ressortir très clairement le fait qu’aucune croissance et qu’aucun programme ne pourront être viables si les contrôles et l’équilibre démocratiques ne fonctionnent pas. Il existe un lien, évident, incontestable, entre la prospérité d’une nation, l’importance qu’elle accorde à la démocratie et aux droits de l’homme, et la santé et l’éducation de son peuple. Il ne sert à rien qu’un pays compte des dizaines de lauréats du prix Nobel, si ses jeunes quittent l’école à l’âge de seize ans ; cette vérité tarde depuis trop longtemps à être reconnue.

Actuellement, toutes les grandes conférences des Nations unies arrivent à la même conclusion : aucun pays n’a réussi à maintenir sa croissance économique et son développement humain sans avoir d’abord investi dans son peuple. Notre rôle historique, en tant que sociaux-démocrates, est de nous assurer que nos pays et nos communautés accordent la priorité aux personnes elles-mêmes. Il ne suffit pas de créer un climat favorable pour les investisseurs. C’est l’ensemble de la société qui doit être appelé à participer à son profit.

Le point de vue de la Banque mondiale a considérablement évolué. La réduction de la pauvreté, selon la nouvelle tendance en vigueur à la Banque mondiale, doit s’effectuer dans une perspective à long terme, ce qui revient à mettre l’accent sur l’environnement, les femmes, l’éducation et la santé. Fort heureusement, nous laissons derrière nous les engouements politiques des année 1980, où prévalait la théorie selon laquelle la richesse finit toujours par toucher les plus pauvres, et où les politiques monétaires, la privatisation et les réductions d’impôt étaient censées profiter à l’ensemble de la société. D’ailleurs, la théorie selon laquelle la richesse finit par profiter aux couches les plus basses de la société ne peut en rien s’appliquer aux domaines de l’éducation, de la santé, ou de la démocratie !

Les politiques en matière d’éducation et de santé, ainsi que la réforme démocratique, doivent procéder d’une action commune du peuple. Le libéralisme des années 1980 n’a apporté qu’une liberté de type déclaratoire. Nous devons libérer la liberté des mains des libertaires. Nous sommes également responsables de ceux qui viendront après nous. Leur qualité de vie dépendra de la capacité des présentes générations à réagir aux changements, et à modifier les schémas de production et de consommation du monde industrialisé. Un milliard d’individus vivent toujours dans une pauvreté absolue, et leur nombre va sans cesse croissant. Qui prête sa voix aux pauvres ? Qui dénonce le fait, dévastateur, que le flot monétaire se déverse du Sud vers le Nord, sans jamais revenir vers le Sud ? Qui accuse les gouvernements des pays riches de renier leur promesse de verser 0,7 % de leur Produit intérieur brut (PIB) à l’aide au développement ?

Nos voix doivent s’élever pour défendre ceux qui n’ont aucun moyen de faire connaître leur opinion, ceux que CNN ignore et qui n’ont pas accès à Internet. Il n’existe aucune autre façon d’établir l’équité et la justice sociale que de donner du pouvoir aux hommes et aux femmes, en permettant à la démocratie de fonctionner, en maîtrisant les forces du marché, en redistribuant les surplus. Les iniquités ne seront pas comblées sans la participation de secteurs publics efficaces, des fonctionnaires, et de politiciens ayant des comptes à rendre à leurs électeurs. Notre richesse ne vient pas tant de nos ressources naturelles elles-mêmes, que de la manière dont nous les utilisons. Si elle provenait de ces seules ressources, nous aurions pu atteindre notre niveau de vie actuel depuis fort longtemps. Nous vivons à une époque où la connaissance est souveraine, mais nous sommes toujours en période de transition. Nous ne pourrons jamais échapper à cette ultime contradiction : toute notre connaissance relève du passé, alors que toutes nos décisions concernent le futur.

Selon un proverbe chinois : « Si vous ouvrez une fenêtre, une mouche peut entrer. » Pour les pays non-démocratiques, cela signifie qu’ils ne peuvent profiter de notre technologie, sans être du même coup exposés à nos idées et à nos opinions sur le développement, la démocratie et les droits de l’homme. Nous devons continuer à avertir les leaders des pays non-démocratiques que nous n’avons pas l’intention de séparer nos relations économiques d’une curiosité mutuelle générale plus large, de l’intérêt public, et des débats publics d’opinions. La population de nos démocraties a des opinions, et elle les exprimera. Et à mesure que de plus vastes segments de la population interagiront et que les contacts entre les individus se multiplieront, il en résultera des changements au niveau politique, même là où la démocratie est à peine enracinée. Le monde civilisé doit avoir pour assises la loi et le contrat, et devenir, selon les termes du président Kennedy, « une société internationale où le fort est juste et où le faible est en sécurité ». Des mesures anti-discrimatoires en faveur des minorités doivent être prises dans l’intérêt des plus pauvres d’entre nous. Nous devons nous assurer que la démocratie grandisse en puissance, et prenne les rênes de notre future commun.





Signes des temps

Home Une icône verse des larmes à Bethléem

Source : Toronto Globe, Canada ; AP

Des milliers de personnes se sont rendues dans l'église de la Nativité, à Bethléem, haut lieu de l'église grecque orthodoxe, où le visage de Jésus, reproduit sur une peinture verse à la fois des larmes et du sang, cligne des yeux, change d'expression et émet de la lumière. Cette église est située juste au dessus de la grotte où Jésus est supposé être né.

La première personne a avoir vu l'icône pleurer est une femme de ménage musulmane qui nettoie les lieux chaque matin depuis plusieurs années. Sadika Hamdan a expliqué qu'elle travaillait seule dans ce sanctuaire un jour de novembre, de bonne heure, lorsqu'elle a soudain ressenti de la lumière et de la chaleur émaner de l'icône. Lorsqu'elle a levé les yeux, elle a vu les larmes. « D'abord, j'ai été très effrayée, et je me suis demandée pourquoi Jésus me parlait à moi, une musulmane », a-t-elle déclaré. « Mais je suis allée chercher les frères et ils ont vu eux aussi, et nous avons réalisé qu'il s'agissait d'un miracle. » Depuis lors, Sadika voit des larmes et les deux yeux de l'icône bouger chaque fois qu'elle la regarde, et à plusieurs reprises le matin, elle a aperçu une lumière brillante émaner de la tête de Jésus. Selon elle, « il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un miracle ».

L'évêque Anastasios, représentant officiel du Patriarche grec orthodoxe, a confirmé. « Des larmes, des larmes ordinaires, et des larmes de sang. Nous remercions Dieu », a-t-il déclaré. Certains attribuent le phénomène à un mauvais éclairage, au fait que la peinture s'écaille, ce qui créerait des illusions optiques, d'autres voient là un effet pour accroître le nombre des visiteurs, et donc le chiffres d'affaires, à Bethléem. Mais de nombreux pélerins chrétiens de toutes confessions, ainsi que des musulmans et des juifs, ont déclaré avoir vu les larmes. « Il pleure, il n'y a pas de doute », déclare un visiteur, Hussam Muhammed, de Nazareth. « Je suis musulman et dans le Coran, il est dit que Jésus n'a pas été crucifié, mais que Dieu l'a emmené aux cieux et que quelqu'un d'autre a été crucifié à sa place. Mais si Jésus n'a pas été crucifié, alors, qu'est-ce-que cela signifie  ? Pourquoi pleure-t-il  ? »

L'évêque Anastasios propose une réponse : « Jésus pleure sur l'état désastreux dans lequel se trouve le monde. C'est un message pour que les gens reviennent à Dieu et à la religion. » La journaliste Stéphanie Nolen, qui a écrit un article sur l'icône versant des larmes à Bethléem pour le Toronto Globe and Mail, termine ainsi son article : « Cette journaliste s'est rendue à Bethléem armée de la double protection d'un catholicisme non pratiqué et du cynisme du journaliste ; elle s'est jointe à une foule d'une centaine de femmes cypriotes enveloppées d'un foulard et portant des bougies et des caméscopes. « Des larmes, des larmes », murmuraient-elles, avec pour certaines d'entre elles des larmes dans leurs propres yeux. Alors je levai les yeux... et Jésus me fit un clin d'œil. » 




Home Les ovnis et la pub

Certains phénomènes miraculeux dans le monde sont devenus tellement identifiables qu'ils sont maintenant utilisés par les annonceurs publicitaires. Ainsi, Delta Airlines a fait paraître une page entière de publicité dans le New York Times présentant une formation géométrique dans un champ de céréales avec pour légende : « Le plus grand nombre de vols en direction de l'Europe... à ce ce que l'on sait. »




Home Un ovni provoque une panique à Vilnius

Source : Impartial, Suisse

Deux policiers de Vilnius, capitale de la Lituanie, ont déclaré avoir vu un ovni. Ils ont vu un objet rond qui brillait et vibrait, se tenant immobile, suspendu à environ 25 mètres du sol et émettant une sorte de bruit électrique. Après une demi-heure, l'ovni s'est éloigné en direction de Vilnius, et les deux policiers ont rapporté l'incident à leurs supérieurs. Des troupes spéciales, avec des chiens policiers, ont  été envoyées sur place et la zône a été passée au crible. Bien que l'ovni ait déjà disparu, la radioactivité a été mesurée et le bruit électrique était encore audible. L'herbe était desséchée sur la zône survolée par l'ovni. 





Tendances

Home Ted Turner et les grands philanthropes

Source : New York Times, Los Angeles Times, E.-U.

Le magazine électronique Slate, de la société Microsoft, a établi une liste des philanthropes américains les plus généreux. Cette liste a été publiée suite aux commentaires de Ted Turner, le magnat de la presse. En effet, ce dernier s'était plaint l'an dernier que la liste annuelle des 400 plus grandes fortunes américaines, publiée par le magazine Forbes, « détruisait le pays ».

T. Turner avait déclaré que les personnes riches, comme Bill Gates, président de Microsoft, (numéro un sur la liste) et son ami l'industriel Warren Buffett (numéro deux) hésitaient à effectuer des dons par crainte de perdre leur classement parmi les personnes les plus fortunées. « Pourquoi ne serait-il pas mieux d'être le plus grand donateur plutôt que le plus grand goinfre ? » s'était-il exclamé. « Que ce soit au niveau fédéral, municipal ou au niveau des Etats, le gouvernement est fauché. Tout l'argent est concentré dans les mains de ces quelques personnes riches et aucun d'entre eux ne fait de donations. C'est dangereux, pour eux et pour le pays. Nous pourrions bien connaître une nouvelle Révolution française... ».

T. Turner ne figure pas sur la liste du magazine Slate car la majeure partie des 200 millions de dollars de dons qu'il a effectués dans les années passées l'ont été avant 1996. Pour figurer sur cette liste, il faut également annoncer publiquement ses donations. La philanthropie anonyme n'a pas sa place. La liste a montré que lorsque de riches américains font des dons, ils les attribuent en priorité à des universités, à des centres de recherche médicale et à des institutions culturelles, et non à des organisations qui aident les pauvres.

Parmi les dix premiers donateurs, on trouve Georges Soros, le célèbre spéculateur, pour 100 millions de dollars, dont 50 en faveur de la fondation Emma Lazarus qui aide les immigrants à devenir citoyens américains. Bill Gates figure également sur cette liste pour 27 millions de dollars : 15 à l'université de Harvard et 12 à l'université de Washington. 




Home Un général français au secours des sans-abri

Source : Manchester Guardian Weekly, G.B.

Maintenant à la retraite, le général Philippe Morillon est considéré par certains comme le plus grand héros militaire français depuis C. de Gaulle. Il a décidé de se consacrer aux sans-abri de Paris. En 1993, P. Morillon avait été surnommé le « général courage » par le premier ministre français Alain Juppé, eu égard à l'action qu'il avait menée pour sauver l'enclave assiégée de Srebrenica, pendant la guerre de Bosnie.

Désormais, le général Morillon souhaite attirer l'attention sur les sans-abri de Paris, dont le nombre s'accroît. « Je veux être parmi eux, être la personne qui écoute et conseille, pas simplement une figure de proue », a-t-il déclaré. Tous les mardis, il déjeune dans une soupe populaire près du musée du Louvre. Catholique fervent, P. Morillon soutient les projets d'un prêtre qu'il connaît depuis trente ans, qui veut ouvrir un collège à Paris où les jeunes pourront consacrer une année à étudier les écritures et apporter une aide concrète aux sans-abri. 

 




Home Les HMO couvrent les thérapies alternatives

Source : Associated Press

Les grandes compagnies d'assurance médicale des Etats-Unis (les « HMO ») commencent à accepter de couvrir certains traitements alternatifs comme l'acupuncture, les thérapies par massage, la phytothérapie, les thérapies de relaxation, le yoga et d'autres méthodes.

Cette tendance a surpris certains analystes, du fait que beaucoup de médecins continuent à afficher un grand scepticisme envers les méthodes alternatives, et que les HMO ont la réputation de rejeter toutes les méthodes autres que celles parfaitement fiables.

Il est possible que les HMO répondent en réalité à une demande du public pour des thérapies alternatives. Une étude, publiée en 1993 par la Harvard Medical School, a montré qu'un Américain sur trois avait déjà eu recours à des méthodes non traditionnelles, y consacrant au total 14 milliards de dollars par an, à comparer au 1 000 milliards de dollars dépensés pour des soins médicaux traditionnels. « Les consommateurs ont déjà voté, avec leur porte monnaie, en faveur de ces services », a déclaré Alan Kitther, un consultant qui aide les HMO a mettre sur pieds des réseaux de fournisseurs alternatifs.

Au moins 41 Etats exigent des assureurs la couverture des soins chiropractiques sous une forme ou une autre. Six Etats exigent une couverture en matière d'acupuncture, et neuf autorisent l'exercice des naturopathes. En 1995, la législation de l'Etat de Washington a prévu que tous les assureurs couvrent la médecine alternative. L'une des HMO, la Oxford Health Plans Inc, a récemment annoncé qu'elle offrira une couverture totale de tous les traitements de chiropraxie, d'acupuncture et de naturopathie effectués par un réseau de fournisseurs patentés, moyennant une augmentation de 2 à 3 % de la prime d'assurance. En outre, les assurés, pourront bénéficier de soins de yoga, de massage et de diététique dispensés par un réseau agréé, à des prix promotionnels. 

 




Home Echanger son fusil contre un bon d'achat : un succès au Salvador

Source : Los Angeles Time, Etats-Unis

Au cours des trois dernières années, un groupe établi à New York s'est livré à une intense activité, aux Etats-Unis et en République Dominicaine, en vue de convaincre les gens d'échanger leurs armes à feu contre des coupons d'achats permettant d'acquérir des biens de consommation. Mais ce groupe, Goods for Guns, fut bien surpris de ce qui arriva lorsqu'il entrepris la même démarche au Salvador, en association avec des organisations locales.

Les Salvadoriens ne troquèrent pas seulement des pistolets et des carabines, mais apportèrent encore des lance-roquettes, des grenades et des lance-grenades, des détonateurs, du TNT et des explosifs C4 dans les quatre églises où les armes furent rassemblées. Durant deux week-ends, ce programme a permis de collecter 1 262 armes et 14 580 pièces de munitions, plus que les organisateurs n'espéraient en obtenir en huit week-ends. Il fut distribué des coupons d'une valeur de 172 dollars pour des armes de mains, et de 345 dollars pour des armes plus lourdes. Nombre des armes troquées provenaient de la guerre civile qui ravagea le Salvador durant 12 ans, et étaient restées cachées pendant quatre ans, depuis la signature du traité de paix. L'après-guerre n'a pas apporté la paix au pays. Des bandes armées continuent à terroriser les rues du Salvador. Il y a un an, 40 citoyens se sont regroupés pour créer le Mouvement patriotique. Cette opération constitue leur premier projet. Ils envisagent de fondre les armes rassemblées en un monument ayant la forme d'un soc de charrue, et espèrent que leurs efforts persuaderont le Congrès du Salvador d'adopter des propositions de contrôle plus strict des armes.

Fernando Mateo, fondateur de Goods for Guns, envisage d'appliquer son programme à d'autres pays d'Amérique latine, y compris la Colombie. « Nous, aux Etats-Unis, nous accusons les Colombiens d'empoisonner nos enfants avec de la drogue. Mais les armes fabriquées aux Etats-Unis font plus de morts en Colombie que la drogue n'en fait aux Etats-Unis », a-t-il déclaré.

 




Home La Constitution sud-africaine

Source : New York Times, E.-U.

La dernière étape du passage de la suprématie blanche à la démocratie est intervenue lors de l'approbation d'une nouvelle Constitution par la Cour suprême d'Afrique du Sud. La version finale du document a soigneusement été négociée au sein des divers partis politiques, et a été mise au point à la fois par les représentants officiels du gouvernement et par les leaders du Parti National d'obédience blanche.

La Constitution appelle à une branche exécutive très forte et à une législature à deux Chambres. Elle comporte une Charte des Droits très étendue, qui prohibe la discrimination fondée sur la race, le sexe, l'âge, l'orientation sexuelle ou le statut marital, et garantit la liberté de parole, de mouvement et d'activité politique. Certaines agences de surveillance voient leur indépendance garantie et la peine de mort est abolie. 

 




Home Shell réclame un débat sur les multinationales

Source : Trouw, Pays-Bas

La société pétrolière Shell réclame un débat public sur le comportement des grandes entreprises multinationales. Cette prise de position est d'autant plus remarquable qu'elle émane du président du Conseil d'Administration de Shell aux Pays-Bas, C. Herkströter.

Sa propre entreprise, connue pour être un trust fermé, devrait également faire l'objet d'investigations, déclare son président. Lors d'une discussion cordiale, C. Herkströter a reconnu que Shell avait eu une attitude « arrogante » lors de récents incidents, tels que les opérations de dépollution après l'incident de la Brent Spar et le problème des droits de l'homme au Nigéria. De plus, Shell n'a pas réagi assez rapidement et n'a pas « entamé un dialogue sérieux » avec des groupes tels que Greenpeace, des mouvements de consommateurs et des défenseurs des droits de l'homme. Un des facteurs significatifs se trouvant à la base de cette attitude regrettable, selon les propres termes du dirigeant de Shell, est « une sorte d'arrogance scientifique se manifestant fréquemment dans les milieux de la haute technologie. »





Les priorités de Maitreya

Home Progrès en matière de survie des enfants

Source : unicef

Il y a six ans, des leaders mondiaux issus de 159 pays s'étaient réunis à New-York pour convenir d'un ensemble d'objectifs précis et mesurables, en matière de développement humain. Il s'agissait de réduire la mortalité infantile et maternelle et de faire en sorte que tout enfant puisse recevoir une éducation élémentaire, disposer d'eau potable et de conditions sanitaires correctes, d'ici l'an 2 000. Ils avaient également défini un ensemble d'objectifs intermédiaires à atteindre avant la fin d'année 1995.

La réhydratation orale

Le Secrétaire général des Nations-unies, Boutros Boutros-Ghali, a fait le bilan des progrès accomplis en faveur des enfants, depuis le Sommet mondial pour l'Enfance organisé par l'Unicef en 1990. Selon lui, des progrès considérables ont été accomplis sur la plupart des objectifs du Sommet, dans la majorité des pays. Plus de 80 % des enfants du monde sont maintenant vaccinés, et l'objectif des 90 % fixé pour l'an 2000, est déjà atteint ou dépassé dans certains pays. La réhydratation orale est largement utilisée dans les pays en voie de développement, pour lutter contre diverses formes de diarrhées aux conséquences mortelles. La poliomyélite et la filariose sont sur le point d'être éradiquées et plusieurs milliers d'hôpitaux sont maintenant officiellement reconnus comme « amis des bébés », suite à leurs efforts en faveur de l'allaitement maternel.

Compenser la déficience en iode

Depuis 1990, un milliard et demi de personnes supplémentaires consomment du sel iodé. Environ 12 millions d'enfants, échappent ainsi chaque année, à l'arriération mentale, dont la déficience en iode constitue la cause principale. Le monde s'est également fixé comme objectif de pouvoir fournir de l'eau potable à tous les hommes d'ici l'an 2000. Et avant toutes choses, les droits de l'enfant sont maintenant mieux reconnu, et la ratification de la Convention des Nations-unies sur les droits de l'enfant est presque universelle. Cette Convention est devenue le traité sur les droits de l'homme ayant obtenu la plus large approbation dans l'Histoire. Elle a été ratifiée par 187 Etats en seulement six ans. Trois pays sur cinq atteindront les objectifs globaux en matière de survie infantile d'ici l'an 2000, ou s'en approcheront de très près.

Selon Carol Bellamy, Directeur exécutif de l'Unicef : « Il est indéniable que des millions d'enfants sont actuellement en vie grâce aux efforts exceptionnels mis en oeuvre depuis le Sommet mondial de l'Enfance. En fait, il y aura un million d'enfants de plus qui survivront cette année, par rapport à 1990. Et grâce à l'amélioration de la santé et de l'éducation, des millions d'enfants supplémentaires disposeront d'une meilleure chance de briser le cycle de la pauvreté et d'accomplir leurs potentialités. Beaucoup reste à faire, pourtant. »

Le rapport du Secrétaire général a été tout aussi direct sur le manque de progrès accomplis en matière de nutrition infantile. En Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud, le nombre des enfants mal nourris est en augmentation certaine. Près du tiers de l'ensemble des enfants âgés de moins de cinq ans dans les pays en voie de développement sont mal nourris, et la malnutrition contribue toujours à plus de la moitié des décès de jeunes enfants dans ces pays.

Le rapport a souligné d'autres problèmes sérieux, notamment la discrimination croissante entre les sexes en matière d'éducation élémentaire, et l'incapacité des services d'éducation à suivre le rythme de la croissance démographique. Sur les 100 millions d'enfants qui ne vont pas à l'école, près de 60 millions sont des filles.

Bien qu'on estime que depuis 1990, 50 millions d'enfants supplémentaires fréquentent les écoles primaires, cet accroissement en chiffres réels n'arrive guère à suivre le rythme de la croissance démographique. Cette croissance démographique dépasse également les possibilités des services sanitaires. Le nombre de personnes ne disposant pas de conditions sanitaires suffisantes est passé de 2,6 milliards à la date du Sommet, à 2,9 milliards en 1994. 





Faits et prévisions

Home Fin officielle de la guerre civile au Guatemala

Source : New York Times, E.-U.

« Les conflits existant entre les gouvernements et les mouvements de guérilla à travers le monde vont commencer à décroître. Les individus vont se rendre à la table des négociations. » (Un collaborateur de Maitreya, Partage International, novembre 1988)

Après trente-six ans d'une guerre civile qui a fait plus de cent mille morts, la paix a officiellement été rétablie au Guatemala, grâce à la signature d'un traité entre le gouvernement et l'opposition de la guérilla. Des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place principale de la ville de Guatemala pour voir la cérémonie de signature sur un écran de télévision géant. Après la cérémonie, les signataires se sont congratulés pour afficher publiquement la réconciliation retrouvée entre les deux camps.

Aux cent mille personnes tuées, le plus souvent par l'armée guatémaltèque ou par des groupes paramilitaires, il faut ajouter quarante mille « disparus », deux cent cinquante mille orphelins et un million de personnes contraintes à l'exil. Ceci dans un pays qui ne compte que 10,5 millions d'habitants. La cérémonie de signature a clôturé une série de onze accords conclus entre le gouvernement et les rebelles. Ces accords couvrent des domaines variés comme la garantie des droits des indiens, la réforme agraire, la réduction du pouvoir et des effectifs de l'armée, ou la réintégration des réfugiés et des personnes déplacées. 

 




Home Un réseau de détection nucléaire

Source : San Francisco Chronicle, Etats-Unis

« Personne ne pourra désormais soutenir que la défense constitue une priorité essentielle. » (mai 1989)

Plusieurs scientifiques à travers le monde affirment progresser rapidement dans la mise au point d'un réseau complexe d'instruments, d'une valeur de 80 millions de dollars, conçu pour s'assurer de l'application du traité sur l'éradication des essais nucléaires, signé à Genève en août dernier par 133 pays.

Conformément à ce traité, les pays doivent coopérer à la création d'un réseau international de stations d'observation capables de détecter la moindre trace d'explosion nucléaire. Des équipes de scientifiques se préparent à déployer dans le monde des instruments techniquement élaborés. Ces instruments effectueront des prélèvements d'air à intervalles réguliers, afin de détecter toute particule radioactive présente dans l'atmosphère.

Bien que le traité ne prévoie pas de mesure de rétorsion à l'encontre d'éventuels contrevenants, les scientifiques estiment que le réseau de détection constituera une force de dissuasion puissante rendant les violations improbables. 




Home Réduction des effectifs militaires

La Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizistan ont signé un accord visant à réduire les effectifs militaires déployés le long de leurs frontières communes.




Home Retrait des derniers missiles nucléaires en Biélorussie

Source : Reuters

L'ancienne république soviétique de Biélorussie a démantelé le dernier des 72 missiles nucléaires qui se trouvaient sur son territoire. Le retrait de toute arme nucléaire de l'ancien empire soviétique figurait parmi les clauses du traité START 1, sur la réduction de l'armement. 




Home Coopération sur l'environnement

Source : Süddeutsche Zeitung, Allemagne

« L'environnement deviendra la question prioritaire dans le monde entier. » (Partage international juin 1989)

L'Allemagne et la République Tchèque ont signé un accord de protection de l'environnement dans les régions proches de leurs frontières communes. Cet accord de coopération devrait permettre de réduire la pollution de l'air dans les régions montagneuses de l'Erzgebirge ainsi que la pollution de l'Elbe.





Dossier

Home LES MANUSCRITS DE LA MER MORTE

Le Maître de Justice et les rouleaux de la Mer Morte (2/2)

par Bette Stockbauer

Le christianisme : religion de la dualité

L'idée d'une guerre cosmique entre le bien et le mal se reflète dans toutes les religions. C'est le champ de bataille de l'Esprit lorsqu'il se libère des entraves de la matérialité : l'Armaggeddon, et le Kurukshetra de la Bhagavad Gîtâ. Cela se situe à des niveaux dépassant notre entendement.

Le Maître D.K. dit : « De même que la planète Terre est considérée comme le point tournant ou le champ de bataille de l'Esprit et de la matière, [...] de même notre système solaire occupe une place analogue dans le schéma cosmique. l'Homme cosmique, l'Arjuna solaire, lutte pour parvenir à la conscience de soi, individualisée et parfaite, ainsi qu'à la liberté et la libération de la forme [...]. Ainsi l'homme sur notre planète, à son échelle minuscule, se bat pour des idéaux similaires ; ainsi se battent dans le ciel Michel et ses Anges [...] ; leur problème est le même à une échelle supérieure » (TFC, p. 242 angl.)2

Alice Bailey applique ce concept au christianisme. « Les penseurs modernes feraient bien de se souvenir que le christianisme est une religion qui établit un pont. Là réside toute son importance. C'est la religion de cette période de transition reliant l'ère de l'existence individuelle autoconsciente à un monde futur unifié qui possédera une conscience de groupe. C'est nettement une religion de clivage qui montre à l'homme sa dualité et jette ainsi les bases de son effort pour parvenir à l'unité et à l'identification avec l'âme. La réalisation de cette dualité est une étape nécessaire dans l'épanouissement de l'homme, et le but du christianisme a été de le montrer, et aussi de mettre l'accent sur la guerre existant entre l'homme inférieur et l'homme supérieur, entre l'homme charnel et l'homme spirituel réunis en une seule personne, et d'insister sur la nécessité pour cet homme inférieur d'être sauvé par l'homme supérieur. » (DBC, pp. 17-18 angl.)2

Le Rouleau du Temple

« Au moment de mourir, Moïse appela Josué, le fils de Noun, pour lui confier sa succession en tant que guide et la garde de ce qu'il avait de plus précieux : les Livres de la Loi, donnés par Dieu à son peuple dans le désert. Il dit à Josué : « Reçois cet écrit afin que tu puisses savoir comment préserver les livres que je vais te donner, et tu les rangeras dans l'ordre et les oindras avec de l'huile de cèdre, puis tu les mettras dans des pots de terre [...] jusqu'à la visite du Seigneur, à la fin des temps. » (L'Assomption de Moïse, ouvrage apocryphe)

Lorsque les rouleaux de la Mer Morte furent découverts dans le désert de Judée, soigneusement enveloppés dans du lin et conservés dans des jarres de terre, les paroles de Moïse prirent tout leur sens. Chez les Juifs, avait toujours existé la légende d'une loi cachée, trop rigoureuse pour la plupart, mais préservée dans une tradition secrète.

Il y avait également la légende d'un plan perdu du Temple, donné par Dieu à Moïse et transmis par les dirigeants. C'est pourquoi la découverte du Rouleau du Temple, avec ses plans pour le Temple, très détaillés et très élaborés, et ses indications sur les lois et les fêtes (que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans l'Ancien Testament) présenta un profond intérêt.

Le premier Temple de Jérusalem fut construit par Salomon au IXe siècle av. J.-C. et le culte du Temple, centré à Jérusalem, devint alors le facteur dominant de la religion juive. Le temple de Salomon fut détruit lors de la captivité à Babylone en 586 av. J.-C. et reconstruit par le grand prêtre Zerubbabel en 516 av. J.-C., après le retour des Juifs à Jérusalem. Ce temple fut à nouveau reconstruit, au temps de Jésus, par Hérode, mais détruit quelques années plus tard, en 70, par les Romains. A partir de ce moment-là, le culte du Temple cessa et le Judaïsme trouva d'autres formes d'autres formes d'expression spirituelle.

D'une longueur de neuf mètres, le rouleau du temple est le plus long de tous et on l'appelle aussi  « La Torah cachée  ». Le texte est particulièrement intéressant ; il est écrit à la première personne, comme si c'était la parole de Dieu lui- même donnant sa Loi à l'humanité. Yigael Yardin, érudit israélite , à écrit un ouvrage intéressant;  il est écrit à la première personne, comme si c’était la parole de Dieu lui-même donnant sa Loi à l’humanité. Yigael Yadin, érudit israélite, a écrit un ouvrage intéressant et bien illustré, Le Rouleau duTemple, qui dépeint visuellement le tracé et la construction du bâtiment.

Le plan du Temple comporte une cour centrale renfermant un temple et différents bâtiments destinés à l’accomplissement des sacrifices rituels. Ses structures centrales sont entourées d’une enceinte carrée d’environ 126 mètres de côté. Chaque côté est percé d’une porte ouvrant sur une cour intermédiaire également entourée d’une enceinte carrée, d’environ 216 mètres de côté. Ce mur d’enceinte est percé de douze portes, trois de chaque côté, représentant les douze tribus d’Israël ; à chacune on a donné le nom des fils de Jacob. Les portes de la cour intermédiaire ouvrent sur une cour extérieure également entourée d’un mur de 720 m de côté. Il est aussi percé de douze portes. Chacune a 31 m de haut et 22 m de profondeur. Construites à l’intérieur des murs se trouvent des centaines de petites pièces pour loger les pèlerins. L’ensemble est complètement entouré par des douves.

Le Temple de Salomon

En termes ésotériques, d’après les ouvrages d’Alice Bailey et d’Helena Blavatsky, le Temple de Salomon symbolise le corps causal ou l’âme. Il est construit par la connaissance et relie le véhicule du plan physique à la Monade (l’étincelle d’inspiration du règne spirituel). Le corps causal a été créé dans notre race, au moment de l’individualisation, lorsque l’homme animal est devenu l’homme pensant.

Le temple du corps causal, appelé la « cité carrée », est construit sur le quaternaire inférieur, les quatre aspects de la personnalité. Il s’agit des corps physique, éthérique, astral et mental. Ici s’exprime l’aspect « Fils » de la Trinité, la « conscience », qui naît lorsque l’esprit et la matière s’unissent.

Le plan du Temple représente les quatre premières initiations. La cour extérieure est la plus éloignée du Temple et donc la moins pure, elle correspond à la première initiation, reçue lorsque le disciple transcende les limitations du véhicule physique. La cour du milieu symbolise la seconde initiation, reçue lorsque les tensions du véhicule astral sont surmontées, et la cour intérieure représente la troisième initiation, reçue lorsque le véhicule mental est maîtrisé.

Les murs des ces cours sont percés de portes qui portent les noms des fils de Jacob. Chaque « fils » correspond à un signe astrologique. Le mur d’enceinte avec ses douze portes symbolise la progression de l’individu à travers les douze signes zodiacaux, au cours de maintes incarnations. La cour intérieure avec ses quatres portes est peut-être le symbole du sacrifice de la « croix de la matière ».

La cour centrale renferme le Temple, avec le Saint des saints, le cœur du temple juif et l’autel sacrificatoire, représentant la quatrième initiation, lorsque le corps causal ou l’âme, qui a transcendé toutes les expériences du monde physique, s’offre elle-même en sacrifice. Sur l’autel sacri­ficatoire, le sang représente la vie parce qu’il distribue l’énergie de l’âme dans tout le corps physique. Lorsque le sang est versé, le fil de vie est rompu et le véhicule physique meurt.

Le quaternaire inférieur de la personnalité – le bâtiment du Temple – est alors consumé par le feu. Il est « sacrifié ». C’est l’union du feu du Soi supérieur avec celui du soi inférieur, « … les deux feux se rencontrent et finalement le corps causal disparaît ; le feu consume entièrement le Temple de Salomon, les atomes permanents sont détruits et tout est réabsorbé dans la Triade. L’essence de la personnalité, les facultés révélées, la connaissance obtenue et le souvenir de tout ce qui est passé deviennent partie intégrante de l’équipement de l’Esprit et trouvent finalement leur voie vers l’Esprit ou la Monade sur son propre plan. » (LMO, p. 79 angl.) 2

L’initié peut alors réellement se faire l’écho des paroles du Christ : « Et moi, quand j’aurai été élevé de la Terre, j’attirerai tous les hommes avec moi. » (Jean 12 :32)

A côté du bâtiment central, le manuscrit prévoit un édifice appelé la « Maison de l’escalier tournant », contenant un escalier en spirale entièrement recouvert d’or qui aboutit sur le toit du Temple. Le disciple monte littéralement l’escalier vers le royaume spirituel, ses éléments inférieurs se transformant en or pur.

C’est tout à fait ainsi que l’évolution procède, de la création à la destruction et vice versa. Chaque édifice érigé sert un but dans l’extension de la vie. Finalement, la forme physique s’effrite et disparaît, mais son essence est recueillie dans la Conscience universelle. Tout cela n’est que le travail de préparation qui pose « les fondements du futur Temple de la Vérité, où resplendira la lumière du seigneur et qui sera la digne expression de la Réalité ». (TMB, p. 326 angl.)2

Comment répondre finalement à ces deux questions : « Qui a écrit ces documents ? » et « Quand furent-ils déposés dans les grottes ? » Il est important de comprendre que la date à laquelle ils ont été rédigés ne correspond pas nécessairement à celle de leur composition, qui varie sans aucun doute d’un rouleau à l’autre.

Les auteurs des rouleaux

Les ouvrages bibliques furent composés de nombreux siècles av. J.-C. et l’élaboration des documents de la secte a dû s’étaler sur plusieurs siècles. Les rouleaux utilisés se détérioraient au bout de quelques années et devaient être recopiés régulièrement. Ce processus de transcription correspond peut-être à ce que veut dire Benjamin Creme lorsqu’il parle de la date d’écriture des manuscrits.

S’ils ont été rédigés av. J.-C., comme le disent la plupart des chercheurs, la réponse est facile : ils furent écrits par les Esséniens de Qumran et probablement cachés dans les grottes voisines. Mais s’ils ont été écrits au IIe siècle, comme le déclare Benjamin Creme, tout est différent parce qu’après 70, la Judée devint de plus en plus inaccessible pour les Juifs. Il est difficile d’imaginer l’existence d’une communauté importante à Qumran, étant donné l’occupation romaine et l’extermination massive des Juifs. Il semble probable que Qumran fut détruite, à ce moment-là, apparemment par le feu (les fouilles ont en effet montré l’existence d’une couche de cendre). Une petite partie du site fut à nouveau occupée jusqu’en 135, mais on n’a trouvé aucune trace d’une occupation ultérieure.

Dans les rouleaux, nous pouvons trouver plusieurs pistes. Dans notre étude de l’Ecrit de Damas, nous avons noté que les auteurs parlent d’eux-mêmes comme de ceux qui sont entrés dans la « Nouvelle Alliance au Pays de Damas ». De plus, ils se donnent souvent le nom d’ebhyonim, qui signifie les « pauvres ». H.P. Blavatsky affirme que les premiers chrétiens étaient les Ebionites, du mot hébreu ebhyonim, et qu’ils étaient les disciples et les partisans des premiers Nazaréens, les initiés du temps de Jésus. « Le christianisme ébionite, écrit-elle, […] a été autrefois la forme la plus pure du christianisme primitif […] et comptait dans ses rangs « tous les parents survivants de Jésus. » (ID2, pp. 180-181 angl.)2

L’auteur juif J.L. Teicher (qui est l’un de ceux qui soutiennent que le Maître de Justice était Jésus) écrit dans Le Journal des Etudes juives, en 1951, qu’à son avis les auteurs des rouleaux étaient des Ebionites ou des Nazaréens, et qu’ils avaient émigré dans la région de Damas lors de la destruction de Jérusalem. Il cite des preuves historiques, tirées d’Epiphane qui dit que les deux groupes étaient « partis après la destruction de Jérusalem […], le Christ leur ayant adjuré de quitter la ville et d’émigrer en prévision du siège imminent. » Ils s’installèrent finalement en Coelé-Syrie, qui pourrait correspondre à la « Terre de Damas » si souvent mentionnée dans les rouleaux.

Il est alors possible que les Esséniens de Qumran aient fui vers le nord, lorsque leur existence fut en danger près de la Mer Morte. Ils ne furent pas les seuls car il est prouvé que des Juifs chrétiens de Jérusalem et d’autres régions partirent également. Ils se réunirent en différents groupes. L’un de ces groupes nouvellement formé peut avoir été celui des Ebionites qui considéraient Jésus comme un homme sage, un prophète, mais pas comme un Dieu. Ils voyaient en lui, non pas le Messie lui-même, mais plutôt une première manifestation du futur Messie, un grand leader qui viendrait finalement en tant que roi et règnerait pendant 1 000 ans.

Si les auteurs des rouleaux étaient réellement des Ebionites, il est alors logique de considérer que leurs écrits datent du IIe siècle. Ils auraient alors sans aucun doute perpétué, dans leur nouveau pays, leur tradition la plus sacrée : l’étude de la Loi. De plus, ils auraient considéré qu’il était d’une importance primordiale de relater les événements auxquels ils avaient assisté : la persécution de leur secte, la mort de leur Maître, la destruction de Jérusalem et la dispersion de leur peuple. Etant donné leur compréhension de la période astrologique dans laquelle ils entraient, il est possible qu’ils soient retournés aux livres de l’Ancien testament pour relire ce que les prophètes avaient prédit au sujet des temps à venir. Ces idées et ces événements sont rapportés dans l’Ecrit de Damas et les Commentaires bibliques.

Comment, dans ce cas, les rouleaux seraient-ils revenus à Qumran ? C’est encore Teicher qui nous apporte une indication. Il affirme que les Ebionites ont disparu aux environs de l’année 300. Il relie leur disparition à un édit de persécution établi par l’empereur romain Dioclétien en 303. Cet édit comportait l’ordre de saisir tous les livres sacrés des chrétiens et de les brûler en public. Teicher suggère que les Ebionites ont rassemblé les rouleaux et leurs jarres de rangement et les ont rapportés dans les grottes isolées de Qumran où ils avaient peu de chance d’être découverts.
C’est une hypothèse plausible. Quiconque a lu les Actes des Apôtres sait que les prosélytes chrétiens n’étaient ni sédentaires ni dépourvus d’imagination. Paul et ses compagnons n’hésitaient pas à voyager tout autour de la Méditerranée. Il n’est donc pas impossible que les Ebionites aient parcouru de grandes distances afin de préserver leurs livres sacrés. Ils savaient combien la région de la Mer Morte était isolée et l’histoire leur aurait donné raison, Qumran n’ayant plus jamais été occupée par la suite.


La vérité est éternelle

Tout au long de l’histoire, la vérité a suivi un chemin capricieux. Des profondeurs inconnues, elle remonte à la surface pour élire domicile dans nos esprits les plus brillants. Grâce à ceux-ci, elle est diffusée pendant un certain temps, puis inévitablement elle rencontre une résistance qui réclame sa disparition. Les visionnaires de toutes les époques ont compris depuis longtemps ce flux et ce reflux. Aussi, ils observent et savent quand agir, quand taire leurs pensées. Elles demeurent alors cachées, en attente, témoignage endormi, jusqu’à ce que s’offre une nouvelle opportunité, que naisse une ère nouvelle et que l’humanité se réveille, avide une fois de plus d’enseignements spirituels.

Maitreya a annoncé, en 1945, sa décision de revenir dans nos vies. En 1945, on a trouvé la bibliothèque de Nag-Hammadi en Egypte. En 1947 furent découverts les Rouleaux de la Mer Morte. Leur survie fut l’objet d’une réelle surprise pour les archéologues, parce que la vallée du Jourdain avait toujours été jugée trop humide pour que des documents d’une nature aussi délicate puissent y être conservés si longtemps.

Les auteurs des manuscrits connaissaient les usages. C’est pourquoi ils s’exprimaient sous forme d’allégories et d’allusions. Ils avaient une façon de parler, une expression particulière qu’ils utilisaient pour introduire une « vérité cachée ». Ils disaient : « Pour celui qui comprend… » avertissant le lecteur d’une signification secrète. Il en est ainsi pour tous leurs écrits. L’approche peut se faire à plusieurs niveaux. On peut voir ce qui n’y est pas ou être aveugle à l’évidence même.

Au cours des cinquante dernières années, les rouleaux ont fait l’objet de controverses et de conflits. Il y avait des livres à publier, de l’argent à gagner et de la renommée à acquérir. Il y eut des retards et des exclusivités, et des volumes écrits qui défendaient tout sauf la vérité. Malheureusement, leurs pages ont servi d’arguments aux chercheurs alors que les traductions des manuscrits prenaient la poussière sur les étagères des bibliothèques, ignorées d’un monde induit en erreur, non par duplicité, mais par pur aveuglement.

Si les rouleaux dépeignent l’époque du Christ, alors la crainte qui fait nier cette possibilité prive le monde d’un héritage légitime. Si un document tel que le Rouleau des Hymnes a été écrit par Jésus ou Maitreya, nous passons à côté d’un témoignage sans prix qui pourrait inspirer bien des vies. Jusqu’à une époque récente, les Evangiles ont été les seuls comptes rendus facilement accessibles de la vie de Jésus. Ils sont souvent répétitifs et malheureusement incomplets. On aspire à beaucoup plus.

Les auteurs des manuscrits étaient remplis de ferveur pour leur mission essentielle et d’un amour resplendissant pour leur Instructeur envoyé de Dieu. Ils ont raconté leur époque dans un langage d’une poésie unique et laissé un trésor inestimable. Des vérités si longtemps enfouies ne devraient pas être perdues à cause de controverses et de démentis. Elles sont notre patrimoine commun, le précieux héritage d’une époque révolue : un héritage forgé par notre frère aîné, Maitreya, qui a guidé nos pas dans le désert des temps bibliques et qui revient aujourd’hui pour nous guider sur un sentier encore plus resplendissant, vers le monde de demain.


Les Esséniens d’après Flavius Josèphe

« Ils méprisent les richesses et leur solidarité est remarquable. Aucun d’entre eux n’a le droit d’être plus riche que les autres. D’après leur loi, tous ceux qui entrent dans la secte doivent partager leurs biens entre les membres de la communauté, si bien que parmi eux on ne voit jamais de pauvreté abjecte ni de grande richesse, car étant donné que les possessions de chacun sont mises dans le trésor commun, ils ont tous, comme des frères, un unique héritage.
« Ils sont si pieux qu’ils ne prononcent aucune parole profane avant le lever du soleil, mais récitent certaines prières ancestrales, comme pour l’implorer de se lever. Puis ils sont renvoyés par les responsables vers des tâches auxquelles ils sont aptes, et ils travaillent dur jusqu’à la cinquième heure (environ onze heures du matin) ; puis ils s’assemblent à nouveau, revêtent des tuniques de lin et se baignent dans l’eau froide. Après cette purification rituelle, ils se retirent dans un endroit privé d’où les étrangers sont exclus, et entrent, totalement purifiés, dansleur réfectoire comme s’il s’agissait d’un templesacré, et y prennent place tranquillement.
« Le boulanger place un pain devant chacun d’eux et le cuisinier donne à chacun un plat d’une seule sorte de nourriture. Mais personne ne peut commencer à manger avant que le prêtre n’ait rendu grâce, et après le déjeuner le prêtre prononce des paroles de remerciements, car avant et après le repas, ils glorifient Dieu, celui qui donne la vie.
« Puis ils mettent de côté leurs vêtements blancs sacrés et retournent travailler jusqu’au soir ; ils reviendront alors pour le dîner pris en commun et éventuellement partagé avec des visiteurs étrangers à la secte. Ni bruit ni agitation ne viennent troubler la sérénité de l’endroit car chacun ne peut prendre la parole qu’à son tour. Pour les profanes, le silence semble étrange et difficile à expliquer, mais il est dû à leur frugalité, qui vient du fait qu’on leur donne juste la quantité de nourriture et de boisson nécessaires à leurs besoins, mais pas davantage. »


Les Esséniens d’après Philon d’Alexandrie

« Notre législateur (Moïse) a formé à la vie communautaire des milliers de disciples appelés Esséniens, probablement à cause de leur sainteté. Ils vivent dans d’importantes communautés situées dans de nombreuses villes et villages de Judée.
« Leur organisation n’est pas basée sur les liens de parenté, qu’un homme ne choisit pas, mais sur la vertu et l’amour de tous les hommes […]. Ils jouissent de la seule liberté authentique, comme le prouve leur manière de vivre. Aucun d’entre eux ne recherche la moindre possession personnelle […] ni à s’enrichir de quelque manière que ce soit, car tout est mis dans le fonds commun qui pourvoit aux besoins de tous de manière égale.
« Demeurant ensemble, ils étudient ensemble, prennent leur repas en commun et associent leurs efforts, dépensant toute leur énergie pour le bien de tous. Il existe une division du travail, chacun faisant ce qui convient le mieux à ses aptitudes, mais quelle que soit leur tâche, ils l’accomplissent avec vigueur, patience et bonne humeur, ne cherchant pas à s’en dispenser en raison du froid, de la chaleur ou des changements de temps. Ils sont au travail avant le lever du soleil et ne s’arrêtent qu’après qu’il soit couché, considérant leur travail comme un excellent exercice de gymnastique, plus agréable et plus profitable que les exercices de pur athlétisme.
« Si quelqu’un tombe malade, tous les traitements médicaux et toutes les ressources disponibles sont consacrés à le soigner et le souci de sa guérison concerne l’ensemble de la communauté. Les vieillards, même s’ils n’ont pas d’enfants, ont l’assurance d’une vieillesse heureuse et entourée, tout comme s’ils étaient les parents d’enfants nombreux et affectueux. De plus, ils sont honorés et soignés grâce à la bonne volonté spontanée de la communauté et non pas à cause des obligations impérieuses que créent les liens du sang […].
« Si enviable est donc la manière de vivre des Esséniens que, non seulement des citoyens ordinaires, mais aussi des rois puissants, sont remplis d’étonnement et d’admiration à leur égard, et ont honoré la fraternité en se répandant en louanges sur ces hommes respectés et vénérés. »


Chronologie  
        1290 – 1250 av. J.-C  Moïse conduit le peuple juif hors d’Egypte.
        1250 – 1225 av. J.-C. Josué conduit les Juifs à Canaan, la « Terre promise ».
        1010 –   970 av. J.-C. Règne du roi David.
         970  –   931 av. J.-C. Règne du roi Salomon, construction du premier Temple.
         586 –    538 av. J.-C  Première chute de Jérusalem, destruction du Temple et captivité à Babylone
         538 –    516 av. J.-C  Les Juifs sont libérés de Babylone. Zérubbabel conduit leur retour et reconstruit le Temple. Josué devient Grand Prêtre
                      334 av. J.-C  Conquête du Proche Orient par Alexandre le Grand. La vie culturelle et sociale des territoires occupés est soumise  à l’influence grecque.
            200 – 150 av. J.-C. Les Esséniens commencent à se séparer du courant principal du judaïsme et établissent des communautés distinces. 
200 av. J.-C. – 70 ap. J.-C. Epoque généralement admise pour l’écriture des Manuscrits de la Mer Morte.
                        63 av. J.-C  Mise à sac de Jérusalem par Pompée. La loi romaine s’impose en Judée.
                       70 ap. J.-C   Destruction du second Temple par les Romains.
                     135 ap. J.-C   Rome vient à bout de la résistance juive en Palestine. Les Juifs pour 18 siècles, le droit de constituer une nation.
           100 – 200 ap. J.-C   Epoque, selon Benjamin Creme, de l’écriture des Manuscrits de la Mer Morte connus à ce jour.


1. Les citations des Rouleaux sont tirées des documents suivants :
RC : La Règle de la Communauté ;
ED : L’Ecrit de Damas ;
HAG : Les Hymnes d’Action de Grâce ;
CBH : Commentaires Bibliques Habacuc ;
CBN : Commentaires Bibliques Nahoum ;
CBP : Commentaires Bibliques Psaumes ;
RG : Le Rouleau de la Guerre.
2. Les autres citations sont tirées des auteurs suivants :
B.  Creme : MM2 : La Mission de Maitreya, t. 2 ;
Helena Blavatsky : ID2 : Isis dévoilée, t. 2 ;
Alice Bailey : EDNA1 : L’Etat de Disciple dans le Nouvel Age, tome 1 ;
Alice Bailey : PE2 : Psychologie ésotérique, t. 2 ;
A. Bailey : LMO : Lettres sur la Méditation occulte ;
Alice Bailey : R&I : les Rayons et Initiations ;
Alice Bailey : LRC : le Retour du Christ ;
Alice Bailey : TFC : Traité sur le Feu Cosmique ;
Alice Bailey : TMB : Traité sur la Magie Blanche ;
Alice Bailey : DBC : De Bethléem au Calvaire.
Les traductions des manuscrits proviennent des sources suivantes : Dupont-Sommer A. The Essene Writings From Qumran ; Gaster Theodor. The Dead Sea Scriptures ; Martinez Florentino Garcia. The Dead Sea Scrolls Translated ; Vermes Geza. The Dead Sea Scrolls in English.





Citation

Home Extrait du Message n° 13

par Maitreya

« Chaque homme est un phare et diffuse sa lumière pour éclairer son frère. »





Courrier des lecteurs

Home Un hôte très particulier

Cher Monsieur,

Au cours de l'hiver 1987-1988, à Olympia aux Etats-Unis, nous eûmes une visite des plus insolites. Nous avions à la maison un tableau noir sur lequel nous inscrivions les notes et messages pour la journée. Ce jour-là, après ma méditation, j'écrivis sur le tableau le message suivant : « La réponse est oui », et décidai de le mettre en pratique toute la journée.

Celle-ci s'écoula sans difficulté, en disant oui à de nombreux événements. L'après-midi, vers 17 heures, je fus prise d'une irrésistible envie de préparer un bon dîner, comme si des hôtes inattendus devaient arriver. Plus tard, alors qu'il pleuvait à verse, on sonna à la porte d'entrée. J'ouvris et me trouvai devant un jeune homme aux cheveux bruns, qui avait l'apparence d'un SDF. Il me demanda s'il était bien chez les Decatur et je lui répondis par l'affirmative. Il poursuivit : « Alors je vais passer la nuit ici. » Mon cœur se mit à battre la chamade. Je le regardai, ses yeux étaient clairs et pleins de bonté, et je déclarai : « Oui, vous allez aussi dîner avec nous. » Sans avoir vu le tableau il répondit : « Si c'est écrit sur le tableau, cela doit être vrai. »

Il entra et prit place dans la salle de séjour où nous avions un portrait de Sathya Saï Baba, les deux mains levées en signe de bénédiction. Notre visiteur le regarda intensément et se mit à lever les mains de la même manière. Alors je lui demandai : « Qu'est-ce que vous voyez quand vous regardez ce portrait ? » Il répondit : « Je vois votre meilleur ami. » L'atmosphère donnait une impression d'intensité. Nous restâmes tous silencieux, pour ainsi dire privés de la parole.

Notre visiteur nous dit que sa moto était tombée en panne à environ un ou deux kilomètres de là et c'était la raison pour laquelle il était trempé. Nous lui proposâmes de prendre une douche et de changer de vêtements. Mon mari lui prêta un jogging et il sortit de la salle de bains la tête enveloppée dans une serviette de toilette, à la façon d'un maharaja, l'air très digne. Il remercia mon mari et sortit d'un petit sac un bracelet de style tibétain, fait de trois métaux différents. Il le donna à mon mari, lui déclarant que cela serait bon pour son arthrite. Le bracelet lui allait parfaitement et nous nous demandâmes comment il savait que mon mari avait de l'arthrite.

Nous lui demandâmes son nom. Il répondit qu'il avait tous les noms. Alors je lui demandai de quel nom il voulait que nous l'appelions et il répondit : « J'ai tous les noms, mais si vous le désirez, appelez-moi « Thumper ». Il me semble bien que ce nom est celui d'un personnage de Walt Disney, un lapin je crois.

Nous prîmes le repas et beaucoup de personnes vinrent nous rendre visite ce soir-là. Pendant le dîner, il sortit du même petit sac un très joli fragment d'améthyste d'environ douze centimètres de long qu'il me donna en me disant, alors qu'il le tenait entre les doigts : « Voici un petit fragment d'une grosse pierre. » C'était stupéfiant car, le matin même, j'avais vu une grosse améthyste dans un magasin et avais dit à mon mari combien j'aurais aimé l'avoir, car c'était un spectacle de Dieu lui-même.

Pendant le dîner, « Thumper » nous révéla de profonds enseignements ésotériques. Toutefois, nous n'en comprîmes pas la totalité. Il paraissait nous connaître chacun personnellement. Il donna des conseils à chacun, ainsi que de petits cadeaux. Il ajouta que nous ne devions avoir aucune crainte car toutes les banques et les aéroports lui appartenaient.

Il resta trois jours chez nous : le jeudi, le vendredi et le samedi. Le vendredi soir, j'allumai les bougies du Sabbat, sans connaître la prière en Hébreu. Mais « Thumper » récita toutes les prières dans cette langue à la perfection, et ce fut très beau. Il nous servit le dîner, donnant beaucoup à certain et peu à d'autres. Comme nous nous en étonnions, il déclara le regard pétillant : « Je m'appelle Daniel Lévy. »

Il dit beaucoup de choses et beaucoup de choses se produisirent durant ces trois jours ; il régnait dans la maison une atmosphère de sainteté et un message persista avec force : « Ramasse trois détritus chaque jour », et : « Ecoute les arbres et les oiseaux. »

Lorsqu'il décida de partir, je lui demandai la permission de lui embrasser les pieds, car je sentais que j'étais en présence d'un saint homme. Nous n'oublierons jamais « Thumper ».

                                                                                                                                                                                        C. et S. S., Safed., Israël 

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « Thumper » était le Maître Jésus.


Home Rencontre avec la sagesse

Cher Monsieur,

En février dernier (1996), en visite chez une amie en Angleterre, nous eûmes une expérience particulière avec un chauffeur de taxi. Alors qu'il saisit deux de nos bagages, mon amie lui dit que c'était trop lourd. Il répondit que les deux s'équilibraient. Soudain, nous eûmes le sentiment que quelque chose allait se passer.

En montant dans le taxi par la portière de droite, mon attention fut attirée par un livre intitulé La Prière, et nous engageâmes la conversation sur ce sujet. Il commença à nous parler des prières faites avec le cœur et je pinçai mon mari. J'avais le sentiment qu'il s'agissait d'une rencontre particulière avec la Sagesse. Je demandai à notre chauffeur de taxi son nom et il répondit qu'il s'appelait Peter, puis il ajouta : « Abandonnez-vous de plus en plus. Dieu est un Dieu bon. » Quand nous lui dîmes que nous partions pour Israël où nous vivons, il déclara : « Allez au mur des lamentations et priez pour la paix de Jérusalem et pour la paix dans le monde entier. Jérusalem est assurément la Cité de la Paix. Louez le Seigneur. »

Je lui demandai ce qu'il fallait faire. Il répondit : « Aimer. »

Il me dit d'être prête à affronter l'ennemi avec ma joie (je m'appelle Chedva, ce qui signifie « la joie en Dieu ») et d'en rire.

« Prier, prier, prier. Les choses vont très très vite, c'est pour bientôt. »

Nous échangeâmes des bénédictions et nous nous sentîmes très élevés pendant notre voyage.

  D. C., Londres, G.-B.

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le chauffeur de taxi était le Maître Jésus.


Home Service de taxi

Cher Monsieur,

Le 18 juin 1996, je commandai un taxi afin qu'il me conduise dans une clinique ophtalmologique de Londres. Je reconnus vaguement le chauffeur qui vint me chercher, et quand il s'assit au volant après m'avoir fait monter, il se tourna vers moi et me dit : « Vous vous souvenez ? J'ai conduit vos amis d'Israël à Waterloo Station, je m'appelle Peter... Faites-leur mes amitiés. »

A ce moment-là, je sus qui il était. Comme j'étais assise sur la banquette arrière, je le voyais de dos, aussi je me penchai en avant, posai les mains sur le siège avant et restai ainsi sans quitter des yeux son visage. De temps en temps, il tournait la tête et souriait. J'étais décidée à ne pas me taire, ayant le sentiment qu'il ne parlerait pas beaucoup, et que par conséquent j'aurais à soutenir une sorte de conversation, si banale et décousue fût-elle. En fait, je ne savais pas quoi dire. Ma première question fut la suivante : « Avez-vous un message particulier pour mes amis d'Israël ? » Il me répondit : « Résolution. »

« Pas de message pour moi ? » demandai-je. Très lentement et posément il me dit : « NE PAS s'inquiéter. »

« Savez-vous où je me rend ? » demandai-je. « Oh, dans une clinique... », répondit-il. Je répliquai : « Je reste sans voix. » Il continua : « Vous vous débrouillez bien. »

A un moment donné, il décrocha le téléphone de la voiture et communiqua à la société de taxis le nom de la rue où nous nous trouvions. Puis il mit des lunettes sombres afin que je ne puisse pas distinguer ses yeux lorsqu'il se retourna face à moi. Je payai le trajet, le remerciai de tout et descendis du taxi en lui faisant un signe de la main.

A la clinique, il y avait une dame qui attendait de subir le même traitement au rayon laser que moi. Elle était pétrifiée et ne pouvait s'arrêter de parler de ses craintes. Je tentai de la calmer. Soudain elle déclara : « Oh, je me sens tellement mieux... Je suis si contente de vous avoir parlé. »

Cela n'avait rien à voir avec moi. Je sentais que toutes deux nous profitions de son énergie aimante et apaisante.

D. C., Londres, G.-B. 

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le chauffeur de taxi était le Maître Jésus.


Home Une protection opportune

Cher Monsieur,

En août 1977, j'étais à Rome, en visite touristique avec ma mère et ma soeur. Un après-midi, comme nous rentrions à l'hôtel, je me trouvais loin derrière elles car je faisais du « lèche-vitrine », lorsqu'il se mit soudain à pleuvoir. Tout à coup, je me retrouvai sous le parapluie de quelqu'un. Il s'agissait d'un jeune européen, vêtu simplement mais avec soin, et qui dégageait une certaine noblesse.

Toutefois, à ma grande surprise, il ne jeta même pas un regard vers moi et poursuivit sa marche, en regardant droit devant lui en silence. Un peu embarrassée par la dignité du comportement du jeune homme, j'hésitai à le remercier de sa gentillesse. Alors que je me demandais comment je pouvais rompre le silence, il me distança tranquillement et poursuivit son chemin sur la droite. Il ne dit pas un mot ; moi non plus. Cela se produisit dans un laps de temps très court, mais la situation me fit une telle impression qu'après toutes ces années, je me demande encore si cette personne était simplement un aimable inconnu qui passait ou quelqu'un de « particulier » ?

U. T.,  Kobuchizawa-cho, Japon 

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le « jeune homme » était Maitreya.


Home Félicité

Cher Monsieur,

Dernièrement, j'ai fait un rêve particulier dans lequel je me suis réveillé en pleine conscience. Mais était-ce simplement astral ? Je vous serais très reconnaissant d'y répondre.

J'apparaissais devant un énorme globe de lumière concentrée et dorée, qui était en quelque sorte un immense Dieu conscient, plein de l'amour, de l'intelligence et de l'énergie les plus exquises, et dans lequel chaque particule d'or était un point de réalisation et de sacrifice de soi. Il me prit en lui et ma conscience s'élargit afin que j'éprouve un peu de sa félicité. Puis je me retirai et me vis simplement comme quelques filaments de lumière violette. Je fus conscient d'être peu de chose en comparaison. Néanmoins, l'Etre fut très encourageant et il me déclara que même ma petite lumière était une réussite et il ajouta, après un moment de réflexion, que je pourrais bien me souvenir de cette expérience.

M. W.,  West Yorkshire, Grande-Bretagne 

Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l'Etre du rêve était Maitreya.


Home Un enfant particulier

Cher Monsieur,

Je vous écris à propos d'une expérience que j'ai faite il y a plusieurs années. J'étais alors en classe de niveau 4 ou 5 (c'était en 1981-1982). Un jour, alors que je sortais de la cantine avec mes camarades, la classe d'éducation spécialisée nous doubla. Un enfant blond suivait le groupe. Il n'avait pas les mêmes caractéristiques physiques que les autres enfants, mais paraissait normal et marchait d'une façon très enthousiaste, presque comme s'il gambadait. Tandis que je parlais avec mes amis, il s'approcha de moi par derrière et me serra très fort dans ses bras en me disant : « Mon frère, comme c'est bon de te revoir. Mon frère, je t'aime ! » Gêné, je le repoussai et proférai une grossièreté. A ce moment-là, tous mes amis rièrent. Au moment où je le repoussai, j'éprouvais des remords, mais il continua son chemin du même pas enthousiaste. Ma réaction n'eut pas l'air de l'ennuyer le moins du monde.

L'incident passé, je voulus lui faire des excuses, mais je ne pus jamais le retrouver. Ce qui est étrange, car la plupart des enfants de l'enseignement spécialisé étaient dans cette petite école pendant des années et y restaient longtemps.

Cet enfant était-il Maitreya ou un autre Maître ?

G. W., Marietta, Georgie, E.-U

 

Le Maître de Benjamin Creme confirme que cet « enfant » était Maitreya.




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